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  • il y a 7 semaines
Retrouvez le Morning Meeting du jeudi 10 septembre dans l'émission Good Morning Market. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:04BFM Business, 9h, 9h30, Good Morning Market, Etienne Braille.
00:11Et dans cette première partie d'émission en plateau, Alexandre Baradez, chef analyste DJ.
00:14Bonjour Alexandre, merci de nous accompagner en compagnie de Eric Muller,
00:17responsable des stratégies obligataires corporate chez Musenik & Co.
00:21Bonjour Eric, dans un instant on parlera du 10 ans américain qui est à 4,83 ce matin,
00:26avec hier les annonces du Trésor en ce qui concerne les rachats d'obligations.
00:29Juste quand même un mot parce que c'est l'événement du jour,
00:32ça fait des jours maintenant que les investisseurs attendent cette réunion de la BCE,
00:36hausse de taux attendue, mais en dehors de cette hausse de taux,
00:39qu'est-ce que vous vous attendez aujourd'hui de Christine Lagarde ?
00:41Il y a plusieurs choses qui vont être délivrées par la BCE aujourd'hui.
00:44La première des choses c'est la hausse des taux, probable, de 25 points de base.
00:48La deuxième c'est la conférence de presse qui va donner une tonalité sur la manière dont la réunion se
00:53passera.
00:53La troisième chose ce sont les prévisions économiques révisées.
00:57Elles seront probablement révisées légèrement à la hausse,
00:59à la fois sur l'inflation et à la fois sur la croissance.
01:03Et le quatrième document qui est important, c'est ce qu'on appelle les documents techniques,
01:07où il y a les différentes hypothèses pour préparer les prévisions de croissance.
01:11Et dans ce document technique, il y a une indication sur le chemin des taux.
01:16Et c'est ça qu'on va regarder en particulier.
01:17Sachant que le marché, pour rappel, anticipe une autre hausse de taux d'ici à la fin de l'année,
01:23Alexandre Baradez, notamment en décembre.
01:26Oui, c'est ce que presse le marché.
01:27C'est vrai que la BCE ouvre le bal des banques centrales qui remonteront les taux.
01:32Aujourd'hui c'est la BCE, la Banque du Japon, très probablement dans quelques jours,
01:35on a encore eu hier le secrétaire au Trésor qui a appuyé,
01:37qui a envoyé des messages assez clairement audibles pour ses homologues japonais,
01:41qu'ils doivent le faire pour le Yen et aussi par rapport à des questions d'inflation
01:45et de stabilité tout simplement sur les marchés.
01:47Et là, la grosse interrogation continue de porter sur la FED.
01:50Donc je dirais que pour la BCE, effectivement, il y aura assez peu de surprises,
01:52sauf ce que vous disiez sur les projections qu'a fait la BCE.
01:56Et la fin de semaine, pour moi, va être surtout marquée par les datas américaines,
01:59c'est-à-dire prix à la production aujourd'hui et inflation demain.
02:02C'est vraiment ça le gros sujet pour les marchés actuellement.
02:05Sachant que la réunion de la FED, ça sera mercredi prochain,
02:08que pour l'instant, on est un petit peu au milieu du guet.
02:10C'est-à-dire que le marché, ce n'est pas trop sur quel pied danser en attendant ces statistiques.
02:15Oui, c'est ça. Il y a énormément de volatilité dans les probabilités de hausse de taux.
02:17On rappelle que fin août, après Jackson Hole, on était monté à 70% de probabilité.
02:21Après, le discours de Christopher Waller, qui était un des membres de la FED,
02:24qui avait fait un petit peu baisser la pression,
02:26il était retombé sous les 50% de probabilité.
02:28Et puis là, après les dernières datas américaines,
02:31on est remonté aux taux de 60%, notamment par un très bon rapport sur l'emploi.
02:35Et c'est pour ça que le juge d'EP, ça va être très probablement pris à la production aujourd
02:39'hui
02:39et chiffre d'inflation demain.
02:42Mais c'est vrai que l'absence de visibilité qu'ont les investisseurs
02:46peut ramener de la volatilité.
02:48Parce qu'on voit qu'elle est très faible, cette volatilité aujourd'hui.
02:50Les investisseurs sont globalement assez peu couverts.
02:53Quand vous regardez le VIX, sous-entour de 15,5, 16,
02:55c'est vraiment des niveaux de tranquillité.
02:59Et puis il y a tous les sujets entourant Kevin Worsh, nominé par Donald Trump.
03:03Donc on se demande, peut-il relever les taux juste avant les mi-termes ?
03:08Et à la fois, ce qu'il faut rappeler, ce que lui-même a rappelé d'ailleurs à Jackson Hole,
03:11c'est que ça fait quand même 5 ans que l'inflation n'est pas revenue à l'objectif aux
03:14Etats-Unis.
03:15Que ce soit les mesures CPA ou les mesures PCE,
03:17donc les deux mesures d'inflation principales aux Etats-Unis,
03:20sont nettement au-dessus des 2% depuis désormais 5 ans consécutifs.
03:24Et donc à un moment donné, il ne faut pas couper le feu,
03:25envoyer un message ferme au marché, parce que les taux américains qui se redressent,
03:28il y a aussi probablement de ça, c'est-à-dire un peu de manque de confiance
03:30sur la capacité des Etats-Unis à agir pour juguler pour de bonnes d'inflation.
03:34Donc est-ce qu'il voudra couper le feu ou pas ?
03:36Ça, c'est le gros sujet.
03:37En attendant, on a quand même des taux longs qui continuent de se tendre,
03:40que ce soit en Europe, aux Etats-Unis, au Japon.
03:43Souvenons-nous que la semaine dernière, le 10 ans japonais a touché les 3%.
03:46C'est quand même un sujet aujourd'hui, Eric Mueller,
03:49ces tensions sur le marché obligataire pour les banques centrales.
03:53Parce que d'un côté, le marché anticipe les décisions
03:55et donc fait un petit peu le job, avant même ces hausses de taux.
03:58Et de l'autre côté, il ne faudrait pas qu'il y ait trop de fragmentation.
04:01Typiquement, hier, on a encore eu pas loin de 90 points de base
04:05d'écart entre la France et l'Allemagne.
04:06C'est un enjeu, ça, par exemple, pour les banques centrales,
04:08où c'est encore trop tôt et à court terme, elles vont laisser faire ?
04:11Alors, c'est un enjeu, les taux longs, et c'est mesuré.
04:14C'est mesuré dans des indices de conditions financières.
04:17Mais dans les indices de conditions financières, vous avez plusieurs données.
04:20Les taux longs sont une donnée.
04:21La pente de la courbe en est une autre, elle est relativement plate.
04:25L'évolution du marché actions est une autre donnée.
04:28Et pour l'instant, les marchés actions résistent bien.
04:30L'évolution du taux de change, et on n'a pas de grosse volatilité
04:33sur le taux de change effectif sur l'euro,
04:36et sur les spreads de crédit.
04:38Et les spreads de crédit sont extrêmement serrés.
04:40Donc, il y a juste la partie tôt long qui, aujourd'hui,
04:42est en train de dévisser dans ces indices de conditions financières.
04:45Le reste des composantes de ces indices restent très bien orientés.
04:50Donc, oui, ça fait un peu le boulot des banques centrales,
04:54mais elles ne vont pas compter là-dessus.
04:56D'abord, parce que ça peut se retourner éventuellement.
04:59Et puis, aujourd'hui, le message, c'est vraiment de contrôler
05:02les anticipations d'inflation à long terme.
05:05Et c'est là où je ne suis pas tout à fait d'accord avec Alexandre,
05:08dans le sens où la hausse des taux longs, pour moi, aujourd'hui,
05:11n'est pas la demande d'une prime contre un risque inflationniste,
05:14parce que sinon, les anticipations d'inflation à long terme bougeraient à la hausse.
05:17Or, elles sont restées relativement stables cette année.
05:21Ça se mesure sur les marchés par 5 ans, 5 ans, soit pas inflation.
05:25Donc, ce n'est pas ça.
05:26Le problème, en revanche, c'est probablement une prime fiscale.
05:29Et puis, le changement de fonction de réaction des banques centrales,
05:32qui sont aujourd'hui plus tolérantes avec ce risque d'inflation,
05:36par rapport au début de l'année.
05:37Et compte tenu que les croissances ont été révisées à la hausse,
05:40et que les prix de pétrole restent scotchés à 100 dollars, voire plus,
05:45eh bien, à ce moment-là, on ne peut plus être tolérant avec ce risque de second tour sur l
05:49'inflation.
05:49Et c'est ça qui est en train de se passer un peu partout,
05:52aux États-Unis, en Europe, au Japon, en Angleterre.
05:55Et c'est pour ça que les taux longs sont en train de remonter.
05:58Et oui, ça crée des fragmentations,
06:00parce qu'on n'est pas tous égaux devant la hausse des taux longs.
06:02Est-ce qu'il n'y a pas aussi un problème de liquidité ?
06:05On en reparlera dans un instant, le 10 ans américain,
06:08mais quand je regarde la situation en France,
06:11visiblement, ce ne sont pas des assureurs qui jettent par la fenêtre la dette française.
06:15On a beaucoup de fonds spéculatifs.
06:17D'ailleurs, il y avait encore un article de Bloomberg, là, en début de semaine,
06:19qui évoquait que des banques américaines, ça y est,
06:21lançaient des paniers pour shorter la dette française.
06:23Est-ce qu'au final, ces tensions, elles ne se font pas un petit peu en roue libre,
06:27avec pas grand-chose, en fait, dans les carnets d'ordre ?
06:29Ces paniers ne sont pas seulement sur la dette française,
06:32mais aussi sur des actions, sur tout ce qui est le label France,
06:36parce que la campagne présidentielle va créer énormément de bruit.
06:40On voit que ça commence maintenant,
06:42et on voit le bruit qui va être créé.
06:44Alors, on peut sauter cette période de campagne
06:46et se dire, de toute façon, après, la marge de manœuvre est tellement réduite
06:49qu'on connaît déjà l'histoire,
06:51et il faudra, de toute façon, des plans de redaissement
06:54et faire attention aux dépenses,
06:55mais entre-temps, il y aura une grande période de bruit.
06:57Donc ça, ces paniers sont là pour permettre,
07:00c'est un peu commercial, mais ça permet de jouer la volatilité
07:03dans cette phase de bruit.
07:05Ce qui est plus gênant, aujourd'hui, à mon avis,
07:07c'est que cette hausse des taux
07:09vient renchérir le coût de service de la dette,
07:12et là, les pays ne sont pas tous égaux,
07:14parce que la dette française, c'est à peu près 120-130% du PIB,
07:18et donc, par conséquent, le coût généré par cette hausse des taux
07:21sur le budget pour juste payer les intérêts
07:25devient colossal à l'heure actuelle.
07:27– Mais il y a de la liquidité sur ce marché ?
07:29– Oui, c'est liquide, c'est liquide.
07:30On n'a pas de problème de liquidité.
07:32– 4,32 ce matin pour le 10 ans français,
07:354,83 pour le 10 ans américain,
07:37c'est donc un plus haut de 2023,
07:40Alexandre Baradez, avec hier, Scott Besson,
07:42qui est revenu sur son annonce du mois d'août,
07:45en ce qui concerne le rachat d'obligations à échéance longue.
07:49Il indique hier, le secrétaire américain au Trésor,
07:51qu'il va racheter 6 milliards de dollars.
07:54Dans la seconde, hop, tension sur le 10 ans.
07:56– En plus, c'est en 6 ans, des maturités,
07:59maturité longue, on a de 10 ans et 20 ans.
08:01Au début, je crois qu'on avait 2 milliards d'annonces,
08:03puis c'était passé à 4 milliards, il avait doublé,
08:04maintenant on passe à 6 milliards.
08:05Et c'est vrai qu'on juge en temps réel la réaction du marché.
08:08Le 10 ans américain a pris 3, 4 points de base.
08:11Ce n'est pas fou, mais il passe un peu plus clairement
08:14au-dessus des 4,80.
08:15Et il faut rappeler que sur le 10 ans américain,
08:17le pic précédent de tout le cycle post-Covid
08:20de redressement des taux, c'était en 2023,
08:21on était venu chercher 5,02, 5,03.
08:24Donc on commence à flirter avec ce niveau-là.
08:25Et avant cela, il faut monter plusieurs décennies en arrière
08:27pour trouver des niveaux de taux aussi élevés.
08:29Et pourquoi le taux s'étendu comme ça ?
08:31Parce que le marché probablement considère
08:32que ce n'est pas encore assez pour être pleinement rassuré.
08:36Et c'est là qu'effectivement,
08:37Kevin Warch pourrait aussi rendre service,
08:39finalement, au Trésor américain.
08:41On a envoyé un message peut-être plus ferme au marché
08:42en relevant les taux pour casser un peu ce sentiment
08:45d'une inflation qu'on n'arrive pas forcément à maîtriser.
08:49Pour revenir à la partie française,
08:51c'est vrai qu'on a un mix de plusieurs choses.
08:53C'est-à-dire qu'on voit que tous les taux européens se redressent.
08:56Il faut bien regarder que le début du mouvement de tension
08:57sur les taux européens,
08:58il apparaît clairement au début de la guerre en Iran.
09:00On va regarder un graphique.
09:01Tous les taux, les 2-3 mois précédents,
09:02partaient un peu à la baisse.
09:03C'était sur des niveaux près normaux.
09:05Et c'est vraiment la guerre en Iran
09:06par rapport aux effets sur l'énergie,
09:07gaz, pétrole, qui liftent les taux en Europe.
09:09Et dans ce mouvement global,
09:10la France, effectivement, a vraiment le taux le plus élevé.
09:13Et ça se mesure aussi, ce risque,
09:14avec le spread en haut à tes boules.
09:15On revient vraiment sur le haut du...
09:17Ce qu'on peut faire un peu de range sur le spread,
09:19on est monté à 87, 88 points de base récemment.
09:22C'est les pics qu'on avait touchés
09:23post-dissolution de l'Assemblée en 2024.
09:25Donc, c'est pas très rassurant.
09:28Mais je dirais qu'il y a hyper des facteurs influençants
09:30qui peuvent nous rendre service.
09:31Si, par exemple, la guerre en Iran,
09:33à nouveau, on a un memorandum,
09:34quelque chose qui se met en route,
09:35comme on a vu au mois de juin, par exemple,
09:36on a vu que tout de suite,
09:37le pétrole pouvait lâcher 20 ou 30 dollars
09:39dans les semaines qui suivent.
09:40Et là, le 10 ans français sera un peu soulagé.
09:43Tous les taux européens seront un peu soulagés.
09:44Probablement que le spread se resserra un petit peu.
09:46Mais je suis tout à fait d'accord avec vous.
09:47Il y a vraiment le sujet politique
09:48qui est rentré dans l'équation,
09:50le sujet stabilité fiscale,
09:51trajectoire des déficits, etc.
09:53Et ça, effectivement, ça se soldera pas seulement
09:55par un pétrole qui retomberait
09:56ou par des hausses de taux.
09:57Et je m'ajuste là-dessus.
09:58C'est vrai que la Banque Centrale Européenne,
10:00moi, je pense que ça, c'est la deuxième hausse,
10:02effectivement, le marché peut l'encaisser.
10:04Une troisième hausse, par contre.
10:05Je suis un peu sceptique,
10:06parce que, regardez l'inflation
10:08avant le début de la guerre en Iran,
10:09en zone euro, elle était revenue à 2%.
10:112%.
10:11Et la BCE, en début d'année,
10:13il n'y avait pas de scénario
10:14de bouger le taux ou quoi que ce soit.
10:15C'est vraiment les effets induits
10:17par la guerre en Iran,
10:17donc sur le pétrole et sur l'énergie,
10:19les craintes que ça se transmette
10:20à tous les secteurs de l'économie,
10:22qui fait que la BCE réagit.
10:23Mais ce n'est pas parce que la demande est massive
10:24que l'économie est forte.
10:26Donc, il y a vraiment un effet guerre en Iran.
10:27Et ça, ça ne dépend pas de nous.
10:29Malheureusement, ça dépend beaucoup des Américains.
10:32Alors, puisque vous parlez de la BCE,
10:33on va revenir sur la BCE, Eric Meuleur.
10:36Ces anticipations d'inflation,
10:37vous l'avez dit tout à l'heure,
10:38pour l'instant, elles sont ancrées.
10:40Le marché prend encore
10:42une certaine forme de crédibilité
10:43à la banque centrale.
10:45Néanmoins, cette inflation,
10:48pour l'instant, ça se tient
10:49sur l'inflation salariale.
10:51Quand vous regardez l'inflation,
10:52on aura les chiffres là bientôt.
10:54On est quand même proche des 3%.
10:56Alors certes, il y a un effet énergie,
10:58mais est-ce qu'il y a une diffusion
10:59ou pas pour l'instant ?
11:00Il y a plusieurs choses qu'il faut voir.
11:01La première des choses, c'est que la BCE
11:03est de plus en plus attentive
11:04à l'inflation hors énergie.
11:06Et sa crainte, c'est les effets de second tour.
11:08Il y a des effets directs, indirects et second tour.
11:11Direct, c'est la hausse du prix du pétrole
11:12à la pompe, par exemple.
11:14Et ça, c'est pas monter les taux,
11:16ça ne va pas régler le problème.
11:18Les effets indirects,
11:19c'est sur les billets d'avion, par exemple.
11:22Et là, on peut commencer à agir sur la demande
11:25et éventuellement,
11:26on peut limiter les effets indirects.
11:29Mais généralement, on les constate plus qu'on les maîtrise.
11:31Et les effets de second tour,
11:33ça, ce sont des anticipations.
11:34Et si on a l'impression qu'on a lâché l'encre
11:37de l'inflation,
11:39à ce moment-là, il y aura des effets de second tour,
11:41c'est-à-dire qu'il y aura une demande de compensation
11:42d'inflation par les salaires.
11:44Aujourd'hui, ça ne se voit pas.
11:45Mais c'est bien ça que la Banque Centrale
11:48essaye de contrôler
11:49et de laisser ancrer.
11:50En revanche, sur la partie longue des taux,
11:53ce qui est important,
11:54c'est que c'est une hausse des taux réels.
11:56La hausse des taux réels,
11:57c'est-à-dire les taux nominaux déflatés
11:59de l'anticipation d'inflation.
12:01Et comme cette anticipation d'inflation
12:02n'a pas bougé beaucoup,
12:03c'est les taux réels qui ont monté.
12:05Et ça, c'est un signal important.
12:07Ça veut dire que le cycle macro
12:08est plus résistant à la multitude de chocs d'offres
12:11que l'on voit depuis quelques années.
12:13Et ce que ça veut dire aussi,
12:14c'est que le cycle IA porte une économie mondiale.
12:18Et du coup, ça monte le taux d'équilibre,
12:21c'est-à-dire celui qui permet à la croissance
12:23de rester sans accélérer dans la surchauffe
12:27et sans descendre vers la récession.
12:30Et ce taux d'équilibre,
12:31s'il est plus haut,
12:32ça, ça veut dire que les banques centrales
12:34ne sont plus à 2% pour la BCE,
12:37mais vont se retrouver à 2,5% ou 2,75%
12:39ou peut-être 3%.
12:41Moi, je pense qu'il y aura une troisième hausse des taux
12:43à la fin de l'année, en décembre,
12:46pour la BCE,
12:47et probablement une autre hausse des taux en mars
12:49sur ces raisons-là.
12:51Du côté du 10 ans américain,
12:53revenons quand même à ce 4,83, Eric Mueller.
12:55Hier, le Trésor dit donc
12:57qu'on va racheter 6 milliards de dollars.
13:00Alors comment il faut voir cette nouvelle ?
13:02Parce que j'ai lu d'un côté,
13:04au début du mois d'août,
13:05c'était plutôt 4 milliards,
13:06et puis en même temps,
13:07des estimations du marché
13:08qui s'attendaient plutôt à 8 à 10 milliards.
13:10Bon, c'est quand même l'épaisseur du trait
13:12sur une dette aux Etats-Unis
13:13qui, pour rappel,
13:14dépasse les 40 000 milliards de dollars.
13:16Il faut regarder la technique,
13:18les points techniques.
13:19Ces opérations-là
13:20sont des opérations traditionnelles
13:22que le Trésor américain fait régulièrement
13:24et qui consistent à acheter
13:26des obligations qui sont moins liquides
13:28pour, au contraire,
13:29pouvoir donner plus de liquidité
13:31aux différents benchmarks,
13:33à différentes maturités.
13:34Donc c'est de la gestion de liquidité
13:36de la dette.
13:37Et effectivement,
13:37Bessent avait organisé
13:39une opération de communication
13:40en disant
13:41« Voilà, la prochaine opération,
13:42ce sera au moins 4 milliards. »
13:44Sans donner de chiffres précis,
13:45mais au moins.
13:46Là, 6 milliards,
13:47ça s'explique parce qu'entre 10 ans
13:48et 20 ans,
13:49il n'y a pas beaucoup d'obligations
13:51un peu illiquides comme ça.
13:52Il y en a beaucoup plus,
13:54par exemple,
13:54entre le 5 ans et le 10 ans.
13:56Donc cette opération-là,
13:57visée à cette opération de nettoyage,
14:00n'a pas vocation
14:00à faire baisser les taux.
14:01C'est une grosse opération
14:03de communication,
14:04mais là,
14:04le gisement qui était disponible
14:06est relativement petit.
14:07C'est pour ça que ça explique
14:08le 6 milliards
14:08par rapport à des attentes
14:10qui étaient un peu surestimées.
14:11Est-ce que ça vous l'apporte
14:12au 5% ?
14:13Ça serait un seuil psychologique
14:14important.
14:15Il a déjà été dépassé
14:16sur le 30 ans,
14:16ce n'est pas encore le cas
14:17sur le 10 ans.
14:18Alors le marché optionnel,
14:19qui est intéressant
14:20parce qu'on regarde
14:20à ce moment-là
14:21quelles sont les anticipations
14:23des agents sur le marché.
14:25Le marché optionnel,
14:26aujourd'hui,
14:26se charge beaucoup
14:27sur des options à 5%.
14:28Donc oui,
14:295% ce sera un niveau
14:30un peu mythique
14:32et oui,
14:33il sera très probablement
14:34touché dans les deux mois
14:35qui viennent
14:35si le pétrole
14:36ne descend pas.
14:37Car effectivement,
14:38on a cette volatilité
14:39du pétrole
14:40qui peut agir,
14:41mais si on reste
14:41aux alentours de 100 dollars,
14:43ça m'étonnerait
14:43qu'on ne vienne pas frictionner
14:44le niveau de 5%.
14:46D'autant plus qu'on le voit
14:46encore cette nuit,
14:48Donald Trump propose
14:48un dividende de 5 000 dollars.
14:50On rentre un petit peu
14:51dans une espèce de concours
14:53avant les mid-terms.
14:54Comment vous trouvez
14:55ces marchés
14:56tout confondus ?
14:57Action,
14:57devise obligataire
14:58Alexandre Baradez
14:59avant cette fameuse élection
15:01du mardi 3 novembre.
15:02On voit que le marché à action,
15:04on en discutait
15:04avant l'émission,
15:05c'est vrai que moi
15:06je le trouve quand même
15:06très résilient.
15:07Le marché à action américain,
15:08j'entends,
15:08c'est-à-dire que
15:08sur ces niveaux de taux,
15:09on peut se demander
15:10à quel moment
15:11certains investisseurs
15:11qui ont déjà bien chargé
15:12la barque en tech
15:14et en différents secteurs actions
15:16ne trouvent pas
15:17à un moment donné
15:17peut-être plus intéressant
15:18d'alléger un petit peu
15:19et d'aller chercher
15:19du rendement
15:21garanti
15:22pour une des meilleures
15:22signatures mondiales
15:23sur 5, 20,
15:25sur 10, 20 ou 30 ans.
15:26Donc c'est vrai
15:27que ça reste très résilient
15:28parce que c'est porté
15:29par les anticipations
15:30de croissance bénéficiaire
15:31toujours stratosphérique.
15:32D'ailleurs,
15:32un constat intéressant,
15:34regardez les multiples
15:35de valorisation du SP500.
15:36Il y a quelques mois encore,
15:37ils étaient à 23 fois
15:38les bénéficiaires anticipés.
15:39C'est-à-dire,
15:39c'est vraiment les niveaux
15:40qu'on avait
15:41dans les points de surchauffe
15:42post-Covid
15:42qui est une petite bulle
15:43qui a dû dégonfler
15:44pendant pas mal de trimestres
15:45et avant cela,
15:46il fallait remonter
15:47au début des années 2000
15:48pour trouver un tel niveau
15:49de valorisation.
15:49Ce n'était pas le pic
15:50qui ont été montés
15:50à 25, 26 fois les bénéfices
15:52mais c'est quand même
15:52très très haut
15:53d'un point de vue historique.
15:54Eh bien, regardez,
15:54on est passé de 23 à 19 fois
15:56les bénéficiaires anticipés
15:57alors que le SP500
15:58n'a pas corrigé.
15:59C'est-à-dire,
15:59ce n'est pas une correction
16:00des multiples
16:01qui s'est faite
16:01par une correction de lundi,
16:02c'est parce que
16:03les attentes bénéficiaires,
16:04on parle bien de ratio
16:05court bénéfice anticipé
16:06à 12 mois notamment,
16:08ça veut dire que les investisseurs
16:09considèrent que pendant
16:094 prochains trimestres
16:10qui arrivent,
16:11les saisons de publication
16:12vont être encore aussi excellentes
16:14que celles qu'on aient
16:15au T1 et T2
16:16et c'est là que moi je trouve
16:17que le 19 fois les bénéfices
16:18finalement,
16:19il est toujours,
16:20il ne résout pas la question
16:21parce qu'on peut dire
16:2219 fois,
16:23c'est la moyenne à 10 ans
16:23de valorisation
16:24qu'on peut se dire
16:24si bien c'est la moyenne de valo,
16:26je rentre,
16:27ce n'est pas un marché
16:27qui est excessivement cher
16:28mais il n'est pas cher
16:30parce qu'on a des attentes bénéficiaires
16:31qui sont absolument gargantuesques
16:32et c'est ça moi
16:33qui me pose un petit souci
16:34surtout avec des rendements
16:35quasiment à 5% en face
16:36pour le 10 ans.
16:38Merci à tous les deux
16:39de nous avoir accompagnés
16:40ce matin en plateau
16:41donc Eric Müller
16:42pour Musini Canco
16:43et Alexandre Barades
16:44pour IG.

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