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  • il y a 9 minutes
Ce mercredi 7 octobre, les enjeux du contre-budget du Rassemblement National pour 2027 ont été abordés par Hedwige Chevrillon et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à le Chypre ce matin, Olivia Edwige Chevrillon, bonjour Edwige, nous allons revenir évidemment sur le programme économique du
00:07Rassemblement National, réaliste ou pas, rassurant ou pas, qu'est-ce que vous retenez vous Edwige Chevrillon de ce que
00:13vous avez vu ?
00:14Alors moi je ne retiens pas forcément tout, mais moi je vais commencer à en dire pourquoi je trouve ça
00:18rassurant, je trouve ça rassurant car c'est une prise de conscience d'une candidate à l'élection présidentielle
00:24qui est en tête des sondages, et bien qu'il y a un problème avec l'État financier de la
00:30France.
00:30Donc pour moi c'est un vrai virage doctrinal de la part du Rassemblement National et de Marine Le Pen,
00:37qui a toujours été sur une ligne social-étatisme, l'État, l'État, l'État, et là elle s'est
00:43convertie notamment à l'entreprise,
00:45parce qu'en fait quand on regarde ce contre-budget de 140 milliards, en fait ça serait même 200 milliards,
00:51mais ça on va en parler en débat tout à l'heure avec Emmanuel Lechypre,
00:53elle montre qu'il faut absolument refonder, réorganiser l'État, elle dit même c'est la mère des réformes.
01:04Donc ça c'est un virage doctrinal absolument, enfin notable j'ai envie de dire, énorme.
01:10C'est un peu la première fois qu'on voit un revirement comme ça d'un parti qui aspire à
01:16gouverner la France.
01:17C'est la fin de l'argent magique, de la potion de l'argent magique, pour reprendre l'expression de
01:22Donald Trump, qui dénonçait la France et l'État financier de la France, etc.
01:27Devant la GEF, l'Association des journalistes économiques et financiers, hier Roland Lesquire, le ministre de l'économie, il a
01:32dit une phrase que j'ai trouvée assez juste.
01:34Un, il a dit qu'il fallait un budget à tout prix, quitte à ne pas avoir de gouvernement, donc
01:38bon ça c'était intéressant,
01:40mais que l'État des marchés financiers était aujourd'hui une force de rappel qui s'imposait non pas qu
01:47'au gouvernement, mais à tous les candidats à l'élection présidentielle.
01:50Je trouve qu'hier, visiblement, il a été entendu. Rassurant, non, parce qu'il faut 140 milliards, 200 milliards, c
01:57'est pas du tout documenté.
01:59Mais là, je laisse la parole à Emmanuel.
02:01Quand on entre dans le détail des mesures, Emmanuel.
02:04D'abord, moi je veux saluer l'effort que n'avait jamais fait l'ERN jusqu'à maintenant de nous
02:10livrer un chiffrage aussi précis.
02:13Et je trouve qu'il faut éviter...
02:14Précis ?
02:15Non mais c'est ça, c'est qu'en fait...
02:16On va ta front-reverser en fait.
02:18On est en train de changer, lui, tout ça, rassurant.
02:21L'ERN n'avait jamais fait un tel effort, et ça, il faut le saluer.
02:25Tout ça pour dire que, en fait, moi j'apprécie pas beaucoup les critiques qui consistent...
02:29Et je trouve que la presse même est un peu dure ce matin sur...
02:32De toute façon, c'est n'importe quoi, etc.
02:33C'est pas documenté, c'est le mot qui revient à plus.
02:35Non, je trouve que ça ne vaut ni plus d'honneur, ni plus d'indignité que les programmes fantaisistes des
02:42autres
02:42qui sont présentés par la France Insoumise ou le Parti Socialiste,
02:45parce que la réalité, c'est que c'est quand même un programme qui est extrêmement fantaisiste.
02:48Et c'est là où on rentre quand même dans les détails.
02:50Alors, on a quand même des absurdités qui sont totalement folles.
02:54Lesquelles ?
02:55La plus grosse de toutes les absurdités, c'est quand même ce scénario
03:00dans lequel vous avez à la fois une division par deux du déficit public
03:04et une multiplication par deux de la croissance.
03:08En 2028, hein ?
03:08Oui, mais même sur un horizon de 2-3 ans, c'est impossible.
03:13C'est-à-dire qu'il n'y a pas un monde dans lequel un effort budgétaire
03:16de réduction des dépenses aussi puissant provoque un bond de la croissance comme ça.
03:21Ça n'existe pas.
03:22Après, qu'on discute à moyen-long terme si, effectivement, une baisse des dépenses publiques
03:27ne finit pas par avoir...
03:29Mais c'est un peu son argument, si je peux le permettre.
03:31C'est un peu son argument parce qu'elle dit, cette refonte de l'État,
03:34cette réorganisation de l'État, la simplification de la sécurité sociale,
03:38tout ça, ça va sur un quinquennat, évidemment.
03:40C'est pas en 2027, en 2028.
03:43Sauf que la réduction, la division par deux des déficits, c'est déjà de 2028, quasiment.
03:47Oui, c'est ça.
03:47Donc ça, c'est pas possible.
03:49Ça, c'est pas possible.
03:50Après, moi, ce que je constate, c'est quand même que sur les économies,
03:54alors économies qui sont par ailleurs assez peu documentées sur le comment on fait,
03:59ce qui est quand même fascinant, c'est que le RN n'invente rien sur tous ces sujets,
04:04réformes de l'État, efficacité de la sécurité sociale, lutte contre la fraude, etc.
04:09Le problème, c'est que sur les estimations du RN, vous êtes entre 3 et 10 fois les chiffres
04:15qui sont généralement cités comme étant des chiffres raisonnables.
04:19Si vous prenez l'immigration, par exemple, on va chercher, je ne sais plus, 18 milliards
04:23sur les immigrés et les allocations qui touchent.
04:28La réalité, quand vous regardez ce que disent la Cour des comptes, le Sénat, etc.,
04:31vous êtes plutôt à 5 milliards.
04:34sur la fraude.
04:35La fraude, c'est quand même la martingale formidable.
04:38C'est-à-dire que 33 milliards récupérés grâce à la fraude.
04:41Aujourd'hui, on en récupère une dizaine.
04:43Et notamment la fraude à la TVA.
04:44Est-ce que vous croyez vraiment que les gouvernements d'aujourd'hui
04:50et les gouvernements passés n'ont pas fait tout ce qu'il fallait
04:52ou ne font pas tout ce qu'il faut, en tout cas,
04:55pour trouver de l'argent qui, manifestement, se trouve sous le sabot d'un cheval ?
04:59On en trouve encore, en tout cas, on écoute le ministre de l'Économie.
05:02Ça, c'est quand même beaucoup de choses.
05:04Il y a du côté, par contre, des dépenses nouvelles qui sont faites.
05:09Alors là, par contre, on a plutôt tendance à sous-estimer
05:11et dire combien coûtent les taxes qu'on supprime sur l'écart bureau, etc.
05:15Et puis alors, il y a quand même un énorme loup autour des retraites.
05:20Voilà, c'est le point qu'elle n'a pas du tout abordé.
05:23Elle a dit qu'elle l'aborderait en octobre un peu plus tard
05:25parce que c'est vrai que pour l'instant, on est entre 60 et 62 ans.
05:28Et ça, ça coûte extrêmement cher.
05:31Ça coûte plus de 10 milliards d'euros.
05:34Et c'est sans doute la faiblesse de ce programme, de ce contre-budget.
05:38C'est qu'en fait, l'essentiel des dépenses publiques,
05:42on en sait, c'est 24 %, c'est les retraites et la santé.
05:45Et de ce point de vue-là, pour l'instant, on est complètement dans le flou.
05:49Et quand il y a un flou, il y a un loup.
05:51Donc là, il faut absolument qu'elle clarifie sa pensée.
05:54Et moi, ce que je trouvais, c'était un peu mon axe ce matin,
05:57c'est de dire qu'il manque beaucoup de choses,
06:00il manque beaucoup de précision.
06:01Emmanuel a raison, on le voit bien.
06:04Mais surtout, même sur l'organisation de l'État,
06:07qu'est-ce qu'elle garde, qu'est-ce qu'elle garde comme ministère,
06:09combien de fonctionnaires elle supprime.
06:11Là-dessus, c'est sûr qu'il faut qu'il y ait des précisions
06:14et qu'aujourd'hui, il n'y en a pas.
06:15Mais c'est ce virage doctrinal, aujourd'hui, que je trouve intéressant.
06:22Et elle a eu cette phrase assez forte en disant
06:24qu'il faut aujourd'hui une vraie rupture politique,
06:27sinon c'est la perte de la souveraineté de la France.
06:29Ça fait 52 ans qu'on est en déficit
06:32et que tous les gouvernements qui nous ont promis d'arrêter ces déficits
06:37ont fait des déficits.
06:40C'est ça que je trouve intéressant dans ce qui s'est passé hier.
06:43C'est vrai qu'il y a tout un tas de mesures très coûteuses
06:46qui figuraient dans les programmes de 2022, etc.,
06:49qui ont totalement disparu de la circulation.
06:52Moi, ce que j'attends de voir sur les retraites,
06:54et c'est là où, à mon avis, personne ne voit le loup,
06:58c'est qu'effectivement, ce que dit Marine Le Pen,
07:00c'est que la réforme des retraites ne va pas coûter,
07:03si on repasse à 62 ans, voire 60 ans, ça ne va pas coûter.
07:06Mais qu'est-ce que ça cache ?
07:08Ça cache en fait une réforme sur la façon dont on calcule
07:13les trimestres.
07:14Et là, vous allez avoir un système
07:17dans lequel vous avez...
07:18Là, c'est un énorme loup qu'il faut...
07:21C'est au détour d'une phrase, en fait.
07:23On a le sentiment que...
07:25Là, c'est énorme.
07:25Et vous avez raison, Emmanuel.
07:26C'est de dire que la durée de cotisation,
07:28elle ne sera plus calculée de la même manière
07:30pour obtenir un trimestre.
07:31Il en faudra beaucoup plus.
07:33Oui, exactement.
07:34Alors, c'est ça l'astuce.
07:35C'est qu'en fait, il ne faudra pas...
07:37C'est là où elle est maligne.
07:38C'est qu'il a dit qu'il ne faudra pas forcément
07:39beaucoup plus de trimestres.
07:40Mais la façon dont vous allez acquérir vos trimestres
07:43va être plus difficile.
07:45Aujourd'hui, il faut rappeler que vous ne validez pas
07:47un trimestre parce que vous avez travaillé trois mois.
07:49Vous validez un trimestre parce que vous franchissez
07:53un palier de revenus soumis à cotisation.
07:56Là, apparemment, ce qui serait dans les tuyaux,
07:58c'est que, grosso modo, il faudrait vraiment
08:01avoir travaillé 12 semaines et pas 4 aujourd'hui,
08:04parce qu'aujourd'hui, c'est plafond de revenus
08:06et au moins 4 semaines.
08:07Là, il faudrait avoir travaillé 12 semaines
08:10pour pouvoir valider un trimestre.
08:11Ça veut dire qu'en fait, il y a beaucoup moins de gens
08:13qui pourront valider des trimestres
08:15et que donc, vous vous retrouverez quand même...
08:16Donc, il faudra travailler de plus longtemps.
08:18...avec une forme...
08:18Oui, ou alors avec une forme d'appauvrissement
08:21des retraités.
08:22Et ça, c'est quand même...
08:22Donc, c'est un allongement qui ne dit pas son nom.
08:24Exactement.
08:25C'est un allongement de la durée de cotisation
08:26Tout ça, encore une fois, est imprécisé.
08:28Mais c'est ce qu'on a compris.
08:29Il y a un point important, c'est sur les entreprises.
08:31Elle a rapidement, quand même.
08:32Je disais qu'elle s'est convertie presque au capitalisme.
08:34Les impôts de production, voilà.
08:37Élargissement, renforcement du pacte d'Utreil.
08:39Donc là, évidemment, les chaînes d'entreprises
08:42trouvent ça formidable.
08:43On l'écoute attentivement.
08:43On l'écoute attentivement.
08:44En revanche, elle veut taxer les grandes multinationales
08:48sur leur chiffre d'affaires réalisé en France.
08:49Ça, ce n'est pas compatible avec l'Europe.
08:51Donc, il faudra là encore préciser ce qui se passe.
08:54Merci à tous les deux.
08:55On attend encore des précisions.
08:56Merci Emmanuel Lechypre.
08:57Merci Edwige.
08:58Chevrillon, ce matin, dans la matinale de l'économie.
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