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  • il y a 2 jours
Ce mercredi 21 octobre, les répercussions économiques à long terme des pillages ont été abordées par Hedwige Chevrillon et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Brigitte Boucher, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à le chiffre, Edwige Chevrillon, bonjour à tous les deux, bienvenue.
00:03Bonjour à tous.
00:048h44 sur BFM Business.
00:06Carrefour revoit ses objectifs à la baisse à la suite de la dégradation sociale et sécuritaire en France.
00:11Plusieurs magasins touchés, des pertes estimées à dizaines de millions d'euros,
00:15ce qui s'ajoute au pouvoir d'achat, au coût de l'énergie, aux difficultés ambiantes.
00:20Est-ce que c'est un cas isolé selon vous, Edwige Chevrillon, ou est-ce que ça peut faire tâche
00:24d'huile ?
00:25Non, à mon avis, ça peut quand même faire un peu tâche d'huile.
00:27Et ça commence à devenir, il faut être prudent, un scénario un peu catastrophe à tous les étages.
00:33Économique, business, finance et politique, ce qui est presque encore plus grave.
00:39Et social.
00:39Quand je dis politique, évidemment, c'est social.
00:41Ce qui était inquiétant dans les déclarations d'Alexandre Montparn, mais même de Thomas Burbo, le patron d'AXA,
00:47c'est qu'avant, ils étaient dans une position, le business allait à peu près, ça se tenait.
00:51On était dans une croissance qui n'était pas flamboyante.
00:54Mais bon, croissance positive, les perspectives n'étaient pas non plus flamboyantes pour 2027, mais positives.
00:59Et là, tout d'un coup, on a le sentiment qu'ils rentrent dans une position d'attentisme.
01:04Et ça, c'est vraiment ce qu'il y a de plus dangereux pour une économie comme la France,
01:10et notamment pour les entreprises.
01:12Et en plus, dans ce climat d'incertitude politique et sociale,
01:15ce qu'on peut dire, c'est que les cartes sont en train d'être bâties.
01:18On a tous ce sentiment-là, on a tous été frappés par les images,
01:23la violence qu'on a ressentie.
01:26Et ça se voit immédiatement sur le taux, sur le spread.
01:29On en a parlé tout à l'heure, 150 points de base.
01:32Oui, c'est 150 points de base.
01:33Je crois que c'est depuis 2011.
01:35On n'a pas connu ça.
01:36Donc là, on se trouve vraiment dans une situation très complexe.
01:42On a l'impression qu'on rentre dans cette spirale un peu dangereuse
01:45où tous les ingrédients se mélangent.
01:47Il y a d'abord ce traumatisme, je le disais, du 17 octobre.
01:50On a vu qu'à l'étranger, quand même, c'est l'une des premières fois
01:53que la France fait deux fois l'œil du Wall Street Journal.
01:55Il y a aussi ce sentiment de déliquescence de l'État.
01:59Jusqu'à présent, l'État en France, c'est ce qui nous tenait.
02:02C'est un peu notre contrat social.
02:04C'est l'État avec son administration fiscale, sa police,
02:08le sentiment qu'il maintenait l'arbre.
02:09Et là, tout d'un coup, on se rend compte que ça se délite.
02:11Donc vous voyez, on est en train, petit à petit,
02:13de rentrer dans une spirale que je trouve dangereuse.
02:17Ça se tend, effectivement.
02:19Ça se tend partout.
02:20Mais pour vous, ça tient, Emmanuel Le Chien ?
02:21Je pense qu'effectivement, la séquence des derniers jours,
02:24elle est effectivement extrêmement inquiétante.
02:28Et puis on se dit, il y a quand même tout un tas d'ingrédients
02:31qui parfois ne sont pas liés entre eux, d'ailleurs,
02:33et qui s'accumulent pour, effectivement, faire un contexte difficile.
02:37Moi, je ne serais pas si inquiet que ça.
02:39Oui, alors bien sûr, on entre dans une période d'incertitude,
02:42c'est certain, mais globalement, comme avant chaque élection présidentielle,
02:46et ça ne signifie pas nécessairement six mois de crise.
02:50Ce n'est pas parce qu'on a une juxtaposition de tout un tas d'événements,
02:53de tout un tas de risques,
02:55que tout va s'accumuler, tout va s'additionner
02:58pour produire une catastrophe.
03:00Moi, je rappellerai quand même qu'il y a beaucoup des anticipations
03:03ou beaucoup des mauvaises nouvelles actuelles
03:05qui sont déjà dans les cours,
03:08qui sont déjà dans les prévisions.
03:12Alors, quand on regarde dans l'histoire,
03:13les événements de ce week-end,
03:14en moyenne, ça a duré entre trois jours
03:19quand il y avait un vrai déclencheur,
03:21comme une loi, un incident,
03:23type la mort du jeune Naël, etc.
03:27Et puis sinon, c'est dix jours.
03:28Donc, historiquement, ces genres de mouvements sociaux,
03:30comme on en a connu ce week-end,
03:31ça dure à peu près une dizaine de jours,
03:33et puis après, tout le monde rentre chez soi.
03:35Pas les gilets jaunes, hein ?
03:36Les gilets jaunes, ça dure un peu plus longtemps.
03:38Oui, mais c'était...
03:38Et puis, ce n'est pas un mouvement social.
03:40Pour le coup, c'était...
03:40Là, ce n'était pas un mouvement social.
03:42C'était typique.
03:42Non, mais ce que je veux dire,
03:43c'est que la France,
03:45quand on regarde les enquêtes sur le moral,
03:46n'est pas à feu et à sang,
03:47comme le laissent entendre les réseaux sociaux
03:49et les chaînes d'info.
03:50Voilà.
03:50Donc, la vie, ce n'est pas uniquement
03:51que nous montrent les chaînes d'info
03:53et les réseaux sociaux.
03:54Vous aurez donné les réseaux avant le week-end.
03:56Et la France est plus abattue
03:58qu'effectivement en colère.
04:02Bon, moi, je vous rappelle quand même
04:03que dans ce scénario que vous décrivez tous,
04:05enfin, qu'on décrit tous d'ailleurs,
04:07moi aussi, comme apocalyptique,
04:08personne ne parle de récession.
04:10Personne ne parle de récession.
04:11Même si on révise en baisse
04:12les prévisions de croissance,
04:13on est quand même dans un monde en croissance.
04:15L'industrie ne tourne pas dans le vide.
04:17Ce qui est nouveau,
04:18et d'où notre débat aujourd'hui, Emmanuel,
04:19ce qui est nouveau,
04:20c'est justement des déclarations
04:21d'un Alexandre Bompard.
04:23Tous ces gens,
04:23ils font quand même très attention.
04:25J'allais dire surtout lui.
04:26Donc lui, il a révisé
04:26ses objectifs annuels à la baisse.
04:28Voilà, mais c'est presque
04:29ses commentaires.
04:30Il s'est invité aussi
04:31dans cette réunion d'analystes.
04:32C'est les commentaires qu'il a faits
04:34que je trouve presque encore plus inquiétants
04:36que ses difficultés,
04:38bon, conjoncturelles, voire structurelles.
04:40Là, c'est les propos.
04:43C'est que, attention,
04:44c'est cet attentisme.
04:45Et ce n'est pas à vous, Emmanuel,
04:46qui expliquait que c'est ça.
04:48C'est comme ça que la bobine s'enraille.
04:51Alors, on le comprend
04:51parce que lui, effectivement,
04:52ses magasins ont été frappés
04:53de plein fouet, etc.
04:5450 magasins.
04:55Si on est cynique
04:56sur le plan macroéconomique,
04:58sans oublier, effectivement,
05:00tous ces commerçants
05:01qui sont aujourd'hui
05:02dans une très grande difficulté,
05:03il y a une plasticité aujourd'hui
05:05de la consommation
05:06qui fait que, malheureusement,
05:07ça va profiter.
05:08Avec qui, tout ça ?
05:08Ça va profiter, effectivement,
05:10à la vente par Internet,
05:12à la vente par correspondance, etc.
05:14Oui, sauf qu'il y a de l'inflation
05:15et il y a un pouvoir d'achat
05:16qui est annoncé en baisse.
05:17Oui, mais effectivement.
05:18Non, mais encore une fois,
05:19je ne dis pas que la conjoncture
05:23est flamboyante.
05:24Mais la réalité,
05:24c'est qu'ils sont plus,
05:25les Français,
05:26ils sont plus inquiets
05:26que manifestement en colère.
05:30Regardez, on continue quand même,
05:31même si nos taux d'intérêt montent,
05:33etc.,
05:33on continue à emprunter
05:34très facilement
05:35toutes les émissions récentes.
05:3715 octobre, etc.,
05:38c'est passé.
05:39On a émis 12 milliards.
05:41Vous me parlez d'avant.
05:42C'est-à-dire qu'en fait,
05:43pour vous,
05:43il y a un point de bascule.
05:44Moi, il y a un point.
05:45Et pour vous, non, Emmanuel.
05:47Mais non, bien sûr que non,
05:48parce que vous allez voir même
05:49que ça va faire des effets positifs
05:51comme à chaque fois
05:51qu'il y a des destructions,
05:52il va falloir reconstruire, etc.
05:54Donc, ça vous fera même
05:54de la croissance.
05:56Comme il y a d'autres manifestants
05:57sur le BTP, alors.
05:58Les ménages français,
05:59ils ont de l'épargne.
06:00Les ménages français,
06:00ils ont encore plus épargnés.
06:02Ils ont quand même de l'épargne.
06:03Je pense que s'ils sont obligés,
06:04ils vont consommer.
06:05Et donc, voilà.
06:06Non, mais je ne dis pas
06:06que la situation est flamboyante,
06:08mais grosso modo...
06:09Mais en gros,
06:10ça peut tenir six mois comme ça
06:11jusqu'à la présidentielle ?
06:12On voit bien, regardez,
06:13par exemple,
06:14qu'il y a des tentatives
06:15qui sont faites.
06:15Je commence même à me douter.
06:16En plus, il y a quand même...
06:18Alors, Edwige ?
06:18On est quand même dans un moment,
06:21comme on dit,
06:23très particulier.
06:24On est même en train
06:25de remettre en cause
06:26la date de l'élection présidentielle
06:28parce que la date qui a été choisie
06:29est absurde.
06:30Parce que c'est le 2 mai,
06:31le deuxième tour.
06:32Le 1er mai,
06:33bon, déjà,
06:33il n'y a aucune presse.
06:34Comme vous savez,
06:35dans la tradition,
06:36les journaux ne paraissent pas
06:37le 1er mai.
06:38De toute façon,
06:39la veille,
06:39il ne faut pas mettre
06:39de sondage et tout.
06:41En plus, les gens seront partis
06:44il y a le 1er mai.
06:45Donc, c'est complètement absurde
06:46de mettre ça à 2 mai.
06:49Donc, ils sont en train
06:49de réfléchir,
06:50de le remettre au-delà d'avant.
06:51Alors, on va peut-être avancer,
06:52finalement.
06:53C'était notre débat.
06:54On va peut-être avancer
06:54le débat de la politique.
06:56C'est pour des raisons d'agenda.
06:59Il y a des raisons d'agenda.
07:00Non, mais ce que je veux dire,
07:01c'est qu'on a le sentiment
07:02que tout est en train
07:03de se déliter un peu.
07:04C'est ça que...
07:05On a débattu.
07:08On en a débattu lundi.
07:09Si Emmanuel Macron
07:10avait décidé d'avancer
07:11d'au moins un an
07:12cette élection présidentielle,
07:14ça aurait été très bien
07:14pour tout le monde.
07:15C'est-à-dire que ça aurait évité
07:16de perdre un an.
07:18Et là, effectivement,
07:19on se dit que politiquement,
07:20les 6 mois, ça va être dur.
07:21Mais au-delà de ça, Emmanuel,
07:23est-ce que cette élection,
07:24elle va régler le problème ?
07:26Est-ce qu'elle va tout régler ?
07:27C'est ça, la question qui se pose.
07:29Vous ne pouvez pas...
07:30Vous ne pouvez pas
07:31d'un seul coup comme ça...
07:32Elle ne va rien régler.
07:32Non, déjà, attendez.
07:34Non, déjà, elle va résoudre
07:35un problème qui, après,
07:38sera...
07:38Ça dépend de l'issue.
07:40Non, mais même si on s'en tient
07:42du seul point de vue
07:43de la démocratie.
07:44La réalité, c'est qu'aujourd'hui,
07:45on a un gouvernement
07:45qui n'a pas de majorité,
07:47qui n'est capable
07:47de faire passer aucune loi,
07:49même si on voit que sur le budget,
07:50il y a des points d'accord
07:51qui se dessinent,
07:52il y a des gens qui essayent
07:53de faire des propositions
07:54de compromis.
07:55On regarde, par exemple,
07:55ce qu'a dit le député Bazin
07:57hier sur les réformes,
08:00sa proposition pour réformer
08:01les retraites,
08:02un truc un peu astucieux
08:03où on fait de l'indexation
08:04automatique ou pas.
08:05On s'aligne sur Agir Carco,
08:07etc.
08:07Donc, il y a des possibilités.
08:08Non, ce qu'il faut,
08:10c'est qu'effectivement,
08:11sorte de cette élection
08:13une majorité claire.
08:14Et je rappelle
08:14que la dernière règle
08:15qui fonctionne encore
08:16sous la Ve République,
08:18c'est qu'à chaque fois
08:18qu'on a élu
08:19un nouveau président,
08:20il a toujours eu
08:21une majorité assez large.
08:22Il y a toujours
08:23une effets présidentielles.
08:24Mais non, bien sûr que si.
08:25Emmanuel Macron,
08:25la première fois qu'il a été élu...
08:27Je vous parle de la première fois
08:29qu'un président est élu.
08:31C'est la seule règle
08:33qui fonctionne.
08:34Oui, absolument.
08:35Attendez, 2017,
08:36vous faites les malins tous,
08:38mais 2017,
08:38non mais globalement.
08:40Ce qu'on entendait
08:41dans l'échiquier politique,
08:42c'était, vous vous rendez compte,
08:43Emmanuel Macron,
08:43il n'a pas de parti,
08:44il n'a rien,
08:45vous allez voir de toute façon,
08:46vous n'avez pas voulu
08:47François Pignon à l'Élisez,
08:48vous l'aurez à Matignon
08:49et ce sera une majorité.
08:51Résultat,
08:51il a eu sa majorité.
08:52Mais la question
08:53est quand on interroge
08:54des politologues,
08:54j'ai fait ça un pas plus tard qu'hier,
08:57sur cet effet présidentiel
08:58que vous décrivez
08:59qui a toujours fonctionné
09:00et que là,
09:01on pourrait avoir un doute
09:02parce que si jamais,
09:03vous prenez tous les derniers sondages,
09:04a priori,
09:05c'est Marine Le Pen
09:05qui plie le match
09:07pour l'instant,
09:07pour l'instant,
09:08ce n'est pas sûr du tout
09:09qu'on se retrouve
09:09avec une majorité
09:11à l'Assemblée nationale.
09:12Déjà, déjà.
09:13Donc vous voyez,
09:14à mon avis,
09:14ça va être une élection
09:15très complexe.
09:16On ne va pas faire
09:17de politique de question
09:17mais aujourd'hui,
09:18si vous additionnez
09:20les voix à l'Assemblée,
09:22si vous additionnez
09:23les députés RN
09:25et beaucoup
09:26de députés droite
09:28qui s'associeront
09:29avec le RN,
09:30bon,
09:30on peut penser
09:31qu'il y aura une majorité.
09:32Donc moi,
09:32je dis juste
09:33qu'au moins,
09:34ce qui sera clair,
09:35c'est qu'on aura un pays
09:36qui aura une majorité,
09:37qui pourra être gouverné,
09:38qui pourra mettre en place
09:39sa politique.
09:40Oui, enfin,
09:40encore,
09:40il faudrait-il
09:41que LR bascule côté RN.
09:42Quel qu'il soit.
09:44Aujourd'hui,
09:45c'est quand même
09:45le scénario
09:46le plus probable.
09:48Donc arrêtons-nous
09:49sur le scénario
09:50le plus probable.
09:53Encore une fois,
09:53sur le LR,
09:54je suis d'accord avec vous.
09:55Non, mais cette élection,
09:57elle aurait eu lieu
09:59il y a un an.
10:00C'est David Lissnard
10:00qui dit qu'il faut
10:01avancer l'élection
10:02présidentielle.
10:02Oui, mais c'est ce que
10:03j'ai défendu lundi.
10:04Mais même,
10:05bon, après,
10:05plus les mois passent
10:06et puis de toute façon,
10:07il ne le fera pas.
10:08C'est Édouard Philippe,
10:09mais il est revenu aussi.
10:10Plus les semaines passent
10:11et plus...
10:12Et puis de toute façon,
10:12c'est trop tard maintenant.
10:13La question est,
10:14je ne se pose plus vraiment.
10:14Plus ce scénario est improbable.
10:15Donc on va faire avec.
10:18Et là, je pense qu'on rentre
10:19dans une période
10:20intéressante à déculter.
10:22Et d'ailleurs,
10:22vous allez revenir
10:23pour m'en parler.
10:24Mais j'espère bien.
10:24Oui, face à le chiffre,
10:25c'est tous les jours
10:26à 8h40.
10:27Merci Edwige Chevrillon.
10:28Merci à tous les deux
10:29d'avoir participé à ce débat.

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