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  • il y a 11 heures
Pétrole à plus de 100 dollars, carburants en forte hausse, taux d’intérêt qui remontent, dette publique sous pression : l’économie française entre dans une zone de fortes turbulences. Alors que le gouvernement tente de boucler son budget 2027, les marchés financiers scrutent de plus en plus la situation française et la menace de récession se précise.
Dans ce contexte explosif, quels risques pour les prix de l’énergie et l’approvisionnement européen ? Jusqu’où peuvent monter le pétrole et le diesel ? La France peut-elle encore éviter une crise de la dette ? Et comment les bouleversements géopolitiques, les élections américaines et l’intelligence artificielle vont-ils transformer l’économie mondiale et le marché du travail ? Philippe Béchade, analyste financier et rédacteur en chef de La Chronique Agora et de La Lettre des Affranchis, analyse les menaces qui pèsent sur l’économie française et les bouleversements économiques à venir.

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Transcription
00:00– Est-ce qu'il faut s'attendre, Philippe, à un prix du gasoil cet hiver à 3 euros ?
00:05– Ce n'est pas du tout impossible.
00:07Il suffit, je le répète, qu'un missile ou qu'un drone tombe sur un oléoduc
00:13ou tombe sur un terminal pétrolier ou tombe sur une zone de stockage de diesel
00:20et à tout moment, ça fait d'un seul coup flamber le prix du pétrole et du diesel.
00:27On est à la merci de n'importe quel accident.
00:30– Bonjour à tous, bienvenue dans Politique et éco.
00:40Alors aujourd'hui, nous en sommes là.
00:42Pétrole à plus de 100 dollars, carburant à plus de 2,40,
00:46risque sur les approvisionnements énergétiques, remontée des taux, menace de récession.
00:53Mais où se dirige l'économie française ?
00:56Et pendant ce temps, l'intelligence artificielle bouleverse déjà le marché du travail.
01:02Un nouvel ordre économique mondial se dessine.
01:05Pour parler de tous ces sujets, nous recevons Philippe Béchade.
01:09Bonjour Philippe.
01:10– Bonjour, merci de votre invitation.
01:11Philippe Béchade, analyste financier, rédacteur en chef de la chronique Agora et de la lettre des affranchis.
01:19Et on commence tout de suite avec le journal de l'éco.
01:28Alors, l'information de la semaine, c'est évidemment le gouvernement, Philippe,
01:34qui a présenté le dernier projet de budget de l'ère Macron.
01:38Il a annoncé 54 milliards d'euros d'efforts budgétaires pour ramener le déficit à 5% du PIB.
01:46On attend cette année 5,4%.
01:49Comment le gouvernement va-t-il arbitrer entre baisse des dépenses et de nouvelles rentrées fiscales, impôts et taxes ?
01:58– Ramener le déficit à 5%, voilà une promesse qui n'engage que ceux qui y croient.
02:07On s'en va vers 3 800 milliards d'endettements en 2027.
02:14Si jamais les recettes fiscales venaient à ne pas atteindre les niveaux qui sont retenus dans les hypothèses,
02:22on ira probablement au-delà de 6.
02:26Alors maintenant, j'avoue que j'ai du mal à parler des 54 milliards d'économies sans une sourde colère,
02:37puisque le gouvernement a présenté finalement ce qui était l'hypothèse,
02:44à savoir on rogne sur les allocations familiales,
02:49on n'a pas encore arbitré entre la suppression de l'abattement de 10% pour les retraites et la
02:55désindexation.
02:56S'il y a des indexations, ça ne touchera pas les retraites, les pensions à 1260.
03:04C'est-à-dire qu'en fait, aujourd'hui, le seuil de richesse en France, c'est 1260 euros.
03:10Je rappelle qu'en Suisse, un retraité aisé, mais sans que ça soit quelque chose d'extraordinaire,
03:19c'est plutôt autour de 3 600, 4 000 francs suisses.
03:22– Oui, mais enfin, est-ce que l'euro est à la même valeur que le franc suisse ? Non
03:26?
03:26– Non, mais c'est pas pratiquement, c'est 0,93.
03:28– Oui.
03:29– On est vraiment sur les valeurs proches.
03:32Il ne faut pas oublier que dans les années 80,
03:36le PIB par habitant était à peu près comparable entre la France et la Suisse.
03:43– Mais comment, à tel écart, a-t-il pu se creuser ?
03:47Et en Suisse, à 3 600, vous faites partie, on va dire,
03:51plutôt de la moitié inférieure des retraités.
03:54En France, au-delà de 3 600, vous faites partie des 5 % des retraités les plus aisés
04:00et au-delà de 4 500, des 1 %, alors qu'en Suisse, il y a plus de 50 %
04:05qui sont à plus de 4 500.
04:07Enfin, c'est lunaire, c'est lunaire.
04:10On est un pays qui est en train de s'enfoncer dans des standards dignes des pays de l'Est
04:16de la période post-soviétique.
04:19– Et on était déjà les champions des prélèvements obligatoires.
04:23Ces prélèvements vont augmenter, 0,3 % supplémentaires pour arriver à 44,2 % prévus l'année prochaine.
04:31Il rogne donc sur le pouvoir d'achat des Français.
04:34– Les rembourses sont-elles ? Il n'y a pas d'économie prévue, Bayrou nous le disait,
04:39il nous faut 40 milliards d'euros d'économie.
04:41– Voilà, alors c'est là que j'enrage 211 milliards, soi-disant, d'aides aux entreprises.
04:50C'est-à-dire qu'elles sont exonérées de cotisations sur tel ou tel aspect
04:56de leur contribution au budget de l'État.
05:01150 milliards, soi-disant, d'aides à l'emploi.
05:06Et on aboutit à 70 000 faillites d'entreprises en rythme annuel,
05:11350 000 personnes sur le carreau.
05:14Et on n'a pas créé 350 000 emplois en face.
05:18Donc, 150 milliards pour arriver à des pertes d'emplois.
05:22Mais j'avoue que je ne comprends pas.
05:24Ou alors, si on les donne aux entreprises et qu'elles ne créent pas d'emplois,
05:29autant à ce moment-là, peut-être, prendre 150 milliards
05:31et les donner à ces 70 000 entreprises qui ont fait faillite.
05:35Je pense que l'argent serait mieux employé.
05:38En tout cas, en termes d'inefficacité, exonérer les grandes entreprises,
05:43certes, on est en enfer fiscal.
05:46Mais si l'objectif, c'est de soutenir l'emploi,
05:48c'est la mesure la plus inefficace qu'on n'a jamais poursuivie
05:53d'année en année, je dirais même de décennie en décennie.
05:57Enfin, c'est 150 milliards.
05:59Et on devrait pouvoir créer un million d'emplois avec 150 milliards.
06:04Et encore, ça fait des sacrés emplois.
06:07Un million d'emplois, 150 milliards, c'est des emplois à 150 000 euros.
06:11Enfin, c'est… Vous voyez, un petit peu.
06:14Et alors, l'autre économie qui n'est toujours pas faite,
06:17où il n'y a aucune coupe d'annoncée,
06:191 200 agences d'État, je crois, il doit y avoir 600 ou 700 ONG
06:25ou associations subventionnées.
06:27On est sur un budget de 140 milliards annuels,
06:32dont l'ADEME, je ne sais plus combien ça nous coûte,
06:35mais c'est une hallucination, plus de 40 milliards.
06:37Enfin, les gens vérifieront.
06:41Mais comment c'est…
06:42– Dans ces agences d'État, on peut en couper combien ?
06:44Parce qu'on sait qu'il y a l'agence sur le nucléaire
06:46dont on pourrait, j'imagine, ne pas se passer.
06:48Mais enfin, le reste, certains parlent que c'est de la corruption pure et simple.
06:52Ces ODAC, ces agences diverses d'administration centrale…
06:57– C'est pour recaser les copains.
06:59– Absolument, elles sont redondantes, c'est-à-dire que quand vous regardez
07:03la mission soi-disant qu'elle revendique, vous avez des choses qui doublonnent,
07:09qui triplonnent, qui quadruplonnent, mais c'est des milliards qui partent
07:13à chaque fois, des milliards.
07:15Il n'y a aucun contrôle.
07:17Est-ce qu'une de ces agences a fait des préconisations
07:20qui ont fait gagner des parts de marché dans le commerce extérieur ?
07:23Est-ce que ces agences nous ont aidés, par exemple,
07:27à devenir un leader européen dans l'IA ou dans le cloud ?
07:34Est-ce qu'aucune de ces agences a un rôle qui a enrichi la France
07:39ou qui lui a conféré un avantage concurrentiel, commercial
07:45par rapport à d'autres pays ?
07:48Moi, j'ai tendance à penser un petit peu à la Javier Mileï.
07:54140 milliards, je coupe en deux.
07:56Alors, c'est sûr que là, il y a plein de copains
07:58qui enfilent des pantoufles dorées quand ils ont été battus aux élections,
08:03quand on les recasse, etc.
08:05Alors, il y a plein de copains, oui, sur le carreau.
08:07Mais il y a un moment, il faut peut-être que des gens
08:10qui profitent du système, certains diraient un peu méchamment…
08:15– Ces gens arrivent à se regarder dans le miroir le matin.
08:16– Que ces gens-là, ils ont quand même un peu un statut de parasite.
08:20Ils sucent l'argent public, l'argent des contribuables.
08:24Je me dis que si on se débarrassait de tous ces gens
08:28qui gagnent plus de 100 000 par an et qui ne produisent rien,
08:31peut-être qu'on fait l'économie de 7 ou 8 milliards.
08:34Tiens, comme par hasard, c'est soi-disant l'argent dont on a besoin
08:39pour équilibrer le régime des retraites.
08:41Et quand on parle des équipes du régime des retraites,
08:43évidemment, on parle des retraités de la fonction publique.
08:46Et là, boum, on en revient à tous ces gens
08:49qui sont payés ces très hauts fonctionnaires
08:50ou ces présidents d'agences, etc.,
08:54qui sont à plus de 100 000 euros par an
08:56et qui, le jour où ils partent en retraite,
08:59alors toujours, c'est sur la dernière et meilleure mensualité,
09:02ils vont toucher 80%.
09:06Et des gens qui ont bossé 42
09:08et qu'un certain Édouard Philippe veut faire travailler maintenant 45,
09:12eux, ils n'auront même pas le droit,
09:14ils ne retrouvent même pas 50% de ce qu'ils ont pu gagner.
09:17Et encore, c'est sur les 25 meilleures années.
09:19Alors qu'un haut fonctionnaire qu'on a promu
09:21ou à qui on a fini une pantoufle dorée,
09:24lui, ce n'est pas les 25 dernières années qui servent de référence,
09:27c'est les 25 dernières journées.
09:30Donc là, il y a un vrai problème.
09:32C'est encore des milliards.
09:33Qui paye ces très hauts fonctionnaires ?
09:36Des gens qui, parfois, sont, comme on dit,
09:38des préfets hors cadre, etc.,
09:40qui n'ont pas d'affectation.
09:42C'est le privé, en réalité.
09:45C'est toujours le privé qui paye.
09:47Donc, dans les mesures d'économie
09:50que le gouvernement vient d'annoncer,
09:52il n'y a que des choses qui privent les petites gens
09:58d'une partie de leur pouvoir d'achat,
10:01des remboursements de médicaments.
10:02Il y aura une augmentation de la taxe soda
10:04ou l'instauration d'une taxe sur le sucre.
10:06Je ne sais pas quelle forme elle va prendre.
10:08Bref, c'est toujours des petites gens qui sont impactés.
10:11Ce n'est pas les copains à 100 000 ou plus par an.
10:14Ce n'est pas les entreprises
10:16où on compte par dizaines de milliards
10:18pour ne pas créer d'emplois.
10:21Donc, je me dis, mais là, de qui se moque-t-on ?
10:25Et puis, je pourrais ajouter
10:27qu'il n'est pas non plus question
10:28de réduire les dépenses
10:30pour faire pousser de nouvelles éoliennes,
10:32et notamment ces fameuses éoliennes offshore
10:35où le kilowatt est quatre fois plus cher que le nucléaire,
10:38qu'on s'est engagé à payer au prix fort pendant 15 ans.
10:42Et certaines de ces éoliennes, je le rappelle,
10:45ne sont toujours pas raccordées.
10:46C'est-à-dire qu'elles tournent.
10:48On a dépensé des centaines de millions
10:49pour les poser au fond de l'océan.
10:51Et pour l'instant, elles tournent,
10:53mais elles ne délivrent pas un kilowatt.
10:55Et on continue de payer.
10:58Et le courant qu'elles ne produisent pas,
11:00on le paye à l'installateur.
11:03– Il y a des éoliennes d'ailleurs qui seront installées
11:06tout le long du littoral français,
11:09en tout cas dans de nombreuses plages,
11:11sauf au Touquet, la plage d'Emmanuel Macron,
11:14puisque la belle-fille d'Emmanuel Macron s'est chargée
11:17de faire interdire l'installation de ces moulins à vent
11:20au large de la côte du Touquet.
11:22Alors le chiffre, on passe au chiffre du journal de l'Éco.
11:26Le chiffre, c'est 4,8%.
11:28C'est le taux de rendement de l'obligation française à 10 ans.
11:32Il était, alors on enregistre ce matin, à plus de 4,96%.
11:36En juillet, ça n'était que 4,30%.
11:40Donc comment est-ce qu'on explique cette flambée, Philippe,
11:43cette flambée si rapide et surtout à qui elle profite ?
11:48– Elle profite certainement à ceux qui continuent
11:50de nous prêter de l'argent et qui aujourd'hui ont un rendement,
11:54si on fait la moyenne, de ce qui est supérieur à 10 ans,
11:5710, 15, 20 et 30, aujourd'hui, le prêteur touche plus de 5%.
12:05On a la moyenne entre toutes les maturités supérieures à 10.
12:09Alors si c'est entre 1 et 5, c'est un petit peu plus bas,
12:13mais enfin, ça reste quand même très confortable.
12:16Donc voilà, ceux qui profitent, ce sont ceux qu'on paye
12:20pour s'enrichir en dormant. Ça, c'est clair.
12:23Maintenant, les hausses de taux, elles sont générales.
12:27Alors, il y en a qui disent, ouais, c'est à cause de la guerre dans le Golfe,
12:32fermeture d'Ormousse, fermeture de Babel-Mandeb.
12:35Oui, certainement, mais il y a aussi l'overdose de dettes.
12:40Tout simplement, 41 000 milliards de dettes pour les États-Unis.
12:46Ça fait 125 000 dollars par habitant.
12:48En France, on est encore un petit peu en dessous.
12:50On est à 72 000.
12:54On a les 3 600 ou 3 800 milliards de dettes de la France.
13:01On a l'endettement à 260% du Japon.
13:05Et vous avez désormais les géants de l'intelligence artificielle
13:12ou de l'intelligence supérieure, enfin tout ce que vous voulez,
13:16et qui vont lever pas loin de 800 milliards cette année.
13:21Plus de 1 000 milliards, on l'anticipe pour 2027.
13:26Et plus de la moitié de ces levées de fonds sont sur des maturités de 10, 20, etc.
13:32Autrement dit, l'IA, aujourd'hui, émet à hauteur de 70% de ce que le trésor américain propose sur
13:42le marché.
13:4470%.
13:45C'est juste du jamais vu.
13:48D'ailleurs, jamais dans l'histoire des États-Unis,
13:50des entreprises n'ont émis en une seule année l'équivalent de 70% des émissions longues du trésor américain.
13:57C'est une grande nouveauté.
14:00Donc, quand vous avez les États les plus riches du monde,
14:03États-Unis, Japon, France, Italie,
14:07et que vous avez les géants de l'IA qui, aujourd'hui, lèvent à l'échelle de milliers de milliards,
14:15mais l'épargne mondiale n'y suffit pas.
14:19Alors après, pourquoi est-ce que c'est plus cher pour la France ?
14:22Parce que dans ce concours de l'aideur, aujourd'hui, on est vraiment ceux qui avons l'aspect le plus
14:30repoussant.
14:32Mais c'est un concours général de l'aideur.
14:34Donc, les taux montent absolument partout.
14:37Nous, on est évidemment frappés par un système politique déficitaire, structurellement, depuis plus de 30 ans.
14:48Et en France, on est les champions de la redistribution.
14:53Je pense d'ailleurs que c'est Gorbatchev qui disait, il y a plus de 30 ans,
14:59finalement, la France, c'est le seul pays, pour l'instant, où le communisme réussit.
15:06Donc, notre système redistributif, qui n'est pas orienté vers la production et la création de richesses,
15:12est celui qui, légitimement, inquiète le plus les créanciers.
15:16Mais les créanciers admirent la France pour sa capacité à lever l'impôt, son inventivité en matière de taxes,
15:25sa capacité, aujourd'hui, de détruire, finalement, le système social, l'État, l'État-providence,
15:35puisque c'est ça qui est en train de se jouer avec la baisse des prestations sociales,
15:42allocations familiales, indemnité chômage, etc.
15:45Donc, là, les Français, ils se font tomber,
15:50ils se font prendre plus de 50% de ce qu'ils gagnent pour l'État, 57%,
15:55et pour l'instant, il n'y a pas de révolte sociale.
15:58C'est fantastique.
16:00Donc, ça veut dire qu'un créancier qui ne regarde de l'extérieur se dise,
16:03bon, on va continuer de les plumer, les contribuables.
16:06– Les lois ne crient pas.
16:07– Les lois ne crient toujours pas.
16:09Donc, tant que c'est comme ça, tant que les gens…
16:12– Ils auraient tort de se priver.
16:13– Voilà.
16:13Tant que les gens ne s'en prennent pas aux vrais responsables de la situation
16:18et qu'on n'a pas d'alternative politique qui propose un autre modèle,
16:24un autre projet d'économie,
16:26bon, ben, tant que le Français baisse la tête, rentre les épaules
16:33et continue de payer et de compter à l'euro près après le 15 du mois,
16:41ben, pour le créancier, tout va bien.
16:43Lui, il dit, socialement, ça ne bouge pas,
16:46on va installer de nouveaux tuyaux pour sucer l'épargne des Français.
16:54Tout va bien.
16:54– On termine ce journal de l'écho avec la déclaration,
16:58c'est celle de la Goldman Sachs,
17:01cette banque dont est issue d'ailleurs M. Draghi,
17:04qui avait été le président de la BCE,
17:06qu'est-ce qu'elle dit, la Goldman Sachs ?
17:08Elle propose à ses clients des paniers d'obligations françaises
17:11permettant notamment de prendre des positions à la baisse
17:14sur certains actifs français.
17:18Expliquez-nous ce que tout cela signifie.
17:20On sait que ces positions ont été prises,
17:24notamment vis-à-vis de la Grèce, avant la crise qu'elle a connue.
17:27– Oui, Goldman Sachs ou d'autres, des JP Morgan…
17:33– La Deutsche Bank également propose ce produit, ces produits.
17:36– Ou des BlackRock pour écrire effectivement des ETF,
17:39ETF short, qui permettent effectivement de se couvrir
17:42contre un risque de défaut, de remboursement de la France.
17:46En fait, ça, c'est quelque chose qu'on a très très bien connu en 2007-2008,
17:50c'était les fameux CDS, Credit Default Swaps,
17:54c'est-à-dire des assurances contre le risque de défaut
17:58sur les dettes immobilières.
18:00C'est juste que là, on l'avait vu une seule fois en Europe
18:05qui avait été créé, ou on dit monté sur mesure pour le cas grec.
18:13Et là, la France, voilà, on propose cet instrument
18:18qui n'est pas du tout une nouveauté, mais par contre, c'est le symbole.
18:23Pourquoi est-ce qu'on monte des protections, des assurances,
18:27contre la dette française ?
18:29Alors après, bien sûr, est-ce que les assureurs ont les moyens de payer ?
18:33On se rappelle qu'avec les subprimes, l'assurance ne valait rien.
18:37Elle n'assurait rien.
18:38Ceux qui vous disaient, vous allez pouvoir faire appel
18:45et toucher les fonds correspondants aux pertes sur le sous-jacent,
18:50ces sommes n'ont jamais été versées.
18:53Donc c'est très très bien, ça conforte psychologiquement,
18:58mais derrière, il faut voir si l'instrument a une réalité
19:03en termes de couverture.
19:06Et aujourd'hui, les crédits des false swaps,
19:09ils explosent aussi sur quelque chose qu'on vient d'évoquer,
19:13c'est les géants de l'IA.
19:16On n'a jamais vu un mouvement de hausse des CDS aussi rapide
19:21depuis, bien sûr, la crise des subprimes de 2008.
19:24Et on a une dégradation des conditions de crédit pour les géants de l'IA
19:34qui est du jamais vu depuis l'an 2000.
19:38Vous savez, en 2000, des boîtes se lançaient,
19:40elles consommaient du cash, elles levaient des fonds en permanence,
19:44elles émettaient de l'obligataire et petit à petit, leurs notes se dégradaient.
19:47Et bien là, aujourd'hui, les géants de l'IA sont également un peu
19:54dans la même configuration que la France.
19:57Mais avec une échelle, comme je l'ai dit, la France, c'est 3600 milliards,
20:01eux, c'est 800 milliards cette année.
20:04Vous voyez que le problème est absolument global.
20:09Voilà, c'est ce que je veux souligner.
20:12La France est le vilain petit canard européen.
20:16Mais on est dans un contexte global qui est explosif au niveau de la dette.
20:21Donc, on est peut-être les plus proches du précipice, si j'ose dire.
20:25Mais on n'est pas les seuls.
20:27Alors, cette guerre au Moyen-Orient continue de sévir.
20:32Les négociations de paix patinent.
20:35Le président Trump nous a promis qu'elle pourrait s'arrêter
20:39après les élections des mid-terms.
20:42Néanmoins, comment les Français vont passer l'hiver ?
20:45C'est l'heure de l'entretien.
20:53Alors, Philippe, le Brent est repassé au-dessus des 100 dollars.
20:57Le gasoil dépasse les 2,40 euros le litre en France.
21:01Comment vous voyez évoluer les prix du pétrole et des carburants cet hiver ?
21:07– Alors, c'est clairement le prix des carburants qui me préoccupe,
21:10puisque c'est ce qui concerne réellement le citoyen français, le contribuable.
21:15Le prix du pétrole, ça concerne le trader.
21:18Et le trader, lui, j'irais, si j'ose dire, il trade les communiqués de Trump.
21:24C'est des bobards.
21:25À chaque fois, il nous dit, les négociations vont reprendre.
21:29Il y a une voie vers la réouverture d'Ormuz.
21:32Ça pourrait être réglé dans une semaine.
21:34Il nous a fait 50 fois le coup, 50 fois, c'était des bobards.
21:38Mais à chaque fois, ça permet aux traders sur le pétrole de se gaver,
21:42parce que le baril repère 3, 5, 7% en quelques secondes,
21:47le temps que le communiqué d'Axios sorte sur le marché.
21:51Donc ça, c'est le pétrole papier, c'est le pétrole des spéculateurs.
21:55Le gasoil, le fuel qu'on met dans la cuve, ça, c'est le vrai souci.
22:02C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ce n'est pas 100 dollars le baril, le diesel,
22:06c'est plus de 200.
22:08Et il y a le plus gros spread, le plus gros écart jamais vu,
22:12même depuis 1973, entre le baril de pétrole non raffiné
22:17et le baril raffiné sous forme de diesel fuel,
22:22peu importe comment on l'appelle, ou de gasoil rouge pour les agriculteurs.
22:27Donc ça, c'est le vrai problème.
22:28C'est-à-dire que là, on est sur des prix historiques.
22:32Quand on avait un baril à 150 dollars en 2008,
22:36on avait un dollar qui était plus cher, donc on le payait, nous, moins cher,
22:39puisqu'on avait un pouvoir d'achat qui était plus élevé.
22:45Mais le diesel, à l'époque, n'avait jamais atteint les niveaux qu'on connaît aujourd'hui.
22:50Donc le diesel est le plus cher de l'histoire.
22:54Et ça ne va pas rebaisser de si tôt,
22:56même si les Iraniens relâchaient la pression sur des trois dormous
23:03après les mi-termes, après s'être assurés que Trump les a bien perdus
23:07à la Chambre et au Sénat.
23:10– Oui, le temps que ça se remette en route,
23:12c'est pas seulement le temps de attendre des mois.
23:13– C'est ça, il y a des installations qui ont été abîmées, détruites.
23:18– Mais il faut reconstruire.
23:19– Voilà, je rappelle que quelques heures avant notre entretien,
23:24les outils ont été capables de toucher les champs pétrolifères
23:27du nord-est de l'Arabie, c'est-à-dire les plus grands champs pétrolifères,
23:31je pense, au monde, aujourd'hui encore, c'est-à-dire abcaïques.
23:36Donc toutes les installations qui sont touchées,
23:39il faut minimum 15 jours pour les remettre en route si c'est un oléoduc.
23:43Il faut des mois si c'est une unité de raffinage, un vapeau-cracker, etc.
23:50Donc il y a des dégâts qui ne vont pas être réparés,
23:53même avant 3 ou 4 ans, ce qui est le cas au Qatar.
23:57Et d'après les experts, qui d'ailleurs ont envoyé,
24:01je crois, une lettre ouverte à la Maison-Blanche,
24:04ils disent que là, compte tenu de ce que les réserves pétrolières sont au plus bas,
24:08et les réserves de diesel, surtout, sont au plus bas de l'histoire, depuis 1982.
24:14Mais ça ne veut rien dire.
24:15Parce qu'à l'époque, les Américains, ils étaient 230 millions.
24:18Ils sont 100 millions de plus aujourd'hui.
24:21Donc des réserves de 300 millions de barils,
24:25quand on a 230 millions d'habitants, c'est largement suffisant.
24:28– Ce qui veut dire que les Américains n'auront plus de quoi exporter vers l'Europe ?
24:34– Absolument.
24:35Et là, Trump vient de déclarer que si les Européens ne débloquaient pas
24:40leur propre réserve de diesel, et Dieu sait qu'on tape dedans,
24:45il allait effectivement demander aux pétroliers américains, aux raffineurs,
24:50de ne plus exporter, ou pendant une période, à définir vers l'Europe.
24:54– Est-ce qu'il faut s'attendre, Philippe, à un prix du gasoil cet hiver à 3 euros ?
24:59– Ce n'est pas du tout impossible.
25:02Il suffit, je le répète, qu'un missile ou qu'un drone tombe sur un oléoduc
25:08ou tombe sur un terminal pétrolier ou tombe sur une zone de stockage de diesel,
25:15et à tout moment, ça fait d'un seul coup flamber le prix du pétrole et du diesel.
25:22On est à la merci de n'importe quel accident.
25:24Alors maintenant, pourquoi est-ce que les Européens ne veulent pas forcément
25:29puiser agressivement dans leurs réserves de pétrole et de diesel ?
25:33Ce n'est pas eux qui ont déclenché la guerre.
25:35C'est à celui qui a déclenché, qui est responsable de la situation,
25:41un petit peu de s'en débrouiller.
25:42Je comprends effectivement là les Européens qui ne veulent pas se saigner pour arranger les affaires de Donald Trump.
25:55C'est assez logique.
25:56Et je pense que les Chinois sont également dans la même logique.
26:00– On l'a entendu, il y a quelques jours, le président Macron était interviewé par deux journalistes,
26:06et il refuse encore de baisser les taxes.
26:11Pourquoi ?
26:12– Pour essayer de rassurer les créanciers.
26:18C'est-à-dire que, voilà, la France ne veut se priver d'aucune de ses ressources fiscales,
26:25sauf que là, cette histoire de la non-réduction des taxes illustre le principe de l'impôt qui tue l
26:36'impôt.
26:36C'est-à-dire qu'en ne baissant pas les taxes, la consommation des Français a chuté tellement brutalement,
26:43de moins 30% depuis début septembre, que les recettes fiscales sont en forte baisse.
26:50– C'est-à-dire qu'il y a une certaine inélasticité à un moment où le pouvoir d'achat
26:56n'est pas extensible,
26:57et une fois qu'on atteint ou qu'on dépasse 2,50 le litre de gasoil, les Français n'en
27:02consomment plus.
27:03Ou de 40 le prix du sans-plan 98, c'est pareil.
27:07Donc, en vendant 30% de tonnage en moins, c'est d'un seul coup des centaines de millions de
27:16taxes qui ne rentrent plus.
27:19Parce que bon, qu'est-ce que c'est qu'un baril de diesel ?
27:21C'est un baril de taxes avec un petit peu de carburant dedans.
27:26– Est-ce que vous pouvez nous dire quels sont aujourd'hui les principaux risques
27:30pour l'approvisionnement énergétique français cet hiver ?
27:34Est-ce qu'il y aura de la raréfaction ? Est-ce qu'on aura des pénuries ?
27:39– Alors, il semblerait que si on puise dans nos réserves, on peut tenir effectivement jusqu'à la fin de
27:45l'année.
27:46Au niveau gaz, il y a un souci.
27:49Nos réserves sont remplies un peu plus de deux tiers, elles devraient être euros trois quarts.
27:54Et là, il y a eu une unité de liquéfaction de gaz qui a été touchée en Irak.
28:06Là aussi, je ne sais pas qui a tiré, mais en tout cas, le résultat est là.
28:09C'est que d'un seul coup, il y a 3% des ressources en gaz qui manquent là, comme
28:15ça, en quelques secondes.
28:16Boum ! Voilà.
28:18Comme je disais, on est à la merci d'un boom à droite, d'un boom à gauche, d'un
28:22boom en Russie.
28:23Et d'un seul coup, il manque comme ça, comme avec l'Arabie saoudite, d'un seul coup, il peut
28:29manquer 5-7% de l'approvisionnement mondial en un boom.
28:34Vous imaginez ? Si vous avez 3 booms dans la semaine, voilà, c'est exactement ce à quoi on est
28:40confronté.
28:40Donc, la Russie n'exporte plus de diesel. L'Arabie saoudite a bien du mal en ce moment, parce que
28:47son port de Yanbu, il est sous le feu des drones outils.
28:51Et les navires saoudiens qui transportent du pétrole ou du diesel, ils se font shooter. Donc, ils ont du mal
28:59à circuler.
29:00Les coûts de l'assurance, si jamais le diesel et le pétrole se remettent à circuler, le prix de l
29:09'assurance est x6, x10.
29:12C'est-à-dire que, par exemple, pour un baril de pétrole, on a aujourd'hui quasiment 20 dollars de
29:21coûts de transport.
29:24contre, c'était au maximum 2 dollars. Voilà, c'est pour situer l'échelle.
29:31Donc, un supertanker qui ne va pas passer par Babel Mandeb, qui ne va pas emprunter Suez pour aller en
29:38Méditerranée,
29:38il va faire tout le tour de l'Afrique pour aller à Rotterdam. Donc, les coûts explosent.
29:45Donc, on a des approvisionnements qui prennent du retard, parce qu'il leur faut 3 semaines de plus
29:50pour arriver à Rotterdam. Et à tout moment, vous avez un Trump qui peut dire,
29:55bon, ça y est, les Européens, puisque vous ne m'avez pas obéi, boum, je suspends les exportations de diesel.
30:02Donc, tout est possible.
30:04– La France dispose encore de 57 réacteurs nucléaires, mais les pointes hivernales
30:11peuvent nécessiter des moyens complémentaires. Comment l'État, comment la France,
30:16peut-elle gérer les pointes de consommation cet hiver ?
30:20Et quelle place le gaz peut-il encore prendre dans notre production électrique ?
30:24– Alors, si les 57 réacteurs fonctionnaient tous, en même temps, toutes les tranches,
30:30on ferait face à tous les pics de consommation pour chauffage.
30:36– Et je veux rassurer quelque part, mais vous allez voir, le cynisme, c'est que cet hiver,
30:44ce n'est pas l'industrie qui va surconsommer du kilowatt.
30:49Vous n'avez qu'à voir, aujourd'hui, la baisse des cadences de production
30:52chez Stellantis, chez Renault, partout.
30:56Donc, cet hiver, il n'y aura pas le double pic, il faut produire 2 000 voitures par jour.
31:03Aujourd'hui, on est au quart de la production.
31:05Donc, ce n'est pas l'industrie qui va nous gêner.
31:09Alors, si jamais, effectivement, on avait des réacteurs en maintenance,
31:12mettons qu'on en ait 10% en maintenance, autrement dit, sur 57,
31:16on pourrait en avoir peut-être 52 qui fonctionnent.
31:19Si jamais il y avait une pointe, ouais, on met en marche une centrale au gaz.
31:24Ça va assez vite.
31:26Après, on a Saint-Avold, là, je vous parle du charbon.
31:30M. Kretinsky qui a eu le nez creux en achetant la dernière unité thermique au charbon de France.
31:39Mais alors là, si on remet en marche Saint-Avold,
31:43en fait, ça fait longtemps que les centrales au charbon d'Allemagne et de Pologne, elles, tourneront.
31:52Et c'est ça qui est, à mon avis, une des grandes absurdités.
31:57C'est que les Allemands ont fermé tous leurs réacteurs nucléaires,
32:01juste avant, d'ailleurs, le début de la guerre en Ukraine.
32:05Et aujourd'hui, quand il y a des pointes, des pics de demande, l'hiver, ça tourne au charbon.
32:11Et pourquoi ils ont tellement besoin de charbon ?
32:14Tout simplement parce que l'hiver, le photovoltaïque en Allemagne, ça ne donne rien.
32:19– C'est un peu couvert, oui.
32:20– Voilà. Et quand on a des bulles froides, c'est ce qu'on appelle un anticyclone,
32:25les éoliennes sont à l'arrêt.
32:28Voilà. Donc, les éoliennes nous coûtent une fortune
32:33pour, souvent, pas d'apport efficace durant l'hiver, là où on en a le plus besoin.
32:39Alors que l'été, elles tournent, il y a du thermique, ça tourne.
32:42L'hiver, quand elles sont à l'arrêt, il n'y a plus que le charbon.
32:46Voilà. Donc, c'est vous dire l'absurdité de la façon dont l'Europe a géré son mix énergétique.
32:54Et je ne vous parle pas de l'Espagne, où l'Europe a fait détruire 225 barrages.
33:02Alors, c'est vrai que c'était des petits barrages,
33:05que ce n'est évidemment pas le barrage des Trois Gorges en Chine.
33:08Mais enfin, c'était quand même un petit appoint énergétique stable
33:12par rapport aux éoliennes et aux panneaux photovoltaïques,
33:15où l'Espagne a connu, comme on le sait, déjà un blackout,
33:17parce qu'un seul coup, il y a eu une chute de production de photovoltaïques.
33:21Mais par contre, la suppression des barrages en Espagne,
33:25on en a très, très bien mesuré l'impact avec les inondations géantes
33:34qui ont touché le sud.
33:36Tout ça, ça n'arrivait pas quand l'eau était stockée en amont.
33:40Donc maintenant, elle dévale.
33:41Et donc, elle va créer de nouvelles catastrophes.
33:46C'est une certitude.
33:47Donc, tout ce qu'a fait l'Europe sur le plan énergétique
33:50est d'une imbécilité incommensurable
33:55et sous la pression de certains lobbys
33:59et notamment des groupes écologistes.
34:03– Oui.
34:04– Voilà.
34:05Qui, en l'occurrence, pour ce qui concerne ceux qui continuent en France
34:09de pousser à l'éolien,
34:12on se rappelle qu'ils ont été quand même financés
34:14par l'Institut Schiller allemand,
34:16qui était en fait une sorte de, pas de taupe,
34:21mais de, parce qu'on parle d'ingérence,
34:25on est absolument là-dedans.
34:26Donc, ça a été une force d'ingérence
34:28qui luttait contre le nucléaire français.
34:30– Alors, le prix de l'énergie reste l'élément déterminant
34:35pour les entreprises.
34:37Comment le niveau actuel des prix de l'énergie
34:41va se répercuter sur notre compétitivité ?
34:44– On a maintenant la compétitivité la plus faible au monde,
34:50bien derrière le Japon,
34:52qui pourtant n'a pas d'énergie, ils sont comme nous.
34:54Les États-Unis, bon, ils ont un gaz
34:56qui coûte quatre fois moins cher
34:59que celui dont se servent nos industriels,
35:03et notamment les Allemands.
35:07Le coût du kilowatt, j'en parle même pas.
35:09Par rapport à la Chine,
35:10on est dans les choux,
35:12mais on est dans des proportions invraisemblables.
35:16Alors, les États-Unis étaient beaucoup moins chers
35:17également au niveau du kilowatt,
35:18mais là, la demande de l'intelligence artificielle,
35:22des hyperscalers,
35:25fait exploser littéralement
35:26le coût du kilowatt aux États-Unis.
35:27Donc, ils étaient très bien, il y a un an,
35:30là, dans certains États,
35:33on est en train de voir doubler la facture.
35:35C'est dans cet ordre-là,
35:37du simple au double.
35:38Donc, il y a beaucoup d'Américains,
35:40de contribuables américains qui couinent,
35:42parce qu'ils ne s'attendaient pas du tout
35:44à ce que la construction d'un data center
35:48fasse qu'ils vont se demander,
35:50ils sont en train de se demander
35:50s'ils vont chauffer les chambres du premier
35:53pour l'hiver prochain.
35:55Voilà.
35:55Donc, on est en tout cas, nous,
35:57avec le gaz et le kilowatt le plus cher au monde,
36:00on est évidemment totalement handicapé
36:03en termes de compétitivité
36:05par rapport à la Chine, les États-Unis,
36:07le Japon, la Corée, etc.
36:09La croissance française a été nulle
36:12au deuxième trimestre.
36:14L'INSEE publiera, c'est le 30 octobre,
36:17sa première estimation pour la croissance
36:19du troisième trimestre.
36:22Qu'est-ce que changerait concrètement
36:24une entrée en récession pour l'économie française,
36:27pour les Français, sachant qu'on entre en récession
36:30après deux trimestres consécutifs
36:32de croissance négative ou nulle ?
36:35– C'est ça, ça c'est la définition académique.
36:38Mais l'impact immédiat d'une croissance
36:42qui tomberait à zéro ou moins zéro quelque chose,
36:44ça veut dire déjà que les prévisions du gouvernement
36:46pour 2027 sont caduques.
36:49Voilà, donc on a une hypothèse de réduction
36:53du déficit à 5, on en a parlé en préambule.
36:55Si vous n'avez pas les recettes fiscales prévues
36:58avec une croissance hypothétique de 0,5,
37:01si vous avez zéro, vous perdez tout de suite
37:03quelques dizaines de milliards de recettes fiscales,
37:06et notamment de TVA.
37:07Donc à nouveau, il va falloir aller chercher
37:10plus d'argent sur les marchés,
37:12voilà, et on va nous le faire payer.
37:15En ce qui concerne les Français,
37:18qu'est-ce que ça veut dire ?
37:18Pas de croissance, ça veut dire pas d'embauche.
37:22On ne crée pas d'emploi,
37:23donc on ne crée pas de pouvoir d'achat,
37:27ça n'abonde pas le système des retraites.
37:30Vous êtes salarié, vous versez une partie du salaire
37:34pour les vieux jours, en tout cas.
37:38Ça permet de financer tout de suite
37:39ceux qui sont en retraite.
37:44C'est de l'argent qui ne rentre pas.
37:46Et comme je l'ai dit, avec 70 000 entreprises
37:48qui font faillite en rythme annuel,
37:52là je dois dire que c'est plus que récessionniste.
37:57C'est un signal qui est terrible pour l'économie française.
38:03C'est un peu la même chose que le Japon…
38:05Qu'est-ce qu'on a de pire que la récession ?
38:07C'est une question un peu simpliste,
38:09mais comment définir…
38:11Il y a pire, ça s'appelle la stagflation.
38:15La stagflation.
38:17Donc le Japon avait connu la…
38:18C'est l'inflation et la croissance zéro.
38:21C'est la récession et l'inflation.
38:23L'inflation laquelle on ne peut rien
38:24parce que c'est les prix de l'énergie
38:26qui se diffusent au-delà de l'industrie
38:29dans les services,
38:31donc les billets d'avion,
38:32tout le transport,
38:34tout ce qu'on appelle la messagerie.
38:37Tout ça, c'est des services.
38:38Ce n'est pas de l'industrie.
38:40Donc l'inflation se répand
38:42dans toutes les strates de l'économie.
38:44Donc le Japon, on lui avait connu une récession.
38:47D'un seul coup, une bulle immobilière,
38:49une bulle boursière qui s'effondre.
38:50Mais il n'y avait pas d'inflation.
38:52C'était même le contraire.
38:53Ils ont vu, eux,
38:55ils ont été confrontés à la déflation.
38:58Autrement dit,
38:59ils ont réussi à équilibrer leur système social.
39:00Nous, si on n'a plus de croissance
39:03et que les prix de l'énergie
39:05et que le prix des loyers
39:06et que les taxes continuent d'augmenter,
39:10ça s'appelle de la stagflation.
39:13Et les taxes supplémentaires y participent.
39:17– On a ces guerres, Philippe,
39:19ces tensions commerciales qui en découlent.
39:22Tout cela bouleverse les échanges,
39:24les chaînes d'approvisionnement,
39:26les politiques énergétiques.
39:28Est-ce qu'on sait,
39:29est-ce qu'on a une idée
39:30de ce nouvel ordre économique
39:32qui est en train d'émerger ?
39:36– Je ne sais pas,
39:37c'est la trajectoire du désastre,
39:39ce dont on parle.
39:41Ce que fait l'Europe depuis 26 ans,
39:44ça nous conduit vers le précipice.
39:48On a une croissance
39:50qui est divisée par plus de deux.
39:52On a la croissance qui ralentit le plus vite
39:54de toutes les zones économiques mondiales,
39:57y compris la Russie.
40:00Y compris la Russie,
40:01où au contraire,
40:03le pouvoir d'achat et le niveau de vie
40:05a été multiplié par 5 depuis l'an 2000.
40:07– Est-ce qu'on a déjà connu un tel niveau
40:12dans l'histoire d'accumulation des problèmes ?
40:15– Pas ma connaissance.
40:17– On va assister à quelque chose d'inédit
40:20parce que personne ne peut rien contre tout cela.
40:24Le président Trump annonce la fin de la guerre
40:26pour après les midterms,
40:27mais encore une fois,
40:28il n'en sait absolument rien.
40:29– Il n'en sait rien.
40:30On va dire que la probabilité que le conflit s'arrête
40:34ou se règle d'une manière ou d'une autre,
40:38nouvelle majorité au Sénat et à la Chambre haute,
40:42ça peut faire bouger les lignes.
40:44Mais on peut être certain que les Iraniens
40:47et leurs alliés, les Houthis,
40:50ne vont pas signer le papier.
40:52– N'importe quoi.
40:53– N'importe quoi.
40:54L'Iran subit des sanctions depuis 30 ans.
40:57S'ils doivent en subir 30 jours de plus
41:00pour avoir de meilleures conditions.
41:02– Même un an de plus.
41:02– Ils vont attendre, sans problème.
41:04Les Houthis qui se prennent des missiles depuis 2015,
41:10parce que c'est l'Arabie saoudite qui a déclenché la guerre
41:12et qui bombarde son voisin depuis 2015.
41:16C'est unilatéral.
41:19Les Houthis, s'ils veulent obtenir un règlement du conflit
41:23avec l'Arabie saoudite,
41:25ça ne va pas être dans des conditions favorables
41:28pour l'Arabie et pour ses alliés occidentaux.
41:31C'est une certitude.
41:33Les Houthis voudraient d'ailleurs que les bases américaines
41:37quittent l'Arabie.
41:39Il y a plein de choses comme ça, des dossiers
41:42dont le règlement diplomatique ne va pas se faire comme ça
41:45du jour au lendemain.
41:46Ou comme disait Trump, avec moi, en 48 heures, c'est réglé.
41:49Bien sûr que non.
41:51Donc le détroit de Babel-Mandev va rester un des jokers,
41:57un des atouts des Houthis,
42:00jusqu'à ce qu'ils obtiennent quelque chose qui leur soit favorable.
42:04Donc Babel-Mandev, c'est l'accès à Suez, c'est tout ce qu'on veut.
42:07Donc ce sont des enjeux.
42:12On peut imaginer que la situation va s'améliorer,
42:15peut-être avant la fin de l'année.
42:17Mais comme je le disais, nous, reconstituer nos stocks,
42:20on les a tellement épuisés qu'on va rester de très gros demandeurs
42:26sur le marché pendant encore des trimestres et des trimestres.
42:31Alors quant au modèle économique européen,
42:34ils ne proposent rien pour résoudre les problèmes
42:38dans lesquels on est déjà.
42:38– Si ce n'est envoyer encore plus d'argent à l'Ukraine.
42:42– Envoyer plus d'argent à l'Ukraine,
42:44faire plus d'intégration européenne,
42:49faire plus de Green Deal, mettre plus d'éoliennes.
42:53– Parait-il que l'Angleterre,
42:55c'est ce qu'a exprimé son Premier ministre,
42:58souhaiterait revenir au sein de l'Union européenne ?
43:00– Ils n'y reviendront jamais, pourquoi ?
43:06– Enfin, l'Écosse le veut, l'Irlande du Nord le veut,
43:09le pays de Galles qui avait pourtant voté pour le Brexit,
43:12son responsable, son représentant le souhaite aussi,
43:15revenir à l'Union européenne ?
43:16– Oui, parce qu'eux, ils seront probablement créditeurs.
43:21– Eh oui.
43:22– Oui, ils verront les sous arriver.
43:24– Si vous dites aux Écossais, vous êtes comme les Français,
43:27et comme les Allemands, vous allez mettre…
43:28– Vous êtes contributeurs nets.
43:29– Vous êtes contributeurs nets.
43:31Nous, la France, on est de notre poche, je ne sais plus combien,
43:3412 milliards.
43:35– Oui, par an.
43:36– Vous dites aux Écossais, ça va vous coûter 1,5 milliard.
43:40Vous allez voir qu'ils vont avoir beaucoup moins d'appétence
43:43pour réintégrer l'Europe, et surtout pour se soumettre
43:46à un enfer de normes, de directives, etc.
43:53Et c'est ça qui nous met dedans.
43:56Toutes ces directives européennes, environnementales,
43:59ça coulait l'industrie, arrêter le thermique en 2035,
44:03sans concertation, ça détruit notre filière automobile.
44:08Détruire les barrages, comme je l'ai déjà dit,
44:10en fait, ça engendre des catastrophes à la fois écologiques et humaines.
44:17vouloir arrêter, comme un certain ex-premier ministre,
44:2114 réacteurs, quand il était arrivé au pouvoir, nommé par Macron,
44:25il a dit, j'arrêterai 14 réacteurs aujourd'hui,
44:28il dit, je serai le champion du nucléaire de demain.
44:32– On parle des deux en Philippe.
44:34– Voilà.
44:35Donc, en fait, tous ces gens-là faisaient exactement,
44:38ou disaient exactement ce que l'Europe et von der Leyen voulaient entendre.
44:44Donc, l'Europe ne fonctionne pas et la solution, comme d'habitude,
44:48quand ça ne marche pas, si l'Europe ne marche pas,
44:50c'est qu'il faut plus d'Europe.
44:52C'est comme d'Europe, quand le communisme ne fonctionne pas
44:55ou le socialisme ne fonctionne pas, il faut plus de socialisme.
44:59Voilà.
44:59Donc, on arrive à la situation argentine, voire à la situation soviétique.
45:05– Il suffit d'écouter Jean-Noël Barraud pour se rendre compte
45:07du degré d'idéologie qui règne, en tout cas, encore dans le gouvernement.
45:12Alors, on suivra, ça sera le 3 novembre prochain, le mardi 3 novembre prochain,
45:18les élections américaines de mi-mandat.
45:21Quels sont, pour Donald Trump, pour son économie nationale,
45:24les enjeux de ces élections, et puis aussi pour les relations
45:28entre les États-Unis et l'Europe ?
45:30– Alors, on peut penser que si Donald Trump perd la majorité,
45:35bon, la guéguerre avec le Canada va s'arrêter.
45:37Voilà.
45:38Peut-être que les relations avec l'Europe pourraient aussi être
45:42un petit peu plus équilibrées.
45:48Chaque fois que Trump parle de l'Europe, c'est pour dire qu'on doit
45:51financer la guerre en Ukraine, on doit mettre davantage d'argent
45:55dans les armes, enfin, dans le budget armement, en fait,
45:58pour acheter des armes aux États-Unis.
45:59Parce que c'est ça, c'est son calcul.
46:02Il le dit d'ailleurs ouvertement, il faut que les Européens
46:04dépensent plus, mais qu'ils viennent acheter chez nous.
46:06– Toute l'Europe de l'Est le fait, les Allemands, les Polonais,
46:09les Pays-Baltes.
46:10– Voilà, absolument.
46:11D'ailleurs, je précise que la Pologne est un créditeur net,
46:15c'est-à-dire qu'eux, ils bénéficient des transferts de fonds
46:17de la France, de l'Allemagne, et ils n'achètent pas des Rafale,
46:20ils achètent des F-35.
46:22Voilà, et l'Allemagne, c'est pareil.
46:25Voilà, donc, qu'on sache bien où va notre argent, naturellement.
46:28– Alors, Trump n'ayant plus les pleins pouvoirs, économiquement…
46:36– Vous croyez à une défaite inéluctable des Républicains ?
46:41– Sur la base des sondages qu'on a aujourd'hui, oui.
46:45Voilà, mais on ne sait jamais ce qui peut arriver avec Trump.
46:48Mais je pense qu'on se prépare à une cohabitation
46:53et qui sera certainement la plus compliquée
46:55qu'il n'ait jamais connu un président américain depuis 1774.
47:00Voilà, ou 1776, pardon.
47:03Donc, là, ça va devenir, effectivement, peut-être plus facile
47:09pour négocier commercialement.
47:11En revanche, Trump va garder comme prérogative, évidemment,
47:15la politique extérieure, les décrets, j'imagine,
47:22les décrets lui permettant éventuellement d'imposer des taxes
47:25qui seront bloquées, je pense, par le Parlement.
47:29Voilà, Trump, c'est sur tout ça.
47:32Il gardera la main sur la diplomatie et les relations avec Israël.
47:39On assiste tous les jours à cette accélération du développement
47:44de l'intelligence artificielle pour les entreprises, le marché du travail.
47:49Comment cette révolution peut modifier l'emploi, le chômage,
47:53les salaires dans l'année prochaine ?
47:56– Alors là, on voit les derniers modèles qui circulent,
48:00enfin, il y en sera optimisé chaque semaine.
48:04C'est fantastique.
48:07Toutes les tâches intellectuelles, dites un peu répétitives ou basiques,
48:12peuvent être remplacées par l'intelligence artificielle.
48:15Autrement dit, l'intelligence artificielle est capable de faire,
48:18aujourd'hui, pratiquement tout ce que c'est faire.
48:19un étudiant qui sort d'une moyenne ou grande école,
48:25on va dire Bac plus 3 ou Bac plus 5,
48:28l'IA est presque capable de se substituer à des tâches,
48:35par exemple Excel ou des plans marketing, etc.
48:41ou une agence de voyage, rechercher des billets d'avion pas cher,
48:46c'est ce que c'est faire, par exemple, le Muse, présenté par Meta.
48:52Bon, ben, un jeune qui est dans une agence de voyage, qu'est-ce qu'il fait ?
48:55Il regarde les billets d'avion, les meilleures options, etc.
49:00Mais tout ça, c'est ce que l'intelligence artificielle sait faire aujourd'hui.
49:05Voilà, donc, toutes les tâches basiques qu'on confie à des apprentis
49:10ou à ce qu'on appelle des juniors, aujourd'hui, l'intelligence sait le faire.
49:15Combien va-t-il lui falloir de temps pour être capable de faire des tâches seniors ?
49:21Donc, la seule chose que l'IA ne saura jamais faire, évidemment,
49:24c'est le service à la personne, c'est, j'imagine, la médecine,
49:33même si le diagnostic par l'IA est aujourd'hui plus fiable,
49:37et notamment sur tout ce qui est analyse de radio, de scanner,
49:40c'est plus fiable si on le confie à l'analyse d'une IA.
49:43Mais il faut quand même qu'il y ait un décideur qui reste là pour dire,
49:46oui, entre plusieurs interprétations, moi et mes collègues,
49:50on pencherait plutôt pour celle-ci que pour celle-là.
49:52Mais c'est vrai que l'IA nous a permis d'identifier un truc qu'on n'avait pas vu.
49:55Mais nous, par contre, on garde quand même la possibilité
49:58d'être les derniers décideurs pour l'interprétation.
50:01Donc, il y a des choses comme ça qui ne seront pas remplacées par l'IA.
50:04Mais le problème, c'est que ce que ne remplace pas l'IA,
50:06comme je disais, le service à la personne,
50:08c'est des métiers à très faible valeur ajoutée.
50:12Ce n'est pas des métiers d'ingénieur ou de spécialiste de la cybersécurité.
50:19Donc, on s'en va vers cette...
50:21– Oui, c'est des gens qui sont payés au SMIC, au SMIC+, quoi.
50:23– Voilà. Donc, on s'en va, on va accroître cette divergence.
50:26C'est-à-dire que les métiers non remplaçables par la machine,
50:31bon, ils vont subsister, mais ils vont rester extrêmement mal rémunérés.
50:36Et vous avez à l'autre bout le spécialiste de la cybersécurité
50:40qui va être payé un million de dollars par an.
50:43Et entre les deux, il ne va plus rester grand-chose.
50:47Alors là, la vision, évidemment, la plus pessimiste, c'est que...
50:50Ah oui, le service à la personne, notamment dans les EHPAD,
50:52si on avait un petit robot qui amène les pilules,
50:56qui amène de l'eau fraîche à chaque fois que la personne appuie sur un bouton,
50:59la machine ne se lasse jamais.
51:02Donc, dans les EHPAD, on pourrait très, très bien se passer d'aide-soignant, etc.
51:08pour toutes ces tâches qu'un robot serait capable de faire.
51:11Donc, je dis que même les tâches de service à la personne,
51:17il y en a des pans entiers qui pourraient être substitués par des robots.
51:24Je pense que ça, c'est quelque chose qu'il faut regarder,
51:27c'est la robotisation de l'aide à la personne.
51:31– On terminera ici avec vous, Philippe Béchade.
51:35On est à quelques mois de l'élection présidentielle.
51:37Si d'aventure un chef d'État, la volonté politique inébranlable,
51:42arrivait à l'Élysée, est-ce qu'il y a encore des décisions radicales
51:47que l'on pourrait prendre et qui éviteraient le pire aux Français ?
51:51– Alors, si on regarde les dix candidats les mieux placés,
51:57donc on va aller, si vous voulez, jusqu'à Nathalie Arthaud,
52:00qui est peut-être crédité de 2%.
52:04Aucun des candidats qui, aujourd'hui, sont déclarés
52:10n'ont de solutions en rupture par rapport à ce que pratique
52:17la Macronie depuis dix ans ou quasiment dix ans
52:21et ce qu'avait fait Hollande auparavant.
52:24– Donc, quelles seraient ces décisions radicales à prendre, Philippe ?
52:27– Non mais, tous veulent rester dans l'Europe.
52:29– Oui.
52:30– Tous prétendent, évidemment, vouloir la réformer de l'intérieur.
52:33– Comme depuis le début.
52:35– Alors que l'on sait, par expérience, que c'est absolument impossible,
52:39et d'ailleurs c'est conçu pour ça, c'est que les instances décisionnaires
52:44sont nommées pas élues, n'ont jamais de compte à rendre
52:48devant la représentation démocratique, donc le système n'est pas réformable.
52:55Alors, à un moment, ces bonnes intentions, il faut qu'on arrive quand même
53:00à se dire qu'il y a un peu de réalisme, ça ne marchera jamais.
53:03Donc, quand on est absolument convaincu qu'il n'est pas possible
53:06de réformer cette chose, cette technocrature, il y a un moment,
53:12il faut envisager effectivement la rupture.
53:17Et quand on en s'entend dire…
53:19– Mais la rupture, ça serait quoi ? Une révolution ?
53:21Ça serait un référendum de proposition de sortie de l'Union européenne ?
53:26– Ah, ça pourrait prendre…
53:27– Ségolène Royal nous le disait, ça comptait sur moi, si j'arrivais au manège,
53:33je ne proposerais jamais de référendum de sortie de l'Union européenne.
53:37– Oui, mais tous, vous direz qu'ils ne le feraient jamais.
53:42Donc, c'est une hypothèse que j'exclus, mais on est dans un tel piège de vanité
53:49aujourd'hui et d'idéologie qu'on est incapable, alors que toutes les preuves
53:54que l'Europe telle qu'elle existe et qu'elle s'est construite a échoué,
53:57aujourd'hui on est arc-bouté sur la non-reconnaissance
54:00que le problème vient de l'Europe.
54:03– Et que l'euro ne fonctionne pas pour la France.
54:05– Et que l'euro ne fonctionne pas pour la France,
54:07et d'ailleurs pour pas mal d'autres pays.
54:10Alors après ça, la compétence des politiques,
54:15là on a l'impression que c'est finalement tous les gens
54:17qui n'ont pas été capables de créer de la valeur dans le privé
54:21ou qui n'ont pas été capables d'aller dans les hautes sphères
54:26de l'administration, on a l'impression que c'est ceux-là
54:29qui se sont lancés en politique.
54:31Enfin, ils affichent tous le même logiciel,
54:34l'État-providence, les transferts, tous sont sur le même modèle,
54:38de l'extrême-gauche en passant à l'extrême-centre
54:43et jusqu'à l'extrême-droite.
54:46– Le modèle, le modèle social français, c'est un modèle redistributif.
54:51Ils y sont tous accrochés.
54:54Mais aucun, aujourd'hui, n'ose proposer une solution en rupture.
55:00Aujourd'hui, la rupture est en train de se faire, malgré nous.
55:03On voit la France avec des taux à pratiquer.
55:05– Ils sont en train de pousser les Français à la Révolution, là.
55:07C'est ce à quoi on assiste.
55:09– Alors ça, s'il s'est poussé les Français à la Révolution,
55:15ça va nous être présenté comme poussé les Français.
55:17Les plus radicaux affichent le chaos.
55:21Donc, on va dénoncer les forces de chaos.
55:24– Les extrêmes, les plus bautistes.
55:25– Qui les instrumentalise.
55:26Donc, bien sûr, qui instrumentalise les forces du chaos ?
55:29Bien sûr, Jean-Luc Mélenchon et Poutine.
55:33De toute façon, un arbre tombé sur une voie, c'est Poutine.
55:37Le PSG qui a perdu un match imperdable, c'est Poutine.
55:41Enfin, c'est… Voilà.
55:43Donc, tous les échecs qu'ont connus les gouvernements successifs de M. Macron,
55:49tout est évidemment, à chaque fois, derrière, il y avait la Russie,
55:53qui nous a mis des pâtons dans les roues, etc., qui fait de l'ingérence.
55:57Voilà.
55:58Pour ma connaissance, la dernière ingérence que l'on a identifiée,
56:02qui a été médiatisée,
56:03bon, c'est le téléphone d'une conseillère de l'Élysée sur le Maghreb,
56:08qui a été piratée par les services israéliens.
56:11Voilà.
56:11Donc, ça, on sait, là, de façon sûre et certaine…
56:14– Et avant, c'était la NSA qui espionnait Mme Merkel
56:16et M. Sarkozy dans les années 2010.
56:19– Et aux États-Unis, le Pentagone,
56:21vous le retrouverez également en surfant,
56:24faites une petite recherche et vous verrez que le Pentagone
56:27a dénoncé les intrusions et l'ingérence des services israéliens
56:32dans la gestion de la crise, justement, dans le golfe Persique.
56:37Voilà.
56:37Mais bon, la version officielle, c'est la Russie
56:41et le mantra, c'est l'Europe, l'Europe, l'Europe,
56:44et ce nouvel élément de langage, la souveraineté européenne.
56:49Et ce qui est amusant, c'est que cette souveraineté
56:52fait que, justement, c'est l'Europe qui fait de plus en plus d'ingérences
56:57dans notre politique économique et dans nos enjeux électoraux.
57:03L'Europe dit carrément, on ne veut pas d'un tel,
57:06on veut bien d'un tel, et attention, ceux-là, ils sont aux extrêmes.
57:11C'est l'Europe qui décide aujourd'hui pour qui le citoyen doit voter.
57:16Mais ce n'est pas des ingérences.
57:18Le mur de Barna, en tout cas, lui, est tombé un soir,
57:21alors que personne ne s'y attendait.
57:23Peut-être que la Sainte Providence nous enverra un signe dans ce genre.
57:28En tout cas, merci à vous, Philippe Béchade,
57:29d'avoir accepté notre invitation une nouvelle fois.
57:32Merci à vous tous pour votre fidélité.
57:35On se retrouve la semaine prochaine.
57:37À bientôt.
57:38Salut.
57:39Salut.
57:40Salut.
57:42Salut.
57:44Salut.
57:48Sous-titrage Société Radio-Canada
57:49Sous-titrage Société Radio-Canada

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