- il y a 2 mois
La croissance française est à l’arrêt, l’inflation repart à la hausse et les taux d’intérêt remontent. Dans le même temps, la dette dépasse les 3 500 milliards d’euros et le budget 2027 s’annonce particulièrement difficile. Pour analyser cette situation, nous recevons Charles Sannat, entrepreneur, analyste économique et animateur de la chaîne YouTube Le Grenier de l’éco.
Dans ce nouveau numéro de Politique & Eco, Charles Sannat décrypte d’abord l’actualité économique : croissance française, recul du PIB par habitant, refus de l’Islande de rejoindre l’Union européenne et volonté de Bruxelles de mobiliser davantage l’épargne des Européens.
Nous revenons ensuite sur les grands risques qui pèsent sur l’économie française : inflation, dépense publique, budget 2027, dette et remontée des taux. Alors que le taux français à 10 ans dépasse 4,2 % et que des fonds spéculatifs s’intéressent à notre dette, les marchés commencent-ils à perdre confiance dans la France ? Quel rôle peut jouer la BCE ? Et la France peut-elle devenir le détonateur d’une nouvelle crise de la zone euro ?
Charles Sannat analyse enfin les perspectives économiques pour les Français d’ici à la prochaine élection présidentielle.
A la suite de "Politique & Eco", retrouvez la chronique financière de Philippe Béchade intitulée : "La guerre hybride contre votre patrimoine a déjà commencé".
Téléchargez gratuitement le rapport spécial de Philippe Béchade - 2026 - Faillite de la France : Comment faire face à la Taxflation
Dans ce nouveau numéro de Politique & Eco, Charles Sannat décrypte d’abord l’actualité économique : croissance française, recul du PIB par habitant, refus de l’Islande de rejoindre l’Union européenne et volonté de Bruxelles de mobiliser davantage l’épargne des Européens.
Nous revenons ensuite sur les grands risques qui pèsent sur l’économie française : inflation, dépense publique, budget 2027, dette et remontée des taux. Alors que le taux français à 10 ans dépasse 4,2 % et que des fonds spéculatifs s’intéressent à notre dette, les marchés commencent-ils à perdre confiance dans la France ? Quel rôle peut jouer la BCE ? Et la France peut-elle devenir le détonateur d’une nouvelle crise de la zone euro ?
Charles Sannat analyse enfin les perspectives économiques pour les Français d’ici à la prochaine élection présidentielle.
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00:00:00L'inflation des 30 dernières années, c'était plutôt entre 0 et 1%.
00:00:04Et l'inflation des prochaines années, à mon sens,
00:00:08va osciller durablement entre 3 et 5%.
00:00:12Donc ça m'a tout changé.
00:00:13Il faut être fataliste, il faut s'y habituer.
00:00:16Ou est-ce qu'un chef d'État peut avoir des leviers d'action
00:00:19pour faire réellement baisser les prix ?
00:00:21Il n'aura aucun levier d'action pour faire réellement baisser les prix.
00:00:24Sauf si vous vous appelez le général Chavez-Mélenchon.
00:00:28Et Chavez-Mélenchon, il va faire le contrôle des prix.
00:00:31À la fin, on sait très bien ce qui se passe sur le contrôle des prix.
00:00:33Vous n'avez rien dans les magasins d'État et puis tout au marché noir.
00:00:43Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouveau numéro de Politique et éco.
00:00:48Alors au programme aujourd'hui, la France connaît une croissance à l'arrêt.
00:00:52L'inflation repart à la hausse et les taux d'intérêt remontent.
00:00:56Dans le même temps, la dette continue de progresser.
00:00:58Le budget 2027 s'avère particulièrement difficile.
00:01:02Pour comprendre ce qui nous attend, nous recevons aujourd'hui Charles Sanna.
00:01:07Bonjour monsieur.
00:01:08Bonjour à vous, bonjour à tous.
00:01:10Charles Sanna, entrepreneur, analyste économique.
00:01:13Vous animez la chaîne YouTube Le Grenier de l'Éco.
00:01:16Et on commence tout de suite avec le journal de l'Éco.
00:01:26Alors le journal de l'Éco commence avec ce chiffre.
00:01:290% de croissance en France au deuxième trimestre.
00:01:34Dans le même temps, notre PIB passe sous la moyenne de l'Union européenne.
00:01:39C'est inédit.
00:01:4240 768 euros contre 41 600 euros.
00:01:46Charles Sanna, comment est-ce qu'on explique que la France,
00:01:49qui était autrefois le moteur de l'Union européenne,
00:01:52paraît-il, soit désormais sous la moyenne européenne en richesse par habitant ?
00:01:58On ne produit plus de richesse, tout simplement.
00:02:02On ne travaille pas, on délocalise,
00:02:07on dépense beaucoup plus que ce qu'on gagne,
00:02:09on étouffe le peu de croissance qui reste
00:02:11par des taxations tout azimuts
00:02:16pour financer un train de vie de l'État
00:02:19que l'on ne peut plus évidemment se payer.
00:02:22Alors quand je dis de l'État,
00:02:24État au sens très très large,
00:02:25on inclut dedans les collectivités locales,
00:02:29donc ça va de la mairie à l'interco,
00:02:31en passant par les départements, les régions
00:02:34et l'État lui-même.
00:02:36Vous rajoutez là-dessus toutes les agences, etc.
00:02:40Et donc vous vous retrouvez avec…
00:02:41– Je crois que ça représente, j'entends Charles Gave dire ça l'autre jour sur CNews,
00:02:45130 milliards par an ces ODAC,
00:02:48les agences d'État, il y en a 1 400 se prend en France.
00:02:51– C'est considérable, c'est considérable.
00:02:53Et donc à un moment donné, vous étouffez tout simplement l'économie à petit feu,
00:03:00force est de constater que ça ne fonctionne pas,
00:03:02ça fait 30 ans qu'on fait ça,
00:03:04il faudra attendre qu'il y ait une prise de conscience.
00:03:08Alors prise de conscience qui semble quand même,
00:03:12alors qu'on arrive au pied du mur du problème de la dette,
00:03:17cette prise de conscience,
00:03:18vous avez dû entendre les dernières déclarations de François Hollande
00:03:22sur le fait de transférer sur la TVA
00:03:27un certain nombre de cotisations sociales
00:03:30qui évidemment pèsent sur les salaires.
00:03:32Donc je ne sais pas si vous vous rendez bien compte
00:03:35et si ceux qui nous écoutent se rendent compte de la situation.
00:03:38Si je veux dissuader les gens de fumer,
00:03:41je taxe les cigarettes.
00:03:43Si je veux dissuader les gens de boire,
00:03:46je taxe l'alcool.
00:03:48Si je veux dissuader les gens d'avoir des voitures polluantes,
00:03:53je mets un malus écologique
00:03:55et donc je taxe les voitures polluantes,
00:03:58les voitures diesel.
00:03:59Et donc on est le seul pays quand même
00:04:01qui a décidé de s'attaquer au travail
00:04:04en le taxant de telle manière
00:04:06à ce que plus personne n'ait envie de travailler
00:04:09comme plus personne ne doit avoir envie de fumer,
00:04:12de boire ou d'avoir un véhicule polluant
00:04:14tellement nous taxons le travail.
00:04:16Donc nous sommes dans un pays
00:04:19où les aimables gens de gauche
00:04:22qui sont pris dans une espèce de totem idéologique
00:04:30considèrent que la TVA est injuste socialement
00:04:33et que la cotisation et la taxe sur le salaire,
00:04:37ils appellent ça cotisation et salaire différé,
00:04:40on peut appeler ça impôt, charge, taxe,
00:04:42sur le travail qui rend le travail français non compétitif.
00:04:47– Mais c'est mieux à droite, Charles Sanna ?
00:04:49– Non mais ce n'est pas le sujet.
00:04:51Le sujet c'est de dire la gauche a un totem.
00:04:54Sur ce sujet-là, il faut que le travail paye
00:04:59et que pèse sur le travail globalement
00:05:03ce qu'on va appeler la protection sociale
00:05:05qui va de la santé à la retraite.
00:05:08Or, dans un monde où vous délocalisez,
00:05:11dans un monde où c'est ouvert,
00:05:14où vous êtes en compétition directe et frontale
00:05:17avec plein d'autres nations,
00:05:20ce n'est pas pertinent.
00:05:22Ce qui est pertinent, c'est de transférer effectivement,
00:05:26c'est de détaxer le travail pour que le salaire net,
00:05:28et on va reboucler sur votre information
00:05:30qui consistait à dire que le PIB est baissé,
00:05:32et le PIB par habitant, la richesse par habitant,
00:05:36a un véritable déclassement.
00:05:38Aux États-Unis, ce n'est plus du double
00:05:41de celui de la France.
00:05:43En ce qui concerne le PIB par habitant,
00:05:45si vous allez au Danemark, en Norvège, en Suède,
00:05:48c'est la même chose.
00:05:49Ce n'est plus du double, et le salaire moyen d'ailleurs,
00:05:51est plus du double du salaire moyen en France.
00:05:54Et vous avez des niveaux de taxes sur les salaires
00:05:58qui fait qu'aujourd'hui, celui qui profite le plus
00:06:00de votre salaire, ce n'est pas vous, c'est l'État.
00:06:03Et donc, effectivement, il faut inverser ça
00:06:06et taxer la consommation, surtout dans une typologie
00:06:10d'économie et de croissance,
00:06:12où la consommation, en réalité, provient de l'importation.
00:06:17Donc, il faut détaxer le travail réalisé en France
00:06:19et taxer la consommation de produits achetés à l'étranger.
00:06:22– Mais au-delà de tout ce que vous nous dites,
00:06:25Charles Sanna, est-ce qu'il n'y a pas un phénomène
00:06:28au-dessus de tout cela qui s'appelle
00:06:29la corruption de nos élites ?
00:06:31– Alors, il y a la corruption qui tape sur la bête
00:06:35depuis des années et on est en train de se rendre compte,
00:06:38peut-être que c'est en train de se voir.
00:06:39– Alors, ça se voit, c'est une gabegie à tous les niveaux,
00:06:41en fait, c'est-à-dire que vous prenez de la moindre mairie
00:06:46jusqu'au plus haut niveau de l'État,
00:06:47vous avez un millefeuille où on rajoute des feuilles.
00:06:51Vous savez, on était censé supprimer les mairies
00:06:53en faisant les intercommunalités.
00:06:55On a les mairies et les intercôts.
00:06:57Donc maintenant, on a mairies, intercôts, départements
00:06:59et puis régions.
00:07:01Vous rajoutez à ça les agences d'État.
00:07:03Alors, tout ça, ce sont des milliers de personnes,
00:07:07pour ne pas dire des millions de personnes,
00:07:09qui travaillent, qu'il faut payer, qu'il faut rémunérer,
00:07:13qui, pour certaines d'entre elles,
00:07:16ont un rapport avec l'intégrité qui est à géométrie variable.
00:07:19Mais bon, ça, c'est pour certaines.
00:07:22Et il ne faut pas, évidemment, comme à chaque fois,
00:07:24il ne faut pas généraliser.
00:07:26Mais c'est surtout que, si vous réfléchissez bien,
00:07:30c'est que chaque personne qui a un poste
00:07:31a évidemment tendance, c'est parfaitement humain,
00:07:34ce n'est pas spécifique à ceux qui nous dirigent.
00:07:37Dans toute société, dans toute entreprise,
00:07:39dans toute collectivité humaine,
00:07:41celui à qui on confie une tâche
00:07:43va essayer de faire en sorte d'exister à travers sa tâche.
00:07:47Donc, si votre tâche, c'est de faire des normes,
00:07:49vous allez normer.
00:07:50Si votre tâche, c'est de faire des contrôles,
00:07:51vous allez contrôler.
00:07:52Si votre tâche, c'est d'enfiler des perles,
00:07:55vous allez enfiler des perles.
00:07:56Et donc, en fait, vous multipliez des strates administratives
00:08:02complètement délirantes.
00:08:04Et je crois que les gens ne se rendent même pas compte.
00:08:07Aujourd'hui, vous voulez changer une fosse sceptique,
00:08:10on vous demande de remplir des formulaires.
00:08:12Enfin, c'est ahurissant.
00:08:14Et donc, il y a des gens qui empilent ces formulaires
00:08:17qui ne servent strictement à rien.
00:08:18J'avais une étude de sol qui est faite par une société habilité.
00:08:22Bon, on vous demande de re-remplir des formulaires
00:08:24qui reprennent les éléments de l'étude de sol.
00:08:26Enfin, c'est rempli par quelqu'un,
00:08:28le propriétaire qui ne connaît rien à l'étude de sol.
00:08:30Vous voyez, il est incapable de remplir le formulaire.
00:08:32Enfin bon, voilà.
00:08:33Et tout est à l'avenant et vous rentrez dans une mécanique
00:08:39et dans un système qui, en fait, est en train de s'effondrer
00:08:43sur sa complexité.
00:08:45Et je renvoie tous ceux qui nous écoutent à un excellent ouvrage
00:08:47qui est l'ouvrage du professeur Tinter.
00:08:51C'est l'effondrement des sociétés complexes.
00:08:53Et donc, on devient tellement compliqué,
00:08:56on se complique tellement le quotidien
00:08:59qu'à un moment donné, on passe beaucoup plus de temps
00:09:01dans les hôpitaux.
00:09:03Un 50% du temps des médecins consiste à remplir des tableurs Excel
00:09:08pour pouvoir facturer de manière virtuelle,
00:09:11puisque la tarification à l'acte, c'est…
00:09:14– C'est tout Sarkozy, ça.
00:09:15– Oui, mais c'est l'État qui facture à l'État.
00:09:17Je veux dire, c'est…
00:09:20On ne facture pas vraiment aux gens, d'accord ?
00:09:21On se facture… C'est l'État qui se facture à l'État.
00:09:24Et on a 50% du temps médecin,
00:09:26plus des dizaines de milliers d'administratifs
00:09:30qui enfilent des perles comme ça.
00:09:32On ferait mieux d'arrêter de savoir
00:09:34combien on veut dépenser ou pas dépenser.
00:09:37Pour laisser les gens soigner, ça serait beaucoup plus efficace.
00:09:39Et ça nous coûterait infiniment moins cher, en fait,
00:09:42que de savoir combien on dépense.
00:09:43Vous savez, c'est le problème du contrôle de gestion.
00:09:45Combien je dépense pour savoir combien ça me coûte ?
00:09:48– Alors, on passe à l'information retenue par Politique & Eco.
00:09:51C'est ce qui s'est passé en Islande.
00:09:53Le peuple s'est prononcé par référendum à 52,8%
00:09:58contre la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne.
00:10:03Comment vous analysez ce refus ?
00:10:05Est-ce que les Islandais sont des idiots
00:10:07pour ne pas se rendre compte que l'Union européenne,
00:10:10c'est le paradis ?
00:10:11C'est ce qu'on nous avait un petit peu expliqué
00:10:12au moment du Brexit.
00:10:13Les Anglais sortent de l'Union européenne
00:10:15parce que peut-être que finalement,
00:10:17les gens des campagnes anglaises sont des idiots
00:10:19et qu'ils n'ont pas compris que le paradis, c'était à Bruxelles.
00:10:21– C'est ça.
00:10:22Et d'ailleurs, on voit tous les jours
00:10:23avec des taux d'intérêt qui sont bas.
00:10:26On le voit tous les jours avec une dette qui est maîtrisée.
00:10:28On le voit tous les jours avec un plein emploi en France.
00:10:31D'ailleurs, on vous a toujours dit que l'Europe,
00:10:33c'était la prospérité et la paix.
00:10:35Vous voyez à quel point dans ce continent en guerre,
00:10:38on voit la paix et dans quel point dans ce continent en crise économique,
00:10:41on voit la prospérité.
00:10:43Donc, au-delà de mes propos un petit peu acerbes,
00:10:47vous avez un autre pays dont on entend assez peu parler,
00:10:49qui est relativement discret, qui s'appelle la Norvège,
00:10:51qui n'est pas non plus du tout dans l'Union européenne.
00:10:55Ils ne sont ni dans l'euro, ni dans l'Union européenne.
00:11:01Comment vous expliquez ça ?
00:11:02Tout simplement parce que ce sont des pays
00:11:04qui veulent conserver leurs différents leviers de souveraineté.
00:11:08Donc, les Norvégiens disposent de leur propre banque centrale,
00:11:10les Islandais aussi.
00:11:12Ils disposent de leur propre monnaie,
00:11:14les Norvégiens et les Islandais aussi.
00:11:18D'ailleurs, comme les Suisses.
00:11:21Et puis, finalement, tout ça se passe relativement bien.
00:11:24Et quand vous allez en Norvège, moi j'en reviens,
00:11:26j'y suis allé cet été,
00:11:29la Norvège est un pays extrêmement riche,
00:11:32mais vraiment extrêmement riche.
00:11:34Ils ont le pétrole d'ailleurs, mais bon.
00:11:35Oui, mais enfin…
00:11:36En tout cas, c'est tenu, quoi.
00:11:37Le pétrole n'est pas…
00:11:39Je veux dire, tout le monde ne vit pas du pétrole en Norvège,
00:11:42loin de là.
00:11:44Et quand vous regardez le parc automobile norvégien,
00:11:47imaginez un parc automobile avec 30% de Tesla.
00:11:5230% des voitures en Suède, ce sont des Tesla.
00:11:55Donc, c'est un parc…
00:11:56Des voitures qui coûtent assez cher.
00:11:57Qui coûtent assez cher, qui sont plutôt assez luxueuses,
00:11:59qui sont des véhicules électriques parmi, on pourrait dire,
00:12:03les meilleurs au monde.
00:12:04Donc, voilà.
00:12:04Donc, si vous voulez, vous avez une impression de richesse
00:12:08dans ce pays que vous n'avez effectivement plus du tout,
00:12:14mais alors plus du tout en France.
00:12:15Et donc, les Islandais, ils maîtrisent leur souveraineté.
00:12:19Et donc, tout le monde a bien compris que l'adhésion à l'Union européenne,
00:12:23on peut considérer que c'est très, très bien.
00:12:25Ce n'est pas mon cas, mais je respecte tout à fait
00:12:29ceux qui considèrent que l'Europe, c'est la paix,
00:12:32c'est la prospérité, etc.
00:12:34La réalité, c'est qu'il ne faut pas occulter
00:12:39que l'Europe, c'est par définition,
00:12:43dans sa configuration actuelle,
00:12:44puisque ce n'est pas l'Europe des nations
00:12:46et l'Europe des coopérations,
00:12:47c'est une Europe qui veut se fédéraliser,
00:12:50c'est donc une Europe qui, par définition,
00:12:54implique un abandon de souveraineté.
00:12:56Et moi, je considère que vous ne pouvez pas avoir
00:12:57de démocratie représentative et donc de souveraineté
00:13:00émanant du peuple, à partir du moment
00:13:03où vous confiez tous les leviers de pouvoir à Bruxelles
00:13:06et où vous n'avez plus la maîtrise des lois,
00:13:08la maîtrise de la monnaie
00:13:09et la capacité à décider de la guerre ou de la paix.
00:13:12C'est la définition même de la souveraineté
00:13:15depuis le premier roi de France.
00:13:17On termine ce journal de l'écho avec la déclaration.
00:13:20Cette semaine, c'est celle d'Ursula von der Leyen
00:13:22qui affirme l'Europe a de l'épargne.
00:13:25Malheureusement, cette épargne est paresseuse, dit-elle.
00:13:28Elle évoque 10 000 milliards d'euros d'épargne,
00:13:31des ménages encore placés sur des dépôts bancaires
00:13:35et estime qu'une partie de l'épargne européenne
00:13:37doit être davantage orientée vers les entreprises européennes.
00:13:40Elle annonce que les réformes envisagées
00:13:42pourraient permettre de débloquer jusqu'à 470 milliards d'euros
00:13:47d'investissements supplémentaires.
00:13:48La question, c'est qu'est-ce qu'Ursula von der Leyen
00:13:50cherche réellement à faire avec l'épargne européenne ?
00:13:54L'épargne des Européens, à commencer par l'épargne des Français
00:14:00puisque nous sommes les plus gros épargnants, n'est pas paresseuse.
00:14:05C'est la gestion de nos dirigeants politiques qui est lamentable.
00:14:09Là où nous nous mettons de côté malgré les crises,
00:14:13eux sont incapables de tenir un budget.
00:14:15Donc nous, non seulement collectivement, nous sommes capables
00:14:18de tenir globalement nos budgets, mais en plus,
00:14:20on est capables de générer des excédents sur nos budgets familiaux
00:14:24pour générer une épargne et mettre de côté.
00:14:28Donc, aujourd'hui, ceux qui sont paresseux,
00:14:32ce sont nos politiques qui, à commencer par Ursula von der Leyen,
00:14:37à qui il faut apporter quand même la contradiction
00:14:39d'une manière extrêmement claire, extrêmement forte
00:14:41et sans aucune ambiguïté.
00:14:42Vous êtes nuls.
00:14:44Vous êtes tous nuls.
00:14:4750 ans de budget déséquilibré.
00:14:49Là où les familles, elles, ont toujours des budgets équilibrés.
00:14:52Oui, mais les États, ce n'est pas pareil.
00:14:54C'est exactement la même chose.
00:14:55À un moment donné…
00:14:56C'est le cas de la France, les budgets déséquilibrés depuis 75.
00:15:00Exactement.
00:15:0074, dernier budget à l'équilibre.
00:15:02D'accord ?
00:15:02Donc, c'est une faillite de tous ceux qui nous ont dirigés.
00:15:08Ensuite, c'est une méconnaissance complète des mécanismes économiques.
00:15:11L'épargne actuelle des ménages, elle n'est pas paresseuse.
00:15:16Si demain, les ménages européens demandaient tous leur argent au même moment,
00:15:20les banques pourraient leur en rendre que 10%.
00:15:23Entre 9 et 12%.
00:15:25C'est bien la preuve qu'elle marche, qu'elle a fait des petits.
00:15:27Donc, c'est bien la preuve qu'elle est réinvestie dans l'économie.
00:15:30Et elle est notamment réinvestie dans les dettes d'État,
00:15:34surendettées de la zone euro.
00:15:35D'accord ?
00:15:36Puisqu'en fait, tout ce qui est les fonds euros, par exemple,
00:15:38des contrats d'assurance-vie, ce sont des obligations d'État.
00:15:41Et donc, c'est de la dette publique.
00:15:46Et donc, l'épargne, elle n'est pas paresseuse.
00:15:48L'épargne, elle rachète de la dette publique.
00:15:51Et enfin, quand Ursula von der Leyen explique
00:15:54qu'on va la faire travailler, cette épargne,
00:15:56parce que nous, on saurait mieux la faire travailler que vous,
00:15:59ils nous ont surtout démontré ces 50 dernières années
00:16:02qu'ils étaient à peu près capables de rien,
00:16:04si ce n'était de créer des problèmes
00:16:06qu'on ne leur avait pas demandé de créer,
00:16:08qui n'existaient pas avant qu'ils touchent à quoi que ce soit.
00:16:11Donc, non seulement, ils ne sont pas mieux qualifiés que nous
00:16:15pour savoir ce qu'on a à faire de notre épargne,
00:16:16mais surtout, nous sommes dans un monde ouvert.
00:16:20Donc, par définition, l'épargne va s'investir là où on veut.
00:16:25Donc, le message subliminal, c'est que si Ursula von der Leyen
00:16:29veut rendre l'épargne paresseuse des Européens productives,
00:16:34vous remarquerez la sémantique, on est dans du jugement de valeur.
00:16:38On n'est pas dans du factuel, on n'est pas dans de l'économique,
00:16:41on n'est pas dans du constat comptable, on n'est pas...
00:16:43Non, c'est paresseux, c'est un jugement de valeur.
00:16:46Vous n'utilisez pas votre argent comme moi, je voudrais que vous le fassiez.
00:16:49Donc, ça, c'est le début...
00:16:51Vous êtes des enfants.
00:16:52Non, c'est le début du totalitarisme, en fait.
00:16:53Et donc, c'est le début d'une épargne administrée.
00:16:56C'est-à-dire, ça ne veut pas dire que l'épargne va devenir administrée
00:16:59du jour au lendemain.
00:17:00Ça veut dire que là, nous assistons...
00:17:02C'est l'intention.
00:17:03D'un point de vue sémantique, au fait qu'on pose
00:17:08un discours marxiste et stalinien sur
00:17:12« je vais utiliser votre épargne bien mieux que vous êtes capable de le faire ».
00:17:15Et donc, ça veut dire que derrière, vous devrez empêcher,
00:17:20et ça s'appelle le contrôle d'échange en économie,
00:17:22le protectionnisme financier,
00:17:24vous devrez empêcher les Européens, par exemple,
00:17:27d'acheter des actions américaines
00:17:28et les obliger à acheter des actions françaises, européennes.
00:17:33C'est la fin de ce journal de l'écho.
00:17:35On passe tout de suite à l'entretien.
00:17:43Alors, commençons avec la situation économique française.
00:17:47Charles Lassana, l'inflation repart à la hausse.
00:17:50Les prix à la consommation ont augmenté de 2,4% sur un an en août.
00:17:55C'était déjà 2,1% en juillet,
00:17:58avec une forte accélération des prix de l'énergie.
00:18:01Qu'est-ce qui explique cette nouvelle poussée des prix ?
00:18:03Alors, là, vous utilisez le mot « nouvelle ».
00:18:07Moi, j'ai utilisé le mot « structurel ».
00:18:09Donc, en réalité, vous avez le bruit, le bruit conjoncturel.
00:18:15La guerre au Moyen-Orient, l'augmentation des tensions avec la Russie,
00:18:21où il y a énormément de destruction, de raffinerie,
00:18:24avec l'Ukraine qui bombarde avec des drones les installations en Russie,
00:18:30y compris très profondément sur le territoire russe, etc.
00:18:32Donc, vous avez, ça, c'est des éléments conjoncturels,
00:18:37où on pourrait se dire, une fois que tout ça s'est réglé,
00:18:40tout devrait revenir à la normale.
00:18:44Non.
00:18:44En fait, vous avez une conjonction d'éléments qui deviennent structurels,
00:18:51et donc, nous entrons, nous avons vécu 30 années d'inflation faible,
00:18:57parce que nous avions des facteurs déflationnistes.
00:18:59Le premier facteur déflationniste, c'était la mondialisation.
00:19:04Faisons un rapide retour en arrière.
00:19:071989, chute du mur de Berlin,
00:19:09jusqu'à la chute du mur de Berlin et du rideau de fer.
00:19:12Vous ne pouviez pas avoir, par définition, de mondialisation,
00:19:15puisque le monde était coupé en deux.
00:19:17D'un côté, les gentils, l'Occident, les bleus, l'OTAN.
00:19:19De l'autre côté, les méchants, les rouges, les communistes.
00:19:22Bon, et bien, ça, ça ne se parlait pas, donc il n'y avait pas de mondialisation.
00:19:24Puis, 1989, le communisme s'effondre.
00:19:27Il va falloir attendre quelques années.
00:19:28Mais globalement, à partir de 1995, la mondialisation va commencer à se faire,
00:19:32avec d'ailleurs son cortège de délocalisation.
00:19:36Alors, on produit à pas cher là-bas, et on revend à pas trop cher ici.
00:19:39Et donc, ça, ça va baisser sur les prix.
00:19:41Ça va faire une pression à la baisse sur les prix de la mondialisation.
00:19:45Deuxième facteur déflationniste, évidemment,
00:19:47les pertes d'emploi liées aux délocalisations.
00:19:51Chômage de masse.
00:19:52Et donc, ce chômage de masse, évidemment, il empêche les salaires de monter,
00:19:55puisqu'il y a un réservoir quasiment inépuisable d'ouvriers délocalisés en Occident,
00:20:02vers notamment la Chine.
00:20:04Et bon, comme ils sont 1,5 milliard, ça va durer longtemps avant que les salaires en Chine
00:20:08ne puissent commencer à augmenter.
00:20:09Donc, 30 ans plutôt d'inflation modérée grâce à la mondialisation.
00:20:14Mais ce n'est pas tout.
00:20:15Nous n'avons jamais payé le prix des ressources et des matières premières.
00:20:19Le vrai prix écologique, le vrai prix de raréfaction des ressources.
00:20:24Donc, en fait, on a creusé, on a puisé, on a pris, on a pris, on a pris,
00:20:26jusqu'au jour où, à force de prendre, sans en payer le prix dans le produit,
00:20:32si vous voulez, le prix de la rareté,
00:20:34eh bien, on arrive à un moment donné où vous vivez sur beaucoup de matières,
00:20:39non pas une disparition, mais une raréfaction.
00:20:42Et on est sur les effets de seuil en économie.
00:20:44Donc, quelques pourcents en moins, ça a un impact important
00:20:48sur la disponibilité de la matière.
00:20:51Et puis, vous avez, alors, pour certains, il n'y a pas de réchauffement.
00:20:56Pour d'autres, il y a un réchauffement.
00:20:58Enfin, la majorité, il y a un réchauffement.
00:21:00Mais après, d'autres diront, il y a un dérèglement.
00:21:02Peu importe, en fait, le mot qu'on va utiliser.
00:21:05Il y a des cultures qui deviennent de plus en plus erratiques
00:21:09et donc des récoltes qui deviennent de plus en plus menacées
00:21:12par les aléas climatiques.
00:21:14Peu importe les causes, la conséquence, on peut les voir avec des récoltes en France
00:21:20qui sont cette année, par exemple, catastrophiques.
00:21:22Alors, ça ne veut pas dire pas de récolte, ça ne veut pas dire la famine,
00:21:24ça veut dire de la disette, c'est-à-dire moins d'eux, quelque chose.
00:21:28Et donc, la disette en économie, ça s'exprime toujours par une hausse des prix.
00:21:32Et donc, là où nous avions avant un climat qui était relativement régulier,
00:21:36donc des cultures régulières, on avait des prix de l'alimentaire qui se tenaient
00:21:40et qui évoluaient peu.
00:21:42Aujourd'hui, on enchaîne choc sur choc.
00:21:44Donc, vous voyez, on est passé de 30 ans d'inflation faible
00:21:47avec des facteurs structurels faibles, qui pouvaient l'expliquer,
00:21:51et on rentre dans un monde où tous ces facteurs-là se sont inversés.
00:21:55On passe de la mondialisation à la démondialisation,
00:21:58des délocalisations plutôt relocalisations.
00:22:01On passe du fait qu'on prenait les ressources dans la terre
00:22:05sans les compter, sans payer le coût écologique,
00:22:07à des taxations écologiques et puis à une raréfaction des ressources.
00:22:11Et puis, on passe d'une abondance de l'agriculture
00:22:14à des aléas climatiques très importants.
00:22:19Et donc, tout ça, ça vous fait tendanciellement augmenter les chiffres.
00:22:22Donc, pour résumer, l'inflation des 30 dernières années,
00:22:26c'était plutôt entre 0 et 1%.
00:22:28Et l'inflation des prochaines années, à mon sens,
00:22:31va osciller durablement entre 3 et 5%.
00:22:36Donc, ça m'a tout changé.
00:22:37– Il faut être fataliste, il faut s'y habituer,
00:22:39ou est-ce qu'un chef d'État peut avoir des leviers d'action
00:22:43pour faire réellement baisser les prix ?
00:22:45– Ah non, mais il n'aura aucun levier d'action
00:22:46pour faire réellement baisser les prix,
00:22:48sauf si vous vous appelez le général Chavez-Mélenchon.
00:22:52Et Chavez-Mélenchon, il va faire le contrôle des prix.
00:22:54À la fin, on sait très bien ce qui se passe sur le contrôle des prix.
00:22:57Vous n'avez rien dans les magasins d'État
00:22:59et puis tout au marché noir.
00:23:01– D'accord.
00:23:02Alors, la France dépense toujours plus,
00:23:04mais sa croissance stagne.
00:23:06Elle est à zéro au deuxième trimestre 2026.
00:23:10Où est passé l'effet de la dépense publique sur notre économie ?
00:23:13Avec la 7e compagnie, on ne sait plus où est passée la 7e compagnie,
00:23:17où est passé l'effet de la dépense publique.
00:23:19Vous avez bien compris que l'effet de la dépense publique
00:23:22n'a plus d'effet suffisant pour compenser les effets désastreux
00:23:29de la ponction publique sur l'économie.
00:23:34En fait, ce que l'État prélève pour pouvoir faire
00:23:37de la dépense publique administrée,
00:23:39eh bien, il prélève tellement qu'en réalité,
00:23:42cette dépense publique ne peut plus générer de la croissance.
00:23:45Alors, si on reprend les chiffres, c'est en réalité extrêmement grave.
00:23:49Quand vous avez 3% d'inflation, 5% de déficit sur PIB,
00:23:54ça sera plus, 5% de déficit sur PIB,
00:23:57et que vous avez 0% de croissance,
00:23:58le pays vient de s'approvir de 8%.
00:24:00Donc, c'est des chiffres qui sont terrifiants.
00:24:05Aujourd'hui, nous sommes à 146 milliards de déficit
00:24:09sur le budget de l'État à fin juillet 2026.
00:24:14Fin juillet 2025, nous étions à 142 milliards.
00:24:18Donc, 3 milliards, 3, 4 milliards de plus de déficit.
00:24:22On était déjà à 5,2% de déficit l'année dernière.
00:24:26Les finances publiques, elles sont hors de contrôle.
00:24:28– Alors, justement, je voudrais vous entendre sur le budget,
00:24:31puisque le Premier ministre déposera son projet
00:24:35sur le bureau de l'Assemblée, ce sera le 30 septembre prochain.
00:24:38Qu'est-ce que vous pensez aujourd'hui des grandes orientations
00:24:41qu'on entend ici et là sur le sujet du budget ?
00:24:45– En fait, je ne vais pas vous répondre de manière morale.
00:24:50Oui, il faut désindexer les retraites,
00:24:52parce que vous comprenez, les retraités, quand même,
00:24:54ils sont privilégiés.
00:24:55Donc, rentrer dans de la moraline et du jugement de valeur,
00:24:58où il faut s'attaquer aux APL,
00:25:01où il faut s'attaquer aux agences d'État,
00:25:03dont on parlait tout à l'heure,
00:25:04où il faut s'attaquer aux millefeuilles.
00:25:07Peu importe, en fait.
00:25:09La réalité, c'est qu'il va falloir faire tout ça en même temps.
00:25:13Et pourquoi il va falloir faire tout ça en même temps ?
00:25:15Parce que depuis 1974 et plus de 50 ans,
00:25:1852 ans, 53 ans,
00:25:20nous n'avons rien fait à part dépenser l'argent que nous n'avions pas.
00:25:25Et donc, vous n'avez pas 36 manières de sortir d'une crise de la dette.
00:25:29C'est extrêmement simple.
00:25:30Vous savez, l'économie, en fait, c'est d'une simplicité.
00:25:32Si vous retirez tous les mots abscons qu'utilisent les économistes
00:25:36pour que vous ne compreniez pas ce qu'ils disent de manière volontaire,
00:25:39en réalité, c'est extrêmement simple.
00:25:41Comment on sort d'une crise de la dette ?
00:25:43On sort d'une crise de la dette en remboursant sa dette
00:25:46parce qu'on gagne plus.
00:25:48Ça s'appelle la croissance.
00:25:50On sort d'une crise de la dette
00:25:52parce qu'on se serre la ceinture
00:25:53et qu'on gagne autant, mais on va dépenser moins.
00:25:57Et donc, on va pouvoir retrouver de la solvabilité.
00:25:59Ça s'appelle baisser les dépenses.
00:26:02Et puis, vous avez une troisième solution
00:26:04qui consiste à ne pas rembourser sa dette.
00:26:07Je ne paye pas.
00:26:08D'accord ?
00:26:09Donc, Edouard Philippe a eu cette formule
00:26:11en s'adressant à Mélenchon,
00:26:13en disant que vous allez faire que la France
00:26:14va être interdite bancaire.
00:26:15Donc, effectivement, ça s'appelle une interdiction bancaire
00:26:18quand on est une famille et un ménage.
00:26:22Et donc, on ne rembourse pas.
00:26:23Mais si vous ne vous remboursez pas,
00:26:25plus personne ne vous prête, en fait.
00:26:28Donc, on va être obligé de faire de tout ça.
00:26:30C'est-à-dire qu'on va être obligé,
00:26:32pour éviter de ne pas rembourser,
00:26:36on va être obligé, évidemment, de dépenser moins,
00:26:39de serrer la ceinture
00:26:40et d'essayer d'augmenter, effectivement,
00:26:44notre taux de croissance.
00:26:45Mais pour le moment,
00:26:47c'est très compliqué d'augmenter un taux de croissance,
00:26:49puisqu'en fait, nous n'avons plus aucun levier
00:26:51de souveraineté politique,
00:26:54mais nous n'avons plus aucun levier
00:26:56de souveraineté économique.
00:26:58On ne choisit pas vraiment notre fiscalité.
00:27:00On doit demander la permission à Bruxelles
00:27:02si on veut augmenter la TVA.
00:27:04On ne peut pas mettre de protectionnisme
00:27:08pour protéger certaines industries,
00:27:11favoriser les relocalisations.
00:27:13Et nous ne pouvons pas dévaluer notre monnaie,
00:27:16puisque c'est une monnaie qui est partagée.
00:27:18Ce n'est plus que la Banque de France
00:27:20qui, évidemment, peut décider.
00:27:23Et l'euro, c'est plutôt une monnaie allemande
00:27:24qu'une monnaie française.
00:27:27Et donc, on a un véritable problème
00:27:32de compétitivité monétaire
00:27:34vis-à-vis, par rapport à notre typologie d'économie.
00:27:37On devrait dévaluer pour retrouver de la compétitivité.
00:27:40On ne peut pas le faire de manière monétaire.
00:27:42Donc, si on ne peut pas le faire de manière monétaire,
00:27:44on est obligé de faire une dévaluation interne.
00:27:47Ça, c'est une dévaluation par l'austérité.
00:27:50Et c'est évidemment générateur de récessions.
00:27:55Surtout quand entre 57 et 60% du PIB,
00:28:02en réalité, est constitué par la dépense publique.
00:28:05Donc, nous sommes dans une économie
00:28:07qui est beaucoup plus communiste et administrée
00:28:11que libérale et capitaliste.
00:28:13Il faut avoir conscience de ça.
00:28:15Et c'est ce qui explique en grande partie
00:28:17les difficultés du pays.
00:28:19– Concernant ce budget,
00:28:20on a un gouvernement qui n'a pas de majorité.
00:28:23On est à moins d'un an de la prochaine élection présidentielle.
00:28:26Est-ce que c'est intéressant de se pencher sur l'arbitrage
00:28:29que devra faire le gouvernement sur à la fois les dépenses
00:28:33et les recettes qu'ils sont en train de préparer
00:28:36pour ce budget ?
00:28:38– Réversible.
00:28:39Je ne sais pas si vous avez entendu le mot.
00:28:41Donc, ce ne sera pas un budget d'austérité.
00:28:43Ce ne sera pas un budget de croissance.
00:28:44Non, ce sera un budget réversible
00:28:47puisque, bien évidemment, il y a des élections présidentielles.
00:28:51Donc, l'idée du Premier ministre, M. Lecornu,
00:28:54c'est évidemment de faire un budget à minima
00:28:59pour sortir un budget,
00:29:02de maintenir au maximum le statu quo,
00:29:04de tenir au mieux l'hémorragie
00:29:08et de la limiter au maximum
00:29:11tout en sachant que l'hémorragie
00:29:12ne pourra pas être arrêtée sur ce budget-là,
00:29:15de faire en sorte que ce budget soit réversible
00:29:18avec une loi rectificative,
00:29:20sans doute quand il y aura eu
00:29:22le résultat des élections présidentielles.
00:29:26Et puis, nous verrons bien ce qui va se passer.
00:29:31Nous allons, sans doute,
00:29:33si on suit ce qui s'est passé l'année dernière,
00:29:36avoir une foire à la saucisse
00:29:38des idées fiscales les plus outrancières.
00:29:41On en a eu un petit aperçu cet été,
00:29:44en fin d'été,
00:29:45avec les différentes sorties de LFI,
00:29:51Au-delà de temps, je prends tout,
00:29:54avec M. Glucksmann,
00:29:56Au-delà de 2 millions, je prends tout.
00:30:00Ils prennent, mais pourquoi faire ?
00:30:02Si seulement ce qu'ils prenaient
00:30:03servait à quelque chose,
00:30:05mais non seulement ce qu'ils prennent
00:30:06ne sert à rien.
00:30:09Moi, j'ai fait un grand tour cet été.
00:30:12Je suis passé par l'Allemagne.
00:30:13En Allemagne, ils ont lancé un plan de relance.
00:30:15Vous avez des grands travaux partout en Allemagne.
00:30:18Partout.
00:30:18Partout, ils sont en train de refaire
00:30:20leurs infrastructures,
00:30:20et qui, soit dit en passant,
00:30:22en avaient sacrément besoin.
00:30:24Donc, partout, vous avez des nouveaux ponts,
00:30:25vous avez des nouvelles routes,
00:30:26vous avez des grues partout.
00:30:27Donc, ils sont en train de faire
00:30:28des grands travaux.
00:30:29Donc, à la fin,
00:30:30quand ils auront dépensé de l'argent,
00:30:32il leur restera des infrastructures
00:30:34structurantes pour l'économie de leur pays.
00:30:36Nous, une fois qu'on a dépensé l'argent,
00:30:38il ne reste rien,
00:30:39parce que ce sont des chèques rentrés,
00:30:42des primes carburants,
00:30:43des chèques inflation,
00:30:45des chèques énergie,
00:30:46des chèques pour les APL,
00:30:48des chèques pour les retraités.
00:30:50Des chèques restaurants,
00:30:52des chèques vacances.
00:30:53Voilà.
00:30:53Donc, c'est l'économie du chèque.
00:30:55C'est très bien,
00:30:56mais il ne vous reste rien
00:30:59au bout du compte.
00:31:01On pourrait même se poser la question
00:31:03de faut-il verser des APL
00:31:04pour que des gens puissent payer
00:31:06des loyers à des offices HLM.
00:31:09Tout ça avec de l'argent public
00:31:11qui tourne, en fait.
00:31:12Donc, c'est comme à l'hôpital.
00:31:14On s'amuse à se refacturer des trucs
00:31:15qui sont complètement virtuels
00:31:16et qui n'existent pas.
00:31:18On ferait peut-être mieux
00:31:19de laisser les gens
00:31:19ne pas payer de loyer
00:31:20ou une somme,
00:31:21la somme qui leur reste à charge
00:31:24puisque ça a déjà été construit.
00:31:26Donc, faire payer leurs charges
00:31:28et ce que ça coûte
00:31:29de maintenir le parc.
00:31:30Donc, il serait vraiment
00:31:31un loyer limité.
00:31:32Et puis, de garder
00:31:33tout l'argent qu'on verse
00:31:34pour que les gens puissent payer
00:31:36des vrais faux loyers
00:31:37pour construire des nouveaux logements.
00:31:39Donc, ça serait passer
00:31:40de l'aide à la personne
00:31:41à l'aide à la pierre.
00:31:42C'était le cas avant.
00:31:44Vous saviez,
00:31:45quand la France était bien gérée,
00:31:47on ne donnait pas des chèques
00:31:49aux gens pour qu'ils payent
00:31:49des faux loyers.
00:31:51On donnait des chèques
00:31:52à des entreprises
00:31:54appelées Office HLM
00:31:55pour qu'ils construisent
00:31:57de la pierre.
00:31:58Donc, c'était l'aide à la pierre
00:31:59et pas l'aide à la personne.
00:32:00Et donc, quand on a changé
00:32:01et basculé
00:32:02et qu'on est passé
00:32:02de l'aide à la pierre
00:32:04à l'aide à la personne,
00:32:05évidemment,
00:32:05on a construit beaucoup moins.
00:32:06Puis, on a donné de l'argent
00:32:08à des gens
00:32:08pour les solvabiliser,
00:32:09pour leur faire croire
00:32:10qu'ils pouvaient payer un loyer,
00:32:11qu'ils pouvaient verser
00:32:12à une entreprise
00:32:12appelée Office HLM
00:32:14à qui on faisait croire
00:32:15qu'elle avait
00:32:16une comptabilité à faire.
00:32:18Enfin bon,
00:32:19tout ça est complètement délirant
00:32:21quand on y réfléchit.
00:32:21– J'aimerais comprendre
00:32:22quelque chose
00:32:23à propos de la dette française.
00:32:25Elle dépasse
00:32:253 500 milliards d'euros.
00:32:27On est en roue libre totale.
00:32:29Mais quand l'agence France Trésor,
00:32:31qui est l'agence
00:32:33qui est responsable
00:32:34d'émettre de la dette
00:32:36auprès des marchés financiers,
00:32:37donc les marchés financiers
00:32:39nous prêtent de l'argent,
00:32:40j'aimerais savoir
00:32:41d'où vient l'argent
00:32:43que nous prêtent
00:32:44les marchés financiers.
00:32:46Est-ce que cette masse monétaire
00:32:49préexiste
00:32:49ou alors est-ce qu'elle est
00:32:51créée ex nihilo ?
00:32:53– Voilà.
00:32:54Tant que les banques centrales
00:32:55n'injectent pas d'argent
00:32:56et ne rachètent pas
00:32:58elles-mêmes
00:32:59des dettes d'État,
00:33:00donc des obligations d'État,
00:33:02c'est de l'argent qui existe.
00:33:04Et cet argent qui existe,
00:33:05vous le savez,
00:33:05c'est la fameuse épargne
00:33:07paresseuse
00:33:08dont on parlait
00:33:09au début.
00:33:10Donc,
00:33:10dans un marché normal,
00:33:13ce n'est pas la banque centrale
00:33:15qui crée de la monnaie
00:33:16pour racheter,
00:33:16donc ex nihilo,
00:33:18pour racheter des obligations
00:33:19d'État
00:33:19parce qu'il n'y a pas
00:33:19preneur sur le marché.
00:33:21C'est ce qui s'est passé
00:33:22quand on avait des taux à zéro.
00:33:23Quand on avait des taux à zéro
00:33:25ou des taux négatifs,
00:33:26les taux étaient à zéro
00:33:27ou les taux étaient négatifs
00:33:28parce qu'en réalité,
00:33:29les banques centrales
00:33:30achetaient tellement de dettes
00:33:32qu'elles faisaient augmenter
00:33:34la demande
00:33:35de ces titres-là.
00:33:37C'est un mécanisme
00:33:38d'offre et de demande.
00:33:39Aujourd'hui,
00:33:39que les banques centrales
00:33:40se sont globalement retirées
00:33:42du marché obligataire,
00:33:43qu'elles ont arrêté
00:33:44de créer de la monnaie
00:33:44pour acheter des obligations,
00:33:47eh bien,
00:33:47vous assistez à quoi ?
00:33:48Vous assistez
00:33:49au marché obligataire
00:33:50qui était devenu
00:33:51un marché administré,
00:33:53à sa libéralisation
00:33:55et donc l'argent
00:33:56retrouve un prix,
00:33:58c'est-à-dire que
00:33:58pour pouvoir emprunter,
00:34:00il faut trouver un prêteur.
00:34:02Et pour attirer un prêteur,
00:34:04eh bien,
00:34:05il faut offrir
00:34:05un taux de rémunération
00:34:06qui soit suffisamment attractif.
00:34:08Et quand vous entrez
00:34:09dans un monde
00:34:11où je vous dis
00:34:12qu'il y aura plus d'inflation
00:34:13que dans le monde
00:34:14que nous venons de quitter,
00:34:16les investisseurs
00:34:17qui ne sont pas nés
00:34:18de la dernière pluie,
00:34:19ils savent qu'il va y avoir
00:34:20plus d'inflation
00:34:21et donc ils vous demandent
00:34:22un taux d'intérêt
00:34:23plus important
00:34:24puisque leurs anticipations
00:34:25d'inflation,
00:34:26elles sont également
00:34:27plus importantes.
00:34:28Et donc c'est comme ça
00:34:29que vous vous retrouvez
00:34:30avec des taux d'intérêt
00:34:32qui sont à plus de 4%
00:34:33pour quasiment
00:34:34tous les États aujourd'hui
00:34:36avec des variations.
00:34:39Et après,
00:34:40vous intégrez
00:34:40ce qu'on appelle
00:34:41la prime de risque
00:34:42par pays,
00:34:42la qualité de l'emprunteur.
00:34:45vous êtes un couple
00:34:46de fonctionnaires,
00:34:47votre salaire est censé
00:34:48être garanti,
00:34:49je ne vais pas vous prêter
00:34:49pas cher si je suis la banque
00:34:50parce que vous êtes censé
00:34:53ne pas avoir d'aléa
00:34:55sur vos revenus.
00:34:56Puis si vous êtes en CDD,
00:34:58je vais vous prêter plus cher
00:34:59parce que votre CDD
00:35:01ne va pas durer très longtemps,
00:35:02voire je ne vais pas
00:35:03vous prêter du tout.
00:35:04Donc ça,
00:35:04c'est ce qu'on appelle
00:35:04le risque emprunteur.
00:35:06Donc pour un État,
00:35:07c'est la prime de risque
00:35:08pour le pays.
00:35:09Eh bien aujourd'hui,
00:35:10la France emprunte
00:35:11à 4,24,
00:35:13là où l'Italie
00:35:14n'emprunte qu'à 4,17.
00:35:16En clair,
00:35:17les marchés préfèrent
00:35:18prêter à Mélanie
00:35:19qu'au Mozart de la finance,
00:35:21Emmanuel Macron.
00:35:22Quel retournement
00:35:23de situation.
00:35:24Incroyable.
00:35:24Justement,
00:35:25ce taux de l'obligation
00:35:27française à 10 ans,
00:35:28il a dépassé
00:35:29les 4,2%.
00:35:30Je crois qu'on est
00:35:31à 4,23%.
00:35:33Ça va évoluer
00:35:34et augmenter.
00:35:36Comme vous le disiez,
00:35:37c'est quoi l'impact
00:35:38de cette remontée
00:35:38sur des taux
00:35:40sur nos finances publiques ?
00:35:41C'est très simple.
00:35:42L'impact,
00:35:43il est direct.
00:35:46C'est un choc fondamental
00:35:52pour les dépenses publiques
00:35:53puisqu'il faut déjà
00:35:55payer les intérêts
00:35:56de la dette.
00:35:56Je rappelle que
00:35:57des 3 500 milliards d'euros,
00:35:58contrairement à un ménage,
00:36:00nous,
00:36:00on n'amortit pas le capital,
00:36:02on ne rembourse pas le capital.
00:36:03On ne fait que rouler la dette,
00:36:05c'est-à-dire qu'on emprunte
00:36:06ce qu'on doit rembourser
00:36:07et on paye juste
00:36:08les intérêts en réalité.
00:36:09Donc, on réemprunte
00:36:10pour rembourser l'échéance
00:36:11qu'on doit rembourser.
00:36:13Donc, il faut bien
00:36:15que ceux qui nous écoutent
00:36:16aient conscience de ça.
00:36:17C'est pour ça que la dette
00:36:18ne fait qu'augmenter.
00:36:19– Et je recevais Jacques Sapir
00:36:21la semaine dernière,
00:36:22Charles Sanna,
00:36:22sur ce taux qui dépasse
00:36:24les 4,2%,
00:36:26il n'est pas aussi inquiet
00:36:28que certains peuvent l'être.
00:36:30– Alors, pourquoi il n'est pas
00:36:32aussi inquiet ?
00:36:32– Je suppose parce que…
00:36:35Alors, d'abord,
00:36:37et c'est important de le dire,
00:36:38la maturité de la dette française,
00:36:40donc on la renouvelle,
00:36:42mais on ne renouvelle pas
00:36:43les 3 500 milliards
00:36:45au même moment,
00:36:46en une seule fois,
00:36:47qui passerait de 0%
00:36:49à 4,2, d'accord ?
00:36:50Donc, la maturité de la dette,
00:36:52la durée de renouvellement,
00:36:53elle se fait globalement
00:36:54sur 8 ans.
00:36:56Donc, on renouvelle la dette
00:36:57chaque année par huitième.
00:36:59Donc là, aujourd'hui,
00:37:00ce qui arrive à échéance,
00:37:01c'est, on va dire,
00:37:02à peu près 400 milliards d'euros
00:37:03de dette,
00:37:04qui d'ailleurs étaient
00:37:05à peu près à 0%,
00:37:07puisqu'il y a 8 ans,
00:37:08les taux,
00:37:08ils étaient à peu près à 0%.
00:37:10Donc, on va remplacer
00:37:12400 milliards de dettes
00:37:14qui ne nous coûtaient pas cher
00:37:15par 400 milliards d'euros
00:37:17de dette qui vont nous coûter 4%.
00:37:20400 milliards d'euros de dette
00:37:21à 4%,
00:37:22on laisse tomber
00:37:23les 24 centimes
00:37:25pour arrondir les calculs,
00:37:264 fois 4, 16,
00:37:28ça vous fait 16 milliards d'euros
00:37:30d'intérêts supplémentaires
00:37:31qu'il va falloir trouver
00:37:33dans le budget.
00:37:34Et c'est pour ça qu'on vous dit
00:37:35qu'il va falloir faire des économies.
00:37:36Mais si on continue
00:37:37à ne faire que ça,
00:37:38c'est-à-dire que si on fait juste
00:37:39chaque année des économies
00:37:41et que chaque année,
00:37:42on remplace du stock de dette
00:37:44à 0% par du stock de dette
00:37:46à 4, à 5, à 6%,
00:37:48eh bien, on va augmenter
00:37:49chaque année
00:37:51notre dépense
00:37:52pour les intérêts de la dette
00:37:53de 16 milliards de plus,
00:37:55plus 16 milliards de plus,
00:37:57plus peut-être 20 milliards de plus.
00:37:59Et en 5 ans,
00:38:00vous allez devoir sortir
00:38:01quasiment 150 milliards de plus,
00:38:04c'est-à-dire 3 fois
00:38:04le budget de l'éducation nationale.
00:38:06ça va poser un vrai problème.
00:38:09Donc, l'État français,
00:38:11alors vous voyez,
00:38:12si vous avez de l'inflation,
00:38:13le PIB augmente,
00:38:15donc il n'y a pas de problème
00:38:18grave à très court terme.
00:38:20Mais comme nos politiques
00:38:22et nos dirigeants
00:38:23font toujours que la même chose,
00:38:25c'est-à-dire qu'on ne change pas
00:38:26le système à chaque fois,
00:38:28on augmente un petit peu
00:38:28la pression fiscale
00:38:29pour payer les 16 milliards
00:38:31qui manquent,
00:38:32à un moment donné,
00:38:34ça ne sera plus suffisant du tout.
00:38:37Et on peut payer 16 milliards de plus,
00:38:39on peut peut-être en trouver
00:38:4132 milliards de plus
00:38:42en augmentant encore un peu les impôts.
00:38:43Mais à un moment donné,
00:38:45ça ne va plus fonctionner du tout.
00:38:46Et donc là,
00:38:46on va avoir un véritable problème,
00:38:49ne serait-ce que pour payer
00:38:50le service de la dette.
00:38:51Justement, sur cette dette,
00:38:53les fonds spéculatifs
00:38:55achètent désormais
00:38:56de la dette française,
00:38:57les fameux hedge funds
00:38:58dont les Français
00:38:59avaient appris l'existence
00:39:00au moment de la crise
00:39:02de Lehman Brothers en 2008.
00:39:04Qu'est-ce que vous inspire
00:39:06l'arrivée de ces investisseurs
00:39:07sur notre dette ?
00:39:09Alors, c'est un signal d'alarme.
00:39:12D'accord ?
00:39:12Et c'est un vrai signal d'alarme.
00:39:14C'est-à-dire que vous avez là
00:39:16l'arrivée de spéculateurs
00:39:18sur la dette.
00:39:19Et quand vous commencez
00:39:21à avoir des gens
00:39:21qui viennent spéculer
00:39:22sur votre dette,
00:39:24vous rentrez dans une zone
00:39:27de risque de turbulence
00:39:29et de crise de la dette.
00:39:31Ça, c'est le premier élément.
00:39:33Le deuxième élément
00:39:34que ça m'inspire,
00:39:36c'est que les épargnants,
00:39:38eux, vont de moins en moins
00:39:40sur les dettes d'État.
00:39:42Pas que de la France,
00:39:43de manière générale.
00:39:44C'est pour ça que les taux montent.
00:39:46Alors, ils y vont de moins en moins
00:39:47pour deux raisons.
00:39:49La première raison,
00:39:50c'est une raison de défiance
00:39:52ou d'absence de confiance.
00:39:54Et la deuxième raison,
00:39:56c'est la pyramide des âges.
00:39:58C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:39:59l'épargne,
00:40:00vous prenez les 1 400 milliards
00:40:02détenus en assurance vie,
00:40:03eh bien,
00:40:04à chaque fois que quelqu'un
00:40:07de la génération du baby boom
00:40:10devenu papy boom
00:40:13rejoint le ciel,
00:40:15eh bien,
00:40:17ça fait une succession.
00:40:18Et donc,
00:40:19on va avoir,
00:40:20avec ce qu'ils appellent
00:40:22cette grande transmission
00:40:23qui aiguise les appétits
00:40:25et les crocs acérés.
00:40:26pour 9 000 milliards d'euros.
00:40:28– Exactement,
00:40:29de patrimoine
00:40:29qui va changer de main.
00:40:31– Est-ce que ce n'est pas là-dessus
00:40:32que l'État compte refinancer sa dette
00:40:34avec les droits de succession ?
00:40:35– En partie.
00:40:37Et évidemment,
00:40:38vous verrez que
00:40:40les droits de succession,
00:40:43les droits sur les héritages,
00:40:45les donations, etc.,
00:40:46tout ça,
00:40:46ça va considérablement évoluer.
00:40:48Je vous rappelle,
00:40:49hériter, c'est mal.
00:40:50si on écoute
00:40:51la présidente
00:40:53de l'Assemblée nationale,
00:40:54il faut en finir
00:40:55avec ces héritages injustes.
00:40:56– Ça suffit, quoi.
00:40:57– Ça suffit, c'est bon, quoi.
00:40:58– Ça vous tombe du ciel.
00:40:59– Ouais, ça va,
00:41:00c'est comme si on gagnait au loto.
00:41:01Stop, quoi.
00:41:02Puis c'est injuste,
00:41:03c'est tellement inégal.
00:41:04Bon, bref.
00:41:05Donc, évidemment,
00:41:07c'est une manne toute trouvée,
00:41:08mais cette manne toute trouvée,
00:41:10et l'État va en partie
00:41:11se tirer une balle dans le pied
00:41:12en les taxes centraux,
00:41:13mais cette manne,
00:41:16en fait,
00:41:16elle va provenir
00:41:17de la vente d'actifs.
00:41:19Et donc, notamment,
00:41:20d'actifs financiers.
00:41:21Alors, vous avez le même phénomène
00:41:22au Japon,
00:41:22vous avez le même phénomène
00:41:23dans tous les pays
00:41:23qui ont un vieillissement
00:41:25de leur population
00:41:25et qui sont confrontés
00:41:27à cette grande transmission.
00:41:28Eh bien, les gens
00:41:29ne mettent pas de côté
00:41:30et on va avoir plus de,
00:41:32on va plus avoir
00:41:33de flux sortants
00:41:34que de flux entrants,
00:41:35notamment…
00:41:36– Notons, c'est-à-dire,
00:41:36vous voulez dire…
00:41:37– Non, non, mais
00:41:37quand vous avez une succession,
00:41:39le contrat d'assurance-vie
00:41:40se déboucle,
00:41:41il faut payer les héritiers.
00:41:42Et donc, pour payer les héritiers,
00:41:44je suis obligé de vendre
00:41:45les obligations,
00:41:45les fonds euros
00:41:46qu'il y avait dedans
00:41:46pour payer les sous
00:41:49aux héritiers.
00:41:50Donc, ça veut dire
00:41:51que vous avez un flux
00:41:52vendeur sur les obligations
00:41:54de manière générale
00:41:55et de manière mondiale
00:41:56parce que c'est le même phénomène
00:41:57aux États-Unis,
00:41:58au Japon,
00:41:59en Europe.
00:42:00Et donc, ça,
00:42:01ça fait un trou
00:42:03dans la raquette,
00:42:04si vous voulez,
00:42:04sur la demande
00:42:05d'obligations.
00:42:06Et donc, ça laisse
00:42:07le champ libre
00:42:08à l'arrivée
00:42:09de hedge funds,
00:42:10notamment.
00:42:11– Alors, on a cette dette,
00:42:13on a ces taux
00:42:13qui remontent,
00:42:14les crises bancaires,
00:42:15les risques bancaires
00:42:16qui sont toujours latents
00:42:18et une présidentielle
00:42:19qui approche.
00:42:20Est-ce que c'est la France
00:42:21qui peut devenir,
00:42:23au sein de la zone euro,
00:42:25une sorte de détonateur,
00:42:28comme une crise de la zone euro
00:42:30qu'on avait connue
00:42:31en 2011-2012 ?
00:42:33– Mais complètement.
00:42:34Aujourd'hui, d'ailleurs,
00:42:35les taux d'intérêt
00:42:36où la France emprunte
00:42:38plus cher, encore une fois,
00:42:39que l'Italie,
00:42:40nettement plus cher
00:42:41que l'Allemagne,
00:42:43montrent qu'aujourd'hui,
00:42:44nous avons le taux
00:42:45le plus élevé
00:42:46des grands pays
00:42:47de la zone euro.
00:42:48Donc, c'est un vrai sujet.
00:42:50Là, vous avez
00:42:50une vraie prime de risque
00:42:52sur, quand je prête
00:42:53à la France,
00:42:53je lui prête plus cher
00:42:54qu'aux autres pays
00:42:55parce que j'ai moins confiance
00:42:56quelque part
00:42:57et donc que j'ai plus de risques
00:42:58sur l'emprunteur France.
00:43:00Donc, je demande…
00:43:01Donc, moi, les marchés,
00:43:02je demande plus cher.
00:43:05C'est inquiétant.
00:43:06C'est-à-dire qu'il faut bien
00:43:09l'avoir en tête
00:43:10pour comprendre
00:43:11qu'effectivement,
00:43:12la France est dans un état
00:43:13de fragilité
00:43:14qui est important.
00:43:16Et notre situation est telle
00:43:19qu'effectivement,
00:43:20on danse sur un volcan
00:43:21et qu'une crise financière
00:43:23peut arriver à tout moment,
00:43:25notamment si les discussions
00:43:27budgétaires
00:43:28virent au grand n'importe quoi
00:43:30et à la fois à la saucisse fiscale,
00:43:31ce qui avait déjà été le cas
00:43:33un peu l'année dernière.
00:43:34Le contexte aujourd'hui
00:43:36n'est pas du tout le même
00:43:37sur les marchés financiers
00:43:38et donc, on peut tout à fait
00:43:40avoir un petit stress
00:43:40sur la dette de la France.
00:43:42Alors, peu probable
00:43:43qu'on se retrouve
00:43:44comme avec la Grèce
00:43:46en 2009-2010
00:43:47avec des taux à 30, 40, 50%
00:43:50sur les taux court terme
00:43:52pour la France,
00:43:54comme ça avait été le cas
00:43:55pour la Grèce.
00:43:56Mais, il n'en demeure pas moins
00:43:58que vous avez un véritable risque
00:44:02de stress sur la dette française
00:44:04dans les mois qui viennent.
00:44:05Ça, c'est clair.
00:44:06On a les économistes
00:44:09proches de la BCE
00:44:10qui s'attendent
00:44:11à une hausse
00:44:12du taux directeur
00:44:13de la BCE
00:44:14de 0,25%.
00:44:17Est-ce que
00:44:18c'est un risque de crise ?
00:44:20Vous me disiez
00:44:21en préparant cette émission.
00:44:22Les crises sont engendrées
00:44:24par une hausse des taux
00:44:26des banques centrales.
00:44:27Toujours.
00:44:27C'est-à-dire qu'il faut arrêter
00:44:29de croire que les crises
00:44:30arrivent par hasard.
00:44:31Les crises n'arrivent
00:44:32jamais par hasard.
00:44:34Je répète,
00:44:35les crises n'arrivent
00:44:36jamais par hasard.
00:44:38De là à dire
00:44:39qu'elles sont voulues.
00:44:40Elles sont voulues ?
00:44:41Oui.
00:44:42Puisqu'elles n'arrivent
00:44:42jamais par hasard.
00:44:43Donc, elles sont clairement voulues.
00:44:45Et quel est le mécanisme
00:44:46qui explique ces crises ?
00:44:50C'est la hausse
00:44:51des taux d'intérêt.
00:44:52Donc, quand vous avez
00:44:54le krach de 1929,
00:44:57le krach de 1929,
00:44:58il est provoqué
00:44:59par une hausse massive
00:45:01des taux d'intérêt
00:45:01de la réserve fédérale américaine,
00:45:03c'est-à-dire
00:45:04de la banque centrale américaine.
00:45:05Donc, ils vont tellement
00:45:06augmenter les taux
00:45:07qu'à un moment donné,
00:45:08tous ceux qui avaient
00:45:08emprunté pour acheter
00:45:10des actions à crédit
00:45:11vont être obligés
00:45:12de revendre les actions
00:45:13pour pouvoir rembourser
00:45:14les crédits
00:45:14dont les taux augmentent.
00:45:15La crise des subprimes
00:45:17en 2006-2007,
00:45:20si les gens regardent
00:45:22la courbe des taux,
00:45:23la réserve fédérale américaine
00:45:24et la BCE,
00:45:26un petit peu en décalé,
00:45:28vont augmenter les taux
00:45:29qui avaient été baissés
00:45:32considérablement
00:45:32après les attentats
00:45:33du 11 septembre 2001
00:45:34pour relancer l'économie.
00:45:35Donc, ils baissent les taux
00:45:37après les attentats
00:45:38du 11 septembre 2001.
00:45:39Donc, 2001, 2002, 2003,
00:45:40les taux baissent,
00:45:41les taux directeurs.
00:45:42Et puis, à partir de 2004-2005,
00:45:44les taux vont commencer
00:45:44à remonter
00:45:45jusqu'à atteindre 6%.
00:45:48Et donc, tous les Américains
00:45:49qui ont emprunté
00:45:50à taux variables
00:45:50se retrouvent à devoir payer
00:45:54des prêts hypothécaires
00:45:56hors de prix.
00:45:57Et donc, c'est l'effondrement
00:45:59du marché immobilier américain
00:46:00et la fameuse crise des subprimes.
00:46:02Là, vous avez exactement
00:46:04la même chose.
00:46:05Les banques centrales
00:46:05ont re-augmenté leurs taux
00:46:07après le Covid
00:46:08et avec la guerre en Ukraine.
00:46:09Donc, à partir de juillet 2022,
00:46:12les banques centrales,
00:46:13notamment la BCE,
00:46:13vont augmenter
00:46:14ces taux d'intérêt.
00:46:15Et on va passer
00:46:16de taux d'intérêt de 0%,
00:46:18quasiment,
00:46:18à des taux d'intérêt
00:46:19à 3,5%, 4%.
00:46:22Eh bien,
00:46:23vous créez les conditions
00:46:24d'un ralentissement économique.
00:46:27On utilise un taux directeur
00:46:29pour toute l'économie.
00:46:30C'est une politique monétaire,
00:46:32excusez-moi,
00:46:32c'est affligeant.
00:46:34Donc, je ne l'entends pas.
00:46:35On ne peut pas utiliser
00:46:35un taux spécial pour la France
00:46:36qui est spécialement
00:46:38avec des taux hauts, déjà.
00:46:39On pourrait tout inventer.
00:46:41C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:46:43dans un système où vous avez...
00:46:44Tout pour sauver l'euro,
00:46:45c'est ce que vous avez dit en Grèce.
00:46:46Non, non, non.
00:46:47Tout pour éviter les chocs.
00:46:48Je reprends,
00:46:49parce que mon propos
00:46:51consistait à dire
00:46:52c'est les hausses
00:46:53du taux directeur,
00:46:55le taux directeur
00:46:57qui s'applique
00:46:57à toute l'économie,
00:46:59d'accord,
00:46:59qui est utilisé
00:47:00de manière indiscriminée
00:47:02pour lutter
00:47:03contre une bulle immobilière.
00:47:05Vous avez une bulle immobilière.
00:47:06Vous augmentez
00:47:07les taux d'intérêt
00:47:08et donc vous créez
00:47:09les conditions
00:47:10pour casser la bulle immobilière,
00:47:11mais vous cassez
00:47:12l'investissement des PME,
00:47:14vous cassez
00:47:17toute la dynamique économique
00:47:19par ailleurs.
00:47:19Or, nous pourrions avoir,
00:47:21par exemple,
00:47:22ce que j'appelle moi
00:47:22des taux différenciés
00:47:24par secteur économique.
00:47:25Pas un taux directeur,
00:47:27mais des taux différenciés.
00:47:29Et vous pourriez dire,
00:47:30j'ai une bulle boursière,
00:47:32j'augmente les taux
00:47:33qui concernent
00:47:34ceux qui se financent
00:47:37et qui font appel au crédit
00:47:38ou qui vendent à découvert,
00:47:40etc.
00:47:40Je leur augmente
00:47:40leur taux à eux
00:47:41pour casser la bulle boursière.
00:47:42Mais pour l'instant,
00:47:43il n'est pas du tout question
00:47:44de faire ça.
00:47:45Mais pas le reste de l'économie.
00:47:46J'augmente un taux
00:47:48sur que l'immobilier,
00:47:49le taux directeur
00:47:50de l'immobilier,
00:47:51parce que j'ai une bulle immobilière
00:47:52et que je ne veux pas
00:47:53que les prix de l'immobilier
00:47:54deviennent délirants.
00:47:55Et donc,
00:47:56quand je baisse les taux
00:47:56ou quand je augmente les taux,
00:47:58les effets sont
00:47:58pour la totalité de l'économie.
00:48:00Vous comprenez bien
00:48:00qu'aujourd'hui,
00:48:06ce n'est pas fait.
00:48:07Si ce n'est pas fait,
00:48:08c'est parce qu'ils ne veulent pas
00:48:09que ce soit fait.
00:48:10On crée les conditions des crises
00:48:12par les hausses de taux d'intérêt.
00:48:14Quand on vous dit
00:48:15hausses de taux d'intérêt,
00:48:16vous savez qu'une crise
00:48:18va arriver.
00:48:19Les hausses de taux d'intérêt
00:48:21provoquent des récessions
00:48:23plus ou moins fortes,
00:48:24plus ou moins longues,
00:48:26mais elles provoquent des récessions.
00:48:27Et la gestion
00:48:28par les banques centrales,
00:48:29non seulement elle n'est pas omnisciente,
00:48:31non seulement elle n'est pas intelligente,
00:48:33mais en réalité,
00:48:34les banques centrales
00:48:35ont créé
00:48:35100%
00:48:36de toutes les crises
00:48:37de ces deux derniers siècles.
00:48:40Depuis qu'elles existent.
00:48:41De ce dernier siècle.
00:48:42Le but pour ces dirigeants
00:48:43de créer des crises,
00:48:44c'est quoi ?
00:48:45Ils pensent
00:48:47qu'ils sont
00:48:50désignés
00:48:51pour essayer
00:48:52de créer
00:48:55les conditions
00:48:56d'une croissance
00:48:56en ligne plate.
00:48:58D'accord ?
00:48:59Donc normalement,
00:48:59la croissance,
00:49:00ça devrait être
00:49:01une ligne comme ça
00:49:02qui monte de l'ordre
00:49:03de 2 à 3% par an
00:49:04de manière linéaire.
00:49:05Évidemment,
00:49:06ce n'est pas possible.
00:49:07Donc,
00:49:07vous avez des cycles
00:49:08et donc,
00:49:09ils essayent
00:49:10à contre-courant.
00:49:11Donc,
00:49:12quand vous avez une envolée,
00:49:13donc ils baissent les taux.
00:49:14D'accord ?
00:49:14Quand il y a une crise,
00:49:15ils baissent les taux.
00:49:16Mais je dis,
00:49:16c'est affligeant,
00:49:17c'est débile.
00:49:18C'est position on-off.
00:49:19Ils n'ont qu'un seul levier.
00:49:21Vous les imaginez,
00:49:22là,
00:49:22ils se font des grandes réunions,
00:49:24ils nous expliquent doctement
00:49:25que notre épargne est paresseuse,
00:49:27machin,
00:49:27etc.
00:49:27Bon.
00:49:27Et ils n'ont qu'un seul levier,
00:49:29plus ou moins,
00:49:31marche ou arrêt.
00:49:32J'avance ou je recule.
00:49:34Donc,
00:49:34j'augmente les taux
00:49:37pour casser les bulles
00:49:38ou je baisse les taux
00:49:40pour relancer l'économie
00:49:41que j'ai moi-même cassée
00:49:42en augmentant les taux.
00:49:44D'accord ?
00:49:44Et ils font ça.
00:49:45Voilà.
00:49:45Alors,
00:49:46ça devient tellement délirant,
00:49:48d'ailleurs,
00:49:48qu'ils le font de plus en plus vite
00:49:49et que les cycles monétaires
00:49:51deviennent de plus en plus courts.
00:49:52Donc là,
00:49:53j'ai baissé les taux
00:49:54pendant le Covid
00:49:572020-2021,
00:49:58taux à zéro,
00:49:59taux négatif.
00:50:00Ah,
00:50:00inflation,
00:50:01Ukraine,
00:50:01bouffe,
00:50:02je monte les taux,
00:50:02donc je passe de zéro à 4%.
00:50:04Après,
00:50:05crise,
00:50:05bouffe,
00:50:06je baisse les taux.
00:50:07Et puis là,
00:50:07re-inflation,
00:50:08bouffe,
00:50:08je remonte les taux.
00:50:10Bon.
00:50:10Ça,
00:50:10c'est pas de la politique monétaire,
00:50:12c'est du corne-bidouille.
00:50:13Mais c'est…
00:50:14Et je ne comprends même pas
00:50:16que ça ne choque pas
00:50:17tous ceux qui pensent un peu.
00:50:19Que le commun des mortels
00:50:20dans la rue,
00:50:20il n'ait pas conscience de ça,
00:50:22et qu'il n'a pas été formé
00:50:23en économie,
00:50:24je peux le comprendre.
00:50:25Mais que tous les économistes
00:50:26ne trouvent pas affligeante
00:50:28la politique monétaire
00:50:29et ne le disent pas
00:50:29haut et fort,
00:50:31ça,
00:50:31c'est très,
00:50:32très inquiétant.
00:50:32La politique monétaire
00:50:33est un vrai problème
00:50:34partout dans le monde.
00:50:36Par son manque de finesse.
00:50:37On est à 7 ou 8 mois
00:50:38de la prochaine présidentielle,
00:50:39Charles Sanna,
00:50:39à quoi les Français
00:50:40doivent s'attendre
00:50:42économiquement
00:50:42jusqu'à cette présidentielle ?
00:50:45Eh bien,
00:50:46vous vous souvenez
00:50:47de la blague de Coluche.
00:50:50Moi,
00:50:50ce qui est dur,
00:50:51c'est la fin du mois,
00:50:52sur tous les 30 derniers jours.
00:50:54Eh bien,
00:50:57ça va être
00:50:57de plus en plus dur.
00:50:59Et pas que la fin du mois,
00:51:00mais les 365 jours.
00:51:03Pourquoi ?
00:51:04Parce qu'il va falloir
00:51:05à un moment donné
00:51:06payer ce qu'on n'a pas
00:51:07voulu payer.
00:51:09Et donc,
00:51:09c'est la fable
00:51:10de La Fontaine,
00:51:11c'est vieux comme La Fontaine,
00:51:13c'est vieux comme Le Monde,
00:51:14c'est la parabole
00:51:15de la cigale
00:51:16et de la fourmi.
00:51:18tu as dansé
00:51:19tout l'été,
00:51:20tu n'as pas mis de côté
00:51:21tes noisettes
00:51:22pour l'hiver,
00:51:23eh bien,
00:51:23il va falloir…
00:51:24Est-ce que les Français
00:51:25n'auront pas l'idée
00:51:26de se retourner
00:51:26contre les responsables
00:51:28de cette dérive budgétaire,
00:51:30à savoir tous ces gouvernements
00:51:31de droite et de gauche
00:51:32confondus
00:51:32qui ont voté
00:51:34des budgets déséquilibrés
00:51:35depuis 50 ans ?
00:51:36Oui,
00:51:36on peut,
00:51:37on peut aller chercher
00:51:38Édouard Balladur.
00:51:39Il est parti.
00:51:40Voilà,
00:51:41c'est pour ça que je le prenais
00:51:42comme exemple.
00:51:43On peut aller rechercher
00:51:44Jacques Chirac,
00:51:45on peut aller rechercher
00:51:46François Mitterrand,
00:51:47ça ne changera rien
00:51:48à l'affaire.
00:51:48La réalité,
00:51:49c'est que le problème,
00:51:50il est maintenant,
00:51:51il est aujourd'hui
00:51:52et que ça va être à nous,
00:51:53là,
00:51:53qui sommes là,
00:51:54d'y faire face.
00:51:56Alors,
00:51:56ça ne sera pas à Mitterrand,
00:51:57ça ne sera pas à Jospin,
00:51:59ça ne sera pas à Chirac…
00:52:01Ils ont tous envie
00:52:02de se présenter
00:52:03à l'élection présidentielle.
00:52:04Ça va être un,
00:52:05excusez-moi du peu,
00:52:06un bordel phénoménal,
00:52:08mais ils ont tous envie
00:52:09d'y aller.
00:52:10Ça,
00:52:11je dois vous avouer
00:52:11que c'est un immense mystère
00:52:13pour moi.
00:52:14Voilà,
00:52:16le mot de la fin.
00:52:17Je suis d'accord avec,
00:52:18je suis entièrement d'accord
00:52:19avec vous,
00:52:19la situation est extrêmement
00:52:21compliquée.
00:52:23Bon,
00:52:24ils ne savent pas d'ailleurs
00:52:25quoi en faire,
00:52:25quand vous voyez,
00:52:26il est charmant,
00:52:28Gabriel Attal,
00:52:29bon,
00:52:29il est tout gentil,
00:52:31bon,
00:52:31il est charmant,
00:52:32il est charmant,
00:52:33Raphaël Glucksmann.
00:52:34Oui,
00:52:34oui,
00:52:35très charmant.
00:52:35Ils sont tous très très gentils
00:52:37avec leur beau sourire Colgate,
00:52:39mais il n'y en a pas un
00:52:40qui sait quoi faire en fait là-dedans.
00:52:42Donc,
00:52:43ils sont en train de se battre
00:52:45pour prendre une place
00:52:46dont ils ne savent pas quoi faire.
00:52:48Et le pouvoir,
00:52:49mais pour quoi faire ?
00:52:51Si c'est accéder au pouvoir
00:52:55juste pour dire
00:52:56je suis président
00:52:57et je peux accéder
00:53:00au salon de l'Elysée
00:53:01et aux bonnes bouteilles de pinard
00:53:03de la CAF du Palais.
00:53:05On en est là.
00:53:06C'est tout de même
00:53:07pas un programme,
00:53:09donc le pouvoir,
00:53:10d'accord,
00:53:11mais le pouvoir,
00:53:12pour quoi faire ?
00:53:13Et là,
00:53:13aujourd'hui,
00:53:14dans ce que j'écoute,
00:53:15dans ce que j'entends,
00:53:17il n'y en a aucun
00:53:18qui évidemment
00:53:19n'explique ce qu'il veut faire
00:53:21et ce qu'il devra faire
00:53:22et pour une bonne raison,
00:53:24c'est que d'ailleurs,
00:53:24de toute façon,
00:53:25de vous à moi,
00:53:26même si certaines personnes
00:53:27nous écoutent,
00:53:28on ne peut pas
00:53:30se faire élire en France
00:53:31aujourd'hui
00:53:31en disant exactement
00:53:32ce qu'il faudrait faire
00:53:34parce que ce qu'il faudrait faire
00:53:36est inaudible.
00:53:38Merci Charles Sanna
00:53:39d'avoir accepté
00:53:40l'invitation de Politique et Éco.
00:53:42Vous êtes,
00:53:43je le sais,
00:53:44très apprécié
00:53:45du public
00:53:46de TV Liberté.
00:53:47Vous êtes toujours
00:53:47le bienvenu.
00:53:48Merci à vous.
00:53:49Tout de suite après
00:53:50cet entretien,
00:53:52vous pouvez retrouver
00:53:53la chronique économique
00:53:53et financière
00:53:54de Philippe Béchade
00:53:56et quant à nous,
00:53:56on se retrouve
00:53:57la semaine prochaine.
00:53:58Merci pour votre fidélité.
00:54:00À bientôt.
00:54:01Salut.
00:54:21Bonjour et bienvenue
00:54:23pour cette synthèse hebdomadaire
00:54:25de l'actualité économique
00:54:27et géopolitique
00:54:28en mode affranchi.
00:54:29Je salue tous les abonnés
00:54:31de TV Liberté
00:54:32pour cet épisode
00:54:35que je vais intituler
00:54:37« Une guerre hybride ».
00:54:40Oui, mais contre votre patrimoine.
00:54:44Alors la semaine dernière,
00:54:47on a eu le droit
00:54:48à un plan de com'
00:54:52magnifiquement orchestré
00:54:54avec une rigueur
00:54:57avec une rigueur
00:54:57quasi-militaire
00:54:59concernant
00:55:00une tentative
00:55:02d'attentat
00:55:03sur l'aéroport
00:55:04de Leipzig,
00:55:05non pas le 1er septembre,
00:55:07mais le 6 août dernier.
00:55:10Manifestement,
00:55:12on a attendu
00:55:12que tout le monde
00:55:13soit rentré
00:55:14de vacances
00:55:15pour sortir
00:55:16cette affaire.
00:55:17L'affaire
00:55:19de deux drones
00:55:23dysfonctionnels
00:55:24tombés en panne,
00:55:26transportant
00:55:27des charges explosives
00:55:29qui n'ont pas
00:55:30détonné
00:55:31et qui auraient été
00:55:33pilotés
00:55:34par des agents russes
00:55:37que l'on a identifiés
00:55:38grâce à leur passeport.
00:55:40Parce qu'évidemment,
00:55:41si des agents russes
00:55:42s'infiltrent
00:55:43sur le territoire allemand
00:55:44pour piloter des drones,
00:55:46évidemment,
00:55:46ils ont passé la frontière
00:55:47avec leur passeport russe.
00:55:48C'est évident
00:55:50pour tout le monde.
00:55:52Décidément,
00:55:53pas de chance
00:55:53pour la Russie.
00:55:55Ils ont certainement
00:55:5650 000 drones disponibles.
00:55:58Des milliers volent
00:55:59chaque jour
00:55:59au-dessus de l'Ukraine
00:56:00et ils sont tombés
00:56:01sur les deux
00:56:02qui ne fonctionnaient pas.
00:56:03Et en plus de ça,
00:56:04ceux qui ont posé
00:56:06les détonateurs
00:56:06étaient de vraies truffes.
00:56:08Bon, je crois
00:56:10que c'est surtout
00:56:11le citoyen européen
00:56:13que l'on prend
00:56:14pour une truffe
00:56:16parce que,
00:56:16derrière cette anecdote,
00:56:18eh bien,
00:56:19c'est là où je veux en venir,
00:56:20bien sûr,
00:56:22ça déroule.
00:56:24Karakalas,
00:56:24notre pseudo-ministre
00:56:27des Affaires étrangères européennes,
00:56:29immédiatement est monté au créneau
00:56:31en disant,
00:56:32après l'affaire de la psych,
00:56:33il va falloir davantage d'armes
00:56:37pour faire reculer Poutine.
00:56:39Elle a même eu
00:56:40une inspiration géniale.
00:56:42Elle aurait identifié
00:56:44dans les arsenaux européens
00:56:46de vieux missiles
00:56:47qui sont au bord
00:56:49de la date d'expiration,
00:56:51enfin d'obsolescence.
00:56:53Si on ne les utilise pas,
00:56:54allez hop,
00:56:55poubelle jaune
00:56:56et ils seront perdus.
00:56:58Donc,
00:56:58que les Européens
00:57:00fassent l'inventaire
00:57:01et donnent immédiatement
00:57:03à l'Ukraine
00:57:04de quoi se défendre
00:57:05contre les missiles russes.
00:57:07Bon,
00:57:08personne ne nie évidemment
00:57:10que les Ukrainiens
00:57:11en ont besoin.
00:57:12Cela dit,
00:57:13ça remet quand même
00:57:14une pièce dans le jukebox
00:57:15pour poursuivre la guerre.
00:57:17Bon,
00:57:17poursuivre la guerre,
00:57:18c'est exactement
00:57:19ce que veut Ursula von der Leyen
00:57:21qui,
00:57:21elle aussi,
00:57:22a réagi
00:57:23sur l'affaire de Leipzig.
00:57:25D'ailleurs,
00:57:25comme tous les dirigeants européens
00:57:27qui présentent
00:57:28ce point commun
00:57:30de tous être
00:57:32des membres du UEF
00:57:34et des Young Leaders.
00:57:35C'est probablement
00:57:37un pur hasard
00:57:38et leurs tweets vengeurs
00:57:41sont sortis
00:57:42sur les réseaux
00:57:42exactement au même moment
00:57:44mercredi dernier.
00:57:46Alors,
00:57:46qu'est-ce que veut
00:57:47Ursula von der Leyen ?
00:57:49Eh bien,
00:57:49exactement la même chose
00:57:50qu'elle avait exposé
00:57:52lors des assises
00:57:55du MEDEF
00:57:56qui se tenaient
00:57:56à Roland-Garros.
00:57:58Alors,
00:57:58ces assises avaient été
00:58:00rebaptisées R.E.F.
00:58:02Mais c'était
00:58:03exactement la même chose.
00:58:04Ursula est venue
00:58:06pour dire
00:58:06qu'il faut réveiller
00:58:07l'épargne des Français,
00:58:09cette épargne
00:58:10qui dort.
00:58:11Elle estime
00:58:12à 10 000 milliards
00:58:13l'épargne
00:58:14dormante
00:58:15à travers l'Europe
00:58:16et elle sait
00:58:17exactement,
00:58:18en France,
00:58:18que nous disposons
00:58:19de 6 000 milliards
00:58:21de capitaux
00:58:23disponibles.
00:58:24Le problème,
00:58:26c'est que
00:58:27probablement
00:58:2795%
00:58:29de ces 6 000 milliards
00:58:30sont investis
00:58:32d'une manière
00:58:32ou d'une autre
00:58:33directement
00:58:34ou indirectement
00:58:35dans des bons
00:58:38du trésor français,
00:58:39soit des émissions
00:58:41court terme,
00:58:42soit plus long terme,
00:58:44soit au travers
00:58:45des diverses
00:58:47livrets d'épargne
00:58:48ou au travers
00:58:50des fonds euros,
00:58:52notamment
00:58:52l'assurance-vie.
00:58:54Autrement dit,
00:58:55si Van der Leyen
00:58:56pense qu'on peut
00:58:57mobiliser l'épargne,
00:58:58bon, il faut que
00:58:59les Français
00:59:01liquident
00:59:01leur livret A
00:59:02pour acheter
00:59:03autre chose,
00:59:04un fonds
00:59:04action,
00:59:05car c'est ça
00:59:06l'idée,
00:59:07évidemment,
00:59:07que veut nous vendre
00:59:08Ursula von der Leyen.
00:59:10Elle a été très claire
00:59:10sur ce sujet.
00:59:11Oui, il faut rendre
00:59:12l'épargne plus mobile,
00:59:14plus utile.
00:59:15Et on a déjà compris,
00:59:16parce qu'elle a fait
00:59:17d'autres déclarations
00:59:19précédemment,
00:59:20il faut que
00:59:21de l'argent
00:59:23aide
00:59:23à muscler
00:59:25l'industrie
00:59:26de l'armement
00:59:27en Europe.
00:59:28Voilà,
00:59:28autrement dit,
00:59:29vous videz votre livret A
00:59:31pour financer
00:59:32des usines
00:59:33qui construiront
00:59:34des armes
00:59:34pour poursuivre,
00:59:36évidemment,
00:59:36la guerre
00:59:37en Ukraine
00:59:38et faire reculer
00:59:40Poutine.
00:59:41L'idée,
00:59:42et là aussi,
00:59:43c'est un discours
00:59:45constant,
00:59:46l'Europe manque
00:59:47véritablement
00:59:48aujourd'hui
00:59:49de stocks
00:59:50d'armes.
00:59:51Une Europe
00:59:52aussi démunie.
00:59:54Moi,
00:59:54si j'étais la Russie,
00:59:56j'attaquerais maintenant
00:59:56et pas dans 5 ans
00:59:58quand on aura
00:59:58reconstitué
00:59:59nos arsenaux.
01:00:00Bref,
01:00:01là n'est pas le sujet.
01:00:02C'est que
01:00:04cette espèce
01:00:05de campagne
01:00:06de com'
01:00:07sur l'affaire
01:00:08de Leipzig
01:00:09ou comme celle
01:00:10des deux pistolets
01:00:12retrouvés
01:00:13enterrés
01:00:14dans une forêt,
01:00:15je ne sais plus
01:00:15si c'était en Bavière,
01:00:17qui auraient été
01:00:17des armes déposées
01:00:18par les Russes
01:00:19pour commettre
01:00:19un attentat,
01:00:20voire des actes
01:00:21encore plus graves
01:00:21sur le territoire
01:00:23allemand.
01:00:24Ces armes,
01:00:24évidemment,
01:00:25n'auraient pu
01:00:25en aucun cas
01:00:26être enterrées
01:00:26par, par exemple,
01:00:28des dealers de drogue.
01:00:29Ça n'existe pas.
01:00:30Bref,
01:00:31on est en train
01:00:31de créer
01:00:31une véritable psychose.
01:00:33On alimente
01:00:34la peur
01:00:35et derrière,
01:00:36on nous sert
01:00:37le discours
01:00:37s'il y a plus
01:00:38d'argent
01:00:39pour fabriquer
01:00:40des armes,
01:00:41alors Poutine
01:00:43reculera.
01:00:43On peut même
01:00:44le vaincre
01:00:45en Ukraine.
01:00:46Autrement dit,
01:00:48quel est le but
01:00:48de cette opération,
01:00:50de cette guerre hybride,
01:00:51puisque c'est ainsi
01:00:52qu'on nomme
01:00:53les opérations ratées
01:00:55des Russes,
01:00:56aussi bien au-dessus
01:00:57du Danemark,
01:00:58d'ailleurs,
01:00:58que de la Norvège
01:00:59ou maintenant
01:01:00de l'Allemagne,
01:01:01le but est tout simplement,
01:01:03comme on dit,
01:01:03de militariser l'épargne.
01:01:06Et puis,
01:01:08double,
01:01:08on va dire,
01:01:09d'une pierre deux coups,
01:01:10double avantage,
01:01:11si on arrive
01:01:12à capter
01:01:13de l'épargne
01:01:14des Européens.
01:01:16Ça permettra
01:01:18éventuellement
01:01:18d'éviter
01:01:20tout simplement
01:01:21la faillite
01:01:21du système,
01:01:23puisqu'on aurait
01:01:23de quoi rassurer
01:01:25les créanciers
01:01:27et ensuite
01:01:27poursuivre
01:01:29sur la lancée
01:01:31d'une Europe
01:01:32complètement
01:01:34dysfonctionnelle
01:01:35et où un pays
01:01:36comme la France
01:01:37aujourd'hui
01:01:37est quasiment
01:01:38dans l'incapacité
01:01:39de se redresser.
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