00:00...
00:04Parlons de l'obligataire à présent dans un environnement toujours inflationniste,
00:08notamment pour nos économies développées.
00:09Nous en parlons avec les équipes d'Ivo Capital Partners
00:11et son cofondateur, Mickaël Israël,
00:13qui est à nos côtés à l'occasion de cette édition spéciale patrimonia de Smart Patrimoine.
00:18Bonjour et bienvenue Mickaël.
00:19Bonjour Grégoire.
00:20Merci beaucoup. Un mot quand même d'Ivo Capital Partners,
00:23boutique que vous avez fondée avec Sidney Houri notamment,
00:26il y a bientôt 15 ans.
00:27Ce sera l'an prochain, les 15 ans d'Ivo Capital Partners,
00:31avec, il faut le dire, là aussi une forme d'accélération de votre croissance ces dernières années.
00:36Si on prend la collecte à date pour 2026,
00:40vous êtes déjà en passe de doubler la collecte réalisée l'an dernier, Mickaël, c'est ça ?
00:44Oui, c'est vrai. Alors déjà l'an dernier, c'était déjà assez exceptionnel.
00:47On avait, je raconte souvent ça, c'est qu'on a mis 10 ans pour lever presque un milliard.
00:53On n'avait pas vraiment atteint le milliard, mais on n'était pas loin
00:55et c'était déjà pas mal comme performance.
00:57Et quand les choses s'accélèrent dans cette industrie, c'est assez spectaculaire.
01:01L'année dernière, on a levé 600 millions d'euros net.
01:03Et cette année, on a déjà dépassé le milliard d'euros de collecte net.
01:07Donc oui, c'est vraiment un moment de momentum très positif.
01:11Ok, alors je comprends l'aspect non linéaire, effectivement.
01:1310 ans pour bâtir une franchise et en récolter les fruits, ça commence, Mickaël.
01:18Mais qu'est-ce qui explique là pour vous, dans le contexte actuel,
01:20l'accélération de vos encours et de votre collecte depuis 2 ans maintenant ?
01:25Bon, c'est multifactoriel comme toujours, mais il y a 3 facteurs qui sont clés.
01:29C'est d'être sur la classe d'actifs qui commence à avoir du momentum au bon moment.
01:35Donc l'obligataire et l'émergent, les 2 sont demandés.
01:41Et puis on arrive dans un moment où on a des choses à faire valoir.
01:44On a un historique, on a fait beaucoup de pédagogie dans cette classe d'actifs,
01:49je crois pouvoir le dire, depuis bientôt 15 ans.
01:52On est identifié, on a des contacts, on est proche de nos clients.
01:56Et on a eu vraiment au travers du temps, on s'est vraiment attaché à expliquer cette classe d'actifs,
02:01à la raconter.
02:02Et aujourd'hui, je pense qu'on fait partie des gens référents dans le domaine.
02:08Parce que c'est indispensable.
02:09Quand on a une expertise historique tournée vers la dette émergente,
02:13effectivement, j'imagine que le moment où vous vous êtes lancé en 2012 et aujourd'hui,
02:18votre structure de clientèle a évolué.
02:20C'est-à-dire qu'en 2012, vous vous lancez quand même sur un marché niche
02:23qui ne s'adresse pas au marché le plus large.
02:27C'est un produit d'experts, c'est un produit pour les instits,
02:30pour des investisseurs sophistiqués.
02:32Qu'est-ce qui s'est passé aussi dans votre industrie pour qu'aujourd'hui,
02:35vous soyez là depuis plusieurs années, bien sûr, maintenant à patrimonial,
02:38mais que vos produits servent aussi à une clientèle différente aujourd'hui ?
02:42Qu'est-ce qui s'est passé, Mika ?
02:43Alors, c'est vrai d'ailleurs que la clientèle a beaucoup évolué.
02:46D'ailleurs, au départ, ce n'était pas non plus les instits, en fait.
02:48Ce n'était ni les partenaires CGP, ni les instits.
02:51Ça a été plutôt la clientèle de familier-office et la clientèle de fonds de fonds.
02:55D'accord.
02:56Donc, pour qui on a amené une brique de diversification qui était intéressante pour eux.
03:01Et quelques banques privées d'ailleurs qui nous ont aidés dès le départ.
03:05Après, effectivement, on s'est dit, on pourrait faire quelque chose sur le secteur des partenaires CGP.
03:12Et on a été même un peu découragé au début.
03:14On nous a dit, tu sais, alors un, d'abord...
03:16Ça ne se vendra pas ?
03:17Voilà, c'est une gestion trop sophistiquée, peut-être un peu niche, etc.
03:21Je ne vois pas ta gestion percée.
03:23Et aujourd'hui, on a un encours de plus de 700 millions d'euros avec les partenaires CGP.
03:29Franchement, c'est une grande satisfaction.
03:31Et d'ailleurs, comme on l'avait dit au départ, quand on avait eu ces débuts de discussion,
03:35en réalité, on n'est pas les premiers à proposer une gestion sophistiquée qui fonctionne auprès des CGP.
03:41Et je crois que ce qu'on a à raconter, les CGP arrivent bien à le raconter eux-mêmes à
03:45leurs clients.
03:45Oui, je comprends.
03:46Et donc, c'est pour ça que ça fonctionne.
03:48Un mot quand même des marchés ?
03:50Alors, c'est le sujet de marché de cette rentrée, de ce mois de septembre 2026, Mika.
03:55La dégradation continue et qui s'accélère des marchés obligataires un peu partout dans le monde,
04:00notamment dans nos économies développées.
04:01On parle beaucoup de l'ascension des taux obligataires américains, européens.
04:07Alors là aussi, vous disiez, il y a sans doute des explications multifactorielles.
04:10Il y a peut-être d'ailleurs des raisons conjoncturelles et des raisons un peu plus fondamentales.
04:14Je veux bien avoir votre opinion sur ce sujet.
04:16Et puis, l'autre fait qui marque les esprits, votre classe d'actifs, semble-t-il, résiste plutôt bien dans
04:23ce contexte de dégradation des grands marchés obligataires mondiaux.
04:26Oui, d'ailleurs, franchement, de manière contrariante.
04:29Parce que, historiquement, quand il y avait des remontées des taux aux États-Unis,
04:34on n'était quand même pas toujours très confiants et très sereins sur les actifs émergents,
04:38qu'ils soient equity, dette, monnaie.
04:41Et puis, cette année, effectivement, il s'est passé ce qui s'est passé.
04:44C'est même assez brutal.
04:46Parce que souvent, on dit, ce n'est pas simplement le niveau en absolu,
04:49c'est aussi la rapidité du mouvement qui peut faire basculer les choses.
04:52Le mouvement a été quand même assez brutal.
04:54Et finalement, tous les sous-segments de l'émergent fonctionnent, de la dette jusqu'à l'equity.
05:00Alors, je crois qu'il y a pas mal de choses qui ont changé.
05:04Peut-être des choses structurelles.
05:05En tout cas, moi, je l'espère.
05:06La perception des émergents aujourd'hui est meilleure.
05:10Pourquoi ?
05:11Simplement parce qu'on réalise que sur les pays développés, il y a des problèmes.
05:15Et il y a peut-être plus de problèmes sur les pays développés,
05:18que ce soit sur les dettes publiques,
05:20mais parfois même dans le tissu économique, même les entreprises.
05:24Il y a une différence d'endettement qui est claire
05:27entre le monde émergent et le monde développé.
05:30Donc, le marché commence à l'intégrer.
05:32Et quand je dis que c'est peut-être structurel,
05:34c'est qu'on voit bien qu'aujourd'hui, même si le coût du capital augmente,
05:38même s'il y a le mot inflation,
05:39et bien finalement, les gens se sentent plus à l'aise
05:42avec un point de départ qui est plus sain,
05:44des entreprises moins endettées, des pays moins endettés,
05:48moins dépendantes du dollar,
05:50moins dépendantes des taux américains.
05:53Et tout ça se matérialise dans les performances.
05:56Et vous dites, le marché nous le prouve,
05:59mais cette perception vis-à-vis des émergents,
06:01elle est en train de changer.
06:03Elle a changé.
06:03On n'a plus le réflexe, effectivement,
06:07le dollar fort va abîmer la performance des émergents.
06:10On parlait aussi des Fragile Five à une époque,
06:13les cinq grands pays émergents,
06:14avec finalement des fragilités structurelles.
06:17Tout ça est en train de s'effacer.
06:19Oui, je pense vraiment qu'en termes de perception des risques,
06:22il y a...
06:23Mais c'est marrant parce que c'est pas des choses...
06:25C'est un jeu relatif.
06:25Oui, parce que, exactement, ce ne sont pas des choses nouvelles.
06:28Finalement, que les émergents dépendent moins du dollar que...
06:31Ce n'est pas depuis cette année.
06:34Ça s'est construit depuis 10-15 ans, bien sûr.
06:37Mais il a fallu que ce soit sur l'autre jambe du relatif,
06:40c'est sur la jambe des développés.
06:42C'est cette prise de conscience qui donne de la valeur aux caractéristiques émergents.
06:47Vous avez évoqué le terme d'inflation.
06:50Justement, qu'est-ce que l'expérience des pays émergents,
06:53qui sont souvent associés à des épisodes inflationnistes
06:56ou des niveaux d'inflation structurellement plus élevés que chez nous,
06:59qu'est-ce que cette expérience vous apporte dans nos marchés développés
07:03au moment où une génération est en train de découvrir ce phénomène inflationniste
07:09qui semble quand même, année après année maintenant,
07:12s'incruster dans le système, si je puis dire, Mickaël.
07:14Et c'est vrai que pour nous, l'inflation, c'est quelque chose
07:17qui est perçu de manière assez négative,
07:20notamment dans le monde de l'investissement obligataire.
07:23Oui, alors ça, c'est un point très intéressant.
07:26Et souvent, d'ailleurs, je reviens là-dessus
07:27parce que moi, je suis très insistant sur les mots génériques.
07:31Donc l'inflation, c'est un risque.
07:34Il y en a plusieurs, d'ailleurs, des risques.
07:36Ça peut être aussi un bénéfice.
07:37Donc l'idée, c'est vraiment de savoir de quoi on cherche à parler.
07:41En obligataire, le mot inflation,
07:43là où il est problématique pour les investisseurs obligataires,
07:45c'est principalement, originellement,
07:47c'est le risque d'érosion monétaire.
07:49J'ai placé de l'argent à taux fixe sur une certaine période
07:52et pas de bol, l'inflation est passée par là.
07:56Et en fait, ma rentabilité a été beaucoup moins bonne
07:59qu'elle n'aurait dû être par rapport à cette inflation.
08:02Bon, quand vous faites du crédit d'entreprise,
08:04high yield,
08:06le sujet, ce n'est pas l'érosion monétaire.
08:09Vous partez avec des niveaux de rendement.
08:11Il y a un matelas.
08:11Exactement.
08:12Votre principal sujet, c'est les risques de faillite.
08:15Donc c'est le risque de crédit.
08:16Là, par contre, l'inflation n'est pas forcément un gros mot,
08:20n'est pas forcément un ennemi.
08:21D'ailleurs, même souvent, on entend cette phrase
08:23que l'inflation aide les emprunteurs.
08:25Non ?
08:26C'est ce qu'on dit.
08:26Bien sûr.
08:27Donc, ça veut dire quoi ?
08:28Ça veut dire qu'il y a des entreprises
08:29qui capturent cet environnement inflationniste.
08:32Il y a un effet nominal qui joue
08:34dans le résultat de ces entreprises.
08:36Exactement.
08:37Et d'ailleurs, dans notre univers d'investissement,
08:38JP Morgan a publié des chiffres
08:40qui sont vraiment spectaculaires.
08:41On voit bien cette capacité à capturer
08:43cette croissance nominale mondiale.
08:46Les revenus en moyenne sont attendus
08:50sur la classe d'actifs en hausse de 15 % en 2026,
08:53en médiane de 11 %
08:55et les EBITDA en hausse de 31 %
08:58et en médiane de 15 %.
08:59Et ils font toute la déclinaison
09:01par secteur, par sous-région, etc.
09:03Il y a des disparités,
09:05mais n'empêche que tout est dans le vert.
09:07Donc, on voit bien cette capacité à capturer
09:09que l'émergent a à capturer
09:11ce monde de croissance nominale.
09:12Il y a aussi des avantages à l'inflation.
09:13L'inflation n'a pas que des défauts
09:15pour les stratégies obligataires.
09:17Exactement.
09:17Il faut savoir de quoi on parle,
09:19sur quel type de risque on s'est exposé.
09:21Effectivement, ça peut être vraiment un ennemi
09:23sur un certain type d'investissement obligataire
09:26et pourquoi pas même un allié
09:28sur un autre type d'investissement obligataire.
09:30Merci beaucoup, Mickaël.
09:31Merci d'être venu nous parler
09:32d'Ivo Capital Partners
09:33et des marchés obligataires
09:35qui sont évidemment votre matière première
09:37tous les jours chez Ivo.
09:38Mickaël Israël,
09:40cofondateur d'Ivo Capital Partners
09:41avec nous dans cette édition
09:42de Smart Patrimoine.