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  • il y a 8 minutes
Et si une application pouvait aider les adolescents à repérer les premiers signes d’un mal-être et à demander de l’aide ? C’est l’objectif de BAE (Before Anyone Else), une application gratuite destinée aux 12-17 ans, lancée avec la fondation FondaMental. Philippe Courtet, professeur de psychiatrie et fondateur de BAE, nous explique comment cet outil entend agir avant que la situation ne se dégrade.

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Transcription
00:04Et pour nous présenter cette pépite santé, nous retrouvons à distance Philippe Courtet,
00:08professeur de psychiatrie, fondateur de BAE Before Anyone Else, un projet porté par la
00:13fondation fondamentale. Bonjour Philippe Courtet. Bonjour. BAE est une application gratuite destinée
00:20aux adolescents de 12 à 17 ans. L'idée c'est de les aider à mieux identifier leur propre signaux
00:25d'alerte et à demander de l'aide lorsque leur état se dégrade. Pourquoi avoir choisi de mettre cet outil
00:31directement entre les mains des adolescents ? Alors pour plusieurs raisons. La première, on en parle
00:39beaucoup, la santé mentale des jeunes, des adolescents, enfin en tout cas des jeunes d'une façon générale
00:45et particulièrement dégradée. Les enquêtes baromètres, les enquêtes de santé publique France, etc. nous
00:53montrent que cette population présente très fréquemment un état de mal-être profond qui se
00:59manifeste par des idées de suicide chez un tiers d'entre eux. Et on a pu rapporter dans une étude
01:05qu'on est en train de publier à l'Université de Montpellier que depuis octobre 2020 il y a une
01:11augmentation particulièrement importante des temps à type de suicide et notamment sévère chez les
01:16jeunes femmes, chez les adolescents de moins de 25 ans. Donc il était important de déployer des ressources.
01:22Et le smartphone est un outil, le prolongement de notre main ou de notre cerveau à nous tous,
01:28mais particulièrement chez les jeunes. Donc c'est un outil familier que l'on espère bénéfique
01:34pour ce champ de la prévention du mal-être et des crises suicidaires.
01:39Et alors lorsqu'un jeune, une jeune ouvre baie, qu'est-ce qu'il y trouve ? Qu'est-ce
01:43qu'elle y trouve ?
01:44Alors l'idée est de coupler la possibilité pour le jeune d'évaluer son état émotionnel de façon à
01:54identifier ce qui ne va pas, d'identifier la survenue d'une crise suicidaire en train de se constituer,
02:02en train de s'aggraver. Et pour arriver à un deuxième élément qui est essentiel,
02:07c'est l'intervention proposée de façon embarquée dans l'application, un plan d'action, un plan de sécurité
02:12qui aura été préparé en amont par le jeune avec l'aide d'un professionnel de santé et ou de
02:19ses proches.
02:20Donc c'est vraiment essayer d'identifier une crise suicidaire et surtout d'apporter les ressources
02:25qui lui permettront d'apaiser sa crise et aussi d'avoir anticipé les personnes de contact
02:32qui pourront l'aider lorsqu'il les appellera en cas de crise.
02:36L'idée générale c'est que quand on est dans une crise suicidaire déjà constituée,
02:41on a du mal à réfléchir, on a du mal à savoir comment agir.
02:45Et donc il est important d'anticiper en ayant préparé un plan d'action qui sera mis en action
02:51lors de la survenue ou de l'arrivée d'une crise suicidaire.
02:55Et alors justement comment est-ce que B essaie de réduire cette distance entre le moment
02:59où un adolescent perçoit un signal et celui où il parle à quelqu'un et vers qui les orientez-vous
03:05?
03:07Alors l'élément essentiel vraiment est que l'application permet d'avoir en elle embarqué ce plan d'action
03:14qui aura été préalablement constitué.
03:17Donc si l'adolescent réalise les auto-évaluations qui lui sont proposées
03:23et qu'il signale qu'il ne va pas bien, paf, le plan d'action va apparaître.
03:27Et là vont apparaître un panel de ressources qu'il aura lui préalablement établi.
03:32Qu'est-ce qui me permet de m'apaiser lorsque je ne vais pas bien ?
03:35Des ressources internes, des ressources externes.
03:37Et éventuellement, si vraiment il y a plus d'urgence,
03:42un écran va apparaître avec les contacts qui auront été prédéfinis
03:45de personnes qui seront susceptibles de l'aider éventuellement jusqu'au numéro d'urgence.
03:51Mais l'idée est vraiment d'avoir un panel d'actions qui permettront aux jeunes d'agir sur sa crise
03:57suicidaire.
03:58C'est-à-dire qu'il est acteur, lui permettre avec cet outil d'être acteur de la résolution de
04:04sa crise suicidaire,
04:05mais aussi de pouvoir appeler les secours en cas d'urgence.
04:10– Philippe Courtet, une rapide et dernière question.
04:14Philippe, B est encore un outil récent.
04:17Quel recul est-ce que vous avez aujourd'hui sur son utilisation auprès des adolescents ?
04:22– Alors c'est quelque chose que l'on va analyser.
04:25Effectivement, l'appli a été lancée avant l'été et c'est quelque chose qui est extrêmement important.
04:30Alors la première chose, c'est qu'on n'a pas fait d'études contrôlées, randomisées, etc.
04:34Mais l'application possède en elle un plan d'action dynamique,
04:41élaboré par les jeunes avec les proches et en collaboration avec les professionnels.
04:46Donc on sait que ça, ça fonctionne dans la prévention du suicide.
04:49Donc on espère que ce plan d'action embarqué dans l'application pourra être utile.
04:54On avait des données préliminaires antérieures dans une étude réalisée chez les adultes,
05:00donc à partir de 18 ans, qui nous montrent que ce type d'application peut être utile
05:05en cas de crise suicidaire, est utilisable.
05:08Donc on a de l'espoir que cet outil apporte un plus en permettant aux jeunes en difficulté
05:16d'avoir un outil leur permettant d'être un acteur de la résolution de la crise.
05:20Merci beaucoup. Merci Philippe Courtet, professeur de psychiatrie
05:24et fondateur de Bay Before Anyone Else.
05:27À très bientôt sur Bismarck for Change.
05:29Sous-titrage Société Radio-Canada

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