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  • il y a 19 minutes
Règles sur la durée, calculs des indemnités… Le resserrage de vis sur les arrêts de travail peut-il avoir un impact positif sur l’absentéisme dans les entreprises françaises ? Trois expertes du droit social et des ressources humaines tentent d’apporter des réponses.

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Transcription
00:03Générique
00:08...
00:12Le cercle RH pour parler d'un sujet, alors à la fois un sujet qui concerne la vie des DRH,
00:17évidemment les arrêts maladie, le coût des arrêts maladie, le non-remplacement d'un salarié en arrêt maladie,
00:22tous ces sujets de droit, puis c'est un sujet politique parce que vous l'avez vu,
00:26le gouvernement prépare un budget, là c'est imminent, avec l'idée de réduire de 2 milliards le déficit de
00:32la sécu
00:32et les arrêts maladie sont pointés, avec l'idée de supprimer le paiement du jour de carence payé par l
00:39'entreprise,
00:40serrer la vis, on va en parler de ces arrêts maladie parce qu'effectivement ils ont un coût social,
00:45mais ils ont des causes, et on va faire le point avec mes invités, 3 invités, 3 femmes sur le
00:50plateau,
00:51Marie-Alice Thierry Portman, ravie de vous accueillir, vous êtes DRH du groupe Heming,
00:551 600 collaborateurs, 900 en France, et on parlera cash sur la réalité d'une DRH face à des arrêts
01:02maladie,
01:03sa capacité à faire bouger les lignes et parfois à les subir, merci d'être là.
01:08Christine Artus est face à vous, on fera du droit, chère Christine, avocate en droit social,
01:12ce que peut faire le DRH, est-ce que les salariés parfois tirent un tout petit peu sur la corde,
01:17on fera le point avec vous, et puis Isabelle Nicolas est avec nous.
01:20Bonjour Isabelle, directrice opérationnelle Sextant Expertise,
01:24alors vous, vous accompagnez évidemment des entreprises, mais aussi des CSE,
01:28des partenaires sociaux, et ce débat des arrêts maladie est posé sur les causes des arrêts maladie.
01:34D'abord la DRH que vous êtes, le gouvernement a commencé à lancer comme ça des choses,
01:39le MEDEF a parlé, on supprime la journée de carence payée par l'entreprise,
01:43qui sera une facilité à ouvrir l'arrêt maladie,
01:47on a déjà ouvert les 31 jours maximum d'arrêts maladie en septembre,
01:51et il y a 2 milliards à trouver dans le budget qui va arriver en 2027, défleuré par les échos.
01:56Vous la DRH, le sujet à un arrêt maladie, c'est une difficulté pour vous ?
02:00Bien sûr c'est une difficulté,
02:02Emine depuis 18 ans publie tous les ans le baromètre de l'absentéisme et de l'engagement,
02:10et c'est très clair, la nature des arrêts maladie change,
02:15le burn-out devient la deuxième cause d'arrêt maladie avec 47% des arrêts maladie,
02:21le coût global, parce qu'on parle souvent du coût de l'arrêt maladie lui-même,
02:26il y a autour de l'arrêt maladie avant et après un coût pour l'entreprise,
02:31c'est 100 milliards par an, 4000 euros par collaborateur absent, donc oui.
02:40Non remplacé, quand un arrêt maladie a lieu sur une longue durée,
02:44burn-out c'est très long, vous ne pouvez pas le remplacer ?
02:47Si, on peut le remplacer, il y a des dispositifs légaux
02:50qui permettent de remplacer le collaborateur par un CDD,
02:54et parfois si l'arrêt est vraiment très long,
02:59de pouvoir se séparer malheureusement et de remplacer par un CDI.
03:04Mais juste un mot, je vous donne la parole à mes expertes,
03:06parce que vous avez deux expertises croisées qui vont nous éclairer,
03:10vous dans votre entreprise, cette question, vous parlez des burn-out,
03:13ça c'est des arrêts maladie long, c'est quelqu'un dont le cerveau explose
03:16et qui va partir 6 mois, 1 an, et peut-être jamais revenir,
03:18mais les arrêts maladie courts, comment vous les gérez ?
03:22Comment on les gère ? De toute façon, l'arrêt maladie, qu'il soit long ou qu'il soit court,
03:26si vous n'avez pas la proximité avec le collaborateur,
03:29et la proximité c'est l'ARH, c'est aussi le manager.
03:32Clairement.
03:32Voilà, c'est un couple qui doit fonctionner ensemble.
03:35Donc c'est le dialogue, la discussion, la compréhension
03:39de pourquoi cette personne est en arrêt.
03:41Christine, il est quand même compliqué pour un manager,
03:44et même interdit par la loi, d'aller voir un collaborateur qui rentre d'arrêt maladie
03:48pour lui dire, dis donc Coco, ça fait quand même en un mois deux arrêts maladie,
03:52tu tires sur la corde, ça c'est interdit.
03:54C'est interdit, effectivement, il y a d'autres choses.
03:57On serait tenté de le faire.
03:58Il y a d'autres façons d'aborder, mais c'est tout à fait d'accord, je suis tout à
04:01fait d'accord.
04:01C'est-à-dire que la difficulté de l'arrêt maladie,
04:04on ne sait pas combien de temps il va durer.
04:06Au départ, il peut être trois jours, il peut être quinze jours, un mois,
04:09et puis finalement, un an, moi j'ai des dossiers à deux ans.
04:13Avec une visite quand même du médecin, deux ans,
04:16il y a un médecin du travail qui observe quand même un...
04:19Oui, un contrôle, mais on n'a pas le dossier médical, l'entreprise.
04:22C'est vrai.
04:22On ne sait pas. On ne sait pas la cause.
04:24Donc c'est à carte fermée, on ne sait pas.
04:26On ne sait pas si c'est personnel, on ne sait pas si c'est un cancer,
04:30on ne sait pas si c'est un burn-out.
04:32On ne sait pas et on ne peut pas le demander.
04:33Et on ne peut pas le demander.
04:35On ne peut pas le demander, c'est toute la difficulté.
04:37C'est pour ça que je suis d'accord avec vous.
04:38Ça dépend de la proximité.
04:40C'est-à-dire que si on a des amis,
04:43si le manager a une bonne relation,
04:46au bout de trois jours, c'est de voir comment la personne va,
04:49est-ce que c'était sérieux ou pas.
04:53On est humain aussi.
04:53On a besoin de comprendre s'il y avait quelque chose de sérieux qui s'annonce.
04:58Vous avez vu dans les mesures du gouvernement,
04:59vous l'avez peut-être vu Isabelle,
05:01le gouvernement décide d'abaisser de trois à un an
05:04la durée d'indemnisation dont bénéficieraient certains patients
05:07à titre dérogatoire.
05:08C'est la dépression légère puisque ça fait écho.
05:11Troubles musculosquelettiques pour ceux qui portent des charges lourdes.
05:13Vous qui êtes connecté au CSE, partenaires sociaux,
05:17ils vous disent quoi ?
05:17Les arrêts maladie, c'est parce que les gens l'utilisent pour leur confort
05:22ou est-ce que parce qu'il y a du mal-vivre et du mal-être au travail ?
05:26Il y a une cause sur laquelle il y a énormément de travail encore
05:30dans beaucoup d'entreprises,
05:32c'est tout ce qui est prévention des risques professionnels,
05:35que ce soit des risques physiques.
05:36Alors les risques physiques, c'est plus facile entre guillemets
05:39puisqu'il y a des normes et des normes techniques
05:43qui sont faciles à prendre en compte.
05:46Mais on voit aussi qu'il y a une dimension parfois
05:48qui vient se heurter à l'économique.
05:50Je pense à toutes les maladies professionnelles
05:53liées il y a quelques années à l'amiante, etc.
05:55où il faut des années pour obtenir gain de cause sur ces sujets-là.
05:59Et puis il y a la prévention des risques psychosociaux
06:03où là on est sur quelque chose de moins tangible
06:06mais pour autant qui existe
06:10et qui pèse et qui a deux effets.
06:13On a un effet d'absentéisme
06:15qui peut être du petit absentéisme récurrent
06:17ou alors on peut arriver jusqu'au burn-out.
06:20Mais on a un autre effet qu'on mesure moins
06:22parce que ce n'est pas des arrêts immédiats,
06:24c'est le présentéisme où on va avoir des gens
06:26qui vont compenser tout ce qui ne va pas
06:29et qui un jour eux vont partir sur un arrêt long.
06:33Donc en fait, toute cette question...
06:34qui est provoquée par des trous défectifs
06:36par exemple
06:37et qui crée une surcharge de travail.
06:38Exactement.
06:39Et donc toute la question de la prévention des risques
06:42et l'implication du CSE
06:45et des commissions santé-sécurité...
06:47Oui, qui c'est elle qui gère ça, le CSSCT ?
06:49Avec la direction, avec les RH
06:52est clé en fait
06:53pour établir le document de prévention des risques
06:56et les plans d'action qui vont avec.
06:58Exactement.
06:59Je vous vois sourire parce que je parlais du CSSCT
07:01qui sont l'instance où on en discute.
07:04Vous êtes là, on a entendu que les DRH
07:06prenaient toute leur part dans la discussion.
07:08Le dialogue social, il a son rôle dans ce sujet-là
07:11parce que les partenaires sociaux vous disent
07:13regardez, les collaborateurs sont épuisés,
07:15il y a de l'épuisement, les managers sont trop durs.
07:17Vous en face, vous entendez ça ?
07:19Absolument.
07:20Et oui, ils ont un rôle à jouer, bien évidemment.
07:23La direction a un rôle à jouer,
07:24les managers ont un rôle à jouer,
07:25la RH, la médecine du travail
07:27et les partenaires sociaux.
07:29Et le salarié lui-même.
07:32Le salarié lui-même.
07:33Il a toute l'attitude à venir aussi nous voir
07:35et nous dire je suis en difficulté, ça ne va pas.
07:38Et nous, on fait des enquêtes internes d'ailleurs
07:40pour vérifier ce qui se passe d'une autre manière.
07:43J'entends Isabelle de chez Sextant qui dit
07:46mais il faut quand même travailler l'amont et la prévention.
07:48Est-ce que vous dites on met des outils
07:50qui fait qu'on ne coche pas qu'une case,
07:51on met à disposition du collaborateur des outils
07:54qui vont l'aider à être peut-être plus performant
07:57et ne pas s'arrêter ?
07:58Oui, bien sûr.
07:59On a mis nous en place, par exemple,
08:01une plateforme ouverte à tout le monde
08:03pour qu'il y ait un espace de parole
08:04qui soit ni le manager ni l'ARH.
08:06Bon, ce n'est pas suffisant, on est bien d'accord.
08:09J'écris, j'ai quelqu'un en ligne, je peux parler.
08:11Ce n'est pas suffisant, on est d'accord.
08:13Il faut de l'accompagnement au retour au travail
08:16et surtout, et surtout,
08:18la grosse problématique, je pense,
08:20dans les entreprises par expérience,
08:22c'est qu'on ne règle pas les conflits
08:24et les relations qui ne marchent pas professionnelles.
08:28Et ça...
08:28Et qui provoque des arrêts maladies.
08:30Et qui provoque les arrêts maladies et le burn-out.
08:32Je m'engueule avec mon manager,
08:33il m'a fait une remarque qui ne plaît pas,
08:35demain je me mets en arrêt maladie.
08:36Exactement.
08:36On est d'accord ?
08:37Exactement.
08:37Et ça, on ne le règle pas.
08:39Isabelle, je donne la parole.
08:40Juste sur les abus,
08:41parce que là, on est dans le mal-être au travail
08:43et on tire et on utilise le levier de l'arrêt maladie.
08:47Bon, il y a quand même des médecins
08:48qui posent le tampon et l'arrêt maladie.
08:50On est d'accord, maître ?
08:51Oui, il faut dire que c'est la loi aussi.
08:55C'est la loi contre la fraude sociale et fiscale.
08:59C'est le législateur qui a mis en place
09:01un certain nombre de dispositifs
09:03pour lutter contre la fraude à arrêt maladie.
09:09Alors, la difficulté, c'est qu'il faut faire la distinction
09:11entre l'abus et le salarié qui a une réelle difficulté.
09:18et le sujet le plus complexe, c'est le bore-out,
09:21donc l'ennui au travail,
09:23ou le burn-out, l'épuisant au travail.
09:25Parce que c'est très...
09:26C'est un coût très élevé.
09:27C'est un coût très élevé, c'est très long.
09:31C'est reconnu en maladie professionnelle.
09:33Mais l'avocat que vous êtes,
09:34il y a une cause quand même profonde,
09:36un salarié en burn-out, bore-out,
09:38est-ce qu'il a tiré la sonnette d'alarme ?
09:40Est-ce que c'est un salarié qui a commencé à se plaindre
09:42sur la manière dont on le prêtait ?
09:43Oui, alors, les difficultés,
09:44nous, on parle des salariés,
09:46mais je veux dire, on vit dans un monde difficile.
09:49Oui, c'est vrai.
09:49À tous les stades,
09:51les managers sont en difficulté également,
09:54les directions sont en difficulté,
09:56on est dans un monde où on a peur,
10:00où il y a de plus en plus de réorganisation,
10:03il y a l'intelligence artificielle,
10:06on me demande de faire ça,
10:07je vais être licencié.
10:09Donc il y a un monde anxiogène, je trouve,
10:13qui est propice.
10:16Et le dialogue social est très important
10:19pour en amont anticiper.
10:21Nous, quand on vient nous voir,
10:22on parle du dialogue social, etc.,
10:24et donc on est très en faveur dans les grands groupes,
10:27et je travaille beaucoup avec des groupes anglo-saxons,
10:31c'est très présent depuis très longtemps.
10:34Maintenant, la réalité,
10:35c'est quand on arrive au contentieux,
10:37c'est le manager, il l'a indiqué,
10:39mais le problème actuel, c'est la mondialisation aussi,
10:42le manager, il n'est pas que français,
10:45il est espagnol, il est allemand, etc.,
10:47il n'a pas les mêmes règles,
10:50il a un résultat, il n'a pas les mêmes cultures,
10:52et la difficulté, c'est que parfois,
10:55on est alerté, enfin, la direction, trop tard.
10:57Alerté sur un cas particulier,
10:59d'un arrêt maladie trop régulier, trop tard.
11:02Trop tard, trop tard, et surtout de la direction.
11:04Mais on en revient au présentéisme,
11:05et donc au mal-être au travail.
11:07Je vous extends, qu'est-ce que vous portez comme discours
11:10pour renouer, je dirais, un dialogue social fructueux,
11:13pour que les salariés se sentent épanouis,
11:15ce qui est quand même un doux, une belle utopie.
11:18Comment on fait là, concrètement ?
11:19En fait, on a beaucoup parlé du couple du manager et de la RH,
11:24mais en fait, les représentants du personnel
11:27peuvent constituer un relais, un tiers de confiance
11:30pour les salariés qui n'osent pas.
11:33Et on voit dans les attributions du CSE,
11:36il y a toute cette consultation sur la politique sociale
11:39dans laquelle il est question de conditions de travail,
11:41il est question d'absentéisme.
11:43Et donc là, les représentants du personnel,
11:44ils ont aussi un rôle à jouer
11:46dans la compréhension de l'absentéisme
11:48et d'aller relayer la parole des salariés
11:52qui peuvent être en difficulté,
11:54ou les endroits où il peut y avoir
11:56des petits signaux d'alerte, des signaux faibles.
11:59pour justement que, d'un point de vue managérial,
12:02d'un point de vue RH,
12:03on puisse identifier que, par exemple,
12:05sur telle équipe, il y a eu telle réorganisation
12:08l'année dernière,
12:09où il y a eu tel challenge commercial
12:12ou que sais-je, recherche d'économie,
12:15et que ça a un impact sur les conditions de travail
12:18des salariés,
12:18qui vient générer autre chose.
12:21Avant de nous quitter la Cour des Comptes,
12:23et en amont aussi,
12:26il y a tout un travail à faire en amont
12:29pour comprendre ce qui s'est passé
12:31et prévoir un retour dans les meilleures conditions
12:35et éviter le nouvel arrêt maladie.
12:38La Cour des Comptes suggère des pistes explosives,
12:41vous les avez vues comme moi,
12:43étendre le délai de carence,
12:44le premier jour d'arrêt non remboursé,
12:46ce qui avait été un sujet porté par Nicolas Sarkozy en 2007,
12:49et Jean-Pierre Farandou,
12:51pour être totalement complet,
12:52propose de créer une autre lecture
12:55et une lecture des paramètres
12:57entre les arrêts maladie courts
12:58et les arrêts maladie longues,
13:00et il dit qu'il faut que les échanges portent,
13:03et ça interpelle les partenaires sociaux évidemment,
13:05sur la prévention et la responsabilisation des acteurs.
13:09Donc vous êtes concerné côté des RH
13:11et des partenaires sociaux aussi.
13:13Comment on les responsabilise ?
13:14Comment on renoue le dialogue ?
13:16Avec qui ?
13:17Entre ceux qui aujourd'hui ont le sentiment
13:20de ne pas s'épanouir au travail
13:21ou avoir perdu le sens,
13:23ne plus être à leur place,
13:25et des équipes d'entreprises
13:26qui sont en transfo,
13:27qui bougent,
13:28et qui sont percutées par l'IA,
13:30comme le disait.
13:31Mais en fait,
13:31c'est ce qu'on appelle
13:33le management du changement.
13:35Il y a des techniques qui existent,
13:37et ça fonctionne,
13:38et une fois de plus,
13:39la proximité,
13:41la relation,
13:42comprendre,
13:43expliquer pourquoi on fait les choses,
13:45donner du sens.
13:45Et d'ailleurs,
13:47quand on fait des enquêtes collaborateurs,
13:49les trois sujets
13:50qui engagent les collaborateurs,
13:53un, le salaire,
13:53ce qui est normal,
13:55deux, le sens,
13:56le sens,
13:57pourquoi on est là,
13:58qu'est-ce qu'on vient faire ici ?
13:58Le manager est directement impacté sur ce sujet.
14:00Exactement, la direction aussi.
14:01Et la direction.
14:02La direction aussi.
14:03Et troisièmement,
14:03la reconnaissance.
14:05Et je peux vous dire quelque chose,
14:06et ça,
14:07c'est mon expérience qui le dit aussi,
14:09c'est qu'un collaborateur
14:10qui est reconnu
14:11pour son utilité
14:13de création de valeur
14:15pour l'entreprise,
14:16eh bien,
14:16il n'a pas les arrêts pour.
14:17C'est la confiance,
14:18c'est le respect,
14:19et c'est la motivation.
14:21Et c'est un dialogue amont,
14:23toujours,
14:23avec les partenaires sociaux
14:25pour identifier,
14:26dans un nouveau projet,
14:27dans une transformation,
14:28ce qui peut poser problème
14:30et ce qui doit être aménagé
14:31pour permettre
14:32une meilleure appréhension.
14:33Je trouve que le médecin du travail
14:35devrait avoir un rôle plus important.
14:37La difficulté du médecin du travail,
14:39c'est que parfois,
14:40il est informé
14:41de situations de souffrance,
14:43la direction ne l'est pas,
14:44et on ne le découvre
14:45qu'au contentieux.
14:46C'est ça.
14:48Et ça a échappé au médecin du travail.
14:49Alors, ça dépend de la relation.
14:50L'ARH doit créer une relation
14:51avec le médecin du travail.
14:53Qu'on soit précis,
14:53quand on arrive au contentieux,
14:55c'est-à-dire qu'on a un salarié
14:56qui a tiré la sonnette d'alarme
14:57d'une certaine manière
14:58en faisant des arrêts maladie
14:59longs et répétés,
15:01et qui peut aller au contentieux.
15:03C'est une sorte d'étape préliminaire
15:05avant de se dire
15:06je démissionne.
15:07Ça peut se jouer comme ça ?
15:08Oui, oui,
15:08ou des arrêts maladie,
15:11on entend des salariés,
15:12s'ils continuent à m'énerver,
15:14je me mets en arrêt maladie.
15:15Ou je pars.
15:16Ou je pars.
15:16Et ça coûte autant d'argent,
15:18les départs des collaborateurs,
15:20que l'arrêt maladie.
15:20Juste la prévention en santé mentale,
15:22on parle des risques musculo-squelettiques
15:24qui sont des sujets importants
15:25pour des salariés
15:26qui portent des charges lourdes,
15:27ceux qui sont devant des ordinateurs
15:28qui ont plus de sens
15:29et qui ont l'impression
15:29d'arriver au travail
15:32la gorge nouée
15:33avec des envies de pleurer.
15:35On va assez loin
15:36sur ces enjeux de prévention ?
15:38Oui, ça fait partie
15:39des plans de prévention.
15:4070% des entreprises
15:41ont des plans de prévention,
15:43qui sont quand même
15:43des plans bien élaborés.
15:45Et ça s'élabore effectivement
15:46en concertation
15:47avec les partenaires sociaux.
15:49La direction,
15:50il y a une consultation
15:51sur le sujet.
15:53Et oui,
15:53les formations de santé au travail
15:55font partie des outils
15:56qu'on met en place
15:57dans les entreprises.
15:59Moi, par exemple,
16:00j'ai une académie interne digitale
16:03dans laquelle il y a
16:05tout un pan de l'école interne
16:07qui est dédié
16:08à la santé mentale.
16:09Le digital,
16:09en plus,
16:10qui impacte les collaborateurs
16:11liés à arrivants,
16:12génère du stress quand même.
16:14Non, mais il y a ce sujet
16:15qui est posé sur la table.
16:16Bien sûr.
16:17Il y a un petit sujet
16:17de concurrence des risques
16:20puisque depuis plusieurs années,
16:22on a l'obligation
16:23de former
16:24sur les agissements
16:24sexuels et sexistes.
16:25Oui.
16:26Et beaucoup d'entreprises
16:27mettent ça au premier plan
16:28de ce budget-là.
16:31et décalent un peu
16:33les enjeux de prévention
16:34en santé mentale.
16:35Il faut trouver l'équilibre
16:38entre tout ça,
16:38comme tu parlais.
16:39C'est ce que vous dites.
16:40Le gouvernement,
16:40vous savez qu'il y a
16:41un projet de loi
16:42sur les violences sexuelles
16:43sur les femmes
16:45et les enfants.
16:46Un projet global.
16:47Oui, il y a un projet.
16:48La loi intégrale.
16:49Exactement,
16:49la loi intégrale.
16:50Donc, c'est vrai
16:51que c'est aussi
16:51le gouvernement
16:52qui porte,
16:54le législateur
16:55qui porte les sujets aussi.
16:56Oui, mais les actions
16:57sont dans l'entreprise.
16:58Oui, rien n'empêche
16:59la DRH d'avoir...
17:00Mais ce qui est dommage,
17:01la loi, c'est une chose,
17:02l'action, elle est dans l'entreprise.
17:04Mais bien sûr,
17:04mais ce qui est dommage,
17:05par exemple,
17:06dans ce projet de loi,
17:06c'est que ce soit
17:07tellement détaillé
17:08que ça laisse peu de latitude
17:09aux entreprises.
17:11Et nous,
17:13nous faisons également
17:14des enquêtes internes
17:15pour harcèlement,
17:16discrimination,
17:17enfin, d'autres sujets.
17:21On adapte l'enquête
17:22en fonction de l'évolution
17:24de la victime
17:25ou des victimes.
17:26Là, c'est vraiment encadré,
17:27c'est carré,
17:29il n'y a pas d'adaptation.
17:31Donc, très peu d'espace.
17:32Ah oui.
17:34La suite, pour vous,
17:35l'année qui vient,
17:36on nous l'annonce complexe.
17:37D'abord, année présidentielle,
17:38crise économique,
17:40crise géopolitique,
17:42crise russe,
17:43enfin, tout s'empile.
17:44Comment vous la regardez
17:45votre année en disant
17:46moi, je veux quand même
17:47garder au sein des mignes
17:48des collaborateurs engagés
17:49qui soient contents
17:50de venir au travail
17:51malgré ce monde
17:52qui donne l'impression
17:52qu'il va s'effondrer ?
17:53Alors, se battre
17:55en tant que DRH
17:56pour conserver nos budgets,
17:57nos budgets formation,
17:58nos budgets d'accompagnement.
17:59Oui, parce qu'il y a aussi
18:00une bataille en interne.
18:01Exactement.
18:02Et nos budgets d'augmentation
18:03parce que même si
18:05à la crise économique,
18:06on doit aussi accompagner,
18:08on a cette responsabilité
18:09d'accompagner
18:10comme on le peut
18:11parce que certaines entreprises
18:12ne le peuvent pas,
18:14au moins le pouvoir d'achat.
18:17Mais c'est une bataille.
18:18Oui, ça commence là bientôt,
18:19les NAO.
18:20Ah oui, c'est vrai, nous aussi.
18:21Les négoaux vont arriver.
18:22C'est la saison.
18:23C'est la saison des NAO.
18:24Côté sextant,
18:25une année là aussi
18:27où on sent d'abord
18:27que la conflictualité arrive,
18:30les partenaires sociaux,
18:31on a vu la fonction publique
18:32dans la rue,
18:33on voit des salariés
18:34qui claquent des dents,
18:36le plein d'essence est plus cher,
18:37c'est compliqué là.
18:38En fait, nous on voit un durcissement
18:42des conditions dans les entreprises
18:43de manière assez marquée.
18:45C'est-à-dire qu'il y a quelques années,
18:48on n'avait pas autant de contentieux.
18:51C'est-à-dire que les CSE
18:52ont un droit à expertise
18:53qu'ils utilisent
18:56et de plus en plus d'entreprises
18:57vont au contentieux,
18:59soit pour refuser complètement l'expertise,
19:01soit pour la renégocier à la baisse.
19:03Et c'est vrai que...
19:04Lié par l'entreprise,
19:05il faut le préciser.
19:05Oui, bien sûr.
19:06C'est pour ça que l'entreprise
19:07remet en question le droit à l'expertise.
19:09Oui, oui, mais il y a quand même
19:11un durcissement des positions
19:14de part et d'autre.
19:14Pour rester dans notre sujet,
19:16il nous reste 40 secondes,
19:16c'est propice aussi pour certains salariés
19:18de se dire, moi,
19:20cet environnement anxiogène,
19:22cette difficulté qu'a mon entreprise
19:23à augmenter mon pouvoir d'achat,
19:24écoutez, je m'arrête,
19:25ce sera plus simple.
19:26Il y a un vrai danger pour vous.
19:26Il y a un vrai danger, effectivement.
19:28Et on mesurera l'année prochaine
19:31l'évolution.
19:32Mais en tout cas,
19:34il est extrêmement important
19:35de continuer à accompagner
19:37en interne les collaborateurs
19:39et de soutenir,
19:39quand l'entreprise le peut,
19:41les politiques sociales
19:42qui donnent du sens
19:43et qui tiennent la route.
19:45Qui créent aussi
19:45de la marque employeur,
19:46on n'est pas dit,
19:47mais c'est aussi de la marque employeur.
19:48Et de manière générale,
19:49donner une vision,
19:50un cap,
19:51même si l'avenir est incertain.
19:52Exactement.
19:53Et c'est l'entreprise
19:53qui finalement est le...
19:55Et c'est l'entreprise
19:55qui a la main.
19:57C'est l'entreprise
19:58qui a la main.
19:58L'entreprise peut sauver le monde.
20:00Peut-être.
20:00Oui.
20:01Dans un monde
20:01qui semble se déréguler
20:02et se fracturer.
20:03Et l'entreprise,
20:04c'est ensemble
20:04avec les salariés.
20:05Ça sera le mot de la fin.
20:06C'est un très joli mot.
20:07Merci à vous,
20:08chère Marie-Alice Thierry Portman,
20:09DRH du groupe HEMING,
20:10900 collaborateurs,
20:111600 partout dans le monde.
20:14Christine Artus,
20:15avocate en droit social.
20:15Quel cabinet,
20:16on ne l'a pas dit ?
20:16Kyle Gates.
20:17Kyle Gates.
20:18Le cabinet du bâtonnier.
20:19Du bâtonnier, évidemment.
20:21Et puis Isabelle Nicolas,
20:22merci d'être venue,
20:23chère Isabelle,
20:23directrice opérationnelle.
20:24Sextant Expertise.
20:26Merci à vous trois.
20:27Merci à l'équipe.
20:28Merci à Nicolas Juchat.
20:29Nous sommes très en retard.
20:29Merci à Paul Hausson.
20:31Merci à Charles à la réalisation.
20:32Merci à vous
20:33pour votre fidélité.
20:34Je vous dis à très bientôt.
20:35Bye bye.

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