Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 15 minutes
Vendredi 2 octobre 2026, retrouvez Charles Wolf (Directeur France, Sanofi) dans FACE À THOMAS HUGUES, une émission présentée par Thomas Hugues.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:08Bonjour, bonjour à toutes et à tous, c'est un nouveau rendez-vous que l'on vous propose sur Bismarck
00:12for Change.
00:13Il est consacré aux chefs d'entreprise, aux décideurs économiques, à celles et ceux qui donnent l'impulsion au quotidien
00:19à l'activité du pays,
00:20un face-à-face pour découvrir leur stratégie face aux grands défis du siècle.
00:25Aujourd'hui, je reçois Charles Wolff, le directeur France de Sanofi. C'est parti pour 28 minutes de face-à
00:30-face.
00:3528 minutes de face-à-face avec Charles Wolff, bonjour.
00:39Bonjour.
00:39Bienvenue, vous êtes le directeur France de Sanofi, vous êtes également président d'Initiative Pharma, on y reviendra un peu
00:44plus tard.
00:45Je commence par poser le décor, en quelque sorte, quelques chiffres sur le groupe Sanofi au niveau mondial, 43,6
00:52milliards d'euros de chiffre d'affaires 2025.
00:54Près de 75 000 salariés dans le monde au 31 décembre de cette année 2025 et près de 8 milliards
01:01d'euros de vente de vaccins.
01:03Et la France, que pèse la France en termes de salariés, de chiffre d'affaires ?
01:07La France, elle pèse un grand poids. Déjà, historiquement, c'est notre ancrage.
01:11C'est l'ancrage de Sanofi, c'est là qu'il y a nos sièges mondiales, etc.
01:14On a à peu près 30% de tous nos emplois R&D qui sont en France.
01:18On a 25% de tous nos emplois, toute activité confondue en France.
01:23Quasiment 40% de notre production est faite depuis la France pour le monde.
01:27Donc c'est considérable en termes d'empreintes du groupe en France par rapport à l'échelle mondiale.
01:32Par contre, le chiffre d'affaires est relativement petit, 3%.
01:35Ça a beaucoup baissé cette partie du pourcentage du chiffre d'affaires de la France dans Sanofi,
01:40mais aussi en général dans l'industrie pharma.
01:42Bon, ça c'est pour des raisons sélectorielles d'érosion.
01:46Mais globalement, ce qu'il faut retenir, c'est que Sanofi a fait le choix de la France.
01:49On a une vingtaine de sites en France et on a à peu près un tiers de toutes nos activités
01:54en France, R&D, production.
01:56On a aussi, et ça c'est très important de le souligner,
01:59trois accélérateurs digitaux qui sont basés en France
02:01qui visent à mettre à disposition les dernières avancées de l'IA
02:05à la fois sur la partie R&D, à la fois sur la recherche et développement,
02:09accélérer le développement pour les patients,
02:11à la fois sur la partie efficience de nos usines
02:14et puis également sur l'accélération de l'accès au marché pour les patients.
02:18Alors justement, on va ouvrir ce premier chapitre consacré à l'innovation.
02:21Je rebondis sur ce que vous venez de nous dire sur la part de l'IA.
02:24C'est relativement récent.
02:26Il y a une accélération dans le rôle de l'IA qui progresse à toute vitesse dans vos process ?
02:33Oui, il y a une vraie accélération.
02:34Alors ce n'est pas nouveau, ça fait plus de deux ans qu'on s'y intéresse.
02:38Il y a une accélération, je dirais, sur deux axes,
02:41sur des choses extrêmement spécifiques,
02:44comment on utilise l'IA pour aller plus vite sur des dossiers cliniques,
02:47comment on va utiliser l'IA pour être plus pertinent dans les patients
02:51qu'on va sectionner dans les études cliniques et donc aller plus vite,
02:54comment on va utiliser l'IA également à Vitry.
02:57J'étais avec des équipes il y a quelques mois.
02:59Ils nous montraient comment l'IA nous permettait d'aller plus vite dans la sélection des protéines
03:04qu'on allait utiliser sur le développement de futurs médicaments.
03:09Et également sur l'IA au quotidien, comme pour tous les employés,
03:13pour être plus rapide, plus efficace.
03:16L'objectif, c'est quand même, au final, d'aller plus vite pour trouver des solutions pour nos patients.
03:21C'est peut-être, il y a tout un débat sur l'accélération de l'IA
03:25et peut-être le coup de frein qu'il faudrait donner.
03:28Je suis sûr que si on fait un sondage, le domaine dans lequel tout le monde est prêt à dire
03:31qu'il faut continuer à accélérer, c'est la santé.
03:33Je pense que sur la santé, quand vous regardez le vieillissement démographique,
03:38qui est une bonne nouvelle, on vit plus longtemps et en bonne santé, c'est magnifique.
03:43Pour affronter, par contre, pour que ce soit effectivement une vraie avancée pour la société,
03:47il faut qu'on soit capable d'accompagner ça.
03:51Et pour ça, ça veut dire des innovations qui permettent de mieux vieillir, plus longtemps.
03:55C'est aussi, pour les professionnels de santé, je pense que ça peut apporter beaucoup de choses dans le diagnostic.
04:01Il y a une application qu'on a développée, notamment sur les maladies rares,
04:05qui s'appelle Accelerer, qui permet, avec quelques questions pour un professionnel de santé,
04:10de faire un pré-diagnostic sur une centaine de maladies rares.
04:15Je sais que ce sont des maladies qui sont très difficiles à diagnostiquer.
04:17Donc, avoir cet outil permet d'avoir plus de succès dans les diagnostics pour les professionnels de santé.
04:22Je reste sur ce thème de l'innovation, parce que vous travaillez évidemment dans beaucoup de secteurs différents,
04:29l'immunologie, les vaccins, le diabète de type 1, les maladies respiratoires.
04:32Alors, comment vous choisissez les domaines thérapeutiques dans lesquels vous décidez de mettre encore un peu plus de moyens humains
04:41et matériels ?
04:42En fait, ça, c'est une excellente question, parce que c'est le choix qu'on a fait en 2019,
04:47avec le virage vers l'innovation de Sanofi.
04:52La décision qu'on a prise à ce moment-là, c'est de n'aller que sur les aires thérapeutiques
04:57où on ferait une vraie différence.
04:58Une vraie différence, c'est quoi ?
04:59C'est une solution sur une pathologie pour laquelle il n'y en a pas,
05:04ou une solution qui va apporter une vraie avancée par rapport aux solutions existantes.
05:09Pourquoi ? Parce que déjà, c'est la différence que vous êtes capable de faire pour les patients,
05:12et je vais vous donner un exemple ensuite.
05:14La deuxième, c'est que dans le monde concurrentiel dans lequel on est,
05:19il n'y a que ça, qui nous permet ensuite d'avoir une valorisation de l'innovation,
05:23et donc d'être capable de réinvestir en R&D.
05:25Je vais donner un exemple très concret, et qui est une grande fierté pour les équipes Sanofi,
05:29c'est la broncholite.
05:31Broncholite, première cause d'hospitalisation pour les bébés.
05:34On avait des plans blancs, donc des parents qui avaient quand même des situations qui étaient assez dramatiques.
05:39En 2023, on a lancé, et la France a été précurseur dans le monde là-dessus,
05:44le premier programme de prévention des broncholites à large échelle.
05:50Et au final, on a réduit de 80% les hospitalisations avec un anticorps monoclonal qui s'appelle Béfortus,
05:57et on a réussi à faire une révolution en pédiatrie.
06:00C'est-à-dire qu'aujourd'hui, quand je discute avec des chefs de service dans les hôpitaux pédiatriques,
06:04ils me disent qu'il y avait un avant et il y avait un après.
06:07Là, c'est exactement le type, je dirais, de différence qu'on veut faire pour les patients et pour le
06:14parcours de soins.
06:15Pour bien comprendre, c'est quoi ? C'est un outil de prévention ?
06:17C'est un outil de prévention. En fait, c'est un anticorps monoclonal que vous injectez au début de la
06:21saison,
06:22c'est-à-dire à peu près en septembre.
06:23C'est en ce moment, d'ailleurs.
06:25Donc là, la campagne vient de démarrer.
06:27Et qui permet de protéger les bébés tout l'hiver.
06:31Et donc, ils ne vont pas avoir de bronchiolite.
06:33Donc, il y a une efficacité qui est à 80%, qui a été reconnue par l'HAS,
06:36et qui permet, quelque part, de désengorger les hôpitaux,
06:40de faire en sorte que les parents n'ont pas, je dirais, à déposer,
06:44à gérer la maladie de leurs enfants.
06:47Et à ce jour, il y a eu déjà un million de bébés,
06:49un million de bébés protégés par cet outil fourni par le Salofi,
06:54cet anticorps monoclonal de prévention en France.
06:58Est-ce que le réflexe prévention, il est si facile à avoir ?
07:01Parce que, là, vous nous dites, finalement, on a travaillé, on a innové,
07:05c'est un enjeu de santé publique majeur, bon, très bien.
07:08Mais est-ce que les parents se l'approprient si facilement que ça ?
07:10Alors, très bien.
07:11Sur ce coup-là, très bien.
07:13Je pense que ça a été une réussite.
07:14Il y a eu un taux d'adhésion extrêmement fort.
07:17Néanmoins, je pense qu'on peut aller encore plus loin.
07:19Il y a une très bonne adhésion.
07:20Ensuite, il faut que tous les effecteurs,
07:23donc les professionnels de santé, les médecins généralistes,
07:25les sages-femmes, les pédiatres, bien sûr,
07:31prennent en main ce programme de prévention
07:32qui est recommandé par les autorités.
07:34Et ça, c'est beaucoup de communication.
07:37Aujourd'hui, concrètement, si on regarde l'année dernière,
07:40sur les petits bébés, il y a eu effectivement des bons taux d'immunisation,
07:44au-delà des 60-70%.
07:45Par contre, sur les bébés un peu plus gros,
07:48ceux qui ont 6 mois, 8 mois,
07:49qui font quand même des bronchialités, y compris avec des hospitalisations,
07:51la moitié des hospitalisations, c'est les bébés qui sont nés avant la saison.
07:56C'est les bébés qui sont actuellement un peu plus gros.
07:59Il y en a un sur deux qui avaient été immunisés en dernière année.
08:01Cette année, on espère faire beaucoup mieux.
08:03C'est aussi un objectif partagé avec les autorités,
08:06puisque c'est de l'efficience pour le système de soins.
08:08Évidemment, et c'est des économies qu'on va faire ensuite.
08:12On l'a bien compris.
08:13C'est une vraie question de l'acceptation ou l'appropriation,
08:18notamment d'un vaccin.
08:19On le voit avec la grippe.
08:20Je crois qu'on prépare l'émission,
08:22j'ai trouvé ces chiffres, 56-57% des plus de 65 ans qui sont vaccinés.
08:27On a un objectif qui est plutôt les trois quarts de cette population.
08:31Comment vous expliquez les cas ?
08:32Il y a toujours des craintes, il y a toujours des...
08:35Moi, je pense qu'il faut qu'on soit beaucoup plus intentionnels
08:40dans nos objectifs nationaux sur la vaccination.
08:44Il y a beaucoup de déclarations.
08:46Il y a des efforts qui sont faits par beaucoup de parties prenantes.
08:51Mais néanmoins, d'ailleurs, le rapport qui a été présenté par le député Isaac Sybil
08:55il y a deux semaines le montre très bien.
08:58On a effectivement beaucoup d'initiatives isolées,
09:03mais très diluées.
09:05Il faut qu'on soit beaucoup plus incitatifs pour atteindre les 75%.
09:08Pourquoi ? Parce qu'en fait, la prévention, c'est la seule initiative qui permet d'avoir
09:17des avancées pour les patients et des économies pour notre système de santé.
09:22Il y a des études qui démontrent que si vous mettez la France au meilleur niveau de l'OCDE
09:29en termes de prévention, vous pouvez gagner plus de 15 milliards d'euros par an.
09:3215 milliards d'euros par an.
09:34Dans la situation budgétaire de la France, aujourd'hui, on n'a pas d'autre choix.
09:37Donc aujourd'hui, il ne faut pas être dans...
09:38L'an dernier, on a gagné un sur la grippe, on a gagné 2-3 points de couverture.
09:42Très bien.
09:43Mais là, on ne peut plus se permettre d'être moyen.
09:46Quand on a un tel difficile de la sécurité sociale, il faut qu'on soit excellent sur la prévention.
09:51Et le bon exemple, c'est qu'il y a eu des décisions qui ont été prises,
09:54enfin en tout cas des recommandations de l'HAS sur l'obligation vaccinale,
09:58notamment pour les procédures de santé en EHPAD, etc.
10:02Qu'est-ce qu'on fait pour mettre en musique ça tout de suite ?
10:04Parce qu'en fait, chaque fois qu'on attend, on creuse un peu plus le difficile.
10:08En vous entendant, je pense à un invité qu'on a eu il y a quelques jours dans une autre
10:12émission,
10:13le docteur, le professeur David Smadja, qui disait que la prévention,
10:18c'est le parent pauvre de la santé en France.
10:21C'est presque une des mentalités ou une logique générale de notre système de santé à revoir ?
10:27Est-ce que vous allez jusque-là ?
10:28Je n'irai pas jusque-là parce qu'il y a une prise de conscience aujourd'hui
10:32que la prévention serait un vrai gain pour notre système de santé.
10:36Moi, par contre, là où je pense qu'il faut qu'on aille beaucoup plus loin,
10:39c'est dans la capacité, est-ce que c'est le ministère de la Santé uniquement ?
10:44Probable, peut-être, mais en tout cas, la capacité du gouvernement
10:48à faire un plan extrêmement ambitieux sur l'augmentation des taux de prévention
10:56sur tous les éléments, sur la prévention, par les cancers, bien sûr,
11:00pour les cancers, sur les diagnostics, sur des maladies qui peuvent être mieux traitées
11:05si on les diagnostique.
11:06Il n'y a pas de maladies qui ne sont pas concernées par l'avantage ou l'intérêt d'un
11:10plan de prévention ?
11:11On pourrait presque dire ça.
11:12Quasiment toutes sont exactes.
11:15À chaque fois que vous êtes capables de mieux prévenir, vous êtes capables d'être beaucoup plus efficients.
11:19Et aujourd'hui, on ne peut pas se permettre, dans un système aussi tendu, de ne pas avoir une vraie
11:24ambition.
11:24Et le problème, c'est qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de paroles, beaucoup d'initiatives qui sont partagées,
11:28mais il n'y a pas une ambition très forte en disant que la France, dans trois ans, doit être
11:32numéro un de l'OECDE en termes de prévention.
11:34Et c'est tout à fait atteignable.
11:36Les Français ne sont pas du tout anti-prévention ou anti-vax.
11:39Ça pourrait être un beau projet pour des candidats à la présidentielle.
11:44Vous avez évoqué le mur du vieillissement tout à l'heure.
11:47Je vais vous citer, c'était il y a quelques jours dans une interview au journal Le Monde.
11:50Vous disiez, il va falloir investir dans la santé.
11:52Nous n'affronterons pas le mur du vieillissement avec une vision d'un système de soins pour tous.
11:56Ça dépend, ce qu'on se tente.
11:58Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
11:59C'est-à-dire que notre modèle social, il est en train de devenir un peu obsolète ?
12:04Je pense qu'aujourd'hui, l'équation, elle n'est plus du tout...
12:07Elle n'est plus tenable.
12:08Elle n'est plus tenable.
12:10Il y a des dizaines de rapports qui l'expliquent très bien.
12:14Du coup, cette réalité du vieillissement, il faut investir maintenant pour faire en sorte que ce soit un vieillissement qui
12:24permette d'être en bonne santé plus longtemps
12:27et d'avoir une force de frappe démographique.
12:30Ça va être quand même un enjeu stratégique.
12:31Je pense qu'on est très, très loin du seul débat de l'écosystème de la santé.
12:38Je pense que c'est un débat qui est plus, je dirais, sociétal et même, je dirais, de cohésion sociale.
12:47En fait, on se pose toujours la question, PLFSS, combien on va investir ?
12:51Projet de loi de financement de la sécurité sociale.
12:53L'année prochaine, combien, l'État ?
12:55En fait, je pense que la vraie question, c'est si on n'investit pas maintenant, combien ça va nous
13:01coûter dans 5 ans, dans 10 ans économiquement ?
13:04Je vais vous donner un exemple très simple sur les cancers du col du laitérus.
13:09Ce sont intérêts puisque Sanofi n'a pas de vaccins dans ce domaine-là.
13:13Aujourd'hui, il faut dépenser, mais vous allez gagner dans 10 ans, dans 20 ans.
13:18Si vous ne dépensez pas pour augmenter la couverture sur ces maladies-là, dans 10 ans, 20 ans, combien vous
13:24allez perdre ?
13:25Aujourd'hui, vous avez l'Australie, ils sont quasiment en éradication de ces cancers.
13:30Qu'est-ce qu'ils ont fait pour ça ?
13:32Ils sont beaucoup plus incitatifs.
13:34Vous avez même des incitations, je dirais, financières pour les personnes qui ont un programme de prévention qui est complet.
13:41Je pense qu'on n'a plus le choix.
13:43C'est l'investissement, la même façon qu'on investit dans la défense, pour se dire que si on n
13:52'investit pas, on perd complètement notre autonomie stratégique.
13:56De la même façon, sur la santé, il faut investir face au vieillissement, il faut investir dans l'autonomie stratégique
14:00dans la santé.
14:01Ça, c'est un autre sujet.
14:02Vous avez vu les équilibres qui sont en train de bouger au niveau Chine, au niveau US.
14:07Il est impératif que la France et l'Europe se réveillent.
14:10On va reparler de souveraineté, mais pour rester sur cette question de prévention, de murs, du vieillissement,
14:17est-ce qu'il y a des acteurs qu'on peut mieux ou plus mobiliser ?
14:21Les pharmaciens, les médecins généralistes, à quel point ils sont partenaires d'une entreprise comme Sanofi ?
14:26Alors, aujourd'hui, les premiers effecteurs sur la vaccination antiripale sont les pharmaciens.
14:32Ensuite, je pense qu'il y a eu un vrai succès dans l'élargissement du nombre d'effecteurs pour que
14:38les Français, je dirais, aient une facilité à se vacciner.
14:43Donc ça, c'est bien.
14:45Mais il faut aller beaucoup plus loin sur la communication au grand public de la part du ministre de la
14:49Santé.
14:50Si on prend les bronchiolites, ce qui a très bien marché la première année, c'était une communication d'État
14:54sur un programme d'État.
14:56Et là, ça a été très vite.
14:57Très, très vite.
14:58Donc ça veut dire campagne d'affichage, campagne de publicité à la télé, d'information à la télé.
15:05Vous, vous en financez aussi des campagnes quand vous lancez un produit comme ça ?
15:09Parce que c'est un enjeu de santé publique et c'est aussi un enjeu de business pour Sanofi.
15:13Alors nous, on sensibilise, mais il y a deux choses.
15:16C'est qu'on sensibilise, bien sûr, dans le cadre des recommandations de la HAS et avec des communications qui
15:23sont validées par la NSM.
15:26Mais on veut bien faire l'effort et on est en effort avec nos partenariats.
15:29Néanmoins, là où on est le plus efficace, c'est quand ce sont les autorités, elles-mêmes, qui disent que
15:33c'est l'intérêt de mon système de santé.
15:35Est-ce que c'est au secteur privé de dire que c'est l'intérêt du système de santé de
15:38faire de la prévention ?
15:39Je dirais que ce n'est pas le plus efficace.
15:42Néanmoins, nous, on est complètement associés à cette démarche.
15:45Et on est en discussion avec les autorités pour toujours leur dire communiquer plus, communiquer mieux.
15:51On leur partage aussi des études, par exemple, sur quel est le niveau d'information de certains professionnels de santé,
15:59sur des outils de prévention.
16:00Et on voit qu'il y a un gap.
16:01Il y a des surprises ?
16:02Bien sûr.
16:03Vous avez des procès de santé qui sont au courant à 50% du programme VRS dans certaines situations.
16:10Le programme VRS, c'est la bronchiolite.
16:11Voilà.
16:11Et du coup, c'est absolument nécessaire que les autorités de santé compétentes soient informées de ça pour corriger le
16:18tien.
16:18Comment vous mesurez le succès d'une campagne de vaccination ?
16:21C'est le nombre de doses vendues ?
16:23Non, c'est le taux d'immunisation.
16:24Le taux de pourcentage d'immunisation ou de vaccination.
16:26C'est ça qu'on regarde.
16:28Vendre des doses pour qu'elles restent dans un placard, ça ne nous intéresse pas.
16:31Vendre des doses pour qu'il y ait un taux d'immunisation et que ça démontre l'efficacité de notre
16:34programme.
16:35Et du coup, que ça permette de démontrer que ce produit, que ce vaccin, il a un vrai impact sur
16:40la santé en France.
16:41Et du coup, ça nous permet ensuite de partager ces données avec d'autres pays.
16:44C'est ça qui nous intéresse.
16:45Comment vous réussissez, parce que vous nous avez donné les chiffres tout à l'heure, à faire le lien avec
16:50le nombre d'hospitalisations évitées ?
16:52C'est assez simple ? Vous prenez une année avec ou une année sans ?
16:57Vous pouvez utiliser la base de données.
17:00Il y a une base de données des données de santé qui s'appelle la base SNDS, qui est anonymisée.
17:05C'est la base de la sécurité sociale, pour faire simple.
17:08Et cette base de données permet d'effectuer des études en vie réelle.
17:13C'est-à-dire que vous allez regarder dans la population ceux qui ont été hospitalisés,
17:17est-ce qu'ils avaient été vaccinés, est-ce qu'ils n'avaient pas été vaccinés ?
17:20Et avec ça, vous êtes capables de sortir des données en vie réelle d'efficacité du programme.
17:26Et donc, c'est ce qu'on fait, c'est ce que font aussi les autorités.
17:28Et c'est là qu'on voit qu'il y a tout le temps une confirmation sur la vaccination,
17:34de l'impact positif pour le système de santé, pour l'économie, pour les patients bien entendu.
17:41Mais ça, c'est quelque chose qui est une constante dans ces données en vie réelle.
17:46Je le disais en vous présentant, vous êtes également le président d'Initiative Pharma,
17:51qui regroupe 7 entreprises représentant plus de 36 000 emplois, plus de 30 sites industriels,
17:55plus de 4 milliards de recherche et développement annuel en France.
17:59Et je vais donner, pour ouvrir ce chapitre, des chiffres sur le marché mondial du médicament.
18:05Est-ce que la France y représente ?
18:06La France, c'est environ 3% du marché mondial du médicament.
18:11Et c'est ça qui est peut-être le plus intéressant.
18:13Seulement 9% des nouveaux médicaments approuvés en Europe viennent de France,
18:18contre 24% en Allemagne.
18:20Alors, on va reprendre les deux chiffres.
18:21D'abord, quand on pèse 3% du marché mondial du médicament,
18:24est-ce que c'est inquiétant ?
18:28Un, et deux, est-ce que c'est suffisant pour peser dans les décisions d'investissement des grands limbeaux ?
18:34Alors, l'attractivité d'un pays, c'est pas que sur la taille de son marché, c'est important,
18:38mais c'est aussi sur les capacités de lancer rapidement sur un territoire.
18:44Ce que je vous expliquais tout à l'heure, sur la capacité de générer des données
18:47pour démontrer que ce programme marche en France,
18:49donc les autres pays devraient suivre.
18:51Donc, il y a un côté un peu leadership du pays qui est important.
18:54Aujourd'hui, on a beaucoup de compétences techniques en France,
18:56on a beaucoup d'expertise.
18:58Nous, on a fait le choix de ce pays-là historiquement,
19:00et on est très fiers, et on continue de le faire.
19:03Néanmoins, quand on a effectivement des...
19:05Moi, j'étais à Vitry, un des centres de R&D de Sanofi en France,
19:09je partageais avec un chercheur qui avait développé une molécule sur le cancer,
19:13molécule qui était disponible partout, mais pas en France.
19:16Son voisin était venu le voir exactement sur la pathologie qui concerne ce médicament,
19:22et en fait, il ne pouvait pas lui dire de le prendre en France,
19:24il ne pouvait pas avoir accès.
19:26Alors, bien sûr, on va me dire, c'est une question de délai, etc.
19:28Oui, mais quand vous avez deux ans d'attente
19:30entre la validation par l'Europe d'un médicament
19:33et sa mise à disposition en France
19:34versus même pas deux mois en Allemagne,
19:37vous n'êtes pas compétitif.
19:38Dans la course d'innovation...
19:40Ce décalage des 9% des nouveaux médicaments en France...
19:42Ça explique en partie ce décalage et la valorisation de l'innovation en France.
19:46Vous avez des prix des médicaments en France
19:47qui sont très nettement inférieurs à ceux de l'Europe.
19:50Vous ne seriez pas capable,
19:52si vous mettiez des prix français partout dans le monde,
19:54d'avoir de la R&D dans la pharma.
19:58Donc, quand on était dans un monde, je dirais, complètement ouvert,
20:02là, on est dans un monde qui est très différent.
20:03La Chine, les États-Unis sont des hyperpuissances
20:07qui voient le vieillissement de la population.
20:08Et par rapport à ça, eux se disent
20:10je veux contrôler cette chaîne de valeur sur mon territoire.
20:14Si vous avez un bloc européen qui est très faible
20:18et qui, je dirais, ne vise pas à créer un environnement compétitif
20:23qui permet de tirer sur l'innovation et la souveraineté,
20:26c'est-à-dire d'attirer plus de centres R&D
20:29et plus d'usines sur son territoire,
20:31qu'est-ce qui va se passer ?
20:33Les aimants vont fonctionner
20:34et petit à petit, notre filière va perdre en poids dans le monde.
20:37Et c'est comme ça qu'on s'est retrouvés à 9% des nouvelles molécules
20:40qui sont produites, je dirais, en France,
20:42alors que 24% en Allemagne.
20:44Que vous compreniez bien, c'est que le vie du médicament,
20:46vous faites le développement clinique
20:48et à peu près au milieu du développement clinique,
20:51c'est là où vous dites
20:52cette molécule, elle a beaucoup de chances de marcher.
20:54Je vous rappelle, une molécule, c'est 10 ans de développement,
20:571, 3 milliards d'euros de développement, de coûts.
21:01Quand vous êtes à peu près au milieu du chemin,
21:02là, vous vous dites, où est-ce que je vais produire cette molécule ?
21:07Où est-ce que je vais mettre en place les technologies ?
21:10Si à ce moment-là, vous avez un marché tout petit,
21:14vous avez une capacité de lancement plus tard,
21:17et en parallèle de ça, vous avez des mégapuissances qui vous disent,
21:20il faut absolument que vous ayez de l'empreinte industrielle chez nous,
21:24vous allez perdre en compétitivité, en capacité de décision.
21:27Donc, c'est ça qu'il faut changer.
21:29Aujourd'hui, je vois beaucoup, beaucoup de prises de conscience
21:31de ce que je vous dis.
21:32Tout le monde se rend compte, mais il n'y a pas d'actes pour l'instant.
21:35Alors, il y a quelques avancées
21:40que nous avons suggérées à travers ce syndicat,
21:42qui n'est pas d'ailleurs de 7 entreprises, mais 9.
21:44Il y a de nouvelles entreprises européennes qui nous rejoignent.
21:46Il y a quelques avancées dans la Corka,
21:48qui permettent, notamment, on a poussé l'idée d'un prix à 3 étages,
21:52donc un prix qui permet aussi de reconnaître,
21:55pas que la valeur clinique, mais la production en France,
21:58les centres R&D en France, les essais cliniques en France.
22:00Donc, on a quelques avancées, néanmoins, c'est un tout début.
22:04Qu'est-ce qu'il faudrait faire de plus
22:05pour que, justement, ce marché français reste attractif,
22:09qu'on continue d'y produire des médicaments innovants ?
22:10Je pense qu'il faut tout simplement se dire
22:14qu'il faut investir dans la souveraineté
22:17et c'est un investissement qui est immédiatement rentable.
22:19On a fait le calcul, ces 9 entreprises,
22:21on a regardé combien on coûtait à la Sécurité sociale
22:24et combien on rapportait à l'État.
22:26Alors, la Sécurité sociale nous achète à peu près 4 milliards de médicaments
22:31qui ont des bénéfices pour les patients
22:32ou qui ont des bénéfices pour le système de santé.
22:34Mais de l'autre côté, chaque année,
22:36on rapporte près de 8 milliards de charges patronales
22:41d'impôts sur les sociétés, etc.
22:43Donc, quand vous créez ce cercle vertueux,
22:46en fait, vous allez autofinancer votre système de santé.
22:50Tandis que si vous n'êtes que dans l'importation,
22:52vous n'avez que les 4 milliards de dépenses,
22:54vous n'avez pas les 8 milliards.
22:55Et pour moi, tout est très lié avec le vieillissement
22:58parce que si on veut ce vieillissement de la population,
23:02il y a plus de patients à soigner,
23:04il y a plus de personnes qui ont des maladies chroniques
23:07dans la société, c'est un fait.
23:10Pour financer ça, est-ce qu'on peut augmenter la dette ?
23:13Je crois que c'est fini.
23:15Est-ce qu'on peut augmenter l'impôt ?
23:17Bon, tout le monde va vous dire,
23:18et je ferai le premier à vous dire,
23:19on est le pays qui fiscalise le plus.
23:22Donc, finalement, la seule chose qui reste à faire,
23:27c'est d'augmenter l'assiette de l'impôt,
23:30de créer plus de richesses.
23:31De créer plus de richesses.
23:33Et pour créer plus de richesses, il faut produire plus.
23:36Il faut vraiment que la France, l'Europe,
23:38passe d'un réflexe de consommateur à producteur.
23:42Mais il y a quand même, je reviens à ce décalage
23:45entre la France et l'Allemagne.
23:46La réglementation européenne, elle est la même pour les deux pays.
23:49Donc, ça veut dire quoi ?
23:49Ça veut dire que nous, on empile des réglementations en plus, c'est ça ?
23:54Alors, on empile des réglementations en plus.
23:56Et puis, l'Allemagne a quand même, historiquement,
24:01sur la pharma, un peu moins de mal
24:03à avoir une vraie vision industrielle.
24:06Je parle au niveau étatique.
24:08Et du coup, par rapport aux grands équilibres
24:10qui ont changé dans les deux dernières années,
24:12on a vu l'Allemagne réagir sur un certain nombre de paramètres.
24:14Si vous avez des études cliniques avec 5% de patients en Allemagne,
24:20vous avez un processus accéléré en Allemagne.
24:23Alors, c'est ce qu'on a poussé aussi dans l'accord cadre
24:25et c'est ce qui commence à bouger un petit peu en France.
24:28Aujourd'hui, c'est beaucoup plus long en France qu'en Allemagne ?
24:29Ah oui.
24:31Pour l'étude clinique ?
24:32Alors, pour l'étude clinique, ça s'est aligné.
24:34D'accord.
24:34Mais pour le processus entre l'autorisation de mise sur le marché
24:37et la commercialisation, c'est un rapport à 1 à 10.
24:40De 1 à 10 ?
24:41De 1 à 10.
24:4250 jours, 500 jours.
24:4450 jours, 500 jours.
24:45C'est énorme.
24:46C'est énorme.
24:47Mais c'est un peu comme la prévention.
24:49Quand vous avez un pays qui a un niveau de déficit très élevé,
24:53qu'il y a un vieillissement de la population
24:54et qu'il va falloir soigner les Français,
24:55sinon il va falloir leur dire
24:57que vous vieillirez moins longtemps ou en moins bonne santé.
24:59Il y a un moment, ça va être une réalité.
25:03Il est impératif d'être le meilleur sur la prévention.
25:06Il est impératif d'être le meilleur sur la création de valeur
25:09parce que ça vous permettra de mieux financer votre système de santé.
25:13Ça, ce sont des constantes.
25:14Il n'y a pas besoin d'attendre une nouvelle majorité au Parlement.
25:18Il n'y a pas besoin d'attendre un nouveau programme pour le décider.
25:22Ça, ce sont des choses qui font beaucoup consensus.
25:25Donc, il faut avancer maintenant.
25:26Mais est-ce qu'on peut financer beaucoup plus de prévention,
25:30accélérer sur la prévention
25:31et garder le système de remboursement,
25:35des frais de santé,
25:38le fait que personne ne paye quand il rentre dans une pharmacie, etc.
25:42C'est vrai qu'après...
25:43Une fausse gratuité.
25:44Après 12 ans à l'étranger, je suis rentré en 2022 en France.
25:47Vous avez cet effet assez magique de la carte vitale
25:50qui rentre à la pharmacie
25:52et qui donne cette fausse impression que ça ne coûte pas.
25:56En fait, un médecin, une infirmier, un médicament,
26:00ils coûtent forcément.
26:01Et c'est quelque chose qu'il faut qu'on, collectivement,
26:05on ait conscience
26:07pour pouvoir, dans cette période budgétaire difficile,
26:11en tirer les conséquences pour chacun et chacune.
26:14Effectivement, c'est un acte de responsabilité.
26:16La prévention, c'est un acte de responsabilité.
26:19Quelqu'un qui n'est pas à l'heure de tous ces programmes de prévention,
26:22effectivement, il est un fardeau pour les autres,
26:26à terme, potentiellement.
26:28Donc ça, je pense qu'il faut quand même bien avoir conscience
26:30que cette responsabilisation, elle doit être très forte
26:33sur la prévention,
26:35sur les décisions sur les politiques publiques du médicament.
26:38Si on ne prend pas des décisions en faveur des médicaments innovants et souverains,
26:41en fait, le cercle vertueux de création de valeur sur lequel va s'inverser,
26:46il est déjà, on est déjà à un point bas.
26:49Il est temps de redémarrer.
26:51Ça veut dire, et on va terminer là-dessus,
26:53si Sanofi n'était pas une entreprise française à l'origine,
26:58elle produirait moins en France,
27:01elle innoverait moins en France ?
27:04Ce 3%, 30%, il est unique.
27:08Et vous regardez dans plein d'autres secteurs,
27:09j'écoutais Siemens, Lodjon, etc.
27:12Quand vous avez une histoire en France,
27:15forcément, vous avez un ratio différent.
27:16Si vous partez d'une feuille blanche, ce serait très différent.
27:18Par contre, moi, je suis convaincu que dans notre pays,
27:19on a tous les atouts, tous les atouts technologiques, scientifiques.
27:23Vous avez des partenariats, type OPSCC, par exemple,
27:27auxquels plusieurs laboratoires d'initiatives par map contribuent,
27:30où vous réunissez les cliniciens, Gustave Roussy,
27:35les start-up, pour aller plus vite sur la recherche.
27:38Ça, on a des centres d'expertise mondiaux.
27:40La question, c'est comment on continue,
27:45sur ce cercle d'expertise,
27:47à valoriser toute la chaîne de l'écosystème,
27:49plutôt que de se dire,
27:51en fait, on va faire des coups de rabot à court terme
27:52et on va tuer, quelque part,
27:56un système qui était plutôt vertueux.
27:58Merci beaucoup, Charles Wolf,
27:59et à bientôt sur Bsmart4Change.
28:02Merci à toutes et à tous de votre fidélité à la chaîne des affaires,
28:05à la chaîne des audacieuses et des audacieux.
28:07Je vous dis à très vite.
28:07Salut.
28:08Sous-titrage Société Radio-Canada
28:10Sous-titrage Société Radio-Canada
28:14Sous-titrage Société Radio-Canada
28:19Sous-titrage Société Radio-Canada

Recommandations