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d’Ursula von der Leyen et le nouveau cap affiché pour renforcer la compétitivité européenne. La question du prix de l’énergie et du pouvoir d’achat, alors que le risque de nouvelles mobilisations ressurgit. Et enfin, la remontée des taux d’intérêt, qui pèse sur le financement et les capacités d’investissement des entreprises. Trois sujets au cœur du débat économique, décryptés par Erwann Tison et Erwan Le Noan au micro de Sibylle Aoudjhane dans SMART ÉCO.
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00:04La semaine a été marquée par le discours de l'état de l'union d'Ursula von der Leyen, la
00:08présidente de la commission européenne, plaide pour une Europe plus forte, plus indépendante, plus compétitive.
00:14Dépendance énergétique, réindustrialisation, concurrence internationale, mais aussi pouvoir d'achat des ménages et capacité d'investissement des entreprises de l
00:23'échelle européenne à la réalité économique des français et de l'entreprise.
00:27Nous allons faire le tour des grandes actualités de la semaine avec mes deux invités. Erwann Tison, bonjour.
00:32Bonjour.
00:33Vous êtes directeur des études de l'Institut de l'entreprise. Erwann Lenouan, bonjour.
00:37Bonjour.
00:37Vous êtes fondateur d'Akako Stratégie.
00:41Exactement.
00:41Merci beaucoup.
00:42Deux Erwann présents.
00:45Alors Erwann Tison d'abord, qu'est-ce que vous avez pensé de ce discours ? Est-ce qu'il
00:50y a un changement de ton par rapport aux années précédentes ?
00:53Est-ce que ça traduit un réel changement de volonté de stratégie ? C'est vrai que l'indépendance européenne,
00:59on en entend quand même souvent parler, cette année, est-ce que vous avez trouvé que c'était un petit
01:03peu plus offensif ?
01:04Non. Non, pour plusieurs raisons. C'est parce qu'en fait, le gros problème, je pense, de la Commission aujourd
01:10'hui, c'est qu'elle est face à sa propre impuissance.
01:12Et c'est un pro-européen convaincu qui vous le dit. On voit bien que les polycrises que l'on
01:18traverse depuis 7-8 ans, malheureusement, on voit que la réponse européenne a quand même quelques difficultés.
01:25J'en veux pour preuve, par exemple, ce qui se passe aujourd'hui sur la question, par exemple, de l
01:29'énergie, le fondement même, en tout cas, de ce qui attaque à la fois la compétitivité de nos entreprises,
01:33mais aussi qui crée quelques tensions sociales dans les différents pays de l'Union européenne. Je pense qu'on en
01:37parlera après.
01:38On voit bien qu'on n'est pas capable d'avoir une réponse claire et uniforme, on va dire, homogène,
01:43parce que là-dessus, on a des politiques stratégiques qui sont très différentes.
01:46C'est pour ça, d'ailleurs, que vous avez tout un champ académique qui est assez intéressant, la plupart des
01:50économistes maintenant, qui réfléchissent à l'efficacité de l'Union européenne
01:53et qui se posent la question de, est-ce que, tout en gardant l'architecture politique à 27 et un
01:58marché commun, est-ce qu'il ne faudrait pas, en fait, avoir des pôles de compétitivité communs
02:03avec des régions qui seraient spécialisées sur telle et telle branche de la technologie, telle et telle branche de la
02:08chaîne de valeur,
02:09mais qui, de facto, accepteraient d'abandonner leur souveraineté sur les autres branches pour laisser les autres pays accentuer leurs
02:16avantages comparatifs dessus.
02:17Typiquement, ça pourrait faire de la France, par exemple, le pôle énergétique européen, ça pourrait faire des Pays-Bas et
02:22de l'Allemagne un pôle chimique européen,
02:25des pays du Sud plutôt un pôle agricole. C'est des questions qui se posent et, en fait, on peut
02:29avoir un durcissement de ton, aussi bien qu'on veut.
02:31Le problème, c'est que, d'ailleurs, les institutions ne suivent pas parce qu'elles n'ont pas été faites
02:33pour ça.
02:34L'Union européenne a été faite en temps de paix et, aujourd'hui, la paix étant, en tout cas d
02:38'un point de vue commercial, terminée,
02:39ou en tout cas toute relative, on voit bien que les institutions se heurtent, justement, à ce fonctionnement-là.
02:43Oui, parce que là, elle parlait de passer aux actes. Finalement, c'est toujours un mastodonte qui est presque impossible
02:49à bouger.
02:50Oui, et puis, vous savez, le dernier discours de l'Union de Mario Draghi, ce qui était intéressant, pardon, de
02:55M. Juncker,
02:55ce qui était intéressant, c'est qu'il appelait à, je pensais au prochain président de la Commission européenne, de
03:01M. Juncker,
03:02il disait à peu près exactement ce qu'il faut passer aux actes et, à la fin, il terminait en
03:06disant,
03:06maintenant, il faut en finir avec la règle de l'unanimité et passer par une règle de majorité qualifiée.
03:10C'était il y a plus de dix ans et rien n'a bougé depuis. Donc, on peut appeler, effectivement,
03:15aux actes.
03:15Malheureusement, en européenne ou ailleurs, la parole politique n'est pas forcément performative.
03:19Erwann Lenouan, du coup, Erwann, si on parlait d'énergie, ce serait quoi les grands handicaps de l'Europe aujourd
03:25'hui ?
03:28Je ne pense pas que ce soit par secteur. Je pense d'abord que là où je rejoins Erwann, c
03:32'est institutionnel.
03:33C'est-à-dire que la présidente de la Commission, moi, je ne suis pas complètement d'accord.
03:37Je trouve qu'il y a eu une petite inflexion. On est plus dans le volontarisme politique.
03:43Alors, je suis d'accord sur le fait que ça n'a absolument aucun effet. Mais il y a quand
03:48même, on sent un changement, une inflexion dans l'intonation quand même.
03:52Pour ce discours de cette année ?
03:53Je trouve et puis depuis quelques mois, en réalité. Mais le principal handicap de l'Union européenne, ça vient des
04:02institutions.
04:02Et pas tant des institutions à Bruxelles que de l'ensemble institutionnel.
04:07Vous savez, c'est cette fameuse citation qui dit que les dieux seraient des hommes qui déplorent les effets dont
04:14ils chérissent les causes.
04:15Et nous, on déplore notre impuissance. Mais on est les premiers à vouloir avoir 27 États qui, en réalité, comme
04:22le disait Erwann à l'instant, sont compétents chacun sur les mêmes politiques,
04:26on segmente leur marché, etc.
04:28On ne peut pas à la fois vouloir une Europe puissante et avoir une Europe segmentée, fragmentée.
04:34Et je ne parle même pas de fédéralisme. Mais juste, on parlait de Draghi, son rapport sur le marché unique.
04:43On n'a pas de marché unique des capitaux. On a un marché unique de l'innovation qui est lui
04:51-même en souffrance.
04:53Le vrai problème de l'Union européenne, pour moi, ce n'est pas un secteur en particulier.
04:58On pourrait reparler d'énergie, par exemple, si c'était votre question de départ.
05:00Mais c'est structurel. On ne peut pas être compétitif structurellement et après se pleurnicher en disant
05:07« Décidément, on ne pèse pas au niveau international ».
05:09Et ensuite, il faut d'abord être compétitif.
05:12Et effectivement, l'énergie, c'est un pôle essentiel pour la compétitivité.
05:16On le voit aujourd'hui. Mais on pourrait continuer et parler aussi d'IA, d'innovation technologique.
05:23C'est essentiel pour peser dans le monde de demain.
05:25On a l'impression que tout est essentiel quand même.
05:27Oui, mais la compétitivité, c'est essentiel.
05:30Sans compétitivité, on peut dire ce qu'on veut.
05:33En réalité, on entretiendra notre propre dépendance au monde entier.
05:37Aujourd'hui, on déplore d'avoir des géants américains et des géants chinois
05:43et nous, d'être les nains en manière technologique.
05:46Enfin, on est des nains parce qu'on ne sait pas donner les moyens d'être nous-mêmes des champions.
05:51Christine Lagarde, je crois, il y a deux ou trois jours a fait un discours en disant
05:54« Toute notre épargne, l'épargne des Européens sert à financer les champions technologiques américains ».
05:59C'est vrai parce qu'il n'y a pas de champions technologiques européens.
06:04Donc moi, je suis assez en faveur d'une politique de compétitivité radicalement offensive
06:09parce que c'est ça qui permet à une zone économique, quelle qu'elle soit, d'exister au niveau mondial
06:13et après de peser internationalement.
06:15J'en finis par là.
06:16Les Américains ou les Chinois, ils font la loi, et les Américains en particulier,
06:19parce qu'ils sont les premières puissances économiques.
06:21Qu'est-ce que vous avez pensé de ce nouveau membre associé à l'Union européenne, le Canada ?
06:26Est-ce que justement, ça permet de s'associer à d'autres pays pour faire encore un plus gros pôle
06:30pour contrebalancer avec la Chine et les États-Unis ?
06:33Vous le voyez comment ?
06:35Politiquement, je trouve que c'est intéressant.
06:36Vous posez des questions, vous deux.
06:37Oui, mais en tant qu'Erwan, je vais commencer.
06:40Mais je trouve que c'est intéressant parce qu'il y a une démarche politique qui est intéressante,
06:46de volonté, de...
06:48Qu'est-ce qu'elle met derrière cette...
06:49Enfin, qu'est-ce qu'on pourrait mettre derrière cette...
06:52Je pense que d'abord, aujourd'hui, il y a un signal...
06:54C'est vraiment le signal politique en disant qu'il reste quand même, dans le monde occidental,
06:59des pays qui sont attachés à l'état de droit, au commerce international libre, etc.
07:03Une fois qu'on a dit ça, je pense que tout ça reste assez vanessant
07:06parce que le premier travail à faire, ou la première alliance avec le Canada,
07:13c'est évidemment pas militaire, ça va être des questions économiques et commerciales
07:16et dès qu'on va...
07:17Si on accroît encore les échanges avec le Canada,
07:20la France sera probablement la des premiers pays à dire
07:22« Non, non, non, non, on ne veut pas de libre-échange,
07:24on veut bien quand même avoir les Canadiens pour emmerder les États-Unis,
07:26mais essayer de leur ouvrir notre business, on va quand même y réfléchir. »
07:30Oui, comme on l'a vu pour d'autres...
07:31Voilà, pour d'autres accords, donc c'est pas fait quand même.
07:33Non, c'est intéressant, ils ne sont pas rancuniers,
07:35parce que je me rappelle le débat au Parlement européen au moment du CETA
07:38qui était très virulent, où on disait qu'on allait importer de la viande canadienne
07:42qui était produite dans des conditions absolument déplorables,
07:46en faisant presque un sous-pays du tiers-monde,
07:48donc finalement, ils ne sont pas très rancuniers.
07:51En fait, ce qui intéresse, mais là aussi, c'est une bonne et mauvaise nouvelle,
07:54comme à chaque fois que l'Union européenne, c'est une bonne initiative,
07:57une bonne nouvelle, parce que quelque part, ça va un petit peu sur la coalition des non-alignés
08:02dont parlait justement le Premier ministre canadien il y a de ça un an,
08:05en se disant « nous, on choisit une troisième voie »,
08:08et donc il a été un petit peu ce leader-là au niveau mondial,
08:10justement en refusant à la fois la domination américaine et la domination chinoise.
08:14Mais si l'Union européenne est obligée de s'ouvrir à des pays
08:17qui sont justement non-alignés et en plus extra-atlantiques, j'ai envie de dire,
08:22c'est la preuve que toute seule, elle n'arrive pas non plus à peser.
08:25Donc dans ces cas-là, on acte.
08:27On acte effectivement le fait que l'Union européenne à 27, ça ne fonctionne pas.
08:30On essaye de faire soit une Union européenne à 8-10 pays
08:33qui seraient avec des pays volontaires européens et budgétairement sains
08:38et qui du coup décideraient de coopérer avec d'autres pays,
08:40ou alors on décide de faire un ensemble de 50-60.
08:43Mais là, ça se posera après d'autres questions,
08:45parce que le fait que l'Union européenne soit encore,
08:48même si en France, ça décroît quand même depuis quelques années,
08:51mais il y a quand même encore un sentiment europhobe très fort,
08:54c'est parce que l'Union européenne s'est avant tout fait de manière technocratique
08:58et après politique et ensuite monétaire et pas encore budgétaire.
09:02Et donc du coup, il y a ce manque quelque part de sentiment
09:04de partager un projet commun, au moins économiquement.
09:07Si on le fait avec des pays qui sont à l'autre bout du monde,
09:08et encore une fois, je pense que ça peut être une bonne idée dans certaines conditions,
09:11mais quid de l'acceptation effectivement des populations et des citoyens
09:16à un moment où les contraintes budgétaires font qu'on a des débats absolument ahurissants
09:21où on dit qu'il faut baisser la contribution de la France à l'Union européenne,
09:25sans voir derrière, en disant qu'en fait on est contributeur net,
09:28chose qui est complètement fausse,
09:29parce que ce qu'oublient de prendre la plupart du temps les politiques qui nous disent ça,
09:33c'est l'apport qu'a le marché unique, notamment d'un point de vue économique.
09:37Et quand on regarde, il y a plusieurs études qui ont été faites,
09:38il y en a une du CEPI, il y a France Stratégique qui a travaillé dessus,
09:40le Bruegel a beaucoup travaillé dessus aussi,
09:42Jean-Pizani Ferry a énormément travaillé dessus,
09:44il s'estime en fait que c'est 100 milliards d'euros par an
09:46qui sont gagnés justement par les Français grâce au marché unique et commun.
09:50Donc on peut le faire,
09:53mais il ne faut pas que ce soit uniquement une volonté politique
09:56voulue par des technocrates bruxellois,
10:03même si je ne veux pas le dire de manière péjorative,
10:06parce qu'il faut aussi que ça puisse se faire avec un vrai projet économique derrière,
10:09il ne faut pas que ce soit juste du symbole.
10:11Justement là, sur le volet énergétique,
10:14donc les prix qui augmentent énormément,
10:17est-ce que ça ravive un sentiment justement de cette technocratie,
10:20de ce sentiment très éloigné de l'Europe
10:22qui n'arrive pas à gérer une situation géopolitique
10:24et qui se répercute concrètement très facilement sur le porte-monnaie des Français ?
10:28En fait, on paye déjà 50 ans, voire 70 ans,
10:31de divergence stratégique d'un point de vue énergétique.
10:34Quand la France choisissait l'atome,
10:36les Allemands et les pays de l'Est continuent à choisir le charbon,
10:39puis après le gaz russe,
10:41quand d'autres pays se sont tournés très vite vers les ENR
10:43pour faire justement de leur avantage,
10:45notamment géographique ou climatique,
10:47un avantage énergétique.
10:49Donc on n'a eu absolument aucune politique commune énergétique.
10:52Il n'y a qu'à voir le mélodrame qu'il y a eu il y a quelques années,
10:55notamment sur la taxonomie européenne,
10:56où la plupart des pays européens,
10:58les Allemands en tête,
10:59voulaient exclure le nucléaire en disant que c'était une énergie.
11:02Et grâce à ça,
11:04il a quand même fait quelque chose de bien,
11:06Bruno Le Maire,
11:06on a réussi à inclure du coup le nucléaire dans cette taxonomie-là.
11:09Ce qui aurait été catastrophique sinon.
11:11Aujourd'hui,
11:12on a un marché européen de l'électricité,
11:14mais on n'a absolument pas de politique énergétique commune.
11:16Et ce qui fait qu'en fait,
11:17on a aujourd'hui la France qui objectivement
11:19a un avantage comparatif supérieur à tous les autres pays européens,
11:22grâce au nucléaire.
11:24Les pays du Nord aussi ont cet avantage-là qui est très intéressant.
11:27Mais là encore,
11:28ne profite pas à 100% de cet objectif-là,
11:31parce qu'il y a des réglementations,
11:32Erwin en parlera mieux que moi,
11:34mais il y a des réglementations européennes
11:35qui empêchent aussi la construction et le développement de certaines énergies.
11:38Et on est pris dans le marché européen de l'électricité
11:42qui fait que le coût marginal correspond au coût
11:44de la dernière unité centrale produite.
11:47Or, la dernière unité centrale produite,
11:49c'est du gaz.
11:49Et donc, mécaniquement,
11:50on a aujourd'hui une énergie qui est quasiment illimitée,
11:53presque gratuite,
11:54et qu'on est obligé de payer très cher,
11:55au prix de l'énergie polluante.
11:56Donc, on paye là, en fait,
11:59on paye les atermoiements de plus de 60 ans,
12:02en tout cas, d'hétérogénéité politique.
12:04Erwin, le moment,
12:05quand on entend déjà des grands titres qui parlent
12:07de gilets jaunes, etc.,
12:08est-ce que vous pensez que c'est quelque chose
12:11vers lequel on tend,
12:12ou on n'est pas du tout dans la même situation ?
12:13Parce qu'effectivement,
12:14ce n'est pas les mêmes causes.
12:16Alors, c'est évidemment,
12:17ce n'est partiellement pas les mêmes causes,
12:19parce qu'on a aidé ce qui avait...
12:25la colère des gilets jaunes,
12:29mais aujourd'hui,
12:30l'impact des variations des prix d'énergie
12:32est fort sur la consommation à la pompe à essence,
12:35parce qu'on a énormément de taxes sur l'essence.
12:37Donc, il y a quand même,
12:38là aussi, un point commun entre les deux.
12:42Honnêtement,
12:43je ne suis pas spécialiste de l'opinion,
12:45et encore moins des gilets jaunes.
12:47Ce que je pense,
12:48ce que je perçois,
12:49c'est que, de manière générale,
12:52on est quand même dans un moment politique
12:54où il y a un niveau d'exaspération
12:58au sein de l'opinion française,
13:00essentielle,
13:01enfin, probablement dans d'autres pays,
13:02mais là, parlons de la France,
13:03qui est une exaspération
13:05qui est à son paroxysme.
13:07Ça explique les sondages
13:08pour l'élection présidentielle.
13:10Il y a beaucoup de colère
13:12dans les votes populistes
13:14et d'inquiétudes.
13:15Et je pense que le discours politique
13:18ne perçoit pas assez
13:20le niveau de colère
13:21qu'il y a aujourd'hui
13:22dans l'opinion française,
13:24et l'absence de perspective sociale.
13:26On en parlait récemment
13:28avec Erwann
13:30sur l'absence de perspective salariale.
13:32Aujourd'hui,
13:32on est dans un pays
13:33où il y a peu de mobilité sociale,
13:36il y a peu d'opportunités
13:37de mobilité salariale,
13:40par exemple,
13:40et d'augmentation de salaire
13:41au sein tout au long de la carrière.
13:43Ça veut dire qu'à la fois,
13:45il est rationnel
13:46de ne pas faire d'efforts supplémentaires
13:48dans le travail
13:48parce qu'en fait,
13:49vous avez beau travailler beaucoup plus,
13:50ça ne va pas vous permettre
13:51de gagner beaucoup de...
13:52Ça ne va pas changer le cours.
14:06demain, honnêtement,
14:09je ne sais pas.
14:10Par contre,
14:10est-ce que la France
14:11est un état de tension
14:13où le moindre élément
14:14peut déclencher
14:15un mouvement social,
14:17une colère,
14:17et d'autant que
14:19certains partis politiques
14:20n'hésitent pas
14:20à rajouter de l'huile sur le feu
14:21dans la perspective
14:22de l'élection présidentielle ?
14:23Oui, je pense qu'on est
14:24dans un moment politique
14:25qui est très tendu
14:26et qui probablement
14:29rend les discussions
14:30budgétaires à venir
14:31bien complexes.
14:32Oui, c'est ça,
14:32parce que la suite,
14:33c'est que, bon,
14:34là, le Cornu parle
14:35de continuer les aides.
14:39Ça, c'est encore des choses
14:40qu'il faut décider ensuite
14:43comment mieux gérer
14:44ce PLF
14:45et quels plans
14:46on pourrait avoir.
14:48Quelle est votre vision
14:49là-dessus ?
14:50Est-ce que, voilà,
14:51plus d'aides
14:52ou alors retirer la fiscalité
14:54ou améliorer la fiscalité
14:55autour du carburant,
14:57des taxes sur le carburant ?
14:58Comment on voyait ça ?
14:59Moi, j'ai une vision
14:59très économique de la chose
15:01et qui est, du coup,
15:02très politiquement correcte
15:03et il ne faut absolument rien faire.
15:05Pour vous, il ne faut rien faire ?
15:06Il faut absolument rien faire.
15:06Pour plusieurs raisons.
15:07La première, budgétairement,
15:08on ne peut plus se le permettre.
15:09Le bouclet tarifaire qu'on a fait...
15:10C'est-à-dire ni aides
15:11ni moins de fiscalité ?
15:12Absolument pas.
15:13Premièrement,
15:14pour plusieurs raisons.
15:15Je vais m'expliquer.
15:16Il y a quand même une raison
15:16du machisme ou du sadisme.
15:19Le bouclet tarifaire,
15:20par exemple,
15:20qu'on a fait en 2022
15:21nous a coûté 75 milliards d'euros.
15:24Qui peut, aujourd'hui,
15:25parmi nos téléspectateurs,
15:26se dire de combien
15:27est-ce qu'il a bénéficié concrètement ?
15:28Déjà, ça a été complètement indolore
15:29et ce qui fait que, politiquement,
15:30ça n'a absolument pas été...
15:33Il n'y a pas eu de dividendes politiques
15:34par rapport à ça.
15:34Donc, en plus,
15:35sous tout ça,
15:35on accentue le ressentiment.
15:36Donc, premièrement,
15:37on est à l'os
15:38et on n'a pas les moyens
15:38de se le payer.
15:39Deuxièmement,
15:40et il faut le dire,
15:41c'est malheureux.
15:42Alors, maintenant,
15:42il fait un peu meilleur
15:43mais quand on aurait eu
15:44la même émission,
15:46je pense,
15:46en plein milieu de la canicule
15:47quand il faisait 45 degrés
15:48en plein Paris,
15:49il y a un impératif écologique
15:51qui fait qu'il faut,
15:52effectivement,
15:52qu'on sorte de la première source
15:54d'émission de CO2
15:55qui est le pétrole.
15:57Si on fait la somme,
15:58par exemple,
15:58de toutes les aides
15:59qui ont été données
16:00pour amortir le coût du pétrole,
16:02le coût de l'augmentation
16:02du pétrole et du gaz
16:03depuis 2018,
16:04on aurait,
16:05si on avait ventilé
16:06cette somme-là
16:07sur l'électrification
16:08des transports,
16:08on aurait électrifié
16:0980% des transports
16:10en France.
16:13On aurait protégé
16:14les Français,
16:15on aurait en tout cas
16:16rendu hermétique
16:16le pouvoir d'achat
16:18des Français
16:19aux soubresauts géopolitiques
16:20qui ont lieu
16:21à droite et à gauche.
16:22Troisièmement,
16:23il faut savoir
16:23que ce qu'on vit
16:23sur le pétrole aujourd'hui,
16:25quand vous écoutez
16:26les spécialistes de l'énergie,
16:27ils vous disent
16:27qu'en fait,
16:28ce n'est que le début.
16:29Pourquoi ?
16:29Parce qu'on est face
16:30à une ressource
16:30qui, même si on découvre
16:31de nouveaux gisements,
16:33se raréfie,
16:33mais là,
16:34se raréfie pour des raisons
16:35politiques.
16:35Vous avez l'Arabie saoudite,
16:37par exemple,
16:37qui veut réduire
16:38quelque part
16:43le nouvel OPEP,
16:44quelque part,
16:44et qui va décider
16:45demain des productions
16:46de pétrole.
16:47Donc, le pétrole
16:48va devenir un outil
16:50au service de la géopolitique.
16:51Donc, on se doit
16:51si, en plus,
16:52la plupart des partis...
16:54C'est ça que moi,
16:55je serais...
16:56Enfin, je ne comprends pas
16:57pourquoi est-ce que le RN
16:57et les Verts, par exemple,
16:58qui se disent
16:58à la fois écologistes
16:59et à la fois souverains,
17:00devraient demander
17:01une électrification
17:01de l'économie
17:03et de notre industrie
17:04et de notre mobilité.
17:05À la fois,
17:06on réduit notre empreinte carbone
17:08et à la fois,
17:09on retourne,
17:10on réaugmente
17:11la souveraineté française
17:12en matière nationale.
17:14Donc, on ne peut pas
17:16continuer dans ces politiques-là.
17:19Et malheureusement,
17:20plus on va subventionner,
17:22plus on va aider
17:22certains secteurs,
17:23enfin, plus on va aider
17:24massivement l'économie,
17:25plus, effectivement,
17:26on va augmenter
17:27à la fois notre dépendance
17:28au carbone
17:29et à la fois notre dépendance
17:30à l'étranger.
17:31Après, est-ce qu'il faut
17:32faire quelques mesures ?
17:33Peut-être, effectivement,
17:34quand vous avez
17:35certains témoignages...
17:35Oui, pour le pouvoir d'achat,
17:36du coup, ça ne passerait pas
17:36par le carburant.
17:38Non, ça ne passe pas
17:39par le carburant.
17:40Ça passe, encore une fois,
17:41si on a...
17:41Parce que c'est court-termisme,
17:42en fait.
17:42Exactement.
17:43Et à chaque fois
17:44qu'on peut en parler
17:44avec des politiques,
17:45ils nous disent
17:45oui, il faut répondre
17:46tout de suite.
17:46Le problème,
17:47c'est que ce court-termisme-là,
17:48depuis 2018,
17:49encore une fois,
17:49si on avait,
17:50depuis 2018,
17:51investi sur l'électrification
17:52des transports,
17:53on aurait 80% des transports
17:54pour la même somme.
17:55Et donc, du coup,
17:56on n'aurait plus ce débat-là.
17:57On ne se poserait plus
17:58cette question-là.
18:00Après, il faut peut-être
18:01faire des études,
18:01et ça, c'est aux politiques
18:02de se le dire,
18:03mais le vrai fond du problème,
18:04le vrai fond du problème.
18:05Quand on regarde,
18:06en fait,
18:06le carburant,
18:07aujourd'hui,
18:07il n'est pas si cher que ça.
18:09Il n'est pas si cher que ça
18:10quand on compare,
18:10par exemple,
18:11à leur travail.
18:12En 1970,
18:13et qui est également plus haut,
18:15en 1970,
18:15avec une heure de SMIC,
18:16vous vous payez,
18:17enfin,
18:18vous vous payez à peu près,
18:19si je ne dis pas de bêtises,
18:20c'était 2 litres,
18:21à peu près,
18:21d'essence.
18:22Aujourd'hui,
18:23vous en payez quasiment 7.
18:24Donc,
18:25il se trouve qu'en fait,
18:25mécaniquement,
18:26relativement,
18:27le pétrole,
18:28le diesel,
18:29coûte beaucoup moins cher.
18:30Qu'est-ce qui,
18:31par contre,
18:32alimente ce sentiment
18:33de déclassement ?
18:33Erwan l'a très bien dit,
18:34c'est le fait que les salaires,
18:35aujourd'hui,
18:36soient complètement à tonne.
18:37La croissance des salaires,
18:38le pouvoir d'achat,
18:38même,
18:39des salariés,
18:39est en baisse depuis 2019.
18:41On peut tout agir sur les salaires.
18:42Et comment est-ce qu'on agit
18:43sur les salaires ?
18:43Il n'y a qu'un seul moteur.
18:45Ça ne se joue pas à Bercy,
18:46ça ne se joue pas à l'Assemblée nationale,
18:47c'est la productivité.
18:49La productivité est intimement liée,
18:50c'est le premier moteur
18:51d'augmentation des salaires,
18:52c'est intimement lié
18:53à la prospérité d'une nation.
18:54Et comment est-ce qu'on retourne,
18:55on renoue avec un peu de productivité ?
18:57Erwan l'a dit avant,
18:58c'est la compétitivité.
18:59Donc c'est pour ça
18:59qu'on reboucle avec le premier sujet.
19:01Au lieu de vouloir avoir
19:02ce cirque politique
19:03qui fait la course
19:05un petit peu à l'échalote
19:06de l'aide ciblée,
19:07de la meilleure phrase,
19:08j'entendais encore hier
19:09un député qui disait
19:10qu'il fallait donner
19:11un chèque énergie de 500 euros
19:12à 6 millions de Français.
19:13On peut continuer
19:14dans cette dérive-là,
19:16mais tant qu'on continue
19:17justement à soigner
19:18une hémorragie
19:22alors que ce qu'il nous faut
19:23c'est un vrai garrot.
19:24Et malheureusement,
19:24on ne pense plus long terme
19:25et tant qu'on continuera
19:26de ne plus penser long terme,
19:27on ne se pensera plus
19:28comme un grand pays.
19:29Erwan Lenoy,
19:30du coup côté entreprise,
19:33à la hausse de l'énergie,
19:34s'ajoute aussi
19:35le taux auquel la France
19:36emprunte à 10 ans
19:37est monté autour de 4,5%.
19:39Est-ce que vous pouvez
19:40n'expliquer pourquoi
19:41est-ce que ça peut avoir
19:42un impact sur les entreprises ?
19:45Si on a une crise de la dette,
19:47vous voulez dire ?
19:48Tout à fait.
19:49Non mais en fait,
19:50tout simplement,
19:51comment est-ce que,
19:52voilà,
19:52comment est-ce que
19:52cette hausse des taux
19:54qui est donc plus macro,
19:55ça impacte une entreprise ?
19:57Je pense que
19:58avant même
20:01une éventuelle crise de la dette
20:03ou une augmentation des taux,
20:04aujourd'hui,
20:04ce qui pèse sur
20:05ce contexte
20:07autour de la dette française
20:08pèse sur les entreprises
20:09par ce que
20:11certains ont appelé
20:12l'impôt de l'incertitude.
20:14Aujourd'hui,
20:15il y a un tel niveau
20:16d'incertitude politique
20:17en France,
20:18un tel niveau
20:18sur la capacité du gouvernement
20:20à tenir ses finances publiques,
20:21quel que soit le gouvernement,
20:22compte tenu de la part
20:23de la majorité,
20:26enfin de la composition
20:27à l'Assemblée nationale,
20:28on ne sait pas
20:28ce que ça va donner,
20:29on ne sait pas non plus
20:30ce qu'il y aura
20:30l'année prochaine.
20:32Il y a une telle
20:33incertitude macroéconomique
20:35que les marchés
20:37et les analystes étrangers
20:38ou tous les gens
20:40qui nous prêtent
20:41gentiment de l'argent
20:43sont aujourd'hui inquiets
20:44de savoir
20:45ce que ça va donner
20:46et que ça conduit
20:48non seulement
20:49les entreprises
20:49à se retrouver
20:53dans un contexte
20:54d'absence de perspective,
20:56excusez-moi,
20:57où les différentes entreprises
21:00gèlent les projets,
21:01préfèrent attendre,
21:02avant même
21:04des impacts
21:05par les taux,
21:06des impacts
21:07de renchérissement
21:08du capital
21:10et de crise économique
21:12éventuelle
21:13ou budgétaire
21:14que personne ne souhaite
21:15mais qui arrive,
21:17les entreprises
21:18payent déjà
21:18aujourd'hui
21:19de plus en plus
21:20le coût
21:21de notre incapacité
21:22à tenir les finances publiques.
21:23Moi, je veux juste
21:24insister là-dessus,
21:24c'est qu'on a,
21:27depuis la dissolution
21:28de 2024,
21:30détruit de la valeur
21:31du simple fait
21:32de cette incertitude politique
21:33qui fait que
21:34les opérateurs étrangers
21:35souvent regardent la France
21:36en disant
21:37c'est trop compliqué,
21:38c'est trop incertain,
21:38on va aller investir ailleurs
21:39et que les opérateurs français
21:40eux-mêmes
21:41ralentissent leur activité.
21:43La première conséquence
21:45elle est là
21:46avant même
21:46qu'on ait...
21:47Avant même
21:48qu'il y ait une conséquence
21:48structurelle
21:49et de plus
21:49qu'il y ait une conséquence...
21:50Erwan n'est plus économiste
21:52que moi
21:52mais je crois
21:53que la première conséquence
21:56elle est là.
21:57Erwan parle d'or,
21:58il y a effectivement
21:59un environnement
22:01global
22:01qui fait que
22:04effectivement
22:04les entreprises
22:05se retrouvent
22:06dans une situation
22:07il n'y a pas pire
22:08que l'incertitude
22:08pour une entreprise.
22:09Quand vous avez
22:10conscience du danger,
22:11quand le danger est réel,
22:12vous pouvez le pricer,
22:13vous pouvez l'anticiper.
22:14Quand le danger est flou,
22:15c'est compliqué
22:15de pouvoir l'anticiper
22:16au mieux.
22:16Même si les entrepreneurs
22:17le font
22:18et je trouve
22:18d'une manière assez admirable
22:19parfois ça pose des questions
22:20sur leur santé mentale
22:21quand on voit leur volonté
22:23à toute épreuve
22:24et leur volontarisme
22:24et leur optimisme
22:25à toute épreuve.
22:26Pour revenir sur votre question
22:27sur l'OAT,
22:27il faut savoir que
22:29c'est je pense
22:31le signal le plus inquiétant
22:32aujourd'hui
22:33pour l'économie française
22:34à court terme.
22:35A long terme,
22:35il y a eu les résultats
22:36PISA la semaine dernière
22:37mais à court terme
22:37c'est le...
22:38Pourquoi ?
22:39Parce que concrètement
22:39qu'est-ce que ça signifie
22:40une augmentation
22:41de 0 à 1 point de l'OAT ?
22:430 à 1 point d'hause
22:45de l'OAT
22:45ça signifie
22:46ce qu'on appelle
22:4710 points de base
22:47ça signifie
22:48une chose déjà
22:49pour les entreprises
22:50c'est qu'elles vont emprunter
22:51à 8 points de base
22:52supplémentaires
22:52pour n'importe quel prêt
22:53dans les 8 semaines.
22:54C'est-à-dire
22:55dans les 8 semaines
22:55le taux de contagion
22:56c'est 8 semaines.
22:57C'est-à-dire que pour une entreprise
22:58qui avait par exemple
22:59des projets d'investissement
23:01en janvier prochain
23:03cette hausse qu'on observe aujourd'hui
23:04et qui est quand même phénoménale
23:05depuis fin août
23:06on a pris 50 points de base
23:08depuis fin août
23:09alors qu'on avait mis un an
23:10à gagner les 50 derniers points de base
23:12et il y a beaucoup d'analystes
23:13qui vous disent
23:13qu'on sera à plus de 5 pour Noël
23:15donc c'est un joli cadeau
23:16on va dire
23:16donc premièrement
23:17c'est ces coûts d'investissement
23:19qui sont très élevés
23:20deuxièmement
23:20une entreprise peut difficilement emprunter
23:22en dessous de l'OAT
23:23en dessous de la nation
23:24qui l'héberge
23:24et donc du coup mécaniquement
23:26quand c'est à 4,5%
23:28pour une nation
23:29pour une entreprise
23:30ça va être 5,5%
23:31ce qui signifie que
23:32pour pouvoir avoir
23:33des projets d'investissement
23:34qui soient viables
23:35il faut que le taux de rentabilité
23:36soit supérieur à ce taux d'intérêt
23:37sinon tout simplement
23:39vous n'avez aucun intérêt à investir
23:40et aucune banque
23:41va vous proposer d'investir
23:42et des projets d'investissement
23:44là je me retourne vers
23:45Alwane qui connaissait mieux que moi
23:46mais des projets d'investissement
23:47à 6% de rentabilité
23:49à moyen terme
23:50c'est assez compliqué
23:52deuxièmement
23:52il y a une autre contagion
23:53pour l'économie
23:56pour les entreprises
23:57de manière indirecte
23:58c'est celui du logement
23:59il faut savoir
24:00de manière très concrète
24:01que 10%
24:02d'augmentation
24:02de points de base
24:03enfin d'augmentation
24:04pardon
24:04de 10% de points de base
24:05c'est environ
24:062000 euros
24:07de perte de pouvoir d'achat immobilier
24:09concrètement
24:09les 120 points de base
24:10qu'on a connus
24:11en l'espace d'un an
24:12signifie que
24:13entre septembre 2025
24:14et septembre 2026
24:15un couple
24:16au salaire moyen
24:17qui voulait acheter
24:17son appartement
24:18en centre-ville
24:19il a perdu l'équivalent
24:20de 25 000 euros
24:21de pouvoir d'achat
24:22au même revenu
24:23exactement
24:23donc 25 000 euros
24:24c'est environ une pièce
24:26une demi-pièce
24:27quand vous êtes dans une ville
24:28de sous-préfecture
24:30concrètement
24:30c'est un enfant en moins
24:31et donc du coup
24:31c'est la croissance potentielle en moins
24:33sans qu'il n'ait absolument
24:35rien fait
24:35en termes salariales
24:36c'est-à-dire
24:37ils n'ont pas perdu de salaire
24:38ils n'ont pas perdu de caution
24:39ils n'ont pas perdu de patrimoine
24:40juste par la hausse mécanique des taux
24:42et cette hausse mécanique des taux
24:43dernier point
24:44elle est mondiale
24:45tout le marché obligataire
24:48est vraiment mondial
24:48les hausses sont absolument partout
24:49pour plusieurs raisons
24:50parce que vous avez la tech
24:51qui notamment tropique
24:53qui crame énormément de cash
24:54et du coup qui appelle
24:55énormément d'investissements
24:56vous avez le choix
24:57entre investir 1000 euros
24:58vous choisissez un état
24:59en faillite
25:00enfin un fortement endetté
25:01ou alors une entreprise
25:02qui vous promet l'avenir
25:03c'est vite vu
25:03mais quand on regarde
25:05le marché obligataire
25:06il monte partout
25:06mais il monte beaucoup plus
25:07en France qu'ailleurs
25:08le spread
25:09c'est-à-dire la différence
25:10entre le taux français
25:10et le taux allemand
25:11il a pris 100 points de base
25:12un point de pourcentage
25:14et donc ça veut dire
25:15que dans cet environnement
25:16où il y a une
25:18on va dire une aversion
25:19pour la dette publique
25:20la France fait encore moins rêver
25:22que les autres pays
25:22et ça ça pose des petits soucis
25:23pour l'avenir
25:24Erwin Lenouin
25:25vous avez une minute
25:26et donc vous publiez
25:27vous co-signez ce matin
25:28une tribune
25:29qui s'appelle
25:30par le groupe collectif
25:31Trop c'est trop
25:32alors que c'est vrai
25:33qu'on avait
25:33le Premier ministre
25:35il disait qu'il n'y aurait
25:36pas de hausse d'impôts
25:37etc.
25:37mais c'est vrai qu'il y a
25:38une énorme hausse
25:38enfin une pression
25:39sur les entreprises
25:40en 2027
25:41quelle est la substantifique
25:42moelle de cette tribune
25:44on vient de publier
25:45alors une étude
25:46trop c'est trop
25:47sur la contribution
25:48des entreprises
25:48à laquelle Erwin
25:49a contribué
25:51ce qu'on montre
25:52c'est que les entreprises
25:53financent le modèle
25:54social français
25:55entendu au sens large
25:56à hauteur de 1,5 milliard
25:58d'euros
25:58chaque jour
25:59chaque jour
26:01calendaire
26:01les entreprises
26:02payent 1,5 milliard
26:03d'euros
26:03ça veut dire quoi ?
26:04ça veut dire qu'elles contribuent
26:05énormément au modèle
26:06social français
26:08donc on pense
26:10qu'elles sont en droit
26:11en échange
26:11de demander un peu
26:13d'efficacité
26:13dans les dépenses publiques
26:14et surtout
26:15que si on les fragilise
26:16encore en essayant
26:18de les essorer
26:18dans le PLF
26:19qui arrive
26:19c'est aussi tout ce modèle
26:20qu'on va mettre à terre
26:21c'est-à-dire
26:22les progressions salariales
26:24l'emploi
26:24l'investissement
26:25ça rejoint ce qu'on disait
26:26tout à l'heure
26:26mais je pense qu'il faut
26:27comprendre qu'on est
26:27dans un moment
26:28peu économique
26:29et donc politique
26:30qui est quand même
26:30extrêmement tendu
26:31et que ce serait bien
26:33que chacun prenne
26:33ses responsabilités
26:34notamment nos décideurs
26:35politiques
26:35Merci beaucoup
26:37Erwann Lenouan
26:37je rappelle fondateur
26:39d'ACA Stratégie
26:40Erwann Tison
26:41directeur des études
26:42de l'Institut de l'Entreprise
26:43merci à tous les deux
26:44d'avoir participé
26:46au grand débat
26:46éco de la semaine
26:47et merci à vous tous
26:48et à tous
26:48de nous avoir suivis
26:49c'était Smartéco
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