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  • il y a 15 minutes
Christophe Périllat, directeur général de Valeo, était l'invité de Brigitte Boucher dans Good Morning Business, ce jeudi 17 septembre. Ils sont revenus sur la manière dont les équipementiers font face à la croissance des concurrents chinois, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Avec Christophe Perilla, directeur général de Valeo, bonjour.
00:03Merci d'être avec nous ce matin.
00:04Les équipes mentiers doivent faire face à une montée en croissance,
00:07à une concurrence très forte de la Chine.
00:0969% des équipes mentiers européens étaient confrontés à un concurrent chinois au printemps,
00:13contre 57% un an plus tôt.
00:15Et les constructeurs chinois détiennent 10% de parts de marché en Europe.
00:19Face à cette poussée, vous vous dites qu'il faut adopter des mesures protectionnistes.
00:23C'est le sens de la tribune, des tribunes que vous avez publiées,
00:27notamment dans les échos où vous le titrez, il est minu moins 5.
00:32Oui, on pense qu'il faut défendre les emplois européens,
00:36de la même manière que les autres régions du monde se défendent.
00:41Une voiture vendue en Amérique du Nord, elle doit avoir 70% de contenu local.
00:46Une voiture vendue en Inde, elle doit avoir 80% de contenu local.
00:51L'ensemble des acteurs de l'industrie automobile ont été incités à se localiser en Chine.
00:56depuis 30 ans.
00:58Donc une voiture qui est vendue en Europe, elle doit être assemblée en Europe,
01:02avec des composants qui viennent principalement d'Europe.
01:06Ce n'est pas le mot protectionnisme que j'utilise.
01:09J'utilise le terme de réciprocité, vous l'avez compris.
01:11Chaque région du monde incite son industrie automobile à être locale.
01:17Je pense que l'Europe doit avoir une industrie automobile forte et locale.
01:22Et le curseur, vous le mettez à 75% ?
01:25Le curseur, c'est assez simple comme équation.
01:30Aujourd'hui, l'industrie automobile européenne ne s'est pas délocalisée.
01:34Elle est toujours en Europe et elle est à 75% en Europe.
01:3775% de la valeur d'une voiture aujourd'hui européenne est en Europe.
01:41Donc si vous mettez le curseur au-dessus de 75%, vous avez de la relocalisation.
01:47Si vous mettez le curseur en dessous de 75%, vous avez de la délocalisation.
01:52C'est aussi simple que ça.
01:53Donc nous, on plaide au minimum pour le statut quo par rapport à la situation actuelle, c'est-à-dire
01:5875%.
01:59Et alors, le Parlement européen va dans votre sens ?
02:02Alors, le projet émis par la Commission européenne il y a quelques mois, c'est 70%.
02:07Et la version du Parlement européen, en tout cas des rapporteurs du texte au Parlement européen qui est sorti il
02:13y a quelques jours, dit 75%.
02:16Donc le Parlement, on a l'impression qu'il cherche plutôt à durcir le texte, en tout cas durcir, c
02:23'est-à-dire faire en sorte qu'il y ait plus de localisation en Europe, ce qui est une bonne
02:28chose.
02:28On verra ce que seront les décisions et les arbitrages finaux.
02:33Est-ce que le risque, ce n'est pas de renchérir les voitures françaises et européennes et de permettre à
02:39côté de ça à la Chine, elle, de rester compétitive ?
02:42C'est une question qu'on oppose tout le temps, on va dire, au « made in Europe ».
02:47Après, il faut décider ce qu'on veut.
02:49Est-ce qu'on veut des emplois européens ou est-ce qu'on veut tout acheter de régions du monde
02:54où il y a une plus forte compétitivité ?
02:57Est-ce qu'on a perdu la bataille ?
02:59Non, on n'a pas perdu la bataille, mais je vous donne un chiffre.
03:02L'Europe est 30% moins compétitive que la Chine.
03:05Pourquoi ? Parce qu'il y a 5 ans de déflation successive en Chine et 5 ans d'inflation en
03:13Europe.
03:14Au final, les coûts ont divergé de 30%.
03:17Après, on peut décider de tout acheter de certaines régions du monde ou d'essayer de produire en Europe.
03:23Si le curseur est mis à 75%, c'est le statut quo.
03:26Donc, vous ne renchérissez pas le prix de la voiture.
03:29Vous le gardez là où il est.
03:30On voit bien que la Chine, elle gagne des parts de marché.
03:33Elle investit le marché français, le marché européen.
03:37Donc, on est quand même en mauvaise posture.
03:39Donc, les constructeurs chinois, il faut les inciter à produire en Europe.
03:42Les équipementés chinois, qui sont nos compétiteurs, on se bat contre eux en Chine.
03:46On est présent en Chine.
03:47Il faut aussi les inciter à venir en Europe.
03:50L'Europe n'est pas un territoire fermé.
03:52Souvent, ils assemblent en Europe, mais ils ont des composants qui viennent de Chine.
03:56Ils n'assemblent pas en Europe.
03:57Aujourd'hui, ce sont des véhicules qui sont principalement importés de Chine.
04:01Et donc, tout l'enjeu, c'est de faire en sorte que les emplois soient des emplois qui soient européens.
04:06Donc, il ne s'agit pas d'être protectionniste des entreprises, aujourd'hui, qui sont situées en Europe.
04:14Il s'agit simplement d'inciter ceux qui veulent vendre des voitures en Europe,
04:19ceux qui veulent commercer en Europe.
04:22Il faut les inciter à produire en Europe.
04:24Ça s'appelle le Made in Europe.
04:26Et encore une fois, c'est ce que font l'ensemble des autres régions du monde.
04:31Il s'agit simplement de faire en Europe ce que les autres font.
04:34Ça s'appelle de la réciprocité.
04:36Ça s'appelle ne pas être naïf.
04:37Ça s'appelle avoir une Europe qui défend les industriels et qui ne défend pas seulement les consommateurs.
04:44Avec la concurrence chinoise, est-ce qu'il n'y a pas un côté un peu schizophrénique de votre part
04:47?
04:48Parce qu'aujourd'hui, 53% des ventes de valeaux sont réalisées auprès des constructeurs chinois.
04:51Contre 50% un an plus tôt, votre principal moteur de croissance géographique, c'est la Chine.
04:56Alors, 53% des ventes de valeaux avec les constructeurs chinois en Chine.
05:00Pas dans le monde.
05:02Oui, bien sûr, le marché chinois est très important.
05:04Nous, on est arrivé il y a 30 ans, on s'est localisé en Chine.
05:09Nous, on défend un business qui est un business automobile qui est local.
05:13Nous, on est européens en Europe et on est chinois en Chine.
05:17Et puis, on est nord-américains en Amérique du Nord.
05:19On est indien en Inde.
05:20C'est ça la logique de valeaux, c'est ça la logique de l'industrie automobile, être local.
05:25Donc, on est implanté en Chine pour le marché chinois et on se bat contre les compétiteurs locaux.
05:31On est implanté en Europe et on se bat contre les compétiteurs européens pour le marché européen.
05:37Donc, les marchés sont des marchés qui sont finalement des marchés où on opère de manière locale.
05:43Il y a trois quarts des équipementiers qui anticipent un ralentissement de leur capacité de production.
05:47Est-ce que vous allez échapper, vous, valeaux, à cette statistique ?
05:51On a annoncé le retour de la croissance pour 2027 parce qu'on est porté par nos technologies.
05:56Voilà, vous avez une transformation incroyable de la voiture qui devient électrifiée,
05:59elle devient autonome, elle devient logicielle.
06:02Et ça, ça porte les technologies de valeaux.
06:05Donc, il y a de plus en plus de valeaux dans une voiture.
06:07Et donc, on annonce, on est confiant sur le retour de la croissance de valeaux à partir de l'année
06:13prochaine.
06:14Retour de la croissance partout dans le monde et en particulier en Europe.
06:17Et ça, ça nous aidera.
06:18Il y a aussi beaucoup d'IA dans vos logiciels, dans vos capteurs.
06:22Ça oblige, j'imagine, à beaucoup d'investissements.
06:24Les taux d'intérêt qui augmentent, c'est un frein pour vous ?
06:29C'est un renchérissement de nos frais financiers.
06:32Donc, on est très attentif à la dette et à la réduction de la dette.
06:36Et à ce titre, on a eu au premier semestre une belle réduction de notre dette.
06:40Et on va continuer dans cette direction-là.
06:42Oui, la maîtrise des frais financiers pour une entreprise comme pour un État.
06:45Donc, vous anticipez des résultats qui seront plutôt porteurs pour cette année ?
06:51Alors, ils ont été bons au premier semestre.
06:53On a vraiment eu des résultats qui ont été d'ailleurs salués par la Bourse.
06:56Et on a annoncé la confirmation de tous nos objectifs pour cette année,
07:01qui sera une nouvelle année de progression des résultats financiers de Valeo.
07:05Vous n'êtes pas trop dépendant technologiquement de NVIDIA, de Google ?
07:09Vous arrivez à garder cette forme d'indépendance qui est aussi une question de souveraineté ?
07:13En fait, on est très complémentaire.
07:16C'est-à-dire qu'on embarque dans nos produits, en particulier, vous faites allusion à des logiciels ou à
07:21des puces.
07:22On les embarque dans des calculateurs, des gros ordinateurs que nous développons, que nous produisons.
07:28Et qui embarque leur technologie et les nôtres.
07:32Donc, on met des bouts de logiciels de ces sociétés que vous citez.
07:36On met des bouts de logiciels développés par Valeo.
07:39Et on assemble tout ça.
07:41Et on gère pour nos clients cette capacité à produire des gros calculateurs
07:46à partir d'un écosystème avec du Valeo dedans et des morceaux qui viennent d'autres partenaires.
07:52En tant que chef d'entreprise, qu'est-ce que vous attendez du ou de la prochaine locataire de l
07:57'Elysée ?
07:58Qu'est-ce qui pénalise aujourd'hui, selon vous, l'industrie automobile française ?
08:04D'abord, je constate qu'il y a une forme de consensus sur la réindustrialisation.
08:09Tout le monde parle de réindustrialisation.
08:11Alors, pour réindustrialiser, après, il faut passer la déclaration d'intention à des mesures, on va dire, concrètes.
08:19Il faut d'une part une forme de protection européenne made in Europe.
08:27On en a parlé au début de cet entretien.
08:29Et puis, il faut de la compétitivité.
08:31Je crois que vous l'avez dit au début de votre entretien.
08:34On est face sur chaque appel d'offres de Valeo.
08:37On a des compétiteurs d'Inde, de Corée, du Japon, d'Allemagne, de Chine, qui sont en compétition avec nous.
08:46Donc, la compétitivité, ce n'est pas un gros mot.
08:49La compétitivité, c'est le travail quotidien des entreprises.
08:52Et il y a le travail que fait l'entreprise elle-même pour avoir les meilleures usines, les unes les
08:57plus efficaces.
08:58Et puis, il y a les coûts, les impôts, les taxes.
09:02Je rappelle l'équation de Valeo.
09:06La France, c'est 12% de nos effectifs.
09:08C'est 35% de nos charges sociales mondiales.
09:11OK, le message est passé.
09:12Merci à vous, Christophe Perilla, d'avoir été notre invité ce matin, directeur général de Valeo.
09:18Merci à vous.
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