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Dans son discours sur l’état de l’Union, le mercredi 16 septembre, Ursula von der Leyen a lancé un avertissement sur les relations commerciales entre l’Europe et la Chine. Le déficit commercial de l’UE avec la Chine se creuse. Un déséquilibre qu’elle juge "insoutenable". Elle pointe les dépendances de l’Europe, notamment dans certains secteurs stratégiques, mais appelle dans le même temps à continuer à travailler avec Pékin pour trouver des solutions. Alors, la Chine est-elle aujourd’hui avant tout un concurrent dont l’Europe doit se protéger, ou un partenaire dont elle peut encore tirer parti ?

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00:04Dans son discours sur l'état de l'Union, Ursula von der Leyen a lancé un avertissement sur les relations
00:09commerciales entre l'Europe et la Chine.
00:12Un déficit commercial européen avec la Chine atteint désormais 1 milliard d'euros par jour, un déséquilibre qu'elle juge
00:19insoutenable et qui contribuerait selon elle à la désindustrialisation européenne.
00:23Elle pointe nos dépendances mais dans le même temps, elle appelle à continuer à travailler avec Pékin pour trouver des
00:29solutions.
00:31Alors la Chine est-elle aujourd'hui un concurrent dont l'Europe doit se protéger ou un partenaire dont elle
00:36peut encore tirer parti ?
00:37Pour en parler, je suis ravie d'être entourée par Chunyan Li de FEDA Consulting qui nous rejoint en visioconférence.
00:46Merci beaucoup d'être avec nous.
00:48Bonjour, merci à vous.
00:49Sandrine Zerby, vous êtes toujours avec nous. Vous êtes fondatrice de ZW Conseil et co-autrice de Danse avec les
00:55Dragons aux éditions d'UNO.
00:57Merci d'être encore avec nous.
00:58Chunyan, je me tourne tout d'abord vers vous.
01:02Comme je le disais, Ursula von der Leyen, dresse aujourd'hui un constat assez sévère.
01:07Est-ce que l'Europe pour vous se trompe lorsqu'elle regarde de plus en plus la Chine comme un
01:12risque économique dont il faudrait se protéger ?
01:17Tout d'abord, il est vrai que les relations commerciales et les relations en sens général deviennent plus complexes entre
01:25la Chine et l'Europe.
01:26Mais je pense qu'il faudrait prendre un peu de recul et regarder la Chine d'un point de vue
01:35plus équilibré.
01:36Par exemple, il serait un peu simpliste de dire que le choc chinois a causé la désindustrialisation européenne parce que
01:46les raisons sont multiples.
01:48Et d'ailleurs, tout au début, c'était les entreprises européennes qui ont pris l'initiative de déplacer leurs usines
01:57en Chine pour des raisons liées au coût du travail,
01:59à la productivité, à la chaîne d'approvisionnement, etc.
02:04Voilà, donc je pense qu'aujourd'hui, il est vrai qu'on se trouve face à une situation plus complexe.
02:11Mais l'état d'esprit compte beaucoup pour moi.
02:15Comme le dit un fameux proverbe chinois,
02:18on va chercher un terrain d'entente tout en conservant ces différences.
02:22Il serait tout à fait possible d'identifier les domaines où l'Europe et la Chine peuvent coopérer et trouver
02:30des synergies et une situation gagnant-gagnant.
02:35Là, qu'est-ce que vous ressentez ?
02:36Vous sentez que l'état d'esprit est plutôt ouvert ?
02:41Moi, je pense que, de ce que j'ai ressenti ces dernières années,
02:46j'ai l'impression que l'état d'esprit européen reste quand même un peu conservateur face à la Chine.
02:52D'ailleurs, il y a beaucoup de manque de compréhension, en fait, face à la Chine.
02:58Parfois, c'est aussi pareil dans l'autre sens.
03:01Et on considère souvent la Chine comme un concurrent ou un rival systémique.
03:09C'est le terme utilisé par la Commission européenne.
03:13Tandis que, dans l'autre sens, la Chine n'a jamais qualifié l'Union européenne de rival systémique.
03:22Oui, effectivement, c'est déséquilibré.
03:26Sandrine, je me tourne vers vous, justement, sur cette désindustrialisation.
03:30Est-ce que, pour vous, cette inquiétude européenne est justifiée ?
03:34Moi, j'ai l'impression, malgré tout, que le diagnostic qui est fait dans le discours de Van der Leyen,
03:40il n'est pas faux.
03:41Il n'est pas faux.
03:42Alors, parfois, il est un peu court, en ce sens que les mille milliards par jour...
03:47Le milliard par jour, il ne faut pas exagérer.
03:48Le milliard par jour, le mille milliards ou 1200 milliards par an,
03:53c'est... ou 360, en fait.
03:55C'est un mix de plein de choses, en fait.
03:59Il y a à la fois, d'abord, ce qui est produit par des entreprises occidentales
04:03et réexporté vers l'Occident, mais qui sont des entreprises occidentales basées en Chine.
04:08Il y a le résultat de la première, enfin, du soi-disant premier choc chinois,
04:13c'est-à-dire de la délocalisation voulue et organisée par les entreprises occidentales.
04:19Et puis, il y a effectivement ce qui est le produit plus du deuxième choc chinois,
04:24et donc qui est plus dans les domaines plus avancés, dans la tech, dans les véhicules électriques, etc.
04:30Et tout mélanger, c'est déjà... et tout mettre dans un même grand paquet,
04:34c'est déjà, en fait, se priver de finesse dans la réaction, voilà.
04:40Dans l'analyse et... enfin, à la fois dans le diagnostic, mais aussi dans la réaction et qu'est-ce
04:44qu'on doit faire.
04:45Donc ça, c'est un premier point que je ferai.
04:48Effectivement, là, je rejoins Thuniani, c'est-à-dire qu'il faut faire le diagnostic de façon honnête
04:55en disant que le gros de la désindustrialisation en Europe a été souhaité,
05:01et elle est la résultante, en fait, de ce qu'on a fait.
05:03La conséquence de nos politiques aussi.
05:05La conséquence, ça ne veut pas dire qu'il faut battre sa coupe jusqu'à la fin des temps.
05:08Mais ça veut dire que...
05:08C'est une propre faiblesse européenne.
05:09Ben voilà, il faut regarder nos faiblesses pour les adresser, comme on dira en anglais,
05:15et il faut effectivement reconstruire.
05:17Et cette phase de reconstruction, enfin, je sais qu'il y a une autre partie de discours à venir,
05:21mais cette phase de reconstruction, elle est largement aussi importante que toute la partie protection.
05:29Donc ça, je pense que c'est vraiment un point sur lequel il faut insister.
05:33Et puis, en termes de ton, je pense qu'on a...
05:36Ce n'est pas du tout dans notre intérêt d'aller dans la surenchère.
05:39D'abord, parce qu'on n'a souvent pas les moyens à proportion de ce qu'on dit.
05:43Donc, il vaut mieux dire des choses qu'on peut faire.
05:46Et la surenchère ne permettra pas un dialogue serein qui nous permet de trouver des solutions constructives, en fait.
05:53Alors, la thèse vraiment de votre livre « Danse avec les dragons », c'est que les entreprises chinoises peuvent
05:58être un levier pour les entreprises européennes.
06:01Est-ce que dans ce développement, dans cette réindustrialisation, en quoi est-ce que, justement, mieux travailler avec la Chine
06:07peut nous permettre, finalement, de réindustrialiser en Europe ?
06:10Alors, justement, parce qu'aujourd'hui, il y a des capacités qui ont été développées en Chine qui n'existent
06:17pas ou plus en Europe.
06:21Et que pour accélérer la reconstruction industrielle, en particulier, qui est une nécessité absolue, en fait, je pense qu'on
06:29aurait intérêt, à partir du moment où c'est correctement structuré,
06:33où il y a les bons garde-fous, où on a mis en place les règles qu'il faut, on
06:36aurait intérêt, effectivement, à coopérer, non pas en important des produits,
06:40mais vraiment à coopérer avec des entreprises chinoises implantées en Europe selon certaines règles particulières pour accélérer la montée en
06:52compétences de tout ce qui nous manque.
06:54Et la montée en compétences, ce n'est pas que la technologie. Il faut être très, très prudent. La technologie,
06:59ça devient obsolète, ça se licencie, ça s'achète.
07:02C'est vraiment tout le reste. C'est tous les savoir-faire qui tournent autour d'un hub industriel.
07:06Et ça, ça se matérialiserait tout simplement par des investissements chinois, en fait, en Europe ?
07:11Ça se matérialiserait par des investissements, effectivement, chinois en Europe, sous la forme soit John Venture, soit sous d'autres
07:18formes,
07:19dans le cadre aussi, je pense, de politiques, certes européennes ou nationales, mais aussi régionales. Parce que là, il faut
07:25être sur le terrain.
07:26Donc je pense que là, les régions ont un vrai rôle à jouer parce qu'il faut qu'autour de
07:30cet investissement, d'abord, on ait cadré cet investissement avec un calendrier de contenu local
07:35pour qu'on se dise, dans dix ans, qu'est-ce qui va rester ? Il ne faut pas que
07:39dans dix ans, les choses n'aient pas changé.
07:41Il faut que dans dix ans, on puisse dire, on a tant d'ingénieurs locaux, on a tant de prestataires,
07:46tant de fournisseurs locaux,
07:47on a organisé des formations d'ingénieurs dans la région, etc. Et il faut cette combinaison-là pour que ça
07:54soit, effectivement, un accélérateur.
07:56Shun Yen Li, dans quel secteur ce serait le plus opportun, aujourd'hui, de coopérer avec la Chine ?
08:04Je pense que ce serait surtout dans les secteurs de haute technologie.
08:08Haute technologie comme l'IA, les véhicules électriques, les batteries, etc.
08:15Tous les domaines dans lesquels la Chine a beaucoup investi ces dernières années,
08:20parce que ce sont des secteurs stratégiques pour la Chine.
08:24Donc, les entreprises chinoises aussi ont fait beaucoup d'efforts ces dernières années pour avancer dans ces secteurs.
08:30Même sur le secteur, la Chine reste plus avancée que l'Europe.
08:36Si on se rend en Chine, on pourrait constater cette différence.
08:39Après, je pense que l'on peut s'inspirer mutuellement.
08:42Par exemple, en Chine, l'une des raisons principales pour lesquelles les entreprises chinoises ont pu avancer très vite dans
08:50ces secteurs,
08:51c'est que dès qu'on a une idée, on entre dans une phase d'expérimentation.
08:57On prend des actions, ensuite on ajuste ces solutions en fonction de l'évolution de la solution.
09:06Et cela permettrait d'avancer vite.
09:09Bien sûr, ce n'est pas forcément idéal dans tous les cas,
09:13mais je pense que dans l'autre sens, en Europe, on passe beaucoup de temps à discuter
09:18et on n'a pas toujours le temps de mettre en œuvre des actions,
09:23ce qui ralentit la mise en œuvre de l'innovation.
09:28Et je me permets aussi de revenir un peu sur la question du déficit commercial
09:32que vous avez mentionné tout à l'heure, parce que c'est important pour moi.
09:35Je pense que le commerce international répond d'abord aux besoins et aux règles du marché.
09:44Et s'il y a un grand déficit commercial en Europe face à la Chine, c'est d'abord parce
09:51qu'il y a un fort besoin.
09:52Ces dernières années, il y a beaucoup de pression sur le pouvoir d'achat
09:57et les ménages européens sont devenus plus sensibles au prix.
10:03Et puis, du côté chinois, les entreprises chinoises sont capables de proposer des produits
10:09ayant des prix très compétitifs, avec une grande variété de choix, etc.
10:15Donc, tout ça, je pense que l'on peut s'inspirer mutuellement.
10:19Chine Yannini, vous parlez donc de besoins.
10:22Je pense que Monsola van der Leyen parle aussi de dépendance.
10:25Est-ce que ça, Sandrine, il faudrait justement choisir ces domaines de dépendance
10:31pour pouvoir avoir une coopération mutuelle intéressante ?
10:34Alors, moi, si je me place du point de vue de l'Europe,
10:37je pense que la première chose, c'est de choisir ces combats.
10:40C'est-à-dire de hiérarchiser.
10:42On ne va pas se... D'abord, parce qu'on est quand même dans un monde interdépendant,
10:46même si le monde a changé ces dernières années,
10:48et ça, ça ne va pas disparaître.
10:50Donc, on ne va pas de toute façon se débarrasser de 100% des dépendances.
10:53Mais au-delà de ça, dans la situation où on est,
10:56où effectivement, on a pris...
10:58Enfin, on est dans un certain déclin, on a reculé,
11:02et la Chine est plus agile que nous dans beaucoup de domaines.
11:06On va revenir sur cette agilité après.
11:07Il faut effectivement choisir ces combats
11:10et ne pas essayer de les mener tous en même temps.
11:13Et d'abord, il y a plusieurs axes pour choisir ces combats.
11:16Le premier, c'est de dire, bon,
11:17il y a des domaines, de toute façon, ils sont déjà à 80-85%.
11:21Donc, peut-être dans le long terme, je vais faire quelque chose,
11:24mais dans l'immédiat,
11:25ce n'est peut-être pas ce qu'il y a de plus utile,
11:27de mettre trop de ressources là,
11:28parce que la marche est trop haute.
11:30Je prends les batteries,
11:31les batteries, on va dire, traditionnelles, lithium-ion.
11:34Bon, là, la marche est trop haute.
11:36Peut-être que pour l'Europe, c'est beaucoup plus intéressant de dire,
11:39on va mettre, entre guillemets, la gomme
11:41sur des technologies de rupture qu'on voit poindre,
11:44mais qui ne sont pas encore au point
11:46sur tout ce qui va être sodium,
11:49tout ce qui va être tout solide,
11:50tout ce qui va être soufre, etc.,
11:53qui ne sont pas au point,
11:54mais où on a encore une chance de gagner certaines batailles.
11:56Donc, je pense que la hiérarchisation, c'est très important.
11:58Un deuxième phénomène dans la hiérarchisation,
12:00c'est de dire, bon, est-ce que vraiment on pense
12:03qu'on va refabriquer du vêtement en France
12:06ou même en Europe ?
12:07Ça me paraît très peu probable.
12:09Ce n'est peut-être pas non plus...
12:10Et puis, ce n'est pas une dépendance gravissime.
12:13Voilà.
12:15En revanche, je pense que pour le reste,
12:17effectivement, il faut regarder...
12:19Et c'est pour ça que je parlais tout à l'heure de structurer.
12:20Il faut regarder deux axes.
12:22Le premier axe, c'est la sensibilité stratégique.
12:25Et le deuxième axe, c'est la profondeur du partenariat.
12:28Et en fonction de ça,
12:29bon, on a parlé des biens courants,
12:30ce n'est pas un axe qui mérite
12:32qu'on passe beaucoup de temps dessus.
12:35Mais en fonction de ça, on va dire,
12:36il y a des industries qui sont structurantes.
12:38Alors là, il va falloir effectivement
12:41mettre en place un certain nombre de règles,
12:43en particulier en ce qui concerne le contenu local.
12:46Alors, on a parlé de batteries, de véhicules électriques.
12:49Ensuite, il y a vraiment des technologies
12:51qui sont stratégiques.
12:52Là, il va falloir être très vigilant,
12:55notamment sur tout ce qui va être IA,
12:58microprocesseurs, robots industriels,
13:00être très vigilant sur ce qui va être
13:01protection de marques et protection de la donnée.
13:04Sa protection de la donnée, ça va être fondamentale.
13:07Et puis, ensuite, on va avoir là
13:09de véritables lignes rouges
13:11sur ce qui va relever de la souveraineté critique,
13:14on va dire,
13:16ou infrastructures majeures,
13:18infrastructures militaires,
13:20systèmes de communication gouvernementaux,
13:22données sensibles.
13:23Là où on met le curseur en fonction de ce qui va être.
13:26Oui, et c'est pour ça que le monde est complexe,
13:29donc il faut aussi apporter des réponses adaptées.
13:32Chéniane Li, du point de vue inverse,
13:35comment est-ce que la Chine pourrait avoir besoin
13:37et a besoin de l'Europe ?
13:41Oui, bien sûr.
13:43Déjà, il y a de nombreuses entreprises
13:44qui sont présentes sur le marché chinois
13:47depuis assez longtemps.
13:49Et aujourd'hui, la Chine souhaite aussi
13:52continuer à stimuler la consommation interne.
13:55Et puis, la classe moyenne continue à augmenter.
14:01Je parle de la population de la classe moyenne.
14:04Donc, je pense effectivement,
14:05le marché chinois a encore besoin
14:08des entreprises européennes
14:10sur les offres,
14:13aussi sur les partenariats,
14:15pour pouvoir bénéficier des synergies.
14:18Voilà.
14:21Côté chinois,
14:23déjà, quelles sont les entreprises
14:24qui se sont installées en Europe ?
14:27Quel type d'entreprise ?
14:28Et puis, qu'est-ce qu'ils consomment en Europe ?
14:31Il y a déjà pas mal d'entreprises chinoises
14:34dans le secteur automobile,
14:37comme mentionné,
14:38puisque le développement dans ce secteur
14:40a été très rapide.
14:42En France, je crois qu'il y a aussi
14:43une entreprise dans la batterie,
14:47une sorte de partenariat
14:50entre les Chinois et les Français.
14:53Et puis, il y a des entreprises
14:55dans le secteur de consommation.
14:58Je pense, par exemple, à iC-Clay,
15:01une marque chinoise
15:03dans l'habillement de moyens hauts de gamme.
15:06Il y a des plateformes de e-commerce,
15:10des entreprises de haute technologie
15:12comme Alibaba, comme Huawei,
15:15depuis assez longtemps.
15:17Et on constate également
15:19une volonté d'investir davantage
15:24en France et en Europe.
15:25En Chine, parce qu'actuellement,
15:27la Chine subit quand même
15:28une pression sur l'économie.
15:31Et il y a beaucoup d'entreprises chinoises
15:33qui souhaitent s'implanter
15:35et développer leurs affaires
15:37à l'international.
15:39Effectivement, c'est ce que, Sandrine,
15:40vous décrivez dans votre livre.
15:42C'est donc cette dernière étape
15:43d'internationalisation des entreprises chinoises,
15:48mais qui, là, pour le coup,
15:48se confronte à plusieurs limites,
15:51que ce soit les réglementations,
15:55le cadre environnemental,
15:57ESG, des entreprises en Europe.
15:59Voilà, ça, c'est un peu leurs limites aujourd'hui.
16:02D'abord, il faut bien comprendre une chose,
16:04c'est que, juste pour compléter
16:07ce qu'on a dit avant,
16:09la première chose dont les entreprises chinoises
16:11ont besoin, c'est de notre marché.
16:12Parce que la concurrence est tellement féroce en Chine
16:15qu'elle rogne, en fait, constamment leurs marges.
16:19Et les entreprises chinoises,
16:20elles viennent d'abord ici
16:21pour trouver des relais de croissance
16:23et un peu d'oxygène dans les marges.
16:26Mais effectivement, quand elles viennent ici,
16:27alors quand elles exportent,
16:28la question est complètement différente,
16:30mais quand elles viennent ici pour s'implanter,
16:33il y a un certain nombre de clashes,
16:35on va dire, dans la culture d'entreprise.
16:39Alors oui, la compliance,
16:41mais aussi des choses différentes,
16:44en ce sens que ce qui a fait parfois
16:45la force des entreprises chinoises,
16:47par exemple, la rapidité,
16:49l'adaptabilité, l'agilité,
16:52si ce n'est pas adapté à nos marchés,
16:54ça peut être en fait une faiblesse.
16:56Ça peut être perçu comme quelque chose
16:58de brouillon, de chaotique.
17:01Ça peut être perçu,
17:02par exemple, l'agilité ou l'adaptabilité,
17:04ça peut être perçu comme,
17:05oh, mais il change tout le temps d'avis.
17:07Il y a d'autres.
17:07Alors ça, c'est un premier bloc de difficulté.
17:10Un deuxième bloc,
17:11c'est aussi dans la culture du management des hommes.
17:13Il y a une verticalité et un esprit collectif
17:17qui, même s'il diminue en Chine
17:19dans les dernières années,
17:21est beaucoup plus marqué qu'en Europe.
17:24Et la verticalité chinoise dans le management
17:28n'est pas du tout supportable,
17:30on va dire, pour une entreprise,
17:31enfin, pour des employés européens.
17:33Il nous reste une minute.
17:35Dans le livre, justement,
17:36vous donnez un exemple
17:37d'une coopération d'entreprises,
17:39d'une joint venture qui fonctionne bien.
17:41Est-ce que vous pouvez nous expliquer cet exemple
17:43et justement pourquoi
17:43est-ce qu'ils ont réussi à faire cette coordination ?
17:46Alors, il y en a plusieurs, en fait.
17:48On peut prendre l'exemple de Hire,
17:50on peut prendre l'exemple de Geely avec Volvo.
17:55En fait, je dirais,
17:56ce qu'elles ont en commun,
17:57toutes ces entreprises,
17:58c'est d'avoir fait un effort d'observation.
18:00Elles sont très bonnes en observation chez elles.
18:02Le problème, c'est que quand elles arrivent en Europe,
18:06les outils d'observation qu'elles ont
18:08ne sont pas les bons
18:09parce que l'observation,
18:11ça repose en partie sur de l'intuition.
18:13L'intuition, ce n'est pas de la magie,
18:15c'est vraiment l'accumulation d'expériences.
18:17Donc, en fait, souvent,
18:18la lecture n'est pas bonne.
18:20Il y a ça.
18:21Et je dirais que le deuxième point
18:22qui est extrêmement important,
18:24c'est le management local.
18:26Merci beaucoup, Sandrine Zervive.
18:28Je rappelle que vous êtes fondatrice
18:29de ZW Conseil,
18:31donc co-autrice de ce livre
18:32« Danse avec les dragons »
18:33aux éditions du Nô.
18:35Shunien Li, merci beaucoup
18:36d'avoir été avec nous en visio.
18:38Vous êtes fondatrice de Feida Consulting
18:40et autrice également.
18:42Merci à vous toutes et tous
18:43de nous avoir suivis.
18:44C'était Smartéco.
18:45Au revoir.
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