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  • il y a 16 minutes
Ce jeudi 17 septembre, la décision de Kevin Warsh de relever les taux de la Fed a été abordée par Christian de Boissieu, économiste et vice-président du Cercle des économistes, Dany Lang, enseignant-chercheur en économie à Sorbonne-Paris Nord, et Anne-Catherine Péchinot, PDG d'Easy Cash, dans l'émission Les Experts, présentée par Laure Closier sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Aujourd'hui avec nous, Anne-Catherine Pénichaud, vous êtes la PDG d'Easy Cash.
00:03Bonjour, en face de vous, Christian de Boissieu, économiste et vice-président du Serre des Économistes.
00:08Christian, vous faites partie des signataires de la tribune des échos, non ?
00:11Je dois être trop vieux.
00:12Mais vous auriez pu la signer, non ?
00:15Peut-être, il faut que je regarde ça de près.
00:16Je vais vous raconter ce qu'ils disent.
00:19A mon avis, vous allez être d'accord.
00:19Par contre, Dany Lang, vous, je ne pense pas.
00:21Vous n'auriez pas signé cette tribune ?
00:23Non, moi j'ai signé la tribune pour mettre la dette au frigo de celle d'Éric Berre et de
00:28M. Lemoyne.
00:29Donc vous, vous êtes plutôt dans ce sens-là.
00:31Christian de Boissieu, économiste et vice-président du Serre des Économistes.
00:33Et Dany Lang, enseignant chercheur en économie à Sorbonne, Paris Nord.
00:38Christian, je commence avec les questions de Fed quand même.
00:40Kevin Warsh, nommé pour baisser les taux, qu'est-ce qu'il fait ?
00:42Le contraire, ça énerve Donald Trump.
00:44Il n'avait pas le choix à cause du niveau d'inflation.
00:46Il n'avait pas le choix, je pense.
00:47Je pense que c'était important pour la Fed de montrer son indépendance par rapport au pouvoir politique.
00:55et il n'avait pas le choix parce que l'inflation en rythme annuel est à 3,4% au
01:00mois d'août sur 12 mois.
01:02C'est-à-dire nettement au-dessus de l'objectif de 2%.
01:05Voilà.
01:06Et puis, vous l'avez rappelé dans votre introduction,
01:09l'économie américaine se porte quand même plutôt bien.
01:12Le taux de chômage est juste supérieur à 4%.
01:16La croissance est encore là, ce qui n'est pas le cas chez nous, ni en Europe ni en France.
01:22Donc, voilà.
01:23Alors, on va voir ce que ça va donner.
01:25Je termine en disant que les marchés, ils peuvent se tromper les marchés,
01:32mais ils anticipent une dernière hausse avant la fin de l'année, je veux dire, une hausse supplémentaire.
01:39Oui, c'est pas fini.
01:39Le taux des fonds fédéraux, qui est le taux directeur du marché monétaire américain,
01:44est entre 3,75 et 4%.
01:46C'est-à-dire que le marché anticipe 4% à 4,25 d'ici la fin de l'année.
01:49Mais on verra l'année prochaine comment évolue.
01:52Mais est-ce que ça peut faire baisser les taux d'intérêt obligataires qui avaient quand même monté ?
01:56Non, mais ça peut les faire monter plutôt.
01:57Parce que, si vous voulez, je ne vais pas faire un cours d'économie,
02:01mais le taux long dépend quand même des taux courts anticipés pour les années ultérieures.
02:06Et donc, si vous anticipez une poursuite de la hausse des taux,
02:09ça fait plutôt monter le taux obligataire.
02:11Et le taux à 10 ans a dépassé 5%.
02:14Même en tapant un peu les anticipations de l'inflation ?
02:17Très franchement, l'inflation 2027, moi je ne sais pas où elle va être.
02:21Ça dépend des deux des trois sur lesquels personne ne sait ce qui va se passer.
02:26Moi je n'ai aucune maîtrise.
02:28Il est très difficile de faire des anticipations.
02:30Donc je constate que l'inflation,
02:32et l'inflation même hors énergie et prix agricole américaine,
02:37elle est au-dessus de 2%.
02:38Donc voilà, je pense qu'il était obligé de faire quelque chose.
02:41Alors, est-ce qu'il va se brouiller avec Donald Trump ?
02:44On verra, en tout cas.
02:45Voilà, c'est un acte d'indépendance.
02:47Je termine vraiment en disant que, dans un mois,
02:50on verra plus clair sur, autour de la table,
02:53s'il y a eu un débat,
02:54parmi les 12 membres du comité politique monétaire américain,
02:59il y a un 6 qui votent,
03:00il y a les 7 du bord des 5 présidents de fêtes régionales.
03:03Alors, est-ce qu'il y a eu un...
03:04Monsieur Christophe, Christopher Waller,
03:06qui avait dit qu'il y a un mois qu'il était contre la hausse des étoiles,
03:09est-ce qu'il y a eu un débat ?
03:10Pour l'instant, moi je n'en sais rien.
03:12– Dany Lang, sur la Fed ?
03:13– Alors, Christian de Boissieu vient de dire
03:17quasiment tout ce que j'allais dire,
03:18donc je suis souvent d'accord avec lui,
03:21même si on a des désaccords.
03:22Je suis complètement d'accord avec lui.
03:24Alors, est-ce qu'il était obligé ?
03:26C'est peut-être ma seule nuance.
03:27Il n'était pas forcément obligé,
03:29mais c'est vrai qu'au vu de la conjoncture américaine
03:31qui se porte beaucoup moins mal
03:33que les conjonctures européennes et la conjoncture française,
03:37au vu de l'inflation sous-jacente,
03:40moi j'avais 3,3 plutôt que 3,4.
03:43Enfin bon, oui, c'est une décision de politique monétaire
03:46qui se justifie,
03:50sachant qu'on reste quand même loin des 5%
03:53d'il n'y a pas si longtemps
03:55qui, eux, étaient vraiment trop élevés.
03:57Alors, la vraie question,
03:59c'est si cette hausse va avoir un effet
04:01sur les taux à long terme.
04:03On ne sait pas,
04:03parce que ça dépend des anticipations.
04:05Ça va dépendre de la crédibilité de M. Walsh
04:08qui vient de débarquer.
04:10Et je pense qu'augmenter les taux
04:12dans un contexte où le président américain
04:14demandait leur baisse,
04:16c'est aussi pour marquer son indépendance
04:18et se rendre plus crédible
04:19vis-à-vis des marchés financiers.
04:22Mais à part ça,
04:23je n'ai pas grand-chose à ajouter.
04:24On est d'accord.
04:26Moi, ce qui me paraît le plus préoccupant,
04:28c'est la hausse quasiment synchronisée
04:29des taux par la BCE
04:31dans un contexte économique
04:33qui est beaucoup moins favorable.
04:34Anne-Catherine Péchineau,
04:35vous nous rappelez ce que fait Easy Cash
04:36avant de vous donner la parole ?
04:37Alors, nous, on a des magasins d'occasion.
04:39On a 170 magasins en France
04:41où on achète des produits de seconde main
04:42et on revend des produits de seconde main.
04:44Donc, on est forcément très sensible
04:45au pouvoir d'achat des Français.
04:47Donc, on voit qu'on achète beaucoup
04:49quand le pouvoir d'achat des Français
04:50est en baisse
04:51et puis qu'on vend également beaucoup.
04:53et on ouvre beaucoup de magasins physiques.
04:56Donc, l'accès au capital
04:58est également quelque chose d'important pour nous
05:00et les augmentations.
05:00Donc, quand vous voyez l'argent,
05:02le coût de l'argent qui remonte,
05:04c'est pas forcément une très bonne nouvelle
05:06et pas forcément une très bonne nouvelle
05:07pour nos franchisés
05:08qui sont des chefs d'entreprise,
05:09de petites entreprises
05:10et qui sont toujours très angoissés
05:12par l'incertitude.
05:13Finalement, les chefs d'entreprise,
05:14ils s'adaptent quoi qu'il arrive.
05:16Ce qui les angoisse toujours beaucoup,
05:17c'est quand les choses changent.
05:19Et c'est vrai que là,
05:21il y a quand même beaucoup,
05:21beaucoup d'incertitudes
05:22qui pèsent sur les chefs d'entreprise actuellement.
05:24Vous regardez les questions
05:26de marché obligataire
05:27qui montent,
05:28alors peut-être pas à la seconde,
05:29sur la Fed.
05:29On ne le regarde pas forcément à la seconde,
05:31mais on a, nous aussi, de l'emprunt.
05:33Donc, on est avec des taux variables.
05:37Comme tous les chefs d'entreprise,
05:38en général,
05:39on essaie de prendre des précautions
05:40pour limiter les risques
05:41parce que nous,
05:42ce qui nous importe,
05:42c'est de ne pas avoir un taux d'intérêt
05:45ou des intérêts de la dette
05:46qui seraient trop importants.
05:48Mais c'est deux choses que l'on regarde
05:49parce qu'on voit bien
05:49que l'accès au financement
05:50est de plus en plus difficile
05:51pour les entreprises.
05:53Or, elles doivent investir,
05:54notamment avec les sujets d'IA
05:55qui sont en train d'arriver
05:56de façon importante,
05:58avec les sujets de cybersécurité
05:59et puis avec, tout simplement,
06:01la modernisation
06:03de nos magasins et de nos outils.
06:04Et justement, vous qui...
06:05Oui, allez-y, Christian.
06:06Je peux intervenir là-dessus.
06:08Allez-y.
06:08On a démarré avec les États-Unis.
06:11Ce que vous dites
06:11nous fait revenir en France
06:14parce que l'État français, hier,
06:17ou avant-hier,
06:18il empruntait à 10 ans
06:19à 4,5%.
06:20Alors, les gens disent
06:22c'est l'État, c'est loin.
06:24C'est pas vrai, c'est tout près.
06:25Parce que le taux à 10 ans
06:27payé par la France,
06:28par le Trésor français,
06:30c'est un peu le taux directeur
06:31de beaucoup de taux d'intérêt en France.
06:33Vous finissez par aller
06:34vers le même taux, quoi.
06:35Il conditionne l'évolution
06:37des crédits immobiliers.
06:38Donc, pour les ménages,
06:39c'est relativement important.
06:40Il conditionne le taux d'emprunt
06:41des entreprises pour les vôtres,
06:43vos entreprises.
06:44Quand il y a une remontée
06:46des taux d'intérêt,
06:47ça les concerne.
06:47Je termine en disant
06:48que tout ça arrive,
06:50je continue du côté français,
06:52dans un contexte
06:53où les défaillances d'entreprises
06:54du côté des PME
06:55ont rarement été aussi fortes
06:57en 2025
06:58et probablement encore en 2026.
07:00On est sur des rythmes
07:01de plus de 70 000 défaillances d'entreprises.
07:03Alors, il y a des créations
07:05en même temps.
07:06Mais je veux dire,
07:07voilà,
07:07donc le tissu entrepreneurial
07:09est quand même fragile aujourd'hui.
07:11Allez-y, Dany,
07:12après je donne la parole à Anne-Catherine.
07:13Désolé,
07:13parce que c'est un sujet
07:14qui m'intéresse beaucoup,
07:16parce que moi,
07:16en général,
07:17je suis plus préoccupé
07:18par le niveau de la dette privée
07:19que de la dette publique.
07:20Et je constate effectivement
07:21ces défaillances d'entreprises.
07:23Et je constate que les PME,
07:25les PMI
07:27et les ETI
07:28ont un accès
07:29de plus en plus difficile
07:30au crédit.
07:31Donc, c'est le moment
07:32où on ne peut pas faire grand-chose
07:33sur les taux d'intérêt,
07:34parce qu'on a des gens
07:35qui nous parlent gentiment
07:36de souveraineté,
07:37alors qu'on a délégué ça
07:38à la Banque Centrale Européenne.
07:40Par contre,
07:42là où on a des...
07:44Et puis même
07:44sur les taux
07:45sur la dette publique,
07:47le Bund en Allemagne
07:49remonte aussi,
07:49l'ensemble des taux
07:50remonte au niveau
07:51de la zone euro.
07:52Et il remonte plus en France.
07:54On a une petite prime quand même.
07:56Il remonte plus en France.
07:58C'est vrai que 4,5...
07:59Alors, ce n'est pas le taux moyen
08:00sur la dette publique,
08:02c'est le taux marginal
08:04sur le 10 ans.
08:05Donc, c'est bien supérieur
08:09à l'inflation.
08:10Si on prend l'indice des prix
08:12à la consommation harmonisée,
08:13on va avoir 2,5, 2,6.
08:15Donc, on a à peu près 2%.
08:17Donc, il faudrait 2% de croissance,
08:19alors qu'avec les budgets
08:21qui s'annoncent,
08:21on va plutôt rentrer en récession,
08:23à mon avis,
08:24puisqu'on va encore couper
08:25dans les budgets.
08:27Donc, c'est là
08:28que c'est préoccupant.
08:29Ce n'est pas
08:32la désirabilité
08:32de la dette publique française
08:33qui tombe,
08:34parce qu'une fois de plus,
08:36quand l'État français
08:36émet des obligations
08:38assimilables au tradeur...
08:39Enfin, c'est le coût.
08:39C'est-à-dire que ça nous coûte
08:40très cher.
08:41C'est que le 4,5,
08:43ça commence sérieusement
08:45à peser
08:45et c'est lié
08:46au contexte international.
08:48C'est lié à la remontée
08:49des taux aussi de la BCE
08:50qui ne va pas aider.
08:52Mais ce n'est pas lié
08:53aux finances publiques.
08:53C'est ça que vous voulez nous dire ?
08:54Si, il y a une petite part
08:58qui est liée...
08:59Petite ?
08:59Oui, il y a une petite part,
09:01à mon avis,
09:02d'après mes calculs,
09:03à peu près de l'ordre
09:03de 0,80, 0,85.
09:05Donc, je ne dis pas
09:06que les finances publiques
09:07ne jouent pas.
09:07Je dis que l'essentiel,
09:09c'est un train européen
09:10et mondial.
09:11Et surtout, moi,
09:12pour revenir au point de départ,
09:14je suis très préoccupé
09:15par la situation
09:16des PME, PMI et ETI.
09:18et je pense qu'il est temps
09:19de renforcer
09:20et de réactiver
09:21le médiateur du crédit
09:22qui a été mis en place
09:23en 2009.
09:24Ça existe toujours,
09:25le médiateur du crédit ?
09:25Oui, mais d'accord,
09:26mais il faut renforcer
09:28ses prérogatives
09:29parce que,
09:30comme le disait Madame,
09:31c'est quelque chose
09:31qui est constaté.
09:33Aujourd'hui,
09:34c'est très compliqué
09:35pour les PME,
09:36les PMI
09:37d'accéder au crédit.
09:38Juste, Dany,
09:38avant qu'on revienne
09:38justement à la question
09:39des entreprises en France,
09:41vous dites que ce n'est pas grand-chose.
09:43Finalement, c'est européen.
09:4495 points de base,
09:45quand même,
09:45avec l'Allemagne.
09:46Je veux dire,
09:47c'est pas...
09:47Oui, bien sûr,
09:47attendez,
09:48on est près de 100 points de base.
09:50Oui, on était à 95 hier.
09:52Oui, oui,
09:53on touche 100 points.
09:54Oui, je reviens
09:55sur le débat,
09:56c'est-à-dire qu'il y a
09:57le contexte international
09:59qui pousse
10:01à la hausse des taux
10:02partout dans le monde.
10:03Bon, en plus,
10:04il y a quand même
10:05un sujet franco-français
10:07quand on regarde
10:09le différentiel
10:10avec des pays
10:11qu'on traité
10:12il y a 30 ans
10:13de pays du club-mètre
10:14de manière méprisante.
10:16L'Italie,
10:17l'Espagne,
10:17le Portugal,
10:18la Grèce.
10:18Mais Dany dit non.
10:19Ben, si,
10:21attendez.
10:21Je rappelle que ça a été
10:22votre élève,
10:23Christian.
10:24Non, non, non.
10:25Mais bon,
10:26enfin, bref.
10:27Ben, Dany,
10:27vous dites non.
10:28Vous dites,
10:28il n'y a pas de prix.
10:30Je ne suis pas en train
10:30de vous dire
10:30que le franco-français
10:31compte pour 100%.
10:33Je dis,
10:33et c'est là où
10:34on dit la même chose,
10:35qu'il y a une composante
10:36spéciale.
10:37Sans ça,
10:38le différentiel
10:39ne serait pas ce qu'il est.
10:40il y a le niveau absolu
10:41et il y a le niveau
10:42relative sur les taux.
10:44Et là-dessus,
10:44on est d'accord.
10:45Mais simplement,
10:46moi,
10:46ce qui m'inquiète assez,
10:47c'est qu'effectivement,
10:48l'Espagne a fait ce qu'il faut
10:49pour sortir de l'ornière
10:51parce qu'ils ont
10:51un taux de croissance.
10:53Oui,
10:53mais aujourd'hui,
10:53ils ont un taux de croissance élevé.
10:55Ils ont augmenté
10:55le salaire minimum
10:56comme personne en Europe
10:58ces dernières années.
10:59Donc,
10:59l'Espagne a fait ce qu'il faut
11:00pour sortir de l'ornière.
11:02Nous,
11:03on est en train de nouveau
11:04de faire un budget d'austérité
11:05qui, à mon avis,
11:06va nous amener en récession
11:07et qui va aggraver le problème.
11:08Mais qu'est-ce qu'on peut faire d'autre ?
11:09Dany,
11:09il y a 10 ans,
11:10il y a 15 ans,
11:11l'Espagne,
11:12le Portugal,
11:13la Grèce
11:14étaient dans la M
11:16pour ne pas parler vulgairement.
11:18Comme vous le savez,
11:19ils ont fait des programmes
11:20d'ajustement extrêmement coûteux
11:21du point de vue social.
11:23Vous aviez une retraite de 100,
11:25elle passe à 80.
11:26Ça,
11:27c'est l'austérité.
11:28Ce n'est pas des salaires nominaux
11:30et des retraites nominaux.
11:32Je ne parle pas des retraites
11:33et des salaires
11:34en termes de pouvoir d'achat,
11:35c'est-à-dire un prix d'inflation.
11:36Donc,
11:37il faut...
11:38Aujourd'hui,
11:38l'Espagne a une croissance
11:40pas loin de 3 %,
11:41chapeau.
11:42Ce sont des pays
11:42qui ont connu des ajustements
11:43du point de vue social
11:45extrêmement douloureux.
11:47Est-ce que la France
11:48est prête à ça ?
11:48Non,
11:49moi,
11:49je ne dis pas
11:50qu'il faut faire ça
11:50et d'ailleurs,
11:51au moment de ces ajustements,
11:53si vous regardez les chiffres,
11:55le déficit et la dette
11:56se sont fortement creusés.
11:58C'est au moment
11:58où ils ont arrêté ça
11:59que, justement,
12:00ils ont pris le chemin inverse.
12:02La Grèce,
12:03elle est...
12:03La Grèce,
12:04c'est un cas à part.
12:05Le programme de la Troïka
12:06et quand vous avez le FMI,
12:08la Banque Centrale Européenne
12:09et la Commission chez vous...
12:10Vous ne rigolez pas.
12:11Vous êtes...
12:12Revenons aux entreprises.
12:13Juste,
12:14la Grèce,
12:15quand même,
12:1525% de chômage général,
12:17une situation pire
12:18que la crise de 29
12:19et 5 000 fermetures...
12:21Ah, mais on ne se souhaite pas ça.
12:22On est d'accord.
12:22Ce n'est pas un exemple.
12:23Moi non plus.
12:24Je dis simplement...
12:25On ne se souhaite pas ça.
12:27Si on peut essayer
12:28d'éviter ça...
12:29Anne-Catherine,
12:30quand vous,
12:31vous décidez justement
12:32d'ouvrir aujourd'hui
12:34des boutiques
12:35parce qu'il vous faut
12:36du foncier,
12:37est-ce qu'aujourd'hui
12:38c'est plus compliqué
12:39avec les banques ?
12:40Est-ce qu'on vous demande
12:40un prix plus important ?
12:43Et racontez-nous
12:43un petit peu justement
12:44l'impact,
12:45difficulté de pouvoir d'achat
12:46sur votre activité à vous.
12:47Alors,
12:48nous,
12:49l'accès au financement
12:50est relativement...
12:51Enfin,
12:52est moins difficile
12:53que pour d'autres entreprises
12:53en grosse partie
12:55parce qu'on permet
12:56de verdir l'économie
12:57et que les banques
12:58dans leur...
13:00Pourquoi vous contribuez
13:01à verdir l'économie ?
13:02Parce qu'on fait
13:02de l'économie circulaire.
13:03Donc,
13:03on a des bilans carbone
13:04qui sont positifs
13:05et les banques
13:07aiment bien ça.
13:08Donc,
13:08le financement,
13:09on va dire,
13:09globalement,
13:10du mobilier
13:13et de...
13:14Enfin,
13:15des aménagements
13:15de magasins,
13:16ça se finance
13:17à peu près.
13:18Après,
13:18quand les taux sont
13:18plus importants,
13:19vous avez des emprunts
13:20plus importants.
13:21En revanche,
13:21on a des stocks
13:22très importants en magasin.
13:23que l'on achète
13:24avec des BFR
13:25qui ne sont pas
13:25forcément très positifs
13:26puisque nous,
13:27on achète auprès
13:27des particuliers
13:28et on revend
13:30pas forcément immédiatement
13:32auprès d'autres particuliers.
13:34Et ça,
13:34ça ne se finance
13:34absolument pas.
13:35C'est infinançable.
13:38Et actuellement,
13:40l'inflation
13:40fait qu'on...
13:41Et les problèmes
13:42de pouvoir d'achat
13:43fait qu'on est plus généreux
13:44aux achats.
13:44On va acheter plus cher,
13:45tout simplement.
13:46Il y a moins de choses
13:47à acheter également.
13:48Et donc,
13:49on a quelque part
13:50des sorties d'argent.
13:52les trésoreries
13:53peuvent être très tendues
13:54alors même que le business
13:56fonctionne bien.
13:57Ce qui n'était absolument pas
13:58le cas il y a une dizaine
13:58d'années.
14:00et qui fait que des franchisés
14:01qui peuvent être dans le succès,
14:02qui ont des très belles performances,
14:04des croissances
14:05avec des chiffres
14:06qu'on aimerait avoir
14:07par ailleurs,
14:08se retrouvent avec des trésoreries
14:09extrêmement tendues.
14:10Donc moi,
14:11j'ai des chefs d'entreprise,
14:12des franchisés
14:12qui peuvent être extrêmement angoissés,
14:14qui ne dorment pas la nuit,
14:16qui se disent
14:16comment est-ce que je vais faire
14:17pour payer mon loyer.
14:19Mais comme les Français.
14:21Voilà,
14:21comme les Français.
14:22Exactement la même chose.
14:23Et ça,
14:23je trouve qu'on ne le connaissait pas du tout
14:25il y a quelques années
14:25et que ce phénomène
14:26s'accélère de plus en plus.
14:28je vois beaucoup d'angoisse
14:30de la part des chefs d'entreprise
14:31de TU.
14:32Vous le disiez tout à l'heure,
14:34il n'y a beaucoup de...
14:35Enfin,
14:35il n'y a jamais eu autant de RG
14:37de dépôt de bilan
14:38qu'au redressement judiciaire.
14:39Auparavant.
14:41Et oui,
14:42il y a beaucoup,
14:42beaucoup,
14:43beaucoup d'inquiétudes
14:44pour des chefs d'entreprise
14:45qui sont finalement
14:45assez peu accomplis.
14:46Et pourtant,
14:46ils choisissent le modèle de franchisé.
14:48Alors,
14:48qui est un modèle,
14:49alors ils sont irresponsables
14:50de leur magasin,
14:52mais ça n'aide pas
14:53à être le moins stressé,
14:55d'avoir un peu
14:56la franchise dessus.
14:57Ça aide à être moins stressé
14:59parce qu'on apporte
15:00le savoir-faire,
15:01l'accompagnement,
15:02la marque.
15:04Néanmoins,
15:04à un moment donné,
15:05vous êtes seul
15:06face à vos problèmes.
15:08Souvent,
15:08c'est des histoires
15:09également de famille.
15:12C'est-à-dire que
15:12vous embarquez
15:13votre femme,
15:14vos fils,
15:15vous travaillez en famille.
15:16Donc,
15:16c'est 100% du risque
15:17qui pèse sur la personne.
15:19Nous,
15:20on a plutôt de la chance
15:21parce qu'on est une activité
15:22qui est relativement
15:24contracyclique.
15:26il y a des problèmes
15:27de pouvoir d'achat,
15:28les gens vont consommer
15:29de seconde main.
15:30Il n'y a pas de problème
15:31de pouvoir d'achat,
15:32on est porté par la croissance.
15:33Donc,
15:33ça fait 25 ans
15:34qu'on existe
15:34et 25 ans
15:35qu'on est en croissance.
15:37Néanmoins,
15:38ça ne veut pas dire
15:38que même quand ça se passe bien,
15:40ça ne veut pas dire
15:40que c'est difficile,
15:42qu'il n'y a pas
15:43des difficultés.
15:44Et on s'aperçoit
15:45qu'il y a de plus en plus
15:46d'incertitudes
15:47et ce qui pèse
15:48sur les chefs d'entreprise,
15:49c'est l'incertitude.
15:50On s'adapte à tout
15:51quand les règles ne sont souciantes.
15:52Vous parliez
15:52du fait
15:54qu'une partie
15:55de vos franchisés
15:57emprunte
15:58à taux variable.
15:59Vous avez utilisé
16:00l'expression.
16:01Alors,
16:02ça veut dire quoi ?
16:02Ça veut dire
16:03qu'en période
16:03de taux d'intérêt,
16:05ils vont tout prendre
16:05en mesure.
16:07et ça contraste
16:09avec une grande partie
16:10de l'économie française.
16:11Quand vous prenez
16:11les crédits immobiliers
16:12pour les ménages,
16:12ils sont tous à taux fixe.
16:13Ils sont à taux fixe.
16:14Donc là,
16:15on a l'impression,
16:15d'après ce que vous dites,
16:16qu'il y a une sorte
16:17de poche de taux variable
16:19qui me paraît évidemment
16:20un peu gênant
16:21quand vous êtes en phase
16:22de hausse d'étoile.
16:23Mais toutes les entreprises,
16:24tout le monde n'emprunte
16:24pas à taux variable.
16:25Non, ce n'est pas ce que je dis.
16:26Non, mais c'est quoi
16:27la part d'entreprise
16:27qui emprunte à taux variable ?
16:28Relativement faible en France.
16:30Mais,
16:32on parlait de l'Espagne tout à l'heure.
16:33L'Espagne est un pays
16:34dans lequel les taux variables
16:35sont assez généralisés.
16:36Mais là,
16:37je raisonnais sur votre secteur
16:39et ce que vous avez dit.
16:39Mais c'est volontaire ?
16:40Vous avez parlé des taux variables ?
16:41Non, c'est souvent des taux variables
16:42qui sont proposés là,
16:43actuellement,
16:44sur ces derniers temps.
16:45Ah oui, par les banques ?
16:45Tout à fait.
16:46Elles sont trop gentilles
16:47de refiler le mystique gris.
16:49Oui, pourquoi vous prenez ça ?
16:50Alors nous,
16:51on n'a pas forcément pris ça.
16:52Moi, typiquement,
16:53j'ai 35 magasins,
16:54donc j'ai une partie
16:54de taux variables,
16:55mais je me suis couverte
16:56par ailleurs.
16:58Maintenant,
16:58c'est vrai que
16:59pour des entrepreneurs individuels
17:01qui ne sont pas forcément armés
17:02pour pouvoir choisir,
17:03de temps en temps,
17:04ils se font un peu...
17:05Parce que c'est ce qu'on leur propose
17:07en premier.
17:07On leur propose soit du fixe,
17:09soit du variable.
17:09Mais il faut prendre du fixe.
17:12Parce qu'il faut éviter...
17:12Prenez du fixe.
17:13Prenez du fixe, exactement.
17:14Avec le contexte international,
17:16avec le monsieur aux cheveux oranges
17:18qui fait des décises,
17:19mais encore une fois,
17:22on a, nous,
17:23plutôt de la chance
17:23parce que notre activité va bien,
17:26elle se porte bien,
17:26on est satisfait,
17:28on fait des croissances
17:28qui sont des belles croissances.
17:31Néanmoins,
17:32je vois bien
17:32que le métier est quand même
17:33beaucoup plus difficile
17:34qu'il était auparavant
17:35et que l'énergie développée
17:36par les chefs d'entreprise...
17:40Et vous nous avez dit
17:41que ça fait 25 ans
17:41que vous êtes sur le territoire,
17:42donc vous avez vu
17:43l'arrivée de Vinted,
17:45Pichine,
17:46tout ça.
17:46Ça n'a pas bouleversé
17:47votre modèle ?
17:48Non, ça n'a pas bouleversé
17:50le modèle.
17:51Alors, ça a bouleversé
17:52les typologies de produits
17:53qu'on faisait.
17:53Il y a 25 ans,
17:54on vendait des chiens en plâtre
17:55qui changent de couleur
17:56en fonction de la météo,
17:57on vendait de tout.
17:58Génial !
17:58Le fait d'avoir
18:02des particuliers,
18:03notamment sur des plateformes
18:04qui permettent
18:05de pouvoir l'acheter
18:06entre particuliers,
18:07on a décidé de renoncer
18:09à certaines familles
18:09de produits
18:10et se dire
18:11qu'on faisait
18:11les familles de produits
18:12sur lesquelles
18:12on était vraiment
18:13des tiers de confiance,
18:14qu'on ne pouvait pas
18:14être spécialiste de tout.
18:16Actuellement,
18:16on vend principalement
18:17de l'informatique
18:18et du luxe.
18:19On a eu notamment
18:21pas mal de sujets
18:22sur l'or
18:22en début d'année
18:23parce qu'on a racheté
18:24beaucoup d'or
18:25et on a revendu
18:26également pas mal d'or.
18:27Vous avez gagné
18:28un peu d'argent.
18:28On a gagné
18:29un petit peu d'argent
18:29mais c'est du spéculatif,
18:31ce n'est pas du structurel.
18:33Ça fait toujours du bien.
18:34Et on vend également
18:36beaucoup de produits culturels,
18:38des livres.
18:39Si je peux vous poser
18:40une question
18:40puisqu'on est sur
18:41du très concret là.
18:43Vous avez dit tout à l'heure
18:46que la dimension
18:47recyclage,
18:48économie circulaire
18:49était valorisée
18:50par les prêteurs,
18:52par les banques,
18:53vous avez dit.
18:54ça c'est important
18:55parce qu'on est quand même
18:56dans un contexte
18:56où on a l'impression
18:57qu'il y a une sorte
18:58de réaction
18:59un peu anti,
19:02non pas écologie
19:03mais un peu réaction
19:04contre peut-être
19:05l'excès des normes.
19:06On voit bien
19:07dans le débat européen
19:08avec la remise en cause
19:09des directives européennes
19:11considérées comme
19:12trop contraignantes
19:13pour les entreprises,
19:15CSRD, etc.
19:16Est-ce que vous pouvez
19:18confirmer
19:18que la dimension écologique
19:22est perçue positivement
19:25aujourd'hui ?
19:26Elle est effectivement
19:27perçue positivement
19:28par les partenaires financiers,
19:30elle est perçue
19:30également positivement
19:31par les bailleurs.
19:32Il y a 25 ans,
19:34les grandes foncières
19:35n'avaient pas forcément
19:36envie d'avoir
19:37un easy cash
19:38dans leur centre.
19:40Ce n'est désormais
19:41plus le cas.
19:42On nous propose
19:43beaucoup de locaux
19:45bien placés
19:45à des tarifs
19:47on va dire corrects
19:49qui nous permettent
19:49de faire le...
19:50Mais c'était aussi
19:50le rapport
19:51avec la seconde main,
19:51non ?
19:52Je pense que c'est les deux.
19:53C'est qu'à un moment donné,
19:55la seconde main,
19:55il y a 25 ans,
19:56c'était vu comme quelque chose
19:57pour les pauvres,
19:58comme un choix par défaut
20:00et c'est désormais
20:01pour en tout cas
20:01une partie de la population
20:03un mode de consommation
20:04plus responsable.
20:06Je reviens
20:06à mes histoires budgétaires.
20:08Donc une trentaine
20:08d'économistes
20:09qui signent une tribune.
20:10Monsieur le ministre,
20:11saisissez votre place
20:12dans l'histoire.
20:12Il y a une crainte,
20:14Danny Lang,
20:14que le Premier ministre
20:16n'aille pas au bout.
20:17Je rappelle qu'il cherche
20:1730 milliards.
20:18Alors vous me dites
20:18que c'est un budget
20:19d'austérité.
20:20Vous n'auriez pas signé
20:21cette tribune,
20:22vous n'avez pas signé
20:22cette tribune,
20:23vous n'êtes pas dedans
20:24puisque vous faites partie
20:25des autres,
20:26de ceux qui soutiennent
20:26le fait que la dette
20:27soit gelée.
20:30Une partie,
20:30celle qui est gelable.
20:31Il faut bien lire
20:32la tribune en question.
20:33Les gens qui l'ont écrit,
20:35notamment Benjamin Le Moine,
20:36c'est un grand spécialiste
20:37des questions de dette publique.
20:39Mais non,
20:40je n'aurais pas signé
20:41cette tribune
20:41parce que couper
20:44dans le budget
20:45de 30 milliards
20:46dans un contexte
20:47où les prévisions
20:48de croissance
20:48sont à 0,5,
20:50où on va plutôt
20:51vers le bas du cycle,
20:53donc ce qu'on appelle
20:54le multiplicateur
20:55des dépenses publiques
20:56est relativement élevé
20:57et au pire du pire,
20:59il est de 1,
21:00voire de 1,3
21:02si on prend des chiffres
21:03qui avaient été trouvés
21:04par l'OFCE
21:06dans ses travaux.
21:08On n'est peut-être
21:09pas encore en bas du cycle,
21:10mais enfin,
21:11disons qu'il est de 1,
21:12on va se retrouver
21:12avec une récession.
21:14Mais du coup,
21:14les finances publiques,
21:15on fait quoi ?
21:15On monte un déficit
21:16de 6, 6,5 ?
21:18Disons que les finances publiques,
21:20moi, je préfère
21:21que ça s'ajuste
21:22en ayant un peu plus
21:23de croissance
21:24et de pouvoir d'achat
21:25parce que ce que décrit
21:26Madame,
21:26c'est quand même
21:26une situation
21:27de pouvoir d'achat
21:27qui est assez généralisée
21:29et qui impacte
21:30l'ensemble de l'économie.
21:32Moi, je préférerais
21:33que ça s'ajuste
21:34par une reprise
21:35de l'économie
21:35et donc par le fait
21:37de remettre
21:38du pouvoir d'achat
21:39plutôt que par
21:40de nouvelles coupes
21:41qui vont aggraver
21:41la situation,
21:42notamment quand on regarde
21:44les détails,
21:44par exemple,
21:45il est question
21:46de piquer
21:47aux retraités
21:49qui, soi-disant,
21:50sont des gens aisés
21:51alors que quand on regarde
21:52les retraites,
21:53ce n'est pas les gens
21:54les plus aisés.
21:54On ne parle pas de piquer,
21:55on parle de désindexer.
21:56Oui, mais d'accord,
21:57mais enfin,
21:57c'est quand même
21:58prendre de l'argent
21:59aux retraités
22:00alors que ce n'est pas
22:01forcément la meilleure idée.
22:03Moi, je serais davantage
22:05pour prendre dans les surprofits
22:08qui sont liés
22:10à la situation pétrolière.
22:13Ce n'est pas parce que
22:14je déteste ces entreprises,
22:15c'est juste qu'elles font
22:16des surprofits liés
22:17à la situation.
22:18Donc, c'est beaucoup plus facile
22:19de prendre là-dedans.
22:21Je n'ai pas dit tout prendre,
22:22j'ai dit prendre là-dedans
22:24plutôt que de taper encore
22:25sur les gens
22:26qui tirent la langue,
22:27surtout dans un contexte
22:29social tendu,
22:29ce qui n'arrange rien.
22:30Christian Bossieu.
22:31Je pense que dans le débat,
22:33il faut distinguer
22:34deux horizons différents.
22:36Vous avez l'horizon,
22:37j'allais dire,
22:38des deux, trois prochaines années,
22:40je j'aime par-dessus
22:41l'élection présidentielle
22:42en disant ça,
22:43où là, effectivement,
22:45il faut essayer
22:47de relancer la croissance
22:50et c'est tous les sujets
22:51au fond sur innovation,
22:53tous les sujets
22:54qui sont en France
22:55portés par un certain nombre
22:56de gens,
22:56dont notre collègue
22:57Philippe Aguillon,
22:58il n'est pas le seul,
22:59mais c'est vrai
22:59qu'il est très vocal
23:00sur ces problèmes
23:01d'innovation, etc.
23:03On retrouve un peu
23:04les propositions
23:05du rapport Draghi
23:06de septembre 2024.
23:08Draghi, c'était pour l'Europe
23:09et une grande partie
23:10des propositions,
23:11recommandations du rapport
23:12Draghi,
23:12elles valent pour la France.
23:14Et puis,
23:14donc ça,
23:15c'est ce que je lui appelle
23:15l'horizon moyen terme.
23:16Puis, vous avez
23:17le feu dans la maison
23:19à court terme.
23:20Pourquoi le feu dans la maison ?
23:21Parce que moi,
23:21ce qui m'a frappé
23:22depuis deux mois,
23:23c'est quand même
23:23la vitesse avec laquelle
23:25les taux d'intérêt
23:26payés par la France,
23:26on revient sur le sujet,
23:28ont monté.
23:29Plus vite que
23:30les taux d'intérêt
23:31payés par les autres.
23:32c'est-à-dire qu'il y a
23:32quand même
23:33un petit sujet
23:34franco-français,
23:35je pense,
23:35qui est lié
23:37à nos faibles performances,
23:38certes,
23:39et aussi
23:40au fait que
23:42le déficit public
23:44français
23:44est le plus élevé
23:45des 20 pays
23:46de la zone euro
23:46aujourd'hui.
23:48En termes de ratio
23:49d'aide,
23:49on a pire que nous.
23:51Oui, oui.
23:51Le problème,
23:52c'est le déficit quand même.
23:53La Grèce et l'Italie,
23:54mais regardez l'Italie,
23:55aujourd'hui,
23:56il y a 10 ans,
23:57elle emprunte moins cher
23:58que nous,
23:58c'est-à-dire que
23:58les marchés considèrent
23:59que l'Italie
24:01fait un effort,
24:01ils ont un déficit public
24:03autour de 3% du PIB.
24:05Vous l'avez dit
24:06tout à l'heure,
24:07nous,
24:07on va être cette année,
24:08je ne sais pas
24:08combien on va être,
24:09mais compte tenu du fait
24:10qu'on n'a plus
24:11beaucoup de croissance,
24:12on est à 0,4
24:14en moyenne,
24:15on va avoir 6%
24:16de déficit.
24:19Et donc,
24:20le sujet,
24:20c'est d'essayer
24:21de donner
24:23quand même un signal.
24:25Alors,
24:25comment on donne
24:26ce signal ?
24:27Je trouve qu'on
24:28s'y prend très mal
24:29quand je dis on,
24:29y compris le gouvernement.
24:32Depuis un mois,
24:33parce que chaque jour,
24:34on vise une catégorie
24:35particulière.
24:36Alors que pour aborder
24:37le problème des finances publiques,
24:38il faut une approche systémique.
24:40Bon,
24:40quand vous...
24:41On prépare un peu
24:42les esprits quand même
24:43à ça,
24:43en disant aujourd'hui
24:44c'est la partie salariale,
24:45demain c'est les retraités.
24:46vous publiez les retraités
24:47à travers l'histoire
24:48de l'indexation partielle
24:50ou pas d'indexation
24:51du tout
24:51à partir d'un certain seuil
24:53et que vous remettez en cause
24:55la déduction de 10%
24:56et que vous ne parlez pas
24:57du reste.
24:58Dans le même temps,
24:59cette catégorie
25:00de la population
25:01se sent spécialement...
25:03Vous feriez mieux de dire
25:03on gèle tout,
25:04par exemple ?
25:05Non,
25:05je ne suis pas pour le budget spécial,
25:07la loi spéciale,
25:08je ne suis pas pour le gèle...
25:10L'année blanche ?
25:11Non,
25:11je ne suis pas pour l'année blanche.
25:12Pour moi,
25:13c'est le contraire
25:13de la politique économique,
25:15l'année blanche,
25:15parce que ça revient
25:16à projeter sur les...
25:17C'est le non-choix.
25:18C'est-à-dire...
25:19Non,
25:19mais je pense quand même
25:20que la seule manière
25:21de faire passer un peu
25:22la pilule,
25:23qui de toute façon
25:23va être un peu douloureuse,
25:25c'est d'avoir
25:25cette approche systémique
25:27où les uns éventuellement
25:29acceptent de perdre
25:30en relatif,
25:30à condition que
25:31les autres
25:32ne s'en sortent pas mieux.
25:33Je termine sur un point
25:34qui va peut-être
25:35vous étonner,
25:36Dany.
25:37Moi,
25:37je salue ce que fait Total,
25:39à condition que ça continue
25:40à durer,
25:40c'est-à-dire l'essence.
25:42Il n'y a pas d'effort
25:43sur le gazole.
25:44Moi,
25:44je n'arrive pas trop loin
25:45de chez vous,
25:46dans le 15e arrondissement,
25:47encore de rien.
25:47Il faut avoir l'abonnement,
25:48si je peux vous donner
25:49un petit tip.
25:49à côté de chez moi,
25:50j'ai peut-être
25:51la station la plus chère,
25:52aujourd'hui,
25:52le gazole,
25:53il est à 2,50 ou 2,60.
26:00Total,
26:00je dis simplement
26:01par rapport à ce que
26:02disait Dany,
26:03je pense que,
26:04compte tenu du fait
26:06que ce choc énergétique,
26:08les grandes boîtes énergétiques
26:09n'y sont pour rien.
26:10Pour elles,
26:11c'est complètement exogène,
26:12c'est une sorte de bénédiction
26:14qui tombe du ciel.
26:15Je pense que d'elles-mêmes,
26:16alors,
26:17je vais citer
26:18l'effort de Total
26:20et il faut qu'il continue,
26:21mais Total
26:22n'est pas la seule boîte
26:23énergétique en France.
26:24Je pense que ça serait
26:25pas mal et sympathique
26:26que dans ce contexte
26:27très compliqué,
26:28et toutes les boîtes
26:29qui, d'une manière
26:30ou d'une autre,
26:31profitent, entre guillemets,
26:32du choc énergétique,
26:33fassent d'elles-mêmes
26:34une proposition
26:35pour dire,
26:36voilà,
26:36on a un effet d'aubaine.
26:39Oui, mais à la fin,
26:40vous revenez un peu sur Total,
26:41parce que comme ils sont
26:41sur tous les maillons
26:42de la chaîne
26:43et qu'en fait,
26:44ils font des marches
26:45sur le raffinage,
26:45c'est évident.
26:46En 2026,
26:47tout le monde en fait.
26:48Je parle de tout le monde.
26:49Je ne parle pas
26:49que de Total
26:50en disant ça.
26:51Si vous voulez,
26:52c'est comme aux États-Unis,
26:53vous vous souvenez,
26:53il y a quelques années,
26:55Bill Gates
26:56et d'autres milliardaires
26:57avaient dit
26:57on va faire un effort
26:58fiscal spécial.
27:00De temps en temps,
27:01je pense que
27:01quand on profite
27:03d'une situation
27:03dans laquelle
27:04on est pour rien,
27:05on fait un effort collectif.
27:06Après,
27:07ils ont déjà plafonné
27:07le prix quand même.
27:09C'est ce que je l'ai dit.
27:10C'est ce que je viens de dire.
27:10Mais après,
27:11il n'y a pas que Total.
27:12L'effort d'après,
27:13c'est de vendre
27:14à Super U
27:16et à Leclerc
27:17moins cher.
27:17C'est l'effort d'après.
27:18Même des marges,
27:18etc.
27:19On n'a pas contre les marges.
27:21C'est trop facile
27:22de dire
27:22baisser la fiscalité
27:23sur l'essence.
27:24Alors,
27:24vous augmentez à court terme
27:25le déficit.
27:26Gardez tout ça,
27:27Christian de Boissier.
27:27On revient.
27:28Ça ne change rien.
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