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  • il y a 8 minutes
Les hausses de salaire pour tous, c’est terminé. En 2026 et 2027, les entreprises devraient focaliser leurs efforts sur les salariés qu’elles estiment les plus indispensables, selon une étude de WTW.

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Transcription
00:09BISMART
00:10On parle beaucoup d'augmentation de salaire parce qu'on en veut chaque année et on les obtient pas forcément
00:18d'ailleurs chaque année.
00:19Pendant quelques temps, quasiment tout le monde arrivait à en obtenir de manière régulière
00:23et une étude nous apprend que pour vos prochaines demandes, vous risquez d'être déçus à moins d'avoir de
00:29sacrés arguments.
00:30On en parle avec Khalil Haït-Mouloud. Bonjour.
00:33Vous êtes directeur de l'activité enquête de rémunération chez WTW France, qu'on reçoit régulièrement dans cette émission.
00:40L'étude, là, donc, elle nous dit qu'on rentre dans une nouvelle ère.
00:45Désormais, les entreprises ne vont plus céder aux demandes automatiquement.
00:50Complètement. C'est une nouvelle ère par rapport aux quelques dernières années dans un contexte dans lequel on avait un
00:55niveau d'inflation très significatif
00:57qui a beaucoup poussé les budgets d'augmentation salariale vers le haut, reflet d'une inquiétude ou d'un accompagnement
01:05des entreprises pour le pouvoir d'achat des salariés.
01:06Il y avait aussi une inversion, on disait, du marché du travail où les salariés étaient un peu plus en
01:10position de force aussi. Et là, ça s'est inversé.
01:11Complètement. Inflation d'un côté, donc à un niveau assez haut, niveau de chômage à des niveaux assez bas, orienter
01:18effectivement les entreprises à investir davantage sur les augmentations salariales.
01:23Le contexte aujourd'hui, que ce soit sur les questions de chômage, que ce soit sur les questions de croissance,
01:28que ce soit sur les questions d'inflation,
01:31revient effectivement en France ou à l'international, revient à une norme qu'on avait observée sur la fin des
01:37années 2010.
01:38Et on retrouve concrètement cette tendance qu'on avait commencé à observer sur la fin des années 2010 à l
01:43'individualisation et à des budgets très limités.
01:46Là, on parle d'individualisation alors qu'on est censé, en France, créer une loi de transposition de la directive
01:52européenne sur la transparence salariale
01:54qui devrait donc uniformiser les salaires. Est-ce qu'il n'y a pas un petit paradoxe ?
02:00Les entreprises, est-ce qu'elles ne sont pas en train de profiter de leur dernier moment, entre guillemets, de
02:04non-transparence ?
02:07Alors, c'est effectivement tout le sujet de la transparence parce que cette loi sur la transparence des rémunérations
02:13oblige les entreprises à justifier les écarts de rémunération avec des facteurs objectifs.
02:20Et donc, ça pousse effectivement les entreprises à être beaucoup plus responsabilisées sur les décisions de différenciation
02:27sur les rémunérations de deux salariés qui occupent un emploi de valeur égale ou comparable.
02:32Et ça, c'est un point qui est essentiel dans la directive et dans le projet de transposition en France.
02:38Oui, c'est pour éviter en fait les augmentations discrétionnaires parce qu'on passe bien auprès du patron ou de
02:43la patronne.
02:44Ça, c'est ça que la transparence salariale doit empêcher à terme.
02:47Complètement. Donc, elle doit effectivement empêcher des augmentations qui ne sont pas le reflet d'un niveau de compétence,
02:53d'un niveau de maîtrise, d'un niveau de performance complètement et effectivement encourager des niveaux de rémunération homogènes
03:01à travail de valeur égale, à un niveau de compétence, à un niveau de maîtrise et à un niveau de
03:06performance comparable.
03:07En revenant sur les chiffres de l'étude, donc il y a deux chiffres, moi, qui m'ont un peu
03:11interpellé.
03:1217% des entreprises du panel, on parle bien d'un panel et pas de l'ensemble des entreprises, ce
03:16serait trop beau,
03:17trop compliqué à mettre en place. 17% des entreprises du panel ont une logique explicite d'indexation des augmentations
03:25sur l'inflation, d'une part, et l'augmentation salariale médiane en 2026, c'est 3% en 2026 et
03:33ce qu'on prévoit en 2027.
03:35Ces deux chiffres, par rapport à ce que vous avez observé avant, ils sont comment ?
03:40Est-ce qu'on est dans une phase de durcissement, de rétrécissement, de contraction ?
03:44Ou est-ce qu'on reste quand même dans une norme ?
03:46Donc, deux points de comparaison qui sont intéressants. Le premier point de comparaison, c'est les années de très forte
03:52inflation.
03:53Donc, effectivement, ces chiffres-là sont légèrement en baisse par rapport aux années 2022-2023,
03:58avec des niveaux d'inflation qui dépassent les 4-5% selon les différentes sources.
04:03Donc, on a un recul de 0,5 point en moyenne par rapport au budget d'ensemble qui était attribué
04:08à cette époque.
04:08C'est-à-dire que les entreprises, là, n'arrivent plus toutes à maintenir leur effort pour indexer les salaires
04:12sur l'inflation, c'est surtout ça ?
04:14Complètement. C'est évidemment le reflet d'un contexte économique plus difficile, des perspectives de croissance qui sont relativement stables,
04:21que ce soit pour l'année 2026 et 2027. Et donc, les entreprises, effectivement, vont s'orienter vers une maîtrise
04:28des coûts plus importante,
04:29même si l'investissement reste complètement. Même si l'investissement, avec des budgets d'augmentation de 3% qui restent
04:36supérieurs à l'inflation,
04:37que ce soit sur l'année 2026 ou 2027, reste un investissement important d'un point de vue financier.
04:41On ne met pas pour tout le monde, en fait. C'est là où se cache le point de détail
04:44important, c'est que ces 3%, tout le monde n'en bénéficie pas.
04:48Comment sont choisis, justement, les heureux élus ?
04:52Alors, il y a trois facteurs principaux qui sont utilisés par les entreprises pour la distribution de ces budgets.
04:58Parce qu'effectivement, quand on parle d'augmentation salariale, on s'arrête très souvent sur le chiffre,
05:01mais en réalité, le chiffre de 3% est peut-être l'enseignement le moins intéressant de l'enquête que
05:06nous avons conduite.
05:07Donc, le premier est effectivement la distribution selon le niveau de performance.
05:12Et donc ça, 97% des entreprises qui ont répondu à notre enquête attribuent des augmentations salariales selon le niveau
05:19de performance.
05:20C'est ce qu'elles déclarent.
05:21C'est ce qu'elles déclarent, bien évidemment.
05:22Mais c'est logique, c'est plus légitime.
05:24Complètement, c'est plus légitime, c'est pour garder les meilleurs, c'est pour continuer à attirer les meilleurs.
05:29Le deuxième chiffre qui est intéressant, et c'est en lien avec cette directive sur la transparence des rémunérations et
05:33sa future transposition en France,
05:3546% des entreprises profitent des augmentations salariales annuelles pour anticiper cette directive
05:42et rattraper ou corriger des écarts de rémunération, notamment entre les femmes et les hommes,
05:47qui ne sont pas justifiés avec des facteurs objectifs comme listés dans la directive.
05:51Il corrige les erreurs des années passées en anticipant cette transposition de la directive européenne.
05:57Complètement.
05:57C'est intéressant de le savoir.
05:59Merci beaucoup Khalil Haït Mouloud.
06:00Je vous le rappelle, directeur de l'activité Enquête de Rémunération WTW France.
06:05Merci beaucoup.
06:06On ne va pas parler de rémunération dans le prochain débat.
06:08On va parler des arrêts maladie.
06:10Ça coûte aussi à l'entreprise parce que derrière, il y a l'absentéisme.
06:13Ça coûte aussi énormément aux finances publiques.
06:16C'est pourquoi le gouvernement prévoit une nouvelle fois de resserrer la vis.
06:19On en parle dans quelques secondes.
06:21C'est pourquoi le gouvernement prévoit une nouvelle fois de rémunération.
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