- il y a 7 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va partir maintenant sur une bataille que vous avez vécue, que vous avez connue dans l'hémicycle, celle du
00:04budget.
00:05Et celle qui va venir s'annonce rude, c'est le prochain budget de Sébastien Lecornu.
00:10Alors tout au long de l'été, on a eu des pistes, des pistes de travail, ce qu'on appelle
00:14des ballons d'essai politiques
00:15qui ont été comme ça lâchés dans la presse pour savoir si ça réagissait ou par exemple des soins dentaires
00:22moins remboursés.
00:23Exemple, peut-être les retraités aisés qui vont être mis à contribution.
00:27Une chose est sûre, c'est que le budget à venir va faire des mécontents.
00:32Reste à savoir lesquels.
00:35Et ça, Amandine Atalaya, pour le moment au gouvernement, on travaille d'arrache-pied sur ce budget.
00:40Mais la bataille va être rude au Palais Bourbon.
00:43Oui, ça va être extrêmement rude.
00:45Voir impossible.
00:45Et il va avoir beaucoup de mal à le faire passer ce budget, au point sur la technique que beaucoup
00:52pensent qu'il va utiliser les ordonnances.
00:54Quelque chose qui n'a jamais été utilisé pour passer en force à un moment donné.
00:57En ce qui concerne qui va être touché, on parle beaucoup des retraités en ce moment.
01:02Le gouvernement s'était toujours refusé à les mettre vraiment à contribution.
01:06Alors pas tous les retraités.
01:07Non, les retraités aisés.
01:08Mais on ne sait pas à quel moment on est un retraité aisé.
01:10Il s'agit de déterminer si c'est pour des pensions de retraite à plus de 2 000 euros, 3
01:15000 euros.
01:16Ça n'est pas encore sûr.
01:17Il y a une autre piste qui pourrait être la suppression de l'abattement de 10 %, vous savez, du
01:23forfait pour frais réels dont disposent aujourd'hui les retraités.
01:30Et puis il y a d'autres pistes sur lesquelles travaille le gouvernement.
01:33Il veut aussi réformer, faire un grand plan sur les arrêts maladie pour essayer de les réduire.
01:38En gros, pas mal de choses sur les dépenses sociales.
01:40L'année dernière, on était exactement au même moment en train de se dire que c'est impossible, le Cornu
01:44n'y arrivera pas.
01:45Finalement, il est arrivé, il a trouvé un accord avec le PS en suspendant la réforme des retraites.
01:49Et le PS n'a pas voté la censure du gouvernement.
01:52Il va retrouver un autre accord avec le PS, non ?
01:55Non, c'est beaucoup plus compliqué.
01:58Pourquoi ? Parce qu'il y a une campagne présidentielle ?
02:00Parce qu'il y a la primaire notamment du PS, parce qu'Olivier Faure ou Boris Vallaud qui est derrière
02:04Raphaël Glucksmann,
02:05les patrons aujourd'hui, des socialistes à l'Assemblée notamment, n'ont pas du tout envie de faire des cadeaux
02:10au gouvernement.
02:11Ça leur nuirait.
02:12Donc ils ne sont pas dans le même état d'esprit que l'an dernier.
02:15Ça va être beaucoup plus difficile pour eux de faire passer des concessions.
02:18Il faut que le PS arrive à défendre ses propres mesures.
02:21Et donc Sébastien Lecornu n'a plus ses alliés d'antan aujourd'hui.
02:25D'autant plus qu'il y a la pression à gauche notamment de la France insoumise.
02:27Louis Boyard, bonsoir.
02:28Avant même d'avoir vu la copie du budget, la France insoumise a annoncé qu'elle censurait le budget,
02:35Lecornu. Pourquoi ?
02:36Quelle est la situation de la France depuis le dernier budget Lecornu ?
02:39On a eu l'inflation qui est très très haute.
02:41On a un quart des Français qui sont à découvert à la fin du mois.
02:44Pour les autres, ils arrivent à peine à boucler les fins de mois.
02:47On est au bord de la récession.
02:49On a vécu un été qui a été terrible.
02:51Plus de 7000 morts.
02:52Des incendies, des pompiers qui n'étaient pas équipés pour, qui n'étaient pas en nombre suffisant pour.
02:57Et en fait, la question qu'on doit se poser, c'est pas quel accord on trouve,
03:00c'est quelle bonne politique on mène pour le peuple français.
03:02On est sûr que ce que va proposer Lecornu, ça ne sera pas...
03:06Là, actuellement, ce dont on a besoin, c'est que l'État se mette à investir dans les urgences.
03:12L'urgence, c'est l'hôpital, qui n'est pas sur le point de craquer.
03:15Et vous êtes sûr que ce budget ne donnera pas cette priorité ?
03:17Bien sûr que oui, pourquoi ? Parce qu'ils ont une ligne rouge.
03:19C'est-à-dire qu'ils ne taxeront pas les ultra-riches qu'ils ont gavés pendant 10 ans.
03:22Donc nous, ce qu'on dit, c'est qu'il est temps du partage de la richesse
03:25et de l'investissement public dans les urgences pour notre pays.
03:28C'est plutôt d'un budget de rigueur, c'est-à-dire qu'il va falloir trouver des économies,
03:31on va peut-être faire les poches, pardon, pour l'expression de certains retraités...
03:34Mais vous voyez, je me rappelle, juste avant l'été,
03:38M. Lecornu avait demandé à ses ministres d'avoir des pistes d'économie.
03:42Tous les ministres avaient rendu une copie en demandant des budgets supplémentaires
03:45parce que sinon, ils n'y arriveraient pas.
03:47Donc leur seule ligne, c'est de dire, on va faire des économies.
03:50Pourquoi faire ? Ils n'en savent rien.
03:51Qu'est-ce que ça va faire au peuple français ? Ils s'en fichent.
03:53Par contre, tous ceux grâce à qui Emmanuel Macron est au pouvoir, eux, ils vont continuer de se gaver.
03:57Pour nous, c'est d'en plus insupportable que je rappelle que si ces gens, aujourd'hui, sont au pouvoir,
04:01c'est parce qu'ils n'ont pas respecté les dernières élections législatives.
04:04Donc tout ça accumulé nous fait dire, écoutez, on ne va pas rentrer dans leur jeu,
04:07vous partagez la richesse ou ses censures.
04:09Patrick Vignal, Paris Impossible cette fois-ci.
04:11Alors, l'année dernière, Sébastien Lecornu avait été habile,
04:14il avait trouvé cet accord avec le Parti Socialiste.
04:16Est-ce que ça ne sera pas possible ?
04:17D'abord, on a un Premier ministre qui a toujours été habile.
04:19Il faut être honnête.
04:20Moi, le Premier, je n'y croyais pas.
04:21Je me suis dit, l'année dernière, il y aura encore une censure.
04:23C'est le premier point.
04:24Mais moi, je vais rejoindre pour une fois Louis Boyard.
04:26Ah bon ?
04:27Je vais vous dire pourquoi.
04:28On n'est plus en train d'avoir des femmes des hommes politiques.
04:30On a des politiciens.
04:32On est à l'ère de 2027.
04:34Pourquoi M. Boyard voterait ce budget ?
04:36Il est dans l'opposition.
04:38Son objectif, c'est de dire qu'il n'y en a pas assez.
04:40Quand on est dans l'opposition, on ne vote pas le budget.
04:41Oui, mais Olivier, ça va plus rien que ça.
04:43Rappelez-vous pendant le Covid.
04:44Moi, j'ai fait le pied de nez, là, derrière, à Bercy, pour les clubs de sport, pour les pépiniéristes,
04:49pour les restaurants.
04:50Ça a coûté alors 300 milliards ou 500 milliards.
04:53Tout le monde demandait de rajouter.
04:55Vous savez, le chéquier est gratuit.
04:57Aujourd'hui, le vrai débat qu'on a en France, c'est qu'on n'a pas de majorité.
05:00La dissolation ne va pas aider.
05:02On n'a plus d'argent.
05:03Mais moi, je vais vous dire...
05:04Mais ça va vous surprendre.
05:06Comment je pourrais demander à un retraité à hauteur de 2 000 euros ?
05:10Je vous rappelle quand même que les retraités, aujourd'hui, à 2 000 euros, ils perdaient 40 euros par mois.
05:14Ils aident leurs enfants, leurs petits-enfants.
05:17Et à la fois, on a un État qui est obèse.
05:19Rappelez-vous que le système des retraites est déjà redistribué.
05:21Vous êtes dans la France insoumise, maintenant, M. Vignal.
05:23Je ne suis pas dans la France insoumise, M. Marchal.
05:24Je suis juste dans la réalité.
05:26Dimanche matin, j'étais dans mon club de sport.
05:29J'ai quelqu'un qui est rentré, qui m'a dit, vous voyez, M. Vignal, depuis 7 ans, je suis
05:32en arrêt de travail.
05:34Je pourrais reprendre le boulot.
05:35Mais ma collectivité m'a dit, je ne sais pas où vous mettre.
05:37Vous restez en arrêt de travail.
05:39Comment vos amis vont faire pour ce budget ?
05:42Comment vont-ils réussir à faire passer ce budget ?
05:44Mais monsieur, vous savez quoi ?
05:45Il y a un problème de justice sociale.
05:47L'État est obèse.
05:481 200 agences, 41 ministères.
05:51Il faut dégraisser l'État.
05:52Mais ce n'est pas dégraisser.
05:53C'est changer ce que dit Gabriel Attal.
05:55C'est pour ça que je suis remonté à Paris.
05:56Il faut changer le système.
05:58Ne dépensons plus doublement.
06:00Ce que l'on ne peut plus se payer, c'est le premier point.
06:02Mais ça, c'est l'enjeu de la prochaine présidentielle.
06:04Mais non, mais c'est aujourd'hui.
06:06Parce que dans 6 mois, il y a des élections.
06:07Parce que le budget, à l'arrivée...
06:09Mais vous voyez, vous faites campagne.
06:10Donc on voit bien que Gabriel Attal est en train d'avancer ses arguments.
06:14Là, il y a un budget.
06:16Il faut que techniquement, ça passe.
06:17Attendez, je ne fais pas campagne.
06:18Je crois qu'il a dit un mot.
06:20Ça finira peut-être en ordonnance.
06:22Eux, ils auront à quoi pôner.
06:24Parce que personne ne veut le voter.
06:25J'ai même déjà...
06:26Vous-même, vous n'auriez pas envie de voter.
06:27Moi, je le voterai parce que je suis dans un parti.
06:30Je peux m'abstenir, mais je n'ai jamais voté compte.
06:31Sinon, je changeais de parti.
06:33Ce que j'essaie d'expliquer, c'est que le vrai débat,
06:35c'est qu'il faut changer complètement les rouages.
06:37Un mot sur la réforme des retraites.
06:39Ce n'est pas vraiment le budget que vous le faites.
06:40Mais le budget, vous aurez une ordonnance.
06:42C'est le prochain président qui le fera.
06:43Vous savez quoi ?
06:45Le mandat du président Macron, il est fini, là.
06:47Ça y est, la campagne a démarré le jour du MEDEF.
06:50Elle va démarrer des primaires.
06:52Est-ce que le PS va s'associer avec LFI ?
06:55Est-ce qu'il va trouver un compromis pour l'égilative
06:57et ils voteront le budget ?
06:58Le vrai débat, c'est la réforme des retraites.
07:00M. Boyard, je ne sais pas si vous êtes d'accord avec moi,
07:02c'est 400 milliards.
07:03La natalité a baissé.
07:05Boyard a vu la retraite à 60 ans.
07:08Pourquoi je vais prendre nos retraités actuels
07:10qui ont cotisé, qui vous disent
07:12« Mais pourquoi d'un coup, vous me diminuez ma retraite ? »
07:14Alors qu'il faut penser l'avenir.
07:16Qu'est-ce qu'on veut faire avec les retraites ?
07:1814% du budget.
07:19Il n'y a plus de natalité.
07:21C'est pour moi le vrai débat qu'on doit avoir.
07:22– Bon, Gaëtan Mélin,
07:26les ordonnances,
07:27il faut quand même mettre quelque chose dans les ordonnances.
07:28J'ai bien compris, tout le monde veut s'en débarrasser
07:30et ne veut pas avoir à se prononcer.
07:31Donc les ordonnances, ça serait pratique.
07:32– L'ordonnance, c'est une sévère.
07:34– Mais les ordonnances, il faut bien mettre quelque chose dans ces ordonnances.
07:36– Peut-être un budget beaucoup plus courageux
07:38que celui qui a été adopté pour cette année.
07:40Parce que, rappelons qu'effectivement,
07:42Sébastien Lecornu a obtenu le soutien du Parti Socialiste.
07:45Mais à quel prix ?
07:46Au prix de dépenses très importantes,
07:49des dépenses supplémentaires.
07:51Et c'est d'ailleurs pour ça qu'aujourd'hui,
07:52on a un tel niveau de déficit.
07:55– On est encore plus en difficulté qu'à l'année dernière.
07:55– Exactement, tout à fait.
07:56Et donc, si Sébastien Lecornu utilise les ordonnances,
08:01eh bien, ce serait le moyen pour lui d'être courageux
08:05et de prendre des mesures courageuses d'économie.
08:08Souvenez-vous du rapport qui a été publié
08:11par quatre économistes au mois de juillet.
08:14Ce dernier est d'ailleurs de tous bords,
08:15ces économistes qui soient de gauche comme plutôt libéraux.
08:19Eh bien, ils disent qu'il faut faire 28 milliards d'euros d'économie.
08:23On parlait des retraites tout à l'heure.
08:24Vous avez dit, justement, 400 milliards.
08:27Mais pour 2027, c'est 12 milliards supplémentaires.
08:316 milliards en plus s'il y a une revalorisation au niveau de l'inflation,
08:37à savoir près de 2 %, et 6 milliards de plus pour les nouveaux retraités.
08:42Donc, si on désindexe les pensions de retraite sur l'inflation,
08:45l'intégralité, c'est 6 milliards d'économies.
08:48Si on s'intéresse juste à ceux qui sont au-dessus de 3 000 euros,
08:53c'est 700 millions.
08:54Si on sous-indexe ou désindexe ceux qui sont à plus de 2 000 euros,
09:00c'est 700 millions.
09:01De toute façon, on est très très loin des 28 milliards qui sont nécessaires.
09:05Oui, mais moi je suis bien d'accord, mais on parle beaucoup des retraités,
09:06mais j'entends pas beaucoup le gouvernement dire
09:08« on va supprimer telle agence », « on va réduire telle fonctionnement ».
09:12Oui, parce que tout simplement, ce sont plutôt des mesures
09:16dans le cadre d'un programme présidentiel, dans le cadre de ce budget.
09:20Eh bien oui, peut-être, mais de toute façon, les agences,
09:23soyons claires, Olivier, on va pas les supprimer.
09:25Madame de Montchalin, lorsqu'elle était encore ministre des Comptes publics,
09:27elle a promis de lister les agences inutiles et de s'en débarrasser.
09:31Et puis depuis, elle est partie à la Cour des Comptes.
09:32Oui, tout à fait.
09:33Mais de toute façon, on ne peut pas supprimer du jour au lendemain les agences.
09:36Ça va prendre des années et des années.
09:38Donc c'est un programme.
09:39Oui, mais c'est pour ça que ça pourrait faire partie d'un programme présidentiel.
09:42Monsieur Truchot, chaque seconde, la dette, c'est de 5 000 euros.
09:46Et moi, j'ai envie de vous dire, j'ai envie de lancer un message au Premier ministre.
09:49Arrêtons d'aller pleurer et de dire à LFI, au PS, je vous aime voter.
09:54Ils sont en candidature, là.
09:56Aujourd'hui, ils préparent un projet.
09:58S'il y a des ordonnances, ils seront assez tranquilles,
10:00ils diront « écoutez, ils ont décidé sans nous, et ils feront une campagne ».
10:03Moi, je voudrais que ça s'arrête, tout ça.
10:05Je voudrais qu'il y ait un autre débat.
10:07Et Serré, vous avez raison.
10:08Depuis quand on part des retraites ?
10:09Depuis quand ?
10:10Depuis quand on a des budgets qui sont...
10:12Moi, j'étais député en 2012 avec François Hollande.
10:16400 milliards de dettes supplémentaires.
10:18Nicolas Sarkozy, 600 milliards de dettes.
10:21Est-ce qu'on peut avoir un État qui fonctionne comme une entreprise ?
10:24Alors, mais...
10:25C'est assez intéressant, mais attendez...
10:27Si le gouvernement passe par les ordonnances, quelle sera votre réaction ?
10:30Attendez, en plus de ça, si jamais ils décident de faire la peau des Français,
10:33et qu'en plus de ça, ils font encore pire que le 49-3, les ordonnances,
10:37bien sûr, on censurera.
10:38Mais attendez, on est en train de tirer le bilan d'une situation
10:41qui est quand même celle de la politique,
10:43qui est menée depuis 10 ans par les gouvernements
10:46dans lesquels a toujours été M. Lecornu,
10:48et qui est plus ou moins une politique...
10:50Attendez, on nous disait que supprimer l'impôt sur la fortune,
10:53ça allait rapporter à terme dans les caisses de l'État.
10:55Pourquoi on est au bord de la récession ?
10:57On a baissé l'impôt sur les sociétés des grandes entreprises,
11:00il est passé de 33% à 25%.
11:02On nous disait que ça allait relancer l'économie.
11:04Pourquoi est-ce qu'on est au bord de la récession ?
11:06On nous disait qu'en supprimant la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises,
11:09ça allait créer plein d'emplois.
11:10Où est-ce qu'ils sont, ces emplois ?
11:11Antaï, il disait que la folie, c'est répéter constamment les mêmes choses
11:15en espérant un résultat différent.
11:17Alors moi, je vous propose d'essayer quelque chose d'autre.
11:1955% du PIB, c'est la consommation populaire.
11:23Augmentons les salaires.
11:24Je vous propose quelque chose.
11:25Un tiers de toute l'eau qui circule dans nos canalisations,
11:28elle est perdue.
11:29Parce que ces canalisations ne sont pas entretenues.
11:32Créons des emplois pour entretenir ces canalisations d'eau
11:35et ne pas perdre de l'eau.
11:37Vous savez, des emplois publics.
11:38Nous avons aussi un problème avec nos bâtiments.
11:40Moi, dans ma circonscription, il y a un jeune qui est mort dans son appartement,
11:44qui est mort de chaud.
11:45Lançons une grande politique publique
11:46pour permettre aux gens de ne pas avoir chaud dans leur logement.
11:49Tout ça, c'est un coup.
11:49C'est que des politiques publiques que vous lancez.
11:51Oui, et à partir du moment où vous faites ça, vous avez quoi ?
11:54Vous avez des Françaises et des Français qui consomment.
11:56Vous avez des carnets de commandes des entreprises qui sont remplis.
11:58Et là, vous êtes en capacité d'essayer de faire autre chose.
12:01Parce que franchement, on ne fait pas de la politique
12:03pour promettre du sang et des larmes aux gens.
12:05On ne fait pas de la politique pour chercher des petits accords de comptoir.
12:07On fait de la politique pour changer la vie des gens.
12:09Et moi, je n'ai pas envie de dire à la jeune génération
12:11qu'elle est condamnée à rembourser une dette
12:14dont elle n'est pas responsable
12:15et à payer des impôts pour acheter des armes aux États-Unis d'Amérique
12:18tout en faisant des économies qui n'ont aucun sens.
12:21Partageons la richesse.
12:22Investissons dans notre pays.
12:23Faisons la planification écologique et la VIème République.
12:26Et là, on a une direction qui peut donner au pays.
12:27Monsieur Boyard, j'entends vos réflexions.
12:30Moi, je pense deux choses.
12:32La politique de l'offre d'Emmanuel Macron était intéressante
12:35si en même temps, on avait dégraissé l'État.
12:37On est passé des impôts de société de 33% à 25%,
12:41mais on a continué à graisser l'État.
12:43Ça, c'est la première erreur qu'on a faite.
12:44Mais moi, quand je vous écoute, moi aussi,
12:46j'ai envie de la planification des logements.
12:48Moi, je rénove des logements.
12:50J'ai envie que les gens n'y aient
12:51ou une climatisation ou des logements catégorie A.
12:54Mais à la fois, là où je ne suis pas d'accord avec vous,
12:57c'est que vous me proposez la retraite à 60 ans.
12:59La natalité a baissé, c'est 400 milliards.
13:01Gaëtan disait que les droits sociaux,
13:04on vit encore plus longtemps.
13:06Comment vous allez faire pour l'urgence ?
13:09Les hôpitaux sont en train de crever.
13:11Les écoles, les policiers,
13:13ceux que vous n'aimez pas trop d'ailleurs,
13:15il faut de l'argent.
13:16Comment je fais pour le trouver ?
13:17Si je travaille moins,
13:18on est le pays au niveau de l'Europe
13:21qui travaillons le moins.
13:22Après, qui doit travailler ?
13:23Mon père était carreleur.
13:25À 60 ans, il était mort.
13:26À 65 ans, il est décédé.
13:27Donc là, il faut la retraite à 60 ans
13:28pour les gens qui ont les travaux pénibles.
13:30Mais Olivier, flexibilité, réflexion.
13:33Moi, vous connaissez mon âge ?
13:34Moi, je veux travailler
13:35parce que je ne sais pas faire autrement.
13:36Peut-être qu'eux, ils auront envie
13:37d'être là encore dans 10 ans
13:38parce que les cheveux gris,
13:40ça peut servir.
13:41Sauf qu'aujourd'hui, on en est où ?
13:43Que ce soit vous ou l'ERN,
13:45c'est impossible d'avoir une retraite à 60 ans.
13:47Je ne dis pas pour le carreleur
13:49ou la femme qui...
13:50Et puis, qu'est-ce qu'on fait
13:51avec l'intelligence artificielle ?
13:5250% des messieurs vont changer.
13:54Mais tout ça ne va pas se régler
13:55dans les quelques mois.
13:56Mais si, Olivier Truchot...
13:57Non, mais ça, c'est des débats
13:57de campagne présidentielle.
13:58Non, non.
13:59On a été lâche pendant 40 ans.
14:01Maintenant, il faut renverser la table.
14:02Il soulève un véritable débat.
14:05Vous donnez par exemple
14:06l'exemple de l'intelligence artificielle.
14:08On a 2 trillions d'investissements
14:10dans l'intelligence artificielle.
14:11En 2030, on aura 5 trillions.
14:14Comment est-ce qu'on peut croire
14:15qu'on va avoir un retour sur investissement
14:18avec l'intelligence artificielle ?
14:19C'est une bulle.
14:20Vous me parlez de la natalité.
14:22En 2080, pour la première fois
14:24de l'histoire de l'humanité,
14:25nous entrerons en récession démographique.
14:27Est-ce que vous pouvez m'expliquer
14:28comment vous faites la croissance économique
14:30alors qu'à l'échelle mondiale,
14:31vous avez une réduction du nombre
14:33de producteurs et de consommateurs ?
14:34Je vous donne un autre exemple
14:35sur la question de l'assurance privée.
14:37C'était le PDG de AXA qui disait
14:39qu'il ne savait pas assurer
14:40un monde à 3 degrés.
14:42On a besoin de changer de logiciel,
14:44de changer de système
14:45et notamment d'arrêter de tout voir
14:47à travers la logique marchande.
14:48Vous donniez l'exemple de la natalité.
14:50A l'époque, les grands-parents
14:52pouvaient garder les enfants.
14:53Sauf que si jamais vous faites travailler
14:54les gens plus longtemps.
14:55Alors, tout ce qui est le travail
14:57qui sort du secteur marchand,
14:58qui est fait par les retraités,
15:00dans les associations,
15:01dans la famille,
15:02dans les mairies,
15:02c'est un projet de société globale
15:04qu'il faut porter.
15:05Par ailleurs, vous reconnaîtrez tout de même
15:06une chose à la France insoumise.
15:07Nous sommes les seuls
15:09à porter un projet de société globale
15:10par rapport aux enjeux fondamentaux
15:12du 21e siècle.
15:13Donc, nous, ce que nous disons,
15:14c'est que nous avons reçu mandat pour ça
15:16et qu'on ne fera pas autre chose
15:17parce qu'on ne trahit pas
15:18les gens qui nous ont fait confiance.
15:20Et les Français ont choisi
15:21aux dernières élections législatives.
15:22C'est bon de rappeler que c'est pour ça,
15:25parce que Macron n'a pas recoup
15:26nos résultats de ces élections
15:27qu'on est dans cette situation.
15:28Là, il y a la bataille du budget.
15:30Peut-être la censure du gouvernement,
15:32le cornu.
15:33Il y a une petite musique
15:34qu'on a en toile de fond aussi.
15:36C'est-à-dire,
15:36s'il y avait une autre dissolution,
15:38si le gouvernement, le cornu tombe,
15:40ce qui serait quand même embêtant
15:41parce que le prochain président,
15:42il ne pourrait pas avoir de majorité
15:44ou une assemblée nationale
15:46à disposition avant un an.
15:47C'est vrai, c'est une option,
15:49mais elle paraît assez peu probable aujourd'hui.
15:52Ce n'est pas ce qui se dessine.
15:53Beaucoup pensent dans la sphère politique,
15:55et je rejoins Gaétane,
15:56que ce budget,
15:57c'est l'occasion ou jamais
15:57pour Sébastien Lecornu
15:58d'être courageux,
16:00au sens,
16:01il aura rempli sa mission.
16:03Mieux vaut pour lui
16:03qu'il parte comme ça.
16:05Il fait des ordonnances.
16:05Il sera candidat
16:05à l'élection présidentielle.
16:06Il tombe, il s'en va.
16:08Et au moins,
16:08il aura dit qu'il a fait quelque chose
16:10parce qu'il est vrai
16:10que l'an dernier,
16:11c'est au prix de sacrificiements,
16:13et on ne l'a pas redit,
16:13mais de la suspension
16:14de la réforme du quinquennat.
16:15Qui était la seule grande réforme
16:16du quinquennat,
16:17du deuxième quinquennat.
16:18L'acquis d'Emmanuel Macron,
16:19sa fierté jusque-là,
16:20que Sébastien Lecornu
16:21a obtenu gain de cause.
16:22Donc, s'il pouvait contrebalancer ça,
16:24mettre certaines mesures plus fermes,
16:26s'en prendre aux retraités,
16:28à vrai dire,
16:29ce n'est pas lui pour le moment
16:29qui est candidat
16:30à l'élection présidentielle.
16:31C'est l'électorat d'Emmanuel Macron,
16:32les retraités,
16:33mais ce n'est pas lui
16:33qui fera le prix
16:34d'un éventuel désamour.
16:35On imagine que les troupes
16:36de Gabriel Attal
16:38et d'Édouard Philippe
16:38n'ont pas envie d'assumer cela non plus,
16:40parce qu'ils sont en campagne
16:41et ils n'ont pas envie
16:42d'aller voir ensuite
16:43les électeurs retraités
16:44en leur disant,
16:45parce que c'est vraiment
16:45leurs électeurs,
16:46les retraités aisés
16:47à 2000 euros,
16:48moi je n'aime pas tellement
16:48ce terme.
16:49Ça mettrait en difficulté,
16:50Gabriel Attal et Édouard Philippe,
16:51sauf qu'ils sont obligés
16:52d'être faux.
16:52Mais c'est très chaud.
16:54Emmanuel Macron
16:54va pouvoir faire aussi un mauvais coup.
16:55Non mais dire quand même
16:56qu'un retraité à 2000 euros
16:58est aisé,
16:59il y a un vrai problème.
16:59C'est choquant.
17:00On est d'accord,
17:00bien sûr que c'est choquant.
17:01D'autant plus qu'on oublie de le dire,
17:04mais on ne touche pas
17:05la retraite qu'on devrait toucher,
17:07c'est plafonner la retraite
17:08et notamment la retraite
17:09des gens un peu plus aisés.
17:10C'est déjà un système redistributif.
17:12C'est un faux débat en fait.
17:14Le problème en fait,
17:15c'est que moi,
17:16ma génération,
17:16moi j'ai pris l'ascenseur,
17:17je suis un fils d'ouvrier.
17:18Je ne vais pas faire
17:19replaire dans les chaumières,
17:20j'ai pu acheter ma maison,
17:21acheter des immeubles.
17:22Mes enfants,
17:23si je ne les aide pas,
17:24ils ne pourront pas le faire.
17:25Un appartement à Paris
17:26de 30 mètres carrés,
17:27c'est 450 000 euros.
17:29Donc le vrai débat,
17:29c'est qu'est-ce qu'on prépare
17:30pour la jeunesse ?
17:31Mais moi,
17:32je voudrais comprendre
17:32dans le projet
17:33de la France insoumise
17:35et du Rassemblement national,
17:36mais parce que c'est ça
17:37le débat des retraites.
17:38Ce sera le débat
17:38de la présidentielle.
17:39Monsieur Beaulieu,
17:40on ne travaille pas assez.
17:41Les gens travaillent,
17:42mais les jeunes
17:43n'ont pas assez de boulot
17:44et les seniors
17:44à 50 ans,
17:45on vous vire,
17:46y compris les chaînes de télé.
17:47C'est cela qu'il faut travailler,
17:49que les gens travaillent
17:50plus longtemps.
17:53Je peux donner un exemple
17:54sur les créations d'emplois,
17:55par exemple.
17:56Comme tous les cadeaux
17:57que vous avez fait
17:57aux ultra-riches
17:58n'ont pas donné
17:58les résultats économiques
17:59escomptés,
18:00on est au bord de la récession.
18:01Je vous propose
18:02de revenir sur l'impôt
18:02sur la fortune.
18:03120 000 emplois
18:04de sapeurs-pompiers.
18:05L'impôt sur la fortune,
18:06ça rapporte 4 milliards.
18:07C'est très peu.
18:08Avec ça,
18:09vous pouvez recruter des gens.
18:10Je vous propose
18:10sur l'impôt sur les sociétés
18:11qui est passé de 33%
18:12à 25% pour les grandes entreprises.
18:14Ça n'a pas aidé les entreprises.
18:15Je vous propose
18:15de recruter 200 000 enseignants avec.
18:17Vous voulez un autre exemple
18:18sur la CVAE ?
18:19Je vous propose
18:19de recruter des 50 000 emplois.
18:19Est-ce que vous voulez
18:20la compétitivité ?
18:22Le débat public
18:24qu'on doit avoir...
18:25Vous oubliez juste une chose.
18:26C'est qu'aujourd'hui,
18:27qui embauche ?
18:29Ce sont bien les entreprises.
18:30Aujourd'hui,
18:30on a un problème de croissance.
18:32Je suis tout à fait d'accord
18:33avec vous.
18:33Mais les deux moteurs
18:34de la croissance,
18:34c'est d'une part
18:36la consommation
18:36mais d'autre part
18:37l'investissement.
18:38Aujourd'hui,
18:39on voit que depuis la dissolution
18:40et le manque de visibilité
18:41pour les entreprises...
18:42Attendez, pardon,
18:43j'ai une question.
18:43Attendez, je termine...
18:45Embaucher des infirmiers
18:46et des professeurs
18:46et des investissements.
18:47Excusez-moi,
18:47mais est-ce que je peux
18:48terminer ma phrase ?
18:48C'est une énormité.
18:50Embaucher des enseignants,
18:51des infirmiers et des ponquiers,
18:52ce n'est pas un investissement.
18:53Moi, je vous parle
18:54des entreprises.
18:55Aujourd'hui,
18:55les entreprises,
18:56elles ont besoin
18:56de visibilité.
18:58Elles ont besoin
18:59de stabilité fiscale.
19:00Si vous voulez
19:00que les entreprises,
19:01demain,
19:02embauchent et investissent,
19:04eh bien,
19:04il ne faut pas toucher
19:06aux impôts de production
19:08que vous voulez augmenter.
19:09Alors, vous voulez...
19:12Elles ont besoin
19:12d'avoir des travailleurs
19:13qui soient formés.
19:14Ce peut être important
19:15d'avoir un enseignant
19:16devant tout ça.
19:16Ce qui est déjà le cas.
19:16Ce qui est déjà le cas.
19:18Ça peut être intéressant
19:19d'avoir des salariés
19:19qui soient soignés,
19:20donc un hôpital qui tourne.
19:22Ça peut être intéressant
19:22d'avoir des potiers
19:23qui soient traités correctement.
19:24M. Boyard,
19:25moi, je vous propose,
19:26vous revenez sur l'impôt
19:26sur la fortune,
19:27vous revenez sur le cadeau
19:28qu'ils ont fait
19:28aux grandes entreprises,
19:29vous revenez sur la CVAE,
19:30vous embauchez des pompiers,
19:31des enseignants
19:32et des soignants.
19:33C'est globalement
19:34ce que demande le peuple français.
19:36Et les entreprises
19:38mettent la clé sous la porte.
19:39Pas de réalité sociale,
19:40sans réalité économique.