- il y a 5 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Venons-en maintenant. Attention, ça peut être un incendie politique aussi, ce qui se passe à droite.
00:05En tout cas, il a allumé la mèche.
00:09C'est Laurent Wauquiez dans un entretien accordé au Figaro.
00:13Voilà ce qu'il dit, le président des Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
00:17Il faut le plus tôt possible savoir se retirer si c'est nécessaire.
00:20A partir de l'automne, il sera urgent d'adopter la logique de rassemblement.
00:24Là, il parle de Bruno Retailleau, qui est le patron de l'information,
00:27qui est le candidat à l'ère à l'élection présidentielle ?
00:30Laurent Wauquiez, il joue plutôt la carte d'Edouard Philippe.
00:34Alors, bien évidemment, ça provoque une polémique.
00:37On va en discuter, on va en débattre.
00:39Est-ce que c'est une stratégie osée ou est-ce que c'est purement et simplement de la traîtrise
00:44?
00:44On a un premier invité avec nous.
00:45Oui, c'est Éric Wörth qui est avec nous en duplex.
00:48Bonsoir, M. Wörth, ancien député EPR de l'Oise, ancien ministre.
00:51M. Wörth, vous qui soutenez Edouard Philippe, vous dites bienvenue Laurent ?
01:01Ah, Éric Wörth ne nous écoute pas.
01:03Un petit souci de son de retour.
01:05Ça marchait.
01:06Je vous entends très mal.
01:07Ah bon, très bien.
01:08Vous êtes en ex-en-Provence et il y a beaucoup de cigales autour de nous.
01:11On ne pourra pas faire faire les cigales.
01:15Vous dites bienvenue Laurent ?
01:17Tu as fait le bon choix, soutenir Edouard Philippe dès le premier tour ?
01:23Moi, je pense qu'Edouard Philippe correspond à...
01:28Il a les traits de caractère qui correspondent à la situation du pays, à la réponse à la situation du
01:34pays.
01:35La France se pose des questions quasiment existentielles aujourd'hui.
01:39Qui suis-je ? Est-ce que je serai encore la France dans 10 ans, dans 20 ans ?
01:43Est-ce qu'on décroche ? Est-ce qu'on a fait suffisamment d'efforts de recherche ?
01:47L'endettement, est-ce qu'on n'est pas en train de tuer les générations qui viennent par notre propre
01:51irresponsabilité ?
01:53Est-ce qu'on est capable d'assurer la sécurité des Français ?
01:55Sécurité intérieure, mais aussi sécurité extérieure.
01:58C'est toutes ces questions, au fond, avec en plus l'incertitude d'une Europe chamboulée, chahutée.
02:04Tout ça, on le sait bien. Il faut bien des réponses positives là-dessus.
02:07Il n'y a pas de fatalité. Il n'y a au contraire que des réponses.
02:10Il faut beaucoup de courage.
02:12Edouard, que je connais depuis longtemps, il a à la fois, je pense, les qualités humaines pour répondre à ça.
02:16Il faut des qualités humaines pour bien comprendre les Français, pour leur répondre,
02:20pour en même temps avoir suffisamment d'autorité. C'est majeur.
02:22Il n'est pas enfermé dans un carcan idéologique.
02:25Je pense qu'il respecte tout le monde.
02:27Et la France, c'est un pays respectueux.
02:29C'est un pays d'autorité, mais c'est aussi un pays qui sait parler aux uns et aux autres.
02:33Mais voilà, je crois que dans ce monde un peu chahuté, on a besoin de gens sérieux et solides.
02:39D'accord, mais Laurent Wauquiez, il y a un an, disait qu'Edouard Philippe, ce n'était pas son choix.
02:44Il ne croyait pas à son projet parce que pour lui, c'était la même chose que ce qu'il
02:47nous a mis dans le mur.
02:48Je le cite.
02:49Un an après, il dit finalement qu'Edouard Philippe est apte à incarner l'ordre et le sérieux.
02:53C'est important pour vous d'avoir des personnalités qui vous rejoignent, qui changent un peu d'avis, mais qui
02:57vous rejoignent comme ça ?
02:58Oui, il faut qu'il y ait des personnalités qui rejoignent.
03:02Il y a en fait une vaste primaire qui se passe devant les Français et c'est une primaire par
03:07les sondages, par les enquêtes d'opinion.
03:10Et donc il faut que ces enquêtes, à un moment donné, permettent à un candidat ou une candidate d'émerger.
03:17Sinon, on va aller dans le mur et on aura un choix que personne n'a envie de faire, en
03:21tout cas beaucoup de monde, entre LFI et le Rassemblement national, Mme Le Pen ou M. Bardella.
03:26Et on ne peut pas cantonner la France à un choix de cette nature.
03:31Il y a d'autres choix.
03:32Les populismes ne sont pas une réponse.
03:35Donc Laurent Wauquiez, il est sans doute évolué et c'est à mettre à son crédit.
03:39Il a évolué, il a regardé la situation, il a pris des coups, il est fidèle à LR, évidemment.
03:47Il est président du groupe.
03:48Mais en même temps, il voit bien qu'il faut essayer de rassembler le camp d'une droite libérale et
03:57en même temps très forte sur l'autorité européenne.
04:00Et cette droite, je pense qu'Édouard Philippe est tout à fait capable de la rassembler.
04:05Je pense que d'ailleurs, c'est le seul capable de la rassembler.
04:08Mais ça veut dire, Éric Wörth, que c'est un ticket qui se met en place ?
04:12Édouard Philippe à l'Élysée, Laurent Wauquiez à Matignon ?
04:16Oh là là, attendez, il faut déjà gagner, il faut passer l'automne, il faut gagner, il faut après avoir
04:22des projets extrêmement solides.
04:25Je pense que d'ailleurs, le temps n'est pas du tout aux projets aujourd'hui.
04:29Le temps est aux idées qui permettent de cadrer les choses.
04:33Qui sont les candidats ? Que pensent-ils sur les grands sujets ?
04:37Et comment ils ont leur propre vision de l'avenir du pays ?
04:43Qu'est-ce qu'ils ont envie de dire aux Français ?
04:45Ça, c'est aux candidats de le faire.
04:47S'ils sont candidats, c'est à eux de le faire.
04:48Ce n'est pas à leur conseiller.
04:50Ils doivent le faire parce qu'ils doivent chercher ça en même temps.
04:53Édouard est, je pense, le mieux placé pour faire ça.
04:57Et puis après, plus il est rejoint, moins candidat est seul entre nous.
05:03Mieux c'est, ça me semble être évident.
05:05Et le soutien, peut-être un jour, Laurent Wauquiez n'a pas dit qu'il soutenait.
05:08Mais Laurent Wauquiez a dit qu'il regardait de très près ce que faisait Édouard Philippe.
05:13Donc c'est un premier pas.
05:15Et je pense que c'est d'ailleurs un sacrifice pour lui-même,
05:17puisque lui-même souhaitait être candidat, ce qui ne sera pas le cas.
05:19Si j'ai bien compris ce que dit Laurent Wauquiez ce matin ou hier matin.
05:22– Merci Éric Wörth en direct avec nous.
05:26– On d'ex en Provence du Plex assuré par Mathieu Delvalet.
05:29– Bruno, je dis bonsoir.
05:31– Bonsoir.
05:31– C'est un acte de vengeance, ce que dit Laurent Wauquiez à propos d'Édouard Philippe,
05:36tout en appelant Bruno Rotaillou, sans le nommer d'ailleurs,
05:39mais enfin quand même à savoir se retirer si nécessaire.
05:41C'est un acte de vengeance ou c'est quand même un choix stratégique ?
05:44C'est-à-dire que Laurent Wauquiez fait le constat qu'aujourd'hui,
05:46le mieux placé pour assembler la droite et le centre, c'est Édouard Philippe.
05:50– Bon, je ne vais pas faire mon normand de service, mais je pense que c'est un peu les
05:52deux.
05:53Je pense qu'il y a effectivement du fiel dans ce qu'on peut percevoir
05:58des déclarations de Laurent Wauquiez dans ce papier chez les confrères du Figaro, c'est clair.
06:03Et puis de toute façon, il y a une lutte pour les places.
06:07Il a perdu il y a quelques mois sèchement la présidence des LR
06:11et il enchaîne un peu les déboires.
06:13Ensuite, il considère comme d'autres que Bruno Retailleau a mal organisé la présidence du parti,
06:23qu'il ne s'est pas intéressé suffisamment au groupe,
06:25que les députés eux-mêmes souvent sont assez critiques avec leur président.
06:29Et bon, effectivement, sans doute qu'il y a aussi des erreurs du côté de Retailleau,
06:33mais clairement, c'est un sale coup pour Bruno Retailleau.
06:36Retailleau, après, Laurent Wauquiez, on ne peut pas lui retirer un fait,
06:39c'est que depuis le début, il est dans une démarche à essayer de trouver une candidature unique.
06:42Il a commencé déjà il y a quelques mois.
06:44Lui, il avait une méthode au début qui consistait à faire une primaire,
06:47qui irait en gros de Sarah Knafow à Renaissance, mais pas forcément à Thal.
06:54Enfin bon, en tous les cas, il cherchait à faire une primaire, ça n'a pas marché.
06:56Si Bruno Retailleau était à 20% dans les sondages, il serait derrière Bruno Retailleau ?
07:00Oui, sûrement.
07:01D'ailleurs, il le dit.
07:02Oui, sans doute.
07:03En tous les cas, il fait aussi le constat, et il sait bien,
07:06parce que franchement, les LR ont déjà payé cher.
07:08Un candidat aujourd'hui qui est à 8-9 dans les sondages,
07:10on sait bien que dans un an, il y a plus de chances qu'il soit à 4,
07:13qu'à 20, c'est comme ça, et ils ont payé cher.
07:16S'il était président des LR lui-même, je ne suis pas sûr qu'il appellerait une primaire.
07:20Sans doute, mais sans doute.
07:21Mais évidemment, il y a du calcul, il y a de ça.
07:23Mais il y a aussi le fait qu'en la recherche,
07:25ils savent que de toute façon, sur cet espace-là, il faudra un seul candidat.
07:29Bon, le problème, c'est que Laurent Wauquiez, il accumule un peu les coups de poignard de ce style-là,
07:35et donc, évidemment, sa réputation est assez développée, et elle n'est pas à son avantage.
07:41Ça ne va pas arranger sa réputation, si j'ose dire.
07:43C'est une bonne affaire, parce que lui, dans une démarche, le rassemblement...
07:46Mais la réputation de Laurent Wauquiez, parlons-en, parce que c'est vrai qu'il a cette réputation de traître.
07:51Patrice Vesser-Redon, vous qui avez écrit sur le cas...
07:54Fabrice, pardon, Laurent Wauquiez, l'impétueux, aux éditions Mareuil,
07:58il n'a pas arrangé sa situation avec cette histoire-là.
08:01Oui, mais je crois que fondamentalement, ce n'est pas son souci.
08:05Il s'en fiche de son image ?
08:06Il l'a démontré, parce qu'il trace sa route, et même se poser la question de
08:11est-ce qu'il est intéressé aujourd'hui par Matignon, Matignon ne l'intéresse pas.
08:17Il a, depuis ses débuts en politique, il a démontré qu'il roulait pour son projet,
08:23et que, généralement, ça devait s'organiser autour de sa personne.
08:27Et là, je réagis à ce que disait Bruno à l'instant.
08:31Je ressors le poste qu'il avait diffusé au mois de mars.
08:38Il appelait, en réponse d'ailleurs à une remarque de Marine Le Pen,
08:43à une ouverture, à une création d'une droite d'Edouard Philippe.
08:47Il citait déjà Philippe au mois de mars à Saracnafot.
08:52Donc là, ce qu'il fait, c'est qu'il va vers Edouard Philippe.
08:57Pour porter son projet de l'intérieur, c'est ça ?
09:00Pour essayer de le convaincre, c'est le meilleur des choix à faire, quoi.
09:03C'est ça ?
09:04Pour le droitiser, pour droitiser Edouard Philippe.
09:07Mécaniquement, il va le droitiser.
09:08C'est une bonne nouvelle pour Edouard Philippe d'être ainsi droitisé,
09:12parce qu'Edouard Philippe doit quand même aussi rassembler, en premier lieu,
09:16le bloc central, ce qu'on appelle le bloc central,
09:18c'est-à-dire les macronistes qui sont orphelins,
09:21puisque Emmanuel Macron ne peut pas se représenter.
09:23Alors, il y a Gabriel Attal, mais lui, il veut peut-être récupérer l'aile droite,
09:27ce qu'on appelle l'aile droite.
09:28On a vu la porte-parole du gouvernement, d'ailleurs, Maude Bréjon, se rallier à lui.
09:32Est-ce qu'en se droitisant, il ne prend pas un risque aussi ?
09:35Ce qui est frappant, en fait, c'est que depuis le début de son autonomisation politique,
09:41Edouard Philippe, il fait de la politique, justement.
09:43C'est-à-dire qu'il a monté un parti politique,
09:44tout le monde disait, bon, à quoi ça sert de monter un parti politique ?
09:46Ça ne sert à rien.
09:47Il a un petit groupe à l'Assemblée nationale, il a des élus locaux.
09:51Et en fait, dans une campagne où tout le monde l'annonce comme un faux favori,
09:56avec une espèce d'inertie et de calme plat,
09:58en fait, petit à petit, vous voyez, moi, je n'avais même pas réalisé qu'Éric Wörth l'avait rejoint.
10:02Maude Bréjon, qui est quand même la porte-parole du gouvernement,
10:04effectivement, l'a rejoint il n'y a pas longtemps.
10:06Aujourd'hui, c'est...
10:06– Nathalie Kosciusko-Morizet.
10:08– Nathalie Kosciusko-Morizet, moi, je ne suis pas sûr que ce soit une très belle prise,
10:11mais à la fin, si vous voulez, bon, c'est un peu classique, c'est un peu à l'ancienne.
10:15– Il est en train de refaire l'UMP, là ?
10:16– En tout cas, il est en train de faire de la politique là où les autres sont parfois juste
10:19des influenceurs,
10:20parfois sont un peu des comètes, il y a des modes, etc.
10:23– Mais c'est bien de prendre des anciens ministres, des gens qui sont là depuis très longtemps,
10:27qui peuvent aussi être des repoussoirs pour certains Français ?
10:30– Moi, je pense qu'en tout cas, ça lui permet quand même d'afficher à la fin
10:34qu'il est plutôt rassembleur et plutôt un aimant à quelque chose qu'un repoussoir.
10:40Sur la typologie, entre guillemets, de l'envoquer,
10:43ça correspond à une partie de ce que je connais d'Édouard Philippe.
10:48Dans le livre que j'ai publié récemment, il disait,
10:51attention, il n'y a pas une droite, mais des droites, parce qu'évidemment, ça l'arrange.
10:55Bruno Retailleau peut arriver sur un plateau et dire, la droite, c'est moi.
10:58On le croirait, Édouard Philippe, c'est un peu plus compliqué.
11:01Il a travaillé avec Emmanuel Macron, on sait très bien qu'il chasse aussi
11:03sur les terres du centre-gauche.
11:05Et pour autant, il est un peu à la recherche du talisman de la radicalité.
11:08– Lui-même, il dit que je suis un homme de droite, Édouard Philippe.
11:10– Il dit plus souvent que Marine Le Pen qu'il est un homme de droite.
11:13Il dit que 2027 va se jouer sur la rupture.
11:16Laurent Wauquiez, entre guillemets, lui sert notamment à ça.
11:20Honnêtement, je suis assez certain qu'Édouard Philippe
11:23ne se fait aucune illusion sur la sincérité, la fiabilité,
11:27les arrières-pensées, la loyauté de Laurent Wauquiez.
11:31Il y a quelques mois, ils étaient quand même à U et à Diar.
11:34– Mais c'est toujours bon à prendre pour Édouard Philippe.
11:35– Pour Édouard Philippe, c'est bon à prendre.
11:36– C'est une bonne affaire.
11:38– Quant à Laurent Wauquiez, honnêtement,
11:40les montages vidéo sont dévastateurs.
11:43Il disait vraiment exactement l'inverse.
11:45Il y a trois mois, c'est quand même les adducteurs les plus souples,
11:48la vie politique…
11:48– Ce n'est pas très bon pour Wauquiez, mais c'est plutôt bon pour Philippe.
11:51Il faut se souvenir qu'en 2006, Nicolas Sarkozy fait exactement la même opération.
11:55Quand il doit élargir sa base,
11:57il retrouve des chiraciens,
11:58des gens qui lui ont craché dessus pendant des mois et des mois,
12:01qu'il leur allie.
12:03François Barmin, c'était cinq ans à l'extérieur,
12:06un mois à l'intérieur, cinq ans à l'extérieur,
12:08il devient son ministre.
12:09Donc c'est aussi une démarche de contrat.
12:12– Vous dites qu'il a les adducteurs les plus souples
12:14de la Ve République en ce moment,
12:15mais ça ira jusqu'à Bardella ?
12:18Si jamais Jordan Bardella gagne ?
12:20– Je pense vraiment, et là je rejoins ce qui a été dit,
12:22je pense vraiment que Laurent Wauquiez,
12:25la seule chose qui n'anime, c'est la finalité.
12:27Désormais, la fin justifie les morts.
12:29– Et pour lui ?
12:29– Donc bien sûr, c'est-à-dire en fonction de son intérêt du moment,
12:32et peut-être quand même de son analyse.
12:34– Donc il pourrait rejoindre Bardella si Bardella gagnait la présidentielle ?
12:37– Je ne prendrais pas le risque de faire des paris
12:38sur le fait que Laurent Wauquiez ne pourrait pas être avec Mélenchon,
12:40Bardella, que sais-je, parce que…
12:41– Ah, Mélenchon, c'est le blague, le blague, le blague, le blague.
12:45– Non mais il l'aurait fait.
12:46Il serait parti avec Ciotti en 2024.
12:50– Bien sûr, oui, il ne l'a pas fait en ce moment.
12:51– Alors là, justement, c'est intéressant.
12:52– Il ne l'a pas fait parce qu'il a jugé que ce n'était pas le moment important.
12:55– Il n'est pas parti avec Ciotti, Guilhem Carillon,
12:57vous qui êtes vice-président délégué de l'UDR,
12:59le parti d'Éric Ciotti, il va vers Édouard Philippe.
13:02C'est un mauvais coup pour le camp Ciotti-Bardella Le Pen.
13:06– Très clairement, je crois que Laurent Wauquiez ne nous a pas rejoints en 2024
13:08parce qu'il croyait à ce moment-là encore à sa chance
13:11de devenir président de la République en 2027.
13:13Moi, je trouve au fond sa démarche à la fois incohérente et écœurante.
13:17Incohérente parce que vous l'avez rappelé,
13:19quand vous dites il y a un an, pas il y a dix ans,
13:21il y a un an, avec moi, il n'y aura jamais d'alliance avec Édouard Philippe
13:24et qu'aujourd'hui vous dites il est capable de redresser le pays,
13:27les mots sont quand même extrêmement forts.
13:29Deuxièmement, moi je l'ai bien connu chez LR.
13:32– Vous étiez à la tête des jeunes LR.
13:33– Oui, j'étais un de ses proches, ça ne vous fait rien,
13:36mais j'avais beaucoup d'admiration pour lui, une admiration intellectuelle.
13:39Je trouvais qu'il était très solide sur le fond.
13:40et voir autant d'opportunistes, parce qu'au fond,
13:44pourquoi il se rallie d'une certaine façon à Édouard Philippe ?
13:46Parce que c'est le mieux placé en bloc central,
13:49parce qu'il se dit que c'est la meilleure chance demain de peser…
13:51– En même temps, la politique, il faut de l'efficacité en politique.
13:55C'est-à-dire qu'il faut une stratégie gagnante.
13:58Parce que c'est bien de rester peut-être fidèle à certains hommes,
14:02enfin si c'est pour perdre.
14:03– On peut vous dire pareil avec Eric Ciotti,
14:06qui pendant des années ne voulait pas de Marine Le Pen,
14:09et qui en 2020…
14:10– Éric Ciotti, on l'a toujours accusé d'être à la droite de la droite,
14:12on a toujours dit que c'était monsieur sécurité de LR, de BMP…
14:14– Mais il y a plein de déclarations, si on ouvre le placard à archive,
14:16où il tape Marine Le Pen et aujourd'hui il est allié.
14:19– Très clairement, la ligne du RN a évolué,
14:21notamment sur les questions économiques,
14:22et la ligne du RN aujourd'hui est quand même très proche
14:25de ce que défendent, de ce que veulent les électeurs de droite.
14:27– Non mais monsieur Carrion, monsieur Carrion,
14:30attendez, monsieur Carrion…
14:31– C'est pas un stage de l'air à finir à 4% ?
14:33– Oui, d'accord, mais…
14:34– D'accord, mais si Emmanuel Macron avait appelé Éric Ciotti
14:38au ministère de l'Intérieur, peut-être qu'il aurait fait ce choix,
14:42il n'aurait pas rejoint Marine Le Pen.
14:44– Laurent Roquet peut-être, moi je ne le crois pas en tout cas pour Éric Ciotti.
14:47– Non mais…
14:48– C'est un mauvais coup quand même pour vous,
14:49parce que ça veut dire qu'Édouard Philippe est aujourd'hui l'homme qui rassemble,
14:51il arrive à la fois à rassembler sur sa gauche et sur sa droite.
14:54– C'est un mauvais coup, il a gagné aux législatives en 2024
14:55parce que le nouveau Front Populaire,
14:58l'alliance de la gauche et l'extrême-gauche,
15:00l'a soutenu au second tour.
15:01Donc on savait à qui s'en tenir depuis 2024.
15:03– Il n'a pas soutenu, il n'a pas soutenu.
15:04– Ils sont désistés, j'ai l'hérité Pierre.
15:06– Oui, enfin on ne peut pas, il ne s'est pas un soutien.
15:08– Ils ne voulaient pas que le RN gagne, c'est un peu différent.
15:12– Oui, en tout cas il y a eu une alliance de l'extrême-gauche
15:14– Ça s'appelle le Front Républicain, ça ne veut pas dire qu'on est coup.
15:16– Oui mais alors, du coup, c'est du pain béni pour Marine Le Pen,
15:21ça et pour Jordan Bardella.
15:23– Ah oui, je pense que vous dites à Camerillon, c'est un mauvais coup.
15:25– Ah bon, ce n'est pas un mauvais coup ?
15:26– Pas pour Éric Ciotti et Marine Le Pen.
15:28– Et nous on s'en lave les mains.
15:29– Pourquoi ?
15:31– Parce que c'est eux, ils n'ont rien à voir,
15:33ni avec Bruno Retailleux, ni avec Édouard Philippe.
15:34Là c'est une histoire qui concerne entre guillemets Bruno Retailleux.
15:36– Oui mais ça crée dynamique.
15:37– Ok, moi je pense qu'il reviendra en 2017 vers nous si on gagne la présidentielle.
15:41– Oui mais pardon, ça crée une dynamique.
15:43On a bien compris qu'au RN, il préférait être face à Mélenchon qu'Édouard Philippe.
15:47– Oui.
15:47– C'est plus intéressant pour eux.
15:48– Oui, tout à fait.
15:49– Marine Le Pen a dit qu'elle préférait avoir comme un adversaire.
15:52– Je pense vraiment que Marine Le Pen, avec l'estime qu'elle a pour Laurent Wauquiez,
15:56elle doit se dire qu'Édouard Philippe vient d'embarquer dans son rafio
16:01quelqu'un qui est capable de lui trouver la colle.
16:02– C'est pas fiable.
16:03– Ah oui, non, non, elle doit se dire, ok, bon courage pour avoir des amis.
16:07– Avec des amis comme ça, on n'a pas trop besoin d'ennemis.
16:11– Et pour Bruno Retailleau, parce que là on parle de Laurent Wauquiez, d'Édouard Philippe,
16:15mais quand même pour Bruno Retailleau, c'est difficile.
16:18– Là ça prend l'eau de toutes parts, mais le problème c'est que de toute façon
16:21Bruno Retailleau ça n'allait déjà pas très très bien, parce qu'au fond on voit bien
16:25que sa difficulté lui c'est d'élargir, de rassembler, il n'y parvient pas.
16:30Alors pour des tas de raisons, il y a un an, il y a un peu plus d'un an,
16:33il avait une cote plutôt très très bonne, il était ministre,
16:37il avait beaucoup de cartes dans les mains, et au fond il a raté sa sortie,
16:42enfin en tous les cas ça ne s'est pas passé sans doute comme il avait prévu,
16:44de manière un peu précipitée, pas bien en place.
16:47Il avait fait le choix d'aller plutôt targeter un peu l'électorat macroniste,
16:51il était en possibilité de s'ouvrir vers cet électorat,
16:55et là il se retrouve aujourd'hui sur une base beaucoup plus réduite,
17:00et avec un parti qui ne se met pas derrière lui, c'est ça sa difficulté.
17:04– Est-ce que ça veut dire qu'il y en a qui vont chez LR,
17:06qui vont suivre Laurent Wauquiez ou pas ?
17:07– De toute façon c'est programmé, Jean-François Copé,
17:10qui vient souvent sur ce plateau, il sera chez Philippe en septembre ou à l'automne,
17:15surtout après les sénatoriales, il va y avoir un mouvement important,
17:18pour l'instant, moi je pense à la réplique ça un peu plus tard,
17:21– Mais Gérard Larcher, dans ses interviews, il en avait accordé une chez nous à la tribune dimanche,
17:25clairement, entre les lignes, il disait qu'après les sénatoriales,
17:28si Bruno Retailleau ne passait pas les 10% dans les sondages,
17:31sans doute qu'il a...
17:32– Donc Laurent Wauquiez veut être le premier à rallier en fait.
17:35– Oui, en fait, la vérité, la vérité c'est que dans cette affaire-là,
17:39il faut toujours mieux être le premier qu'arriver au milieu du plateau.
17:42Et c'est ce qu'a fait Laurent Wauquiez, de ce point de vue-là,
17:45il a grillé la politesse à Jean-François Copé qui aurait dû aller prendre.
17:46– Dans l'interview qu'il accorde, enfin, l'entretien au Figaro,
17:50Laurent Wauquiez, il dit, j'appelle même à la responsabilité
17:55si jamais Bruno Retailleau ne passe pas la barre des 10%.
17:58– On va se désister si on ne l'est pas bien placé.
17:59– Donc ça veut dire qu'à terme, peut-être, Retailleau rejoindra aussi l'écurie Philippe ?
18:02– C'est-à-dire que là, si on regarde un peu le rapport de force,
18:04en gros, dans les sondages, on a Édouard Philippe entre 19 et 21,
18:07selon les différents instituts, on a Gabriel Attal, 15%, 14-15%,
18:11et puis on a Bruno Retailleau derrière en troisième position,
18:148 à 11, 14 dans une hypothèse,
18:17mais enfin, on est quand même plutôt vers 9-10 dans ces eaux-là.
18:20Ce qu'il faut quand même noter, c'est que Laurent Wauquiez,
18:22il est prêt à appeler à un candidat qui n'est pas issu des LR,
18:26puisque de fait, il appellerait à voter pour quelqu'un qui est d'Horizon,
18:29donc, en quelque sorte, à tuer aussi son propre parti,
18:33puisqu'on imagine bien que les Républicains auraient beaucoup de mal ensuite
18:35à avoir des élus si jamais il y avait des législatives,
18:38et qu'il avait appelé à voter Horizon.
18:41Donc, ça va bien plus loin que ça, c'est qu'il appelle à voter contre le troisième actuellement
18:45dans ce bloc central au sens large,
18:47et donc à renier son propre parti, c'est quand même assez fort.
18:51Alors, attention, on est en début juillet 2026,
18:55il va se passer beaucoup de choses, il va se passer une campagne.
18:58Là où je suis d'accord avec Bruno Jody,
19:00évidemment, la sortie du gouvernement de Bruno Retailleau a été ratée,
19:03et qu'évidemment, il n'a pas réussi à cheffer,
19:05il a été élu à 75% président de son parti,
19:08et il aurait dû, je peux vous dire, avec ce score-là, Nicolas Sarkozy,
19:11Laurent Wauquiez, il était étouffé immédiatement,
19:14il ne respirait plus un seul millilitre d'oxygène.
19:18Maintenant, moi, je trouve que le positionnement de Bruno Retailleau,
19:22à force de meetings, à force d'interviews, à force de cohérence quand même,
19:25parce qu'il a tous les défauts du monde, admettons, il a quand même des convictions,
19:28je veux dire, à la fin, c'est quand même quelqu'un qui,
19:30contrairement à Laurent Wauquiez, se contredit très peu,
19:33et moi, je crois à la politique de l'offre en économie, mais aussi en politique.
19:36C'est-à-dire que, débarrassé de tous ces gens qui viennent l'enquiquiner à chaque bureau politique,
19:41de Xavier Bertrand, de Laurent Wauquiez, de Valérie Pécresse, de Jean-François Copé,
19:44de ceux qui ne croient pas à cette droite-là que lui incarne,
19:47et qu'il est, on va dire, assez ontologiquement,
19:51eh bien, ça sera à lui de construire sur cette offre qui est la sienne,
19:54et qu'il porte jusqu'au bout de ses tripes,
19:57une proposition politique qui, à la fin, peut...
19:59Avec la difficulté d'exister entre l'ERN et Édouard Philippe.
20:02Bien sûr, mais vous savez, la campagne est très longue.
20:05Comment Bardella va résister à 7 mois de scanner qui est une campagne présidentielle ?
20:10Comment Édouard Philippe va capitaliser sur sa proposition politique ?
20:16Comment Bruno Retailleau va peut-être émerger ou pas ?
20:18Honnêtement, là, il ne faut pas être contre des...
20:31La symbolique est très claire.
20:33Il y a une question de forme.
20:34Entre les deux hommes, Retailleau d'un côté, Wauquiez de l'autre, c'est clair.
20:37Ce ne sont pas les mêmes hommes, ce ne sont pas les mêmes fonctionnements.
20:39Sur les programmes, ce sont les mêmes.
20:42C'est aussi pour ça que c'est compliqué pour Bruno Retailleau
20:45d'affronter Wauquiez dans ce duel,
20:47et c'était compliqué pour Wauquiez de rester aussi dans l'ombre de Retailleau.
20:53Là, il va pouvoir vendre son programme chez Philippe.
20:57C'est ce qu'il ne peut plus faire à l'intérieur des Républicains.
21:00Et l'aider à recruter à droite de sa ligne, aussi,
21:04l'ombre qui va être utile pour ça.
21:05À droite, c'est rarement un problème de programme.
21:08Ils sont souvent assez proches.
21:09À part la grande fracture de Maastricht à l'époque,
21:13qui remonte très loin.
21:13Il y a quand même plusieurs droites.
21:14Non, mais il y a plusieurs droites.
21:16Mais globalement, ils ont le même programme.
21:17Enfin, franchement, Retailleau évoqué, il n'y a pas beaucoup de différences.
21:20Il n'y a pas beaucoup de différences.
21:21Il y a le même verbe.
21:21Ce qui est certain, c'est que Wauquiez est sur des positions programmatiques
21:27qui sont beaucoup plus à droite, effectivement,
21:29qu'Édouard Philippe, il incarne plutôt une forme de centre droit,
21:33ce que n'est pas Laurent Wauquiez, ce que n'est pas non plus Bruno Retailleau.
21:37Rendez-vous déjà dimanche pour voir la tonalité du meeting de campagne d'Édouard Philippe.
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