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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Et priorité au direct, aux dernières informations, et ce sont les pistes du Premier ministre Sébastien Lecornu pour le budget
00:06et les économies.
00:08Loïc Besson est à l'hôtel de Matignon où se déroule un séminaire gouvernemental.
00:13Et apparemment, le chef du gouvernement veut s'engager sur une piste de 54 milliards d'euros d'économies, Loïc.
00:22Oui, ça fait trois heures maintenant que ce séminaire dure déjà.
00:25Le Premier ministre qui présente tout simplement à l'ensemble de son gouvernement la copie du gouvernement pour le budget
00:31qui va susciter beaucoup de débats.
00:33Et ça va commencer dès ce soir avec ce chiffre.
00:35En effet, vous le disiez, 54 milliards d'euros d'économies annoncées à l'instant par le Premier ministre dans
00:41une interview au Figaro.
00:43Même si lui ne parle pas d'économies, il parle d'efforts.
00:46C'est quasiment le double de ce qui était envisagé jusque-là.
00:49On parlait de 30 milliards d'euros d'économies à trouver tout simplement parce que Sébastien Lecornu veut frapper fort.
00:55Tout simplement parce que c'est un début de négociation.
00:57On ne sait pas sur quoi ça atterrira à la fin.
01:00Frapper fort aussi pour montrer qu'il y a urgence.
01:02Tout simplement parce que le coût de la dette, vous savez, les intérêts qui augmentent, ça va susciter 10 milliards
01:08d'euros à trouver pour le budget de l'année prochaine.
01:10Voilà pourquoi il y a urgence.
01:11Et puis bien sûr, Sébastien Lecornu voit aussi ce qui se passe dans la rue et il compte bien s
01:15'appuyer sur cette crise sociale, sur cette crise économique pour justifier les efforts à faire,
01:21pour pouvoir justement financer les aides ciblées sur les pêcheurs, sur les secteurs du BTP, sur les agriculteurs et peut
01:27-être demain sur d'autres cibles.
01:31Matignon ne s'interdit rien.
01:33Mais pour tout ça, il faut de l'argent pour pouvoir avoir des marges de manœuvre.
01:37C'est ce qu'explique l'entourage du Premier ministre.
01:39– Voilà, Loïc Besson en direct de l'hôtel de Matignon pour BFM TV.
01:43– Alexis Cuvillier, le Premier ministre a donc accordé une interview à nos confrères du Figaro.
01:48On n'a pas l'intégralité de cette interview, elle n'a pas encore été publiée, elle le sera d
01:52'ici quelques heures, peut-être même d'ici quelques minutes.
01:55On surveille tout ça.
01:56Ce qu'on sait, il y a ce chiffre assez impressionnant de 54 milliards d'euros d'efforts budgétaires que
02:02M. Lecornu veut faire.
02:03Ça va au-delà de ce qu'on pouvait penser, des chiffres circulaient, 30 milliards ?
02:07– C'est bien au-delà, bien au-delà du chiffre de 30 milliards d'euros qui était mis en
02:11avant régulièrement par plusieurs interlocuteurs gouvernementaux.
02:14Il y avait peut-être une part de communication dans tout cela.
02:18Évidemment, il s'agit de rassurer, ça c'est un impératif, rassurer les marchés.
02:22Loïc évoquait le sujet brûlant de la dette et du financement, du remboursement de la dette.
02:29Donc évidemment, sur ces questions, le gouvernement se sait extrêmement attendu.
02:34Il y a probablement un message qui est envoyé à ceux qui prêtent de l'argent à la France.
02:3954 milliards d'euros d'économies, donc bien au-delà le double de ce qui était évoqué.
02:45Où seront faites ces économies ?
02:47Ça, ça reste une question pour l'instant qui est sans réponse.
02:50Il y a énormément de pistes qui ont circulé.
02:52Vous savez que le gouvernement est resté très prudent ces derniers jours en menaçant parfois quand des pistes avaient été
03:00évoquées.
03:00On se souvient de ce qui s'est passé la semaine dernière.
03:03Il y a vraisemblablement la volonté de faire un geste sur les dépenses de l'État.
03:08C'est quelque chose qui est beaucoup revenu dans le discours, notamment du Premier ministre ces dernières semaines.
03:13La question du salaire des ministres, du train de vie de l'État.
03:16La question du logement pourrait être un poste où des économies seraient faites.
03:21Et puis le sujet des collectivités, sujet toujours compliqué, même si un peu plus éloigné du quotidien des Français.
03:27Emmanuel Lechypre, 54 milliards d'efforts budgétaires.
03:31Attention, il ne parle pas d'économies, il parle d'efforts budgétaires.
03:34C'est à la mesure de la situation financière de la France et économique ?
03:40Alors, c'est à la mesure du risque financier qui nous guette.
03:44C'est totalement décalé par rapport aux attentes, effectivement, qui sont celles en matière de pouvoir d'achat, en matière
03:52d'aide au carburant pour les pêcheurs, etc.
03:54Et c'est ça un peu le drame de la situation, finalement.
03:57Alors, 54 milliards d'efforts.
03:58En même temps, quand vous avez dit qu'il n'y aurait pas d'augmentation d'impôts, les 54 milliards
04:04d'efforts, il va bien surtout falloir aller les chercher sur des économies.
04:08Je veux dire, annoncer qu'on va faire des économies sur le logement à un moment où on est sans
04:13doute dans la pire crise du logement qu'on traverse depuis la Deuxième Guerre mondiale, c'est quand même assez
04:19spectaculaire.
04:20Par exemple, on pourrait peut-être geler, c'était une piste évoquée par nos confrères des Echos ce matin, geler
04:25le barème des appels, les aides au logement.
04:28Donc, si on gèle, on fait des économies.
04:30Est-ce que vous vous rappelez la déflagration au tout début du mandat d'Emmanuel Macron sur les quelques euros
04:37d'APL ?
04:38Donc, vous voyez bien le danger que ça peut représenter.
04:40En fait, la menace, là où elle est très importante, c'est exactement ce qui a été dit, c'est
04:44les marchés financiers.
04:45Ce qu'on voit se mettre en place aujourd'hui est assez inquiétant.
04:47Il y a plusieurs signaux.
04:48Vous avez déjà les taux d'intérêt français qui ont nettement augmenté.
04:52L'écart avec les taux d'intérêt allemands, par exemple, est aujourd'hui proche de niveaux qu'on n'avait
04:57pas connus depuis la crise de 2008.
04:58Ça, c'est le premier point.
05:00Deuxième point, vous avez tout un tas de ce qu'on appelle un petit peu les fonds vautours, pour être
05:05tout à fait honnête,
05:06qui commencent à sentir un petit peu l'odeur du sang et qui se rapprochent un petit peu de la
05:11dette française.
05:11Vous avez un phénomène qui ne trompe pas.
05:13Vous avez beaucoup de grands patrons français en ce moment qui sont en train de faire des roadshows.
05:16Vous savez ce qu'on appelle des conférences auprès des investisseurs dans le monde entier.
05:20Et ce sont des très grandes entreprises françaises.
05:22Et pour leur demander quoi ?
05:23Et les investisseurs...
05:24Non, non, non, non.
05:25Oui, mais les investisseurs leur disent clairement, écoutez, votre business,
05:28nous, il nous convient très bien.
05:30Mais aujourd'hui, il y a une prime France.
05:32Donc, on commence à demander à ces entreprises françaises un surcoût sur leurs besoins financiers
05:39qui est lié à la situation politique et financière de la France.
05:42Donc, tout ça est extrêmement inquiétant.
05:44Il y a l'effet boule de neige, effectivement, qui est possible
05:46si jamais le taux d'intérêt augmente et que, donc, du coup, la charge de la dette augmente.
05:50Et le drame, c'est qu'effectivement, tout ça arrive en totale confrontation avec les attentes des petites entreprises,
05:58des pêcheurs, de tous ceux qui...
05:58C'est-à-dire qu'on ne peut pas à la fois se serrer la ceinture d'un côté et
06:01aider les Français.
06:02Je n'imagine pas, dans la crise du logement qu'on connaît, annoncer des réductions sur les APL.
06:07Je ne vois pas comment on va pouvoir annoncer des réductions massives de prestations sociales pour les malades, etc.
06:14Et il faudra bien aussi...
06:15On dit que les allocations familiales pourraient aussi être dans le viseur, par exemple.
06:19Oui, mais c'est là que vous aurez quand même des augmentations obligatoires de la fiscalité.
06:23C'est-à-dire que si vous demandez autant d'efforts et qu'ils cumulaient les uns avec les autres,
06:28restent dérisoires par rapport aux sommes qu'il faut aller chercher.
06:31On est d'accord ?
06:31Vous ne pouvez pas demander autant d'efforts aux classes populaires
06:35si, par ailleurs, vous ne demandez pas d'efforts, d'une façon ou d'une autre, aux retraités aisés, etc.
06:40Donc, il y aura une question de justice sociale qui se posera avec des mesures.
06:43Il faudra équilibrer l'effort.
06:45Sinon, ça ne marchera pas.
06:46Mais c'est un budget qui tombera l'année prochaine, de toute façon.
06:49Alors, c'est un budget qui tombera.
06:49Le vrai rendez-vous budgétaire, ce sera le collectif de l'été 2027.
06:54Mais d'ici là, il va quand même falloir faire un budget.
06:57Lucas Jakubovic, Sébastien Lecornu pose donc ce chiffre sur la table.
07:03Aujourd'hui, 54 milliards d'euros d'efforts budgétaires à faire.
07:07Ça va au-delà des chiffres qui circulaient, nous l'a rappelé Alexis.
07:11Maintenant, il va falloir expliquer à tout le monde qu'on ne peut pas faire autrement.
07:13Et surtout, comment on peut faire ces 54 milliards d'économies ?
07:16Si vous voulez, un budget, il y a du déclaratif, le chiffre.
07:20Mais ensuite, c'est une course de la première haie.
07:22On la voit à chaque budget.
07:23Le Premier ministre va envoyer des circulaires ou des notes à ses ministères pour leur dire
07:26« Écoutez, là, il va falloir raboter sur tel point, tel point, tel point, tel point. »
07:30Et ce qui se passe à chaque fois, c'est que tous les ministres écrivent à Bercy
07:33en disant « Non, mais est-ce que ce n'est pas possible d'avoir une ristourne sur ce plan
07:36-là ?
07:36Est-ce que ce n'est pas possible de lâcher du lest sur ce plan-là ? »
07:39Et statistiquement, c'est toujours la même chose sur le budget.
07:42Entre le budget qui est proposé initialement et le budget qui est mis au vote,
07:47à chaque fois, il y a, entre guillemets, un écart d'à peu près 25 à 30 %.
07:51Donc, on va passer de 54 à quoi ? À 40 ?
07:53Peut-être à 40, mais ça, c'est que la première étape.
07:56Parce qu'ensuite, la deuxième étape, il va falloir faire voter le budget,
07:58sans majorité même relative.
08:01Et donc, les faiseurs de roi, c'est les petits groupes parlementaires pivots,
08:03par exemple, le Parti Socialiste, l'Elliott, etc.
08:06Et tous ces groupes-là, entre guillemets, il faudra leur donner à manger.
08:10Et donc, là aussi, faire des concessions.
08:12Donc, forcément, on va avoir la déclaration d'intention, 54 milliards.
08:17Et puis, peut-être la réalité, qu'ils soient peut-être votés par 49.3,
08:20qui sera peut-être 25 milliards.
08:22Et peut-être aussi juste sur le patronat.
08:24Ce qui est très intéressant, vous parlez des roadshows, etc.
08:27Moi, qui suis plutôt rédacteur en chef d'un journal patronal,
08:29ce qui ressort vraiment le plus en ce moment,
08:32et en tout cas depuis la dissolution, c'est l'incertitude.
08:35C'est-à-dire que les patrons français cherchent à investir ailleurs
08:39parce que, justement, ils ne savent pas de quoi demain sera fait.
08:41Attendez, parce que vous êtes rédacteur en chef d'un journal patronal,
08:44vous avez un magnifique t-shirt communiste avec la fossile et le marteau.
08:48Oui.
08:48Avec Lénine, Karl Marx.
08:50Et vous, juste à côté, si je m'abuse.
08:52Oui, tout à fait.
08:53Et le quatrième personnage, il y en a un quatrième ou pas ?
08:55Ah, c'est Staline.
08:56C'est Staline, c'est Staline.
08:57C'est bien.
08:57Non, mais c'est le reliquat de mon enterrement de vie de garçon
09:01à la fête de l'humanité.
09:02C'est une surprise à laquelle je ne m'attendais pas.
09:07Là, ce sont des signes politiques qui sont envoyés, de toute façon, avant les retrouvailles avec l'ensemble des formations
09:12au Palais Bourbon, Amandine Attalaya pour le Premier ministre.
09:15Oui, tout à fait.
09:16Et on sait à quel point ce qui leur est proposé peut changer.
09:20Vous vous souvenez, par exemple, du budget de François Bayrou.
09:22Ça comprenait la suppression de deux jours fériés.
09:25On en avait débattu pendant des semaines et ça avait sauté.
09:28Ça comprenait l'évocation d'un gel des prestations sociales, une année blanche et d'un gel des retraites.
09:35Ça avait sauté aussi.
09:36Tout ça pour dire qu'en effet, ça va beaucoup évoluer au fil de la discussion parlementaire.
09:40Ce qui est un peu nouveau cette année, c'est aussi, si on parle politique, la position du Rassemblement national,
09:45qui n'est pas très claire.
09:46Parce que Marine Le Pen dit que c'est important, elle l'a redit encore hier, d'avoir un budget
09:51qui soit bouclé, même imparfait, cette année.
09:54Et néanmoins, elle dit, ma ligne rouge, ce sont les retraités.
09:58Je ne veux pas qu'il y ait une désindexation des pensions de retraite.
10:02Donc ça va être un des objets principaux du débat cette année.
10:07Pour le reste, Sébastien Lecornu va être confronté exactement aux mêmes difficultés que l'année précédente.
10:12Et l'année précédente, il a fini par beaucoup lâcher au socialisme.
10:15Il était parti de combien ? Est-ce qu'il était autour de 40 l'année dernière ?
10:18Oui.
10:1843 milliards.
10:20Non mais c'est très clairement, je veux dire, sur les dernières années, c'est-à-dire sur les 3
10:23-4 dernières années,
10:24c'est clairement la première fois qu'on franchit la barre des 50 milliards d'efforts.
10:29Mais ce que ça montre quand même, c'est qu'aujourd'hui, la hiérarchie des risques, elle est très clairement
10:34établie.
10:34Le premier risque aujourd'hui, c'est le risque financier.
10:38Ça veut dire quoi le risque financier ?
10:40Le risque financier, ça veut dire le risque finalement de défiance vis-à-vis de la dette de la France
10:45et que nos taux d'intérêt soient amenés à monter à des niveaux élevés qui asphyxient progressivement notre économie.
10:52Concrètement, pour aller français, ça veut dire quoi ?
10:54Concrètement, ça veut dire que si jamais vous avez une vraie crise de la dette demain,
10:57aujourd'hui vous empruntez pour un crédit immobilier à 4-4,5%, demain vous devrez emprunter à 8 ou 9%.
11:04Vous voyez ? Et donc inutile de vous dire que quand vous êtes acheteur immobilier
11:07ou quand vous êtes chef d'entreprise qui veut investir, c'est des taux d'intérêt qui sont totalement prohibitifs.
11:11Donc risque financier, devant le risque politique, puisque ce budget tel qu'il se dessine,
11:19on ne voit pas comment il passerait la barre finalement et obtiendrait les votes, etc.
11:24Et devant le risque social, devant le risque social qu'on a évoqué,
11:28puisque manifestement toutes les réponses qui nous sont proposées sont en totale finalement opposition
11:34à ce qu'attendent les Français.
11:36Donc ça fait trois risques et on voit bien que c'est le risque financier qui est le plus important
11:39aujourd'hui.
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