00:00Pendant que nous discutons, vous voyez le prix du baril faire le yo-yo, un petit peu au-dessus des
00:04100 dollars, un petit peu en dessous, dans tous les cas il reste assez haut.
00:09La crise, cette crise du baril de pétrole, elle est mondiale, elle touche nos voisins européens.
00:15Je pense qu'on va voir avec Marguerite Dumont, comment la France se situe par rapport à ses voisins, bref,
00:20comment ils s'en sortent. Bonsoir.
00:22Bonsoir à tous. Tout d'abord, sur l'essence, le constat est très clair. La France est parmi les pays
00:28où le litre coûte le plus cher.
00:30Vous le voyez avec l'Allemagne et les Pays-Bas. Et l'écart avec certains de nos très proches voisins
00:35est énorme.
00:36Près de 40 centimes de différence avec le Luxembourg, 30 avec l'Espagne.
00:41Sur l'eudisèle, on regarde ensemble, même topo, la France est dans le haut du classement.
00:46Alors pourquoi ces écarts ? Plusieurs facteurs. Mais évidemment, la fiscalité joue un rôle majeur.
00:52Il n'y a pas d'aide ciblée dans ces pays où le carburant est particulièrement peu cher.
00:57En Espagne, par exemple, le pays a décidé de réduire les taxes de 20 centimes par litre sur le gasoil
01:03et de 5 centimes sur l'essence.
01:05L'Italie aussi multiplie les baisses depuis mars sur le diesel.
01:10Enfin, l'Allemagne. C'est intéressant car c'est cher en ce moment à la pompe en Allemagne.
01:14On s'apprête à faire pareil avec 17 centimes de baisse sur l'essence et le diesel dès le 1er
01:20octobre et pour 3 mois.
01:22Enfin, si l'on dézoome encore un peu pour regarder cette fois-ci la carte du monde, on se rend
01:27compte que les situations sont aussi très variables.
01:29Le prix du carburant va de 0,02 euros le litre dans certains pays producteurs, fortement subventionnés comme la Libye
01:39ou encore l'Iran, le Venezuela, à plus de 4 euros le litre.
01:43Ça, c'est à Hong Kong et c'est pour le diesel.
01:46Entre les deux, il y a les États-Unis et plusieurs pays asiatiques qui affichent des prix beaucoup plus modérés,
01:51autour de 1,10 euro à 1,40 euro le litre.
01:54Des pays qui ont une fiscalité, là aussi, beaucoup plus légère que l'Europe.
01:58Merci Marguerite Dumont.
01:59À mon avis, Nathalie, il y a beaucoup qui s'interrogent.
02:01Les gilets jaunes étaient descendus dans la rue lorsque le litre était à 1,40 euro, 1,45 euro.
02:05Là, il est à 2,20 euro, voire 2,40 euro pour le diesel.
02:08Et finalement, il y a des appels à cette mobilisation du 17 octobre.
02:12Mais bon, les Français semblent être plus résignés qu'en colère.
02:15Exactement, il y a plusieurs raisons à ça.
02:17D'abord, parce qu'il voit bien ce que le gouvernement répète, à savoir qu'il n'y a pas
02:21d'argent.
02:22Le gouvernement semble très ferme sur le fait qu'il ne baissera pas la TVA.
02:25Comme s'il n'y avait de toute façon pas d'issue, pas de cadeau possible à la fin.
02:30Quand ils voient qu'on parle là, aujourd'hui, d'un doublement possible du chèque de 100 à 200 euros,
02:35ils comprennent bien qu'il y a des limites très claires.
02:37Par ailleurs, on est sur une année où il y a l'élection présidentielle en vue.
02:41Et donc, une possibilité de voter où les Français peuvent se dire...
02:44C'est dans mon temps quand même, à l'échelle d'un automobiliste qui fait le plein toutes les semaines.
02:50C'est au mois d'avril.
02:51Cela dit, il faut avoir envie d'aller manifester, d'être potentiellement confronté à des violences,
02:56de perdre de l'argent, c'est fatigant.
02:58Pour quel résultat ? Encore une fois, on en revient à deux.
03:00De toute façon, si le gouvernement n'a pas d'argent, nous n'obtiendrons rien.
03:03Donc, ça peut créer, tout ça, une forme de résignation et de lassitude.
03:07Et puis, il y a cet éternel flou qui entoure les manifestations aujourd'hui.
03:11On ne sait pas très bien qui, finalement, les dirige,
03:15qui va mener le combat auprès du gouvernement.
03:17Il y a plusieurs responsables de gauche qui appellent...
03:20Fabien Roussel, il veut carrément faire la révolution.
03:23C'est ça, mais qui ne sont pas, on le voit bien pour aujourd'hui,
03:24qui ne sont pas vraiment suivis des faits.
03:26Vous n'y croyez pas, Alain ?
03:27Ah, la révolution de Fabien Roussel, pas du tout.
03:29Mais vous en serez le 17 octobre, M. Desfantins ?
03:32Oui, oui, évidemment.
03:33On n'en serez pas, et on n'appelle la mobilisation déjà le 29 septembre,
03:36parce qu'il y a une nouvelle mobilisation qui se fait part dans la fonction publique
03:38sur la question de l'augmentation des salaires, d'ailleurs, dans le public,
03:40comme dans le privé, parce que c'est aussi l'éléphant au milieu de la pièce.
03:43En réalité, on parle de l'augmentation du prix de l'essence.
03:45Si demain, on permettait aux Français et aux Français
03:47d'avoir davantage de pouvoir d'achat et permettre d'avoir un travail
03:50qui est davantage rémunérateur,
03:51la question, elle se poserait moins.
03:52Mais aujourd'hui, en réalité, c'est ce que disait la ministre,
03:54d'ailleurs, c'est la goutte d'eau qui fait déborser le vase ou le jerrycan,
03:58d'ailleurs, je ne sais pas.
03:58Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui,
04:00les Françaises et les Français observent un recul de leur pouvoir d'achat.
04:04Donc, on a besoin d'agir pour eux.
04:04Donc, le 29 septembre, nous serons dans la rue.
04:06Le 17 octobre, nous serons également dans la rue,
04:08aux côtés des mobilisations citoyennes,
04:10pour demander, tout simplement, la baisse de la fiscalité sur les services.
04:14Et quand on écoute le ministre de l'Intérieur qui était invité des RMC et BFM TV,
04:17il pointait du doigt la responsabilité des partis politiques
04:20qui, en fait, cherchent à attiser la colère.
04:22Il a même employé un adjectif, c'est irresponsable.
04:26Je trouve que ce sont des appels qui sont très graves
04:28et qui font... ce sont des appels qui sont déconnectés du monde réel, en réalité.
04:32Le monde réel, c'est que nous sommes confrontés à un choc géopolitique
04:37qui est exogène à la volonté de la France.
04:40Et le gouvernement français a prévu tout un tas d'aides.
04:44Donc, voilà, ce sont des appels qui sont irresponsables.
04:47Irresponsable, vous êtes policier, Abdoulaye Kanté,
04:50avant maintenant d'être dans la politique,
04:52mais votre formation et votre métier, c'est de policier.
04:55C'est irresponsable d'appeler à sortir le 17 octobre, tous azimuts ?
04:59Moi, je crois que la colère, elle est légitime.
05:00Il faut entendre cette colère parce qu'il s'agit du pouvoir d'achat.
05:03La cherté de la vie, je pense qu'on est tous confrontés.
05:05Donc, effectivement, il faut penser au salaire.
05:07Donc, rapprocher du net au brut, d'essayer de trouver des solutions
05:11pour notamment les fonctionnaires ou même ceux qui travaillent.
05:14Mais, en fait, ceux qui appellent à manifester, souvent, cherchent...
05:19Oui, c'est intéressant comme forme.
05:20J'arrive.
05:21Les fonctionnaires et même ceux qui travaillent.
05:22Non, non, mais on travaille aussi.
05:24Tout ça pour dire que je pense aussi que derrière,
05:29on peut appeler à manifester,
05:30mais malheureusement, on sait que certains appellent aussi un peu au désordre.
05:34Et je crois que ça ne rend pas forcément service au message d'origine
05:37de décider d'aller pour les salaires, augmentation des salaires, etc.
05:42C'est quand même étonnant qu'un ministre, finalement,
05:44estime qu'aller manifester, c'est irresponsable.
05:46On a le droit de manifester.
05:47Ça peut, d'ailleurs, même canaliser la colère, une manifestation.
05:50Non, mais Laurent Nulies, ce n'est pas la première fois que je le remarque,
05:54il est très sérieux et très efficace dans ses fonctions.
05:57Mais on ne peut pas dire que l'expression publique soit sa spécialité.
06:00Et en règle générale, quand il veut expliquer quelque chose,
06:03il l'explique mal.
06:05Et donc, il confirme.
06:08Non, mais c'est plus que maladroit.
06:09Je veux dire, un ministre...
06:10C'est plus que maladroit.
06:11C'est maladroit.
06:12Au mieux, c'est maladroit.
06:13Je veux dire, le ministre, quand même, qui dit
06:14c'est irresponsable de faire manifester,
06:16il est ministre de l'Intérieur.
06:17Son objectif, c'est d'encadrer les manifestations.
06:19Est-ce qu'il n'y en a pas certains, quand même,
06:20qui veulent rejouer le match retour des gilets jaunes ?
06:23Oui, sûrement.
06:24Tant mieux.
06:25Tant mieux de cette manière.
06:26La mobilisation des gilets jaunes, enfin, je veux dire...
06:27Ça dépend quel type de gilets jaunes ?
06:29Pas ceux qui, finalement...
06:30Est-ce que vous parlez des gilets jaunes qui manifestent ?
06:31Non, mais on termine à casser aussi.
06:33Est-ce que vous parlez des gilets jaunes qui manifestent ?
06:35Mais vous savez très bien que l'immense majorité des gilets jaunes
06:38n'était pas des casseurs, n'était pas des violents.
06:39Il y avait des violents.
06:40Mais ça s'est mal terminé.
06:41Il y a des actes violents, il faut les dénoncer.
06:43On est d'accord.
06:43Évidemment, ça, il n'y a pas de débat possible.
06:45On fait appel au désordre.
06:45On appelle à manifester pas efficacement.
06:47Contre les bâtiments publics ou, bien évidemment,
06:48contre les fonctionnaires, notamment les fonctionnaires de police.
06:51Mais en revanche, il y a une colère qui est profonde dans notre pays.
06:54Qui est légitime, oui.
06:55Qui est légitime.
06:55Aujourd'hui, on a un prix de l'essence qui explose.
06:58On a, depuis cinq ans, les charges dans le logement,
07:00notamment les charges locatives liées à l'augmentation du prix du gaz d'électricité,
07:03qui ont pris 20%, 20% en cinq ans.
07:06Et aujourd'hui, le gouvernement, il propose quoi ?
07:08De faire des économies sur quoi ?
07:10Sur les aides, notamment sur les APL.
07:11Je veux dire, on est en train de faire la poche aux Français.
07:13C'est normal qu'aujourd'hui, il y ait une colère qui s'exprime.
07:15Elle doit s'exprimer.
07:16Et une chose, juste pour conclure sur ce que je dis,
07:19c'est qu'aujourd'hui, on dit que les mobilisations ne payent pas.
07:21Mais regardez les pêcheurs.
07:22Les pêcheurs se mobilisent, ils obtiennent des pêcheurs.
07:24Un dernier mot, Ryan.
07:26Ils sont moins souvent dans la rue que certains, quand même, si je puis dire.
07:28Ils sont souvent en mer.
07:30Juste un mot.
07:30La situation, elle est durable.
07:32Je pense que chacun l'a bien compris.
07:33Vous avez vu que l'oléoduc Petroline en Arabie Saoudite avait été bombardée
07:37et que l'Arabie Saoudite, potentiellement,
07:39donc c'est une entreprise saoudie Aramco,
07:41n'allait peut-être pas provisionner les pays européens
07:43en pétrole raffiné au mois d'octobre.
07:46Donc, je pense que ce que chacun comprend bien, se sent bien,
07:49c'est que cette hausse des prix, non seulement elle n'est pas franco-française,
07:52elle n'est pas franco-française, elle est mondiale.
07:53Ça a été montré sur votre carte.
07:55Tous les pays d'Europe y sont confrontés.
07:57Chaque pays essaie d'y répondre en fonction de ses marges de manœuvre budgétaire.
07:59Vous avez vu que pour le cas de la France, elles étaient très réduites.
08:03Et puis, par ailleurs, c'est une situation qui ne va pas s'arrêter le 17 octobre.
08:06Donc, indépendamment des débats sur...
08:07Oui, mais ça veut dire qu'on ne pourra pas simplement se contenter de mesures d'urgence,
08:10à un moment donné, il faut avoir un peu une vision.
08:11Il y a des mesures de crise qui, à mon avis, vont être, on verra dans les prochaines heures,
08:15mais vont être amplifiées, nécessairement,
08:16parce que l'impact sur le port d'achat, il est réel.
08:18Et par ailleurs, il y a des mesures structurelles pour l'électrification,
08:22pour accélérer le développement des mobilités.
08:23Les mesures de travail préconisent des énergies fossiles.
08:26Mais y compris dans la fonction publique.
08:27Il y a des choses que l'État doit faire, pour être exemplaire,
08:30mais c'est la pression sur les pays.
08:31Il y a des choses que l'État doit faire, mais qui, par nécessité,
08:34prendront forcément du temps.
08:36Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas commencer maintenant, évidemment,
08:38mais qui prendront du temps.
08:40Et puis, il y a des circonstances qui font que la France, aujourd'hui,
08:45plus que ses voisins, est dans la situation la pire pour réagir
08:49aux crises qui ne viennent pas de France, ni d'ailleurs de nos voisins,
08:53mais devant laquelle on a du mal à faire face.
08:56Il faut dire les choses, on est aujourd'hui en situation de vulnérabilité,
09:01notamment en ce qui concerne l'essence,
09:03beaucoup plus forte que tous nos voisins.
09:05Et ça ne va pas s'améliorer en 30 secondes, ça.
09:08On y reviendra.
09:09Ce n'est même pas un changement ou une aversion de majorité
09:11qui changera cette situation-là comme ça.
09:13Il faut
09:13Tout
09:14El
09:14Pará
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