- il y a 2 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va terminer avec le signé consigné, on va revenir à la politique, à la discussion budgétaire,
00:05au fait qu'on risque de ne pas être dans les délais pour le vote du volet recettes.
00:10Et d'ailleurs le Rassemblement National dénonce une vaste comédie générale.
00:14C'était assez cordial, mais manifestement on va tout droit vers les ordonnances ou la loi spéciale.
00:21Parce que là on est le 3 novembre, on est censé voter première et deuxième partie du budget de l'État le 23 novembre.
00:29Et clairement on n'y arrivera pas. Parce que là on a discuté 800 amendements, il en reste 2400.
00:35Manifestement il n'y a pas de majorité pour voter même la première partie du budget.
00:38Donc on va tout droit soit vers les ordonnances, soit vers la loi spéciale.
00:42C'était surtout un tour de table. Je pense qu'il était essentiellement dirigé vers le socle commun
00:48pour voir qui serait en capacité de voter la première partie du budget ou pas.
00:53On va vers des discussions sans fin. Discussions sans fin pour rien.
00:57Ça va être le thème du signé Consigny ce soir avec Jérôme Guége, député du Parti socialiste de l'Essonne.
01:01Bonsoir.
01:01Bonsoir.
01:02Et bien sûr Charles Consigny, l'avocat Estisse. Bonsoir.
01:04Bonsoir.
01:05Charles Consigny. Discussions sans fin et tout ça pour rien, Charles Consigny ?
01:09Tout ça pour rien. On verra bien si ça aboutit à un budget.
01:12Tout ça surtout me fait l'effet d'une espèce de pluie d'impôts à l'Assemblée.
01:17Et pardon, mais c'est l'impression qu'on a vu de l'extérieur. On se dit que les députés, y compris le RN, sont lancés dans une espèce de course à la création ou à l'augmentation d'impôts, de prélèvements, de taxes.
01:30Ils font preuve d'une imagination inouïe là-dessus. En revanche, ils sont beaucoup plus secs sur les réductions de dépenses publiques.
01:40Et on a l'impression que les Républicains regardent ça sans rien dire parce qu'ils n'ont pas envie d'une dissolution.
01:47Et les députés macronistes regardent gentiment s'écrouler le peu d'héritage de leurs présidents et de leurs mouvements politiques sous les coups de la gauche, de l'extrême gauche et de l'extrême droite.
01:59Donc je trouve ça assez effarant. Et je ne suis pas très sûr que les Français comprennent vraiment. Je pense qu'ils sont impatients de re-voter.
02:08Je ne sais pas si les Français ne comprennent pas vraiment. Mais vous, manifestement, il y a une chose que vous n'avez pas comprise.
02:15Mais je ne dis pas ça de manière péremptoire, mais qui explique le sentiment que vous avez. C'est la manière dont on vote un budget.
02:20Pourquoi est-ce que vous entendez parler de recettes en continu ? Parce que dans la manière de voter le budget, on commence par les recettes.
02:26Et on passe aux dépenses dans un deuxième temps. Ce sera dans un mois à l'Assemblée nationale.
02:31Ça peut paraître très bizarre. Je le comprends. Dans un monde normal, on commencerait d'abord par décider des dépenses dont on a besoin dans le pays.
02:39Et donc des économies à certains endroits ou des augmentations de dépenses à un autre.
02:43Et puis après, on ajusterait en fonction des choix de dépenses qui ont été faits par les recettes.
02:47Donc juste pour expliquer à Charles Consigny son sentiment d'allergie fiscale,
02:51c'est juste que depuis 15 jours, en effet, à l'Assemblée nationale, ne sont examinées que la partie recettes.
02:57– Oui, mais il n'y a que des hausses d'impôts.
02:58– Vous pourriez baisser les recettes.
02:59– Il y a des hausses ou des créations d'impôts.
03:00– Vous pourriez baisser les recettes ?
03:02– Oui, mais vous voyez bien la difficulté.
03:03Décider de baisser les recettes, ça veut dire qu'en face, on sait déjà les économies qui ont été faites.
03:09Le problème qu'on a aujourd'hui, et ça c'est la grande difficulté, parce qu'on n'a pas ça d'habitude.
03:13Quand il y a une majorité à l'Assemblée nationale, ou même quand il y a un 49-3,
03:17à la fin, on sait qu'il y a une seule personne qui va tenir le stylo et qui va réguler.
03:21C'est le gouvernement, quand il est soutenu par sa majorité, quand il y a une majorité absolue.
03:26J'ai connu, j'ai été député dans une époque où il y avait de la majorité,
03:29et c'était le ministre de l'Économie qui faisait le budget tout seul dans son coin, si j'ose dire,
03:33et les parlementaires le corrigeaient à la marge.
03:34Là, on vit un truc un peu extraordinaire.
03:36– Oui, mais vous voyez.
03:37– Pour la première fois, les parlementaires tiennent la totalité du stylo.
03:40– Non, non, non.
03:41– Écoutez, je ne sais pas si c'est bien ou pas bien.
03:42– On n'écrit pas bien à plusieurs.
03:44– Oui, mais on ne peut pas être attaché à la démocratie et à la démocratie parlementaire
03:49et se dire, oui, mais ils sont en train de tâtonner.
03:51Ben oui, ça tâtonne un petit peu.
03:53– Mais là, M. Guelph, si je peux faire une objection…
03:54– Mais ce qu'il faut avoir en tête, je termine ma phrase juste,
03:56ce qu'il faut avoir en tête, là je reviens sur le fond de la remarque sur la fiscalité,
04:00moi je ne suis pas pour la fiscalité, pour la fiscalité.
04:03Je suis pour des impôts justes et des dépenses efficaces.
04:06Donc, si on arrive à faire concilier les deux,
04:08et ça c'est le débat droite-gauche,
04:10qui est de savoir est-ce que c'est un impôt juste
04:11ou est-ce que c'est une dépense efficace.
04:14sans responsabilité.
04:15Et moi, je suis très content de la manière dont ça se passe.
04:17On tâtonne, il y a du compromis,
04:19c'est un peu bancal par moments,
04:20c'est même parfois foireux,
04:22mais je trouve qu'il se passe quelque chose d'inédit
04:24dans le débat parlementaire, vraiment.
04:25– Oui, mais là, j'ai quand même l'impression que vous noyez le poisson, pardon.
04:29– Non. – Si, ben si,
04:30parce que vous faites comme si, au fond,
04:32toutes ces augmentations d'impôts,
04:33elles étaient juste dues au fait que c'est comme ça qu'on vote un budget,
04:37puis comme il n'y a pas de majorité,
04:39ben du coup ça se passe comme ça, etc.
04:40Mais ce n'est pas vrai.
04:41les augmentations d'impôts qu'on entend,
04:43elles sont dues au fait que la gauche,
04:45et notamment le Parti Socialiste,
04:47les réclame à corps et à cri,
04:49et menace…
04:50– Ah oui, je vais revendiquer.
04:50– Ben oui, donc ce n'est pas tout à fait pareil,
04:53et menace le Premier ministre de censure
04:55s'il ne va pas dans leur sens.
04:57C'est quand même le Parti Socialiste qui a expliqué
04:59que le premier scalpe qu'il voulait,
05:01c'était celui de la réforme des retraites,
05:03et que le deuxième qu'il voulait,
05:04c'était soit la taxe Zuckman en bonne et due forme,
05:07soit un nouveau prélèvement obligatoire,
05:10X ou Y, qu'imaginé sur les riches.
05:13Donc, en réalité, c'est vous qui êtes à l'origine
05:15de ces nouveaux impôts.
05:16La dernière trouvaille étant cette histoire d'impôt
05:19sur la fortune improductive,
05:21pardon de vous dire,
05:22déjà que l'ISF, ça gonflait tout le monde,
05:25ça ne servait à rien,
05:26et ça pénalisait le pays.
05:28On a transformé ça en IFI,
05:30qui pénalise les familles,
05:32qui pénalise les gens qui précisément
05:34n'ont pas d'action, etc.
05:36Ils ont un patrimoine immobilier.
05:37Ils ont un patrimoine immobilier.
05:39Or, on sait que ça va quand même assez vite,
05:40le patrimoine immobilier.
05:42Je ne vois même pas, d'ailleurs,
05:43même philosophiquement,
05:44à quel titre on taxerait un patrimoine immobilier,
05:48un patrimoine tout court,
05:50qui a déjà été taxé pendant sa constitution
05:52ou pendant sa transmission.
05:54Donc, c'est quand même une espèce de concours
05:57à créer des nouveaux impôts,
06:00à essayer de faire rentrer des nouvelles choses
06:02dans l'impôt.
06:03Donc là, on dit, on va mettre
06:04les œuvres d'art, j'ai lu,
06:06mais non, mais je me suis en train de dire
06:07sur cet impôt sur la fortune.
06:08Vous ressuscitez, je termine par là,
06:12vous ressuscitez le fait
06:14qu'on va mettre les yachts et les jets
06:15dans l'impôt sur la fortune improductive.
06:17La dernière fois qu'on a essayé de taxer les yachts,
06:19ça n'a rien rapporté du tout.
06:21Il y en a quasiment plus, d'ailleurs, français, les yachts.
06:23Et d'ailleurs, les boîtes de jets privés françaises
06:25se cassent la gueule à cause des taxes.
06:28Donc, voilà, je trouve qu'on est dans un concours.
06:32Ça y est, Charles Consoli ?
06:33Je sens qu'il y a de la grosse inquiétude
06:35parce qu'en fait, tout ce que vous évoquez
06:38là comme inquiétude, vous êtes conscients
06:39que 98% des Français ne sont pas concernés
06:42par l'inquiétude qui a l'air de vous terrasser
06:45et de vous rendre très fébrile.
06:46Ils sont concernés parce que quand il y a trop d'impôts,
06:48l'économie ne marche plus.
06:49Ils ne sont pas concernés par...
06:51Alors, vous disiez, les socialistes,
06:52vous êtes obsédés par les impôts, etc.
06:53Moi, je suis obsédé par une seule chose,
06:55la justice fiscale.
06:57Pour éviter précisément les autres mesures
06:59qui sont prévues, qui sont des mesures d'économie,
07:00que je trouve, là, pour le coup, pardonnez-moi l'expression,
07:03dégueulasse.
07:03Comme quoi ?
07:03Parce que, vous savez quoi ?
07:05Quand on veut doubler les franchises médicales,
07:07c'est-à-dire ce que payent les gens de leur poche
07:09de manière obligatoire,
07:10sans être remboursés par la Sécurité sociale,
07:12ça, c'est dégueulasse parce que l'argument,
07:14c'est de dire, c'est pour vous responsabiliser.
07:16Vous croyez que quand vous êtes malade,
07:17vous décidez d'être responsabilisé, etc.
07:18Parce qu'il n'y a aucune économie à faire
07:19sur la santé en France.
07:21Vous savez quoi ?
07:21Dans le budget de la Sécu,
07:22si vous lisez attentivement
07:23ou suivez mes interventions et les autres,
07:25moi, il y a environ 4 milliards de mesures d'économie
07:27dans ce budget-là que j'ai validées,
07:29que j'ai votées la semaine dernière
07:30en Commission des Affaires Sociales.
07:31Mais qu'elles, par exemple ?
07:32Parce que sur 270 milliards de dépenses
07:34d'assurance maladie,
07:35on serait débile de penser qu'il n'y a pas
07:375 à 10 % d'économies qui peuvent être faites.
07:39Je vous prends l'exemple.
07:40Il y a ce qu'on appelle la prescription renforcée,
07:43c'est-à-dire de considérer qu'un médecin,
07:45quand il prescrit certaines molécules,
07:47notamment qui sont coûteuses,
07:48il faut qu'il justifie auprès de l'assurance maladie
07:50que c'est adapté à la pathologie du patient
07:53en respectant les recommandations de la Haute Autorité de Santé.
07:55Pardon, c'est un petit peu compliqué,
07:57mais c'est des manières très importantes,
07:58c'est des centaines de millions,
07:59voire des milliards d'économies qui peuvent être faites.
08:01S'attaquer à certains phénomènes de rente
08:02dans le mécanisme de la santé,
08:04où il y a de la financiarisation des acteurs
08:07qui ont investi dans des centres de santé
08:09et qui bénéficient d'une rémunération
08:12et d'une rentabilité anormale.
08:13Il y a plein d'économies à faire
08:15dans le secteur de la santé.
08:16Mais par contre, on ne doit pas toucher
08:17aux assurés sociaux, à l'accès aux soins,
08:20les dissuader de recourir à des soins.
08:22On n'en est pas là en France, M. Gèche, quand même.
08:25Les franchises médicales, c'est une philosophie
08:27qui consiste à dire à des gens...
08:28On est le plus généreux du monde sur la santé.
08:29Oui, mais vous savez quoi ?
08:30Il n'y a pas un pays dans le monde
08:31où c'est plus open bar qu'en France sur la santé.
08:34Vous voulez qu'on devienne le pays moins généreux ?
08:36On a un système singulier, c'est la fierté française.
08:39Vous êtes un gaulliste, M. Consigny.
08:41Mais ce n'est pas la fierté française que...
08:41Mais si, on a fait naître il y a 80 ans
08:43cette sécurité sociale qui est l'honneur de notre pays.
08:46Oh, il y a mon dos de Gaulle.
08:47C'est ça qui fait que les gens sont mal payés.
08:51C'est l'Union nationale qui a fait ça.
08:52Demandez aux Français, demandez aux indépendants
08:55qui donnent 50%, si ce n'est plus, de ce qu'ils gagnent à l'URSSAF
09:01pour payer notre déresponsabilisation sur le sujet.
09:07Mais je n'ai pas de patrimoine, mon cher M. Guelch,
09:15je ne peux absolument pas payer l'ISF,
09:16contrairement à mon avis à la plupart des députés de gauche
09:19et de gauche caviar dont vous faites partie.
09:21Donc excusez-moi, moi je m'en fous de l'impôt sur la fortune.
09:24Ce que je vous dis simplement, c'est que les Français,
09:27ils en ont ras-le-bol d'être surtaxés à tous les États.
09:29Mais ce n'est pas eux qui sont surtaxés.
09:31Il n'y a pas d'augmentation d'un...
09:33Il faut faire un effort, il faut qu'on fasse un effort ensemble
09:35et qu'on se responsabilise.
09:36Donc moi, non, le doublement des franchises médicales
09:38ne me choque pas, mais je l'assume tout à fait.
09:41C'est un désaccord de principe.
09:43Je pense qu'il faut, à un moment donné,
09:44qu'on entre en France dans une nouvelle ère
09:46qui est un peu l'ère, effectivement, de la responsabilité individuelle
09:49pour qu'on se dise comment on fait pour sauver notre pays
09:51et pour devenir autre chose qu'une carte vitale
09:55et un concert solidaire sponsorisé par France Inter.
09:57C'est très intéressant.
09:58J'aimerais qu'on soit autre chose que ça.
09:59Vous savez quoi ? Je trouve ce débat intéressant.
10:01C'est un libéralisme classique.
10:03Et moi, j'ai des gens qui me disent
10:04allons au bout de la logique
10:06et par exemple, les gens qui fument des cigarettes,
10:09on devrait moins les rembourser par la sécurité sociale.
10:11Les gens qui ont des comportements à risque dans leur vie,
10:14ils devraient être moins remboursés par la sécurité sociale, etc.
10:16Mais ça, ça s'appelle le libéralisme.
10:18Ça, ça s'appelle le chacun pour soi.
10:19Mais vous savez, ça marche.
10:20Mais oui, mais ne vous en déplaise, ça fonctionne.
10:22Mais la dernière fois qu'on a eu le débat,
10:24aux Etats-Unis, en Argentine, en Italie, en Angleterre,
10:29ça marche partout.
10:30Et le socialisme, ça marche où ?
10:33Ça marche nulle part.
10:35Vous avez pas le sentiment que ce pays,
10:37quand il était sous direction socialiste,
10:38il a mis en place quelques réformes.
10:39D'ailleurs, que les successeurs de droite n'ont pas remis en question.
10:42Et quand on est capable de créer des prestations...
10:43Mais moi, je dis pas que la gauche n'apporte rien.
10:45Vous venez de le dire, Alessand.
10:46Non, non, non, non, moi, je dis pas que la gauche n'apporte rien.
10:49Je dis qu'en ce moment, vous êtes dans une espèce de concours lépine
10:52parce que vous avez envie d'obtenir absolument des scalps
10:55et de tordre le bras des masculins.
10:57Mais heureusement que la gauche a apporté des choses à l'aise.
10:59Justement, parce que c'est la finalité...
11:00Mais justement, M. Gage, c'est la finalité de la discussion.
11:04Je préfère aller envoyer comme d'autres et dire...
11:05C'est la finalité de la discussion.
11:07Pourquoi vouloir maintenir absolument à flot Sébastien Lecornu ?
11:10Si finalement, ça va vers une loi d'exception
11:13ou si ça va sur les ordonnances, est-ce que vous censurez quand même ?
11:16Je vais vous parler franchement.
11:17J'essaye.
11:18Une loi spéciale.
11:19Non, mais si c'est une loi spéciale, ce sera un échec et ce sera sans nous.
11:23Et donc, la raison pour laquelle...
11:24Mais sans vous, est-ce que ça veut dire censure ?
11:26Non, mais la raison pour laquelle on n'a pas...
11:27Prenons les choses dans l'ordre.
11:28Nous n'avons pas censuré Sébastien Lecornu,
11:30en effet, parce qu'il a pris deux engagements qu'il respecte,
11:33ne pas recourir au 43-3 et suspendre la réforme des retraites.
11:36Pardon, mais depuis 2023,
11:38la première avancée significative sur la question des retraites
11:40qui a mobilisé tant de nos concitoyens,
11:42c'est les socialistes qui l'ont obtenu avec d'autres
11:44et une suspension de la réforme des retraites.
11:47Moi, à mon sens, c'est une régression terrible.
11:49C'était la seule bonne réforme du deuxième quinquennat de Macron.
11:52Écoutez, Sébastien Lecornu a consenti au fait de dire
11:55qu'il pouvait suspendre et que ce sera l'élection présidentielle de 2027
11:58qui tranchera.
11:59Et tant mieux.
12:00Moi, ça me va.
12:01Et donc, je ne vais pas censurer à ce moment-là.
12:02Oui, mais M. Gage, la question n'est pas là.
12:04Faites un compromis.
12:05Oui, mais M. Gage, la plupart des députés qu'on interroge...
12:08Oui, la chemise.
12:09D'accord, mais la plupart des députés qu'on interroge,
12:11de Gaulle comme de droite, disent qu'on n'y arrivera pas.
12:14C'est-à-dire qu'on ne sera pas dans les délais imposés par la loi.
12:17Donc, ça va se finir soit par les ordonnances,
12:19soit par une loi spéciale.
12:20Je repose la question de la Marcha.
12:21Mais ça va dire qu'on n'y arrivera pas avant d'avoir terminé toute la démarche.
12:25Éric Coquerel, le président de la Commission des Finances,
12:27le dit, Laurent Jacobili du RN le dit.
12:29Tout à l'heure, on était avec François Calfon.
12:31Votre ami socialiste le disait également.
12:33Excusez-moi.
12:33Vous avez cité le RN et le France Insoumise.
12:38Je parle des gens qui sont à l'Assemblée nationale
12:39qui, eux, souhaitent que ça capote.
12:41Parce qu'eux, ils veulent une élection présidentielle anticipée
12:43ou une dissolution.
12:44Ils sont dans une autre stratégie.
12:45Elle est peut-être respectable.
12:47Ce n'est pas celle que je partage.
12:48Dans l'intérêt du pays, je considère qu'on doit pouvoir construire un compromis.
12:51Ce serait un bel exercice de renouveau démocratique.
12:54Je ne suis pas devenu macroniste.
12:55Ils ne sont pas devenus socialistes.
12:56Mais si dans la période, je peux obtenir des avancées concrètes
13:01pour l'ensemble de mon concitoyen,
13:03et si à la fin de la séquence,
13:04il n'y a pas le gel des prestations sociales,
13:06il y a la suspension de la réforme des retraites,
13:07il n'y a pas le doublement des franchises médicales,
13:09il y a des moyens supplémentaires pour l'hôpital,
13:12et il y a des recettes plus justes,
13:13et les déficits supplémentaires pour l'hôpital,
13:15tout le monde est d'accord.
13:16Mais moi, je vois bien.
13:17Il faut réduire les déficits.
13:19Je prends nos téléspectateurs à témoins
13:21du fait qu'on nous enquiste encore
13:25dans des vieilleries, pardon de le dire.
13:29Mais qu'est-ce que vous faites d'alternatif ?
13:31C'est-à-dire qu'on reste complètement...
13:33Pardon, mais la réforme des retraites,
13:34mais regardez ailleurs en Europe,
13:36quel autre pays a la retraite à 62 ans ?
13:38Il n'y en a aucun !
13:40Pourquoi on serait les seuls en France
13:41à faire partir les gens à la retraite à 62 ans ?
13:44Parce qu'on est un pays de coca,
13:45il est tellement meilleur que les autres.
13:47L'âge de départ à la retraite est comparable
13:49globalement dans les pays,
13:50l'âge légal n'est pas le même,
13:51mais ce n'est pas ça le sujet.
13:52Vous savez quoi ?
13:52C'est 70 ans maintenant au Danemark.
13:54Vous savez quoi ?
13:55En France, on a des trucs très singuliers.
13:56On a l'exception culturelle,
13:58ça n'existe pas ailleurs,
13:58et on n'est pas mécontents.
14:00On a la laïcité, ça n'existe pas ailleurs,
14:02et on n'est pas mécontents.
14:03On a un système de sécurité sociale.
14:06Mais oui, tant bien que mal,
14:07elle marche bien dans ce pays,
14:08c'est un objet de concorde national.
14:10Ce que je veux dire,
14:11c'est que je trouve effrayant
14:14pour quelqu'un comme vous
14:15qui défend la singularité française,
14:17de banaliser l'alignement
14:19sur le mainstream.
14:21Parfois, on peut avoir tort
14:23ce seul aussi.
14:24On peut parfois avoir raison
14:25par anticipation.
14:27Ce qui me désespère,
14:28c'est de voir les jeunes émigrer
14:30à l'étranger,
14:31parce qu'on en a de plus en plus,
14:32qui quittent la France
14:33parce qu'ils pensent
14:33qu'ils ne peuvent pas réussir ici.
14:35C'est de voir les entreprises
14:36qui sont en train de regarder
14:37dans quelles villes,
14:38à Milan, à Bruxelles ou en Irlande,
14:41elles pourront installer
14:41leur siège social
14:42pour échapper à votre pays.
14:45C'est ça qui m'inquiète.
14:49Franchement, dans la période,
14:49je préfère l'optimisme
14:50de la volonté.
14:50Je trouve que ça décourage
14:51les Français.
14:52Merci, monsieur le député Gage.
14:54Merci, Charles Consigny.
14:55À demain, Charles Consigny,
14:5618h30.
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