Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00La rentrée se fait sous le signe de la vie chère, on le voit avec les carburants, avec l'augmentation
00:04aussi des prix, notamment des légumes, des fruits dans les supermarchés.
00:08Et je dis bien entre autres, donc les Français sont entre colère et résignation, attente aussi de savoir ce que
00:15peut faire le gouvernement.
00:16Dans tous les cas, la vie quotidienne, elle est là. Sonia Carnero est allée dans des grandes surfaces parisiennes. Constatez
00:22justement comment les Français se débrouillent.
00:25Le discours est le même pour tous les Français que nous rencontrons ici. Ils ne comptent pas se priver sur
00:31les courses.
00:32En tout cas, pas pour l'instant, ils nous le disent, on veut continuer de manger, on veut continuer de
00:37faire plaisir à nos enfants.
00:38Ils vont se priver autrement, ils vont se priver sur une sortie, sur un restaurant, aussi sur les déplacements en
00:44raison du prix des carburants.
00:46Mais ils tiennent pour l'instant à continuer de faire leurs courses presque normalement. Certaines habitudes ont pourtant changé.
00:53Ils nous le disent, ils regardent davantage les promotions. Ils changent aussi parfois peut-être de marques.
00:58Ils ont tous un peu leur petite astuce pour tenter de faire face à ces hausses des prix.
01:03Écoutez-les au micro de Camille Fournier et de Marion Delpierre.
01:06C'est vrai qu'on fait beaucoup plus attention, qu'on se prive un petit peu de choses un petit
01:11peu plus chères, comme aller au restaurant.
01:13Certains aliments, je ne les achète plus. Ce matin, j'étais au marché. Il y a des poissons, des viandes
01:19que je n'achète plus.
01:20Comme il y a différents produits, peut-être qu'on prend les produits un peu moins chers.
01:23Voilà. Pour l'instant, voilà.
01:25C'est quelque chose que vous faites et que vous ne faisiez pas avant ?
01:27Je regardais moins avant.
01:29Alors je ne me prive pas, mais je travaille plus. Je travaille deux fois plus.
01:31Comme ça, j'arrive à compléter mon salaire pour pouvoir subvenir à mes besoins.
01:37Ces Français, donc pour l'heure, qui essaient de ne pas se priver au supermarché,
01:41mais tous s'inquiètent, tous se posent la question, tous nous posent la question aussi.
01:45Eh bien, ils s'inquiètent de savoir combien de temps encore cette situation va se poursuivre
01:50et surtout, jusqu'où va aller cette hausse des prix ?
01:53Sonia Carnéo et Marion Delpierre en reportage avec l'Isiville à coubler.
01:57Bernard Sanès, bonsoir.
01:59Bonsoir.
01:59Lorsqu'on interroge les Français, on s'aperçoit que beaucoup d'entre eux se serrent la ceinture.
02:03Oui, c'est un indicateur intéressant.
02:05Nous le suivons depuis huit ans.
02:06Toutes les semaines, nous posons la même question au panel que nous interrogeons pour BFM TV toutes les semaines.
02:11Et nous leur demandons comment ils finissent leur fin de mois.
02:14Est-ce qu'ils finissent leur fin de mois sereinement ou est-ce qu'ils se restreignent ?
02:18Et on voit qu'on a eu un pic au moment des Gilets jaunes.
02:20On était à près d'un Français sur deux qui se restreignait pour finir ses fins de mois.
02:26Puis il y a eu, bien sûr, le Covid.
02:27Ensuite, nouvelle augmentation des prix avec la guerre en Ukraine et l'inflation alimentaire.
02:32Puis accalmie, puis guerre au Moyen-Orient.
02:34Et là, on est maintenant à 46%, donc près d'un Français sur deux.
02:38On n'est plus qu'à deux points du pic des Gilets jaunes.
02:41Ça dit, évidemment, on l'a vu dans les reportages, ça dit la tension des Français.
02:47Et surtout, ce qui est encore plus inquiétant, c'est quand on les interroge un peu en perspective,
02:53en leur disant, est-ce que vous pensez que ça va durer ?
02:55Eh bien, ils sont 7 sur 10 à nous dire, oui, ça va encore se dégrader.
02:58Donc c'est sûr qu'en plus, le moral, quand on se dit que ça ne va pas durer 15
03:01jours, un mois,
03:02mais que ça peut durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois,
03:04ça pèse beaucoup sur le moral des Français qui ont vécu, il faut le rappeler,
03:09qui ont vécu déjà l'inflation alimentaire.
03:10Et au moment où ça commençait à ralentir, l'inflation ralentissait,
03:13mais les prix n'étaient pas revenus, bien sûr, à leur niveau de départ,
03:17la hausse des carburants vient un peu plomber l'ensemble.
03:20Et puis le troisième point que je voulais signaler, c'est que les Français, face à ça, ils s'adaptent.
03:24Vous avez dit, est-ce qu'ils sont résignés, est-ce qu'ils sont inquiets ?
03:26Ils sont les deux, ils sont parfois aussi en colère, mais en tout cas, ils sont forcés de s'adapter.
03:31Et comment on s'adapte ?
03:32Alors en changeant ses habitudes de consommation, en renonçant aux marques, etc.
03:35Mais aussi en renonçant à des achats, on renonce au shopping, on renonce aux vacances.
03:41Et puis, et le chiffre est saisissant, 4 personnes sur 10 nous disent qu'il lui arrive de renoncer à
03:46se nourrir,
03:46ou en tout cas qu'il change sa pratique en matière d'alimentation.
03:50– Marie-Dric, justement, je voulais rebondir sur ce 40% de renoncement d'achat alimentaire.
03:55Donc ce n'est pas du superficiel, si j'ose dire.
03:58Vous êtes responsable accéding alimentation secours catholique.
04:02C'est-à-dire qu'on fait des arbitrages sur ce qu'on mange ?
04:05– Tout à fait, on fait des arbitrages.
04:07Bonjour à toutes et à tous.
04:09Aujourd'hui, nous, on les connaît très bien, ces situations, malheureusement.
04:12Et c'est pour ça qu'on est extrêmement inquiets de la situation,
04:15puisque habituellement, déjà au Secours catholique,
04:17on rencontre plus d'un million de personnes qui sont déjà dans une situation d'arbitrage,
04:22c'est-à-dire de choisir entre se loger, se nourrir,
04:25payer les factures d'électricité ou se déplacer.
04:28Et forcément, ce sur quoi on a la main, c'est l'alimentation,
04:31avec un effet extrêmement nocif en termes de santé,
04:34puisqu'on rogne sur la qualité au-delà de la quantité,
04:38et puis un effet nocif forcément en termes de lignes sociales,
04:41puisque l'alimentation, c'est la capacité de partager un repas avec d'autres,
04:45c'est la capacité d'avoir ses enfants autour de la table,
04:48et un effet de ce fait sociétal.
04:51– Mais on connaît les produits alimentaires auxquels renoncent les Français ou pas, précisément ?
04:55– Oui, précisément, c'est ces produits sains, bons pour la santé,
04:59notamment les fruits et légumes, qui sont particulièrement touchés par la hausse des prix.
05:03– Plus 20% pour les courgettes, plus 20% pour les tomates.
05:06– Exactement, et ça, le coût sociétal, au-delà du coût individuel en termes de santé,
05:10on le sait, les maladies chroniques ont explosé ces dernières années,
05:13on a plus de 160% de diabète en 20 ans en France,
05:17tout ça nous coûte extrêmement, nous coûte des milliards d'euros collectivement.
05:23En 2024, on a sorti une enquête qui s'appelle l'injuste prix de notre alimentation,
05:26et on chiffrait justement que les effets de la malbouffe,
05:30les effets de cette mauvaise alimentation, nous coûtaient plus de 12 milliards d'euros par an.
05:34– Alors, quelles sont les solutions ?
05:35Parce que vous faites une proposition aujourd'hui, sans produit à prix coûtant.
05:40– Exactement, aujourd'hui, à très court terme,
05:44inflationniste, et sans reposer que sur le consommateur,
05:46puisque toutes les personnes n'ont pas forcément les moyens de mettre plus en magasin,
05:52eh bien, c'est d'avoir ces produits sans produit à prix coûtant,
05:56avec un prix juste payé aux agriculteurs et agricultrices,
05:59c'est-à-dire des produits qui sont faits sans marge et qui sont bons pour la santé.
06:03– D'accord, mais qui compensent alors ?
06:04Qui compenseraient pour ces produits à prix coûtant ?
06:07– C'est une opération neutre, disons, économiquement, pour les distributeurs,
06:11puisque ça va toucher les marges qui sont particulièrement fortes pour les fruits et légumes,
06:16pour les produits sains et les produits bio.
06:18Ça, c'est extrêmement bien renseigné par des associations de consommateurs,
06:21aussi comme UFC que choisir.
06:23Et donc, c'est toucher ces marges, quand on dit prix coûtant,
06:25c'est une opération sans surcoût pour les distributeurs,
06:29mais qui est neutre à la fin.
06:31Et c'est bien des produits qui suivent les recommandations officielles de santé publique.
06:36Et c'est une proposition qui est aujourd'hui sur la table au Sénat et à l'Assemblée,
06:39qu'on soutient avec plus de 40 associations,
06:42comme Foodwatch, Famille Rurale et France Asso Santé.
06:45– Frédéric Blublil, on a entendu cette dame, interrogée par Sonia Carnero,
06:49qui dit « Moi, le poisson et la viande, je ne peux plus, là ».
06:51– Oui, ça fait partie des produits qui sont très chers au kilo,
06:54et ce sont des protéines chères.
06:55Donc, si on rentre dans le détail concret,
06:58les protéines qui ont le vent en poupe, c'est le poulet, c'est l'œuf,
07:02parce que ce sont des protéines pas chères.
07:04Donc, on les voit se développer au détriment des protéines plus nobles, plus chères, effectivement.
07:09– Qui ne sont pas forcément de l'agriculture française, en plus.
07:12– Qui ne sont pas toujours de l'agriculture française, mais qui le sont quand même.
07:15Ce qui est important aussi, c'est que quand on regarde sur les 12 derniers mois,
07:20les panélistes montrent qu'il n'y a pas eu d'inflation alimentaire au global.
07:23Alors, bien sûr qu'il y a eu des produits qui ont augmenté.
07:26Par exemple, je crois qu'il y a certaines familles où,
07:30notamment dans les produits surgelés, vous avez…
07:32ou alors la viande, vous avez eu des augmentations.
07:34Dans d'autres familles de produits, vous avez eu plutôt une stabilisation.
07:37En tout cas, c'est ce que disent les panélistes aujourd'hui.
07:40Mais il y a un effet quand même à la fois de seuil,
07:43c'est-à-dire que même si la viande n'a pas augmenté significativement dans toutes ces catégories…
07:48– On a moins d'argent dans le portefeuille.
07:50– On a moins d'argent à lui consacrer.
07:52Et l'arbitrage, il se fait non pas parce que les prix alimentaires ont vraiment augmenté,
07:56mais parce qu'on a d'autres dépenses contraintes qui, elles, ont augmenté.
07:59– L'arbitrage se fait aussi sur les déplacements.
08:01On l'a vu cet été, moins de monde sur les autoroutes, par exemple.
08:04Donc, sans doute moins de déplacements, de vacances.
08:07– Et moins de monde au restaurant aussi, Alain Fontaine.
08:09Bonsoir.
08:10– Bonsoir.
08:10– Malheureusement pour vous.
08:11– Vous le constatez, vous ?
08:12– Ah oui, on l'a constaté.
08:14En France, selon les zones, bien sûr, vacances ou pas vacances,
08:17on est entre moins 10 et moins 30, avec une moyenne de moins 20%, grosso modo,
08:22avec une ville comme Paris, mais d'autres grandes villes très, très touchées
08:25par une disparition des consommateurs français,
08:28et avec un ticket moyen sur les touristes étrangers qui a baissé aussi,
08:32parce que la crise du pouvoir d'achat ne touche pas que les Français.
08:34– Alors, on renonce à quoi ? Au café gourmand ? À la bouteille de vin ?
08:38– Alors, si on va tout en haut, déjà, ils ont fait un arbitrage de ne pas aller au restaurant.
08:44– Oui, déjà, on n'est pas.
08:45– Ils vont vers une autre restauration différente, entre autres, mal bouffe automatiquement,
08:52mais moins chère.
08:53Et puis après, quand on arrive au restaurant, c'est oui, on enlève l'entrée ou on enlève le dessert,
08:58et puis le vin, on est passé de la bouteille au pichet, du pichet au verre,
09:04et puis on est à l'eau, et l'eau, c'est souvent maintenant,
09:07à moins que ce soit de l'eau pétillante, la carafe d'eau.
09:09– Et vous pouvez baisser vos prix, vous, ou pas ?
09:11– Là, on ne peut plus baisser les prix, parce que, contrairement à ce que j'ai entendu,
09:15c'est que l'augmentation des prix a été très importante.
09:19Nous, c'est 10% sur les fruits et légumes, cet été,
09:2313% pour la tomate, la courgette et l'aubergine,
09:25et puis il y a la viande qui a augmenté, et puis il y a la crèmerie.
09:28Pour vous donner une idée, en 10 ans, les fruits et légumes, c'est 62%.
09:33Donc, si vous voulez, on ne peut pas augmenter, on a beaucoup de charges en plus,
09:36alors bien sûr, c'est les énergies, mais tout ça, on parlera,
09:38mais on a aussi augmenté les salaires à une époque.
09:41Donc, ce qui fait, c'est qu'on est dans une coupe cis.
09:42– Mais attendez, quand on vous dit que vous abusez sur le vin,
09:44vous faites x3, x4, sur la bouteille d'eau, vous faites x3 aussi,
09:49ou même beaucoup plus sur le café, quand on regarde,
09:53ils sont gonflés quand même, donc c'est pour ça que je me demande,
09:55est-ce que vous pourriez renier un peu vos marges ?
09:57– Aujourd'hui, certains ont abusé, et eux doivent renier,
10:01puis en plus, s'ils ont abusé, ils donnent une mauvaise image de notre profession, clairement.
10:06Mais de l'autre côté, la plupart, on est à ras,
10:09et on le voit bien, puisque les faillites et les liquidations,
10:13les dépôts de bilan ont augmenté.
10:15Ils n'ont pas augmenté comme ça pour le plaisir,
10:17si vous voulez, quand vous déposez le bilan de votre affaire, c'est dur.
10:20Donc, ils ont renié jusqu'où ils ont pu,
10:23et puis vous avez bien sûr les charges sociales qui ne cessent d'augmenter.
10:27Et ça, les charges sociales, on peut en parler.
10:28– Quand on est dans une période comme ça de vie chère,
10:31où il faut faire des arbitrages,
10:33on prend des habitudes qui sont durables,
10:36c'est-à-dire qu'ensuite, on va prendre l'habitude de ne plus manger de viande, par exemple,
10:40on va prendre l'habitude peut-être d'arrêter certains loisirs,
10:43de ne plus aller au cinéma.
10:45– Oui, il y a une consommatrice tout à l'heure qui a fait la remarque
10:49qu'elle ne voulait pas sanctuariser certaines dépenses pour ses enfants, par exemple.
10:55Donc, forcément, il y a des arbitrages.
10:56Et puis, on apprend à vivre avec ces arbitrages-là,
10:58et puis on apprend à consommer différemment.
11:00Donc, on va peut-être aller un petit peu moins au restaurant,
11:03on va cuisiner un peu par soi-même.
11:04On va aussi chercher les promotions, les queues de stocks aussi.
11:07Il y a beaucoup de produits aujourd'hui,
11:09il y a beaucoup de canaux de vente qui n'existaient pas avant,
11:12où on vend des produits à fin de date de consommation,
11:14où on vend des produits, des légumes un peu moches,
11:17qui ne sont pas calibrés pour être vendus dans les grandes surfaces traditionnelles.
11:20Voilà, donc il y a différents canaux de vente, les vieux stocks.
11:23– Mais est-ce qu'il peut même y avoir une consommation peut-être un peu plus vertueuse ?
11:27On fait attention aussi à ce qu'on achète ?
11:29– On fait attention à ce qu'on achète, oui.
11:30– Une moins dans la surconsommation ?
11:31– On fait attention à pas gaspiller,
11:33parce que quand on regarde les fruits et légumes qui coûtent cher,
11:35on sait qu'à peu près 30% de la production de fruits et légumes
11:39ne termine pas dans les estomacs,
11:40mais dans la chaîne de la valeur va disparaître à un moment,
11:43soit parce qu'elle est vieille, soit parce qu'elle est pourrie,
11:45soit parce qu'elle n'est pas consommée par les consommateurs.
11:48– Bernard ?
11:48– Je voulais redire un mot sur les carburants,
11:50parce qu'encore une fois, ça vient s'ajouter à l'inflation alimentaire,
11:53et ça cumule deux inégalités, deux injustices, diront certains.
11:58L'inégalité sociale, celle liée au revenu,
12:00on voit par exemple que ceux qui sont les plus affectés par les fins de mois difficiles,
12:04c'est malheureusement bien sûr les milieux populaires,
12:06et ça vient cumuler avec les inégalités territoriales.
12:10Ceux qui ont des difficultés sur le carburant,
12:12c'est notamment ceux qui vivent en zone rurale,
12:15ceux qui vivent en périurbain,
12:16qui ont besoin de la voiture pour aller faire leurs courses,
12:18pour amener les enfants à l'école,
12:20ou aux activités le week-end, etc.
12:22Et donc quand on est, et c'est ce qui avait déclenché,
12:24je ne veux pas faire de comparaison,
12:26mais c'est ce qui avait déclenché le phénomène des gilets jaunes,
12:28c'est qu'il y avait finalement ce cumul de la fracture sociale,
12:31pour reprendre l'expression de Jacques Chirac,
12:32et de la fracture territoriale.
12:33– Mais les Français, ils sont dans le rouge à partir de quelle date ?
12:36Vous avez pu le préciser ça ou pas ?
12:38– Les derniers chiffres qu'on a mesurés,
12:40c'est qu'à peu près 3 Français sur 10 disent qu'ils sont à découvert régulièrement,
12:43une ou plusieurs fois dans l'année,
12:44et quand ils le sont, c'est le 17 du mois.
12:46Le 17 du mois, ça veut dire qu'ils restent 14 jours dans le mois,
12:50c'est-à-dire près de la moitié du mois.
12:51– Lucas Jakubovic ?
12:52– Non, moi j'écoute avec attention tous les discours,
12:54je lis aussi certaines études sur le pouvoir d'achat depuis quelques mois.
12:57À mon avis, il y a quelque chose de fondamental
12:59qui est un peu trop passé sous les radars,
13:01c'est-à-dire qu'aujourd'hui, quand on parle de crise de pouvoir d'achat,
13:04et c'est la première fois que ça arrive, je pense,
13:08les classes moyennes et les classes moyennes supérieures.
13:10Et dans l'histoire, on voit que quand on a un sentiment
13:12de déclassement de classe moyenne,
13:15c'est toujours à ces moments-là que la démocratie peut être menacée,
13:19peut être mise en péril.
13:20Donc en fait, c'est un sujet qui est vraiment, je pense,
13:22très intéressant pour la classe politique.
13:25– Vous dites que ça aura des conséquences politiques forcément ?
13:27– Ça aura forcément des conséquences politiques
13:28quand vous regardez certaines études sociologiques.
13:31Le principal fermant, par exemple, du vote RN ou LFI,
13:34donc qui sont les partis les plus à l'extrême sur l'échiquier politique,
13:37c'est le sentiment de déclassement, c'est de dire
13:39j'ai fait des études, j'habite en ville,
13:41mais je ne peux pas me payer un resto, je ne peux pas me loger,
13:44je travaille, mais voilà, à la fin du mois, le 17 du mois,
13:46je n'ai rien d'autre.
13:47– Et mes enfants vivront moins bien que moi.
13:48– Oui, et si vous voulez, là, il y a quelque chose
13:50qui est très alarmant, et je pense qu'il faut le mentionner à l'antenne,
13:52c'est une étude, d'ailleurs, Elab, qui est sortie, je crois, lundi.
13:56Alors là, on demande aux Français, voilà,
13:57vous avez une paire de pouvoirs d'achat,
13:59c'est quoi les principaux éléments qui…
14:03enfin, qu'est-ce que vous en pensez ?
14:04Ce qui ressort, c'est de la colère,
14:06et c'est l'envie de renverser la table.
14:08Et ça, c'est quelque chose de nouveau, je crois,
14:10dans l'histoire des sondages.
14:13– Juste pour compléter ce qui vient d'être dit sur l'enquête Elab,
14:16avec une colère qui est notamment en forte progression
14:17chez les retraités, qui ne sont pas en général…
14:20– En tout cas, ils sont un peu visibles.
14:21– Et en plus, on va avoir et apprendre les arbitrages
14:23du Premier ministre, je pense, d'une minute à l'autre.
14:26– Retraités qui, d'ailleurs, votent toujours
14:28pour les parties les plus centrales,
14:29les parties qui veulent le moins renverser la table,
14:31et là, on a une rupture, je pense, qui peut arriver.
14:32– Le retraité veut aussi renverser la table.
14:34– C'est que la population la plus paisible
14:36et la plus attachée à une démocratie libérale
14:38peut commencer à en avoir marre.
14:40– On a évoqué les carburants,
14:42on va voir maintenant avec Raphaël Grabli,
14:44dans les faits Grabli, Raphaël nous rejoint,
14:46que l'une des solutions qui est fréquemment évoquée,
14:49bonsoir Raphaël,
14:50c'est ce que l'on appelle le blocage des prix.
14:53Mais la question, elle est toute simple,
14:55est-ce que c'est possible ?
14:56– Vous parlez de radicalité, de mesures radicales à l'instant,
14:59justement des prix à la pompe fixés par l'État
15:00pour assurer un tarif raisonnable,
15:02c'est l'une des principales propositions depuis plusieurs mois,
15:05notamment chez LFI.
15:06Jean-Luc Mélenchon l'a encore réclamé d'ailleurs ce dimanche.
15:09LFI évoque régulièrement un exemple,
15:11celui des dom-toms, pardon,
15:12et notamment la Réunion,
15:14où il y a un blocage des prix qui est mis en place,
15:15c'est tout à fait vrai.
15:17Dans les Outre-mer, en fait,
15:18le prix des carburants sont administrés depuis 40 ans,
15:21initialement pour des raisons de concurrence limitée.
15:24Chaque mois, vous voyez,
15:25il s'est affiché pour le mois de septembre,
15:27vous avez un arrêté préfectoral qui fixe les prix plafond
15:30à ne pas dépasser.
15:32Ici, donc, l'annonce pour septembre,
15:341,68 euros le litre pour le gazole.
15:37Alors, je vous ai mis la courbe des prix à la Réunion
15:40depuis le début de l'année,
15:41qui est comparée au prix de la métropole.
15:43Alors, on peut voir deux choses.
15:44Déjà, c'est que ça donne plutôt envie,
15:46parce que c'est plus bas qu'en métropole,
15:48mais ce n'est pas un cadeau des distributeurs,
15:50mais plutôt de l'État, en fait.
15:52– C'est compensé par l'État.
15:53– Alors, exactement, en fait,
15:55ce sont surtout les taxes qui sont moins importantes,
15:57et notamment, il y a un point qui est essentiel,
15:58c'est qu'il n'y a pas de TVA sur les carburants,
16:01notamment dans les dons-toms et à la Réunion.
16:03Et autre observation, les prix ont quand même explosé,
16:06parce que même si les prix sont administrés,
16:08ils dépendent comme partout du cours du pétrole.
16:10Cet exemple de la Réunion, il est particulièrement intéressant,
16:13parce que finalement, il regroupe deux éléments,
16:15la mesure phare de LFI, le blocage des prix,
16:17et la mesure phare du Rassemblement national, moins de taxes.
16:20– Alors, est-ce qu'on pourrait l'appliquer dans tout le pays,
16:23en métropole, du coup ?
16:23– Alors, ça voudrait dire baisser des taxes partout,
16:25donc ça coûterait des fortunes à l'État,
16:2754 milliards à économiser, ça risque d'être compliqué.
16:29Sinon, il faut forcer les fournisseurs à vendre à perte,
16:33avec à la clé un risque de pénurie.
16:35Alors, ce n'est pas moi qui le dis,
16:36c'est la France insoumise, en fait,
16:37c'est écrit noir sur blanc sur le site de son laboratoire d'idées,
16:41l'Institut Labo-Essi, qui est présidé par Jean-Luc Mélenchon.
16:43Un article qui a été publié au mois de mars évoque le blocage des prix,
16:46et on y trouve un encadré sur cette page,
16:49tout le monde peut aller la consulter, c'est très intéressant.
16:52L'encadré, c'est que ferait Total en cas de blocage des prix,
16:55notamment si Total venait à préférer exporter son essence
16:59plutôt que de la vente trop bas en France.
17:02LFI évoque un scénario à long terme, je les cite,
17:04si le blocage du détroit d'Hormuz est durable,
17:07le risque de pénurie existe,
17:09des mesures de régulation et de réquisition des stocks de Total
17:11pourraient être prises,
17:13la nationalisation de Total pourrait également être envisagée.
17:18C'est un billet à 100-150 milliards, la nationalisation de Total.
17:22Encore une autre question, effectivement, c'est le prix de la nationalisation de Total.
17:24Donc il faut payer le blocage et payer ensuite la nationalisation.
17:27Dans tous les cas, il faut que quelqu'un paye à la fin.
17:30Alain Fontaine, tout à l'heure, vous évoquiez pêle-mêle,
17:32les faillites, les charges,
17:35c'est combien d'emplois en France, la restauration au Total ?
17:38Alors, le dernier chiffre sorti, c'est 1,3 million, 1,3 million de personnes.
17:43Donc là, vous sortez le drape rouge en disant au gouvernement,
17:46attention, il y a le feu, attention, danger, quoi.
17:48Il y a un danger pour tous les artisans,
17:50pas que pour la restauration des charges sociales.
17:52Mais on est étouffé, on est vraiment étouffé.
17:54Et c'est embêtant de dire ça,
17:56parce qu'on a l'impression qu'on pleure toujours, qu'on se plaint toujours.
17:59Mais là, la vérité, c'est que tout ce qui est TPE, PME,
18:03on étouffe sur les charges sociales.
18:05Et là, effectivement, nous, on attend vraiment
18:06qu'un candidat sérieux,
18:09pas les bonimenteurs,
18:10ceux qui pourraient vendre des télévisions
18:11ou des machines à laver dans un magasin,
18:14les vrais candidats,
18:15nous expliquent,
18:17renversent vraiment la table,
18:18comme vous l'avez dit,
18:19renversent la table,
18:20mais sur les charges sociales,
18:22il est temps de préserver notre système social.
18:25Mais nous, on ne peut pas...
18:26Mais il faut qu'il coûte moins cher.
18:27Mais on ne peut pas...
18:27Les entreprises et nos employés
18:29ne peuvent pas payer tout le système social.
18:31Tout ne peut pas reposer sur le travail.
18:3380% ?
18:33Oui, 80%.
18:34On est 27 millions de travailleurs sans les chômeurs.
18:37On est 27 millions de travailleurs
18:38pour 70 millions de Français.
18:40Et on assure 80% du social.
18:43Ce n'est pas possible.
18:44Il faut un autre modèle.
18:45C'est un modèle.
Commentaires

Recommandations