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  • il y a 7 semaines
Mercredi 2 septembre 2026, retrouvez Antoine Alves d'Oliveira (Journaliste, Zonebourse) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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Transcription
00:10Un invité avec nous tous les midis pour décrypter à chaud les tendances de la séance à la mi-journée,
00:16les enjeux de cette séance et puis plus globalement de la semaine avec nous en visioconférence,
00:22Antoine Alves d'Olivera, journaliste pour Zone Bourse, bonjour.
00:26Bonjour Pauline.
00:28Alors on va parler de ce qui se passe sur les marchés aujourd'hui.
00:32Je vous propose qu'on commence avec le pétrole, Antoine.
00:35Il est donc repassé autour de 95 dollars au plus haut depuis le mois de juillet.
00:40Comment les investisseurs réagissent aujourd'hui ?
00:43On voit que c'est une situation qui pèse à nouveau sur les marchés
00:47puisqu'on a des marchés européens qui sont en baisse depuis le début de la semaine
00:50avec seulement la partie pétrolière qui s'en sort bien.
00:56Pour redonner un petit peu le contexte et vous en parler en introduction,
01:00on avait eu fin juillet une pause par Donald Trump des frappes sur l'Iran
01:04et ce qui avait permis une détente des prix du pétrole qui s'était stabilisée autour des 80 dollars.
01:11Et là, depuis ce week-end, on a une reprise des frappes américaines,
01:14derrière évidemment des ripostes iraniennes et donc un baril de Bren qui à nouveau se dirige vers les 100 dollars.
01:21Oui, c'est sûr.
01:23Oui, un baril à ce prix-là, ça provoque des risques sur l'inflation, sur les taux.
01:29Selon vous, quels risques sont inévitables sur ce sujet, Antoine ?
01:35Évidemment, quand on a un pétrole qui remonte, tout de suite, ça relance les craintes inflationnistes
01:41et ça, ça se traduit sur les marchés par des taux qui remontent,
01:43ce que vous avez décrit en introduction et ce qui n'est jamais un élément positif pour la partie action.
01:51Ce qu'on voit depuis le début de l'année, plus globalement, c'est une inflation qui repart
01:54parce que ces prix d'énergie, ils ont beaucoup monté.
01:58Et ça, c'était visible encore hier dans les chiffres d'inflation de la zone euro,
02:03puisqu'on a une inflation à 3,3%.
02:05C'est le plus haut niveau depuis presque trois ans.
02:08Et quand vous regardez un petit peu le détail des chiffres,
02:11en fait, toute cette envolée des prix, elle s'explique par la hausse des prix d'énergie
02:16et l'augmentation des marges de raffinage.
02:19Oui, c'est ça, parce que l'inflation en version cœur, elle, elle ressort à 2,4%.
02:26Oui, absolument. On a une inflation en corps, comme on dit, qui reste assez contenue.
02:32Et donc maintenant, toute la question pour les banques centrales,
02:34c'est de savoir si cette envolée des prix de l'énergie,
02:37elle se diffuse ou pas à l'ensemble de l'économie.
02:41Parce que normalement, un choc énergétique, c'est plutôt transitoire.
02:46Mais plus le conflit dure, plus les prix d'énergie restent élevés
02:50et plus il y a de probabilités que ça se transmette au reste de l'économie.
02:56Et donc ça, ça pourrait derrière pousser les banques centrales à être plus agressives
03:00et à remonter leurs taux davantage.
03:02Mais justement, parlons-en, parce que la prochaine réunion de la Réserve fédérale,
03:05je le disais en intro, elle aura lieu le 15 et 16 septembre.
03:09Donc la décision, ce sera le 16 septembre prochain.
03:11Est-ce que, selon vous, une hausse des taux dans ce contexte est inévitable
03:16ou quasi inévitable à ce stade ?
03:18Quand on voit, donc, après Jackson Hole, après le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole,
03:23avant son discours, c'était 40% de hausses anticipées.
03:28Là, on est plutôt, aujourd'hui, même presque à 65% d'anticipation.
03:36Oui, effectivement.
03:37Pour moi, Jackson Hole, ça a été un vrai moment de clarification.
03:40Si vous reprenez les premiers mois du mandat de Kevin Warsh,
03:44il a beaucoup été critiqué parce qu'il a énormément réduit la communication.
03:49Donc non seulement il n'y a plus de foreign guidance,
03:51la Fed ne donne plus d'indications sur les mouvements futurs des taux,
03:54mais en plus, Kevin Warsh, il n'a presque rien dit.
03:58C'est-à-dire qu'il n'a pas donné la fonction de réaction de la Fed.
04:01Qu'est-ce qui pousserait la Fed à bouger ?
04:03Et il n'a pas non plus donné ses vues de l'économie.
04:05Donc est-ce qu'il considère que l'inflation est sur la bonne trajectoire,
04:08que la politique monétaire est restrictive ?
04:10Tout ça, on ne savait pas.
04:11Et ça avait mis, évidemment, le marché dans le flou.
04:15Et ça avait poussé, d'ailleurs, les investisseurs à remettre en cause
04:18son engagement à combattre l'inflation.
04:23Et donc, Jackson Hole, il a, pour la première fois,
04:25vraiment clarifié ses positions,
04:26en disant d'abord qu'il n'était pas confiant sur un retour de l'inflation
04:32sur une trajectoire de 2 %,
04:34et également qu'il considère que les conditions financières ne sont pas restrictives.
04:39Et justement, oui, oui, je vous en prie.
04:42Ça, pour les marchés, ça a signalé une hausse de taux en septembre.
04:46Et on voit, d'ailleurs, que les pronostics ont complètement tourné,
04:52puisque désormais, les marchés attendent majoritairement une hausse de taux dans deux semaines.
04:58Alors, vous avez déjà plusieurs membres de la FED qui avaient voté pour une hausse de taux en juillet.
05:03Vous en avez trois.
05:04Et vous en avez aussi plusieurs qui se sont dit prêts à passer à l'action ces dernières semaines
05:09en disant que si l'inflation ne reflouait pas assez vite, il allait falloir y aller.
05:12Et moi, ce que je pense, c'est que la FED, désormais,
05:14elle est un petit peu contrainte d'y aller en septembre,
05:17parce que sinon, vous avez à nouveau ce problème de crédibilité qui va se poser.
05:22Oui, donc, Kevin Warch dit que l'inflation, c'est la priorité absolue.
05:28En attendant, on va aussi avoir d'autres indicateurs d'ici la réunion de la Réserve fédérale le 15-16,
05:36notamment cette semaine, c'est la semaine sur l'emploi aux États-Unis.
05:40On attend d'ailleurs cet après-midi la publication de l'enquête ADP sur l'emploi privé.
05:47Qu'est-ce qu'on peut attendre, Antoine, de ce rapport sur l'emploi américain pour le mois d'août
05:52?
05:54Alors oui, effectivement, ce sera un chiffre très important,
05:56puisqu'il faut toujours rappeler que la FED a un double mandat.
05:59Donc, il y a la stabilité des prix, ça, on en parle beaucoup en ce moment,
06:01mais il y a aussi l'emploi au maximum.
06:03Alors, sur ce fond-là, il n'y a pas trop de soucis à priori en ce moment,
06:07puisqu'on a un taux de chômage qui est à 4,1%.
06:09Donc, on est au plein emploi.
06:12Et ce qu'on attend ce vendredi, c'est des créations d'emplois autour de 55 000,
06:19après un mois d'août qui avait été négatif,
06:21puisqu'on avait un rapport publié début août, mais du mois de juillet,
06:25donc qui avait été négatif avec 23 000 destructions d'emplois,
06:29ce qui était une surprise négative.
06:31Une grosse surprise négative, on attendait 80 000 créations d'emplois.
06:34Et d'ailleurs, il faut noter qu'on a eu une série de données sur l'économie américaine
06:38depuis début août, ce qui a plutôt été un petit peu en dessous des attentes,
06:42alors sans que ce soit inquiétant pour le moment, mais il faut quand même le noter.
06:45Et puis, ce qu'il faut rappeler toujours quand on parle du marché de l'emploi américain,
06:50c'est que l'équilibre de ce marché est très différent de ce qu'il était il y a encore
06:54un an et demi.
06:56En 2024, on estimait à peu près à 150 000 le nombre d'emplois qu'il fallait créer chaque mois
07:01simplement pour maintenir le taux de chômage constant, ce qu'on appelle le break-even.
07:05Et aujourd'hui, on estime que ce chiffre-là, il tend plutôt vers zéro,
07:09parce que vous avez eu, avec Donald Trump, un fort durcissement de la politique migratoire,
07:15et donc une offre d'emploi qui a beaucoup diminué.
07:19Et ce qui fait que maintenant, l'équilibre du marché de l'emploi américain,
07:22c'est des créations d'emplois qui, structurellement, seront plus faibles,
07:26voire négatives certains mois, mais sans que ce soit inquiétant.
07:29C'est juste le nouvel équilibre avec des créations très faibles.
07:32D'accord.
07:33Il nous reste deux minutes, Antoine.
07:35Peut-être qu'on a parlé du pétrole, de l'inflation, de Jackson Hole, de Kevin Warch.
07:41Qu'est-ce que vous regardez, vous, là, pour cette rentrée, sur les trois prochains mois,
07:45jusqu'au mois de décembre, à quoi il faut faire attention ?
07:49Et est-ce que, du côté des actions,
07:51si on n'a pas trop parlé des actions,
07:53mais est-ce qu'il y a des secteurs, la tech, l'IA, que vous regardez plus que d'autres
07:58?
08:00Oui, effectivement.
08:01Alors, pour rester un petit peu d'abord sur la partie macro,
08:03évidemment, l'évolution du conflit en Iran,
08:06qui sera un élément à surveiller.
08:08Et comme je disais tout à l'heure, si ça se prolonge,
08:10on a toujours ce risque inflationniste qui risque de s'ancrer
08:14avec des banques centrales qui peuvent être plus agressives.
08:17Et après, évidemment, sur la partie actions,
08:20donc là, ce sera, comme vous le disiez, davantage la partie tech et IA à surveiller,
08:24puisqu'il faut rappeler que ce qu'on a vu au fond tout au long de l'année,
08:28c'est l'IA qui a été plus fort que la Fed et l'inflation.
08:33Puisque malgré tous ces risques, en fait, vous avez des marchés qui sont très bien tenus.
08:37Et pourquoi ? Parce que les fondamentaux, à savoir la dynamique bénéficiaire,
08:40est très bonne.
08:41Au deuxième trimestre, il faut rappeler que vous avez eu une croissance bénéficiaire
08:44de 50% pour les entreprises du S&P 500.
08:48Alors, quand on retraite un peu d'éléments exceptionnels, c'est plutôt 30%,
08:51mais malgré tout, c'est des chiffres qui restent exceptionnels.
08:53Et il y a vraiment une forte croissance qui est tirée par tous les acteurs
08:57qui sont exposés à l'IA.
08:59Donc ça, évidemment, ce sera le thème qu'il faudra surveiller,
09:02avec une saison d'un résultat qui va d'ailleurs très vite revenir,
09:05puisque dès la mi-octobre, vous aurez à nouveau les résultats du troisième trimestre.
09:10Et donc, je pense que là, ce sera le moment clé pour un petit peu
09:15donner le ton de la fin de l'année pour les marchés.
09:17Oui, on rappelle que la saison d'ailleurs du deuxième trimestre
09:21n'est pas tout à fait finie.
09:22Il reste encore quelques publications là, cette semaine.
09:24Je pense, justement, dans la Tech et l'IA,
09:26il me semble qu'il y a Dell et Brodcom à suivre.
09:30Merci beaucoup Antoine.
09:31Antoine Alves d'Olivera, vous êtes journaliste chez Zone Bourse.
09:35Merci de nous avoir accompagnés ce midi.
09:37Et puis, merci à tous de nous avoir suivis.
09:39On se retrouve ce soir en direct à 17h30 sur Bsmart.
09:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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09:53Sous-titrage Société Radio-Canada
09:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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