- il y a 21 minutes
Vendredi 16 octobre 2026, retrouvez Véronique Riches-Flores (Présidente, RF Research), Erwan Le Noan (fondateur, AKA Strategy) et Julien Pillot (économiste, enseignant-chercheur en économie, Inseec Grande école) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:07Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission de SmartEco,
00:12l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie à retrouver tous les jours à
00:16l'antenne,
00:17mais aussi sur notre site bsmart.fr et puis sur toutes vos plateformes d'écoute.
00:21Et au programme aujourd'hui, les perspectives de croissance française qui sont revues à la baisse par le FMI,
00:26alors que le gouvernement lui affiche davantage d'optimistes.
00:29Alors on revient sur la fiabilité de ces prévisions et puis dans les pistes pour baisser les dépenses,
00:36c'est les retraites et cette semaine on parle plus particulièrement de celles des fonctionnaires.
00:40Voilà, ça ce sera notre première partie d'émission et en dernière partie, on reviendra sur le côté croissance
00:45et ce que l'intelligence artificielle peut devenir le nouveau moteur de création de valeur
00:50quand on en a énormément besoin pour faire face à ce budget.
00:54C'est parti, on en parle tout de suite dans Smartéco.
01:01La croissance française continue d'inquiéter, le FMI vient de revoir ses prévisions à la baisse,
01:06tandis que le gouvernement affiche des perspectives plus optimistes pour 2027.
01:10Dans un contexte de finances publiques donc contrainte, quels sont les leviers pour relancer l'économie française ?
01:15Pour en débattre, j'ai le plaisir de recevoir Véronique Riche-Flores, bonjour.
01:18Bonjour.
01:18Vous êtes économiste indépendante, présidente de RF Research, Erwan Lonoan, bonjour.
01:23Bonjour.
01:23Vous êtes consultant, stratégie et CIS, fondateur de Acaristrategie et de l'IREF, un think tank.
01:29Merci beaucoup d'être avec nous.
01:30Alors Véronique, je me tourne vers vous tout d'abord parce que le FMI prévoit 3,1% de croissance
01:36mondiale cette année,
01:37mais seulement 0,4% pour la France en 2026 et 0,7% pour 2027.
01:43quand, lui, le gouvernement prévoit 1% de croissance.
01:47Et vous avez publié une analyse assez critique, en tout cas de la France, qui est assez optimiste sur ces
01:531%.
01:54C'est le cas ? C'est ce que vous pensez de ces 1% ?
02:00Incontestablement, oui.
02:01C'est assez optimiste.
02:02Alors surtout si on prend en considération le budget, ou en tout cas le projet de loi de finances qui
02:09est actuellement proposé.
02:12La situation, alors, l'économie française, finalement, on a eu quelques signes plutôt sympathiques à la fin de l'année
02:18dernière, etc.
02:19Même en début d'année, avant que la révision des comptes nationaux ne soit opérée par l'INSEE.
02:25Qu'est-ce qui se passait ?
02:26Eh bien, on voyait que les dépenses dans la défense commençaient à réveiller un petit peu certains pans de l
02:30'industrie.
02:31On voyait que les progrès ou la concentration sur les efforts concernant les nouvelles technologies commençaient à porter ses fruits.
02:39il y a eu une véritable avance de la France dans certains domaines, que les data centers procuraient de l
02:44'activité dans la construction, etc.
02:46Donc tout ceci était plutôt rassurant, et par ailleurs avec des gains de compétitivité indéniables en termes de salaire.
02:54Et puis les comptes de l'INSEE sont arrivés.
02:56En réalité, ils nous dépeignent un premier semestre de l'année qui était quand même très décevant.
03:02Les résultats ne sont pas là, l'aéronautique est plombée.
03:05Donc est-ce qui s'est passé ? C'est des effets d'annonce face à des réalités concrètes ?
03:09Oui, et en fait il y a des tas de secteurs, ce n'est pas propre à la France, c
03:15'est assez général,
03:16des tas de secteurs qui sont en difficulté, de plus en plus importante.
03:21Et à côté de ça, vous avez tout ce qui se déroule autour de l'IA et de l'énergie,
03:25voire de la défense,
03:26qui se porte plutôt bien, mais dès que ça accroche à ce niveau-là,
03:30du coup ce qui prend le dessus, c'est toute la partie qui va mal.
03:34Et on a vraiment cette situation-là.
03:36Alors pourquoi ce budget par ailleurs est inquiétant ?
03:39C'est qu'on constate la détérioration du pouvoir d'achat,
03:42de la situation des ménages qui est de plus en plus importante.
03:44Et que finalement, quand on analyse ce projet de loi de finances,
03:48on voit que ça risque quand même d'aggraver la situation en l'État.
03:51Après, c'est un projet, une discussion.
03:55Et on voit que c'est un projet qui risque d'aggraver très significativement
04:01des ménages qui sont confrontés à des évolutions salariales qui sont très retenues en France.
04:07C'est la caractéristique de ces dernières années par rapport à nos voisins.
04:10Une inflation qui redémarre, et notamment sur ces composantes les plus impactantes pour les ménages modestes.
04:16La hausse des taux d'intérêt.
04:18L'immobilier qui ne fait plus rien et on se contentait de plus rien,
04:21mais là, ça risque quand même d'avoir une influence carrément négative sur la croissance.
04:26Donc, c'est très difficile d'intégrer ce projet de loi de finances
04:30qui me semble, a priori tel qu'il a été présenté,
04:34risquer d'avoir un effet multiplicateur supérieur à...
04:37Qui n'est pas assez pris en compte, en fait.
04:39Qui n'est pas assez pris en compte, effectivement.
04:42Et j'ai peur qu'effectivement, on aggrave la situation.
04:45Ce qui fait que nous, en l'État, compte tenu de la détérioration des perspectives,
04:49parce qu'on est un peu plus frileux que le FMI,
04:52on est plutôt à moins 0,4% pour l'an prochain qu'une quelconque croissance positive.
04:58Mais justement, le Trésor, c'est assez étonnant.
05:00Ils indiquent sur leur papier,
05:01misé notamment sur une reprise de la consommation et de l'investissement privé
05:05pour soutenir cette croissance.
05:06C'est comme ça qu'ils justifient ces 1%.
05:09C'est vrai que, en l'État, quand on voit le pouvoir d'achat qui est attaqué de toutes parts,
05:14on se dit que, bon, miser sur une reprise de la consommation,
05:18c'est quand même assez ambitieux.
05:20C'est probablement très ambitieux.
05:22D'autant que vous le disiez, l'inflation est relativement élevée.
05:25Enfin, ça annonce, a priori, particulièrement élevée sur l'année.
05:28Plus qu'on ne le pensait.
05:29Plus, si je ne me trompe pas, que ce que le gouvernement a prévu
05:32dans ces éléments pour le budget.
05:37c'est que les prévisions du gouvernement sont optimistes.
05:43Elles ne sont pas outrageusement optimistes.
05:44C'est ce que dit le Haut conseil aux finances publiques.
05:46On a connu beaucoup plus irréalistes dans des budgets précédents.
05:51Cela étant, c'est vrai qu'aujourd'hui, comme vous le disiez à l'instant,
05:55on est sur des prévisions de croissance qui sont très optimistes,
05:58qui sont probablement du coup pas réalistes.
06:00Ce qui veut dire aussi que tous les chiffres qui sont annoncés par le gouvernement
06:04en termes de réduction de la dépense publique,
06:06de maîtrise des déficits, de réajustement des dépenses,
06:10sont là aussi biaisées.
06:12Je pense que sur ce budget, l'un des défis, l'un des enjeux les plus importants,
06:18il y en a deux.
06:19Le premier, c'est dans la copie du gouvernement
06:21et ensuite ce qu'on voit au Parlement.
06:22Dans la copie du gouvernement, l'ajustement budgétaire,
06:24il se fait essentiellement par l'impôt.
06:26C'est-à-dire qu'on est le pays de l'OCDE qui taxe
06:29ou l'un des pays qui taxe le plus
06:30et on vient encore accroître la charge fiscale.
06:34Ça ne peut pas avoir un effet positif sur l'économie.
06:37Et au demeurant, ça produit un effet qui est relativement marginal
06:40sur les finances publiques,
06:40parce que la dépense continue d'augmenter.
06:42Et puis il y a ce qui se passe au Parlement.
06:43On a vu, là, le texte arrive en discussion, en séance,
06:47mais il y a eu tous les travaux en commission
06:49et les députés ont globalement accru la dépense publique,
06:55la fiscalité, le déficit, etc.
06:56Donc le débat budgétaire, en session à l'Assemblée
07:01et puis ensuite au Sénat,
07:02ça ne va probablement pas prendre dans la bonne voie.
07:05Et ça va aussi créer de l'incertitude
07:06et donc avoir un effet probablement très négatif
07:10sur les entreprises qui vont être frileuses
07:12et puis sur les marchés qui nous observent en disant
07:13« Mais qu'est-ce qui est en train de se passer en France ? »
07:16Oui, parce que ces restrictions budgétaires,
07:17elles vont forcément avoir un impact
07:18sur tout ce qui va pousser la croissance et la consommation.
07:22Mais ça, on arrive à l'intégrer dans une prévision ?
07:25Normalement, c'est intégré.
07:27Ah oui, on arrive à l'intégrer.
07:29Alors, ce qu'a probablement fait le gouvernement avec le 1%,
07:33nonobstant, à mon avis,
07:35un mauvais chiffrage des effets multiplicateurs,
07:38c'est qu'il a fait comme la plupart des économistes
07:41depuis le début de l'été,
07:42c'est-à-dire qu'il y a eu la crise, la guerre en Iran,
07:45la flambée du prix du pétrole,
07:46et puis le pétrole a baissé.
07:48Alors, c'est remonté cet été,
07:49mais la plupart des prévisions intègrent
07:51un retour des prix du pétrole
07:53aux alentours de 70 dollars,
07:56voire inférieur.
07:58Et donc, un effet désinflationniste
08:00qui vient sauver, effectivement,
08:03les perspectives de consommation.
08:05Et le FMI a probablement une copie assez proche,
08:08ce qui fait que, un,
08:09vous n'avez pas de perspectives de durcissement monétaire.
08:12Les banques centrales, finalement,
08:13elles étaient dans cette logique.
08:14Écoutez, la BCE et les prévisions,
08:16vous voyez que l'inflation est censée retomber,
08:18donc ça redonne un peu de pouvoir d'achat,
08:21et puis on reconstruit des perspectives là-dessus.
08:24Sauf que le pétrole n'est pas en train de retomber,
08:26on est à 1006 dollars aujourd'hui.
08:28Que graphiquement,
08:29et compte tenu de la situation géopolitique,
08:31bon, il n'est pas impossible
08:32qu'on aille voir même plus haut.
08:34que l'inflation est en train de se construire,
08:37de trouver des bases.
08:38On le voit très bien,
08:39y compris aux Etats-Unis,
08:40et puis de manière globale.
08:42Nous, on a un indicateur mondial, etc.
08:44Il est au plus haut depuis 25 ans.
08:47C'est l'historique de notre série.
08:48Voilà.
08:49C'est un indicateur avancé
08:51qui nous donne la direction.
08:53Et donc, l'inflation va être plus élevée,
08:56ce qui va probablement,
08:57à la fois comprimer le pouvoir d'achat un peu plus,
09:01mais pousser sans doute les banques centrales
09:02à devoir faire davantage
09:04en termes de resserrement monétaire.
09:06Et là, on ne retrouve plus du tout
09:07les éléments qui permettaient d'avoir une copie.
09:10Nous-mêmes, on n'était pas à 1%,
09:11mais on était à 0,7%.
09:13Donc, c'est dans l'épaisseur du trait,
09:14on peut dire,
09:15c'est le débat entre économistes.
09:17Sauf que là,
09:18on n'a plus les moyens d'être à 0,7%.
09:20Avec la révision des comptes de l'INSEE,
09:23avec les tendances à conjoncture
09:24qui ne sont franchement pas bonnes
09:26pour les tout prochains mois,
09:27l'incertitude liée au budget.
09:29On a vu combien ça avait coûté
09:31au premier trimestre de l'an dernier.
09:33Ça crée beaucoup d'attentisme
09:35et il n'est pas impossible
09:37qu'on soit dans une situation
09:38à peu près comparable
09:39au début d'année prochaine.
09:41Puis ces élections,
09:43ça fait beaucoup
09:44pour décrisper les comportements.
09:46Imaginez une baisse du taux d'épargne
09:48qui serait le scénario idéal.
09:50On a un taux d'épargne extravagant.
09:51On pourrait avoir des mesures
09:53de politique économique
09:54qui incitent à une baisse du taux d'épargne.
09:56Ça risque d'être juste tout l'inverse.
09:57Avec ce qu'on prépare en ce moment
09:59et d'incertitude actuelle.
10:01Erwann, est-ce que ces chiffres-là
10:03ont encore de la valeur aujourd'hui
10:04quand on voit tous les chocs
10:06qui arrivent d'année en année
10:08qui sont complètement imprévisibles,
10:09qu'on ne peut pas mettre dans la balance ?
10:11Forcément, ça a un impact énorme
10:13malgré tous les efforts
10:14qu'on pourrait faire.
10:15Oui, je pense que les chiffres ont de la valeur
10:17et puis les travaux de prévision ont de la valeur.
10:20Il y a toujours, que vous le disiez mieux que moi,
10:21mais des débats sur les hypothèses.
10:25Et effectivement, le budget est construit
10:26sur un certain nombre d'hypothèses
10:27qui mériterait probablement d'être corrigées.
10:30Mais ça a une valeur,
10:33ne serait-ce que pour créer le débat,
10:35comme on peut l'avoir ici,
10:36pour éclairer la décision publique
10:37et éclairer les décisions des entreprises.
10:39Parce que quand le gouvernement
10:40annonce des prévisions
10:42que les économies sont en réplique par d'autres,
10:44ça aide les entreprises à comprendre.
10:46Mais l'incertitude, c'est le jeu de l'économie.
10:49C'est normal qu'on soit dans l'incertitude en permanence.
10:54Ce qui est aujourd'hui déstabilisateur,
10:56c'est qu'un certain nombre d'agents
10:58ou d'autorités qui devraient aider
11:01à donner de la clarté dans l'incertitude globale
11:04n'en donnent pas du tout.
11:05Je reviens sur le débat parlementaire,
11:09dans le contexte qu'on connaît
11:11de début de campagne.
11:13Une campagne qui n'est quand même
11:14particulièrement pas claire.
11:15On ne sait pas de quel côté
11:16la pièce va finir par tomber.
11:20Les annonces de fiscalité pour les uns,
11:23de réglementation pour les autres,
11:25des blocs populistes qui ont le vent en pouce
11:28qui n'est quand même pas de nature
11:29à rassurer en matière économique.
11:31Et là-dedans, le politique est aujourd'hui
11:34un facteur d'incertitude majeur.
11:37Alors que l'une de ses fonctions
11:38en matière économique devrait plutôt
11:40être d'être un acteur de réassurance
11:44au sens de rassurer les marchés
11:46et donner un minimum de visibilité
11:48sur son action.
11:49Ça ne veut pas dire
11:49que la certitude disparaît.
11:51Elle est consubstantielle
11:52à l'économie concurrentielle.
11:53Mais aujourd'hui, il joue à contre-courant,
11:56à contre-emploi en la matière.
11:58Vous avez publié une tribune dans l'Opinion.
12:00Cette semaine, la France veut changer,
12:01mais son modèle social l'en empêche.
12:03Pour vous, ce serait quoi le moteur de croissance
12:06qui s'opérerait dans ce contexte-là ?
12:08Si j'avais la solution magique du moteur de croissance,
12:11j'en serais ravi.
12:12Ce que j'ai essayé d'expliquer,
12:14c'est qu'aujourd'hui, on est dans une situation
12:16où tout le monde sait qu'il faut changer,
12:17mais personne n'a intérêt au changement.
12:19Tout parce que si, très immédiatement,
12:21en entreprise, on change un dispositif
12:25et que je perds une aide,
12:26un dispositif fiscal favorable,
12:28si je n'ai pas d'opportunité de croissance par ailleurs,
12:30je préfère qu'on reste comme c'est
12:32plutôt que la promesse qui ne vient pas.
12:34C'est pareil pour un ménage.
12:35Si on lui dit qu'on va vous raboter telle et telle aide,
12:38mais qu'en même temps, il n'y a pas de perspective.
12:40Vous le disiez tout à l'heure,
12:41il n'y a aucune perspective salariale en France
12:43ou alors sur les dernières années,
12:46elles sont absolument marginales.
12:48Vous préférez maintenir ce que vous avez.
12:50Donc, il y a, au-delà des solutions
12:52de ce qu'il faut faire,
12:54qui sont favoriser la compétitivité,
12:58accroître l'innovation,
12:58enfin, toutes les choses qu'on sait.
13:00Il y a un certain nombre d'années,
13:02j'étais rapporteur de la commission Attali.
13:04À l'époque, on avait repris des travaux,
13:05des rapports qu'en-dessus avant.
13:07Et depuis, il y a eu d'autres travaux
13:08qui ont été actualisés,
13:10qui sont probablement très bien également.
13:11Mais on sait ce qu'il faut faire.
13:12Ce qu'on ne sait pas,
13:13c'est comment est-ce qu'on met en mouvement
13:15aujourd'hui l'économie française
13:17dans ce contexte où chacun a objectivement intérêt
13:20à tant de changements tout en le redoutant.
13:23Justement, il y a eu des nouvelles données budgétaires
13:25qui mettent en lumière
13:26le poids du financement des retraites des fonctionnaires
13:28à environ 30% des crédits des ministères.
13:31Est-ce que donc, ça, c'est le poids croissant
13:33qui est des pensions
13:34qui risquent de réduire les marges de manœuvre
13:37de l'État pour financer cette croissance ?
13:40De facto, on a un système par répartition
13:44qui est un système généreux.
13:47Et nous vieillissons comme les autres pays.
13:51Et à ce titre, on peut déplorer
13:53qu'il n'y ait pas eu une politique
13:54ou un réveil des politiques
13:56en faveur de la natalité, etc.
13:58pour constrer un peu ces tendances démographiques
14:02qui constituent la première menace,
14:06me semble-t-il,
14:07à un système de répartition.
14:09Et donc, forcément, oui,
14:12on le paye comme beaucoup de pays.
14:14Mais un petit peu plus
14:16parce qu'on est un petit peu plus généreux
14:19à ce niveau-là
14:20et que c'est toute notre sociologie
14:24économique et politique en France.
14:27Donc, comment on fait ?
14:28Là encore, si on réduit...
14:31Et ça revient aux stratégies économiques.
14:34On a privilégié la désinflation salariale
14:38pour améliorer la compétitivité.
14:40On l'a fait à un moment donné
14:42où le commerce mondial est plutôt en voie d'affaiblissement.
14:47Donc, le timing n'était pas forcément très bon.
14:50Et sauf qu'à chaque fois que vous reniez
14:53la croissance de la masse salariale,
14:56vous appauvrissez les systèmes de répartition,
14:58les systèmes sociaux.
14:59Donc, là encore, on revient quand même
15:03à la question de la croissance
15:04qui est essentielle.
15:05On ne peut pas se permettre d'austérité efficace,
15:09sous réserve que l'austérité soit efficace,
15:13en tout cas d'ajustement budgétaire significatif,
15:17efficace,
15:17si celui-ci menace de tuer le peu de croissance qu'on a.
15:21Et si vous arrivez à retrouver des marges de manœuvre,
15:25à envisager que la masse salariale
15:26augmente de 1 à 1,5 % l'an prochain
15:29ou voilà,
15:30là, déjà, vous avez d'autres projections
15:33qui permettent d'aborder ces questions-là
15:35dans un contexte différent.
15:37Mais, oui, on a un sujet de retraite
15:39qui est bien connu, bien évidemment,
15:41et moins on a de croissance,
15:42plus ce sujet est important.
15:44Oui, et justement, j'ai l'impression
15:45que ce genre d'actualité,
15:47ça fait quand même un certain éveil.
15:50On a l'impression, en tout cas,
15:51que le sujet des retraites
15:52prend de plus en plus d'ampleur
15:53dans la pédagogie qu'il faudrait faire
15:56sur le plan économique.
15:58qu'est-ce que...
15:59On a l'impression, en tout cas,
16:00que c'est un peu rentré dans les consciences,
16:02alors que, justement,
16:03dans cette manifestation sociale
16:04dont vous parlez dans votre tribune,
16:08on a l'impression que ça rentre là,
16:09qu'il n'y aurait pas forcément
16:10autant d'impact social.
16:12En tout cas, tout le monde
16:12ne serait pas dans la rue
16:14si on touchait aux retraites.
16:15Ça, je ne suis pas certain.
16:17Par rapport aux années précédentes.
16:19Mais je pense que, en même temps,
16:20ça fait, les réformes des retraites,
16:22elles sont depuis Baladur,
16:24vous jupé,
16:24donc ça fait longtemps,
16:26donc il est temps que ça rentre.
16:27Mais vous avez raison,
16:27je pense qu'il y a une prise de conscience
16:29sur l'enjeu économique que ça représente
16:31et derrière l'enjeu,
16:32vous le disiez,
16:32l'enjeu social qui est lié
16:34à ces problématiques.
16:36Pourquoi ça vient maintenant ?
16:37D'abord, parce que je pense
16:38que le système est à bout de souffle,
16:40à mince égards,
16:41et aussi parce qu'on le voit,
16:43c'est plutôt,
16:43pour le dire très rapidement,
16:45c'est plutôt les jeunes
16:45qui portent ce débat aujourd'hui
16:47parce que vous avez
16:47des nouvelles générations
16:49qui entrent sur le marché du travail
16:50qui n'ont pas de perspective salariale,
16:52qui ne peuvent pas se loger
16:53parce qu'il n'y a pas assez de logements,
16:54ça coûte une fortune,
16:55on a tout rationné,
16:57donc évidemment,
16:57la pénurie,
16:58il faut augmenter les prix
16:59et qui, par ailleurs,
17:00se retrouvent avec un système
17:02qui, de fait,
17:03va exiger d'eux
17:04de financer une répartition
17:09qu'ils ne peuvent pas assumer seuls.
17:10Donc, il y a de ce fait-là,
17:12il y a effectivement
17:12une prise de conscience.
17:14L'enjeu, là aussi,
17:14à mon avis,
17:15c'est de réussir à le faire
17:16sans que ce soit
17:18une guerre des générations
17:19trop brutale.
17:20Oui, c'est sûr,
17:21pour qu'il y ait quand même
17:21un petit peu de cohésion.
17:22Merci à tous les deux,
17:23Véronique Riche-Flores,
17:24économiste indépendante,
17:25présidente de RF Research,
17:27Erwan Lenoan,
17:28fondateur d'ACA Stratégie
17:29et de l'IRF Think Tank.
17:30Merci à tous les deux.
17:31Merci beaucoup.
17:32On passe à la suite
17:33d'autres débats échos
17:34sur justement l'aspect
17:35IA, l'intelligence artificielle
17:37et en quoi ça peut être
17:38moteur de l'économie.
17:43Le EFMI prévoit
17:443,1% de croissance mondiale
17:47cette année.
17:48Et derrière,
17:50il souligne l'importance
17:51de ce développement technologique
17:53qui a pu soutenir
17:54cette croissance.
17:55Donc, je vous propose
17:56de vous en parler
17:56tout d'abord
17:57avec Julien Pio.
17:58Bonjour.
17:58Vous êtes économiste,
18:00enseignant-chercheur
18:00à l'INSEC,
18:01grande école,
18:02et chef de rubrique
18:03au sein de la revue
18:04politique et parlementaire.
18:05Merci beaucoup
18:06d'être avec nous
18:06pour faire ce focus
18:08sur l'IA
18:09en tant que soutien
18:10à l'économie mondiale.
18:13Bonjour à tous.
18:14Est-ce que, pour vous,
18:16est-ce que ces investissements
18:17massifs
18:17dans l'intelligence artificielle
18:19se traduisent déjà
18:20par une croissance réelle ?
18:22Alors, ça peut se traduire
18:23par une croissance réelle
18:25en fonction de ce que vous avez
18:26à vendre actuellement.
18:27Si vous êtes Nvidia
18:29et que vous vendez
18:30des semi-conducteurs
18:31et plus précisément
18:32des GPU,
18:32c'est-à-dire des cas graphiques
18:33qui sont aujourd'hui utilisés
18:34pour faire du calcul
18:35à très haute intensité
18:36dans les data centers,
18:38évidemment que ça participe
18:39à votre croissance,
18:39qu'elles soient économiques
18:40ou financières.
18:41Si vous êtes Samsung,
18:43Electronics,
18:43que vous soyez Micron,
18:45HKINX,
18:46ce genre d'acteurs
18:46qui font de la mémoire vive,
18:48pareil,
18:49on a besoin de beaucoup
18:49de mémoire vive aujourd'hui
18:50pour pouvoir alimenter
18:51les data centers
18:52et donner aux entreprises
18:54qui en ont besoin
18:54les puissances de calcul
18:55nécessaires pour entraîner
18:56les modèles d'IA
18:57et les utiliser.
18:59Et là, pareil,
18:59ça participe à votre croissance,
19:00qu'elles soient financières
19:01ou économiques.
19:02Si aujourd'hui,
19:04vous êtes un acteur majeur
19:06de l'exploitation
19:07de data centers
19:08comme peuvent l'être
19:08Microsoft,
19:09Amazon
19:11ou Google
19:12à un degré moindre,
19:13évidemment que ça participe
19:14à votre croissance.
19:15La question,
19:16c'est plutôt de savoir
19:17à qui ça bénéficie
19:18aujourd'hui.
19:19Et ce sont des acteurs
19:19qui sont quand même
19:21majoritairement étrangers,
19:22américains
19:23et puis à un degré moindre
19:24asiatiques.
19:26Et à quelle position
19:27de la chaîne de valeur
19:28on trouve ces acteurs-là ?
19:29Et aujourd'hui,
19:30ce sont plutôt dans l'infra
19:31que dans le soft.
19:32C'est ça,
19:32parce qu'en fait,
19:33derrière tout ça,
19:33il y a à la fois
19:34le soutien
19:35à la production interne
19:37à l'entreprise,
19:38mais il peut y avoir
19:39en plus
19:40des pierres ajoutées
19:42à l'édifice
19:43de l'industrialisation,
19:44des éléments
19:45qui sont peut-être
19:45plus structurels
19:46à l'économie.
19:48À ce niveau-là,
19:49est-ce qu'on perçoit
19:51ces différences
19:52et à quel point
19:53est-ce que l'intelligence artificielle
19:54peut se positionner
19:55sur ces différentes valeurs
19:56d'économie ?
19:58En vérité,
19:58on est encore
19:59un petit peu
19:59au début de l'histoire.
20:00Tout ce qu'on peut
20:01observer aujourd'hui
20:02n'a pas valeur
20:03d'enseignement définitif.
20:05Mais il n'en demeure pas moins
20:07qu'on commence
20:07à avoir des études
20:08à la fois nationales
20:10et internationales
20:10dans une optique comparative
20:11qui montrent que certains pays
20:13prennent de l'avance.
20:15Et les pays
20:15qui prennent de l'avance
20:16sont des pays
20:17qui ont à la fois
20:18deux qualités,
20:20en vérité.
20:20La première,
20:21c'est un capital financier
20:24qui leur permet
20:24d'accélérer
20:25dans la propagation
20:27à grande échelle
20:28de ces outils,
20:29que ce soit dans l'industrie,
20:30que ce soit dans les services,
20:31que ce soit
20:32à des fins
20:33de productivité directe
20:35ou à des fins
20:35de recherche plus fondamentale.
20:37Et puis,
20:37on a aussi
20:38une deuxième qualité
20:39qui est la capacité
20:41à avoir une vision
20:42parfaitement intégratrice
20:43de ces technologies.
20:44C'est-à-dire que
20:45plutôt que de laisser
20:48les différentes composantes
20:50d'une organisation,
20:50qu'elle soit publique
20:51ou privée,
20:52effectuer des tests
20:53dans son coin,
20:55on va dire,
20:55il y a une vraie différence
20:57avec les entreprises
20:58et notamment
20:59qu'on trouve plutôt
20:59de l'autre côté
20:59de l'Atlantique actuellement
21:00qui ont une vraie politique
21:02générale d'entreprise
21:03de l'IA
21:03avec une vraie stratégie
21:04d'intégration transversale
21:05sur l'ensemble des services.
21:07Et là,
21:07les études que l'on nous donne
21:09à voir actuellement
21:09montrent qu'il y a
21:10un différentiel
21:11de gamme productivité
21:12assez manifeste
21:13entre les entreprises
21:14au niveau micro
21:15qui ont réussi
21:17à réellement intégrer
21:18l'IA
21:18de façon très transverse
21:19et celle qui l'utilise
21:21et parfois
21:22de façon intensive
21:22et même quotidienne
21:24mais sans stratégie
21:25d'ensemble.
21:26Et là,
21:26pour l'instant,
21:27effectivement,
21:27on a un décrochage
21:29de productivité européen
21:30relativement aux États-Unis
21:31du fait
21:32d'une moins grande
21:34acculturation,
21:34on va dire,
21:35de l'intégration technologique
21:36du numérique
21:37et de l'IA en particulier
21:39sur les logiciels d'IA
21:41qui nous sont donnés
21:42à utiliser aujourd'hui.
21:43Et on va revenir
21:44après sur le cas européen
21:45mais quand on voit
21:46par exemple
21:46les investissements
21:47massifs américains
21:49sur ces technologies IA,
21:50vous avez parlé
21:51de transversalité,
21:52est-ce que c'est
21:52une réponse
21:54à un potentiel risque
21:56de déséquilibre économique
21:58quand on voit
21:58qu'il y a autant
21:59d'investissements
21:59qui sont faits
22:01dans l'IA ?
22:02Oui, parce qu'effectivement
22:04dans les marchés
22:05de haute technologie,
22:06qu'il soit au niveau
22:07du marché fondamental
22:09de la technologie
22:10et de toutes les applications
22:11qu'il peut y avoir
22:13à partir de la propagation
22:14de la technologie,
22:16on a des avantages
22:16très souvent
22:17qui sont cumulatifs.
22:18Et lorsque vous commencez
22:19à avoir un retard
22:20qui est structurel,
22:21il est extrêmement compliqué
22:22de pouvoir le combler.
22:23Et très très vite,
22:24en vérité,
22:25les investissements
22:26ont tendance
22:26à se flécher tous
22:27dans la même direction,
22:28ce qui obère
22:30votre capacité, vous,
22:31à opérer ce rattrapage
22:32qui nécessite justement
22:33des investissements
22:34en question.
22:35Et là, effectivement,
22:36l'avance qui est prise
22:37dans certains domaines
22:38par les Américains
22:39d'une part
22:40et les Chinois de l'autre
22:41fait que l'horizon
22:43se bouche un petit peu
22:44pour à la fois
22:45des nouvelles entreprises
22:46qui arriveraient aujourd'hui
22:47avec un petit peu de retard
22:49et évidemment
22:50un continent comme l'Europe
22:51qui aujourd'hui
22:51est beaucoup moins attractif
22:53pour les capitaux
22:53qui sont nécessaires néanmoins
22:54à ces investissements productifs.
22:56Mais je l'ai dit,
22:57on va nuancer quand même
22:58parce qu'on est
23:00au début de l'histoire
23:01et beaucoup,
23:02beaucoup de richesses
23:05seront développées
23:06par l'intégration
23:08de l'intelligence artificielle
23:09sur des industries précises
23:11à des fins de productivité
23:12extrêmement précises
23:13qu'on appelle en vérité
23:14les marchés applicatifs.
23:16Et ces marchés applicatifs,
23:17ils restent encore
23:18très largement
23:19à développer
23:20et à conquérir en vérité,
23:22que ce soit
23:22dans la voiture autonome,
23:24que ce soit
23:24dans la recherche médicale,
23:27les biotech évidemment,
23:28la biomédecine,
23:30que ce soit
23:30dans le quantique,
23:31que ce soit...
23:32En fait,
23:32tout là où l'intelligence artificielle,
23:34lorsqu'elle sera appliquée
23:35et maîtrisée,
23:36permettra en fait
23:37de construire des stratégies
23:39davantage concurrentielles,
23:40en vérité,
23:41il y a encore des places
23:42à prendre.
23:42Et la bonne nouvelle,
23:44c'est qu'il n'est pas garanti
23:45que ce soit l'accès
23:46aux modèles
23:47les plus puissants
23:48qui permettent
23:49de déboucher
23:50en fait
23:50sur des applications
23:52qui soient
23:53les plus performantes
23:54sur le plan industriel.
23:55L'histoire l'a souvent
23:57montré en innovation,
23:58ce n'est pas forcément
23:58la meilleure technologie
23:59qui remporte les marchés,
24:00c'est souvent la technologie
24:02qui est capable
24:02de se diffuser
24:02le plus rapidement
24:03et qui est suffisamment
24:04bonne pour faire le travail.
24:06Et peut-être
24:07que sur ces segments-là,
24:09on aura la bonne surprise
24:10de découvrir
24:10que des acteurs européens
24:11qui seront partis
24:12avec un peu de retard
24:13et avec un peu moins de capital,
24:15qu'ils soient technologiques
24:16ou qu'ils soient financiers,
24:18sont capables
24:18de faire une course en tête
24:20tout simplement
24:20parce qu'ils auront trouvé
24:21la bonne stratégie
24:22au bon moment
24:22sur le bon secteur
24:23et ça leur permettra
24:25éventuellement
24:25de prendre des positions
24:27qui sont très intéressantes
24:28dessus.
24:28Ce qu'on n'a pas réussi
24:29à faire,
24:29soyons-en très convaincus,
24:32sur le marché
24:34du web applicatif
24:35par exemple
24:36où les champions numériques
24:37sont essentiellement étrangers,
24:39il ne tient qu'à nous
24:40de faire en sorte
24:40que les futurs
24:41Netflix,
24:42que les futurs Uber,
24:43les futurs Airbnb
24:43de l'application
24:45d'intelligence artificielle
24:45à des fins industrielles
24:47soient un peu plus souvent
24:48pavillons européens
24:49que pavillons étrangers.
24:50Et justement
24:51par rapport
24:51à cette attractivité
24:52européenne,
24:53comment est-ce que
24:53vous regardez
24:54cette actualité
24:55de cette semaine
24:55de Nvidia
24:56qui investit
24:57dans quatre
24:58de nos plus
24:59grandes start-up,
25:00plutôt entreprises
25:02françaises,
25:03c'est quoi ?
25:03C'est 10 milliards
25:04de dollars d'engagement
25:05dans l'écosystème
25:05technologique européen,
25:06comment est-ce que
25:07vous voyez ce genre
25:08d'actualité ?
25:0910 milliards,
25:10c'est beaucoup
25:10et c'est peu à la fois.
25:12C'est beaucoup
25:13parce que c'est des sommes
25:13qui sont conséquentes,
25:15qui permettent
25:15aux acteurs
25:16qui en bénéficient
25:16de bénéficier
25:17d'un vrai
25:18coût d'accélérateur,
25:19c'est très très bien.
25:20Néanmoins,
25:21rapporter à l'échelle
25:22des investissements
25:23que l'on constate
25:23aujourd'hui
25:24dans l'intelligence artificielle,
25:25ça reste quand même
25:25une goutte d'eau
25:26dans l'océan
25:26des profits
25:26ou des super profits
25:28de Nvidia.
25:29Donc ça,
25:29c'est déjà
25:30une première chose.
25:31Puis ensuite,
25:31il faut essayer
25:31de comprendre
25:32quels sont
25:33les objectifs
25:33stratégiques
25:34de Nvidia.
25:35Nvidia peut avoir
25:36des objectifs
25:37industriels
25:37qui consistent
25:38en fait à positionner
25:40des pions
25:40un petit peu partout
25:41sur l'échiquier
25:42de façon à être sûr
25:43que si un des acteurs
25:45dans lesquels
25:46il investit
25:48parvient demain
25:49à obtenir
25:49des positions de marché
25:50extrêmement conséquentes,
25:52il aura son mot à dire
25:52sur la gouvernance
25:53et il aura
25:54sa part de profit
25:55qui lui sera réservée,
25:56évidemment.
25:56Ça lui permet aussi
25:57de sécuriser
25:59s'il tentait
25:59qu'il en ait besoin
26:01certains débouchés
26:02pour ses produits
26:03en étant à peu près
26:04certains
26:04que lorsqu'il co-investit
26:05dans des boîtes,
26:07ces boîtes sont
26:08extrêmement incitées
26:09à utiliser
26:09des solutions hardware
26:10ou software Nvidia
26:12plutôt que des solutions
26:13concurrentes.
26:14Et puis,
26:14il y a aussi probablement
26:15un petit peu de soft power
26:16derrière tout ça.
26:16c'est-à-dire que pour obtenir
26:19les bonnes grâces
26:19peut-être du régulateur
26:20européen,
26:21il n'est pas complètement
26:22idiot de montrer
26:23pas de manche
26:24et de montrer
26:25qu'on se soucie
26:26du devenir industriel
26:27de certaines pépites européennes.
26:29Et quand on voit
26:29par exemple
26:30que Nvidia investit
26:31dans Doctolib,
26:32donc qui manipule
26:33quand même
26:33des données très sensibles,
26:34est-ce que ça,
26:35c'est inquiétant
26:36pour nous,
26:38Européens ?
26:38Oui et non.
26:40C'est toujours inquiétant
26:41de laisser
26:43à des entreprises privées
26:45sur lesquelles
26:45on n'a aucun
26:46contre-pouvoir démocratique
26:47en vérité,
26:48sauf le fait
26:49de pouvoir boycotter
26:50éventuellement
26:50leurs produits
26:50ou leurs services,
26:51de leur donner
26:52accès à des données
26:54extrêmement sensibles
26:55qui relèvent
26:55de notre intimité.
26:56Mais en fait,
26:56on le fait déjà
26:57extrêmement massivement
26:58en vérité,
26:58à travers l'utilisation
26:59de nos téléphones portables,
27:01de nos ordinateurs
27:02et puis les consentements
27:03que l'on donne
27:03un petit peu de façon
27:04très cavalière
27:05à l'ensemble des services
27:06qu'on nous donne
27:07à utiliser.
27:09Mais toujours est-il
27:10que le vrai juge de paix
27:12c'est plutôt le régulateur.
27:14On peut tout à fait
27:15confier des données
27:17sensibles
27:17à des entreprises privées
27:18y compris
27:19entreprises privées
27:20étrangères
27:20si on se note
27:21d'un outil de régulation
27:22qui permet
27:23d'être extrêmement
27:24contre-éliant
27:25dans ce que peuvent faire
27:26ces entreprises étrangères
27:27des données
27:28qu'elles collectent
27:28par ailleurs.
27:29Et c'est là
27:30qu'on peut être
27:31un petit peu inquiet
27:32en tant qu'Europe 1
27:33parce que par le passé
27:34les outils de régulation
27:36qu'on a pu mettre
27:36en place
27:37qu'il s'agisse
27:38du RGPD
27:38ou plus récemment
27:40du Digital Services Act
27:41ou du AI Act
27:43aujourd'hui
27:44n'ont pas vraiment
27:45démontré
27:46une véritable capacité
27:48à pouvoir
27:49contraindre
27:50le droit extraterritorial
27:52de s'appliquer.
27:52Je pense notamment
27:53au Patriot Act américain
27:55qui permet en fait
27:56au gouvernement américain
27:57d'ordonner
27:58tout simplement
27:59aux entreprises américaines
28:00qui utiliseraient pourtant
28:01des données d'Européens
28:02de confier leurs données
28:04à des fins
28:05de sécurité nationale
28:07mais évidemment
28:08on peut avoir
28:09d'autres objectifs
28:10que la sécurité nationale
28:11à travers ça
28:11comme tout simplement
28:13des sujets industriels
28:13ou de l'ingérence
28:14dans les affaires étrangères.
28:16Et ce que je veux dire par là
28:16c'est que vous pouvez avoir
28:17le meilleur cadre régulateur possible
28:19et sincèrement
28:20le cadre régulateur européen
28:21est plutôt bien pensé
28:22et bien décrit.
28:23Ce qui compte
28:24c'est la capacité
28:24de pouvoir le faire
28:25appliquer derrière.
28:26Merci beaucoup
28:27Julien Pillot
28:27je rappelle que vous êtes
28:28économiste enseignant-chercheur
28:30à l'INSEC Grande École
28:32et merci à vous toutes
28:33et tous de nous avoir suivis.
28:35C'était Smartéco.