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  • il y a 9 heures
Les coups de coeur des libraires avec Gérard Collard.
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##LES_COUPS_DE_COEUR_DES_LIBRAIRES-2026-10-18##

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Animaux
Transcription
00:00Sud Radio, le coup de cœur des libraires. Valérie Expert, Gérard Collard.
00:05Bonjour à toutes et à tous, bonjour Gérard.
00:07Bonjour Madame.
00:08Alors, un invité aujourd'hui à une émission un petit peu particulière.
00:11Bonjour Dany Briand.
00:12Bonjour Valérie, bonjour Gérard.
00:14Dany Briand, dans le coup de cœur des libraires, parce que c'est un vrai coup de cœur qu'on
00:17a eu pour votre roman.
00:19Merci beaucoup, parce que je vous avoue que j'ai fait ça sur la pointe des pieds,
00:22et que d'être connu par des gens comme vous qui maîtrisaient votre sujet, c'est d'une grande fierté,
00:28merci.
00:28Non, mais on discutait juste avant l'émission, et c'est vrai que Gérard disait que nous, ce qu'on
00:32aimait, c'est les raconteurs d'histoires.
00:33Et vous racontez une histoire dans ce livre, Paris ne meurt jamais, ça paraît aux éditions du Rocher,
00:38de Pigalle à Saint-Germain-des-Prés, entre ombre et lumière, jazz et revolver.
00:42Effectivement, ce sont deux mondes qui normalement ne devraient pas se rencontrer,
00:45une sorte de, on vous l'a dit souvent, sûrement une sorte de West Side Story.
00:48Oui, c'est ça, Renaud Juliette.
00:50Saint-Germain-des-Prés, en ébullition, Sartre, Vian, cet esprit-là.
00:56Et puis, on a la Mafia Corse, qui est à Montmartre.
01:02Et c'est un livre dans lequel, parce que là aussi, juste avant, on vous raconte les petits secrets de
01:05l'émission,
01:06on discutait en se disant, bon, combien de temps on donne à un livre ?
01:09Et en fait, quand on commence votre livre, on ne s'arrête pas.
01:12On est tout de suite happé par les premières pages.
01:14Et si on a eu envie de vous recevoir, plutôt que de recevoir le prix GoPro...
01:18Non, mais c'est ça, c'est qu'on s'est dit qu'il y avait des gens comme vous,
01:21qu'on met parfois peut-être dans des cases, et que là, vous vous faites un premier roman,
01:24et puis que ça marche.
01:25C'est Gérard, moi, qui m'a alertée, en me disant, écoute, j'ai lu son livre, c'est vachement
01:30bien.
01:30Et en plus, j'avais l'impression de lire un film, enfin, de voir un film.
01:34C'est ça que j'adore, c'est-à-dire que c'est très visuel.
01:35Vous avez les mots pour bien retraduire en images, ça, je trouve ça absolument génial.
01:41Et puis, c'est un charme fou.
01:43Oui, c'est ça.
01:44Il y a un côté, ça ressemble un peu à vos chansons, c'est un côté bizarre,
01:48parce que c'est à la fois rétro, nostalgique, mais moderne à la fois dans la façon de raconter les
01:52choses.
01:53Donc, ça, c'est un cocktail assez rare.
01:55Et puis, en plus, moi, j'adore, parce que ça nous fait remonter le temps.
01:59Et il y a une chose extraordinaire, c'est que votre bouquin, je le conseille aux enfants qui ont 16,
02:0517,
02:05qui ne connaissent pas du tout cette époque.
02:07Oui, complètement.
02:08C'est incroyable, parce que ce que vous considérez comme quelque chose de naturel,
02:12c'est-à-dire pour vous, Montmartre, Sartre, toute cette époque,
02:17alors que pour les gosses de 16 ans maintenant, c'est un monde, pour ainsi dire, inconnu.
02:21C'est la préhistoire.
02:22Et je trouve que votre bouquin, c'est un passeur d'histoire absolument fabuleux.
02:26C'est-à-dire qu'on passe un bon moment, c'est écrit comme vos chansons.
02:31D'ailleurs, je me demandais, je posais la question, parce qu'il y a des tas de choses à faire.
02:36J'ai l'impression que votre chanson, Saint-Germain-des-Prés,
02:39il y a une chanson et que vous avez étendu votre chanson.
02:42C'est ça, absolument.
02:43Ce que j'ai vu, c'est que j'ai écrit une chanson de 3 minutes et demie en 1991,
02:48qui est devenue un succès d'ailleurs.
02:50J'étais le premier surpris, ça s'appelle « Viens Saint-Germain ».
02:52À l'époque, on savait peut-être ce que c'était Saint-Germain.
02:54Des gens qui étaient dans les années 90, qui avaient 30-40 ans peut-être.
02:57Et donc, une chanson, c'est un peu un carcan, parce que c'est quelques strophes, un refrain.
03:02Il faut dire les choses d'une manière immédiate et lapidaire.
03:06Il faut dire que vous avez toujours écrit vos chansons.
03:07Oui, des fois je fais des reprises, mais j'écris mes chansons.
03:10En tout cas, c'est là, Saint-Germain.
03:10Et là, j'étais libre, j'avais 350 pages.
03:13Je pouvais m'exprimer, développer une psychologie, mettre un peu de spiritualité.
03:19C'est la liberté.
03:19Ça a été quoi, le déclic, ça a été quoi ?
03:21Comment on passe d'une chanson de trois minutes à un roman où on se dit,
03:24voilà, moi, Dany Briand, je suis chanteur, et j'ai envie d'écrire un roman ?
03:28Écoutez, je vais vous dire la vérité.
03:29Ce n'était pas un roman, en fait.
03:30Moi, j'ai écrit une comédie musicale il y a quelques années,
03:33où je mettais en opposition Pigalle et Saint-Germain,
03:36qui sont les deux racines de Paris, puisque c'est le corps et l'esprit.
03:39Et puis, les éditions du Rocher sont venues me voir en me demandant une biographie.
03:43Alors moi, je me trouve un peu jeune pour faire une biographie.
03:46Ça dépend pour qui, mais...
03:48Et je n'avais pas envie de révéler des secrets de famille,
03:50faire du grand étalage.
03:52Bon, alors, je leur ai dit, écoutez, moi, j'ai une comédie musicale,
03:54mais j'ai 20 tableaux que je peux transformer en 20 chapitres.
03:58Et donc, je l'ai transformé en roman,
04:00et quand je leur ai proposé, ils ont adoré, ils ont décidé de le sortir.
04:03Parce qu'il y a quelque chose d'autobiographique aussi,
04:06ce jeune fils de parrain qui rêve de devenir chanteur.
04:12Non, vous avez raison, c'est une biographie déguisée,
04:14mais je crois que dans tous les romans, on se trasvestit un peu.
04:18Oui, c'est... Bon, moi, je ne suis pas fils de truand,
04:20mais j'ai été confronté à ce tiraillement
04:24entre faire les choses pour plaire aux parents,
04:26ou à la société, ou aux professeurs,
04:28et faire vraiment ce qu'on est vraiment.
04:30Ce qui m'a fasciné, d'ailleurs, c'est...
04:31Alors là, moi, je serais incapable de faire ça,
04:33mais en fait, vous avez votre bac à 16 ans,
04:35un bac scientifique, alors ce qui, pour moi, est une...
04:39Et vous allez partir du bac scientifique
04:41à chanteur amoureux des mots.
04:44Je veux dire, comment on passe
04:46du mateux, de cette forme d'esprit,
04:49à l'amour des mots ?
04:50C'est ça que je n'arrive pas à...
04:51Ah oui, ça, c'est les rencontres de la vie,
04:53c'est-à-dire que je suis venu étudier la médecine
04:56rue des Saint-Père,
04:57et j'habitais rue Dufour dans une chambre de bonne,
04:59à loyer 48, parce que maintenant,
05:01pour habiter rue Dufour,
05:03il faudrait expliquer ce que c'est, les loyers de 48.
05:04C'est trop long.
05:06Bon, donc, j'étais là,
05:08et puis j'ai fait des mauvaises rencontres,
05:09et j'ai changé de chemin aussi.
05:11Je l'ai caché à mes parents pendant quelques années,
05:13parce que je ne pouvais pas leur dire
05:14que j'avais arrêté la médecine,
05:16mais c'est mes rencontres, en fait.
05:18J'ai rencontré des philosophes,
05:20des poètes, des musiciens, des acteurs,
05:22et voilà, ils m'ont fait changer d'idée.
05:23Et à 20 ans, j'ai décidé d'être chanteur.
05:26J'ai tourné le dos aux études,
05:28et j'allais vers l'inconnu,
05:29parce que quand on choisit ces métiers-là,
05:31on ne sait pas ce qu'on va devenir,
05:32mais j'avais une sorte de foi
05:34qui m'a guidé jusqu'à...
05:35Et les parents, les parents ont dit quoi ?
05:38Mes parents, je ne l'aurais pas dit tout de suite.
05:40Je ne l'aurais pas dit tout de suite.
05:41D'ailleurs, ma mère, je vais vous raconter une anecdote.
05:43Elle croyait que j'étais en médecine
05:44au bout de deux ans, trois ans,
05:45et quand elle me disait,
05:46écoute, j'ai un peu mal l'âge,
05:47j'ai mal l'âge,
05:48je lui dis, écoute, prends un Doliprane.
05:51Je ne savais pas quoi dire.
05:51Mais à un moment, j'étais obligé de leur dire,
05:54et ils se sont effondrés
05:56parce qu'ils avaient mis beaucoup de leurs moyens.
06:00Comment on peut résister à une vocation
06:02ou à un élan ?
06:03Mais quand vous étiez petit,
06:04vous chantiez ou pas ?
06:05Oui, j'ai toujours beaucoup aimé.
06:06Enfin, j'aimais le théâtre surtout.
06:07Je jouais beaucoup de pièces de théâtre
06:09et j'aimais beaucoup la chanson française,
06:12principalement.
06:12Et il y a des livres qui vous ont marqué ?
06:13Vous le disiez quand vous étiez enfant ?
06:15Oui, je m'évadais comme ça.
06:16Je m'évadais dans la lecture.
06:18Et je pense aussi,
06:19si vous me donnez raison,
06:20le fait d'avoir étudié Jean-Paul Sartre
06:21en terminale,
06:22j'ai été très sensible à sa philosophie
06:24de l'existentialisme.
06:25C'est-à-dire que c'est à nous
06:26d'inventer notre chemin
06:27et on n'a pas d'excuses.
06:28On ne peut pas mettre responsable
06:30le gouvernement,
06:31la famille,
06:32l'école,
06:33je ne sais quoi.
06:34C'est à nous de décider.
06:36C'est plus angoissant
06:36de choisir sa vie.
06:38C'est plus anxiogène
06:39parce qu'on ne sait pas vers quoi on va.
06:40Mais cette philosophie de Jean-Paul Sartre
06:41m'a beaucoup aidé.
06:42Vous mettez juste la phrase
06:44de Jean-Paul Sartre
06:45qui est en exemple
06:47qui est
06:47« L'homme ne devient pas ce qu'il est,
06:48il est ce qu'il devient. »
06:50Exactement.
06:50Ce qui me fascine,
06:51c'est que vous avez l'âge que vous avez
06:52donc vous ne connaissez pas
06:54cette époque quand même.
06:55Non.
06:55C'est-à-dire,
06:56j'arrive,
06:56alors ça c'est le talent de l'écrivain,
06:58on a l'impression que vous l'avez vécu.
07:00Comment vous faites ?
07:01Et ça,
07:01le truc,
07:02moi ça me fascine,
07:02c'est ce qui me fascine
07:03chez les écrivains d'ailleurs,
07:04c'est comment vous faites
07:05pour,
07:06quand je lis votre bouquin,
07:07j'ai l'impression
07:08que vous avez connu
07:09« L'écorce de Montmartre »
07:09après que vous avez connu Sartre,
07:11que vous avez connu Gréco,
07:12vous êtes allé dans,
07:13vous êtes partout,
07:14enfin voilà,
07:14j'ai l'impression,
07:15je lui dis,
07:15mais il a 95 ans,
07:1796 ans,
07:17ce n'est pas possible,
07:18il s'est refait faire le visage
07:20ou quelque chose.
07:21Et comment,
07:22et pourquoi cette époque en plus ?
07:23C'est ça Clime ?
07:24Saint-Germain-des-Prés,
07:25c'est le plus.
07:26Saint-Germain a 15 ans,
07:27la dernière fois j'ai pris le métro,
07:28porte de Clignancourt,
07:29porte de,
07:30c'est la ligne là,
07:31je suis sorti à Saint-Germain-des-Prés
07:33et j'ai eu comme,
07:34je ne sais pas,
07:34un frisson,
07:35quelque chose,
07:36je pense à la réincarnation,
07:38j'ai l'impression que je connaissais
07:39depuis toujours que j'étais là,
07:40j'étais chez moi,
07:41je me sentais chez moi,
07:42et puis après,
07:44j'ai passé 5 ans dans une cave,
07:46qui s'appelle les Trois Maillets,
07:47et j'ai vraiment vécu
07:48le Saint-Germain de l'époque,
07:49c'est-à-dire,
07:50je chantais devant des gens,
07:52j'écrivais des chansons,
07:53je rencontrais des artistes,
07:54et j'ai vécu une sorte de Saint-Germain
07:56des années 80,
07:57mais personne ne l'a connue,
07:58à part moi,
07:59et j'ai eu cette chance.
08:00Mais je vais vous dire,
08:02pourquoi j'ai choisi Saint-Germain ?
08:03Je n'en sais rien.
08:04C'est un truc qui me fait vibrer
08:05depuis toujours,
08:06et si vous sentez que c'est vrai,
08:08c'est parce que depuis que j'ai 17 ans,
08:10je m'intéresse à toute cette période,
08:12surtout Saint-Germain,
08:14mais il n'y a pas beaucoup de films
08:14sur Saint-Germain,
08:15il y a Rendez-vous de juillet,
08:17Jacques Becker,
08:18mais il n'y a pas beaucoup de choses.
08:19Sur Pigalle,
08:19il y en a plein,
08:20parce qu'il y a tous les films
08:21de Lino Ventura,
08:22Touché progrès,
08:23Rasia sur la chenouf,
08:24et en fait,
08:24j'ai vu tous ces films,
08:25et donc ce que vous sentez comme vrai,
08:27c'est en fait,
08:27c'est tous ces films que j'ai vus,
08:29que j'ai retranscrits comme ça.
08:31Mais les personnages sont dans le livre
08:33extrêmement réels,
08:36et on a Sartre,
08:37on a Beauvoir,
08:38on a Gréco,
08:39Maïs et Viz,
08:39Boris Vian,
08:41mais c'est très naturel,
08:42ce que tu diras,
08:43c'est qu'il y a quelque chose
08:44d'assez fluide,
08:45de très fluide,
08:47et on sent que c'est quelque chose
08:50qui vient des tripes,
08:51en fait,
08:51à chaque fois que vous parlez
08:52de ces personnages,
08:53que vous les faites parler,
08:54plus particulièrement.
08:55Vous ne sentez pas que c'est une commande ?
08:55Non, c'est ça.
08:56Il s'intègre parfaitement
08:57dans ce qu'était ce Saint-Germain-là.
09:00Je l'ai connu,
09:01il a disparu,
09:03mais il y a quand même,
09:04si vous vous baladez à Saint-Germain
09:05aujourd'hui,
09:06il y a quand même un charme,
09:07il y a des endroits,
09:08il y a des génies.
09:08Il a perdu un peu.
09:09Oui, il a perdu.
09:10Il est allé aux flores,
09:11aux demagots,
09:11je ne sais plus comme c'était.
09:13Mais il y a un parfum,
09:14il y a des fantômes,
09:15je ne sais pas ce que c'est,
09:15mais c'est assez mystérieux.
09:17Ça s'appelle la création.
09:19La création,
09:19comment vous écrivez ?
09:20Quand ?
09:21À quel moment ?
09:26Je m'ennuyais,
09:26pas je m'ennuyais,
09:27mais je n'avais pas envie
09:27de réécrire des chansons.
09:29Et quand j'ai voulu convaincre,
09:31j'ai voulu convaincre
09:32les éditions du Rocher
09:33que j'allais transformer
09:35ma comédie musicale en roman,
09:37d'ailleurs qui est peut-être
09:38un roman en fait,
09:39ce n'est même pas une comédie musicale.
09:40Moi, je pensais
09:40que c'était mon expression première,
09:42mais finalement,
09:43peut-être que ça va rester un roman.
09:44En plus,
09:44c'est moins compliqué à monter.
09:46Je suis un peu de papier,
09:47un stylo,
09:47j'ai trouvé que c'était
09:48une liberté.
09:49On pouvait imaginer ce qu'on veut.
09:51Donc pendant ma tournée,
09:56et les éditions m'ont écrémé un peu
09:57parce que le public ne tiendra pas.
09:59C'est pour ça que je vous demandais
10:01le début.
10:02Est-ce que le début,
10:03comme on doit installer quelque chose,
10:05on a tendance à perdre
10:07un peu l'attractivité ?
10:09Vous avez un canevas ?
10:10Quand vous commencez à écrire,
10:12vous savez à peu près
10:13déjà développer l'histoire
10:14que vous allez faire ?
10:15Oui, à partir du moment
10:16où il y avait les tableaux
10:17qui étaient là, c'est ça ?
10:18Je savais que quand l'action
10:20commençait et quand elle finissait,
10:22j'ai pris la même chose.
10:23Et puis l'idée,
10:23c'était un chapitre à Pigalle,
10:25un chapitre à Saint-Germain
10:26pour faire le va-et-vient
10:28et montrer l'opposition
10:29entre ces deux quartiers
10:30qui ne parlent pas
10:31de la même manière.
10:32À Pigalle, on parle l'argot.
10:34À Saint-Germain,
10:35on parle un vocabulaire
10:36plus surréaliste même.
10:37Parce que Saint-Germain,
10:38il faut savoir que dans les années 30,
10:40il y avait des surréalistes déjà.
10:41Il y avait la bande après-vert,
10:42il y avait tout ça.
10:42Ça remonte à loin.
10:44Et donc, je faisais
10:46un peu de chaque,
10:46un peu de chaque.
10:47Et je voulais que les gens
10:48soient habillés différemment,
10:49qu'ils n'aient pas le même langage
10:51et qu'ils ne cherchent pas
10:52la même chose.
10:52parce que Pigalle,
10:53il cherche l'argent
10:54et à Saint-Germain,
10:55il ne cherche pas l'argent.
10:56Ils s'en foutent même.
10:57Ils cherchent à
10:58qu'est-ce qu'on va devenir,
11:00qu'est-ce qu'on fait de notre vie.
11:01C'est l'inverse de Pigalle
11:02où la phrase était
11:03qu'est-ce qu'on fait ce soir ?
11:06Alors, on va se retrouver
11:07dans un instant avec vous,
11:08Dany Briand.
11:08Paris ne meurt jamais,
11:10c'est aux éditions du Rocher.
11:11C'est le roman vraiment
11:13à lire en ce moment.
11:14Si vous voulez passer
11:16un bon moment,
11:17un vrai bon moment.
11:18Et ça fera peut-être
11:19une comédie musicale à un moment.
11:20À tout de suite sur Sud Radio.
11:22Sud Radio,
11:23le coup de cœur des libraires.
11:25Valérie Expert,
11:26Gérard Collard.
11:27Alors, on est avec
11:28une émission un petit peu spéciale
11:29aujourd'hui
11:30parce que ça nous arrive
11:30assez rarement
11:31d'inviter des écrivains.
11:34Et c'est Gérard,
11:36je dois dire,
11:37qui a insisté
11:37parce qu'on s'était dit
11:38que cette année,
11:39effectivement,
11:39on pourrait inviter des écrivains.
11:40Mais ils sont souvent chiants,
11:41les écrivains.
11:42Moi, je le dis,
11:42j'aime bien lire les livres,
11:43mais je n'aime pas trop les inviter
11:45parce que je n'ai pas vraiment
11:47de curiosité.
11:48Alors, vous,
11:48j'avais une vraie curiosité.
11:49D'abord, j'ai lu le livre,
11:50j'ai trouvé que c'était
11:51une formidable histoire.
11:52Donc, cette histoire,
11:54je le rappelle,
11:55d'un pari de Pigalle,
11:57de petits mafieux de Pigalle
11:59et de ses chanteurs,
12:01ses artistes de Saint-Germain-des-Prés
12:03dans les années 40.
12:04Et j'ai aimé le livre
12:05et puis la démarche
12:06que vous avez eue,
12:07vous,
12:07Dany Briand,
12:08chanteur,
12:08d'écrire un livre
12:09et ce qu'on disait,
12:11c'est-à-dire qu'il racontait
12:11une histoire
12:12dans laquelle on entre.
12:13Et donc, oui,
12:14non,
12:14C'est 300 pages de plaisir.
12:16Enfin, c'est ça,
12:16moi, j'ouvre un livre
12:19si je n'ai pas de plaisir,
12:20mais ça peut être
12:21du plaisir triste.
12:22Enfin, je veux dire,
12:22ça peut être des situations
12:23dramatiques et tout,
12:24mais j'ai le plaisir
12:24de découvrir des situations
12:26et tout.
12:26Et là, j'ai trouvé
12:27que c'est un peu bateau,
12:29mais ça ressemble
12:31à vos chansons.
12:32C'est-à-dire que c'est nostalgique,
12:34bien écrit,
12:34c'est musical,
12:35c'est filmique,
12:36enfin, il y a tout.
12:37On se fait en quelques mots,
12:39voilà, on se fait...
12:40Pour prendre l'expression de Gérard,
12:41c'est pas neuneu.
12:41C'est pas neuneu.
12:42Non, mais c'est vrai.
12:43Alors, en fait,
12:45j'ai demandé à Valérie
12:46de vous inviter
12:47parce que je voulais lutter
12:48contre ce côté,
12:49les gens,
12:50alors, c'est français,
12:51si vous êtes chanteur,
12:52vous n'êtes pas écrivain,
12:53si vous mettez à écrire un livre,
12:55vous êtes nul.
12:56Et alors,
12:57il y a les spécialistes du polar
12:58qui disent,
12:59mais non,
12:59c'est pas un polar.
13:00Il faut arrêter, quoi.
13:01Je veux dire,
13:02vous ouvrez ce livre
13:03et puis vous plongez
13:04pendant 300 pages
13:05dans un autre monde,
13:06vous apprenez des trucs,
13:07vous découvrez,
13:08vous, Gréco,
13:09Sartre,
13:09Beauvoir,
13:10c'est ce que je voudrais dire.
13:13Si les gens,
13:13souvent,
13:14ils me disent,
13:14mais qu'est-ce que je vais acheter
13:14pour les fêtes de Noël ?
13:16Écoutez,
13:17si vous en avez marre
13:17des livres remplis de sang,
13:20des incestes,
13:20des viols,
13:21des j'en peux plus et tout,
13:23vous finissez à la fête de Noël,
13:24à la fin de Noël,
13:25vous êtes complètement proche du suicide,
13:27vous prenez le...
13:29Paris ne meurt jamais.
13:31Voilà, exactement,
13:31vous allez passer un bon moment.
13:33En plus,
13:34j'aime bien
13:34parce que c'est sans prétention,
13:35mais c'est ça que j'aime bien,
13:36c'est tout en modestie,
13:37mais c'est de la qualité.
13:38Vous avez un super style,
13:39vous avez bien raconté les histoires.
13:41Moi, c'est vrai,
13:42vous avez raison,
13:43il y a toujours un a priori
13:45quand on change de registre.
13:46Vous savez,
13:47moi, pendant longtemps,
13:47je voulais être acteur.
13:48À partir du moment
13:48où j'ai fait de la chanson,
13:50on ne m'a jamais pris au sérieux
13:51en tant qu'acteur,
13:52donc j'ai laissé tomber.
13:53Je me dis,
13:53tiens,
13:53je vais essayer le livre.
13:55Alors là,
13:55je suis content
13:55parce qu'on me donne
13:56un autre regard,
13:58mais j'aimerais bien,
13:58par exemple,
13:59sous votre respect,
14:00que vous me définissiez ce style.
14:01C'est quoi mon style,
14:02en fait ?
14:02C'est difficile de donner un style.
14:04Quand je dis le style,
14:05c'est la manière d'écrire,
14:06c'est-à-dire,
14:07c'est très fluide dans l'écriture.
14:08C'est très fluide,
14:09c'est fluide,
14:10c'est visuel,
14:11c'est précis,
14:11c'est des phrases courtes,
14:13assez souvent,
14:14et c'est ça.
14:16Quand je dis le style,
14:17c'est le style d'écriture
14:18qui,
14:19le chapitre sur Simone de Beauvoir,
14:21c'est un petit bijou,
14:21ce que vous écrivez,
14:22vous racontez.
14:23On y est,
14:23on est avec elle,
14:25avec les jeunes filles
14:27qui lui servent de secrétaire.
14:28C'est ça le style,
14:29en fait,
14:29c'est la façon de raconter,
14:31simplement,
14:32de façon,
14:33il n'y a pas des mots
14:34en poulet.
14:35Puis c'est vous.
14:36Oui, c'est vous.
14:37Le style, c'est l'authenticité.
14:39Le style, c'est l'authenticité.
14:40Ça sent la vérité.
14:42Enfin, ça sent l'authenticité.
14:43Est-ce qu'il y a des auteurs
14:44de Saint-Germain-des-Prés,
14:45ce qu'il y en a en particulier
14:46que vous avez cités,
14:47Sartre ?
14:48Bien sûr, il y a Boris Vian,
14:49où j'ai lu toute la littérature,
14:51de Vercoquin-le-Plancton,
14:54à l'écume des jours.
14:55Puis il y a aussi
14:56les Hussards à Saint-Germain,
14:57vous savez.
14:58Il y a Antoine Blondin,
15:00il y a Roger Nimier,
15:01il y a Paul Morand,
15:02il y a plein de...
15:04En fait, ce qui était bien à Saint-Germain,
15:06c'est qu'il y avait des écrivains
15:06de gauche et de droite.
15:07Et les gens se parlaient.
15:09Ils communiquaient entre eux.
15:10Plus compliqué aujourd'hui.
15:12Est-ce qu'il y a un livre
15:12que vous relisez régulièrement ?
15:14Alors, moi, j'adore
15:15l'être un jeune poète de Rilke
15:17parce que c'est le mode d'emploi.
15:19Quand vous faites un métier artistique
15:20et vous commencez à douter,
15:21vous vous sentez seul,
15:23il répond à tout ça.
15:25Et le livre que tout le monde aime
15:27mais que vous, vous détestez ?
15:29Ah non, alors je ne dirais pas ça.
15:30Un livre que je n'ai jamais réussi à lire,
15:32mais je ne le déteste pas.
15:33Je n'arrive pas à rentrer dedans.
15:34C'est Proust,
15:35La recherche du temps perdu.
15:36Je n'y arrive pas.
15:37Ça viendra avec l'âge, peut-être.
15:38Il paraît, oui.
15:39Merci.
15:40C'est l'auteur préféré de Gérard.
15:41Vous voyez, on peut aimer
15:43des écrivains et de Proust.
15:43Non, mais moi, je n'ai pas dit
15:44que je le déteste,
15:45mais je ne sais pas
15:45par quel biais le prendre.
15:47On me dit,
15:47tu peux le prendre
15:47à n'importe quelle page
15:49mais je n'y arrive pas.
15:50Et pourtant,
15:50je sais que ça fait partie
15:51des livres majeurs
15:52comme Voyage au bout de la nuit
15:53et je voudrais connaître
15:55le mode d'emploi
15:56pour y accéder.
15:56Mais on a tous
15:57nos livres comme ça.
15:59Moi, c'est Belle du Seigneur.
16:00J'adore Belle du Seigneur.
16:01Moi, quand j'étais gamin,
16:02je n'ai pas pu.
16:03Je me suis dit,
16:03je laisse passer 10 ans.
16:0410 ans après,
16:05je me suis dit,
16:05non, toujours pas.
16:06Et puis là,
16:07ça va être trop tard bientôt.
16:08Donc, j'ai recommencé
16:10il n'y a pas longtemps
16:10et puis Belle du Seigneur,
16:11ça n'y arrive pas du tout.
16:13Et si vous aviez,
16:15on passe à autre chose,
16:16mais un personnage
16:17que vous auriez aimé être,
16:18enfin,
16:19si vous n'étiez pas
16:19d'Anne Brion,
16:20dans la littérature,
16:22partout,
16:22enfin, littérature,
16:23en réel,
16:24enfin,
16:24qu'est-ce que vous auriez aimé être ?
16:26Zorro.
16:28Zorro parce qu'il est double.
16:30Parce que dans la vie,
16:30on le prend pour un type
16:32assez tiède, fade
16:33et le soir,
16:34il met sa cape
16:34et il m'a toujours fasciné.
16:37Gérard vous a apporté
16:38quelques livres ?
16:39Ah oui,
16:39juste pour voir
16:40votre réaction,
16:40par exemple,
16:41me dire,
16:42voilà,
16:42c'est un livre formidable
16:43qui s'appelle
16:44L'Empire,
16:45enquête au cœur du rap français
16:46de Paul Deutschman
16:47chez Flammarion.
16:48Alors,
16:48c'est les dessous du rap français,
16:50je veux dire,
16:51à la fois,
16:52il décrit le rap
16:53comme quelque chose
16:54de nouveau,
16:54de novateur
16:55et qui a changé quand même
16:56le monde de la chanson
16:57et de la musique,
16:58mais il montre aussi,
16:59c'est un peu,
17:00ça rappelle votre livre,
17:00c'est-à-dire
17:01la mafia qui s'incule,
17:02enfin,
17:03voilà,
17:03le blanchiment et tout,
17:04c'est un côté comme ça.
17:07Pour vous,
17:07le rap,
17:08c'est quelque chose
17:08de complètement étranger
17:09ou c'est quelque chose
17:10qui fait partie de votre vie
17:11ou c'est un truc
17:12que vous ne comprenez pas ?
17:13Ah non,
17:14moi je trouve que
17:14c'est l'expression
17:15d'une certaine jeunesse
17:17qui avait envie
17:18de se révolter
17:19et moi,
17:20bon,
17:20évidemment,
17:20ce n'est pas mon expression,
17:21j'en ai jamais fait,
17:22mais il y a quelques raps
17:23qui sont pas mal
17:24parce que j'aimais bien
17:25les raps du début,
17:25c'était assez jazzy,
17:27comme même si solar,
17:28il y avait du mélange
17:29avec du jazz
17:30et puis,
17:31non,
17:31non,
17:31je respecte toute forme d'art,
17:32c'est qu'elle correspond
17:33à un besoin.
17:34Et alors,
17:35par exemple,
17:35si les Beatles,
17:37parce que là,
17:38vient de paraître
17:38un livre formidable
17:39de Michel Busset
17:40qui s'appelle
17:41Code Yesterday,
17:42qu'on en a parlé,
17:43qui est paru
17:44aux presses de la Cité,
17:44qui est une sorte de polar
17:45sur le thème
17:46des chansons des Beatles,
17:48pour vous,
17:48ça a été important ?
17:49Ah oui,
17:50c'est les plus grands mélodistes,
17:51ces mélodies
17:52comme Yesterday,
17:53comme toutes ces chansons
17:54qu'ils ont faites,
17:54je crois qu'ils ont eu un...
17:55Vous savez,
17:56je pense qu'il y a
17:57des moments de génie
17:58comme ça
17:59qui ne durent pas longtemps.
18:00Saint-Germain,
18:00c'était pareil,
18:01de 47 à 51,
18:03il y a eu
18:05Le Deuxième Sexe,
18:07L'Être et le Néant,
18:08enfin non,
18:08c'est un peu plus tard,
18:09mais L'Existenciel
18:09est un humanisme,
18:10il y a eu les films
18:11de Simone Signore,
18:12il y a eu Yves Montand
18:12qui chantait,
18:13et je pense que les Beatles,
18:14ça n'a pas duré longtemps
18:15non plus,
18:15c'est de 62-70,
18:17et il y a eu comme ça
18:17un état de grâce
18:18où tout ce qu'ils faisaient
18:20s'était habité,
18:21c'est incroyable.
18:24Non mais je voulais simplement
18:25poser une question,
18:26je sais,
18:27on en a parlé avant
18:27qu'en off,
18:28mais le prochain,
18:30le prochain livre,
18:33c'est quoi ?
18:33Ça m'énerve
18:33parce que j'ai un peu
18:35à passer.
18:35Est-ce que vous avez envie
18:36ou pas ?
18:37Vous m'avez dit
18:37qu'il ne faut pas
18:38trop tarder.
18:39Vous avez envie ou pas ?
18:41Mais vous avez envie ou pas ?
18:42Bien sûr.
18:43Vous avez une idée en tête ?
18:43Je voulais faire un album
18:44mais peut-être
18:45que je vais attendre un peu.
18:46Les deux ensemble,
18:47ce n'est pas possible.
18:48C'est compliqué
18:48parce que faire un 10,
18:49c'est dur.
18:51Ce n'est pas le même art en fait.
18:52C'est l'immédiateté la chanson.
18:54Par exemple,
18:54si je vous mets une chanson,
18:55vous allez réagir tout de suite.
18:56C'est immédiat.
18:57Alors qu'un livre,
18:58il faut rentrer dedans,
18:58c'est long.
18:59C'est ce que j'ai aimé d'ailleurs,
19:00de sortir de cette dictature
19:01de l'immédiateté,
19:02de pouvoir prendre le temps.
19:04Et donc,
19:05attendez.
19:05Et bien,
19:06c'était le prochain livre.
19:08J'en ai parlé avec vous
19:09et moi,
19:10j'hésite entre le préquel,
19:12c'est-à-dire les années 30,
19:13les Corses,
19:14vous savez,
19:15à Marseille,
19:16il y a tout un truc
19:17avec les Corses.
19:18En fait,
19:18la vie du parrain,
19:20mais parce que je suis très influencé
19:21par le parrain aussi.
19:22Vous avez senti quand même.
19:23Donc le parrain 2,
19:24il retourne en Sicile.
19:26Moi,
19:26je vous dis,
19:26je vais retourner en Corse.
19:28Ou alors,
19:29parce que je crois
19:30que je suis très attaché
19:31en fait aux 30 glorieuses,
19:33la France qui se relève,
19:34qui renaît,
19:35par la culture
19:36qui redevient centrale
19:38dans le monde entier.
19:39C'est-à-dire que le monde entier
19:40a les yeux fixés
19:40sur Saint-Germain
19:42et avec des œuvres
19:43dont on parle partout.
19:45Alors,
19:45les années d'or,
19:4650-60.
19:48Voilà.
19:48Et Gérard,
19:48vous m'avez dit,
19:49c'est mieux 50-60.
19:50Oui,
19:50parce que je trouve
19:51que c'est une période
19:51dont on parle.
19:52Alors,
19:53c'était mieux.
19:55Et c'est une période
19:56que les gens connaissent
19:57très peu en fin de compte.
19:58Donc,
19:58je trouve que c'est une bonne manière
19:59de refaire redécouvrir
20:00cette période
20:01avec ce qui était bien,
20:03ce qui était absolument...
20:04Il y avait des choses
20:05aussi abominables.
20:06Ce n'était pas le paradis
20:07comme on dit.
20:08il y avait des gens très pauvres,
20:11il y avait des gens très riches.
20:12Et je trouve
20:13que ça correspondrait bien,
20:14même ne serait-ce que
20:15voir l'évolution
20:16de Saint-Germain-des-Prés
20:17après.
20:18Après,
20:18ça a été récupéré.
20:19C'est devenu un peu show-off.
20:20Oui,
20:21mais je pense qu'il y a
20:22un truc à faire
20:22après les...
20:24Vous ne m'avez pas dit
20:24quand vous écrivez ?
20:25Vous écrivez pendant la tournée ?
20:26Le soir ?
20:27Le matin ?
20:28J'écris le soir
20:30à 4h du matin.
20:30Je trouve que c'est la meilleure heure.
20:32Et c'est d'un jet ?
20:33Ou alors vous graturez ?
20:36J'écris les dialogues d'abord
20:37parce que je trouve
20:37que la façon de parler
20:38d'un personnage,
20:39ça dit tout sur lui.
20:40Ça dit beaucoup de choses.
20:41Et donc,
20:41je commence par les dialogues
20:42et après,
20:42je raconte comment on arrive
20:43à cette scène.
20:44Mais vous verrez,
20:45les dialogues,
20:46ils ne sont pas pareils
20:47à Pigalle et à Saint-Germain.
20:48Non,
20:48forcément.
20:50La Pigalle,
20:50c'est très violent,
20:51c'est fait ci,
20:51fait ça.
20:52Et à Saint-Germain,
20:53c'est toujours illégé.
20:54Oui,
20:54si tu veux,
20:55si tu peux,
20:55choisis.
20:56Vous auriez aimé être
20:57dans lequel ?
20:58A votre avis.
20:59Si vous étiez transporté.
21:00A votre avis.
21:01Je ne sais plus Saint-Germain.
21:02Plutôt Saint-Germain.
21:03Moi, c'est Saint-Germain
21:04qui m'a aidé.
21:05J'ai accouché vraiment.
21:06J'ai eu une deuxième naissance.
21:07Mes parents,
21:08ma deuxième naissance,
21:09c'est à Saint-Germain.
21:10Je crois que c'est des endroits
21:11comme ça qui accouchent les gens,
21:12qui leur fait devenir
21:13ce qu'ils sont vraiment.
21:14Parce que, je ne sais pas,
21:15on se connecte à notre âme,
21:16on oublie tout ce qu'on nous a raconté,
21:18les conditionnements,
21:19l'influence des médias,
21:20etc.
21:21Et on devient soi-même.
21:21Il y a des endroits comme ça.
21:22Votre premier succès,
21:23c'était quoi ?
21:24C'était Saint-Germain ?
21:25C'était bien à Saint-Germain.
21:25Bien à Saint-Germain, oui.
21:26D'ailleurs, je le fais chanter
21:27par un héros.
21:29C'est assez bizarre
21:29parce que l'action se passe en 1947
21:31et je lui fais chanter
21:32une chanson de 92.
21:33Oui, c'est le plaisir aussi
21:35des romans
21:36d'avoir cette possibilité-là.
21:39Non, moi, je vous dis,
21:40franchement...
21:41Paris ne meurt jamais.
21:41C'est aux éditions du Rocher.
21:43Et oubliez tous vos préjugés.
21:44Laissez-vous bercer.
21:45Vous ouvrez ce bouquin.
21:46Vous laissez bercer par les mots,
21:47par l'histoire.
21:48C'est plein de découvertes.
21:50C'est plein de tendresse.
21:51C'est aussi plein d'humour.
21:52Oui, parce qu'il y a une histoire
21:54d'amour.
21:57D'ailleurs, je me suis inspiré
21:59de l'histoire d'amour
22:00de Simone Signoret et Yves Montand.
22:01Parce qu'Yves Montand, pareil,
22:02il voulait devenir chanteur
22:03et il n'avait pas la culture encore.
22:04Il était un peu brut de décoffrage.
22:06Et Simone Signoret,
22:07lui a présenté la bande après-vers,
22:10lui a présenté Jean-Paul Sartre.
22:11Et il s'est cultivé.
22:12Il s'est devenu
22:12un des plus grands chanteurs
22:13de cette époque, justement.
22:15On a un peu oublié.
22:16Mais après, il a bien négocié le virage
22:18puisque quand les yéyés sont arrivés,
22:20ils sentaient sa chanson
22:21telle qu'il a fait l'acteur
22:22et ça a été un acteur magistral.
22:24Mais j'ai peut-être eu tort,
22:26c'est de le présenter
22:27souvent dans mes chroniques
22:28comme un polar.
22:28Mais en fait,
22:29si ils n'aimaient pas le polar,
22:30ce n'est pas important.
22:31C'est un vrai roman.
22:31Vous le lisez comme un roman.
22:33Alors, il y a un suspense
22:34parce qu'il y a une histoire d'amour
22:35et des choses comme ça.
22:36Effectivement, on peut le répéter.
22:37C'est l'histoire de ce jeune fils
22:39de mafieux
22:40qui va rencontrer une fille
22:42de bonne famille.
22:43Il ne va pas lui dire
22:44qui il est.
22:45Voilà, à Saint-Germain-des-Prés.
22:46Donc, ça dit beaucoup de choses
22:47sur aussi les conventions.
22:50Vos enfants,
22:51ils ont réagi comment ?
22:53En fait, mes enfants,
22:54ils n'osent pas le lire
22:54parce qu'ils ont peur
22:55de...
22:56Ils ont des affaires.
22:57Vous trouvez des choses de vous ?
22:57Non, mais je ne sais pas.
22:58Ils ne se sont pas mis encore.
22:59Ah bon ?
23:00Oui.
23:00C'est bizarre.
23:01Ils ont peur d'être pas...
23:03Oui, mais ça arrive assez souvent.
23:04Vous voyez ce que je veux dire ?
23:05Est-ce que je peux comprendre ça
23:06quand on connaît quelqu'un d'intime,
23:08c'est très compliqué
23:09de lire un livre.
23:10Il y a des gens
23:11qu'on connaît bien
23:11qui nous offrent le livre
23:13qu'ils ont acheté.
23:13C'est très compliqué.
23:15C'est une appréhension.
23:17Je ne sais pas.
23:17Je n'arrive pas à comprendre.
23:18La presse.
23:19Ouais.
23:19On va le laisser en souci.
23:20En tout cas,
23:22les lecteurs,
23:22la majorité des lecteurs
23:24ne vous connaissent pas
23:26personnellement
23:26et on vous le conseille vraiment.
23:27Paris ne meurt jamais
23:28aux éditions du Rocher.
23:30C'est vraiment un livre
23:31qui vous plaira
23:32parce qu'encore une fois,
23:33il y a une histoire,
23:34il y a une manière
23:35de raconter
23:36ces deux endroits de Paris
23:38et puis...
23:39C'est tendre,
23:40c'est drôle,
23:41c'est pétillant.
23:41Il y a un amour de Paris aussi.
23:43Il y a un amour de Paris.
23:43Et de la France.
23:44Parce que le roman,
23:46le personnage principal,
23:47c'est Paris.
23:48C'est Paris, oui.
23:48Parce que Paris ne meurt jamais.
23:50Et Paris ne meurt jamais.
23:51Pourquoi ce titre ?
23:52Parce que je pensais
23:53à Paris flouctouat
23:54nec mergitou,
23:55vous savez.
23:56Il est battu par les flots
23:57mais ne sombre jamais.
23:58Et c'est vrai,
23:59Paris,
23:59ça a toujours été
24:00l'histoire de Paris.
24:01Il a été envahi
24:01par les Allemands.
24:02Il a eu des épidémies.
24:04Il y a eu la guerre
24:05de 1870.
24:06Ça a été terrible.
24:07Mais chaque fois,
24:08Paris se relève.
24:09Et pas grâce à l'économie,
24:10grâce à sa culture.
24:11Regardez Victor Hugo
24:12avec Les Misérables.
24:14des circonstances
24:15très dramatiques
24:15mais qui font naître
24:16des oeuvres magistrales.
24:18Allez, venez à Saint-Germain
24:19avec nous.
24:20Merci, Danny Briand.
24:21Paris ne meurt jamais
24:22aux éditions du Rocher.
24:23C'est notre gros coup de cœur.
24:25Gros, gros coup de cœur
24:26de la rentrée.
24:27Ici, c'est un endroit sacré.
24:30Le mot maître,
24:30c'est d'improviser.
24:32Allez, viens, viens,
24:33à Saint-Germain.
24:35Dans vos avalées,
24:36allez, viens, viens,
24:38à Saint-Germain.
24:40Ouais,
24:41ce livre à l'ardeur,
24:42il reste enfin,
24:43c'est libre.
24:44Sous-titrage Société Radio-Canada

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