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  • il y a 11 heures
Alors que les finances publiques françaises se dégradent et que l'incertitude politique persiste, le risque souverain pèse de plus en plus lourd sur les marchés. Entre une dette record à 119 % du PIB et un taux à 10 ans grimpant à 4,90 %, la hausse du coût du capital menace directement les entreprises. Décryptage avec le Café de la Bourse : faut-il aujourd'hui redouter le CAC 40 et adapter sa stratégie d'investissement ?

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Transcription
00:09Un invite avec nous tous les midis et le vendredi, c'est focus plutôt thématique.
00:15Je suis ravie de recevoir Clémence Tanguy, vous êtes responsable éditoriale au Café de la Bourse.
00:20Bonjour Clémence. Bonjour Pauline.
00:22Aujourd'hui on va parler du risque français, comment faire pour investir en bourse dans ce contexte ?
00:27Les finances publiques français se dégradent, la situation politique reste incertaine.
00:31Est-ce que le risque français doit aujourd'hui pousser les investisseurs à se détourner de la Bourse de Paris,
00:37Clémence ?
00:38Alors oui, c'est une vraie question, parce que le risque français c'est vraiment devenu une préoccupation majeure pour
00:43les investisseurs,
00:44tant français qu'internationaux évidemment.
00:46Alors d'abord parce qu'on a une dette publique qui ne cesse d'augmenter.
00:50Donc vous l'avez rappelé, 3595,5 milliards d'euros à la fin juin 2026, deuxième trimestre 2026, ça fait
00:57119% du PIB.
00:58Ça veut quand même dire que le déficit public est à 5,1% du PIB en 2025, l'estimation
01:04c'est 5,4% pour 2026.
01:07Donc on voit vraiment une France très endettée et qui continue d'emprunter pour financer son déficit sans parvenir à
01:15stabiliser la dette.
01:15Alors vous l'avez dit aussi, ce qui pose également problème évidemment, c'est la hausse des taux qui a
01:22enchéri le financement de l'État.
01:24On a l'OAT dont on a beaucoup parlé, qui a énormément progressé depuis septembre et qui est aux alentours
01:31de 4,80% en ce moment,
01:33avec une différence avec le spread allemand qui a été largement commenté.
01:38Il y a aussi le fait qu'on emprunte évidemment maintenant plus cher que les anciennements PIX et qu'on
01:44se retrouve un peu pointé comme le mauvais élève de la classe par les autres membres de la zone euro.
01:52Donc ça pose problème.
01:54Ce qui pose problème aussi bien sûr, c'est la charge de la dette.
01:57Les intérêts de la dette, c'est à peu près une estimation de 80 milliards pour 2026 et plus de
02:0390 milliards pour 2027.
02:05Donc on voit qu'effectivement, on est face à un mur de la dette et qui ne cesse d'augmenter.
02:11Donc ça pose problème évidemment aux entreprises.
02:15Parce que les entreprises des taux élevés, ça veut aussi dire une hausse du coût du crédit.
02:20Et une hausse du coût du crédit, ça peut freiner les investissements et avoir des conséquences sur les bénéfices.
02:28Ce qui pose aussi problème évidemment, c'est que face à ce mur de la dette et à ce déficit,
02:34l'État français va vouloir évidemment combler un peu le trou.
02:38Et en France, on n'est pas très spécialiste de l'abaissement des dépenses, mais plutôt de l'augmentation des
02:42recettes fiscales.
02:43Et l'augmentation des recettes fiscales, en France, on a deux particularités.
02:46On aime beaucoup taper et sur les riches et sur les entreprises.
02:48Donc sur les entreprises, on s'attend évidemment à un durcissement de la fiscalité des entreprises.
02:55Et donc c'est l'incertitude autour de cette thématique qui nourrit aussi le risque français.
03:01Et l'incertitude, elle est vraiment très présente parce qu'avec le PLF et le PLFSS qui sont discutés en
03:06ce moment à l'Assemblée,
03:09on voit qu'il n'y a pas trop d'issues, pas de compromis,
03:12puisqu'on a aussi de grandes échéances électorales en avril-mai 2027 pour la présidentielle.
03:17Pas de majorité à l'Assemblée.
03:19Et puis en fait, chaque groupe parlementaire reste campé sur ses positions
03:22parce que lui, ce qui l'intéresse, c'est de trouver un budget pour 2027,
03:26c'est de pouvoir satisfaire ses futurs potentiels électeurs de l'élection présidentielle de 2027.
03:33Donc en fait, le risque français, c'est pas juste un vague climat politique un peu incertain.
03:40Ça a vraiment des conséquences sur le coût du crédit, sur la fiscalité des entreprises.
03:45Et ça, ça a des conséquences aussi directes sur les bénéfices des entreprises et puis leur valorisation en bourse.
03:52Oui, c'est ça. Et puis justement, on rappelle, Clémence, que les entreprises sont en pleine période de publication.
03:56Ce sont des résultats du T3 qui vient de commencer.
03:59Dans ce contexte, est-ce qu'il y a des actions françaises qui valent encore le coup ?
04:03Alors ça, c'est extrêmement important, effectivement.
04:06C'est la publication des résultats. Il va falloir être particulièrement vigilant cette année
04:10parce que quand la macro va mal, il faut faire très, très attention à la micro.
04:16Alors d'abord, ce que je voudrais dire, c'est qu'en fait, c'est pas parce qu'une entreprise,
04:19elle est cotée sur la bourse de Paris qu'elle est très dépendante de l'économie française.
04:24C'est pas vrai. Il va falloir regarder la croissance du chiffre d'affaires, la croissance des bénéfices
04:29et regarder où ce chiffre d'affaires et ces bénéfices se font.
04:33Parce qu'il y a beaucoup d'entreprises, par exemple du CAC 40,
04:36dont l'immense partie du chiffre d'affaires se fait à l'étranger,
04:40soit en Europe, soit même partout ailleurs dans le monde.
04:43Et donc évidemment, la dépendance à la France, à la commande publique,
04:46à la croissance française, à la demande française, va être beaucoup moins importante.
04:49Donc il faut regarder vraiment où se font le chiffre d'affaires, les bénéfices.
04:54Il va aussi falloir regarder, évidemment, le niveau d'endettement.
04:57Il va falloir regarder la capacité à générer la trésorerie,
05:03la capacité à maintenir des investissements et puis des dividendes aussi.
05:10Ça, c'est quelque chose qui est, selon moi, très important.
05:12Parce que pour gagner de l'argent avec une action,
05:16il y a deux grands moyens de gagner de l'argent avec une action.
05:18C'est la hausse des cours et la distribution du dividende.
05:22Alors, quand les cours, quand la macro pénalise les cours de bourse,
05:26qu'on a des problèmes, qu'on a ce risque français qui pèse,
05:31on va pouvoir se tourner vers le dividende,
05:36qui va finalement être un moyen de récupérer une partie de la valeur de l'entreprise,
05:41alors même qu'elle est sanctionnée en bourse,
05:43même si elle a de très bons résultats.
05:46Donc, en fait, pour une action injustement massacrée en bourse,
05:49le fait de pouvoir toucher un dividende,
05:52d'avoir une rémunération de l'actionnaire attractive,
05:54c'est aussi, selon moi, un point très intéressant à regarder, surtout en ce moment.
05:59Vers quelle valeur du CAC 40 on peut se tourner, Clémence ?
06:02Alors, ce que j'ai dit, c'est qu'il va falloir vraiment une entreprise
06:05qui arrive à garder des bons résultats et à maintenir sa rentabilité.
06:11On a Schneider Electric, par exemple, qui a publié,
06:17le cours a légèrement décroché, alors qu'ils sont au-dessus des prévisions.
06:22Donc, on voit quand même que c'est une entreprise solide
06:24qui arrive à maintenir ses bénéfices et à continuer sa croissance.
06:29On va aussi, évidemment, s'intéresser aux entreprises
06:32qui sont extrêmement tournées vers l'international.
06:36On peut, par exemple, penser à L'Oréal.
06:37La demande française ne pèse pas grand-chose
06:40sur le reste de la demande sur un groupe aussi international que L'Oréal.
06:46Et puis aussi, évidemment, on va s'intéresser aux entreprises
06:49qui ont une politique, une stratégie dividende extrêmement agressive
06:55avec des entreprises comme Air Liquide, qui sont les aristocrates du dividende français
07:00et qui continuent de verser un dividende et même de faire croître leurs dividendes
07:04parce qu'eux aussi, elles arrivent à maintenir des bénéfices en croissance.
07:08À l'inverse, quels secteurs ou quelles entreprises risquent de souffrir le plus
07:12de cette situation française ?
07:14Alors, celles qui sont directement impactées par la croissance française,
07:18la demande française ou la commande publique.
07:20Alors, évidemment, elles, elles vont en bâtir le plus.
07:22Alors, il faut aussi faire, je l'ai dit tout à l'heure,
07:23il faut faire attention au niveau d'endettement.
07:25Donc, les entreprises avec un niveau d'endettement très élevé,
07:29vont pouvoir avoir quand même des difficultés parce qu'avec la hausse des taux,
07:32le coût du crédit augmente et il faudrait faire attention
07:35à ce qu'elles ne soient pas étranglées par le crédit.
07:38Donc, vraiment, regardez aussi les niveaux d'emprunt.
07:41Et enfin, on a aussi, évidemment, les entreprises qui sont très dépendantes
07:47d'un durcissement de la fiscalité ou de nouvelles taxes.
07:51On a, par exemple, le cas Vinci, qui est une très belle boîte française
07:55de concessions autoroutières, aéroportuaires.
07:59Une boîte en croissance, mais qui doit payer une taxe.
08:05La taxe sur l'exploitation des infrastructures de transport de longue distance.
08:09Alors, c'est une taxe qui a coûté, qui a rapporté à l'État, du coup,
08:13284 millions d'euros en 2024.
08:14Mais le taux, qui est à peu près de 4%, doit être porté à un peu plus de 12%
08:22si on en croit le budget de 2027.
08:24Donc, effectivement, ça aura un impact sur les résultats.
08:27Donc, le cours de bourse de Vinci a décroché tout de suite après l'annonce de la nouvelle.
08:32Donc, on voit bien qu'une anticipation d'un durcissement de la fiscalité,
08:37c'est une conséquence directe sur le cours de bourse d'une entreprise,
08:41peu importe si ses résultats, par ailleurs, sont bons.
08:45Concrètement, Clémence, est-ce qu'il faut alléger son portefeuille d'actions française
08:49ou profiter de certaines baisses, justement, pour investir,
08:52des baisses qui feraient des bons points d'entrée ?
08:53Oui, alors, surtout pas de ventes systématiques.
08:57Parce qu'il faut quand même se rappeler que toutes les entreprises françaises
09:02ne sont pas exposées aux risques français de la même manière.
09:06Ensuite, il va falloir quand même distinguer les entreprises
09:11qui pâtissent du risque français dans leur globalité,
09:16si vous voulez, du risque macro,
09:18mais avec des fondamentaux qui restent extrêmement porteurs.
09:22Donc là, c'est vraiment le moment de s'intéresser de près à la saison des résultats.
09:26Vous pouvez aussi retrouver nos analyses de grandes actions
09:29sur le site Café de la Bourse.
09:31Au fur et à mesure de la saison des résultats,
09:32on publie effectivement des analyses de sociétés.
09:37Alors, effectivement, là, ça peut être une opportunité pour investir en Bourse.
09:42En revanche, si le cours descend parce qu'il y a une anticipation
09:48de durcissement de la fiscalité,
09:51si vraiment l'entreprise est très endettée,
09:53là, il ne faut pas penser que ça peut être une opportunité
09:55où on ne rattrape pas un couteau qui tombe en Bourse.
09:57Donc, il faut vraiment avoir un stock picking très sélectif en ce moment.
10:01Et puis, il y a aussi quand même cette histoire de dividendes que je tiens à rappeler.
10:05Ça peut être, à court terme, moyen terme, le dividendes,
10:09une façon d'avoir du rendement et de toucher une partie de la valeur
10:13que la société crée,
10:17même si le cours de bourse n'est pas extrêmement satisfaisant en ce moment.
10:21et on peut parier sur une hausse sur le long terme.
10:25Merci beaucoup Clémence Tanguy, responsable éditoriale du Café de la Bourse.
10:29Merci à vous de nous avoir suivis ce midi.
10:31On se retrouve, enfin, vous retrouvez Fabrice Cousté ce soir en direct à 17h30 sur Bsmart.

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