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Retrouvez le podcast des indépendants en replay sur BFM Business
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00:02Le podcast des indépendants sur BFM Business, présenté par Ludovic Badeau.
00:09Très heureux de vous retrouver sur BFM Business pour ce nouvel épisode du podcast des indépendants.
00:13Et aujourd'hui, on va parler passion, on va parler amour, on va parler artisanat avec le fait main, mais
00:19pas seulement.
00:20On va aussi parler stratégie business parce qu'un artisan qui dure, c'est un artisan qui vend.
00:24Pour en parler, quatre invités que je laisse Ombline vous présenter.
00:27Premier invité, Paul Nérink, 23 ans, fondateur de la marque de joaillerie Madden Paul.
00:34Ingénieur de formation, il apprend seul le métier et va jusqu'à fabriquer ses propres machines pour maîtriser toute sa
00:40production.
00:41Après avoir développé son atelier chez ses parents, c'est un studio de 20 mètres carrés dans lequel il vit
00:45et fabrique ses bijoux, bagues et pendentifs à Paris.
00:48Aujourd'hui, plus de 70 000 personnes suivent ses créations.
00:52Deuxième invité, Julie Pradié, 34 ans, fondatrice de Broc et Bois.
00:56Ancienne chanteuse lyrique pendant 10 ans, Julie s'est reconvertie dans l'artisanat en restaurant des meubles anciens dans un
01:02style brut et authentique.
01:04Aujourd'hui installée à la campagne, Julie revendique un retour au temps long.
01:07Elle y développe une activité hybride entre production et transmission en formant celles qui veulent se lancer en plus de
01:13son activité de restauration de meubles anciens.
01:16Troisième invité, Victoire Marginé-Anou, 28 ans, fondatrice de la marque des corsets artisanaux Marginé-Anou, lancée en 2024.
01:24C'est dans son atelier parisien que Victoire conçoit des pièces sur mesure adaptées à chaque morphologie.
01:30Chaque pièce est unique et se compose majoritairement de tissus recyclés.
01:33Victoire incarne la passion et l'attachement au savoir-faire français.
01:37Quatrième invité, Doriane Ayer, experte en communication et en vente sur les réseaux sociaux.
01:42Après plusieurs années en agence et auprès de grandes marques, elle accompagne depuis trois ans des artisanes et créatrices pour
01:49structurer leur business et augmenter leur vente en ligne.
01:51Elle apporte une lecture très concrète des enjeux de visibilité et de conversion dans l'artisanat.
01:57Je suis ravi de vous accueillir dans ce nouvel épisode du podcast des indépendants.
02:00Et j'avais envie de commencer cet épisode en rappelant que quand on parle artisanat, on verra, on parle passion,
02:05mais on parle avant tout business.
02:07Et c'est toi qui a beaucoup insisté sur ça, Paul, quand on a préparé l'émission.
02:10C'est aussi et surtout un business.
02:13Oui, moi, j'ai commencé à côté de mes études.
02:15Je n'avais pas besoin de vivre de cette activité.
02:17Donc, je pratiquais des prix très bas parce que je ne connaissais pas trop.
02:20Moi, je me suis lancé dans ce secteur-là sans rien connaître.
02:22Et donc, je faisais à peu près mes prix au feeling.
02:24Et je n'avais pas envie de faire payer les gens trop cher.
02:26Je n'étais pas très à l'aise vu que je venais de commencer.
02:28Sauf qu'avec les années et le fait que je me sois lancé à plein temps dans cette activité,
02:33donc la joaillerie, j'ai besoin de vivre, de payer mes factures.
02:35Et donc, j'ai besoin de faire rentrer de l'argent et j'ai appris aussi à calculer la vraie
02:40valeur de mes produits.
02:41Et c'est vrai qu'il y a un côté un peu romantique, un peu idéalisé peut-être quand on
02:45parle artisanat.
02:47Et moi, le premier, quand je prépare l'émission, et c'est pour ça que je suis ravi de vous
02:49avoir sur ce plateau,
02:50parce que vous faites des choses magnifiques.
02:51Vous pouvez les voir en vidéo sur le site de Spotify ou sur le site de BFM Business.
02:55Toi, Paul, tu as des magnifiques bagues.
02:58Et est-ce que le pendentif aussi ?
03:00Pendentif aussi, oui.
03:00Et on a Victoire avec ce très beau corset.
03:04Et donc toi, Victoire, tu fais principalement ou que des corsets ?
03:07Que des corsets et des robes avec une base corset aussi, sur mesure.
03:11Et je m'adapte à la cliente en personnalisant mes corsets et mes robes.
03:14Et on sent la passion.
03:15Et c'est là où on se dit, bon, ben voilà, c'est quelque chose de passionnel.
03:18Mais en fait, il y a vraiment ces taxes business.
03:20Pour autant, il y a de plus en plus de Français qui se redirigent vers l'artisanat.
03:25Et l'une des raisons, c'est d'avoir envie de reprendre un peu le temps, Julie, du temps.
03:29Je rejoins vraiment Paul sur ce biais-là.
03:32C'est-à-dire que pour moi aussi, dans mon activité, ça représente environ 10% de mon travail.
03:36Mais ça reste le cœur de mon activité, ma passion.
03:38C'est un travail qui connecte vraiment.
03:40Je trouve que de suivre le geste, c'est quelque chose qui connecte vraiment le corps et l'esprit.
03:46D'être dans la matière, de travailler la matière, c'est quelque chose qui arrête le temps.
03:50C'est vrai que dans l'atelier, on ne peut pas tricher en fait.
03:52La matière ne triche pas.
03:53C'est vrai que dans une ère où tout va tellement vite, on doit toujours beaucoup produire, aller toujours plus
03:57vite.
03:58C'est un moment, je pense, où on peut ralentir.
04:00On est vraiment connecté avec le geste, avec ce qu'on est en train de fabriquer.
04:04Et surtout, on suit le rythme de la matière.
04:07C'est ça l'un des moteurs, du coup, quand on se dirige vers l'artisanat.
04:11On en a beaucoup, par exemple, qui vont quitter des métiers de service et qui vont aller vers l'artisanat.
04:14C'est ça, c'est la recherche de reconnexion quelque part ?
04:17Peut-être, pour beaucoup, oui.
04:18Moi, je sais que j'accompagne, justement, aujourd'hui, des femmes qui veulent se lancer dans le même métier que
04:22moi.
04:22Donc, la rénovation et la vente de meubles anciens.
04:25Et je sens que c'est beaucoup le moteur, effectivement.
04:27Pour mon cas, ce n'était pas forcément ça, parce que c'est venu un peu par hasard.
04:30J'étais chanteuse lyrique à la base, donc chanteuse d'opéra.
04:33Et tu voyageais beaucoup ?
04:34L'artisanat, je voyageais beaucoup, effectivement.
04:36Une autre forme d'artisanat, en tout cas d'art.
04:39Ça a été un petit peu hasard, un déménagement à la campagne.
04:41L'envie de se reconnecter, c'est vrai, à la réalité, au concret, à quelque chose de vraiment tangible, à
04:47la nature aussi.
04:49Et l'espace qui s'est offert à moi avec un emménagement dans une maison, en ayant quitté la région
04:54parisienne.
04:55Et le fait de chiner pour chez moi, pour meubler mon appartement.
04:58Je m'y suis mise, et très vite, donc par envie, par passion.
05:01Et je me suis dit, mais c'est ça que j'ai envie de faire, si certains le font, pourquoi
05:05pas moi ?
05:05Et c'est vrai que c'est palpable, en fait, Victoire.
05:08Ça se voit, ça se la matière.
05:10Enfin, ce que tu fais, tu vois, c'est concret.
05:11Oui, j'adore aussi travailler tous les tissus, et notamment l'upcycling.
05:17Donc, je récupère des tissus qui ont déjà été utilisés pour en faire une autre utilisation.
05:22Déjà, Rodenevie, aux tissus, c'est très beau.
05:25Et souvent, les anciens tissus ont beaucoup de caractère.
05:28On sent qu'ils ont...
05:29Qu'ils ont vécu.
05:30Voilà, qu'ils ont vécu.
05:31Dans tes clients, Doriane, on rappelle que toi, t'accompagnes justement les artisans sur la partie communication.
05:35On se rend compte qu'effectivement, il ne suffit pas de faire des belles choses.
05:38Il faut les faire connaître.
05:39Il faut être très visible, en fait.
05:40Oui, c'est ça.
05:40En fait, au départ, beaucoup de créatrices ou artisanes sous-estiment aussi cette partie-là.
05:46C'est-à-dire qu'on pense qu'il suffit juste de créer, de mettre en photo, par exemple, ses
05:51créations sur les réseaux.
05:52Et puis hop, le tour est joué.
05:53Alors que pas du tout, comme vous l'avez tous expliqué.
05:56Ça demande du temps, c'est de la régularité, c'est de la constance.
05:59C'est quoi les conseils qu'on peut donner aux artisans qui nous écoutent, justement, pour développer leur business ?
06:04Parce qu'on parle bien d'un business, encore une fois.
06:06Déjà, de choisir un canal.
06:08C'est-à-dire de ne pas s'éparpiller et de ne pas être sur tous les fronts.
06:10Parce qu'il y en a beaucoup qui essayent de faire mille choses à la fois.
06:13En même temps, elles sont partout, mais nulle part en même temps.
06:15Donc déjà, de prioriser un seul canal.
06:18Et une fois que celui-ci sera acquis, là, se mettre sur d'autres canaux.
06:22C'est-à-dire, par exemple, si demain, vous souhaitez vous développer sur Instagram, mettez-vous sur Instagram.
06:26Une fois que ce sera acquis, vous pourrez vous mettre sur un autre réseau social.
06:30Si vous ne voulez pas vous mettre sur les réseaux, développez, par exemple, l'accès des boutiques revendeurs.
06:34Enfin, il y a plein de manières de se développer.
06:37Mais ne pas s'éparpiller.
06:39Et d'ailleurs, pour aller encore plus loin quand on parle communication, il ne suffit pas de communiquer.
06:44Tu dis, quand on est artisan, il faut avoir une vraie stratégie et même l'incarnation, ce qu'on appelle
06:48le personal branding.
06:49C'est super important.
06:50Oui, bien sûr.
06:51Je me rappelle, par exemple, moi, ça fait plusieurs années que j'accompagne des marques et notamment aussi des grandes
06:55marques.
06:55Et avant, il suffisait, par exemple, de publier une photo de son produit.
06:59Et forcément, ça prenait, c'était plus facile, entre guillemets, même si je pense qu'il y avait plein d
07:02'autres sorts.
07:03Et maintenant, l'artisan, les petites entreprises sont obligées de communiquer au-delà du produit, c'est-à-dire de
07:10partager ses valeurs, sa personnalité, son histoire, ses coulisses.
07:14Parce que le consommateur a besoin de s'identifier, de se projeter avec la personne.
07:18Et justement, la communication, c'est un coût.
07:20Il faut bien payer Doriane et autres consorts.
07:23Et donc, il faut pouvoir être payé à son juste prix.
07:26Comment tu fixes tes prix, toi, Paul ?
07:28Moi, j'ai un Excel qui note tous mes coûts, toutes les charges que j'ai pour créer mes bijoux.
07:32Et après, j'applique une marge sur ces coûts-là.
07:35Donc, c'est hyper factuel, en fait.
07:37Dans ton Excel, tu vas retrouver quoi ? Le temps passé ? Les coûts des matières premières ?
07:40Je compte les matières premières, le temps passé, les outils que j'utilise comme un amortissement.
07:45Parce que je n'utilise pas un four, par exemple, que je vais utiliser.
07:49Il faut que je l'amortisse.
07:50Oui, tu intègres aussi ça, l'usure, etc.
07:52Donc, j'ai l'usure des outils, mon temps, évidemment.
07:57Et après, toutes les taxes qu'il y a sur le...
07:59En France.
08:00Oui.
08:02Julie, toi, comment tu fixes tes prix ?
08:04Oui, c'est pareil.
08:05J'ai vraiment un barème très clair avec tous les coûts directs, tous les coûts indirects.
08:08L'amortissement des outils est exactement de même.
08:11Les heures passées.
08:12Et dans les coûts indirects, j'englobe également tout le travail annexe qui est assez invisible.
08:17Donc, le travail de communication, le travail des mises en scène, moi, pour mes meubles,
08:22le travail de photos.
08:23Enfin, tout ce travail qui est invisible pour les gens et qui n'est pas directement de l'artisanat.
08:28Donc, on voit quand même que c'est vraiment être entrepreneur, en fait.
08:31Complètement.
08:31Est-ce qu'on peut dire que c'est un métier passion ?
08:33Évidemment.
08:34Enfin, c'est clair.
08:35Je pense que pour tous, on va être d'accord sur le sujet.
08:38Pour moi, c'est vraiment un métier passion.
08:39Et ça l'est devenu, je dois dire, en faisant.
08:42Parce que je vous l'ai dit, je l'ai découvert un petit peu par hasard.
08:44Et en faisant, en passant du temps à l'atelier, en redonnant vie à ces meubles anciens,
08:50en voyant la joie aussi dans le regard de mes clients, c'est devenu vraiment une immense passion
08:58et un côté très addictif aussi.
09:00Et effectivement, comme je le disais, le fait de se connecter toujours à cette matière,
09:03ce temps qui s'arrête dans l'atelier, c'est vraiment la base et le cœur de l'activité.
09:09Et c'est ce qui nourrit mon quotidien.
09:11C'est ce qui me donne envie de me lever le matin.
09:12Après, il y a toutes les valeurs que je défends aussi autour de ce projet.
09:16Mais c'est clairement une passion et puis un devoir aussi maintenant.
09:20Victoire, toi, tu as beaucoup insisté sur la notion de passion quand on préparait.
09:23Oui, exactement.
09:24J'aime énormément me servir de mes mains et de créer aussi,
09:28de pouvoir retranscrire ce que j'ai dans la tête.
09:30Le moment où je vends aussi un de mes corsets et que la personne est très satisfaite,
09:36elle est heureuse de le porter, c'est le meilleur moment de la vie, de la journée.
09:41Tu vois le résultat qui est porté, c'est super gratifiant en fait.
09:46Dans mon artisanat, il y a aussi tout un côté de transmission parce que du coup, je chine des meubles
09:50anciens.
09:50Parfois, je rénove des meubles qui ont appartenu à des parents, des grands-parents
09:54et des personnes qui veulent les revaloriser pour les mettre dans leurs univers d'aujourd'hui, plus actuels.
09:59Et ça, c'est indescriptible, cette sensation quand les gens voient revivre un meuble qu'ils ont vu depuis l
10:07'enfance,
10:07chez eux, etc. et qu'ils le redécouvrent à leur goût d'aujourd'hui.
10:11C'est immense parce que dans la transmission, il y a tout ce geste et il y a aussi toutes
10:15ces émotions,
10:16ces énergies familiales, ce patrimoine, cet héritage familial.
10:19C'est beaucoup d'émotions.
10:20C'est intéressant parce que depuis le début de cet épisode, on parle beaucoup sens et beaucoup plus que dans
10:27d'autres épisodes.
10:28On va parler beaucoup stratégie, on va être là pour générer du chiffre d'affaires.
10:32Et là, je trouve que la notion de sens et l'intensité du sens prend pour le coup tout son
10:36sens dans cet épisode
10:38puisque ça revient beaucoup en fait.
10:39Et c'est quand même ça le moteur, Paul.
10:41Initialement, on parle de la passion.
10:42Moi, je suis venu dans la joaillerie par totale passion.
10:47De base, je n'avais même pas idée que j'allais en vendre.
10:49Et après, j'ai découvert justement ce côté-là de vendre à des clients.
10:52Et la réaction des clients quand ils reçoivent des bijoux, c'est quelque chose d'incroyable.
10:56Ça, pour le coup, c'est un moteur.
10:57On sait par exemple qu'aujourd'hui, on a beaucoup d'indépendants qui sont un peu en saturation,
11:00qui a une perte de sens, qui a de plus en plus cette recherche de sens, mais même chez les
11:04salariés.
11:05Et donc d'avoir des personnes qui se sont tournées vers l'artisanat et qui ont écouté ce qui les
11:09inspirait le plus
11:10pour aller vers des métiers manuels, c'est super inspirant pour beaucoup de gens en fait.
11:15Mais il y a le côté pour moi où une fois que ça devient une nécessité financière,
11:19il y a le côté où quand c'est de la passion, on le fait sans une motivation intrinsèque,
11:24sans besoin financier ni rien.
11:26Donc ça, pour moi, c'est là où la passion est le plus fort.
11:28Mais une fois qu'on a besoin d'en vivre, il y a toute la réflexion financière derrière
11:33qui, pour moi, vient éroder un petit peu la passion et on doit la trouver un peu ailleurs.
11:38Moi, je trouve que c'est encore plus stimulant en fait de me dire
11:40si tu fais un truc qui t'anime à fond et qu'en fait, tu gagnes de l'argent avec.
11:44Je trouve que c'est encore plus stimulant parce que l'argent, c'est quand même stimulant.
11:47C'est vrai, mais ça devient aussi un petit peu un stress.
11:49Donc je rejoins Paul, je comprends.
11:51Et puis on est obligé d'avoir du réseau de là pour pouvoir en vivre.
11:54On compte sur notre activité complètement.
11:56Mais je pense, en tout cas moi, c'est comme ça que je le vis au quotidien,
11:59de s'accorder vraiment du temps justement pour se reconnecter complètement avec son corps de métier.
12:03Et s'éloigner un petit peu de tout l'à côté, de tout ce qui est plus stratégique,
12:07de tout ce qui est plus communication.
12:09Effectivement, je pense que nous tous, on passe beaucoup de temps aujourd'hui à communiquer.
12:13Et c'est ce qui parfois aussi nous éloigne de notre corps de métier, du cœur de notre métier.
12:18Je pense de se reconnecter à ça.
12:20Pour moi, c'est vraiment le fait de se reconnecter aux gestes, au faire,
12:23de se reconnecter à la matière.
12:25Ça redonne tout son sens à ce qu'on fait.
12:27Alors vos produits coûtent cher.
12:28Donc c'est hyper important de bien communiquer.
12:31Est-ce que vous avez l'impression, est-ce que vous vous mettez en concurrence
12:33avec des plateformes comme Chine ou des marques comme Ikea ?
12:37Alors concurrence, c'est un bien grand mot.
12:40Oui, parce qu'en fait, moi, dans les valeurs et tout ce que j'ai envie de défendre,
12:43j'ai envie aujourd'hui d'aller toucher le plus de clients possible.
12:46Et j'ai envie d'aller chercher toutes les personnes qui consomment au quotidien encore chez Ikea
12:50pour leur apprendre à consommer de manière plus responsable, plus humaine au quotidien.
12:55Donc oui.
12:55Et d'ailleurs, c'est pour ça que je réfléchis vraiment en termes de stratégie,
12:59comme une marque, comme une grande marque.
13:01Alors pas forcément avec des slogans, mais avec des messages derrière, des valeurs,
13:05un storytelling vraiment fort.
13:07J'essaye de travailler de cette manière-là pour pouvoir aller toucher les clients.
13:11Je ne me mets pas en concurrence avec les géants industriels,
13:14mais je comprends aussi que toute notre vie,
13:16on a grandi avec des prix plutôt abordables,
13:19voire avant c'était encore moins cher.
13:21Et du coup, acheter un t-shirt blanc chez Zara, par exemple, à 30 euros, on va dire OK.
13:26Et lorsqu'on va avoir le même t-shirt blanc à 100 euros, on va se dire,
13:29mais non, c'est une arnaque, je ne vais pas mettre 100 euros dessus.
13:32En fait, si on regarde bien en détail, le t-shirt blanc à 100 euros,
13:35il est en coton bio certifié, il a été fabriqué en France.
13:38Il y a cette conscience collective.
13:39Mais conscience collective, est-ce qu'elle est là, la conscience collective,
13:42ou pas chez le consommateur, vous avez l'impression ?
13:44En fait, par exemple, quand on va acheter une bague avec toi, Paul,
13:47parce que c'est toi qui l'as faite, c'est ta marque.
13:48Moi, je ne sens pas de concurrence avec les grandes maisons,
13:51parce qu'il y a une question de qualité déjà.
13:53Tout est fait à la main et c'est des bijoux qui durent pour la vie.
13:57Et ça, les gens en sont conscients via ce que je partage sur les réseaux sociaux.
14:01Et il y a aussi le côté où les clients aiment bien savoir comment c'est fait.
14:06Je sais que les gens aiment bien se dire,
14:07ah ben, j'ai vu comment c'était fait, je partage beaucoup,
14:11pendant mes commandes sur mesure, par exemple, tout le processus, même créatif,
14:15toutes les recherches que je fais en croquis, tout ça.
14:17Et les gens adorent voir ça.
14:19Je pense que ça a vraiment une valeur ajoutée dans ce que je fais.
14:22Le mieux quand on est artisan, c'est d'être le plus transparent possible
14:25sur la matière première qu'on utilise, le temps qu'on passe dessus,
14:28les petites séries et toute la fabrication à la main
14:31et notre savoir-faire qu'on a acquéris au fur et à mesure de ces années.
14:34C'est l'un des trucs, Doriane.
14:36Est-ce que dans la com, dans ce que tu conseilles pour tes clients,
14:38c'est de dire, expliquez ce que vous utilisez comme matière première ?
14:42Oui, c'est ultra important, même, par exemple, tout le processus créatif.
14:45Tu parlais tout à l'heure, tu vois, de la personnalisation.
14:48Moi, je trouve que c'est ultra important, tout simplement,
14:50parce qu'il y a certaines personnes qui vont se projeter
14:52et ça va leur permettre de se rendre compte aussi
14:53de ce que vous êtes capable de créer, de faire.
14:56Et donc, du coup, c'est essentiel de partager le processus.
14:59D'ailleurs, les grandes marques ne le font pas,
15:01parce qu'elles ne peuvent pas le faire, dans le sens où c'est plutôt caché.
15:04Du coup, c'est un peu un argument de force
15:06pour les artisans de communiquer dessus.
15:08Ça veut dire quoi ? Ça veut dire, je suis artisan,
15:10j'écoute le podcast des indépendants, en tout cas, j'ai envie de le devenir.
15:13Il va falloir que je montre vraiment mes matières premières,
15:17le coût, là où j'ai été chiné, tel objet.
15:20Il faut vraiment que le client, le potentiel client,
15:23comprenne tout le processus de création.
15:25Et c'est là que se situe encore,
15:27c'est là qu'on crée de la valeur aussi aux yeux des personnes.
15:30Il ne faut pas partager que le processus créatif.
15:32Je veux dire, c'est une bride dans la communication.
15:35Elle est importante parce que les personnes vont se projeter, etc.
15:38Il y a plein d'autres choses qui vont englober.
15:39Par exemple, parfois, dans la communication,
15:41on va parler un petit peu de soi aussi,
15:44parce que le client va se projeter si on a des points en commun,
15:47des choses comme ça.
15:48Et mine de rien, ça reste intéressant.
15:50Mais ça, en fait, si on parlait de soi,
15:52le personal branding, c'est vrai que c'est propre
15:54à tous les entrepreneurs aujourd'hui.
15:56On nous parle tout le temps de faut incarner,
15:58il faut se montrer, on connaît.
16:00Mais sur les artisans, plus spécifiquement,
16:02est-ce que l'un des conseils, c'est d'intégrer vraiment
16:05tout le processus de création ?
16:06Moi, je ne montre pas absolument tout le processus de création,
16:09mais je montre une grande partie des coulisses,
16:12effectivement, de mon artisanat.
16:13Déjà parce que je forme des personnes
16:15qui veulent aussi apprendre à faire par elles-mêmes
16:17ou qui veulent se lancer justement dans cette activité.
16:20Mais quand j'ai commencé, c'était vraiment à destination du client
16:22pour qu'il se rende compte justement tout ce qu'il y a derrière,
16:26tout le travail qu'il y a derrière.
16:27Et aussi parce que ça l'englobe dans tout ce processus créatif aussi, en fait.
16:31Il vient trouver la place là-dedans.
16:33En général, ça le passionne de pouvoir suivre tout ce processus.
16:37Donc, je pense que c'est extrêmement important, effectivement,
16:39de montrer ses coulisses pour raisonner en termes de prix
16:41et de se rendre compte de ce qu'il y a derrière.
16:43Et c'est là que tu vois que c'est de l'artisanat
16:44parce que tu vois les coulisses, en fait.
16:46Et ce qu'on disait, c'est que les grandes maisons
16:47ne peuvent pas le faire parce que ça casserait le mythe un petit peu.
16:51Oui, je pense.
16:51Et puis après, c'est un positionnement.
16:53C'est vrai que des grandes maisons
16:54ne peuvent pas non plus utiliser vraiment le personal branding.
16:58Je ne sais pas si tu es un gros soin là-duit.
16:59Il y a bien sûr des effigies, etc.
17:03Mais voilà, c'est un autre mode de communication.
17:06Mais je pense qu'effectivement,
17:07et puis c'est passionnant, en fait,
17:08de suivre vraiment les coulisses d'un artisan,
17:11d'un artiste, d'un créateur.
17:13Et tu vas loin, toi, Paul,
17:14puisqu'on va jusque dans ton appartement.
17:16Enfin, on voit les coulisses du bureau.
17:19T'as fait chier à quoi c'est ?
17:20Comptez, regardez.
17:21Je suis dans un petit studio à Paris.
17:23Je vais monter à Paris.
17:24Je poursuis mon rêve.
17:25Et je l'aménage sur mesure pour continuer à créer mes bijoux dedans.
17:28Parce que moi, en parallèle de l'entreprise purement joaillerie,
17:32j'ai toujours aimé partager ce que je faisais,
17:34mon parcours un peu entrepreneurial,
17:37dans tout ce que je fabriquais.
17:38Et donc, j'aime bien que les gens m'accompagnent
17:39dans tout ce que je fais,
17:41l'évolution de mon entreprise.
17:42Mon atelier, je l'ai fait dans mon appartement.
17:44Donc, je montre mon appartement.
17:45Dans ton studio ?
17:46Dans mon studio ?
17:47Oui.
17:48Nuance.
17:49Comment je l'ai fabriqué dans mon studio ?
17:52Et ça raconte l'histoire.
17:54Et d'ailleurs, Victoire, tu disais,
17:56tu as proposé quelque chose avant.
17:57Tu dis, on devrait peut-être inventer un label,
17:59en tout cas faire une différence entre artisan et artisan passionné.
18:03Parce que des fois, on peut se revendiquer artisan.
18:05Et des fois, on a la notion d'artisan qui est là.
18:07Mais quand on regarde dans les faits,
18:08c'est pas le même artisanat.
18:10Pourquoi cette idée de faire cette nuance
18:11entre artisanat et artisanat passion ?
18:13Dans l'artisanat, c'est souvent un métier
18:15qu'on nous fabrique des objets à la main.
18:19Enfin, pas que des objets aussi.
18:20Il y a tout le côté plombier.
18:22Il y a le côté artisanal passionné.
18:26On ne gagne pas d'argent.
18:28On va vraiment faire en sorte que notre produit
18:30soit de meilleure qualité,
18:32qui satisfait notre clientèle.
18:33Je prends une anecdote où à la gare,
18:38souvent, j'aime beaucoup le café.
18:39Je suis une grosse consommatrice de café.
18:41Il y a écrit artisan du café sur la devanture.
18:44Ça me vendait du rêve.
18:45Tout de suite, je me suis dit
18:46que ça va être de bonne qualité, bien servi.
18:48Et au final, je suis rentrée.
18:50Et je pense aussi que le barista
18:52n'était pas passionné par le café.
18:54Et au final, on m'a servi un café
18:57avec du lait brûlé.
18:58Alors que la devanture vendait du rêve.
19:00Et surtout, quand on voit le mot
19:01artisan placardé,
19:02on imagine tout de suite que
19:04ça va être la qualité supérieure,
19:07complètement différent d'un café normal.
19:09Il y a cette idée peut-être
19:11de service très personnalisé derrière,
19:12je pense, derrière l'artisanat.
19:13C'est l'exécution,
19:14il n'y a pas que la matière première.
19:15Elle est intéressante,
19:15cette anecdote sur le café,
19:16puisqu'au final,
19:17c'est probablement un café artisanal,
19:20mais livré par un monde artisan,
19:21ce qu'il y a.
19:22Il y a aussi que c'est assez vendeur
19:24de dire artisan.
19:25Ah, c'est hyper vendeur.
19:26Il idéalise un peu
19:27le côté artisanal des choses,
19:28sans savoir forcément
19:29ce que ça veut dire.
19:30Et là, par exemple,
19:30je pense que dans ce cas-là,
19:31il n'y a pas grand-chose
19:32d'artisanal dans ce café.
19:33Pour rebondir sur ce que disait Paul
19:35tout à l'heure
19:36sur ses partages aussi au quotidien,
19:37même sur son appartement,
19:39effectivement,
19:40le mot que je cherchais tout à l'heure,
19:41c'est aussi d'impliquer,
19:42en fait, la clientèle.
19:43D'impliquer le client,
19:45de l'impliquer dans un processus.
19:46Et pour moi,
19:47c'est ça qui va permettre
19:48peut-être d'aller rivaliser
19:50avec de plus grandes enseignes,
19:51parce qu'on implique le client,
19:54on le responsabilise,
19:56on lui donne envie
19:57d'aller vers un meilleur mode
19:58de consommation,
19:59de s'impliquer dans une histoire
20:00et d'aller soutenir aussi
20:02un artisanat,
20:03d'aller soutenir un artisan,
20:04l'artisan qu'il suit en l'occurrence
20:06sur les réseaux sociaux,
20:07dans son processus créatif
20:08et dans l'expansion aussi
20:10de son entreprise.
20:11C'est super,
20:12parce que quand tu as une activité
20:14et qu'en fait,
20:14le client,
20:14ce n'est plus simplement
20:16un consommateur,
20:17mais quelqu'un d'impliqué,
20:18qui se sent concerné
20:19et qui porte les mêmes valeurs,
20:21vraiment,
20:21tu as tout, quoi.
20:23Le business et l'humain
20:25et le sens.
20:26Oui, c'est ça.
20:27C'est une aventure
20:28et du coup,
20:29on doit la partager
20:30pour ramener
20:31un maximum de personnes
20:32qui ont envie de la suivre
20:34et s'ils ont envie de la suivre,
20:35potentiellement,
20:35il y a des chances
20:36qu'ils aient plus envie
20:37d'acheter finalement
20:37à la fin.
20:38Et ça,
20:39c'est ton job aussi,
20:39Doriane, du coup.
20:40C'est ce qu'attendent
20:41tes clients,
20:42c'est que tu réussisses
20:42à mettre tout cet aspect humain
20:44au cœur de leur activité
20:46pour leur com, quoi.
20:47Oui, c'est ça.
20:47Moi, je les forme,
20:48je les accompagne
20:49sur plusieurs semaines
20:50finalement parce que
20:51j'ai des disparités.
20:52J'ai des personnes,
20:53par exemple,
20:53qui n'ont jamais utilisé Instagram.
20:55J'en ai d'autres
20:56qui sont plus performants,
20:58on va dire ça comme ça.
20:58Plus à l'aise.
20:59Oui, c'est ça.
21:00C'est-à-dire,
21:00ils ont les outils en main.
21:01Je vois Paul, par exemple,
21:03tu es plus jeune,
21:03donc tu es née un peu
21:04avec un portable.
21:05Du coup,
21:06tu as des automatismes
21:07que certaines personnes,
21:08par exemple,
21:08qui ont un portable.
21:09Alors,
21:09j'ai aussi un portable.
21:10Pardon.
21:12Non,
21:12mais il y a une différence
21:13entre parfois filmer
21:14et l'envoyer à sa copine
21:15et filmer en respectant,
21:17par exemple,
21:17les codes des réseaux sociaux
21:19parce que ce n'est pas du tout
21:20la même chose
21:21que de filmer
21:21et l'envoyer à sa maman
21:22et le mettre en ligne
21:23sur Instagram
21:24ou sur les réseaux
21:25en tant que tel.
21:26Ça nécessite quand même
21:27une accroche.
21:28Au-delà du contenu,
21:29il y a quand même
21:30toute une stratégie de marque
21:31à définir,
21:32une stratégie de contenu
21:33et publier du contenu,
21:34ce n'est pas forcément suffisant.
21:35Ça nécessite aussi
21:36d'autres compétences,
21:36c'est-à-dire se faire connaître,
21:38identifier la bonne cible,
21:40quelles actions mettre en place
21:41et après,
21:41il y a toute la partie vente
21:43parce que l'enjeu,
21:44ce n'est pas juste
21:44de mettre son produit
21:45avec un lien
21:45qui va rediriger vers le site
21:47ou quoi qu'il
21:48et basta,
21:49on a terminé le travail,
21:50pas du tout.
21:51Il y a d'autres mécanismes
21:52aussi à mettre en place.
21:53Comme on disait,
21:53c'est comme sur un vrai business
21:55et en plus,
21:55c'est de plus en plus compliqué
21:56d'émerger par exemple
21:57sur Instagram.
21:58Ce n'est pas ce qu'il y a
21:59de plus facile,
22:00il faut de la persévérance.
22:01Je voyais les contenus
22:02que tu avais faits, Julie,
22:03il y a une vraie régularité,
22:04il y a une vraie exigence éditoriale,
22:06il y a une vraie créativité.
22:07Oui, c'est vrai.
22:08Et puis moi,
22:08j'ai commencé il y a tout juste
22:09deux ans
22:10et je vois l'évolution
22:11en deux ans,
22:12elle est énorme.
22:13Et en fait,
22:14ce que je vois,
22:15c'est qu'il faut absolument,
22:16alors se nicher,
22:17je pense que c'est important.
22:18Plus on veut parler
22:19du monde
22:19et puis on finit par parler
22:21à personne.
22:22Donc,
22:22c'est très important
22:23de garder sa niche
22:24et surtout d'apprendre
22:25là-dedans
22:26à se différencier.
22:27Parce que moi,
22:27dans mon secteur d'activité
22:28qui est vraiment une niche,
22:29je vois aujourd'hui
22:30des gens émerger
22:31tous les jours
22:33dans le secteur.
22:34Donc,
22:34c'est important vraiment
22:35de trouver sa patte,
22:37son identité,
22:38qu'elle soit visuelle,
22:39graphique,
22:40son identité de discours surtout.
22:41Moi,
22:41je trouve que le storytelling,
22:43c'est extrêmement important
22:44et même si c'est tout
22:45un travail de construction,
22:47ça n'enlève pas l'authenticité.
22:48Au contraire,
22:49je pense que le storytelling,
22:51on va chercher en soi
22:52le plus profondément possible.
22:54C'est comme ça
22:54qu'on crée un storytelling
22:55qui est cohérent,
22:56qui nous ressemble vraiment
22:57et qu'on dégage
22:58de l'authenticité
22:59auprès de nos clients.
23:00Donc certes,
23:00c'est tout un travail stratégique.
23:02Je ne sais plus
23:03ce que je disais au début.
23:03Mais c'est OK,
23:04c'était déjà magnifique,
23:05Julie,
23:05tu nous as captivés.
23:07J'en ai marre de mon job,
23:09j'envisage d'aller vers
23:09l'artisanat
23:10parce que j'ai envie
23:10de travailler avec mes mains,
23:12j'ai envie d'un retour
23:12un peu au réel.
23:14Qu'est-ce que tu me dirais ?
23:15Fonce déjà
23:16parce qu'on n'a qu'une vie
23:18et on retombe toujours
23:19sur ses pattes.
23:20Moi,
23:20j'ai ça en tête
23:21et c'est comme ça,
23:22à chaque jour,
23:22je me dis,
23:23au pire,
23:24demain,
23:24ça ne marche plus,
23:25je trouve une solution
23:31si forcément,
23:32je pense que c'est idéalisé
23:33et justement,
23:33c'est chouette
23:34qu'on puisse parler
23:35de tous ces sujets-là
23:36aujourd'hui
23:36parce que je pense
23:37qu'il est idéalisé,
23:38c'est le fait d'être
23:39dans son atelier
23:40toute la journée,
23:41de vivre d'amour
23:42et d'eau fraîche
23:43et de ponçage,
23:44pour ma part,
23:45et de poussière.
23:46Non,
23:47en fait,
23:47comme on le disait,
23:48moi,
23:48je pense que ça représente
23:4915% de mon activité.
23:51Aujourd'hui,
23:51j'ai construit
23:52tout un écosystème
23:53autour de ma marque
23:54qui s'appelle Broc et Bois
23:55et tout ça,
23:55ça demande beaucoup de travail,
23:57donc un gros travail
24:01qui passe beaucoup de temps
24:02aussi peut-être
24:02sur les routes
24:02à chiner,
24:03à trouver des meubles.
24:04Oui, bien sûr,
24:05mais ça,
24:06c'est la partie
24:07que j'appelle artisanale.
24:08Oui, ça,
24:09c'est agréable.
24:10Oui, oui,
24:10mais le reste aussi,
24:11c'est agréable.
24:12Moi, j'adore,
24:12sinon,
24:12je n'aurais pas développé
24:14mon activité en ce sens.
24:15Donc, moi,
24:16c'est vraiment...
24:17Parce que des fois,
24:17la gestion,
24:18tout ça,
24:18c'est les trucs
24:19un peu plus chiants.
24:20À part l'administratif,
24:21peut-être qu'aujourd'hui,
24:22j'ai réussi à déléguer,
24:24mais c'est vrai que sinon,
24:25même la communication,
24:26je trouve ça vraiment
24:27absolument passionnant
24:28parce qu'il y a tout
24:29un travail derrière
24:30où on va vraiment
24:30puiser en soi.
24:32Donc, non,
24:32moi, c'est ce qui me passionne
24:33et c'est la pluralité
24:35de toutes ces disciplines
24:37d'assembler tout ça
24:38qui est vraiment passionnant.
24:39Mais il faut être conscient
24:40qu'aujourd'hui,
24:41être artisan,
24:42c'est ça.
24:42Et si je voulais vous inviter
24:43dans le podcast
24:43des indépendants,
24:44c'est aussi pour défendre
24:46le savoir-faire.
24:46C'est quoi le savoir-faire, Paul ?
24:48Pour moi,
24:48le savoir-faire,
24:49c'est les années que j'ai mis
24:50à apprendre mon métier,
24:52le fait que j'ai développé
24:53toutes les machines
24:54pour faire mes bijoux.
24:55J'ai appris
24:57en fabriquant mes machines.
24:58Après, j'ai passé des années
24:59juste à tester
25:00plein de techniques différentes
25:01pour arriver
25:02à faire juste une bague.
25:04Rien que faire une bague,
25:05ça m'a pris deux ans
25:05avant d'ouvrir mon entreprise.
25:07Donc après,
25:08même une fois
25:08que je savais faire une bague,
25:09il y a tout le travail
25:10pour apprendre
25:11plein de nouvelles techniques.
25:12Les machines,
25:12elles sont sur mesure aussi ?
25:13Les machines,
25:14je les ai faites, oui.
25:14C'est incroyable, ça.
25:15J'ai fabriqué les machines
25:16parce que quand je me suis lancé,
25:17c'est des machines
25:18qui coûtent 50 000 euros
25:19pour une machine.
25:20Je ne pouvais pas payer
25:21une machine comme ça.
25:22Donc je les ai fabriquées
25:23parce que je voulais maîtriser
25:24100% de la production
25:26de mes bijoux.
25:27Tu les as fabriquées toi-même ?
25:28Donc c'est quoi ?
25:28C'est des machines
25:28qui vont faire le bague ?
25:30Je les ai fabriquées
25:31parce que mes bijoux
25:32sont faits en fond à cire perdu.
25:34Donc il y a besoin de four
25:35pour faire cuire les moules.
25:37Il y a besoin de machines
25:37pour faire la fonte justement.
25:39Donc des machines sous vide
25:40et les fours
25:41pour faire fondre
25:42l'argent ou l'or.
25:43Donc ça,
25:43je les ai fabriquées.
25:44Tout maîtriser,
25:45tout comprendre
25:45et tu ne pouvais pas acheter
25:46des machines
25:47qui étaient trop chères aussi.
25:48Non, parce qu'en fait,
25:48c'est des machines industrielles.
25:50Donc j'étais obligé
25:51de les fabriquer.
25:52Et moi,
25:52ça me passionnait
25:53juste de fabriquer
25:54ces machines-là
25:55pour maîtriser vraiment
25:56le processus
25:57jusque dans la fabrication
25:58des machines.
25:59Et ça,
25:59c'est incroyable
26:00parce qu'en fait,
26:01c'est ça le savoir-faire.
26:01C'est qu'on est vraiment
26:02sur l'incarnation
26:03du sur-mesure.
26:04Ah ben là, oui.
26:05On ne peut pas faire
26:05plus sur-mesure
26:06parce que les bijoux
26:08sont faits avec des machines
26:09que j'ai faites aussi.
26:10Et donc deux ans
26:12pour faire ta première bague ?
26:13Deux ans pour faire
26:14ma première bague.
26:15Et après,
26:16ça, c'était le temps
26:17de faire tous les tests
26:18parce qu'à chaque fois,
26:19moi, je partais de...
26:20Je ne connais personne
26:20dans le milieu.
26:21Donc j'ai vraiment appris
26:23en regardant
26:24des tutos YouTube
26:24et en faisant
26:25plein de tests
26:26et le temps de fabriquer
26:27ces machines aussi
26:28qui prennent beaucoup de temps.
26:29Moi, j'ai appris aussi
26:30complètement en autodidacte
26:31et j'apprends encore
26:32aujourd'hui tous les jours
26:33mais ça m'a mis deux ans
26:34à apprendre toutes ces techniques
26:35en regardant des tutos YouTube aussi,
26:37en testant,
26:38en me trompant énormément,
26:39en faisant beaucoup d'erreurs,
26:41en recommençant,
26:42en sacrifiant aussi
26:42quelques meubles
26:44dans ce processus-là,
26:45ça, c'est sûr.
26:46Donc c'est vraiment
26:47tout un processus
26:48d'apprentissage,
26:49un processus créatif,
26:51de projection aussi
26:52sur les choses.
26:53Beaucoup de temps,
26:53beaucoup de temps consacré
26:54avec toujours en tête
26:56son pourquoi,
26:57ce pourquoi on fait ça,
26:58pour défendre nos valeurs
26:59et pour mettre en lumière
27:01justement cet artisanat français.
27:02On est vraiment
27:03sur du temps long
27:03parce que quand j'entends
27:04deux ans,
27:05plus des machines
27:05que tu as faites sur mesure,
27:07même chose pour toi, Julie,
27:08deux ans,
27:09ça tranche avec l'époque
27:10dans laquelle on est
27:11et dans la recherche
27:12d'immédiatés
27:13et de résultats immédiats.
27:14Victoire ?
27:14Oui, le savoir-faire,
27:15ça s'acquérit,
27:17ça prend de nombreuses années.
27:18C'est un héritage
27:19qu'on en transmet.
27:20En plus,
27:20on a la chance
27:21d'être en France
27:22avec la France
27:24qui a un rayonnement
27:25à l'étranger,
27:26notamment pour la mode,
27:27la gastronomie,
27:28le cinéma.
27:29On a tout un héritage
27:31où on peut
27:32s'instruire énormément.
27:34L'étiquette France,
27:35c'est une chance quand même.
27:36Oui, le Made in France.
27:37Aujourd'hui,
27:37un consommateur français
27:39va payer 10% de plus
27:41un produit
27:42parce qu'il est
27:42Made in France.
27:43Donc,
27:44c'est une très bonne
27:45carte de visite.
27:46C'est très bien
27:47de l'étiqueter
27:48sur son produit.
27:49Ça donne une vraie
27:49légitimité, Paul.
27:50Moi, je rebondis sur ça,
27:51sur le Made in France.
27:52Justement,
27:52je pense que c'est important
27:54de, entre guillemets,
27:56réindustrialiser la France
27:56et de garder les savoir-faire
27:58en France.
27:59Et donc,
28:00je pense qu'on participe
28:01tous à développer
28:03et à garder
28:04ces savoir-faire.
28:04C'est hyper intéressant.
28:06C'est-à-dire que tu te dis,
28:07c'est comme en fait
28:08un objectif,
28:09une mission,
28:09une responsabilité aussi
28:11en disant
28:11quand je suis artisan,
28:13je maintiens
28:13le savoir-faire aussi ici.
28:15Il y a cet objectif.
28:16C'est un choix
28:17de garder toute une production
28:19à la main
28:19et en France
28:20parce que, par exemple,
28:21en Thaïlande,
28:21il y a des bijoux en argent
28:22qui sont très bien faits.
28:23C'est de la très bonne qualité.
28:24Mais il y a le choix
28:24de rester en France
28:26pour,
28:26je pense,
28:27garder ce savoir-faire
28:27et l'histoire
28:28qu'il y a ici.
28:30Doriane ?
28:30Oui.
28:32En fait,
28:32c'est là toute la différence
28:33entre un artisan
28:34et une grande entreprise.
28:35La grande entreprise
28:36veut faire de l'argent
28:37alors que l'artisan,
28:38il n'a pas vocation
28:39à faire de l'argent
28:40à tout prix.
28:41Il veut garder quand même
28:42son éthique,
28:43son savoir-faire,
28:44ses valeurs,
28:44sans renier tout ça
28:45pour faire de l'argent.
28:46Alors concrètement,
28:47combien de temps
28:47vous passez par jour
28:49sur votre activité artisanale
28:51mais vraiment
28:51le côté manuel ?
28:52Moi,
28:53je passe une journée
28:54et demie par semaine.
28:54Moi,
28:55c'est 20% de mon temps aussi.
28:56C'est une journée.
28:56Victoire ?
28:57Je passe environ
28:586 heures manuelles.
28:59Par jour ?
28:59Par jour.
29:00Tous les jours ?
29:01Oui.
29:01Bon ben voilà,
29:01il n'y a pas de place
29:02pour la communication,
29:03il n'y a pas de place
29:03pour le business.
29:04Il faut laisser la place
29:06à la stratégie.
29:06Mais on est tous passés
29:08par là,
29:08justement.
29:09Moi,
29:09c'est vrai que ça a évolué
29:10mais au début,
29:11il fallait produire en fait.
29:12Donc moi,
29:12je passais aussi
29:13toutes mes journées
29:14à produire,
29:15à rénover un maximum
29:15de meubles
29:16pour avoir un maximum
29:17de produits à présenter
29:18pour pouvoir communiquer dessus,
29:20pour pouvoir faire
29:21des mises en scène
29:21et petit à petit,
29:22ça a évolué
29:23au bout de deux ans et demi.
29:24C'est super quand tu dis
29:25on est tous passés par là en fait.
29:26C'est un peu le chemin obligatoire,
29:28ce chemin de consacrer
29:29trop de temps
29:30à ce qui nous fait plaisir,
29:31au côté manuel
29:33qui nous anime vraiment
29:34et mettre un peu sous le tapis
29:36tout ce qui est lié
29:38à la stratégie d'entreprise en fait.
29:39Parce qu'on est pris
29:40par ce côté passionné.
29:41En tout cas,
29:42je pense que c'est essentiel
29:43au début de commencer
29:44par le sujet
29:45et son cœur de métier.
29:46De toute façon,
29:47il faut pouvoir montrer
29:48des produits aux clients.
29:49Il faut pouvoir parler
29:50de ce qu'on fait.
29:51Il faut pouvoir se développer
29:52de cette manière.
29:53Donc oui,
29:53c'est essentiel
29:54et puis petit à petit,
29:55plus on avance,
29:56plus on découvre
29:57tous les autres sujets
29:58qu'il faut exploiter.
29:59Et d'ailleurs,
30:00je disais,
30:01il y a quelques jours
30:02à mon mari,
30:02mais c'est un puissant fond
30:03parce que j'ai l'impression
30:04pourtant d'avancer
30:05et qu'il y a encore
30:06énormément de sujets
30:07à découvrir,
30:08à approfondir
30:09qui sont plus
30:09des sujets entrepreneuriaux.
30:10Donc oui,
30:12effectivement,
30:12mais c'est un passage obligé.
30:14Si tu en as marre
30:14de ton taf
30:15et que tu veux te lancer
30:15dans l'artisanat,
30:16moi je pense que c'est important
30:17aussi de prendre son temps
30:20et de pouvoir faire ça
30:22à côté,
30:22de le garder pendant
30:23un moment
30:23à côté de son taf
30:25parce que justement,
30:25on peut se permettre
30:26quand on a un travail à côté
30:29d'avoir ce côté passion
30:30et donc de développer
30:31plein de choses,
30:31de tester plein de techniques,
30:33de savoir exactement
30:34ce qu'on a envie de faire
30:35avant de se jeter
30:36dans l'obligation financière
30:38de notre activité
30:39parce qu'une fois,
30:41comme on disait
30:41qu'il y a de l'argent
30:43à gagner,
30:44on n'a plus vraiment,
30:45enfin beaucoup moins de temps,
30:46là on voit qu'on passe
30:46une journée par semaine
30:47vraiment artisanalement,
30:49enfin faire les trucs
30:50avec nos mains,
30:51beaucoup moins de temps
30:52de se chercher
30:52et de trouver
30:53ce qu'on veut faire en fait.
30:54Et même je le vois
30:55parfois avec des créatrices
30:56que j'accompagne,
30:58il y en a beaucoup
30:58au départ,
30:59c'est leur leitmotiv
31:00de créer,
31:01fabriquer,
31:01etc.
31:02Et elles le rejettent
31:03et elles subissent
31:04toute la partie
31:05entrepreneuriale.
31:06C'est un boulot quoi
31:06parce que tu n'as pas envie
31:07de t'en occuper.
31:07C'est ça et puis surtout
31:09elles,
31:09ce qui les anime,
31:10c'est créer.
31:10Donc dès qu'on leur ajoute
31:11il faut créer des contenus,
31:13il faut faire ta compta,
31:14il faut faire ton SAV,
31:16faire tes factures,
31:18c'est plein de petites choses
31:19qui mis bout à bout
31:20finalement,
31:21enlèvent finalement
31:21la partie création
31:23et elles le disent
31:24mais moi à la base
31:25je suis là pour créer,
31:26je ne suis pas là
31:26pour avoir une entreprise.
31:28Et donc du coup
31:28c'est là entre la passion
31:29et l'entrepreneuriat
31:31où il y a un fossé
31:32parfois entre les deux.
31:33Victoire,
31:34tu es un peu dans cette situation,
31:35c'est-à-dire que tu te dis
31:35moi je suis là pour créer
31:36aujourd'hui,
31:37je ne suis pas là
31:37pour avoir une entreprise.
31:38Au début peut-être
31:39que je pensais comme ça
31:40mais un jour
31:41il faut en vivre,
31:42il faut réussir
31:42à pouvoir payer
31:45tous les mois
31:47ses charges.
31:48Oui et puis tu le mérites.
31:49Tu vois la qualité des produits,
31:50tu vois le temps que tu mets,
31:51tu vois la passion que tu mets,
31:52l'expertise que tu mets,
31:53c'est normal que ça te rapporte
31:55de l'argent ?
31:55Oui c'est tout à fait normal
31:56mais peut-être qu'en tant
31:57que créatrice
31:58je pense plus à ma cliente
32:00qu'à mon produit.
32:02Est-ce que tu as été voir
32:03un peu des formations
32:03ou des, je ne sais pas moi
32:05par exemple des chambres
32:06des métiers
32:06qui peuvent t'orienter
32:07vers aussi des stratégies
32:08plus business ?
32:09Oui sur les réseaux sociaux
32:11de toute façon
32:11les YouTube, Instagram
32:12on est nourri
32:13par toutes ces informations.
32:15Oui des fois on est trop nourri
32:16sur les réseaux.
32:17Trop nourri.
32:17Après je pense que oui
32:19l'accompagnement
32:20c'est vraiment parfait
32:21parce qu'il y a quelqu'un
32:22derrière qui va vous dire
32:23là ce que tu fais c'est bien
32:24là ce que tu fais c'est pas bien
32:25ou tu devrais le faire comme ça
32:26pour une stratégie de contenu
32:28par exemple.
32:28Donc je dirais que c'est important
32:30d'être accompagné.
32:31Oui et puis ça permet ensuite
32:32d'avoir des clés
32:33je pense que tu pourras
32:34nous le dire Doriane
32:35pour ensuite être autonome
32:37et comprendre ce vers quoi aller
32:39comprendre notre fil conducteur
32:41aussi dans toutes nos stratégies
32:42de communication et autres.
32:43Oui c'est ça.
32:44Exactement.
32:45En fait l'enjeu c'est
32:46à la fin la personne
32:47elle doit être autonome
32:48enfin l'artisane doit être autonome
32:49et pour être autonome
32:50elle doit comprendre
32:51ce qu'elle fait.
32:51Parce que tout à l'heure
32:52tu parlais de tous les contenus
32:54par exemple qu'on voit
32:55sur les réseaux
32:56et on voit un peu tout
32:57et son contraire
32:57ce qui est logique
32:58parce qu'on n'a pas tous
33:00les mêmes expériences
33:01et surtout on ne s'adresse pas
33:02tous à la même personne.
33:03C'est-à-dire qu'il y a des conseils
33:04qui vont être dédiés
33:05aux prestataires de services
33:06des conseils qui vont être
33:07dédiés aux produits
33:08que ce soit du e-commerce
33:09du dropshipping
33:10ou parfois à des produits faits mains
33:11et du coup c'est trois stratégies
33:13totalement différentes
33:13et donc parfois on s'y perd un peu.
33:15Donc oui le rôle de l'accompagnement
33:18finalement pour moi
33:19il est primordial
33:20pour aider une artisane
33:22un créateur
33:23à se développer
33:24et finalement
33:25à pouvoir vendre
33:26et vivre de son activité
33:27à la fin.
33:28Depuis tout à l'heure
33:29on oppose le côté artisanal
33:31au côté financier
33:33d'avoir une entreprise.
33:34Moi je trouve que le parcours
33:36global
33:37c'est un parcours super intéressant
33:39le fait de développer une entreprise
33:40c'est aussi
33:41tout aussi passionnant
33:42que le côté artisanal
33:44en tout cas pour moi.
33:44Moi je suis complètement d'accord
33:46avec ça
33:46c'est ce que je disais aussi
33:47tout à l'heure
33:47c'est que c'est pas moins intéressant
33:49c'est très créatif.
33:50Oui tout le côté stratégie de communication
33:52et tout
33:52on est obligé dans tous les cas
33:53parce qu'on a beau faire des choses
33:55très belles
33:55s'il n'y a personne pour les voir
33:57il n'y a personne qui les achète
33:58donc on ne gagne pas d'argent
33:59donc tout ce côté
34:00où on cherche
34:01à se faire connaître
34:03à développer ses réseaux sociaux
34:04moi je trouve que c'est un travail
34:05passionnant aussi
34:06et donc la passion
34:07elle s'est un peu élargie
34:08où de base
34:09c'était juste sur la matière
34:10et fabriquer des choses
34:11avec ses mains
34:11tout le processus
34:13pour se faire connaître
34:14et gagner de l'argent
34:15est un processus passionnant.
34:16Là où ça peut être plus désagréable
34:17c'est pas sur cette partie là
34:18c'est plus sur la partie
34:19être rationnel avec les chiffres
34:22et savoir se vendre au juste prix
34:24où là il faut se faire peut-être
34:25un petit peu violence au départ
34:26parce que c'est toujours
34:27un problème de positionnement tarifaire
34:29un problème de rapport à l'argent
34:31qu'on traite de mille façons
34:32dans le podcast
34:33le podcast des indépendants
34:34et donc de prendre un Excel
34:36et de fixer ses coûts réels
34:38pour finalement vendre
34:40comme je disais au juste prix
34:40toi typiquement
34:42ça représente quelle part
34:44sur par exemple
34:45tes matières premières
34:46les matières premières
34:46ça dépend de quel métal
34:48on utilise
34:48mais par exemple
34:49sur des bijoux en or
34:51la partie métal
34:52ça va représenter
34:52peut-être 40 ou 50% du prix
34:54parce que le métal
34:55coûte très cher
34:56mais donc après
34:56la marge qu'on applique
34:57va être moindre
34:58mais sur des prix
34:59beaucoup plus hauts
35:01donc c'est normal aussi
35:02que la marge soit moindre
35:03et je pense que les prix
35:04c'est aussi beaucoup lié
35:05à la légitimité
35:06moi je sais que mon augmentation
35:08des prix
35:08c'est fait
35:09avec mon expansion
35:10finalement
35:11avec le fait d'avoir
35:12un positionnement
35:13qui soit de plus en plus clair
35:15une personal branding claire
35:17une stratégie claire
35:18et ça m'a permis
35:19de légitimiser aussi
35:20mes prix
35:21mes tarifs
35:21en fait
35:22et aujourd'hui
35:23de valoriser vraiment
35:24mon travail
35:24à sa juste valeur
35:25mais oui
35:25il y en a beaucoup
35:26on souffre d'ailleurs
35:27de légitimité
35:28c'est-à-dire
35:28elles subissent
35:29le syndrome de l'imposteur
35:31en fait au départ
35:31il y en a beaucoup
35:32qu'on crée pour elles
35:33pour leurs proches
35:34le fait après
35:34de vendre
35:35création
35:36elles se disent
35:36mais moi je suis qui
35:37pour vendre finalement
35:38mes créations
35:39enfin à quel prix
35:40je dois le mettre quoi
35:40et elles n'ont pas idée
35:41de tout ce que ça implique
35:43de définir un bon prix
35:44une bonne technique
35:44pour définir un prix
35:45quelque chose qui m'a aidé
35:46pour définir un prix
35:47c'est de regarder
35:48si je voulais faire fabriquer
35:49ce que je fais
35:50combien ça me coûterait
35:51parce que du coup
35:51il y a toute la partie
35:52main d'oeuvre
35:53coût tout ça
35:54qui est calculé
35:54par les sous-traitants
35:55et donc ça aide
35:56à fixer son prix
35:57on se rend compte que
35:58si on veut en vivre derrière
35:59et qu'on devait acheter un produit
36:01en fait c'est comme si on faisait
36:02de l'achat revente
36:03si on veut
36:04donc acheter un produit
36:05et le revendre
36:05on a besoin d'appliquer
36:10il faut être rationnel
36:11économiquement
36:11sur ce que ça nous coûte
36:12pour pouvoir faire ses marges
36:13il nous reste une minute
36:14avant la fin de cet épisode
36:15du podcast des indépendants
36:17une minute
36:17pour nous partager
36:19peut-être un dernier mot
36:20un dernier conseil
36:21un dernier regard
36:22sur ce que c'est
36:23d'être artisan
36:24et indépendant
36:25Julie ?
36:25si vous avez envie
36:26de vous lancer
36:26il faut avoir les pieds sur terre
36:28il faut être dans le concret
36:29aujourd'hui
36:29c'est aussi une minorité
36:31les gens qui arrivent
36:32à vivre vraiment
36:33de leur artisanat
36:34et en vivre confortablement
36:35il faut en être conscient
36:36mais je pense qu'en appliquant
36:37les bonnes stratégies
36:38en étant conscient
36:39de toute la partie du travail
36:41qu'il y a à fournir
36:43on peut le faire pleinement
36:44et réussir vraiment
36:46à développer
36:47quelque chose
36:47à son image
36:48oui il faut avoir
36:48une vision réaliste
36:50à 360 degrés
36:52oui
36:52de ce que ça implique
36:54c'est tout à fait juste
36:55le terme 360 degrés
36:56moi c'est un terme
36:57que j'utilise beaucoup
36:58et j'ai beaucoup cette idée
36:59de créer un écosystème
37:00autour de son artisanat
37:02l'idée de développer
37:03un écosystème
37:04autour de sa marque
37:05en développant bien sûr
37:06son canal d'acquisition
37:07principal
37:08mais potentiellement
37:09en développant
37:09d'autres canaux d'acquisition
37:10par la suite
37:11en étant au coeur
37:12de son artisanat
37:13et puis surtout
37:15en partageant
37:15en partageant vraiment
37:17au plus grand nombre
37:18que ce soit pour l'achat
37:19mais aussi
37:19pour le plaisir
37:21de transmettre
37:21un savoir
37:22ça c'est beau
37:23de transmettre un savoir
37:24de transmettre des compétences
37:26je sais que moi
37:26c'est de cette manière
37:27dont je communique beaucoup
37:28alors certes
37:29pour vendre aussi
37:30mes formations
37:31et mon travail
37:32mais aussi
37:33pour le plaisir
37:34de partager
37:35et de faire accéder
37:36aux gens
37:36enfin de toute façon
37:37les réseaux sociaux
37:38c'est ça
37:38on vient chercher
37:39du contenu
37:39pour apprendre
37:40donc l'idée
37:41de pouvoir
37:43transmettre aussi
37:43avec le coeur
37:44avec son enthousiasme
37:45avec sa passion
37:46c'est ça aussi
37:47qui va après
37:48nourrir notre écosystème
37:49c'est ça le moteur
37:50Paul ?
37:50moi je pense que
37:52alors c'est un peu défaitiste
37:53mais de faire attention
37:55au piège de la passion
37:56quand on se lance
37:57c'est vrai qu'on aurait pu
37:58d'ailleurs développer
37:59ce point là
37:59dans l'épisode
38:00parce que tu m'as dit ça
38:01quand on préparait
38:02la passion c'est beau
38:03c'est bien beau ?
38:04oui en fait pour moi
38:05la passion c'est une très bonne base
38:06mais ça fait pas tout
38:07il faut en être conscient
38:08et après
38:10dans toute la course
38:11il faut apprendre
38:12la valeur du savoir-faire
38:13qu'on a développé
38:14et apprendre à le vendre
38:16parce que pour moi
38:16c'est ce qui est très important
38:18la vérité c'est que
38:19si on est trop sur la passion
38:20on dure pas quoi
38:21non mais c'est surtout
38:22que quand il y a
38:22la question financière
38:23par exemple si tu dois
38:24produire 15 corsets
38:25dans la journée
38:25il y a un moment
38:26où ça devient
38:27un peu moins passionnant
38:28bah ouais
38:28parce que t'es noyé
38:29sous le truc quoi
38:30en fait c'est que
38:31faire un corset pour soi
38:32c'est super
38:33mais après quand
38:33il y a des délais à respecter
38:35des clients à livrer
38:37et des charges à payer
38:38bah en fait
38:38tu deviens un peu
38:39prisonnier de ta propre passion
38:41de ce que tu voulais de base
38:42et ça moi je trouve
38:43que c'est un peu un piège
38:44hyper intéressant
38:45Victoire ?
38:46je dirais plutôt
38:46que la passion justement
38:47nous permet de tenir
38:49le coup
38:50face à
38:50bah du coup
38:51tout l'entrepreneuriat
38:52tous les rôles
38:53qu'on doit jouer
38:54quand on lance son entreprise
38:55à la fois ça peut être un piège
38:56et à la fois ça peut être
38:57un moteur
38:58parce qu'effectivement
38:58des fois
38:59vu la difficulté
39:00vu la complexité
39:02quand on entreprend
39:02la passion
39:03ça peut vraiment aider
39:05ça peut aider
39:06et c'est normal au début
39:07lorsqu'on se lance
39:08de galérer
39:09d'apprendre de nouveaux métiers
39:11de nouvelles façons
39:12de nouvelles casquettes
39:13c'est normal de galérer
39:14au début
39:15mais vous inquiétez pas
39:16parce que
39:16quand vous commencez à réussir
39:18c'est là où
39:19la magie opère
39:20où la magie opère
39:21et tu vends combien de corsets
39:22toi aujourd'hui
39:22par mois ?
39:23par mois je
39:23pour l'instant je fais
39:25un corset sur mesure
39:26Doriane pour finir
39:27moi je rejoins ce que dit Paul
39:29c'est à dire que
39:30la passion c'est bien
39:31mais ça fait pas tout
39:31c'est à dire qu'il y a des obligations
39:33à respecter derrière
39:35il y a du travail
39:35il y a de l'investissement
39:36il faut pas le sous-estimer
39:37et je pense
39:38en 2026
39:40que les réseaux sociaux
39:41sont essentiels
39:42pour se développer
39:43pour accroître sa visibilité
39:45pour se faire connaître
39:46et du coup
39:47pour vendre
39:47je pense que c'est un canal
39:49que les gens ne doivent pas
39:51laisser de côté
39:52parce qu'ils ne savent pas faire
39:53maintenant il y a plein d'outils
39:54il y a plein de manières
39:55de se former
39:56d'apprendre
39:56et autant en profiter
39:58merci beaucoup à tous les quatre
39:59et n'hésitez pas
40:00à aller voir les comptes Instagram
40:02de Julie
40:02de Paul
40:03et de Victoire
40:04qui font des choses
40:04vraiment vraiment magnifiques
40:06en artisanat
40:07on l'a compris
40:07c'est pas qu'une histoire de passion
40:08même si c'est capital
40:09il y a de la stratégie d'entreprise
40:11et quant à nous
40:11on se retrouve
40:12je vous le rappelle
40:13un jeudi sur deux
40:14pour un nouvel épisode
40:15du podcast des indépendants
40:16n'oubliez pas de le noter
40:17si vous l'avez apprécié
40:19à bientôt
40:20c'était le podcast
40:21des indépendants
40:22sur BFM Business
40:23pour retrouver Ludovic Badaud
40:25et ses invités
40:25un mercredi sur deux
40:27pensez à noter l'épisode
40:28si vous avez aimé l'écouter
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