- il y a 7 semaines
La campagne présidentielle de 2027 est déjà lancée, et les différents candidats rivalisent déjà d’idées plus ou moins réalistes pour inverser la courbe du chômage, améliorer les rémunérations ou redonner de la compétitivité aux entreprises françaises. On fait le point.
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00:03Générique
00:12Le cercle RH, le débat d'actu pour s'intéresser au sujet qui d'ailleurs va prolonger l'étude de
00:18l'APEC sur le travail.
00:19Le travail, l'économie, sept invités se sont invités dans le débat présidentiel, la REF, le grand oral des candidats,
00:27sur cette notion de travail.
00:30Alors le travail, ça renvoie à mille sujets et on va les traiter.
00:32La rémunération de pouvoir d'achat, les retraites, l'accès au travail et l'indemnisation chômage,
00:38puisque Édouard Philippe a mis les pieds dans le plat, puisqu'il évoque une indemnisation sur 12 mois.
00:43Je vous présente mes invités pour cette émission, cette première émission débat d'actu de la rentrée.
00:48Marine Balançard est avec nous.
00:49Bonjour Marine, directrice générale d'Arizeal, autrice de plusieurs ouvrages,
00:53dont celui-ci que j'ai choisi, parce que ça peut aider les candidats à la présidentielle,
00:57il faut peut-être leur envoyer, décider, ça se travaille.
00:59On est d'accord ? Ça peut peut-être les aider, décider au bon moment.
01:03Sorti chez Erol.
01:04À vos côtés, Sylvain Bersinger.
01:06Bonjour Sylvain.
01:06Bonjour Arnaud.
01:07Comment ça va ?
01:08Ça va et vous ?
01:08Très très bien.
01:09Économiste chez Économiste et vous avez créé Bersinger Co avec des notes souvent passionnantes.
01:14Et avec nous, Guillaume, souvent, toujours passionnante.
01:17Bien sûr, l'erreur de début d'émission.
01:19Guillaume Vimet, bonjour Guillaume.
01:21Bonjour.
01:21Professeur à HEC, vous étiez venu nous parler d'un livre passionnant,
01:24Société à responsabilité très limitée.
01:27Je commence par vous, l'économiste, le prof d'HEC.
01:32Le travail, la manière dont les candidats se sont emparés de ce mot,
01:35est-ce qu'ils ont raison de parler, d'augmenter le pouvoir d'achat ?
01:40Ça, c'est Jean-Luc Mélenchon qui a suscité des ricanements.
01:43Est-ce qu'ils ont raison de s'emparer de ce mot travail ?
01:46Je crois que la présidentielle est l'occasion de poser la question du modèle économique qu'on veut.
01:50Et donc le travail, c'est évidemment un sujet capital qui, en fait, est la porte d'entrée à la
01:54fois des questions purement économiques,
01:57la question évidemment du financement du modèle social, la question des retraites ou du chômage,
02:01mais qui est aussi une question de rapport au monde.
02:05La question du bien-être au travail, la question de l'épanouissement dans le travail dont vous parliez juste avant,
02:11sont vraiment des éléments importants et qui définissent un pays.
02:14Donc je crois que oui, on a raison de s'intéresser à tout cela.
02:17Sylvain Bersinger, le mot travail traité par les candidats a été une sorte de concours lépine.
02:23Certains disent qu'il faut transformer notre modèle social qui est trop onéreux
02:27et qu'il faut repenser le modèle, c'est ce qu'a apporté Patrick Martin dans son discours.
02:30D'autres disent qu'il faut réduire l'indemnité chômage parce que globalement,
02:34on laisse les gens à ne rien faire et ils se coupent du travail.
02:37Comment vous regardez tous ces sujets qui viennent traverser le mot travail ?
02:40Moi je trouve que, notamment à la REF, à Roland-Garros,
02:44on a vraiment vu les clivages un peu attendus, je dirais, qui se sont vraiment matérialisés.
02:49À gauche-droite là.
02:50Voilà, gauche-droite.
02:51Donc la gauche, Mélenchon notamment, et dans une moindre mesure les autres candidats de gauche,
02:56qui ont une vision assez négative du travail.
02:58Il faut le diminuer parce que c'est en toute souffrance.
03:00Et puis la droite, qui a une vision pro-travail, le travail c'est bien,
03:04c'est ce qui permet de créer de la richesse, etc.
03:05Et puis le RN qui, je trouve, comme d'habitude en économie, ne sait pas trop où il habite,
03:09qui est des fois dit qu'il est pro-travail, mais qu'il faut aussi travailler moins.
03:13Protéger les plus faibles.
03:14Oui, puis partir plutôt hors traite, comme si le travail était toujours une source de souffrance.
03:18Donc je trouve qu'on a vraiment vu se redessiner les clivages assez habituels sur le travail.
03:23C'est vrai, on revient à des clivages traditionnels d'une campagne présidentielle sur le travail.
03:27Marine Balançard, comment vous avez regardé ?
03:29Alors commençons par l'une des propositions, celle qui n'a pas encore fait beaucoup réagir,
03:33mais qui est quand même très très intéressante, celle d'Edouard Philippe.
03:36On réduit l'indemnité chômage à 12 mois, elle avait déjà été réformée à plusieurs reprises.
03:4112 mois, dans la philosophie de ce candidat, c'est on fluidifie les entrées et les sorties.
03:46C'est-à-dire qu'on facilite la sortie, ce qui n'est pas tout à fait le cas,
03:49mais on va évidemment accélérer les entrées.
03:53Est-ce que vous dites que ça c'est une bonne idée ?
03:55C'est une idée banale, je ne sais pas quoi dire.
04:01J'étais à la REF, le débat était d'excellente tenue,
04:04mais je suis d'accord avec Sylvain Berserger, chacun était dans son couloir de nage.
04:08Il n'y avait rien de vraiment nouveau.
04:10Il y avait toujours ce clivage gauche-droite,
04:13on monte le SMIC à 2000 euros,
04:16où on part à la retraite à 60 ans chez Marine Le Pen.
04:21Et en France, globalement, si on veut prendre un peu de hauteur,
04:23on ne travaille pas assez, parce qu'on rentre sur le marché du travail à 25 ans,
04:26et à 60 ans, on n'a plus de travail.
04:29Voir avant, si je peux me permettre, selon les chiffres.
04:31Voir avant, ça augmente un peu l'emploi des seniors.
04:34Le tout d'emploi est monté, oui.
04:35Voilà, c'est un peu monté, mais en gros, comme on vit jusqu'à 85 ans,
04:39ça fait qu'il y a 50 ans de notre vie pendant lesquels on ne travaille pas.
04:43Donc pendant nos études, et puis après 60 ans.
04:46Et là, je n'ai pas vu vraiment...
04:48Enfin, pour moi, réduire l'indemnisation chômage à 12 mois,
04:52c'est une micro-mesure.
04:53C'est un petit coup de pinceau sur des normes
04:57qui ne solutionneront jamais le problème de l'emploi en France.
05:01Juste un mot, quand on parle d'emploi,
05:03ça nous renvoie à création d'emploi,
05:05et qui nous renvoie au mot chômage.
05:07Alors, je me souviens d'avoir eu Elisabeth Borne sur ce plateau
05:09dans Smart Job, il y a maintenant 6 ans,
05:13lorsqu'elle était encore ministre du Travail,
05:15et qui nous disait, ici,
05:17nous allons vers le plein emploi,
05:19qui était fixé à l'époque à 5,5.
05:21Aujourd'hui, on a dépassé la barre des 8%.
05:24Comment vous observez cela,
05:26alors que le président Macron, lors de son premier mandat,
05:29avait fixé la barre en disant,
05:30nous irons au plein emploi, nous y allons.
05:33Comment vous l'expliquez ?
05:34Alors, évidemment, il y a des problèmes structurels
05:37dans l'économie française.
05:38Moi, le point qui me paraît vraiment important,
05:40c'est que parler du taux de chômage en tant que tel
05:43peut être extrêmement trompeur,
05:44parce que le taux de chômage, rappelons-le,
05:46c'est le nombre de personnes qui recherchent un emploi
05:48par rapport aux personnes actives.
05:50Et en fait, il y a beaucoup de marges de manœuvre
05:52pour baisser le chômage
05:53qui ne sont pas des créations d'emploi.
05:55Et c'est pour ça que parler de création d'emploi
05:56est beaucoup plus important.
05:57à un étudiant qui a 25 ans,
06:00qui n'a pas d'emploi,
06:01et on lui dit, inscrire dans une formation un peu bidon,
06:03ça réduit le chômage.
06:05Parce qu'il sort des allocataires.
06:07Il sort, et puis il est à statut d'étudiant,
06:10donc il n'est plus chômeur.
06:12Un chômeur, évidemment,
06:13qui est au chômage depuis trop longtemps,
06:15à un moment donné, devient inactif.
06:17Et donc, il n'est plus considéré comme chômeur,
06:19donc le chômage baisse.
06:20Mais le taux d'activité, évidemment, baisse également.
06:22Ce qui ne veut pas dire que la personne travaille.
06:23Elle ne travaille pas, évidemment.
06:25Et donc, regarder uniquement le chômage
06:27me paraît vraiment très trompeur, potentiellement.
06:30Alors, évidemment, il y a des facteurs structurels
06:31qui expliquent ça aussi,
06:31mais très souvent, les politiques
06:33ont voulu parfois cacher le problème
06:35en jouant sur cette mesure
06:37qui n'est pas forcément la bonne.
06:38Vous en pensez quoi, Sylvain Bersinger ?
06:40C'est cette question du chômage
06:41qui progresse et qui fait partie
06:44des mauvais indicateurs de la rentrée qui démarre ?
06:46Alors, disons que là, c'est vrai qu'il y a eu une hausse,
06:48globalement, une dégradation de la conjoncture
06:50et une hausse du chômage
06:51depuis quelques trimestres.
06:52Mais je dirais qu'avec les aléas
06:53de la conjoncture,
06:53il y a toujours des périodes
06:54où le chômage et l'emploi, globalement,
06:55se portent plus ou moins bien.
06:56Enfin, là, il progresse.
06:57Là, voilà, là,
06:58on est plutôt d'une période morose
06:59de la conjoncture.
07:01Après, il y a plusieurs réactions.
07:03Déjà, le plein emploi, qu'est-ce que c'est ?
07:04Personne n'en sait trop rien.
07:05Donc, on l'avait fixé à 5,5% du taux de chômage.
07:08C'est ça.
07:08Allez, né au vent,
07:09on va dire que c'est 5,5%.
07:10En fait, on ne sait pas vraiment.
07:12On ne peut pas vraiment comparer la France
07:13qui est un marché du travail
07:14plus protecteur avec d'autres pays
07:16qui sont plus libéraux,
07:17plus flexibles,
07:18avec d'autres problèmes aussi.
07:19Et après, moi, je suis d'accord.
07:21Je trouve qu'on parle trop du taux de chômage
07:22et pas assez du taux d'emploi.
07:23En fait, je trouve que la statistique
07:25qui est peut-être plus intéressante,
07:26c'est peut-être plus le taux d'emploi
07:27parce qu'elle n'a pas ce biais
07:28dont vous parliez.
07:29Qui intéresse moins les politiques,
07:30dans ce cas-là.
07:30Qui peut intéresser moins les politiques.
07:32Mais c'est vrai qu'on réduit souvent
07:34la santé du marché du travail
07:35au taux de chômage,
07:36qui est une statistique importante.
07:37Mais il y en a beaucoup d'autres
07:39et je pense que ce n'est pas forcément
07:40la plus pertinente.
07:41Et je précise,
07:42c'est le taux de chômage en catégorie A
07:43puisqu'en fait,
07:43le nombre de demandeurs d'emploi
07:45est plus important
07:45que les 2,8 millions
07:47de demandeurs d'emploi.
07:48Avec la subtilité
07:49qu'il y a le taux de chômage
07:50dit de chômage de Pôle emploi
07:52et de l'INSEE
07:52qui crée encore beaucoup plus
07:53de confusion avec deux statistiques
07:55qui fait que tout le monde s'en mêle.
07:56Si je peux ajouter,
07:57il y a aussi
07:58quels emplois on crée
07:59et la productivité de l'emploi
08:00est une question fondamentale.
08:02Depuis 2021-2022,
08:04la productivité de l'emploi
08:05a globalement baissé.
08:06Les emplois qu'on crée
08:07sont de moins en moins productifs.
08:09Alors que la France faisait partie
08:10avec des salariés productifs.
08:12Les secteurs qui ont le plus créé d'emplois
08:13c'est par exemple
08:14des livreurs Uber
08:16ou des livreurs Amazon.
08:17C'est un emploi très peu qualifié.
08:19Et à l'inverse,
08:20les emplois plus qualifiés
08:21sont plutôt détruits
08:22ou en tout cas moins dynamiques.
08:23L'emploi,
08:24c'est aussi des entreprises
08:26qui défaillent.
08:28Les chiffres évoqués
08:30par des associations
08:31qui soutiennent d'ailleurs
08:32des entrepreneurs
08:33qui montrent une explosion
08:35du nombre de défaillances d'entreprises.
08:37Ça aussi,
08:37c'est un sujet
08:39dont se sont d'ailleurs
08:40assez peu emparés
08:41les candidats.
08:42Vous qui étiez à Roland-Garros.
08:43On n'en a pas parlé
08:44ou très peu.
08:44Oui, c'est intéressant
08:45parce que les entrepreneurs,
08:46les chefs d'entreprise,
08:47ce qu'ils attendent
08:48des candidats à la présidentielle
08:49dans les cinq priorités,
08:50pour eux,
08:51c'est la réindustrialisation
08:52de la France.
08:53La première priorité,
08:54c'est de ne pas monter
08:55les charges sur les entreprises.
08:57Mais la deuxième,
08:57c'est de réindustrialiser la France.
08:59Et donc,
09:01en fait,
09:02pour créer de l'emploi,
09:03il faut créer des entreprises.
09:04On a la chance en Europe
09:05peut-être bientôt
09:06d'avoir un 28e régime
09:08pour les entreprises,
09:09d'avoir un écosystème économique
09:12qui va favoriser
09:13la création d'entreprises
09:15qui vont pouvoir exporter facilement.
09:16C'est-à-dire qu'on va s'exonérer
09:18des 27 législations différentes
09:20dans les différents pays
09:22de façon à faciliter l'export.
09:24Et donc,
09:25ça peut inciter
09:27notamment les jeunes
09:28à créer des emplois
09:29et dans des industries
09:31à forte valeur ajoutée,
09:32dans la tech notamment.
09:33qui est le secteur
09:34qui est en plein boom.
09:35Et donc,
09:35on ne va pas juste créer
09:36des entreprises,
09:36on va pouvoir les financer
09:37et assurer leur financement.
09:39Deux économistes,
09:40est-ce que la quadrature
09:41portée par les candidats
09:43d'évoquer le fait
09:44que si l'on baisse les charges,
09:46puisque c'est le débat
09:47posé par le MEDEF,
09:48ils seront en capacité
09:50de créer de l'emploi ?
09:51Est-ce que vous,
09:51l'économiste,
09:52vous dites que c'est une équation
09:52qui fonctionne ?
09:53Parce que c'est l'argument
09:54porté par les patrons.
09:55Si nous ne pouvons pas
09:56créer d'emploi,
09:57c'est que le niveau de charges
09:58est trop important
09:59et si on baisse les charges,
10:00on créera de l'emploi.
10:01Qu'est-ce que vous réponsez ?
10:02C'est une équation
10:03qui est portée depuis
10:04très longtemps par le MEDEF.
10:05Oui, alors,
10:06il y a évidemment
10:07une part de vrai,
10:08c'est toujours très compliqué.
10:09Je pense qu'il y a
10:10beaucoup d'études sur le sujet
10:11qui ont été faites
10:12quand on baisse les charges.
10:13En gros,
10:14est-ce qu'on augmente
10:14les dividendes
10:15ou est-ce qu'on investit ?
10:17Donc, cette question
10:18a été posée plein de fois
10:19et en fait,
10:20les études d'empirer
10:20sur le sujet
10:21montrent que ça dépend
10:22quand même beaucoup
10:22de la manière dont c'est fait
10:23et donc,
10:25il faut quand même
10:25assez bien réfléchir
10:26à la mesure
10:27mais on peut penser
10:28que bien fait,
10:29il y a quand même
10:29des leviers
10:30pour augmenter en partie
10:31en dégageant des marges.
10:33En dégageant des marges.
10:34Forcément.
10:35Il y a quand même
10:35des entreprises
10:36et on sait
10:37qu'il y a des entreprises
10:37par exemple
10:37avec des effets de seuil
10:39par exemple
10:40qui n'embauchent pas
10:40pour ne pas passer
10:41certains seuils réglementaires.
10:43Ce n'est pas les charges précisément.
10:44On se souvient
10:45de la baisse de la TVA
10:45dans la restauration
10:46qui était censée
10:47payer les serveurs plus.
10:49On n'en parle plus beaucoup.
10:50Les serveurs
10:50n'ont pas eu
10:50beaucoup d'augmentation.
10:51Non, tout à fait.
10:52Je me permets de le rappeler.
10:54Vous en pensez quoi
10:54de cette équation ?
10:56Parce que c'est un argument
10:56qui a été porté
10:57par Patrick Martin
10:58et aussi par des candidats
11:00qui évoquent l'idée
11:00que finalement
11:01on a un modèle social
11:02qui est très onéreux
11:03qui est peu qualitatif
11:04en termes de services
11:05et les mots
11:05qui ont été utilisés
11:06et de l'autre
11:07on n'arrive pas à embaucher
11:09parce que le niveau de charge
11:09est trop important.
11:10Moi je pense
11:11qu'il faut rajouter
11:11dans l'équation
11:12une autre variable
11:13qui est la dette publique
11:15qui est je pense
11:15là on parle d'emploi
11:16c'est normal
11:17mais si on élargit
11:18je pense que
11:19comme le principal problème
11:20de la France
11:21parce que je pense
11:21avec 5% de déficit
11:23et 4% de taux d'intérêt
11:24on n'est pas sur
11:25une trajectoire viable
11:25donc la baisse des charges
11:27peut aussi entrer
11:28en contradiction
11:29avec cet objectif là
11:30donc je pense
11:31que le programme
11:32des candidats
11:33le principal point
11:34Donc c'est un tenable
11:35ce qu'on évoque
11:35on ne peut pas baisser les charges
11:36avec une dette aussi importante
11:37Ou alors de manière
11:39très ciblée
11:39comme vous le disiez
11:41dans les cas
11:42où on a vu
11:42que c'est réellement
11:43le plus efficace
11:43etc.
11:44Dans le cas
11:44où vous baissez les charges
11:45et vous avez
11:46une réelle stimulation
11:47de l'emploi
11:48et de l'activité économique
11:49qui permet de générer
11:50des recettes fiscales
11:50Donc on est dans l'impasse
11:51quand je vous entends
11:53Attention
11:53il n'y a pas que les charges
11:54qui influent sur l'emploi
11:56c'est-à-dire que
11:57il y a d'autres variables
11:59il y a la formation
11:59il y a le droit du travail
12:00il y a plein d'autres choses
12:01il n'y a pas que cet aspect là
12:02et sur cet aspect là
12:03je pense qu'il y a
12:03peu de marge de manœuvre
12:04Un mot et même plusieurs
12:05parce que j'avais
12:06deux sujets importants
12:06il y a les arrêts maladie
12:07qui sont plafonnés
12:08depuis mardi dernier
12:0931 jours
12:10sur le premier arrêt
12:11et 62 jours
12:12les candidats
12:13en ont beaucoup parlé
12:14du coût de l'arrêt maladie
12:15et puis il y a un sujet
12:16qu'il ne faut pas éviter
12:17c'est le sujet de l'immigration
12:18qui est un autre sujet
12:20de la campagne
12:20mais qui renvoie au travail
12:22Beaucoup de candidats
12:23et d'ailleurs je pense
12:24à Glucksmann
12:24qui a interpellé
12:26Édouard Philippe
12:26et Attal
12:28en disant
12:28mais attendez
12:29vous allez faire comme Mélanie
12:30c'est-à-dire qu'à la fois
12:31on ne voit pas d'immigration
12:32tout en en faisant venir
12:33dans notre pays
12:34parce qu'elle est bon marché
12:36parce qu'elle est flexible
12:37quel regard vous portez
12:39là en tant qu'économiste ?
12:40Moi je pense que
12:40le point fondamental
12:41c'est celui qui a été posé au début
12:43c'est-à-dire
12:43on vit en gros
12:4580 ans pour les hommes
12:4685 ans pour les femmes
12:48on n'est pas actif
12:51plus de 50% de sa vie
12:53et donc plus de 50% de sa vie
12:54on est payé par d'autres
12:56ceux qui travaillent
12:58et aujourd'hui
12:59c'est même significativement
13:00plus de 50%
13:01et donc la question
13:02à poser au candidat
13:03c'est comment est-ce qu'on fait
13:04comme ça
13:05comment est-ce qu'on fait
13:06est-ce qu'on commence
13:07à travailler plus tôt
13:08est-ce qu'on part
13:08à la retraite plus tard
13:09ou est-ce qu'on fait
13:10effectivement venir
13:11des gens qui
13:12pour lesquels
13:12on n'a pas payé
13:13disons les 18 premières années
13:15ou les 20 premières années
13:16de leur vie
13:16et qui viennent compenser
13:17et qui viennent payer
13:18et on gagne ces 20 années
13:20c'est comme ça
13:21qu'on parle d'immigration
13:21donc là
13:22il y a plein de réponses possibles
13:24toutes les nuances
13:25sont possibles
13:26mais
13:27les termes du débat
13:28peuvent être très clairement posés
13:30et je ne suis pas sûr
13:31que tous les candidats
13:32se les posent exactement
13:33en ces termes-là
13:33est-ce qu'il faut être pragmatique
13:34Marine Balançard
13:35Sylvain Bersinger
13:36et il évoquait
13:37Raphaël Glucksmann
13:38Mélanie
13:39se dire que
13:40c'est ce que vous soulevez
13:40comme sujet
13:41c'est-à-dire que c'est un débat
13:43politique et de société
13:44mais c'est aussi d'abord
13:45et avant tout
13:46un débat économique
13:47absolument
13:47d'autant plus
13:48qu'on a un effondrement
13:49de la natalité
13:50en France
13:51alors l'Italie
13:52c'est le deuxième pays
13:52le plus vieux du monde
13:53là je crois qu'ils vont perdre
13:544 millions d'habitants
13:56d'ici 2030
13:58nous on est
14:00un vieux pays
14:01on ne travaille pas beaucoup
14:02et il n'y a plus de naissance
14:03mais nous on a une moyenne d'âge
14:05qui est plus élevée
14:06que celle de l'Allemagne
14:07donc on doit avoir
14:0848 ans de moyenne d'âge
14:0918 ans en Afrique
14:10pour donner une
14:11donc évidemment
14:12que ça crée un appel d'air
14:13d'autant plus
14:13qu'il n'y a plus de naissance
14:15en France
14:15il n'y a plus de décès
14:16que de naissance
14:17donc c'est un faux débat
14:18politique qui est posé
14:19puisque économiquement
14:20on le voit
14:21il y aura des besoins
14:23dans les 5 prochaines années
14:24ou dans les 10 prochaines années
14:25essentielles
14:26mais dans les 50 prochaines années
14:27mais c'est certain
14:28parce que l'effondrement
14:29de la natalité
14:30ne peut pas être compensé
14:32sur quelques années
14:33il y a le débat politique
14:34je pense que l'exemple
14:35Mélanie est assez parlant
14:36c'est-à-dire que c'est
14:36une candidate d'extrême droite
14:37qui a tout son parcours politique
14:39sur un discours anti-immigration
14:40et puis quand elle arrive au pouvoir
14:41elle s'est dit
14:42dans l'agriculture
14:42dans les EHPAD
14:43dans ceci
14:44dans les usines
14:44dans les usines
14:45j'ai besoin de tant de bras
14:46je ne les ai pas en Italie
14:47donc j'en fais venir
14:48tant de dizaines
14:49de centaines de milliers
14:50j'ouvre les portes
14:50donc il y a eu un décalage très fort
14:52entre un discours très dur dans les faits
14:53et puis en réalité très pragmatique
14:55donc oui je pense qu'il y a
14:57d'ailleurs on le voit aux Etats-Unis
14:58avec Trump
14:58qui veut renvoyer beaucoup
14:59beaucoup d'immigrants
15:00et dans certains problèmes
15:01alors on ne sait pas exactement
15:03combien il en a renvoyé
15:03parce que les chiffres
15:05ne sont pas tous d'accord
15:06il en a gardé
15:06il en a gardé
15:07bien sûr
15:08et il y a beaucoup de secteurs
15:09qui râlent
15:10dans l'agriculture
15:11dans l'industrie
15:12qui disent
15:12mais attendez
15:12si vous nous enlevez
15:13une bonne partie de notre manœuvre
15:15comment on fait
15:15donc voilà
15:17je pense qu'il y a
15:18on ne peut pas faire
15:19l'économie
15:20peut-être pas le bon
15:21mais d'une immigration
15:22alors après
15:23combien de personnes
15:23avec quelles qualifications
15:24etc
15:24il y a tout un débat à avoir
15:25mais je pense que oui
15:27des frontières purement fermées
15:28aujourd'hui
15:28d'un point de vue strictement économique
15:29ce ne serait pas viable
15:30Manuel Valls
15:31qui avait lancé
15:31quand il était premier ministre
15:32l'immigration choisie
15:33avec des catégories professionnelles
15:34ça avait été un peu compliqué
15:35enfin ça avait été déjà
15:36mis en place
15:36sous l'ère Hollande
15:39on augmente les salaires
15:40ou pas pour terminer
15:40parce que le travail
15:41c'est la REM
15:42c'est un des
15:43c'est le deuxième critère
15:44lorsqu'on interroge
15:45quelqu'un qui travaille
15:46est-ce qu'il faut augmenter
15:48comme le disait Mélenchon
15:49de manière un peu comme ça
15:50est-ce qu'aujourd'hui
15:51le niveau de salaire
15:52est trop bas
15:53par rapport à l'augmentation
15:54des prix
15:55par rapport aux charges
15:55par rapport au coût de l'énergie
15:56qui est un des éléments
15:58qui a le plus progressé
15:59ce qui est très difficile
16:00c'est qu'on ne peut pas
16:01réellement augmenter
16:02les salaires
16:02par un décret
16:04ou une réglementation
16:04on peut évidemment
16:05le faire pour le salaire minimum
16:06mais même ça
16:08est très compliqué
16:09la bonne manière
16:10d'augmenter les salaires
16:11c'est évidemment
16:12d'augmenter la productivité
16:14et la richesse produite
16:18et le temps de travail
16:20j'allais doucement y venir
16:21et donc
16:23on peut faire demain
16:24une loi
16:25de contrôle des prix
16:26qui dit
16:26on augmente
16:26mais ça n'aurait pas
16:27grand sens
16:29vous vous souvenez
16:30d'ailleurs
16:30ça a été là aussi
16:31un peu mis
16:32mezzo voce
16:33les 4 jours
16:34les 4 jours
16:35c'est une catastrophe
16:37je le répète
16:38même si ça
16:38vous lancez les 35 heures
16:39les candidats
16:40et puis aller plus loin
16:40pour ceux qui déffendaient
16:42le tout travail
16:42je crois que Bruno Retailleau
16:44a évoqué la fin
16:46des 35 heures
16:46mais en France
16:47on a toujours un problème
16:48de relation au travail
16:50c'est à dire
16:52on aime moyennement
16:54le travail
16:55les français aiment
16:56moyennement le travail
16:57leur objectif
16:58c'est une bombe
16:58que vous envoyez
16:59les paumes
16:59c'est bien ce que
17:01reflètent les candidats
17:02c'est à dire
17:02il faut partir le plus vite
17:03possible à la retraite
17:04pour enfin vivre
17:05et donc c'est catastrophique
17:07alors les jeunes
17:09aménagent leur travail
17:10de façon à aimer
17:11leur travail
17:12et avoir une vie
17:13en dehors
17:14donc je les trouve
17:15plutôt
17:15ils jouent le bras de fer
17:16c'est à dire
17:16je veux un équilibre
17:17oui
17:18mais ils sont
17:20ils n'ont pas forcément
17:21complètement tort
17:22d'autant plus
17:22qu'ils sont assez productifs
17:24en général
17:25mais effectivement
17:26la semaine de 4 jours
17:27pour moi
17:27c'est catastrophique
17:29surtout
17:30que quand on prend
17:31des décisions comme ça
17:32il faut tenir compte
17:33de l'environnement
17:34alors la Chine
17:35les Etats-Unis
17:36la Russie
17:36ne passent pas
17:37la semaine de 4 jours
17:38donc qu'est-ce que ferait
17:39la France
17:39à garder les 35 heures
17:43ou inciter les entreprises
17:44à travailler
17:45que 4 jours par semaine
17:46pour moi
17:47c'est une folie
17:48voilà
17:49alors que c'était
17:49le calcul inverse
17:50de Martine Aubry
17:50rappelez-vous
17:51il y a maintenant
17:51plus de 25 ans
17:52qui expliquait
17:53que n'ayant pas
17:54assez de travail
17:54pour tout le monde
17:54il fallait en donner
17:55en réduisant
17:56le temps de travail
17:57enfin je parle
17:57sous le contrôle de Sylvain
17:59c'est la vision
17:59à mon avis assez inexacte
18:01qui voit le travail
18:01comme un gâteau fixe
18:02exactement
18:03s'il y a moins de gens
18:03qui vont dans le travail
18:04et bien aussi
18:04il y a moins d'activité économique
18:06donc moins d'emplois
18:06qui se créent
18:07et inversement
18:08c'est de dire
18:08l'immigration
18:09si il y a plus de gens
18:10qui viennent
18:11il y a aussi
18:11plus d'activité économique
18:12et plus d'emplois
18:13mais peut-être juste
18:14pour rebondir sur les salaires
18:14en réalité
18:15le salaire
18:16le pouvoir d'achat
18:16ne se décrète pas
18:17parce que si vous augmentez
18:18tous les salaires
18:18sans hausse de production
18:19il y a juste plus d'inflation
18:20et donc oui
18:21vous avez plus de gros salaires
18:22mais les prix montent
18:23et vous n'avez pas gagné
18:24un pouvoir d'achat
18:24il nous reste une minute
18:25vous avez vu
18:25on n'a pas parlé d'IA
18:26et pourtant ce sujet-là
18:28impacte le travail
18:29j'ai vu Michel-Edouard Leclerc
18:30hier
18:30qui je crois
18:31n'est pas candidat
18:32mais qui évoquait quand même
18:33l'idée de s'intéresser
18:35aux enjeux de l'IA
18:36pour augmenter
18:37notre productivité
18:37enfin ces sujets-là
18:38là aussi
18:39l'IA
18:39un peu survolé
18:41c'est un vrai sujet
18:42qui est encore évidemment
18:43l'état d'ébauche
18:45quand internet est arrivé
18:46en point de comparaison
18:47on pensait que la productivité
18:48exploserait
18:49elle n'a pas augmenté
18:50elle est plutôt plus bas
18:51sur les années 2000
18:522020 ou 2025
18:54qu'elle était sur les années
18:5580
18:552000 ou avant
18:57et donc sur l'IA
18:58il y a le vrai débat
19:00le prix Nobel
19:00de l'an dernier
19:01Joël Mokir
19:02l'a soulevé récemment
19:02dans une conférence
19:03c'est je crois aujourd'hui
19:05un point d'interrogation
19:05mais c'est évidemment
19:06une question fondamentale
19:07à poser
19:07un mot dans 10 secondes
19:08oui la productivité
19:09miroir aux alouettes
19:11alors évidemment
19:12je n'en sais rien
19:12mais en tout cas
19:13c'est la question centrale
19:14parce que la clé
19:15des salaires
19:16des salaires réels
19:16c'est la productivité
19:17est-ce que l'IA
19:18va faire ou pas
19:18exploser la productivité
19:19c'est toute la question
19:20mais pour l'instant
19:20personne n'en sait rien
19:21c'est le prochain thème
19:22du débat d'actu
19:23je vous garantis
19:29booster notre économie
19:30parce qu'elle est
19:31bien mal en point
19:32évidemment
19:32on peut l'accélérer
19:33en tout cas l'IA
19:34et nous on a la chance
19:35d'avoir Mistral Haï
19:37en France
19:37Mistral gagnant
19:38pour faire un bien jeu de mots
19:39on est un leader européen
19:41et on a beaucoup de chance
19:41donc il faut s'assurer
19:43de garder cette souveraineté
19:44et cette avance en IA
19:46merci chère Marine Balançard
19:47directrice à Rizéal
19:48décidez ça se travaille
19:49lisez ce livre
19:50et envoyez-le
19:50tiens au candidat
19:51je ne blague pas
19:51Guillaume Vuillemet
19:52merci de nous avoir rendu visite
19:54nous avoir éclairé
19:55professeur HEC à Paris
19:56auteur de ce livre
19:57passionnant
19:58société à responsabilité
19:59très limitée
20:00Sylvain Bersinger
20:01je n'ai pas cité
20:02son dernier livre
20:02mais la prochaine fois
20:03je le ferai
20:04vous êtes vous aussi
20:05auteur, économiste
20:06et vous avez créé
20:07Bersin Géco
20:08merci à vous
20:08merci à toute l'équipe
20:09merci à Nicolas Juchat
20:10pour cette première émission
20:11merci à Charles
20:12à la réalisation
20:13merci à Paul Hausson
20:14merci à vous
20:15pour votre fidélité
20:16car vous êtes de plus en plus
20:17nombreux à nous regarder
20:18je vous dis à très très bientôt
20:18bye bye
20:27je vous dis à très bientôt
20:28je vous dis à très bientôt