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  • il y a 2 mois
Chaque soir, Maxime Switek vous accomagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00L'autre information de la soirée, on y vient, c'est Patrick Bruel qui renonce, le chanteur annule sa tournée
00:06qui devait démarrer dans un mois, 35 concerts prévus, c'est annulé, il prend la parole ce soir, vous allez
00:11voir ça dans une seconde, près d'une vingtaine de maires avaient demandé à la star de renoncer à ses
00:16concerts, il le fait donc ce soir, Luc est mis en examen 4 fois.
00:19Pour en parler avec nous, me rejoindre sur ce plateau, Fatima Benomar, bonsoir, merci d'être là, militante féministe, présidente
00:26de l'association Coud à Coud, Stephen Bellery avec moi, bonsoir Stephen, chef du service culture de BFM TV, Laurent
00:32Valdiguet, Dylan Slama, Maël Janton, bonsoir Maël, merci d'être là, journaliste Ligne Rouge à BFM TV, vous aviez réalisé
00:38un Ligne Rouge consacré justement à Patrick Bruel, Elisa Hadef, toujours à mes côtés.
00:43Je voulais vous lire les mots de Patrick Bruel ce soir, long message posté sur son compte Instagram, j'ai
00:48profondément souhaité que cette tournée prévue à partir d'octobre puisse avoir lieu,
00:52mais je constate qu'aujourd'hui cette tournée est devenue l'incarnation d'un débat qui la dépasse, j'ai
00:58donc pris la décision d'annuler ces concerts, cette décision ne signifie en aucun cas que je renonce à me
01:03défendre,
01:04je la prends librement, la justice ne m'y oblige en rien. Stephen Bellery, Bruel, a tenu d'une certaine
01:12manière jusqu'à maintenant, il renonce à sa tournée, pourquoi est-ce qu'il renonce maintenant ?
01:16Parce qu'un nouveau front s'est ouvert devant lui, à ses pieds, un front plus politique, mélangé aussi aux
01:23associations féministes, aux voix des victimes présumées,
01:26qu'on entend et qu'on continue d'écouter évidemment, mais il n'avait pas nécessairement anticipé ce rebond. Évidemment
01:33les maires s'étaient exprimés dès le printemps,
01:34avaient pris la parole, avaient manifesté leur mécontentement à l'idée que Patrick Bruel puisse éventuellement poursuivre sa tournée et
01:42venir dans leur ville.
01:43Mais on a assisté en fait depuis la fin de l'été, dans cette fin de mois d'août, à
01:48une fronde un peu coordonnée, transpartisane, de maires partout en France,
01:52de tous bords politiques, qui ont manifesté une forme de rejet, qui ont aussi écouté leur population et qui ont
01:59commencé à écouter,
02:00monter dans leur ville un certain mécontentement de leur administrer et ont expliqué qu'ils étaient un peu pieds et
02:07mains liés,
02:08que juridiquement ils ne pouvaient rien faire, qu'ils ne pouvaient pas annuler de leur propre chef les dates de
02:14concert de Patrick Bruel,
02:15mais qu'il n'était pas le bienvenu.
02:17Rien faire sauf parler, sauf dire qu'il n'est pas le bienvenu.
02:19Oui, il n'empêche que ça a pris peut-être un peu plus d'ampleur que le chanteur aurait imaginé.
02:26Le gouvernement, par la voix d'Aurore Berger, a également changé un petit peu son argumentaire.
02:33Aurore Berger a expliqué avant l'été, oui, que ce n'était peut-être pas souhaitable.
02:37Elle était beaucoup plus féroce en cette rentrée.
02:40Il y a quelques jours, elle disait que les conditions n'étaient plus réunies.
02:42Et ce soir, Patrick Bruel, dans son communiqué, dit que les conditions ne sont plus réunies.
02:45Fatima Médomar, est-ce que vous êtes satisfaite ce soir de la décision de Bruel ?
02:48Oui, je suis aussi contente de cette mobilisation des maires,
02:51parce que c'est vrai que ça fait quelques années qu'on a l'impression que la question
02:55de monter au créneau sur le caractère vraiment massif, industriel,
02:59des violences sexistes et sexuelles, notamment dans les lieux de pouvoir,
03:02il n'y avait à peu près que les féministes qui portaient ce fardeau,
03:04avec aussi les médias d'investigation sur lesquels on pouvait se reposer.
03:08Et là, ça permet effectivement d'élargir au reste de la société,
03:11parce que moi, ce qui me désole aussi, c'est que ça fait plusieurs années que je viens sur vos
03:14plateaux
03:15sur plusieurs affaires, un verre de Pardieu, maintenant Bruel,
03:19sauf que par-dessus, on ne construit rien, c'est-à-dire qu'on s'arrête à chaque fois
03:22aux caractéristiques de chaque affaire, même si elles sont très jumelles,
03:26et après, on n'en fait rien. Donc là, ce que j'appelle pour continuer cette dynamique
03:31et pour qu'elle dépasse juste la mobilisation sur un artiste, c'est que par exemple,
03:35les actrices et les acteurs du monde du spectacle, qui savent, qui ont vu des choses
03:39de leurs yeux, produisent des témoignages, mais les éclairent aussi.
03:43Moi, j'ai vu des stagiaires, des jeunes artistes, etc. être entravés par des techniques
03:48de prédation, et je les ai vus sortir du champ, et voilà ce que je pense
03:52dans les mécanismes propres à mon métier, ce qui fait que les parcours des agresseurs
03:57sont protégés de bout en bout, parce qu'ils sont des têtes d'affiche,
04:00parce qu'ils portent l'économie de leur art, et les femmes derrière,
04:05elles sont jetées, mises de côté, et elles n'ont absolument pas l'opportunité,
04:08la possibilité de parler et d'être crues.
04:11Oui. Qu'est-ce que vous dites, vous dit Lannes Lama, ce soir, encore une fois,
04:15on a beaucoup parlé, présenté l'innocence avec vous, est-ce que cette décision
04:19de Ruelle vous gêne ce soir ?
04:22Elle me gêne en tant qu'elle constitue un précédent que je trouve dommageable,
04:27ça veut dire qu'une personne qui est mise en cause, décidément,
04:29on le savait déjà un petit peu avant, c'est pas non plus totalement inédit,
04:32mais une personne mise en cause, décidément, ne peut plus vraiment travailler
04:34de manière publique aujourd'hui dans ce pays, j'allais dire mise en cause,
04:37ou une personne qui a été mise en cause et qui a été innocentée,
04:39puisque c'est un petit peu pareil, il ne faut pas laisser croire que la situation
04:43et que la décision d'annuler ces concerts, elle a amélioré la situation des femmes,
04:47elle a amélioré la situation des victimes, ou qu'elle puisse empêcher
04:51quoi que ce soit de se produire.
04:52On peut dire que c'est une manière de prendre en compte ce qui a été dit
04:54par un certain nombre d'opinions dans cette affaire, quand même.
04:57Mais quel est le rapport ?
04:59Enfin, je veux dire, quel est le lien entre le fait que des femmes déposent plainte
05:02et le fait qu'une personne arrête de travailler ?
05:04La prise en compte, c'est quand la justice écoute, c'est quand la justice convoque,
05:06c'est quand la justice éventuellement fait des investigations et condamne,
05:09mais je ne vois pas le rapport entre, si vous voulez, des concerts et l'activité professionnelle d'un individu
05:14et le fait qu'il y ait des plaintes.
05:17C'est deux choses qui sont totalement différentes.
05:18Et puis, la décision d'annuler des concerts, encore une fois,
05:20n'a pas grand-chose à voir avec la situation judiciaire de Patrick Gouret.
05:22Pour vous, un chanteur comme Ruel devrait pouvoir monter sur scène,
05:25quoi qu'il arrive, tant qu'il n'a pas été condamné ?
05:27Je vais aller encore plus loin.
05:29Je ne vois pas en quoi la condamnation d'une personne doit l'empêcher de faire son métier.
05:33Vous voyez, une personne qui est condamnée,
05:34si elle n'est pas interdite d'exercer son métier,
05:36je ne vois pas pourquoi elle devrait s'arrêter, même si elle est condamnée.
05:39Patrick Brel ou pas, le sujet n'est pas vraiment Patrick Brel.
05:41Le sujet, c'est qu'en vérité, aujourd'hui, on le voit dans de plus en plus de sphères.
05:44Et encore une fois, dans des sphères médiatiques, dans des sujets médiatiques,
05:47mais aussi dans le quotidien ou pour des individus qui ne sont pas du tout médiatiques
05:51et qui sont des anonymes et qui, eux aussi, se font éjecter de leurs entreprises
05:54avant qu'il y ait eu le moindre jugement, voire avant même qu'il y ait une procédure judiciaire.
05:57Laurent Valligué, avant l'été, c'était clair, dans le camp Bruel,
06:01pas question d'annuler cette tournée.
06:03Il voulait faire cette tournée. Après l'été, on y est, la rentrée, tournée annulée.
06:07Qu'est-ce qui s'est passé entre les deux ?
06:08Le bon sens, Maxime. Il y a les principes de Dylan Slama,
06:12la présomption d'innocence, la possibilité...
06:14Oui, bien entendu, la justice n'a pas empêché Patrick Bruel de chanter en concert.
06:19Il avait le droit de chanter, il avait le droit d'aller sur scène.
06:21Et tout un chacun était libre de prendre des billets.
06:23Mais le bon sens, d'ailleurs Patrick Bruel l'exprime lui-même dans son communiqué,
06:27les conditions n'étaient plus réunies.
06:29Alors les conditions n'étaient plus réunies, aussi parce que des maires qui sont à la fois les baromètres,
06:33les vigies de leur population, c'est un maire, ça voit des gens toute la journée.
06:37Donc il faut faire confiance aux élus locaux pour être en prise avec le pouls des gens qui habitent chez
06:44eux.
06:45Donc le fait qu'il y ait neuf maires d'obédience politique différente,
06:50qui disent, au fond, on l'entend depuis dix jours,
06:54ils disent « mais c'est pas possible ».
06:56Et Patrick Bruel, il a entendu « ce c'est pas possible ».
06:59Il a entendu « ce c'est pas possible ».
07:01Les conditions ne sont plus réunies pour que ces concerts puissent continuer à être ce qu'ils doivent être.
07:06À un moment, ce sont des concerts quand même.
07:09Ce n'est pas une activité comme une autre.
07:12C'est des concerts où Patrick Bruel, il chante des chansons d'amour.
07:15Ou il parle de ses relations avec les femmes.
07:18Donc c'était violemment incompatible avec son calendrier judiciaire.
07:23Son calendrier judiciaire, pour répondre à votre question, Maxime,
07:27il s'est alourdi cet été.
07:28Il ne s'est pas allégé.
07:30Il s'est alourdi.
07:31Parce que même si Patrick Bruel n'en a pas les détails,
07:34puisque ses plaintes ou ses dépositions ne sont pas arrivées au dossier de Nanterre.
07:38Pour l'instant, le dossier de Nanterre, c'est quatre mises en examen,
07:42quatre dossiers pour lesquels il y a témoin assisté et un non-lieu.
07:46Ces 32 autres affaires, dans cette arithmétique,
07:51font que le calendrier judiciaire de Patrick Bruel, pour cet automne,
07:55il est alourdi.
07:57Et comme il est alourdi, il est incompatible avec ce qui était son calendrier musical.
08:02Maître Slama, le bon sens, vous dit Laurent Valligué.
08:06Laurent Valligué vous dit que ça n'était plus compatible
08:08de voir Patrick Bruel venir chanter des chansons d'amour devant un public
08:11très largement féminin, au vu des accusations qu'il pose contre lui.
08:15Ça n'était plus compatible.
08:17Devant un public qui a pris ses places
08:18et qui n'a pas été forcé d'aller voir ses concerts.
08:20C'est ça qui me surprend un peu.
08:22J'entends l'argument sur les maires qui seraient représentatifs.
08:25En vérité, on a entendu l'opinion d'une poignée de personnes dans cette affaire.
08:29Et c'est une poignée de personnes.
08:30Allez, on va être large, même si on prend les élus.
08:32C'est quoi ? C'est 15, 20, 30, 50 personnes
08:34qui ont dit qu'éventuellement, il devait arrêter ses concerts.
08:36C'est pas rien.
08:38Un maire qui s'engage, qui met,
08:41sa notoriété, etc.,
08:42dans la balance, et qui dit, non, pas chez moi,
08:45c'est pas rien.
08:47Écoutez, je suis un peu surpris quand même
08:49de ces maires qui prétendent dire
08:51qui est le bienvenu ou pas le bienvenu dans la ville dont ils sont maires.
08:53Ils ne sont pas propriétaires.
08:55Ils ne sont propriétaires de rien du tout.
08:56Encore une fois, on n'est pas au Far West.
08:58Ils n'ont pas la liberté de dire qui peut venir ou pas
09:00sur le territoire dont ils sont maires.
09:01C'est une manière de faire qui dépasse le droit,
09:04qui pour le coup ne respecte pas le droit.
09:05Parce qu'y compris parmi ces maires-là,
09:07un certain nombre disait, on n'a pas les arguments juridiques
09:09et on n'a pas les outils juridiques pour l'empêcher de le faire,
09:11mais on va le faire quand même.
09:12Ça veut dire qu'ils décident et ils assument pleinement
09:15d'outrepasser leur droit en disant
09:16le droit ne nous l'autorise pas,
09:19mais nous, on va se le permettre quand même
09:20d'essayer d'empêcher ce qu'on sert.
09:21Moi, ça me pose problème, surtout quand on est un élu de la République.
09:24Alors, on voit que ça a pesé.
09:25Elisabeth, combien de maires ? Quel maire ?
09:27Qui a dit quoi dans cette affaire ?
09:2819 maires au total.
09:30Vous allez voir la carte des villes
09:31pour lesquelles les maires ont souhaité
09:33l'annulation de l'avenue de Patrick Bruel.
09:35Ils étaient donc 19 à demander solennellement
09:39de prendre ses responsabilités.
09:41Certains ont même utilisé le mot « d'essence ».
09:44Mais effectivement, vous l'avez rappelé Maître Slama,
09:46la décision n'était pas entre leurs mains finalement.
09:49La maire de Dijon le déplorait.
09:51D'ailleurs, elle disait « je n'ai ni le pouvoir ni la légitimité »
09:53parce qu'effectivement, quand des salles de concert
09:55où se produit Patrick Bruel sont des salles privées,
09:58gérées par des sociétés privées,
09:59la ville, là, elle ne peut rien faire.
10:01Et quand c'est public, c'est un peu moins compliqué
10:03puisque à Chartres, par exemple,
10:05ville qui refusait également d'accueillir Patrick Bruel
10:07et ville dans laquelle la tournée de Patrick Bruel
10:09devait démarrer,
10:11aucun contrat n'a été signé dans la salle publique.
10:14Donc, la ville de Chartres a pu annuler
10:16l'avenue de Patrick Bruel.
10:18Et par ailleurs, effectivement,
10:19les maires ont très probablement pesé
10:21dans cette décision
10:22puisque le maire de Chartres, notamment,
10:24était tellement déterminé qu'il a dit
10:25« si Patrick Bruel conteste,
10:28on est en mesure d'aller sur un terrain plus juridique
10:31qui peut aller jusqu'à un éventuel recours ».
10:34Et d'ailleurs, il a eu une idée
10:35puisqu'à la place, à cette date,
10:37il voulait organiser un événement
10:38en hommage à toutes les victimes de violences
10:40plutôt que de voir Patrick Bruel
10:41se représenter dans sa ville.
10:43Je reviens aux mots de Patrick Bruel ce soir.
10:45Il y a plusieurs mots
10:47que je voulais vous soumettre.
10:48D'abord, Patrick Bruel dit
10:49« je fais le choix de l'apaisement »
10:50ce soir dans son message.
10:52Ce mot-là,
10:53et je vous interagera, Fatima Benomar,
10:55dans une seconde sur ce mot-là,
10:56il a été choisi,
10:57il a été pesé,
10:58Steven Benry,
10:59il est conseillé, Patrick Bruel.
11:00« Je fais le choix de l'apaisement ».
11:03Parce qu'il, je pense,
11:05était face à un mur.
11:06Il se dit aussi
11:08qu'il n'a pas laissé la possibilité
11:10à son public de choisir.
11:12Il aurait pu, cet été,
11:14dire « j'ouvre une procédure
11:16sur mon site internet,
11:17vous pouvez vous faire rembourser
11:18vos places de concert ».
11:19Ça aurait été une forme
11:20de référendum populaire, culturel.
11:23Il aurait très bien vu.
11:24Il y avait peut-être 50 personnes
11:25qui auraient demandé à être remboursées,
11:26peut-être 2 000, 3 000 ou 4 000,
11:28peut-être l'intégralité de la salle.
11:30Il aurait pu prendre ses responsabilités.
11:31Il n'a pas offert cette possibilité
11:32à son public.
11:33Il y a 150 000 personnes,
11:34vous le disiez,
11:34qui ont pris des billets
11:35pour ses concerts.
11:35Ils ont réacheté des billets,
11:35c'est ce qu'il dit.
11:36La plupart des salles
11:37sont évidemment pleines
11:38et il est resté une poignée
11:39de places à vendre.
11:41Mais on peut constater
11:43que de très nombreuses personnes
11:45essaient de revendre leur place,
11:46que les bourses de revente officielles
11:47sont pleines à craquer,
11:48qu'il y a un marché
11:49sur les sites internet
11:50un peu plus pirate
11:52pour être tenté
11:52de revendre leur place
11:53qui est très importante,
11:54qui est du quasi jamais vu.
11:56Donc, il n'a pas laissé
11:57cette possibilité-là aussi.
11:58Donc, on ne peut pas dire
11:59qu'il y a 150 000 personnes
12:00qui rêvaient d'y aller.
12:00Il faut se mettre à la place
12:01aussi des gens
12:01juste une minute.
12:02Quand vous avez payé
12:03votre place 90 euros,
12:05vous avez peut-être réservé
12:06une chambre d'hôtel ou autre,
12:07vous êtes face à un dilemme.
12:08Vous voulez dire,
12:08je sais quoi,
12:09ma morale,
12:10c'est au-dessus
12:11de mes 150 euros déboursés
12:13ou quoi que ce soit.
12:14Moi, je parlais
12:14avec beaucoup de gens
12:15qui étaient là,
12:15je ne sais pas quoi faire,
12:16je n'ai pas envie
12:16de perdre mes 150 euros,
12:17il n'a pas été jugé,
12:18mais est-ce que je dois
12:19vraiment y aller ?
12:19C'était vraiment
12:21un vrai cas de conscience
12:22pour les femmes.
12:23On sera dans une seconde
12:24avec une fan justement
12:25de Patrice Boulogne,
12:25mais Fatima Edomar,
12:26ce mot-là d'apaisement,
12:28est-ce que vous reconnaissez
12:29ce soir que Bruel
12:30joue l'apaisement
12:31en annulant ses concerts ?
12:33C'est un mot qui sonne
12:34un peu douloureusement
12:35à mon oreille
12:35parce que j'ai l'impression
12:36que c'est quelque chose
12:37qui est dans le champ lexical
12:39du statu quo.
12:40C'est-à-dire que moi,
12:40pour rebondir à ce que vous dites,
12:42parce que je suis quand même
12:42sensible à vos arguments,
12:45mais on est dans une situation
12:47où il n'y a pas d'égalité
12:48et d'équité
12:49dans ce qui est visible,
12:50dans ce qui coûte
12:51à chaque personne.
12:52Patrick Bruel,
12:52on voit ce que ça lui coûte.
12:54C'est un artiste
12:54qui est connu,
12:55tout le monde le connaît
12:56et il doit descendre de scène.
12:57Si je prends l'exemple
12:58de l'une des plaignantes,
13:00Ophélie Fachefer,
13:01elle voulait se lancer
13:02dans une carrière artistique.
13:03Elle l'a rencontrée comme ça.
13:05Le piège de Patrick Bruel,
13:07c'est d'inviter des jeunes filles
13:08qui veulent se retrouver avec lui
13:11pour construire leur carrière
13:12et de les prédater
13:13à ce moment-là.
13:14Et donc après,
13:14elles se sentent en porte-à-faux,
13:16elles s'enfoncent
13:16dans la honte et le silence.
13:18Donc, et ça,
13:20du coup, après garder,
13:22rester sur ce territoire-là
13:23dans le débat,
13:24c'est protéger le statu quo
13:25parce que c'est continuer
13:27à focaliser l'attention
13:28et l'empathie sur lui
13:29et de ne pas voir
13:30et essayer de rendre visibles
13:32des parcours
13:32qui sont invisibles.
13:34Et moi, c'est l'effort
13:34que je veux faire
13:35et par rapport à Patrick Bruel,
13:37tout ce que je lui souhaite,
13:38c'est l'apaisement
13:39et c'est pour ça que je pense
13:40que parfois,
13:40c'est même vertueux pour lui
13:41que quelque chose
13:42dans la société lui fasse stop
13:44pour qu'il arrête
13:45de se réfugier
13:45sur son piédestal
13:46et sur le patrimoine
13:48qu'est sa popularité
13:49et que peut-être
13:50il retrouve lui
13:51l'apaisement nécessaire
13:52pour le temps
13:53qui lui reste
13:53sur cette planète,
13:56faire acte de reconnaissance,
13:58demander pardon
13:58et participer
13:59à la réparation
14:00parce que moi,
14:01en tout cas,
14:01en ce qui me concerne,
14:02je ne crois pas
14:03en l'histoire
14:03de 32 victimes
14:04et je ne sais combien
14:05de témoins
14:07Je vais lire ce soir,
14:08vous n'y croyez pas,
14:10on verra ce que la justice
14:10dira évidemment,
14:12je vous lis les mots
14:12ce soir de Bruel,
14:13je ne suis pas l'homme
14:14que certains imaginent
14:14ou décrivent,
14:15je ne laisserai pas dire
14:16certaines choses
14:17sans les contester
14:18pour une raison simple,
14:19elles sont fausses,
14:20je me défendrai,
14:21je me battrai
14:21pour que mon innocence
14:22soit reconnu,
14:23je continuerai de répondre
14:24à toutes les questions
14:25de la justice
14:26qui doit pouvoir travailler
14:27sereinement,
14:28loin du bruit
14:28et loin des pressions,
14:29on y reviendra dans une seconde,
14:30loin du bruit
14:31et loin des pressions,
14:31est-ce que c'est encore possible
14:32pour la justice
14:33dans cette affaire ?
14:36Je le disais,
14:37vous êtes fan de Bruel,
14:38vous êtes membre du collectif
14:39Ensemble pour pratique,
14:40comment vous réagissez-vous
14:41ce soir à l'annonce
14:42de cette annulation ?
14:44On est triste forcément,
14:45on est très triste
14:46mais on comprend aussi
14:47que finalement,
14:49il faut mieux
14:49qu'il se réserve
14:50pour sa défense,
14:51qu'il travaille
14:52et je pense qu'il veut surtout
14:54ne pas faire de problèmes
14:56avec toute son équipe
14:57aux personnes
14:58qui ont leur place
14:59depuis longtemps
15:00parce que vous savez
15:00que c'est à guichet fermé,
15:02les concerts sont pleins
15:05et il choisit l'apaisement,
15:06je pense que c'est le mot,
15:08de façon à ce que
15:09tous les esprits se calment
15:11et que lui puisse
15:13se déterminer dans la conduite
15:15qu'il doit faire,
15:16qu'il doit mener
15:17pour se défendre
15:17et pour faire sortir la vérité.
15:19Donc vous vous dites
15:20qu'il a pris la bonne décision
15:21ce soir,
15:22vous vouliez qu'il prenne
15:23cette décision-là ?
15:24Non, non, pas du tout,
15:25je ne voulais pas
15:25qu'il prenne cette décision
15:26mais dans la mesure
15:27où il l'a prise,
15:28on respecte sa décision
15:29parce que de toute façon,
15:31ce qu'il vivait jusqu'à présent,
15:33le fait de dire
15:34tout ce qu'on entend
15:35à son sujet,
15:37c'est une personne
15:38qui est mise en examen,
15:39c'est une personne
15:39qui a affaire à la justice,
15:41comme tout le monde,
15:42quand on a affaire à la justice,
15:43on laisse faire la justice,
15:44par contre,
15:45ce n'est pas vrai pour lui,
15:46on le traîne dans la boue,
15:48on l'accuse de tous les maux,
15:50mais je pense
15:51qu'il faut rester
15:52dans la justice,
15:53nous sommes dans
15:54un état de droit,
15:55si on écoute la rue,
15:57où va-t-on ?
15:57Dans quelle société vivons-nous ?
15:59C'est la société
16:00qu'on va donner
16:00à nos enfants ?
16:01Ah non, pas du tout,
16:02je réfute
16:05ce haro contre lui
16:08depuis fort longtemps,
16:09non, ça je ne suis pas...
16:09Mais ça veut dire,
16:11Pascal,
16:11que vous,
16:12vous auriez pu,
16:14malgré les 4 mises en examen,
16:16les 4 mises en examen,
16:17malgré les dizaines
16:18de plaintes,
16:18etc.,
16:19vous auriez pu
16:20aller à un concert
16:21de Bruel ?
16:22J'ai ma place,
16:23forcément,
16:24dans la maison,
16:24j'ai ma place.
16:27Pour vous,
16:27c'est...
16:28C'est pas n'importe quelle tournée,
16:31c'est les 35 ans,
16:33alors regarde,
16:34nous,
16:34on le connaît depuis 40 ans,
16:36puis alors,
16:36je ne sais pas si vous êtes au courant,
16:37mais la Bruelmania,
16:38il fallait voir les filles
16:39comme elles étaient,
16:40c'était vraiment
16:42un attroupement,
16:43une folie,
16:43mais c'était vraiment du délit,
16:44on ne pouvait même plus chanter,
16:46c'était tout le monde
16:46qui chantait à sa place,
16:48et puis un attroupement,
16:49moi j'étais sur les Champs-Elysées,
16:51il était dans une...
16:53Je pense que c'était une pizzeria,
16:54il n'a pas pu sortir normalement,
16:56il a dû sortir de l'autre côté,
16:58de l'autre côté de la rue
17:00pour pouvoir sortir,
17:00et avec l'escorte des policiers.
17:03Donc il faut remettre
17:04dans le contexte
17:05la Bruelmania aussi,
17:06on en parle peu.
17:07Maintenant,
17:07on est dans une autre société,
17:09la société a changé,
17:10et tant mieux pour les femmes,
17:12tant mieux aussi,
17:12je ne dis pas...
17:13Je ne veux pas parler
17:14de la justice,
17:15moi je n'en parle pas,
17:16c'est dans les mains
17:17de la justice,
17:18je ne veux pas rentrer
17:19dans ce dossier.
17:20Mais la femme a changé,
17:22tant mieux,
17:23et tant mieux pour la femme.
17:24Mais à notre époque,
17:26il y avait des filles
17:26de 14 ans, de 16 ans,
17:27qui l'attendaient,
17:28qui n'avaient pas froid aux yeux,
17:30mais de même temps,
17:30c'est pareil que pour Claude François,
17:32vous savez,
17:33Claude François...
17:34Des manias,
17:35il n'y a pas de souci.
17:35Fatima Védomar.
17:36Oui, je pense que vous mêlez
17:38quand même la question
17:39de la Bruelmania,
17:41etc.
17:42C'est des jeunes femmes,
17:43même parfois des très jeunes filles,
17:44des ados,
17:45qui voulaient rencontrer
17:45leur idole,
17:46et ça ne veut pas dire absolument
17:48que ça interfère
17:50quoi que ce soit
17:50avec le fait
17:51qu'à l'époque,
17:51c'était déjà bien entendu
17:53interdit de violer
17:53et d'agresser sexuellement
17:54des femmes,
17:55ce qui est dans les témoignages
17:56précis des plaignantes.
17:58Je n'ai pas parlé de viol.
18:00Je n'ai jamais parlé de viol.
18:01Je dis que les femmes
18:02étaient fortes de lui.
18:04Maintenant,
18:04c'est vous qui parlez de viol.
18:05Moi, je n'ai pas parlé de viol.
18:07Moi, je vous dis simplement
18:08qu'il y a une brule manière.
18:08C'est pas que Fatima Védomar.
18:09C'est un certain nombre
18:12de plaignantes.
18:12Et puis, effectivement,
18:13c'est mis en examen.
18:14Pas de condamnation pour l'instant,
18:15mais c'est mis en examen.
18:17Je parlais de Claude François aussi.
18:18C'était une façon de vivre
18:20qui était différente.
18:21C'est plus du tout
18:22la même chose.
18:23J'entends.
18:24Le viol et les agressions sexuelles
18:25n'étaient pas une façon
18:26de vivre à 50 ans.
18:27Je ne parle pas de viol.
18:28Je parle de la façon
18:29dont les femmes se conduisaient
18:31et de la façon maintenant
18:32où elles se conduisent.
18:33C'est différent.
18:34On vous a entendu, Pascal.
18:35Merci beaucoup
18:36d'avoir été avec nous.
18:37Merci.
18:38Merci à vous.
18:40Bonne soirée.
18:40Dans un instant,
18:41avec Maëlle Janton,
18:41on va reparler évidemment
18:42de la suite des témoignages
18:44que vous aviez recueillis
18:45pour Ligne Rouge.
18:46Mais il y a cette phrase
18:48dans le communiqué de Bruel
18:51qui, moi, me trouble
18:52d'une certaine manière.
18:53Je sais aussi,
18:53dit le chanteur,
18:54que cette situation
18:55m'oblige à m'interroger,
18:56à poursuivre une réflexion
18:57personnelle profonde
18:58et à entendre certaines choses
18:59avec toute l'attention
19:00qu'elles exigent.
19:01Je le fais.
19:03Qu'est-ce qu'il veut nous dire
19:04là, Patrick Bruel ?
19:05Pour faire écho
19:06à ce que vient de nous dire
19:07la fan de Patrick Bruel
19:08et répondre à votre question
19:09à la fois, Maxime,
19:10il y a quelque chose
19:11qui à la fois me frappe
19:13et me réjouit.
19:15C'est parce que ça fait
19:17un moment que je suis
19:17des affaires judiciaires.
19:19Il y a quand même
19:19un profond respect en France
19:21de l'institution judiciaire.
19:25Je n'ai jamais vu
19:26dans aucun procès,
19:28alors que ça a été
19:29la tentative,
19:29notamment chez certains politiques
19:30lourdement contaminés,
19:32de manifestations
19:33pour dénoncer
19:33les décisions de justice.
19:37Donnez-moi un cas, Maxime.
19:38– Ah bah,
19:38la manifestation qui a suivi
19:39la première condamnation
19:40de Marine Le Pen.
19:41– Marine Le Pen,
19:41elle aurait voulu justement
19:42que ça soit une lourde manifestation.
19:44Il n'y avait que
19:44deux ou trois mille
19:45aficionados du Rassemblement de l'Institut.
19:47– Ce n'est pas le même cadre,
19:49mais vous me demandiez un exemple.
19:50– C'était une toute petite manifestation,
19:52justement.
19:52Et là, il n'y a pas eu,
19:53dans le cas de Bruel,
19:54cet été,
19:55une Bruelmania bis
19:58judiciaire
19:58qui aurait été susceptible
20:00de montrer,
20:02dans une forme
20:03de rapport de force,
20:04que le public
20:05de Patrick Bruel,
20:07comme l'aimerait
20:08Maître Slama,
20:09était très attaché
20:09au principe
20:10de la vie démocratique,
20:12de la présomption
20:12de l'innocence,
20:13et aurait voulu
20:13les concerts coûte que coûte
20:14dans l'attente
20:15d'une éventuelle
20:16décision judiciaire finale.
20:18Non.
20:18On l'a entendu là,
20:20les Français
20:21sont soucieux
20:23que la justice
20:24puisse faire son boulot.
20:25– Et donc Bruel nous dit
20:26« Je sais aussi
20:27que cette situation
20:27m'oblige à m'interroger ».
20:29– J'entends, Maxime,
20:30dans la phrase
20:30que vous venez de citer
20:31dans la bouche
20:32de Patrick Bruel,
20:33j'entends une forme
20:34de prise de conscience
20:34de Patrick Bruel
20:35qu'il était face
20:36à une demande
20:38d'explication judiciaire
20:39qui l'obligeait davantage
20:41que ce qu'était
20:42à sa position
20:43en juin dernier,
20:45consistant à dire
20:45« Circuler,
20:46il n'y a rien à voir,
20:47je n'ai jamais abusé
20:49d'aucune femme ».
20:50On sent une inflexion.
20:52Et on sent une inflexion
20:53qui est certainement
20:54due à cet été,
20:54cette prise de conscience,
20:56ce deuil
20:56qu'il vient de faire,
20:57il faut lui reconnaître ça,
20:58il fait le deuil
20:59du personnage
21:03qui était.
21:04En annulant cette tournée,
21:06cette 35e anniversaire,
21:07l'année prochaine,
21:08ça sera le 36e.
21:09La gare est passée.
21:11Donc il fait le deuil
21:12de tout ça.
21:12Ça lui a pris trois mois
21:13à Patrick Bruel.
21:14Ça lui a pris des séances
21:15avec ses avocats.
21:16Ça lui a pris cet été dangereux
21:19où il a failli reperdre son passeport
21:20et pas aller à l'étranger.
21:22Décision de la cour d'appel
21:23de Versailles
21:23le 16 septembre.
21:25Donc vous voyez,
21:25il faut faire du chemin
21:27pour arriver à tout ça.
21:29Il a passé beaucoup de temps
21:30en famille notamment,
21:31probablement qu'il a consulté
21:32ses proches,
21:33qu'il veut les protéger.
21:34Il est aussi soumis
21:35à une obligation de soins,
21:36de soins psychologiques.
21:37Peut-être que ce travail
21:38a porté ses fruits aussi
21:39ces dernières semaines.
21:39Donc cette phrase,
21:40ça veut aussi dire,
21:41en tout cas,
21:42c'est une inflexion
21:43par rapport à ce qui était
21:44sa position de juin dernier,
21:46radicale,
21:46disant « je n'ai jamais abusé personne,
21:47je me défendrai jusqu'au bout ».
21:49Cette phrase,
21:49ça veut aussi dire,
21:50j'entends que,
21:52même si moi,
21:53j'ai l'impression,
21:54Patrick Bruel,
21:55de n'avoir pas eu l'intention
21:57d'abuser quelqu'un,
21:58j'entends qu'il y a des vérités
22:00qui ne sont pas les miennes.
22:01– Oui,
22:01et puis ce qui s'est passé aussi
22:03cet été,
22:04ce sont des nouvelles plaintes
22:06qui sont arrivées.
22:07Mais j'entends la dernière
22:08plainte déposée le 19 août
22:10par maître Gail Benayoun
22:11qui parle d'une plainte
22:12pour tentative de viol,
22:13une cliente tout juste majeure
22:15et elle raconte
22:16ce qui s'est passé
22:17et je voulais voir
22:18si ça fait écho
22:18au témoignage que vous,
22:19vous avez recueilli
22:19pour l'Union Rouge.
22:20Elle raconte que sa cliente
22:22est invitée à une soirée
22:23par Patrick Bruel
22:24et que quand elle arrive,
22:26elle se retrouve en réalité
22:27seule avec Patrick Bruel
22:29et elle parle ensuite
22:30d'une tentative de viol.
22:32Est-ce que ça,
22:34ça fait écho aux témoignages,
22:36aux autres témoignages
22:36que vous avez pu recueillir ?
22:38– Alors,
22:38il y a des similarités
22:39dans beaucoup de témoignages
22:41et notamment dans celui-là.
22:43Des femmes qui souvent déjà
22:44sont très jeunes,
22:46Ophélie Fachefer avait 19 ans,
22:48Flavie Flamand a eu 16 ans
22:49à ce moment-là aussi,
22:50une autre femme qui s'appelle Maya
22:52avait 15 ans à l'époque
22:53des faits qu'elle dénonce
22:54et puis des lieux qui sont communs,
22:56son domicile en l'occurrence,
22:58notamment l'île-sur-Sorgue,
22:59son domicile parisien aussi
23:01et puis des loges
23:02et les salons de massage
23:04pour lesquels il y a également
23:05une procédure en cours.
23:06Et puis enfin,
23:07c'est très souvent des femmes
23:08qui ont une position sociale
23:10qui est largement inférieure
23:11à celle de Patrick Bruel.
23:12Ce sont des stagiaires,
23:13des attachés de presse,
23:15des masseuses,
23:15des personnes
23:17qui sont souvent inférieures
23:18à lui socialement.
23:19Des femmes qui ont souvent,
23:21comment dire,
23:22eu besoin de beaucoup de temps
23:23avant de parler ?
23:24Oui, souvent des femmes
23:27qui ont eu besoin parfois
23:28de jusqu'à 30 ans,
23:2935 ans pour certaines d'entre elles.
23:31Nous, on a rencontré une
23:33qui justifiait,
23:34qui en tout cas expliquait
23:36que Patrick Bruel
23:36l'avait attouchée en 1992,
23:39donc ça fait 34 ans maintenant.
23:41Et ça s'explique aussi
23:43par le fait peut-être
23:43qu'elles font face
23:44à un mastodonte médiatique.
23:46Elles s'attaquent à Patrick Bruel,
23:47avec aussi une armée
23:49entre guillemets de fans,
23:50parfois des insultes
23:50sur les réseaux sociaux.
23:51Donc quelque part,
23:52ce n'est pas non plus
23:52pour elles anodin.
23:53C'est-à-dire qu'à partir du moment
23:54où elles sortent de l'anonymat,
23:56c'est un déferlement contre elles ?
23:57En tout cas,
23:58c'est un aller sans retour
23:59quelque part, effectivement.
24:00C'est des femmes
24:00qui ont tout à perdre,
24:02disons les choses clairement.
24:03Il n'y a jamais une victime
24:04qui ressort renforcée
24:06d'un tel courage.
24:08Ce sont des femmes
24:09qui n'ont pas toujours
24:10les ressources financières
24:11pour embaucher un avocat,
24:12qui ne savent pas nécessairement
24:13comment ça fonctionne,
24:14qui ont parfois été
24:16extrêmement abîmées
24:17par ce combat
24:18et par des violences.
24:20C'est toujours cela
24:20qui est intéressant
24:21à suivre dans les prises de parole
24:23et le courage
24:23de ces personnes.
24:25Et d'ailleurs,
24:25j'ai envie de rappeler
24:26qu'il y avait une dizaine
24:27de plaintes
24:29jusqu'au mois de mai
24:30et il a fallu
24:31que Flavie Flamand
24:31sorte de l'ombre,
24:33décide de cacher
24:35son anonymat,
24:36de dire que c'est elle
24:37qui parlait dans Mediapart
24:38sous un faux prénom
24:39et d'expliquer son histoire
24:40pour que beaucoup de médias
24:41s'en emparent
24:42et que ça ouvre
24:43d'une certaine manière
24:44une porte
24:45et qu'une vingtaine
24:46d'autres plaintes
24:46soient déposées
24:47et que ça devienne
24:48l'affaire Breuven.
24:49Mais est-ce que pour vous,
24:50Dylan Slama,
24:50ce soir,
24:51il y a une forme de,
24:52je ne sais pas comment dire ça,
24:53de défaite,
24:54de bascule
24:54de la présomption d'innocence
24:55en France ?
24:57Oui et non.
24:58Alors oui,
24:58c'est une défaite
24:58pour la présomption d'innocence
25:00et pour un certain nombre
25:00de principes.
25:01Maintenant,
25:02est-ce qu'on peut parler
25:02de bascule
25:03dans la mesure
25:03où en fait,
25:04c'est la énième itération
25:06de la chute
25:07de ce principe
25:08qui n'en finit pas
25:09de mourir
25:09d'une certaine manière.
25:11Ça fait très longtemps.
25:12Alors de temps en temps,
25:12on a des espoirs.
25:13Moi,
25:13lorsque le garant
25:14de l'institution judiciaire,
25:15le président de la République,
25:16prend la défense
25:18de Jérard Depardieu,
25:19non pas en tant que
25:21sur le plan judiciaire,
25:21mais lui dire
25:22il demeure présumé innocent,
25:23je trouve ça bien.
25:24Lorsqu'il décide
25:24de garder Éric Duplomoretti
25:25qui est mis en examen
25:26alors qu'il y avait quand même
25:27pléthore de pression
25:28pour qu'il soit viré
25:29parce que mis en examen,
25:30je trouve que c'est bien.
25:31D'ailleurs,
25:31il a été à la fin innocenté.
25:32Donc de temps en temps,
25:33on a des sous-brousseaux
25:33de courage
25:34de la part de telle ou telle personne
25:35en disant que l'institution judiciaire
25:36doit être respectée.
25:37Mais il faut bien dire
25:38que la plupart du temps,
25:39c'est la lâcheté qui domine.
25:40Si je puis juste me permettre,
25:41Macron ne s'était pas contenté
25:43de la neutralité
25:43de la défense
25:44et de la présomption d'innocence.
25:45Il avait rappelé
25:46que Depardieu
25:47rendait fière la France.
25:48Il aurait pu être
25:49un peu plus équitable
25:50en pensant quand même
25:51aux plaignantes
25:52et en gardant
25:53un positionnement
25:54un peu plus neutre.
25:55La suite pour Patrick Bruel,
25:58judiciairement parlant,
25:59qu'est-ce qui va se passer maintenant ?
26:01La suite,
26:01c'est que les juges
26:04vont demander aux policiers
26:05d'éplucher
26:06les 32 autres plaintes
26:08de cet été.
26:10Donc ça,
26:10c'est un travail.
26:11Toutes les plaignantes
26:12vont être entendues.
26:13Ils vont essayer
26:14de recouper
26:15leurs témoignages,
26:18essayer de crédibiliser
26:19les choses
26:20par des investigations matérielles,
26:22etc.
26:23Et puis lui,
26:23ensuite,
26:24il n'est absolument plus maître
26:25de son calendrier.
26:26C'est-à-dire,
26:26ça peut être
26:27des gardes à vue nouvelles,
26:29des auditions nouvelles,
26:30des convocations
26:30et puis de ça,
26:31parce que pour les 4
26:32mises en examen initial
26:33et les 4 témoins assistés,
26:35il sait que là,
26:36le processus
26:36est enclenché.
26:37Il a pu travailler
26:37le dossier
26:38avec ses avocats
26:38cet été,
26:39mais il sait
26:40qu'il risque
26:40d'y avoir
26:40des confrontations
26:42et la machine
26:43judiciaire
26:45continue.
26:46Il n'est plus maître
26:47du calendrier,
26:48Patrick Bruel.
26:48Et c'est ça aussi
26:49qui rendait difficile,
26:50voire impossible
26:51la tournée.
26:51Difficile de faire croiser
26:52un calendrier judiciaire
26:53dont il n'a plus
26:54du tout les clés
26:55et le calendrier
26:56de ses 35 concerts,
26:57150 000 personnes,
26:58avec autant
26:59de perturbations possibles.
27:00Voilà,
27:00Patrick Bruel
27:01qui annule cette tournée.
27:02Je précise une chose,
27:02un rendez-vous demain soir.
27:03L'avocate de Patrick Bruel,
27:04Maître Fanny Collin,
27:06sera avec nous.
27:07Elle a accepté
27:07d'être notre invité
27:07demain soir dans BFM.
27:09Grand soir,
27:10on lui donnera
27:11évidemment la parole.
27:12Merci à toutes et tous
27:14d'avoir été avec moi ce soir
27:15pour parler de cette information importante.
27:17Bruel renonce ce soir
27:18à sa tournée.

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