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  • il y a 10 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Votre argent, votre pouvoir d'achat, c'est une soirée spéciale sur BFM TV.
00:03Dans un instant, les toutes dernières annonces du gouvernement, elles sont tombées sur le carburant.
00:07Pas de baisse des taxes, toujours pas, mais une nouvelle aide élargie.
00:105,5 millions d'automobilistes concernés, 100 euros pour les trois prochains mois, juste avant.
00:16Il faut tenter ce soir de comprendre pourquoi on en est là, pourquoi le prix des carburants continue de flamber
00:20et à quel point les tensions internationales pèsent.
00:23Hormuz, Babel Mandeb, la Russie, l'Ukraine.
00:25Bonsoir Gilles Kepel.
00:26Bonsoir.
00:26Merci beaucoup d'être avec nous, professeur émérite des universités, spécialiste du Moyen-Orient,
00:31auteur de ce livre.
00:32Il sort demain, Pèlerinage français aux éditions Albain Michel,
00:35qui va nous permettre d'une certaine manière de faire le lien entre,
00:38je veux dire, la grande photo et ce dont on va parler, Hormuz, etc.,
00:41et ce que vivent les Français au quotidien avec le carburant.
00:45Je voudrais qu'on détaille d'abord les tensions, et je salue Lise Gosset et Elsa Vidal, pardon,
00:49qui sont là pour mépaulé ce soir, évidemment.
00:52Je vous regardais, j'étais très content de vous avoir avec moi, mais je me laisse, c'est pas à
00:55vous.
00:55Je voudrais qu'on détaille ça sur la carte, Gilles Kepel, et on va se concentrer sur le Moyen-Orient
00:59pour commencer.
01:01La carte des routes pétrolières fermées ou en grande partie bloquées.
01:06Hormuz, on en parle un peu moins en téléspectateurs ces temps-ci,
01:09mais la situation est figée, bloquée.
01:12On n'a pas avancé depuis des mois sur Hormuz ?
01:14Si, paradoxalement, la semaine dernière, il y a eu un certain nombre de passages.
01:19Il y avait plein de petits bateaux, de petits tankers qui passaient le Golfe
01:23et qui allaient ensuite charger ce qu'on appelle des VLCC,
01:26des très gros porteurs d'hydrocarbures qui partaient vers la Chine, etc.
01:31Mais depuis que la tension est remontée d'un cran,
01:36et notamment que Donald Trump a décidé que les compagnies aériennes iraniennes
01:41ne pourraient plus voler, parce que toute personne qui travaillait avec elles
01:45serait supprimée du marché de dollars.
01:47Donc quand un avion iranien arrive en France, il ne paye pas en rial la passerelle,
01:53donc c'est plus possible.
01:54Donc on voit bien qu'il y a une montée des tensions très forte,
01:56et du coup les Iraniens ont re-bloqué Hormuz alors qu'ils avaient laissé passer des choses,
02:01laissé passer des choses, entre autres, sur la pression de la Chine
02:04qui souffre énormément de cette affaire, parce qu'en réalité Hormuz et Bab el-Mandeb,
02:10l'autre détroit de l'autre côté de la péninsule arabique que bloquent les Houthis aujourd'hui,
02:14c'est ce qui amène essentiellement le pétrole et le gaz vers les pays d'Asie.
02:20Et la Chine est un glouton, puisque la Chine consomme 5 milliards de barils.
02:24Et comme c'est un marché mondial, si on consomme plus d'un côté, etc.,
02:29ça pèse aussi de l'autre.
02:30Sur Hormuz, je voulais qu'on entende, parce que c'est tout frais,
02:32Emmanuel Macron tout à l'heure à la tribune de l'ONU,
02:36Assemblée générale de l'ONU, le président français dit bien que,
02:39j'allais dire, des mois après, la priorité c'est toujours de rouvrir Hormuz.
02:44Au Moyen-Orient, nous avons mis sur pied une coalition indépendante et multinationale
02:48pour restaurer la liberté de navigation dans le détroit d'Hormuz.
02:53Celle-ci ne doit pas être un objet de chantage.
02:55C'est un principe cardinal du droit international.
02:59Et il est dans l'intérêt de tous que les navires passent le détroit en toute sécurité
03:03et que l'approvisionnement énergétique de nos pays soit assuré.
03:07La réouverture du détroit d'Hormuz est une priorité.
03:12Le respect du droit international y est une priorité,
03:15dans l'intérêt de tous, et la France s'y engagera.
03:19– Là, la stratégie c'est quoi ?
03:20C'est de s'appuyer sur l'ONU pour essayer de débloquer,
03:23de faire un peu baisser la pression à Hormuz ?
03:25– Oui, il n'y a pas beaucoup de chance quand même,
03:27parce qu'au fond, le système international que l'ONU coiffait,
03:30bon an, mal an, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale,
03:33depuis 81 ans aujourd'hui, ne fonctionne plus.
03:36Ce qui était fondé sur ce qu'on appelait les « commons »,
03:39c'est-à-dire que le ciel et la mer, et il n'y avait plus de pirates,
03:44étaient pour la libre circulation.
03:45Or, la décomposition du système fait que des États côtiers disent
03:49« Non, je prends ce morceau, il est à moi, et j'exerce un péage ».
03:54Hormuz, Saléhouti, Sombra Belmandeb,
03:56on pourrait imaginer que l'Espagne, le Maroc et Gibraltar
04:00fassent un péage dans le détroit de Gibraltar,
04:03et pourquoi pas que la France et l'Angleterre à Douvres,
04:06et surtout, ça c'est de la fiction pour l'instant, bien sûr,
04:10mais le problème se pose par exemple au détroit de Malacca,
04:12qui lie l'océan Pacifique et la mer de Chine à l'océan Indien,
04:18et par où passe tout le pétrole qui va en Chine,
04:20d'où les manœuvres gigantesques en ce moment des Chinois
04:23face aux Australiens pour contrôler les routes commerciales,
04:26et ça c'est quelque chose de très nouveau,
04:28qui fait que le pétrole est devenu une arme politique de premier plan.
04:35– Très bien, on revoit la carte, Ulysse Gosset,
04:38on vient de parler d'Hormuz, il y a Babel Mandeb ici,
04:42Babel Mandeb, les outils alliés des Iraniens
04:45ont repris le contrôle de la côte sur la mer Rouge,
04:49et font peser le même type de crainte que pour le détroit d'Hormuz,
04:56ils attaquent en parallèle les installations pétrolières saoudiennes,
05:00le pipeline que l'on voit là en plein milieu de cette carte…
05:02– Ça, ça vient d'Irak, en fait.
05:04– Vous avez raison, ce sont les milices pro-iraniennes en Irak,
05:10qui ont bombardé le pipeline et qui ont tapé une station de compression,
05:13alors qu'autrefois les pipelines étaient réparés assez rapidement,
05:17là les Saoudiens, qui ont une situation très difficile, sont bloqués.
05:21– Mais ça veut dire, Ulysse Gosset, que la situation aujourd'hui
05:23est pire qu'il y a quelques semaines ou quelques mois ?
05:26– Elle s'est aggravée et cela va continuer, hélas.
05:29Mais le grand changement, assez spectaculaire je trouve,
05:32c'est l'attitude de Trump à l'égard de l'Arabie saoudite
05:35et la position de la France.
05:37Trump ne veut pas aider l'Arabie saoudite,
05:41par exemple en bombardant les outils.
05:43Qu'a fait la France ?
05:44Elle a proposé son aide en disant,
05:45si on peut défendre les installations pétrolières saoudiennes,
05:49notamment le fameux…
05:50– Pas plein que l'envoyer.
05:52– Voilà, c'est ça.
05:53– Eh bien, nous le ferons.
05:55C'est-à-dire que la France prend la place des États-Unis
05:57pour défendre l'Arabie saoudite,
05:59avec laquelle l'Amérique a un accord depuis 1945.
06:02C'est le monde à l'envers.
06:04Alors aujourd'hui à l'ONU,
06:06bon, le discours d'Emmanuel Macron c'est important
06:09parce que c'était son dernier discours.
06:11Et donc c'était un nouvel appel au multilatéralisme,
06:14à trouver une voie pour réouvrir.
06:16Mais soyons réalistes, la France,
06:19la voie de la France pèse peu.
06:22Il reste otage de Donald Trump,
06:23qui l'a d'ailleurs rencontré.
06:25Il y avait un article tout à l'heure dans le New York Times,
06:28qui était un peu tristounet pour Emmanuel Macron,
06:30qui disait, c'est le chant du signe d'Emmanuel Macron,
06:33qui, malgré les propositions,
06:35malgré l'intelligence,
06:36malgré les idées du président français,
06:39il reste prisonnier
06:40de ce que décide finalement
06:42la mairie de Donald Trump,
06:44qui est au passage complètement imprévisible.
06:46Donc on voit qu'on est dans une situation qui est bloquée,
06:48on est dans le temps des tempêtes,
06:50et il y a bien une chose qui est claire,
06:52c'est que l'événement de la semaine,
06:54ça va être l'arrivée de Xi Jinping aux Etats-Unis,
06:57qui va rencontrer Donald Trump,
06:59et s'il y a un deal sur le pétrole,
07:01c'est peut-être entre ces deux-là qu'il va avoir lieu.
07:03On reparlera Trump dans une seconde,
07:05mais Elsa Vidal, quand Emmanuel Macron dit
07:06la France s'engagera assez militairement,
07:07c'est-à-dire qu'on est prêt, comme le disait Ulysse,
07:09à aller défendre les installations saoudiennes.
07:11Encore une fois, avec toujours dans l'idée,
07:13et je reviens au carburant qui est consommé
07:14par les téléspectateurs et par nous tous,
07:16l'idée de lever un peu de pression ?
07:20Oui, et puis l'idée de peut-être aussi
07:23rendre un service à Donald Trump,
07:25qui a laissé entendre qu'il avait beaucoup hésité
07:28le week-end dernier,
07:29avant de répondre,
07:30enfin de décider en faveur
07:33ou en défaveur d'une intervention face aux outils.
07:36Et la France est effectivement aussi en situation
07:38de venir changer sa première posture.
07:42On avait totalement refusé,
07:43et à mon sens, avec raison,
07:45de s'engager dans l'aventurisme américain en Iran.
07:48Et là, le fait est que nous sommes complètement ébranlés.
07:52On nous disait en mars dernier,
07:54ça n'a rien à voir,
07:56ça n'est pas comparable au choc pétrolier de 1973,
07:58il faut raison garder.
07:59Mais là, nous sommes pris dans un étau
08:01qui nous force à l'action.
08:03Toutefois, quand nous discutions avec Gilles Cappel tout à l'heure,
08:05vous me disiez, si j'ai bien compris,
08:07que vous étiez optimiste.
08:09Optimiste, n'exagérons rien,
08:10mais c'est vrai que, vu l'ampleur des drames,
08:14on aurait pu s'attendre à ce que le pétrole flambe encore plus.
08:18Et finalement, il y a des ajustements qui sont...
08:22La consommation a significativement baissé,
08:24en particulier,
08:25et vous me posez la question tout à l'heure,
08:28la semaine dernière,
08:29il y avait des passages dans Ormouz,
08:31le pétrole est redescendu
08:32au-dessous du baril de Brent à échéance,
08:35au-dessous de 100 dollars.
08:37Là, il vient de remonter de nouveau.
08:38Donc, on voit bien que c'est en fait
08:40des choses qui sont liées davantage à la diplomatie
08:43qu'à la guerre.
08:45Est-ce qu'il fait que,
08:46ce que vous disiez à l'instant,
08:47à savoir que la rencontre Trump chez Xi Jinping,
08:50qui est, d'une certaine manière,
08:51le nouveau partage du monde,
08:53d'une certaine manière,
08:53vous avez la puissance déclinante américaine
08:55et la puissante ascendante chinoise
08:58qui vont se rencontrer.
08:59Est-ce qu'ils vont faire un deal
09:01et au profit et au détriment de qui ?
09:04Et c'est ça...
09:05Gilles, parfaitement d'accord.
09:07J'ajoute juste une chose
09:07à propos de la diplomatie.
09:09Il faudrait moins de soldats
09:10et plus de diplomates,
09:10d'une certaine manière.
09:11Qui est à New York en ce moment ?
09:13Le président iranien.
09:15Et il n'est pas tout seul.
09:16Il est avec ses conseillers.
09:17Et quatre ans après aujourd'hui,
09:19Trump a fait un discours inflammatoire
09:21en disant,
09:21si l'Iran ne s'aide pas,
09:23je vais détruire.
09:23On va l'écouter dans une seconde.
09:24Mais qu'est-ce qui s'est passé en même temps
09:26dans les coulisses des Nations Unies ?
09:28Les Américains et les Iraniens
09:29se sont revus
09:30et ils ont repris les discussions.
09:32Alors, est-ce qu'ils vont aboutir ?
09:34Est-ce qu'on prépare ce grand deal
09:35Chine-États-Unis
09:37avec les Iraniens
09:38qui, peut-être,
09:40pourraient finalement lever le pied
09:42ou en tout cas laisser passer
09:43plus de navires ?
09:44C'est l'un des grands enjeux
09:46de cette semaine diplomatique
09:47qui s'ouvre aux États-Unis.
09:48On va l'écouter Trump
09:50parce qu'il est toujours aussi imprévisible,
09:53y compris quand il est à la tribune de l'ONU.
09:55Regardez.
09:57J'ai une décision importante à prendre.
10:00Va-t-on conclure un accord avec l'Iran
10:02qui lui permettra de se reconstruire
10:04et de devenir un pays
10:05bien plus puissant
10:06qu'il ne l'a jamais été ?
10:07Peut-être l'un des plus grands
10:08du Moyen-Orient,
10:09voire du monde ?
10:16Ou bien dois-je anéantir
10:18la République islamique
10:19et le faire rapidement
10:20sans jamais lui donner
10:21la possibilité de tuer
10:23et de détruire à nouveau
10:24des populations et des pays ?
10:25Dois-je la précipiter en enfer
10:27sans aucune chance de survie
10:29ni aucun espoir
10:30de grandeur future
10:31ou de génération à venir ?
10:33Gilles Keppel,
10:34c'est ça aussi qui pèse
10:35à la pompe en France ?
10:36C'est un président Trump
10:37qui dit ce soir
10:38qu'est-ce qu'on fait ?
10:38Un accord ou alors j'anéanti le pays ?
10:40Oui, il reste quand même
10:41requin de l'immobilier
10:42en toutes circonstances.
10:43C'est-à-dire,
10:44si je ne me donnais pas
10:46votre terrain,
10:46je crève les pneus
10:47de la voiture.
10:49Et donc,
10:50c'est quand même
10:51assez impressionnant.
10:52Oui, semble-t-il,
10:53avec les Iraniens,
10:54il y a effectivement
10:55des contacts
10:55puisqu'il avait dit,
10:57d'ailleurs,
10:57je suis prêt à rencontrer
10:58Bézéchkiens,
10:59tout en rénaissant de mort,
11:01etc.
11:01Mais c'est un enjeu
11:03énorme pour lui aussi
11:04puisqu'il n'y a pas
11:05qu'en France
11:06que la question pétrolière
11:08à la pompe,
11:09j'ai un rôle important.
11:10Aux États-Unis,
11:11le galon de diesel
11:13en pleine saison
11:15où les massoneuses batteuses
11:17traversent la Bible,
11:19pas la Bible Belt,
11:20mais la Corn Belt,
11:21etc.
11:21Aux États-Unis,
11:23ça coûte extrêmement cher
11:24et les élections
11:26de mid-term
11:27sont le 3 novembre.
11:29Donc,
11:29c'est un élément
11:29qui, pour lui,
11:31compte aussi
11:31comme ça compte
11:33aujourd'hui
11:33en France.
11:34Justement,
11:35est-ce que les Iraniens
11:36ont intérêt
11:36à relâcher la pression
11:37avant les mid-term ?
11:39Non,
11:39en réalité,
11:40il y a deux temps différents,
11:41si vous voulez.
11:42Trump a un temps court.
11:44Son horloge tourne
11:45à toute allure
11:46parce qu'il faut
11:47essayer de limiter
11:48la casse
11:49avant les mid-term
11:51ou bien alors
11:51de détruire l'Iran,
11:52on dit cela,
11:53mais je pense que
11:53ça fait un moment
11:54qu'il s'y attache,
11:55il n'est pas réussi.
11:56Et pour les Iraniens,
11:57c'est plutôt
11:58un temps plus long.
11:59Eux-mêmes vivent
12:00dans des situations
12:01de pénurie épouvantable,
12:02les infrastructures
12:03sont bombardées,
12:04on ne sait pas encore
12:04combien ils peuvent tenir,
12:05mais ce qui est important,
12:07c'est de passer
12:08les mid-terms,
12:09de passer aussi
12:10l'élection israélienne
12:11qui promet
12:11d'être assez complexe
12:13et à partir
12:14de ce moment-là,
12:15espérer d'avoir
12:15face à eux
12:16un Trump
12:17très affaibli
12:18par le prix du carburant,
12:20par le fait
12:20que des États
12:22qui étaient républicains
12:23vont basculer
12:24chez les démocrates
12:25et donc il n'y aura
12:26plus de majorité
12:26au Sénat.
12:27Donc on a un peu
12:28cette espèce
12:29d'ajustement
12:29qui part de là
12:30les rhodomontades
12:32et c'est quelque chose
12:34aussi qu'on a
12:35en France
12:36parce que
12:37les gens que vous recevez,
12:39les femmes politiques
12:40aujourd'hui,
12:41pour eux,
12:42la question
12:42du prix du pétrole,
12:44des subventions,
12:45de l'augmentation,
12:45c'est aussi pensé
12:47en termes
12:48de calculs électoraux,
12:49c'est-à-dire
12:49ceux qui estiment
12:51qu'ils vont être lésés.
12:51Moi j'ai vu
12:52dans le pèlerinage
12:53que j'ai fait justement
12:55entre le Puy-en-Velay
12:56et Saint-Gilles-Lugas
12:57comment il y avait
12:58de ce point de vue-là
12:59aussi des Frances
12:59très diverses,
13:00des gens qui sont
13:01complètement dépendants
13:02de la voiture,
13:03de la bagnole,
13:03si j'ose dire,
13:04pour leur vie quotidienne,
13:05sans lesquelles
13:06ils ne peuvent pas vivre,
13:06ceux qui habitent
13:07dans les périphéries
13:08et puis celles
13:09des centres-villes
13:10et des quartiers populaires
13:14qui eux
13:14l'utilisent beaucoup moins
13:15parce que c'est
13:16les transports
13:16et donc ça,
13:18ça crée
13:19des tensions
13:19très fortes
13:20qui se traduisent
13:21dans le spectre,
13:22dans la polarité
13:23entre l'extrême droite
13:24d'un côté
13:25suivant le gare
13:25et l'extrême gauche
13:26de l'autre
13:28et ça nourrit
13:29ces tensions internationales,
13:31ça n'en a pas l'air,
13:32mais elles ont
13:32une incidence directe
13:34dans la matière
13:35dont notre débat
13:37se produit
13:38même s'il ne le dit pas
13:41aussi explicitement
13:42que je le fais.
13:42– Et ça pèse évidemment
13:43encore ce soir,
13:44on verra dans un instant,
13:45on refera le point
13:45sur les dernières annonces
13:46du gouvernement,
13:47la Nouvelle-Aide,
13:47etc.
13:47Juste une chose,
13:48on parlait de Trump,
13:50Trump dit aujourd'hui
13:52qu'il est favorable
13:53au fait que les Etats-Unis
13:55cessent d'exporter
13:56du gasoil,
13:57c'est-à-dire que ça aussi,
13:59si ça se fait,
14:01ça ne va pas arranger
14:01nos affaires non plus.
14:02– Ça donne le vertige
14:03en réalité,
14:05parce qu'en fait
14:06il est capable du pire
14:09ou du meilleur,
14:10le meilleur on ne l'a pas
14:11beaucoup vu,
14:12mais certainement
14:13des mesures
14:14qui pourraient
14:14aggraver encore
14:16la situation du diesel.
14:17Hors le diesel,
14:18pour les rouleurs,
14:19les grands rouleurs,
14:19en France c'est fondamental,
14:21mais Gilles Kepel
14:22a bien raison
14:22de rappeler le sort
14:23des agriculteurs américains,
14:24ce sont les premières victimes
14:25de la guerre en Iran
14:27lancée par Donald Trump,
14:28d'ailleurs ils l'ont dit,
14:29ils se sont fait savoir,
14:29mais ils ont perdu
14:30des milliards de dollars.
14:31– Ce sont des électeurs
14:33plutôt Trumpistes,
14:34parce que ce sont des
14:34en tout cas conservateurs
14:36et plutôt Trumpistes
14:37effectivement,
14:37donc ce président,
14:39vous savez ce qu'il a fait
14:40récemment là ?
14:41Il a interdit
14:42trois grands médias américains
14:43à la Maison-Blanche,
14:45comme ça,
14:46parce qu'il n'était pas satisfait
14:47des commentaires,
14:48des journalistes
14:48qui couvrent…
14:49– Parce qu'il voulait lancer
14:49sa propre chaîne de télé aussi.
14:51– Alors non,
14:51la réaction ça a été,
14:52je lance ma propre télé,
14:54télé Trump,
14:54Trump TV qui va diffuser
14:55la vie de Trump,
14:57matin, midi et soir,
14:58etc.
14:58Mais ce qui est intéressant,
15:00c'est que les autres médias
15:02ont tous contesté
15:05la décision de Trump
15:06et notamment la chaîne Fox News,
15:08la chaîne conservatrice
15:09qui a contribué
15:10à l'élection de Trump.
15:11Fox News a dit,
15:12pas question,
15:13et donc ils ont tous
15:14boycotté la couverture de Trump.
15:16Donc c'est Amérique,
15:16on voit bien qu'elle résiste,
15:18mais qu'elle a un président
15:19incontrôlable
15:20et ça fait trembler
15:22beaucoup de gens.
15:23– Elsa Vidal,
15:24je reviens au carburant,
15:26on a parlé d'Hormuz,
15:27de la pression au Moyen-Orient,
15:29il y a la pression évidemment
15:31ukraino-russe,
15:32je ne sais pas comment dire ça,
15:34avec là aussi,
15:35encore une fois,
15:35c'est un marché mondial,
15:36à partir du moment
15:37où l'Ukraine
15:37vise des infrastructures
15:40pétrolières russes,
15:41il y a plusieurs dizaines
15:42de raffineries
15:42qui ont été touchées,
15:44le ministre français
15:45Roland Lescure
15:46disait tout à l'heure
15:46que désormais,
15:47la Russie importe du carburant,
15:49elle est importatrice,
15:50nette de carburant,
15:51donc ça fait sur le marché mondial.
15:52– Elle est importatrice nette
15:54d'un carburant
15:54qu'elle produit,
15:55qu'elle transmet à l'Inde,
15:57qu'il le raffine
15:57et qu'il la lui renvoie.
15:59Donc on est dans les situations
16:01les plus ubuesques
16:02que les tensions
16:04sur les marchés
16:04peuvent produire.
16:05Et effectivement,
16:07on a entendu Donald Trump
16:08il y a une dizaine de jours
16:09dire qu'il faut absolument
16:10que Zelensky arrête
16:11de frapper les raffineries
16:13en Russie.
16:14Et moi-même,
16:15j'étais extrêmement surprise
16:16puisque je me disais
16:16on a des sanctions
16:18sur le pétrole russe,
16:20on n'a donc plus le droit
16:21d'en acheter,
16:21quel rapport ?
16:22Et donc je me suis rapprochée
16:23d'experts de ces questions
16:25et qui m'ont dit
16:25mais en fait,
16:26la Russie était encore
16:27le troisième exportateur
16:28de produits dérivés,
16:30ça a donc effectivement
16:31un impact
16:31et nous sommes là
16:32pris en tenaille
16:33entre, il faut quand même le dire,
16:35le mouvement le plus important
16:36qui est au Moyen-Orient
16:37et ce mouvement secondaire
16:39qui est en Ukraine,
16:40les deux, de toute façon,
16:41ne nous conviennent
16:42absolument pas.
16:43– Oui, évidemment.
16:43Gilles Kepel,
16:45Ulysse osait le mot optimisme
16:46tout à l'heure.
16:48Est-ce que vous voyez
16:50dans le tableau
16:50assez sombre
16:51que l'on vient de dresser
16:52et avant de revenir
16:53à ce qui se passe,
16:53c'est-à-dire sur le sol
16:54franco-français,
16:56une raison d'être optimiste
16:57et de vous dire
16:57tiens, il y a peut-être là
16:59une lueur d'espoir ?
17:00– Rien n'était terminé.
17:00– Dans le système international,
17:02ce qu'on peut espérer,
17:03c'est que la situation
17:05est tellement tendue
17:07au Moyen-Orient
17:07qu'il ne peut pas
17:09ne pas y avoir
17:09une forme de régulation.
17:11C'est-à-dire que,
17:11par exemple,
17:12en ce qui concerne
17:13les Iraniens,
17:14la posture qui est la leur
17:16aujourd'hui
17:16qui semble être maximaliste,
17:18comme je vous l'ai mentionné
17:20tout à l'heure,
17:20je pense qu'elle est due
17:22essentiellement
17:22à faire monter
17:24le prix du tapis,
17:25si j'ose dire,
17:26jusqu'au mid-terms
17:29pour avoir des Américains
17:31qui sont affaiblis
17:32pour négocier avec eux.
17:33Et à partir de ce moment-là,
17:35les cartes vont être rebattues.
17:37– Donc rendez-vous en novembre ?
17:38– Ça va être un enjeu,
17:40je crois,
17:41extrêmement important.
17:42– C'est ce que Trump
17:43lui-même dit.
17:44Trump dit,
17:44on pourrait avoir un accord
17:46– Après.
17:47– Après l'émiteur.
17:48– Après l'émiteur.
17:49– Je suis d'accord,
17:50il a bien dit après l'émiteur,
17:51mais ça veut dire vraiment
17:51rendez-vous en novembre.
17:52– À condition qu'il garde
17:54la majorité à la Chambre,
17:56ce qui est peu probable.
17:57– Et surtout à condition
17:58qu'il respecte le résultat,
17:59ce qui n'est pas certain.
18:00– Il respecte le résultat,
18:01oui, parce qu'on peut imaginer
18:02qu'il va lâcher l'ICE,
18:04la police anti-immigration,
18:06comme garde prétorienne
18:07dans les centres-villes.
18:08Tout est possible.
18:09Dans le pays,
18:10qui était ce qu'on appelait
18:11aujourd'hui les checks and balances,
18:13c'est-à-dire l'équilibre des pouvoirs,
18:14il n'y a plus beaucoup d'équilibre.
18:16– Damo Ulysse ?
18:17– Oui, ce soir quand même,
18:18le président français a appelé
18:20au maintien du multilatéralisme.
18:22C'est ce que défend Gilles Keppel.
18:24N'abandonnait pas,
18:25il dit aux Nations Unies.
18:26Je rappelle aussi une chose importante,
18:27les Nations Unies changent
18:29de secrétaire général
18:29à la fin de l'année.
18:30– Ils auront peut-être une femme
18:31pour la première fois.
18:32– Et donc, il y aura peut-être
18:32effectivement une femme.
18:34Quel va être le candidat
18:35ou la candidate de Trump,
18:36ça va jouer.
18:37Et qu'est-ce que fera Trump
18:39de ce résultat du 3 novembre ?
18:41C'est vraiment,
18:41c'est la surprise de novembre.
18:43– Merci beaucoup Gilles Keppel
18:44d'avoir été avec nous ce soir.
18:45Pèlerinage français aux éditions
18:46à loin-Michel
18:47pour faire le lien
18:48entre ce que l'on vient de dire
18:49et ce que vivent les Français
18:49au quotidien,
18:51notamment à la pompe.
18:51Ce n'est pas le cœur du livre,
18:53évidemment,
18:53mais on touche quand même
18:55aux fractures françaises là-dessus.
18:55– J'ai fait la moitié à pied,
18:56mais l'autre en voiture,
18:57donc j'ai quand même pris de l'essence.
18:59– Merci encore d'être venu ce soir
19:00en direct sur ce plateau
19:02et dans cette soirée spéciale
19:03pouvoir d'achat qui se poursuit.
19:04– Sous-titrage Société Radio-Canada
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