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  • il y a 5 jours
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Voilà pour ce document des équipes de Lignes Rouges, vous êtes dans BFM Grand Soir et nous allons prolonger la
00:07discussion sur cette affaire Patrick Bruel avec ceux qui m'entourent ce soir sur ce plateau.
00:12Hélène Lecomte, consultante de police-justice BFM TV, bonsoir Hélène.
00:15Bonsoir Alice.
00:16Ravi de vous retrouver, Ladis Lasverne, bonsoir maire de Chartres, bienvenue sur ce plateau, nous sommes avec Marion Banos, vice
00:22-présidente de MeToo Media, bonsoir, bienvenue.
00:25Maître Vincent Delamorandière, avocat pénaliste au barreau de Paris, Mourad Batik, lui-même avocat pénaliste, sera connecté avec nous dans
00:32un instant et nous sommes avec Marie Neige, fan de Patrick Bruel qui est avec nous à distance parce qu
00:38'il en faut bien une tout de même.
00:39Bonsoir Marie Neige, on vous retrouve dans, oui, qu'est-ce que vous nous montrez Marie Neige ? Votre bracelet,
00:45qu'est-ce qu'il est écrit ?
00:46Je vous montre un bracelet pour la vie avec un cœur rouge et une note de musique.
00:50C'est le bracelet, donc, des fans de Patrick Bruel, du fan club et le bandana noir que Patrick avait,
00:57donc il y a 35 ans, pour la tournée à Le Regarde, que j'ai mis pour vous montrer.
01:01Parce que je ne parle pas que moi, là, je représente beaucoup, beaucoup, beaucoup de groupes de fans, voilà, et
01:08tous ceux qui ont signé ma pétition aussi, que j'avais lancée depuis Nice, voilà.
01:12Donc je ne parle pas qu'en mon nom, voilà.
01:14Ils m'ont dit, vas-y, vas-y.
01:16Vous nous direz ce que se disent ces fans, justement, ce soir, mais comme ça, au moins, effectivement, le message
01:21est clair.
01:22On va vous retrouver dans un instant, Marie Neige.
01:25Je voudrais qu'on commence tout d'abord avec ce témoignage, donc, très fort, qui a été recueilli par les
01:30équipes de BFM TV, le service Polyjustice, Pauline Revena.
01:34Le témoignage de Karine Wieser, qui est donc une victime présumée de Patrick Bruel, elle a accepté de réagir longuement,
01:41donc, à l'annulation de la tournée du chanteur, qui a été un des faits marquants de cette semaine.
01:46On va réécouter un extrait de cette interview.
01:49C'est un véritable soulagement, de toute façon, voilà, c'est deux choses, c'est un soulagement clairement personnel, mais
01:58c'est un soulagement également de savoir que cette tournée est annulée,
02:04car Patrick Bruel ne sera pas face à des possibles proies, donc, de futures, peut-être, plaignantes, donc, oui, un
02:15véritable soulagement.
02:16Ce que, moi, je désire, c'est qu'il reconnaisse les faits, ça ne dit pas où doit être sa
02:22place, je le conçois, mais qu'il reconnaisse les faits, qu'il mette un nom sur ce qu'il a
02:28réalisé comme acte et qu'il arrête de se cacher derrière de « je ne me souviens plus » ou
02:36de nier les faits.
02:38Alors, Hélène, ce qu'il faut rappeler, c'est que la plainte de Karine Wieser est l'un des quatre
02:43dossiers pour lesquels le chanteur a donc été mis en examen en juin dernier.
02:47Oui, Karine Wieser, c'est un visage de cette affaire, c'est une voix qu'elle a voulu rendre publique,
02:52et on le voit dans cet échange qu'elle a avec Pauline Revenat de BFM TV.
02:55Elle avait d'ailleurs également convoqué les médias aujourd'hui pour s'exprimer sur l'affaire et sur l'annulation
03:01de la tournée de Patrick Bruel depuis Bruxelles.
03:03Elle veut mener ce combat devant les tribunaux, mais aussi, dit-elle, avec les médias.
03:08Et son affaire, effectivement, fait partie de ces quatre faits, quatre dossiers dans lesquels Patrick Bruel a été mis en
03:14examen.
03:15Elle, elle dénonce une tentative de viol, c'était en 2010 à Bruxelles.
03:19Sa plainte a été déposée en Belgique, mais cette plainte a été versée à la procédure qui est actuellement en
03:25cours d'instruction en France,
03:26ce qui est le cas également d'une plainte qui avait été déposée en Suisse, un fait pour lequel Patrick
03:30Bruel a été placé sous le statut de témoin assisté.
03:33Les faits qu'elle dénonce, on l'a dit, c'est une tentative de viol.
03:36Elle est attachée de presse à l'époque, elle accompagne le chanteur lors d'une tournée promotionnelle pour un film.
03:41On est dans les locaux de la RTBF à Bruxelles et elle parle d'abord d'un climat qu'elle
03:47juge malsain.
03:48Et on a entendu également son mari dans le documentaire qui l'évoque lorsqu'ils sont déjà dans la voiture.
03:52Et puis le chanteur l'aurait entraînée, dit-elle, dans les toilettes et c'est là que l'agression aurait
03:57eu lieu.
03:57Ce qu'elle dit aussi, c'est que lui, Patrick Bruel, dit qu'il ne se souvient pas de cette
04:01journée, qu'il ne se souvient pas de l'avoir touchée.
04:04Et on l'a entendu. Elle attend évidemment autre chose de la procédure judiciaire.
04:08On est à combien de plaintes au total ce soir ?
04:10Alors aujourd'hui, il y a deux choses.
04:12Il y a ce qui est dans le dossier d'instruction, quatre mises en examen, quatre faits pour lesquels Patrick
04:19Bruel est placé sous le statut de témoin assisté.
04:21Treize autres faits qui ont été joints à cette procédure.
04:24Des faits qui sont a priori prescrits, mais les juges vont se pencher dessus pour s'assurer que la prescription
04:29est effectivement effective
04:30et que rien ne vient l'interrompre, puisque, et en fonction des faits, il y a des délais de prescription
04:36différents.
04:37Au total, on a comptabilisé aujourd'hui 32 plaintes, neuf qui ont été déposées depuis la mise en examen de
04:43Patrick Bruel.
04:44Et la toute dernière, en tout cas, la toute dernière dont nous puissions avoir connaissance,
04:48c'est une plainte qui a été déposée au mois d'août au cours de l'été.
04:53Marion Manos, on entend ce que dit Karine Wieser, ce qui reflète aussi sûrement ce que pensent d'autres plaignantes.
05:00L'annulation de la tournée de concert, ça n'est pas suffisant. Elles attendent plus.
05:05Est-ce que, malgré tout, vous diriez-vous que c'est une première étape, qu'il y a eu un
05:08cheminement
05:09et qu'il est en train de prendre finalement la mesure de l'ampleur de cette affaire ?
05:14Oui, je pense que c'est une première étape, cette annulation.
05:17Après, honnêtement, je ne pense pas que c'est parce que Patrick Bruel prend la mesure de cette affaire.
05:22Il le dit dans son communiqué. Il parle du fait qu'aujourd'hui, les choses ne sont pas réunies pour
05:28que tout se passe bien.
05:29Je pense qu'il y avait une crainte de manifestation devant les salles de spectacle,
05:33comme ça a pu se produire lors de son tour.
05:37Le théâtre Édouard 7.
05:37Exactement, merci beaucoup.
05:40Du coup, je ne pense pas qu'il y ait une réelle remise en question,
05:43puisqu'il continue à dire dans son communiqué que toutes les accusations sont fausses.
05:47En revanche, je pense que c'est une première victoire qui prouve que les femmes ont été entendues,
05:53qu'il y a le droit, effectivement, mais il y a aussi la décence.
05:56Et aller chanter des chansons d'amour, de séduction, parce que c'est quand même la majorité du répertoire de
06:01Patrick Bruel,
06:03chanter « je suis dégueu, mais je ne suis pas dégueulasse » quand on est mis en cause et qu
06:07'on fait l'objet de 32 plaintes,
06:09il faut savoir quand même être un peu décent.
06:11Il faut regarder, justement, revenir sur les mots qu'il a employés pour expliquer l'annulation de cette tournée de
06:18concert.
06:19Il dit plusieurs choses dans ce communiqué.
06:21Sur les raisons de l'annulation, vous avez raison, il dit « je continue de clamer mon innocence ».
06:27D'ailleurs, il parle de malentendu, mais jamais de violence lorsqu'il s'agit des faits qui lui sont reprochés.
06:33Sur l'annulation, il fait effectivement référence au fait que plusieurs associations féministes
06:39promettaient des manifestations lors de ces concerts.
06:41Il y a aussi le rôle qu'ont joué les élus.
06:43Mais sur ces manifestations, en fait, ce qu'il laisse entendre, c'est qu'il y avait une menace,
06:48on va peut-être les voir, ces mots s'afficher, il y avait une menace qui planait en fait sur
06:52ces équipes et sur le public.
06:55Ah oui, en fait, il y a une énorme pression.
06:57On s'aperçoit que vraiment là, la menace, la pression médiatique en fait, a été presque plus forte que le
07:03pouvoir judiciaire.
07:05Il y a eu le relais du pouvoir exécutif.
07:07Sauf M. Verne le montre, c'est-à-dire qu'ils ont aussi une mobilisation des consciences pour dire stop
07:16à Patrick Bruel.
07:17Mais ça a été plus fort même que le pouvoir financier.
07:20Et en fait, là, on s'aperçoit qu'il se passe quelque chose.
07:26On a envie, et on l'entend, certains maires l'ont même dit, en fait, ce que les gens attendent,
07:32c'est que Patrick Bruel se taisent.
07:36Et plus que ça, on vient de le dire avec le témoignage de la personne que vous venez d'entendre,
07:42on lui demande de ne plus avoir de parole publique.
07:46Ça, c'est sûr qu'ils se taisent, qu'ils se fassent discrets, mais qu'ils reconnaissent les faits.
07:50Et c'est vrai que le débat judiciaire, moi, j'ai vraiment envie de le sanctuariser.
07:54Parce que ce qui fait qu'une justice fonctionne bien, c'est que chacun puisse dire calmement,
08:01dans une enceinte protégée, ce qu'il a à dire, ce qu'il pense, sa version des faits.
08:06Et ça, je n'ai pas envie que...
08:09Donc c'est une sage décision, selon vous ?
08:11Alors, est-ce que c'est un moyen de sanctuariser le débat judiciaire ?
08:15Je le pense, pour de vrai.
08:16Parce qu'en fait, au fond, il faut être clair.
08:19Si à chaque fois qu'il reprend, il remonte sur scène, il fait un acte public,
08:24vous avez toutes les chaînes de France, et vous avez des milliers de personnes dans la rue,
08:29et alors des millions de remarques sur les réseaux sociaux,
08:34en fait, on est très loin du calme de la justice.
08:37Mais je vais dire aussi quelque chose d'autre.
08:39C'est-à-dire que là, vous avez une instruction qui est très lourde,
08:42mais il faut s'apercevoir qu'à force d'alourdir le débat,
08:46elle va devenir éternelle, cette instruction.
08:48Il y a quand même quatre juges qui travaillent sur ce dossier.
08:51Il y a quatre juges.
08:51C'est extrêmement comme décision.
08:52Ça veut dire quoi, à force d'alourdir le débat ?
08:55Je vais vous donner un exemple.
08:56Qu'est-ce qui alourdit le débat ?
08:57Vous avez quatre mises en examen.
08:59À partir du délai de la mise en examen, par exemple,
09:01vous pouvez engager des requêtes en unité.
09:03Et puis, vous avez pas mal d'actes qui peuvent se faire,
09:05qui sont automatiquement faits.
09:07C'est-à-dire qu'on va faire une expertise psychologique de la victime.
09:10On va faire une expertise psychiatrique et psychologique de l'auteur.
09:13Et puis, je lisais dans Paris-Malch,
09:15il y a eu un article assez important aujourd'hui.
09:17Sur le cheminement de cette été.
09:19Le jour de sa garde à vue, il est venu avec 102 témoins.
09:23102 attestations.
09:24Je pense que les avocats de la défense
09:26peuvent très bien demander à ce que cet amour s'est entendu
09:29pendant l'instruction.
09:30Et s'il y a un refus, faire appel du refus.
09:32Et en fait, à force d'alourdir,
09:34il peut y avoir aussi, peut-être, une tendance
09:38pour les avocats de la défense
09:39de rendre le dossier encore plus complexe
09:41pour faire traîner l'instruction pendant 10 ans.
09:43Quand vous dites « alourdir », vous dites
09:44qu'il faut arrêter de porter plainte
09:46si de nouvelles plaintes doivent être arrivées.
09:50Absolument.
09:50Non, mais donc, ça veut dire quoi, en fait ?
09:52Ça veut dire qu'en fait,
09:56ce que je vous disais, c'était
09:58il faut sanctuariser.
09:59Vous voyez, là, par exemple, on parle de 32 plaintes.
10:01Et c'est vrai, elles existent, ces 32 plaintes.
10:03Mais on s'aperçoit qu'il y a une partie
10:05qui sont probablement pour des faits prescrits.
10:07Ou en tout cas, des plaintes qui, peut-être,
10:08n'ont pas encore été étudiées
10:11et n'ont pas encore été versées
10:12pour certaines au dossier d'instruction.
10:14Exactement.
10:15C'est des plaintes qui sont en cours d'examen,
10:16très vraisemblablement, ces 32 plaintes.
10:18Mais on sent que même les parties civiles
10:21ont envie que le procès, peut-être, ait eu lieu,
10:24que la justice soit rendue.
10:26Et plus la dimension devient hors norme de ce dossier-là,
10:30plus ça peut ralentir l'instruction.
10:33Là, je ne suis pas en train de dire ce qu'il faut
10:35ou ce qu'il se passe, je suis en train de dire
10:36ce qu'il se passe.
10:37Ça va être très, très long,
10:39même s'il y a quatre juges d'instruction.
10:41Je voudrais qu'on écoute,
10:42et je viens vous voir dans un instant,
10:43Mourad Bati, qui est connecté avec nous
10:44et qui doit ensuite filer.
10:46Donc, je profite de votre présence, Mourad,
10:48puisqu'on suit aussi cette affaire avec vous
10:50depuis le début.
10:52Est-ce que vous pensez, vous aussi,
10:53que c'est une sage décision,
10:55celle de Patrick Bréel,
10:56qu'il a communiqué cette semaine,
10:59pour la sérénité de l'enquête,
11:01ou vous dites non,
11:02il n'aurait pas dû céder
11:03au nom de la présomption d'innocence,
11:05il n'aurait pas dû lâcher ?
11:06Non seulement, ça n'est pas une bonne décision,
11:08mais c'est une décision grave ou gravissime
11:10pour l'État de droit,
11:11pour le principe de la présomption d'innocence.
11:14Si vous voulez, on a construit un État de droit
11:16tous ensemble, collectivement,
11:18avec le législateur,
11:19qui consiste à suivre une espèce de frise chronologique
11:23un petit peu logique,
11:25c'est-à-dire qu'il y a une enquête,
11:26ensuite il y a un procès,
11:27et ensuite il y a une sanction.
11:29Et là, dans ce dossier,
11:30on vous explique que l'enquête
11:32doit être suivie immédiatement d'une sanction,
11:35et on verra le procès par la suite,
11:37qui est une espèce de caisse d'enregistrement
11:39qui avalisera la sanction.
11:42Mais c'est évidemment pas du tout comme ça
11:44que ça doit fonctionner,
11:44c'est évidemment pas du tout comme ça
11:45que ça doit marcher,
11:48et évidemment, la présomption d'innocence,
11:50ça doit être respecté pour toutes et pour tous.
11:53Et donc c'est un principe cardinal.
11:55Et donc si vous voulez,
11:56le cas de Patrick Bruel,
11:57c'est pas le plus important,
11:58mais ce qui vient d'être fait
12:00est extrêmement grave.
12:02Parce que ça veut dire
12:03qu'à partir d'aujourd'hui,
12:04tous ceux qui ont un boulot,
12:06qui ont un boulot de représentation,
12:07ne pourront plus le pratiquer
12:10à partir du moment
12:11où il y aura suffisamment
12:13en face de pressions
12:15qui sera mises sur certaines instances,
12:18sur certaines institutions,
12:19et c'est absolument inacceptable.
12:22Et puis pensons...
12:23Il y a Marion Bannos
12:24qui a très envie de vous répondre.
12:26Non mais en fait,
12:27le viol dans le code pénal,
12:29c'est un crime,
12:29je ne me trompe pas,
12:30on est d'accord,
12:31le viol dans le code pénal,
12:32c'est un crime.
12:32Je pense que pour n'importe quel autre crime,
12:35si je vous disais
12:36que quelqu'un fait l'objet
12:37de 32 plaintes
12:38et monte sur scène,
12:39si on prend n'importe quelle autre
12:41mise en cause,
12:42en France,
12:42il y a la détention provisoire
12:44qui existe,
12:44donc il y a des personnes
12:45qui sont présumées innocentes
12:46mais qui sont en détention provisoire.
12:48La présomption d'innocence,
12:49c'est ne pas déclarer quelqu'un.
12:50Si je ne me trompe pas,
12:51encore une fois,
12:51je ne suis pas juriste,
12:52mais on ne peut pas présenter
12:54quelqu'un comme coupable
12:55avant qu'il ait été condamné.
12:56Là, on ne le présente pas
12:57comme coupable.
12:58Il n'est pas condamné.
13:00Si vous ne le présentez pas
13:00comme coupable,
13:01je ne sais pas
13:02ce que vous voudriez faire de plus.
13:03Peut-être une ordalie
13:03sur la place publique,
13:05mais si vous ne le présentez
13:06pas comme coupable,
13:07je ne sais pas exactement.
13:07Ce n'est pas le présenter
13:08comme coupable.
13:09Je ne suis pas d'accord avec vous,
13:10maître.
13:11Les deux peuvent coésister.
13:12Vous l'empêchez de monter sur scène.
13:13C'est lui qui a annulé sa tournée.
13:16Personne.
13:16C'est lui qui a annulé sa tournée.
13:18Nous, on a voulu exercer
13:19un tout-ceau de l'expression.
13:21Pas de tout-ceau de l'expression.
13:24Vous empêchez
13:24ceux qui veulent le voir
13:26de leur libre conscience.
13:28Vous pouvez aller le voir,
13:29vous pouvez ne pas aller le voir.
13:32le voir en spectacle,
13:32il ne faut pas les empêcher
13:34d'aller le voir.
13:35Vous n'êtes pas juge,
13:36vous n'êtes pas magistrat,
13:37vous n'êtes pas magistrate.
13:38Des magistrats
13:38qui ont eu accès au dossier,
13:40qui ont eu accès aux plaintes,
13:42qui ont eu accès à la personnalité,
13:44qui ont eu accès aux expertises,
13:46ont défini non pas un,
13:47non pas deux,
13:47non pas trois,
13:48mais quatre magistrats
13:49ont décidé que,
13:50un, il fallait le placer
13:50sous contrôle judiciaire
13:51et que, deux,
13:52il fallait le laisser
13:53exercer son métier.
13:54Vous ne pouvez pas, vous,
13:55depuis un plateau télé,
13:56sans jamais avoir eu accès
13:58au dossier,
13:59dire,
13:59non, mais finalement,
14:00il fallait qu'il arrête de chanter.
14:02Moi, j'estime qu'il fallait
14:04qu'il arrête de chanter.
14:05Ça ne peut pas fonctionner comme ça.
14:06Dans un état de loi,
14:07ça ne peut pas fonctionner comme ça.
14:08Position.
14:09Merci, Mourad Batik.
14:11Ladislas Verne,
14:12maire de Chartres,
14:12vous avez fait partie, vous,
14:14de ces élus
14:14qui sont montés au créneau,
14:15précisément pour qu'ils annulent
14:17cette journée.
14:18Chartres devait être
14:19la première date
14:20de Patrick Bruel.
14:21Qu'est-ce que vous dites ?
14:22Alors, au-delà des techniciens
14:23et de tous ceux
14:24qui ont travaillé
14:24sur ce projet depuis des mois,
14:26qu'est-ce que vous dites
14:27aux fans, tout simplement,
14:28de Patrick Bruel
14:29qui avaient acheté leur billet ?
14:30Par exemple, Marie Neige
14:31qui est avec nous,
14:31qui va nous écouter
14:32et à qui je vais donner
14:33la parole dans un instant.
14:34Il y a énormément de fans
14:35qui m'ont écrit,
14:37depuis qu'on a supprimé
14:39la possibilité de Patrick Bruel
14:41de venir à Chartres,
14:42pour nous remercier,
14:43pour nous dire
14:44qu'ils étaient pris
14:45dans une forme de malaise.
14:46Ils ont acheté leur billet
14:47il y a assez longtemps,
14:49avant les 32 plaintes,
14:50avant qu'on en arrive là.
14:52Et aujourd'hui,
14:52il y a même des fans
14:53qui me disent
14:53leur incompréhension
14:54que Patrick Bruel
14:56ait eu besoin
14:56de cette pression politique,
14:58médiatique,
14:59pour annuler sa tournée.
15:00Moi, je pense effectivement
15:01que cette tournée,
15:02elle n'avait pas lieu d'être.
15:04Et est-ce qu'il y en a aussi,
15:05soyez honnêtes,
15:06qui viennent vous voir
15:07en disant
15:07« Monsieur le maire,
15:08vous n'auriez pas dû faire ça ? »
15:10Soyez honnêtes.
15:11Évidemment,
15:12non mais évidemment,
15:13des messages que j'ai reçus,
15:15pas de Chartres,
15:16pas très nombreux,
15:17très franchement,
15:18pas très nombreux.
15:19Disons,
15:19c'est ça le point très important,
15:21vous n'êtes pas juge,
15:22mais je leur réponds à chaque fois,
15:23mais je ne suis pas juge.
15:24Je ne suis pas juge.
15:25Moi, je respecte profondément
15:26la présomption d'innocence,
15:27mais il y a un monde en réalité
15:28entre la présomption d'innocence
15:30et la mise en valeur artistique
15:33dans ce contexte-là,
15:34pas de manière absolue,
15:36dans ce contexte-là,
15:37d'un artiste comme Patrick Bruel
15:38avec 32 plaintes.
15:40C'est ça le fond du sujet.
15:41Il y a eu 32 plaintes.
15:42Il faut laisser la justice
15:43faire son travail,
15:44c'est ce que j'ai entendu d'ailleurs.
15:45Il faut aussi mettre en valeur
15:47la parole des victimes.
15:49C'est ça qui a changé.
15:50Il y a un changement énorme
15:51dans la société
15:52et c'est formidable
15:53ce qui est en train de se passer.
15:54C'est mettre en valeur
15:55enfin la parole
15:56des victimes de violences sexistes
15:57et sexuelles.
15:58C'est ce qui est en train de se passer.
15:59C'est une excellente chose.
16:01Après, attention,
16:02je ne suis pas la justice.
16:03Je disais simplement,
16:04je disais simplement,
16:05moi qui avais une capacité
16:06de programmation
16:07et donc de déprogrammation
16:09ce n'était pas le moment.
16:10C'est ça le point.
16:11Marie-Neige,
16:12qu'est-ce que vous lui répondez
16:13au maire de Chartres ?
16:14Alors, j'ai lu maintenant
16:15que comme beaucoup de maires,
16:17il y a seul le maire de Laval
16:18qui a eu la politesse
16:19de nous répondre.
16:20Il n'a pas répondu
16:21à tous nos courriers
16:21ni d'ailleurs le ministre
16:23de la Culture
16:23ni d'ailleurs Mme Macron.
16:25Mais ce n'est pas grave,
16:26on s'en fiche.
16:27Seulement, vous avez quand même
16:28bafoué 150 000 spectateurs
16:29et renseignez-vous,
16:31M. le maire,
16:31car il n'y a pas 32 plaintes.
16:34Pas du tout,
16:34vous vous trompez fort.
16:35D'autre part,
16:38est-ce que vous cautionnez
16:40le fait qu'il y a eu
16:42une violation
16:43du secret de l'instruction ?
16:45Vous avez fait venir Paris Match,
16:46vous ne leur avez pas du tout dit.
16:48Ils se permettent de parler,
16:50ils violent,
16:50vous savez qu'il y a une plainte contre eux.
16:52C'est scandaleux.
16:53Est-ce que vous cautionnez ça ?
16:54Le FMTB,
16:55je vous pose la question,
16:55répondez-moi.
16:56Alors, attendez,
16:57on n'est pas là pour parler
16:58de Paris Match,
16:59on est là pour parler de vous
17:00en tant que fan de Patrick Bruel.
17:03Est-ce que vous cautionnez
17:04le fait qu'il y a eu
17:04la violation
17:05du secret de l'instruction ?
17:07Ce qui est extrêmement
17:08grave, madame.
17:09Extrêmement grave.
17:11Alors, ça n'a rien à voir
17:12avec le sujet
17:14et en l'occurrence,
17:15ce pourquoi je voulais
17:16vous entendre,
17:17Marinez,
17:18vous êtes une fan
17:18de Patrick Bruel.
17:19Vous faites partie
17:20de ces nombreuses déçues.
17:22Oui.
17:23Oui, allez-y.
17:24Je vous laisse terminer.
17:25Je suis aussi assistante sociale,
17:27madame.
17:27J'ai été aussi assistante sociale,
17:29j'ai eu plein de médailles
17:30du travail.
17:30Donc le droit,
17:31je le connais
17:31et je ne comprends pas
17:33ce qui se passe.
17:34Comment Paris Match,
17:35la journaliste a osé dire
17:36qu'elle avait vu les plaintes
17:37et qu'il n'y avait pas
17:38de plaintes de célébrités ?
17:39Mais de quel droit ?
17:40Comment a-t-elle vu
17:41ces attestations ?
17:42Les attestations ?
17:43Les 100,
17:44il n'y a plus de 100 attestations.
17:46Paris Match répondra
17:47sur ce sujet.
17:48Je ne vais pas me faire
17:49la porte-parole de Paris Match.
17:50Je suis désolée,
17:51mais pour le coup,
17:52ça ne m'intéresse pas.
17:53Est-ce que vous voulez dire
17:54un mot sur l'état d'esprit
17:56de celle que vous représentez
17:57ce soir ?
17:57C'est déçu de cette annulation
17:59plutôt que de parler
18:00de Paris Match ?
18:02Parce qu'on est furieuse
18:03que le droit ne soit pas
18:04respecté, madame.
18:05On est en France,
18:06on a des lois,
18:08il y a des lois en France,
18:09on n'est pas n'importe où,
18:10on n'est pas dans un goulage.
18:11Les maires ne sont pas
18:12des shérifs,
18:13comme a dit très justement
18:14l'avocate de Patrice Bruel.
18:15Voilà, nous,
18:16ce qu'on veut,
18:17ce qu'on aurait voulu,
18:18c'est que la loi soit respectée.
18:20Il avait le droit
18:20d'exercer son activité,
18:22ce n'est pas vrai
18:23que les places étaient allumées,
18:24pas du tout,
18:25ce n'est pas vrai,
18:25les concerts étaient complets,
18:27on était toutes prêtes,
18:28on avait préparé,
18:29voilà, voilà.
18:30Et nous,
18:30il dit qu'il est innocent
18:32et pour beaucoup,
18:33on le croit.
18:34Voilà.
18:34Alors, il clame son innocence,
18:35effectivement.
18:37Merci beaucoup,
18:38Marinelle.
18:38Il clame son innocence,
18:39mais effectivement,
18:40il a un peu changé quand même
18:42de ton dans la manière
18:44de qualifier les choses.
18:45Je voudrais qu'on revoie
18:46encore ce communiqué
18:47qu'il a donc diffusé
18:49cette semaine
18:49pour annoncer
18:51sa décision.
18:52Il dit quand même
18:54qu'il va poursuivre
18:55une réflexion profonde,
18:57si on pouvait voir aussi
18:58une fois de plus,
18:58voilà.
18:59Je sais aussi
18:59que cette situation
19:00m'oblige à m'interroger,
19:01à poursuivre une réflexion
19:03personnelle et profonde.
19:04On est loin
19:05des déclarations
19:06qu'il avait tenues
19:07quand même avant l'été
19:08lorsqu'il parlait des plénantes
19:09comme des pleureuses.
19:10Et il dit
19:10qu'il va aussi entendre
19:11certaines choses
19:12avec toute l'attention
19:13qu'elles exigent.
19:14Je le fais,
19:16je le ferai
19:16avant de venir vous voir,
19:17Hélène.
19:17C'est une stratégie de défense
19:19qui est en train
19:19de se dessiner ?
19:19Quand vous parlez stratégie,
19:21vous employez un mot
19:22qui est justement
19:22très polémique
19:23parce que vous dites
19:24en gros
19:25que ce n'est pas sincère.
19:26Je pense qu'à un moment,
19:29face au tsunami médiatique
19:31et judiciaire,
19:33parce que c'est quand même
19:33une grosse pression
19:34qu'il a,
19:35je pense que très sincèrement,
19:37Patrick Bruel
19:38peut être en train
19:39de se demander
19:40qu'il a loupé
19:41quelque chose.
19:42à minima,
19:43ce serait vraiment normal.
19:46Vous savez,
19:47les gens qui ne se remettent
19:48jamais en cause,
19:49c'est aussi des fonctionnements
19:50un peu pervers
19:50qu'on connaît,
19:51assez figés,
19:52où les gens sont
19:52dans un clivage,
19:54il y a des dimensions psychiatriques
19:55qui sont lourdes.
19:56Je ne suis pas sûr,
19:56je ne sais pas,
19:57je n'ai pas accès au dossier,
19:58je ne suis pas sûr
19:59qu'ils soient là-dedans,
20:00mais c'est sûr
20:00qu'il faut qu'ils se remettent
20:03en cause.
20:04Et là,
20:05je vais revenir sur un point
20:06en deux mots.
20:08Il y a le droit,
20:09mais on voit
20:10tout ce qui s'est passé.
20:11Et c'est vrai
20:11que vous avez été
20:12un peu un précurseur
20:13pour les maires
20:14parce que vous aviez
20:15un prétexte juridique
20:17pour qu'ils ne viennent pas
20:19puisqu'il n'avait pas
20:21rempli son dossier
20:22comme il fallait.
20:23Il n'avait pas levé son option
20:25et c'est très bien.
20:26Et nous,
20:27on doit voir
20:28ce qui s'est passé.
20:29Et moi,
20:29j'ai remarqué
20:30qu'il y avait
20:31beaucoup de maires
20:32et j'étais impressionné
20:34par ce mouvement
20:34et il faut l'interpréter.
20:35Et les prochaines étapes
20:37judiciaires,
20:37alors que d'ailleurs
20:38les avocats
20:39de Patrick Bruel
20:40ont dit cette semaine,
20:41c'est important je pense,
20:42nous avons des éléments matériels
20:44qui pourront permettre
20:45de le défendre.
20:46Quelles peuvent être
20:47les prochaines étapes
20:47déterminantes ?
20:48J'ajouterais juste
20:49que par ailleurs,
20:51Patrick Bruel évoque
20:52en effet dans son communiqué
20:53la phrase que vous avez citée,
20:54il est soumis
20:55à une obligation de soins
20:56dans le cadre
20:56de son contrôle judiciaire.
20:58C'est peut-être aussi
20:59quelque chose
20:59qu'il applique
21:02parce qu'il n'a pas le choix,
21:03sinon son contrôle judiciaire
21:04serait révoqué
21:05et peut-être
21:06que ça participe
21:07à une démarche
21:08et à une réflexion
21:09un petit peu différente.
21:10Justement,
21:11puisqu'on parle
21:11du contrôle judiciaire,
21:12la prochaine étape,
21:13c'est d'abord cette étape-là,
21:14c'est le 16 septembre.
21:15La chambre de l'instruction
21:16se prononcera
21:17puisque le contrôle judiciaire
21:19de Patrick Bruel
21:19a été allégé cet été,
21:20son passeport lui a été rendu,
21:22il a pu se rendre
21:22à l'étranger
21:23et le parquet
21:23a fait appel
21:24de cette décision.
21:25Il y a eu une audience
21:26et la décision sera donc rendue
21:27le 16 septembre.
21:29Il faut préciser
21:29que la chambre de l'instruction,
21:30c'est une instance
21:31qui ne se prononce pas
21:32sur le fond du dossier.
21:33La chambre de l'instruction,
21:34c'est un peu comme
21:36l'organe de contrôle
21:37du travail
21:38des juges d'instruction.
21:40Elle va se prononcer
21:41sur les contours
21:43de ce contrôle judiciaire.
21:44Est-ce qu'elle va suivre
21:45le parquet ou non ?
21:47Et puis,
21:48il y aura ensuite
21:49cette instruction
21:50qui en effet va se poursuivre,
21:51vous l'avez dit,
21:51des auditions,
21:52des confrontations,
21:53une expertise
21:54et des expertises
21:55d'ailleurs de part et d'autre.
21:57Et puis,
21:58quant aux avocats
21:59de Patrick Bruel,
22:00ils ont sans doute
22:01des témoignages.
22:03Ils ont sans doute
22:04effectivement
22:05des éléments
22:05à verser au dossier.
22:07Merci à tous les quatre.
22:08Merci beaucoup
22:08d'avoir été avec nous
22:09évidemment dans BFM Grand Sous.
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