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  • il y a 13 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Soyez les bienvenus sur BFM TV, émission spéciale qui commence maintenant.
00:04Emmanuel Macron a sonné l'alerte ce week-end, alerte contre la menace et l'agressivité russe qui ont changé,
00:09selon lui.
00:10Voilà ce que dit le Président, qui prendra d'ailleurs la parole face aux Français. Ce sera jeudi soir.
00:14Quel est précisément aujourd'hui l'état de cette menace russe ?
00:17Menace que certains candidats à la présidentielle mettent en doute.
00:20Comment la France se prépare-t-elle à y faire face ? Soirée spéciale sur BFM.
00:27La Russie menace-t-elle la France ?
00:30Oui, ce risque, il existe, il est réel et la menace a été rehaussée.
00:34A-t-on raison de s'inquiéter ?
00:35Bien sûr que c'est inquiétant pour nous, Français, Européens.
00:38On vit une période extrêmement anxiogène.
00:40On parle d'une guerre hybride et la France est bien une cible.
00:43Il y a une cartographie des sites à protéger, il y a des mesures de protection qui sont prises par
00:47les opérateurs eux-mêmes.
00:49Quels sont ces sites ?
00:50En fait, tout ce qui pourrait totalement bloquer la France en termes de flux énergétique, de communication.
00:57Actuellement, depuis Moscou, vous pouvez bloquer les hôpitaux français, vous pouvez bloquer l'Elysée, le palais de Matignon.
01:02Demandez au gouvernement de préparer un plan de protection de nos infrastructures critiques.
01:06En tout cas, la France, elle se prépare.
01:08Notre tour viendra. En ce moment, ce sont les Allemands parce que les Russes, disons, est l'endrier législatif.
01:13Ils ont bien évidemment en tête le moment où la tension va vraiment monter dans notre campagne présidentielle et les
01:19Russes seront là.
01:23Et je vous présente nos invités ce soir pour cette soirée spéciale.
01:27Gérard Longuet, bonsoir et merci d'être là, ancien ministre de la Défense, Sergueï Gironoff avec nous.
01:31Bonsoir, Sergueï, ancien officier de renseignement du KGB, le général Serge Cholet.
01:34Bonsoir, mon général, merci d'être là, ancien directeur des opérations du renseignement militaire.
01:38Avec moi également Elsa Vidal, Didier François et Ulysse Gosset.
01:44Didier, je commence avec vous.
01:45Ah bah tiens, j'ai trois citations à vous soumettre ce soir.
01:51Ségolène Royal, la réunion de crise à l'Elysée, c'était une opération de communication.
01:55Éric Ciotti, rien de nouveau sous le soleil, la menace russe existe depuis la Seconde Guerre mondiale.
02:00Fabien Roussel dit qu'il n'a rien appris lors de cette réunion et il regrette qu'on ne pousse
02:04pas plus le dialogue avec la Russie.
02:06Est-ce qu'Emmanuel Macron exagère la menace russe aujourd'hui ?
02:09Alors, on peut penser ce qu'on veut d'Emmanuel Macron. Là, c'est formidable, deux des trois n'étaient
02:17pas à la réunion.
02:18Cette réunion, elle a été faite par les chefs des services de renseignement français.
02:23Regardez, il y avait le patron de la DRM, c'est un général, Justel, qui est un professionnel absolu qui
02:31n'a jamais fait de politique de sa vie,
02:32qui est un militaire et qui connaît son taf. Il a été en poste là-bas, il sait exactement de
02:36quoi il parle et il a sous ses ordres des gens qui travaillent là-dessus depuis X temps.
02:40On peut penser qu'ils peuvent se tromper sur des analyses, etc. Mais j'aimerais bien savoir d'où, à
02:45part le petit doigt mouillé de M. Ciotti, de Mme Royal,
02:49et je ne sais plus qui était le troisième, mais...
02:52Le premier Roussel.
02:53Roussel, bon, Roussel, on sait d'où ça vient.
02:56Donc, qu'est-ce qu'ils savent de plus que les renseignements français, dont c'est le boulot ?
03:02Moi, ça fait quatre ans qu'on a des briefings tous les six mois, qu'on voit évoluer et monter
03:07l'affaire,
03:07que ce soit à la DGSE, à la DGSI, à la DRM.
03:10Ils ne font pas de politique, ce n'est pas leur boulot. Leur boulot, c'est de défendre les Français.
03:13Non, mais on peut considérer qu'Emmanuel Macron fait aussi de la politique.
03:16Et de la communication.
03:18Non, mais que lui fasse de la politique est une chose.
03:20Je pense qu'à un moment, il faut savoir faire le tri des patates.
03:22C'est-à-dire que, je pense que Ciotti et Royal ne font pas de politique du tout,
03:28ce n'est pas leur genre, ou celles non plus, évidemment.
03:31Non, mais enfin, soyons sérieux, il y a un moment où on parle de choses sérieuses.
03:33C'est-à-dire qu'on a, on est dans une situation qui est une situation grave,
03:36où on a Vladimir Poutine, qui certes menace peut-être l'Europe depuis très longtemps,
03:40mais il a attaqué l'Ukraine, ce qui est quand même assez nouveau, ça fait cinq ans.
03:43Et jusqu'à présent, on n'avait jamais vu pendant la guerre froide,
03:46et Dieu sait si pendant la guerre froide, on y était préparés,
03:48ils n'ont jamais franchi la ligne.
03:50Donc ça, c'est nouveau.
03:52Ils le font de manière régulière.
03:54Les agressions cyber, les vols de drones, les interceptions, etc.,
03:59ça, c'est nouveau.
04:00Je suis désolé, enfin, on peut, je ne sais pas où ils vont chercher leurs infos,
04:03à part, je pense que, très bien, les services de renseignement,
04:06ils font un boulot au quotidien, petit à petit, méthodique,
04:10où ils voient, depuis le 15 août, une augmentation,
04:13et depuis l'année dernière, une augmentation du nombre d'incidents
04:16qui est 40 fois supérieure à l'année précédente.
04:1940 fois sur des petits sujets, et il n'y a pas que les Français qui le voient.
04:23Les Allemands disent la même chose, les Bates disent la même chose,
04:25les Polonais disent la même chose, tout le monde dit la même chose,
04:28ils ne sont pas en campagne électorale, que je sache.
04:31Donc il y a un moment, il faut arrêter de raconter les conneries,
04:34tout ça pour s'hermousser, les services de renseignement font leur boulot,
04:38essayent d'expliquer leur boulot aux Français,
04:39si les autres ne veulent pas écouter, qu'ils n'écoutent pas.
04:41– Gérard Languet, je l'ai dit, vous étiez ministre de la Défense
04:42au début des années 2010, est-ce que vous considérez,
04:45est-ce que vous voyez aujourd'hui clairement un point de bascule
04:48par rapport au moment où vous étiez aux affaires ?
04:51– La situation est en effet critique pour le Président de la République,
04:54parce que, par définition, il arrive au bout de son deuxième mandat,
04:57et qu'il est la tentation, je dirais, de terminer rembauté
05:03avec la majesté de la fonction, l'article 5, il est le chef des armées,
05:07c'est assez vraisemblable.
05:09En même temps, c'est plutôt élégant de sa part et utile pour le pays
05:15que des femmes et des hommes politiques d'opinion extrêmement différente,
05:19dont les patrons respectifs, on ne sait pas qui sera candidat
05:22des uns et des autres, enfin si on le sait quand même assez largement,
05:24mais enfin, est une information et ne puisse pas dire
05:27qu'on ne le savait pas, je trouve ça plutôt correct.
05:31Et qui mieux en effet que le DRM, le responsable du renseignement militaire,
05:36la DGSA, DGSA, les trois étaient là.
05:41– Il n'y avait pas de ministre.
05:43– Il n'y avait pas la ministre de la Défense, c'est intéressant,
05:46la ministre des Armées, elle n'était pas présente.
05:48C'est important parce que c'est la nuance entre
05:50on est au seuil de la guerre ou on est en guerre.
05:52Or, nous ne sommes pas en guerre contre la Russie.
05:55Et la ministre des Armées n'a pas à être présente.
05:57Mais ce qui est une première dans l'histoire de la République,
06:00c'est qu'effectivement, le président de la République
06:02réunit les principaux chefs de parti avec les dirigeants
06:06des services de renseignement.
06:08Ça se fait beaucoup aux États-Unis.
06:10En France, ce n'était pas une tradition.
06:12En cela, c'est une vraie nouveauté.
06:14– En France, ce n'est pas une tradition, pardonnez-moi,
06:16mais j'ai le souvenir d'avoir rencontré le président Mitterrand
06:19comme chef de parti au moment de l'intervention en Serbie.
06:25Ou plutôt de la non-intervention, puisque c'est l'OTAN qui l'a fait.
06:29Et il avait pris à cœur d'expliquer aux uns et aux autres les enjeux.
06:35– Mais il n'y avait pas tout.
06:36Il n'y avait pas le directeur du renseignement militaire.
06:38– Il n'y avait pas le, c'était entre politiques.
06:40– Moi, ce qui m'intéresse, général, c'est cette bascule,
06:42et on entendait le chiffre donné par Didier François,
06:4540 fois plus d'événements hostiles vis-à-vis de nous et venant de la Russie,
06:5140 fois plus ces derniers temps.
06:53Ce qui m'intéresse, c'est cette bascule-là.
06:54Comment est-ce qu'elle se matérialise ?
06:56On a tous en tête Leipzig, l'attentat manqué contre l'aéroport, etc.
07:00Comment elle se matérialise ?
07:01Et à quel point nous, Français, parce que c'est la question qu'on pose ce soir,
07:04on est ciblés par cette bascule-là et par cette menace-là ?
07:07– Alors, je vais vous répondre, mais je voudrais juste compléter
07:09ce que vient de dire Ulysse et M. le ministre.
07:12Il n'y avait pas le SEMA, il n'y avait pas le chef d'état-major des armes.
07:14– Exactement, exact.
07:15– Il n'y avait pas le chef d'état-major particulier,
07:17il n'y avait vraiment que les chefs de service.
07:19– C'est très curieux, d'ailleurs.
07:19– Non, parce qu'on est en dessous de l'affrontement.
07:22– Et c'était une logique d'informer les partis politiques,
07:26avec les spécialistes, les experts.
07:28Pour répondre à votre question, à l'époque de la guerre froide,
07:32pour reprendre les propos de M. Ciotti,
07:35qui avait dit qu'il n'y a pas d'évolution dans la menace depuis 1945 ou presque,
07:39il n'y avait pas d'affrontement dans le champ cyber,
07:42puisque le cyber n'existait pas.
07:44Et puis, puisque le président Macron a évoqué deux sujets,
07:49le cyber et les drones.
07:51Il faut savoir que, et je vous invite tous à regarder
07:54un documentaire de la télévision ukrainienne,
07:58qui ont décortiqué un drone GERAN-4,
08:02qui est tombé en Ukraine sans exploser,
08:05où il le décortique,
08:07qui fait que ces engins,
08:08alors on peut l'envisager sur les plus petits aussi,
08:11ils sont équipés en redondance de systèmes GSM,
08:14ça veut dire de pouvoir travailler avec des téléphones portables.
08:17Ils ont des systèmes redondants pour éviter le brouillage,
08:20et ils ont des systèmes qu'on appelle Mesh,
08:22je ne veux pas rentrer dans les détails,
08:23qui permettent de parler directement d'un drone
08:25à une simple antenne satellite, quelque part à Moscou.
08:29Ça veut dire que vous avez trouvé des abrutis
08:31capables d'aller poser des empreintes de main rouge
08:35sur Mont-Valérien,
08:37ou de peindre des étoiles de David bleu,
08:40je ne sais plus où.
08:41Ces mêmes abrutis,
08:42par un simple contact sur l'Internet,
08:47vous leur demandez d'aller poser un drone
08:49à côté d'une centrale nucléaire.
08:52Ce drone peut être piloté depuis Moscou
08:55et allait taper un centre vital.
08:58Donc c'est ça aussi la différence,
09:00ça, ça n'existait pas à l'époque.
09:01Et c'est ça l'un des scénarios sur lesquels
09:04on travaille aujourd'hui ?
09:04C'est l'un des scénarios.
09:06Quand le président dit qu'il faut faire l'effort
09:08sur l'espace cyber,
09:10les attaques cyber qu'on connaît régulièrement,
09:12Bercy et les autres,
09:14et puis sur la menace drone,
09:15il y a un cap de franchie.
09:18J'ai eu l'occasion de l'expliquer.
09:20Et avec la menace islamiste,
09:22on a une posture appelée vigipirate.
09:24Actuellement, nous sommes au niveau le plus élevé
09:26de cette posture, alerte attentat.
09:28Mais le problème, c'est que la menace islamiste
09:31n'a pas disparu.
09:32Maintenant, vient se superposer
09:33une menace étatique venue de l'Est.
09:36Et cette menace étatique,
09:38lorsque vous avez affaire à un islamiste
09:39qui, dans sa cuisine, joue avec son ordinateur,
09:42vous pouvez penser que l'attaque,
09:44elle est plutôt réduite, plutôt sommaire,
09:46et on pourrait peut-être l'empêcher.
09:47En revanche, quand vous avez des milliers
09:49de cybernautes en Russie
09:52qui sont capables de mener une attaque
09:54de grande intensité, de grande ampleur,
09:57le champ cyber devient un véritable champ de bataille.
10:00Et en matière de drones,
10:02c'est ce que je viens de vous expliquer,
10:03il y a des sites qu'on appelle
10:05des points d'importance vitale,
10:07qui sont opérés par des opérateurs
10:10d'importance vitale.
10:11Ils ont le devoir, vis-à-vis du gouvernement,
10:13d'avoir un niveau de sécurité élevé.
10:16Ce que dit le président Macron,
10:18c'est que vous, les OIV,
10:19les opérateurs d'importance vitale,
10:21vous devez maintenant vous engager
10:23à vous protéger contre les drones.
10:25Je vous laisse réagir,
10:27Sergei voulait réagir,
10:28mais après, il y a quand même une question
10:29qui se pose,
10:30est-ce qu'on ne réagit pas trop tard,
10:31d'une certaine manière ?
10:32Quand on entend les mots
10:33du président de la République
10:33la semaine dernière dire
10:34« je réclame un plan de protection
10:37des infrastructures vitales pour la France »,
10:38c'est qu'il a commencé à être réagir.
10:39Ils agissent déjà ?
10:40Oui, mais ils n'étaient pas prêts.
10:41Justement, on n'en réagit pas trop tard,
10:44parce que jusqu'à maintenant,
10:45il n'y a pas eu,
10:46enfin, à ce qu'on sache,
10:48parce que peut-être qu'il y a eu
10:49des attaques qui ont été déjouées
10:51par les services,
10:52et nous les ignorons.
10:54Mais il ne s'est pas passé
10:57la même chose qu'il s'est passé
10:58en Allemagne,
10:58qu'il s'est passé en Bulgarie,
11:00qu'il s'est passé en Pologne,
11:01qu'il s'est passé en Italie,
11:02ça veut dire les explosions
11:03des dépôts de munitions,
11:05qui sont énormes,
11:06des usines militaires énormes.
11:08Incendiés.
11:10Incendiés, explosés, etc.
11:12Et ceci, il a 60 ans.
11:13Moi, j'ai 65 ans,
11:14j'ai 5 ans de plus que lui.
11:16Donc, je suis un dinosaure
11:17de la guerre froide.
11:18En plus, j'étais dans le service
11:19de renseignement pendant la guerre froide.
11:21Qu'il me raconte,
11:22qu'il n'a rien échangé
11:23par rapport à l'époque où j'étais,
11:25déjà, le service de renseignement
11:26dans lequel j'étais,
11:27c'était la première direction générale.
11:29Moi, j'étais dans la direction S,
11:31ça veut dire celle des illégaux.
11:32J'étais basé à Yassenevo,
11:34au sud de Moscou.
11:35On avait 3 bâtiments.
11:36Actuellement, il y en a 6.
11:386 bâtiments.
11:39Et moi, je travaillais pour l'Union soviétique.
11:41Ça veut dire 15 républiques soviétiques,
11:43300 millions d'habitants.
11:44Et donc, la Russie,
11:45c'est la moitié de l'Union soviétique.
11:47Et s'il y a 3 bâtiments de plus,
11:49ça veut dire que ça a doublé
11:50en volume absolu,
11:52ça veut dire que l'effort
11:53a quadruplé.
11:54Et il s'est dit,
11:56non, non, rien n'est changé.
11:58Métine, en 2006,
11:59elle a construit le nouveau siège
12:01pour le renseignement militaire russe.
12:03Ça veut dire aussi,
12:04le service de renseignement militaire
12:08a doublé de volume.
12:09En mon époque,
12:10la première direction générale,
12:12c'était 8 000 personnes.
12:13Maintenant, c'est 15.
12:14Le service de Grou,
12:16c'était 15 000 personnes.
12:18Maintenant, c'est 30.
12:19Et tout ça.
12:21Et la France, maintenant,
12:22c'est la première cible
12:26de politique en géopolitique
12:30de la Russie,
12:31parce qu'avec Trump,
12:32les États-Unis,
12:33ils le considèrent
12:34comme presque amis.
12:36Bon, le temps est la France
12:37parce que c'est la seule puissance
12:38dotée dans l'Europe occidentale,
12:40continentale.
12:41Et donc, bien évidemment,
12:42nous sommes,
12:43enfin, la France
12:43est une cible
12:44privilégiée.
12:44Cible de choix
12:45avec des élections
12:46qui arrivent l'année prochaine.
12:47Elsa Vidal.
12:49Monsieur le ministre...
12:49Je ne suis pas un technicien,
12:50mais il y a une...
12:51Attendez, juste...
12:52Elsa Vidal...
12:53J'ai une question pour vous,
12:53en réalité.
12:54Donc, je vous rends la parole
12:55dans une minute.
12:57Vous avez,
12:58suite aux propos
12:58du chef d'État-major
13:00des armées,
13:01Mandon,
13:02devant la réunion
13:03des maires de France,
13:04qui a parlé
13:06de peut-être
13:06la nécessité à venir
13:07pour les enfants français
13:09d'être sacrifiés,
13:11vous avez,
13:12chez Europe 1,
13:12parlé d'une intervention
13:13excessivement inquiétante.
13:15Est-ce que l'intervention
13:16récente
13:17du président de la République,
13:18vous la qualifiez
13:19de la même manière
13:20ou est-ce que quelque chose
13:21a changé dans l'intervalle ?
13:22Non, je crois
13:23qu'il y a deux poids,
13:25deux mesures,
13:26c'est deux situations différentes.
13:27Le président de la République
13:28rappelle ses responsabilités,
13:30c'est normal,
13:31qu'il donne une information
13:32dans la perspective
13:34d'une transmission de relais,
13:36c'est une question de bon sens.
13:38Je voulais simplement dire
13:39qu'avec Éric Ciotti,
13:41la grande différence,
13:42c'est que dans un monde moderne,
13:44la fragilité des systèmes
13:45est sans doute plus forte
13:47qu'au moment assez rustique
13:49du parapet bulgare
13:50et de l'espion traditionnel
13:54crypto-communiste
13:55universitaire britannique
13:56devenu stalinien.
13:57Vous voyez de qui je veux parler.
13:59Et donc,
14:00on est dans un système
14:03beaucoup plus exposé aujourd'hui,
14:04beaucoup plus fragile
14:05et dans les cyberattaques,
14:07je ne suis pas un grand spécialiste,
14:09mais la paternité de l'attaque
14:11est sans doute
14:15la paternité,
14:16la responsabilité
14:16la plus difficile à établir.
14:18On peut y parvenir,
14:20certains le savent,
14:21elle sera toujours discutée.
14:23Comme celle des drones,
14:23monsieur le ministre.
14:24Comme celle des drones,
14:25vous avez tout à fait raison.
14:26Et donc,
14:27je trouve qu'Éric Ciotti
14:28n'est pas avisé
14:30en disant
14:30on connaît,
14:31c'est la même chose.
14:32Ce n'est pas vrai,
14:33ce n'est pas la même chose.
14:34Et on peut avoir,
14:35je terminerai par ça,
14:36la paralysie d'un pays
14:37sans aucune déclaration.
14:40Précisément.
14:40Vous avez posé la question,
14:41est-ce que c'est trop tard ?
14:43La réponse,
14:44c'est qu'en réalité,
14:44l'annonce qui a été faite
14:46par le président de la République
14:46aux chefs de parti,
14:47c'est maintenant.
14:48Mais les services
14:49dont on parle,
14:51la DGSI,
14:52ça fait des mois
14:52qu'ils s'y préparent.
14:54Et l'exemple concret
14:55que l'on peut donner
14:56pour dire qu'on était
14:57en train déjà
14:58de s'y préparer,
14:58c'est le fait
14:59qu'en début d'année prochaine,
15:01il y aura un grand exercice
15:02de blackout.
15:03On en parlera tout à l'heure.
15:04Oui, mais ça veut dire
15:04que tout ça ne se fait pas
15:05en un jour.
15:07Ça se planifie exactement.
15:09Et donc,
15:09les services spécialisés
15:10s'y préparent.
15:11Et moi,
15:12j'ai rencontré
15:12l'un des trois
15:13qui étaient là
15:15en tête à tête.
15:16Et il m'a dit
15:17qu'il y a un sentiment
15:18d'urgence.
15:19Il faut se préparer.
15:21Et on n'a pas...
15:22Enfin,
15:22c'est inconcevable
15:23qu'on ne puisse pas
15:24se préparer
15:25à une telle menace.
15:26Ça ne veut pas dire
15:26que la guerre a commencé.
15:28Mais on est juste
15:28au-dessous du seuil.
15:29Mais alors justement,
15:30Didier,
15:30j'ai une question
15:31un peu impossible pour vous.
15:32Je ne sais pas comment
15:32vous allez vous en débrouiller.
15:33mais quand on regardait
15:36ce week-end
15:39à la suite
15:40des déclarations
15:40du président de la République,
15:41un certain nombre
15:42d'événements,
15:42je ne sais pas comment dire ça,
15:44étranges,
15:45louches,
15:45qui ont pu se produire
15:46aux Pays-Bas
15:47avec des attaques
15:47contre les chemins de fer.
15:48En France,
15:50là aussi,
15:51avec ce qui s'est passé
15:53notamment en Normandie,
15:54ce qui s'est passé
15:55début septembre
15:56dans un site du Vaucluse,
15:58sur l'usine
15:58de fabrication d'explosifs.
15:59Tout ça n'est pas
16:01officiellement rattaché
16:03à la Russie.
16:03Peut-être d'ailleurs
16:04qu'il n'y a pas de lien.
16:05Mais comment est-ce
16:05qu'on fait le tri ?
16:06Et comment est-ce qu'on rattache
16:07ces événements-là, Didier,
16:09justement à cette menace russe ?
16:10Eh bien justement,
16:11c'est là qu'il y a
16:11la question de la coopération
16:12entre les différents services
16:13européens
16:13qui est ultra importante.
16:15Ultra importante.
16:15Et c'est pour ça
16:16que j'insiste sur le fait
16:17qu'attention,
16:17il n'y a pas que les Français
16:18qui disent ça.
16:19Nous, on a d'ailleurs
16:20plutôt de la chance.
16:21Parce que,
16:22d'un certain point de vue,
16:24nous et les Britanniques,
16:26on est traditionnellement
16:28un peu géographiquement
16:29plus loin
16:30que les Polonais,
16:31les Allemands,
16:32les Roumains, etc.
16:33D'ailleurs, dans l'OTAN,
16:34dans les plans de l'OTAN,
16:35on viendrait en renfort
16:37boucher des trous
16:38et intervenir
16:39en cas d'affaires militaires,
16:40en cas d'affrontement.
16:42Et justement,
16:43tout l'exercice
16:44que l'on fait aujourd'hui,
16:44c'est pour éviter
16:45d'arriver à l'affrontement.
16:47C'est pour rester
16:49au stade de la confrontation
16:50et empêcher
16:52que Vladimir Foutine
16:53fasse une erreur d'analyse,
16:55pensant que finalement,
16:56on serait mou du genou,
16:58que c'est facile,
16:59qu'on lâcherait nos alliés,
17:01qu'on n'irait pas faire...
17:03On ne va pas s'engager
17:04quand même
17:05pour une petite chineau,
17:07la Moldavie, etc.
17:09Eh bien, pas du tout.
17:09On serait obligés de le faire.
17:11Pourquoi ?
17:11Parce que c'est l'Union européenne
17:12qui serait attaquée.
17:13C'est des gens
17:14avec qui nous avons
17:15la même monnaie,
17:15des gens avec qui nous avons
17:16la même grille électrique,
17:18avec qui nous avons
17:18les mêmes structures.
17:19C'est pour éviter
17:20d'arriver à ce stade
17:22de l'affrontement
17:22que les services
17:24mettent en garde
17:25et préviennent l'ensemble.
17:27Moi, je trouve
17:27que c'est vraiment...
17:28C'est bien,
17:29parce que c'est sain,
17:31c'est adulte
17:32de dire à l'ensemble
17:33des chefs politiques
17:34qui visent à vouloir
17:36diriger ce pays.
17:37Et en plus,
17:38on le sait,
17:39parce que les partis
17:40et les chefs de partis
17:41peuvent dire ce qu'ils veulent,
17:42mais l'ensemble des Français
17:43sont attachés
17:44à leur sécurité
17:45et quel que soit le parti
17:46pour lequel ils votent,
17:47je pense qu'eux,
17:47ils sont attentifs.
17:48Donc c'est bien
17:49de faire ça aujourd'hui
17:50parce qu'on est en train
17:51de préparer...
17:52Prenons un exemple
17:52sur la question des drones.
17:53La sécurité des drones
17:54dans les infrastructures vitales.
17:58Aujourd'hui,
17:58il y a un problème tout bête.
17:59Alors,
18:01on a changé les règles.
18:03Vous abattez un drone
18:04au-dessus d'une usine
18:05ou au-dessus d'une centrale.
18:06Où est-ce qu'il va tomber ?
18:07On a un problème.
18:08Est-ce que les entreprises
18:09ont le droit
18:09d'avoir des gens armés
18:10qui pourraient tirer
18:10sur les drones
18:11et les faire tomber ?
18:11Ou les brouiller
18:12pour les faire tomber ?
18:13Tout ça est compliqué.
18:15C'est pour ça
18:15qu'on a travaillé
18:16et les ministères
18:17travaillent dessus
18:18et en train de faire les textes.
18:19Et c'est pour ça
18:20que c'est les préfets
18:20qui ont été réunis
18:21et que le chef d'état-major
18:22des armées
18:23et le MP
18:23n'étaient pas là
18:24parce qu'on est
18:25avant l'affrontement.
18:26On est dans une confrontation
18:27qu'on veut gagner
18:28pour éviter
18:29d'aller à l'affrontement.
18:30C'est comment
18:30on organise
18:32la société française
18:33civile
18:33avec ses entreprises,
18:35ses règles,
18:36ses cadres
18:36en sécurité
18:38pour pouvoir résister,
18:39être résilient,
18:40comme on dit,
18:41à ce genre de choses.
18:42On va continuer
18:42en parler tout au long
18:43de cette soirée.
18:44Évidemment,
18:44on reste en direct.
18:44Émission spéciale.
18:45d'aller à l'affrontement.
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