00:00Vous l'avez déjà posé hier soir, je vous avais à reposer à la lumière d'un nouveau témoignage.
00:05Emmanuel Macron peut-il tenir ? Peut-il tenir au pouvoir ?
00:08Un témoignage ce soir, je ne sais pas si vous l'avez entendu autour de la table et chez vous,
00:12celui de Jean-Baptiste Moreau, ancien député macroniste,
00:15je serai le dernier des macronistes, c'est ce qu'il dit,
00:18et pourtant, il a visiblement quand même conseillé à Emmanuel Macron de partir dimanche dernier,
00:23de partir, écouter ce qu'il lisait, c'était ce matin sur RMC.
00:27– Ce n'est absolument pas contre lui, c'est justement pour lui et pour le pays.
00:31Si je lui ai dit ça, dimanche avant son allocution,
00:33parce que j'ai dit que s'il faisait une allocution pour annoncer finalement pas grand-chose,
00:36je pense qu'il allait une fois de plus cristalliser la colère.
00:39– Il m'a dit jamais, ce n'est pas le moment de reculer, et c'est son tempérament.
00:43– Il ne m'a dit jamais, c'est quand même particulier comme témoignage.
00:48– C'est assez particulier comme témoignage, ça doit être assez décourageant pour le président de la République.
00:52Si en plus, c'est un de ses plus fidèles soutiens, ça doit être assez dur à entendre.
00:58Admettons que le président de la République parte, qu'est-ce qui se passe ?
01:01D'abord, ça ne résout rien, ça ne résout pas le problème des lycéens,
01:05ça ne résout pas le problème de tous les Français qui attendent quelque chose,
01:12ceux qui aujourd'hui sont manifestes et sont en colère.
01:15le président du Sénat occupe et il y a une élection présidentielle qui est organisée.
01:22Est-ce que les partis qui vont se présenter à cette élection présidentielle vont dire
01:28« oui, oui, on rase gratis, on fait tout ce que vous demandez ».
01:30Mais attendez, ça va se passer comme ça.
01:32La France, de toute manière, va être dans une passe terrible parce que les candidats
01:37qui vont se présenter à la prochaine élection vont être rattrapés par la réalité économique de notre pays.
01:43Ils ne pourront rien promettre à tel point que dans peu de temps, à mon avis,
01:48on va être sous surveillance tellement la dette se creuse.
01:52Vous savez qu'hier, on avait…
01:54Sur surveillance, ça veut dire BCE, Banque Centrale Européenne, FMI, etc.
01:57Exactement. Hier, on était à 5 points de taux d'intérêt.
02:00On est déjà à 5, pas loin de 5,20 aujourd'hui.
02:04Donc, je vous laisse imaginer ce qui va se passer dès la semaine prochaine.
02:08Emmanuel Macron ne partira pas. Emmanuel Macron a déjà eu beaucoup de signaux.
02:10Et il ne partira pas, en plus.
02:11Il ne l'a dit jamais.
02:13Les élections européennes, Jordan Bardella est arrivé en tête.
02:15Les législatives où il pouvait y avoir une minorité d'alternance
02:19représentée par le Rassemblement National et où ces troupes ont appelé à voter LFI
02:22pour qu'il n'y ait pas de majorité.
02:24Emmanuel Macron…
02:24Ils ont appelé à vous bloquer.
02:25Emmanuel Macron…
02:25Ils ont appelé à vous bloquer, ce n'est pas la même chose.
02:27Je termine.
02:27Oui, mais j'informe les gens qui nous regardent.
02:30Je suis journaliste, je veux quand même donner une information à les gens qui nous regardent.
02:32Ils ont appelé à vous bloquer.
02:33Mais tout le monde sait que vous êtes une journaliste très objective.
02:35Je n'ai pas dit que j'étais objective.
02:37Je n'ai pas dit que j'étais objective, mais je suis honnête.
02:39Par contre, je vais terminer mon récemment.
02:39Je réponds aux attaques.
02:40Je réponds aux attaques.
02:41Je ne vous ai pas attaqué.
02:41Sauf si vous êtes la représentante officielle d'Emmanuel Macron.
02:43Mais dites-le alors.
02:44Non, vous avez dit que vous êtes une journaliste très objective avec beaucoup d'ironie.
02:46Ah oui, j'étais très ironique.
02:47Tout le monde sait que vous ne l'êtes pas.
02:48Mais vous l'assumez.
02:49Bref, il aurait pu là avoir une majorité autre et faire une cohabitation.
02:55Ça ne marche pas si mal d'ailleurs.
02:56Donc, il ne le fera pas.
02:57Vous savez, moi j'ai une image.
02:58Pour moi, Macron s'énerve.
02:59Il regarde Rome brûler.
03:01Et j'ai presque tendance à dire avec un petit sourire.
03:04Sophia Tisaoui, vous vous disiez que ça nous offrirait une nouvelle perspective politique.
03:08Oui, en fait, il respecterait simplement les Français.
03:11Enfin, quand même, 2024, dissolution.
03:15Il nous envoie balader, sachant qu'il y a une coalition du Nouveau Front Populaire
03:18qui arrive en tête et qui ne respecte pas les urnes.
03:21Donc, comment voulez-vous que, déjà, les gens croient encore au vote ?
03:24Enfin, à un moment donné, à partir de ce moment-là, je pense qu'on a quand même pris un
03:27gros coup de massue
03:27en se disant que même quand on va voter, en fait, on ne nous respecte pas.
03:30Donc, là, on se dit, en fait, le seul moyen pour qu'on ait une nouvelle perspective, c'est qu
03:34'il s'ennuie.
03:34Oui, mais si vous vous retrouvez avec la même assemblée derrière ?
03:37Ah bah, après, ça, c'est... On verra.
03:38C'est ce qu'il y a de sa campagne aussi.
03:39Le sujet est là.
03:40Le sujet est là, c'est qu'un nouveau président, et même si les élections ont lieu à la date
03:47indiquée,
03:48rien ne dit, quel que soit le président élu, qu'une majorité derrière, absolue, suive le président.
03:53Mais il y a une question subsidiaire là-dedans et qui fait se rejoindre tous ces sujets-là.
03:58On va se projeter plus loin.
03:59Deuxième tour de l'élection présidentielle, c'est prévu le 2 mai.
04:02Le 2 mai, au lendemain, des manifs du 1er mai.
04:05Est-ce que c'est vraiment une bonne idée ?
04:07Bruno Retailleau demande très officiellement à ce qu'on décale la présidentielle.
04:11Laurent Jacobelli.
04:12C'est maladroit comme date.
04:14Je crois que, pour être très honnête, il n'y a pas beaucoup de bonnes dates avec les vacances, etc.
04:17Non, il n'y a pas beaucoup de bonnes dates, etc.
04:17Il y a des vacances à ce moment-là.
04:18C'est décidé maintenant.
04:19Je pense qu'on va arrêter de chercher des fausses solutions.
04:22Ce sera le 2 mai, le deuxième tour.
04:24Il faut s'y préparer.
04:25On ne va pas changer les dates tout le temps.
04:26Je pense que cette République et cette démocratie ont besoin d'un peu de stabilité.
04:30Peut-être que ce n'était pas la date à choisir, mais c'est fait.
04:32Les campagnes sont faites avec ce rétro-planning.
04:34Excusez-moi le terme.
04:36Ce n'est pas la peine de tout casser.
04:38C'est possible de le dire quand on n'a aucune chance d'être au deuxième tour,
04:41quand on ne veut être responsable et essayer de gagner cette direction.
04:43Vous parlez de Bruno Retailleau ?
04:44Oui.
04:44Ah, je savais que vous parliez de votre candidat.
04:46Non, nous, on a des chances d'être au second tour.
04:48Bruno Retailleau, bon, mais ce n'est pas méprisant.
04:51C'est le sondage qu'on se fait.
04:53Je pense qu'il faut effectivement la maintenir.
04:56Probabilité sur quelles autres formes de mobilisation vont survenir d'ici.
05:00Il peut se passer des choses aussi à la veille du premier tour.
05:04On n'en sait rien.
05:04La manifestation qui a eu lieu...
05:05Oui, quelle que soit la date.
05:06On ne sait pas ce qui va se passer.
05:08Par ailleurs, je pense que c'est important de souligner
05:09qu'Emmanuel Macron cristallise en raison de son comportement et de sa politique
05:15une vindicte singulière.
05:17C'est-à-dire que les gens qui vont lui succéder n'auront pas ce passif.
05:19Il a quand même fait face à différentes mobilisations
05:21auxquelles il n'a jamais vraiment offert une réponse satisfaisante.
05:24Ce qu'on disait à l'instant sur la mobilisation de 2024 pour les législatives.
05:28Finalement, il a nommé successivement un ministre de droite,
05:31un premier ministre de droite, un premier ministre de gauche
05:33et un autre qui était littéralement son meilleur ami.
05:36Évidemment, ça s'attend aussi à la population.
05:39Demander des cahiers de doléances, faire des conventions citoyennes
05:41et ne pas tenir compte de ce qui a été produit,
05:44c'est aussi ce qui crée du ressentiment.
05:46Une personne qui arrivera au pouvoir après Emmanuel Macron
05:48n'aura pas ce passif et pourra effectivement bénéficier
05:50des promesses qu'elle aura faites et pour lesquelles les gens auront adhéré.
05:53Ça dépend de qui arrive au pouvoir après Emmanuel Macron.
05:55Oui, mais dans tous les cas,
05:57la personne qui arrivera a priori au pouvoir après Emmanuel Macron
06:01sera portée par l'espoir des promesses qu'elle aura faites.
06:04La question, c'est comment ?
06:05Non, moi je ne suis pas du tout d'accord.
06:07Ce n'est pas une question de d'accord.
06:08Je ne suis pas du tout certain de ça.
06:10Moi je pense que la tripartition du paysage politique français,
06:13elle est potentiellement assez durable et ancrée pour quelques années.
06:18Et je suis assez inquiet justement de voir qu'il pourrait y avoir une majorité relative
06:25pour le prochain président de la République,
06:28ce qui nous renverrait aux éternels outils pour gouverner du 40-30,
06:34des motions de censure, des ordonnances et tout ce qu'on veut.
06:37Et que c'est bien là la grande crainte.
06:40Parce que dans tous les cas de figure,
06:42qu'on prenne le Rubik's Cube, si vous me permettez,
06:45dans tous les sens, je crains fort que ce soit le cas.
06:47Parce qu'il y aura la volonté des Français,
06:50et qui s'est déjà exprimée d'ailleurs quand il y a eu la dissolution,
06:54et même en 2022,
06:55qu'on n'ait pas tous les œufs dans le même panier.
06:58Parce que la France est tellement divisée
07:00que ça risque fort d'arriver.
07:04Et pour répondre à Rocaia Diallo sur 2024,
07:06c'est la grande erreur du président de la République.
07:08Il aurait dû nommer un Premier ministre de gauche,
07:13socialiste ou LFI,
07:15et de toute manière on aurait vu qu'au bout d'un mois,
07:17il aurait été obligé de démissionner.
07:19Il aurait été libéré.
07:21Et il n'a pas fait ce choix-là, il a eu tort.
07:23J'aimerais amener un peu d'optimisme.
07:24Je peux ?
07:25Allez-y !
07:26Bon, essayez.
07:27Je crois que notre pays n'est pas condamné au désordre.
07:29Voilà, des règles de l'ordre existent.
07:32Des réponses aux solutions,
07:33avec des problèmes connus de très longue date
07:35sur l'éducation nationale et des questions de pouvoir d'achat,
07:38nous en faisons, et on n'est pas les seuls.
07:40Mais en tout cas, ça existe.
07:42Et Yves Tréard est un homme très honnête,
07:44intellectuellement, et autrement d'ailleurs aussi, je pense.
07:47Et il peut reconnaître qu'un seul scénario
07:49et une seule candidate peut revendiquer,
07:51ce n'est pas garanti,
07:52d'avoir une majorité à l'Assemblée nationale.
07:54Ce n'est pas garanti, loin de là.
07:55Je suis un homme honnête.
07:56Justement.
07:57Laurent Jacobi vient de dire, ce n'est pas garanti.
07:59Et vous savez pourquoi ?
08:00Parce que vous êtes ce que vous êtes.
08:02Mais nous sommes les seuls à avoir une chance d'avoir une majorité,
08:04et si nous ne l'avons pas tout seuls,
08:06nous sommes suffisamment ouverts et intelligents
08:08pour tendre la main à d'autres
08:09et avoir un gouvernement d'union pour diriger ce pays.
08:12Je reviens d'un mot à l'information de la soirée.
08:15Emmanuel Macron qui reçoit demain les lycéens.
08:17Sophia Tizaoui.
08:17Alors, vous ne serez pas demain à l'Élysée, me semble-t-il.
08:20Non, je laisse ça à mes camarades.
08:21Voilà.
08:22À ceux qui vous ont succédé.
08:23À ceux qui vous ont succédé.
08:24Si vous étiez face à Emmanuel Macron,
08:26votre première phrase, c'est quoi ?
08:30Franchement, qu'est-ce que vous attendez ?
08:32Mais vraiment, qu'est-ce que vous attendez ?
08:34C'est vraiment ma question.
08:35Mais qu'est-ce que vous attendez ?
08:36On a des milliers de jeunes dans ce pays
08:38qui souffrent à cause de vos politiques depuis 10 ans.
08:41Qu'est-ce que vous attendez de, un,
08:42pour répondre à nos revendications depuis plus de 10 ans ?
08:44Et de deux, qu'est-ce que vous attendez ?
08:48Pour nous recevoir.
08:49Pourquoi il a fallu qu'on soit dans les rues,
08:51qu'il se passe de tels drames,
08:53que des mains soient arrachées,
08:54que des oeils soient éborgnés,
08:56qu'il y ait tout ce chahut ?
08:57Et des policiers blessés.
08:58Bien sûr.
08:59Mais bon, bref.
09:01Mais qu'est-ce que vous avez...
09:02Alors, pas bref, c'est grave.
09:02Non, mais parce que, en fait,
09:03si vous voulez revenir sur ce truc des policiers...
09:05Bah, mille, mille policiers blessés, c'est grave.
09:06Non, mais c'est pas rien.
09:07Non, non, c'est pas rien.
09:08Je dis juste qu'en fait,
09:09on n'a pas le détail des policiers blessés.
09:11C'était une phrase.
09:12Il y a même des policiers qui sont blessés
09:13par leur propre gaz lacrymotif.
09:14C'était une phrase.
09:15On va pas en voir ce débat-là.
09:16En tout cas, on a eu votre première question,
09:18Emmanuel Macron.
09:19Merci à tous les quatre d'avoir été en direct.
09:20Merci beaucoup.
09:21Merci beaucoup.
09:21Merci beaucoup, Maxime.