00:00Surveillance.
00:00J'aimerais qu'on les contrôle ceux-là.
00:02Allez go les gars, vous y allez, ils sont chargés.
00:04Je vais pas donner la peau de l'ours mais...
00:06Fouille.
00:07Merci madame Denis, je fais ça.
00:09Intervention.
00:10Regarde y'a personne là, mets-moi un groupe pour nous.
00:12Après les débordements survenus en marge des mobilisations le 17 octobre...
00:16Ça avait l'air d'un champ de bataille.
00:17Nous avons suivi la CRS8 dans une journée sous haute tension à Orléans
00:22où prenaient place des manifestations d'opposition au Rassemblement National
00:25alors que le parti avait choisi la ville pour lancer sa campagne présidentielle.
00:29Le monde entier en merde !
00:31Le Front National !
00:32Nous avons aussi interrogé les CRS sur le climat actuel et leur utilisation des armes.
00:37Est-ce que vous êtes à l'aise pour utiliser ces armes qui peuvent faire des blessures très graves ?
00:44Toutes les armes, tous les fonctionnaires sont habités aux armes qu'ils utilisent.
00:48Encore une fois, à la CRS8 on est formés, qualifiés.
00:51Ensuite, pour ce qui est des blessures qui sont engendrées,
00:54ça je peux pas non plus, c'est pas ce qui est voulu par le fonctionnaire en tout cas.
00:58Pendant cette journée, tous sont conscients de la présence des journalistes et d'être filmés.
01:03Aujourd'hui, j'attends de vous, comme d'habitude, discipline, déontologie
01:08et naturellement, on reste tous ensemble dans les manœuvres.
01:11Allez les gars, courage pour l'ensemble !
01:14On est très matinale, il est 7h30, mais on s'est levé déjà depuis 5h30 du matin.
01:20Notre mission aujourd'hui, ça sera d'assurer la sécurité du centre-ville d'Orléans,
01:25d'éviter que les casseurs puissent agir.
01:27Donc nous serons placés en centre-ville avec pour objectif de mettre fin à toute exaction.
01:33Rappelle-moi les chefs de section.
01:35La CRS-8 est une unité d'élite au fonctionnement militaire.
01:38T'as froid à la tête aujourd'hui ? T'as froid à la tête ?
01:41Mets ton calot.
01:42Les gars, tout le monde pareil.
01:44J'ai dit une fois, je vais pas me redire tout le temps.
01:46Sa particularité est d'être une unité à projection rapide,
01:49créée en 2021 pour faire face notamment aux violences urbaines,
01:53comme ça a pu être le cas le 17 octobre dernier, en marge des manifestations.
01:57Dès qu'il y a des exactions, le mot d'ordre est percussion réactivité.
02:02Ça tombe bien, c'est notre cœur de métier.
02:05Ça vous savez faire.
02:06Ses membres sont triés sur le volet,
02:08ils doivent réaliser des tests de sélection physique et psychologique
02:11et avoir au minimum 5 ans d'ancienneté.
02:14Sébastien est responsable de l'armement et des munitions de la CRS-8.
02:17Tout est utilisé dans les cadres d'ordre ou dans les cadres prévus par la loi.
02:23Donc différents moyens de différents calibres.
02:25On a le lanceur Cougar en calibre 56mm,
02:29ici équipé des dernières munitions en 56mm qui sont des GM2L,
02:33des grenades modulaires à deux effets lacrymogènes.
02:36Vous avez des enfants ?
02:37Oui.
02:38Est-ce que ça vous touche de savoir que chez certains enfants,
02:42certains ados, vous pouvez déclencher plus un sentiment de peur que de sécurité ?
02:48Je suis très fier d'être policier.
02:50Mes enfants aussi le sont.
02:53J'espère que ça ne changera pas avec les années, en grandissant.
03:00Et puis, je pense que les avis sont propres à chacun.
03:07Les adolescents qui n'aiment pas les policiers, ceux qui les aiment, c'est le fait de la société.
03:12Alors que le cortège défile dans le calme,
03:15Il ne vient pas, je décorde et mon père !
03:17La CRS-8 est positionnée à proximité et observe à l'aide d'un drone.
03:22Pour information, les individus, donc nos ultras,
03:27l'antifa serait situé en milieu de cortège.
03:30Là, ils sont en train de charger. Tu les vois, ceux-là ?
03:33On a détecté simplement deux individus tout à fait correspondant à des signaments de BlackBlock,
03:39voire casseurs, et on a vu qu'ils étaient en train de charger dans des sacs des bouteilles.
03:42Tu prends, tu fonces, un aller-retour, tu me les contrôles.
03:47Il y a un mec avec une casquette blanche et l'autre avec un gros sac en bandoulière violet,
03:52un violet bleu un peu.
03:54Attends, attends, attends, parce que là, si on va là-bas, ça va partir en...
03:57Ouais, ouais, c'est sûr que ça va partir.
03:58Non, mais vous pouvez y aller, dès qu'il est en portant.
04:01Là, si on va là-bas, ça va allumer...
04:04Ça pue, il faudrait choper les mecs, mais...
04:05Ce qu'il faudrait, c'est aller voir dans les buissons ce qu'ils ont planqué, déjà.
04:13Là, on a fouillé les buissons.
04:15J'avais vu au drôle des individus qui cachaient des objets dans les buissons.
04:19Finalement, on n'a rien trouvé.
04:20Donc, la levée de doute est négative.
04:22On va faire retour et on va rejoindre la compagnie.
04:25Mais quelques instants plus tard, l'unité est appelée en soutien de la police secours,
04:29en difficulté lors de l'interpellation d'un individu.
04:32Les gars, on travaille proprement.
04:34On se met en formation binôme.
04:37Écartez-vous, les gars !
04:38La police, c'est tout !
04:40Le monde, c'est tout !
04:44Les gars, mettez-vous...
04:46Voilà.
04:47Écartez-vous, les gars.
04:48Laissez-vous, les gars.
04:48Prenez la rue, s'il vous plait.
04:49Voilà.
04:50Oui, c'est ce que je suis en train de faire.
04:51La police, c'est tout !
04:54Le monde déteste la police, c'est tout !
04:56Le monde déteste la police, c'est tout !
04:59Le monde déteste la police !
04:59Allez, l'UIT Verlaine !
05:00On replie !
05:02On replie !
05:02Marche !
05:03Un bon choutier anti-fascistique !
05:05On ne croit pas non plus, mais c'est notre pilote.
05:08Repris ! Repris ! Repris ! Repris ! Repris ! Repris !
05:14Tant qu'on n'est pas agressé.
05:16Vous avez vu, on était insulté.
05:19Voilà.
05:19On prend une position de recul.
05:22On a permis l'évacuation et la prise en compte de l'interpellé.
05:25Ça s'est bien passé.
05:26On fait recul.
05:27Vous entendez des hackables et tout le monde déteste la police ?
05:33Bon, écoutez, on a l'habitude, on a pris l'habitude en tout cas.
05:36Il faut prendre de la hauteur pour rester calme.
05:39Si on s'arrête à chaque insulte, à chaque invective, forcément,
05:45c'est dur, mais voilà, il faut faire abstraction le plus possible,
05:48rester professionnel, rester vigilant, travailler en sécurité,
05:51et protéger ceux qui en ont besoin.
05:54En début de soirée, après plusieurs heures d'attente,
05:57la CRS-8 est libérée.
06:00En tout, 13 000 manifestants, selon la police,
06:03se sont mobilisés pacifiquement à Orléans.
06:0669 membres de la CRS-8 étaient présents
06:08auprès de 3 000 policiers et gendarmes.
06:10Un dispositif conséquent mis en place suite au débordement
06:13dans toute la France survenue le week-end dernier.
06:16Le 17 octobre, vous aviez pu vous sentir débordés
06:19en manque d'appui, de renfort sur le terrain, de force ?
06:24Non, nous, quand on est arrivé, de toute façon, on a été déclenché.
06:27Vous connaissez nos process, réactivité, mobilité, percussions.
06:31On va au contact.
06:32Donc, je dirais, ce n'est pas analyse.
06:35On n'analyse pas dans ces moments-là.
06:36On a fait le job le 17, et on n'a pas été mis en difficulté
06:43par des manques d'effectifs.
06:45On va dire que c'est plutôt le nombre d'hostiles.
06:47On n'avait jamais vu ça, un tel nombre de casseurs et de black blocs,
06:52que finalement, c'est plutôt dans ce registre-là qu'on a été plutôt interpellés.
06:57Aujourd'hui, il y a eu plus d'anticipation ?
07:01Je dirais que fatalement, au regard des événements du 17,
07:07il y a une logique, on va dire, qui a été mise en place.
07:12C'est celle d'un dispositif plus conséquent, évidemment.
07:16Ce dimanche 25 octobre, la CRS8, mobilisée de nouveau à Orléans,
07:20a fait usage de la force pour empêcher des manifestants antifascistes
07:24de perturber le congrès du Rassemblement national.
07:27Sérieux, sérieux !
07:29Recule, allez, allez !