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  • il y a 7 semaines
Aujourd'hui, c'est au tour de Clémence Guetté, députée LFI, auteure de "Pour une politique de l'amitié", de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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Transcription
00:01RMC, face aux grandes gueules.
00:06Je resterai ta meilleure amie.
00:11Bien sûr, ta meilleure amie Clémence Guétet, députée de la France Insoumise,
00:15qui a écrit « Pour une politique de l'amitié » aux éditions La Découverte.
00:19Clémence Guétet, bonjour.
00:21Pourquoi faudrait-il donner aux amis les mêmes droits qu'à la famille ?
00:25Alors, ce n'est pas exactement les mêmes droits qu'à la famille, en réalité.
00:29Ce que je propose dans mon livre, c'est en deçà.
00:31Mais je suis partie de souffrance et d'inégalité qui me semblent exister.
00:36Parce qu'aujourd'hui, la famille, ce n'est plus l'alpha et l'oméga
00:39de la façon dont on considère nos existences.
00:42Un quart des familles françaises, c'est des familles monoparentales.
00:45Ce sont donc des femmes toutes seules qui s'occupent de leurs enfants.
00:48Les gens ne cohabitent plus nécessairement.
00:50Ils n'habitent plus au même endroit que leurs parents, d'ailleurs.
00:53Bref, la façon de former une famille et d'avoir des liens sociaux dans la société,
00:57elle a beaucoup évolué.
00:58Et je trouve que nous, les parlementaires à l'Assemblée nationale,
01:01on est toujours extrêmement en retard.
01:03On vient de supprimer la notion de devoir conjugal du Code civil.
01:06On est encore à débattre du congé paternité, de son éventuel allongement.
01:11Bref, sur plein de droits sociaux comme ça,
01:12qui en fait consistent à concevoir comment on organise nos existences
01:17et nos solidarités.
01:18Je trouve qu'on est toujours très en retard.
01:19Et la question de l'amitié, elle permet de se saisir de ce sujet.
01:21Il faut être des propositions chocs.
01:22Vous voulez un Pax Amitié ?
01:24Vous voulez pouvoir accorder un congé amitié ?
01:27Par exemple, si on a une amie ou un ami qui est en difficulté,
01:31pouvoir l'aider et donc obtenir un congé.
01:34Vous voulez finalement sortir du couple ?
01:37Désormais, c'est l'amitié qui prime ?
01:39Non, je ne pense pas que ce soit moi qui le souhaite.
01:42En fait, je pense que c'est déjà le cas.
01:44Je le disais, un quart des familles françaises sont monoparentales.
01:47Un quart, c'est absolument énorme.
01:48Donc en fait, généralement, c'est des femmes.
01:50C'est 80-90% des femmes.
01:52Le couple et les avantages qui vont avec dans le code civil,
01:56d'arrangement, de droit au congé, etc.
01:58Ils sont déjà là.
01:59Donc moi, ce que je dis, c'est que par exemple,
02:01pour une femme seule qui décide de faire un enfant
02:03ou parce qu'il y a un conjoint qui s'en va,
02:05par exemple pendant la grossesse ou au tout début de la vie de l'enfant,
02:08elles ont le droit à un congé post-partum
02:10qui est deux fois moins important que quand on est en couple.
02:13Je trouve que c'est une inégalité.
02:15Elles ont aussi la double peine pour les congés pour enfants malades.
02:18Vous savez que c'est que trois petits jours par an jusqu'aux 16 ans de l'enfant.
02:21Là aussi, elles, elles sont toutes seules.
02:23Là où quand on est deux personnes dans un couple,
02:25on peut prendre de fait deux fois plus de congés.
02:27Et je trouve que du coup, on ne tient pas assez compte
02:30du déjà-là des existences des gens.
02:32Oui, mais faire rentrer l'amitié dans le droit, c'est quelque chose d'intime.
02:36Déjà, on n'a pas forcément des amis pour la vie.
02:38C'est-à-dire un meilleur ami...
02:39Déjà, on n'a pas forcément des amis.
02:40Un meilleur ami peut devenir un meilleur ennemi.
02:43C'est-à-dire que la famille, elle est toujours là.
02:45Ça ne nous aura pas échappé, on peut aussi divorcer.
02:48On peut aussi se séparer.
02:50Parfois, d'ailleurs, être en très mauvais terme.
02:51Parfois, ça se passe très bien dans la suite.
02:53Donc voilà, je pense que cette séparation,
02:56cette possibilité de changement de lien, d'affection, etc.,
02:59elle est déjà prévue.
03:00Moi, ce que je dis en réalité, c'est que je trouve que
03:03quand on a fait le PAX, on est allé plus loin.
03:07Quand on a fait le mariage pour tous, on est allé plus loin.
03:10On a reconnu le droit aux personnes homosexuelles de se marier.
03:12Mais on ne reconnaît pas assez le fait qu'il y a des gens
03:15qui organisent leur vie autrement qu'en étant en couple.
03:18Et je parle à n'importe quel âge.
03:18Oui, mais est-ce qu'il faut une reconnaissance juridique des liens affectifs ?
03:21C'est ça qui peut choquer.
03:23C'est quelque chose de personnel, l'amitié.
03:25Je le comprends très bien.
03:26Et j'en parle dans le bouquin.
03:27Je dis que je n'avais pas envie de plaquer une forme de rigidité,
03:31qui est celui du droit, etc.
03:32Mais c'était quand même un exercice de pensée.
03:34Je suis parlementaire, j'essaye de faire la loi.
03:36Je n'avais pas envie de plaquer.
03:37C'est un peu inquiétant quand un politique veut se mêler de nos vies intimes.
03:41Inquiétez-vous déjà, parce que je vous assure que c'est déjà le cas très largement.
03:45Jusqu'aux politiques de natalité.
03:48Tout ça est politique.
03:50Y compris comment on a le droit de s'occuper de nos enfants.
03:52L'amitié, c'est politique.
03:53Le temps, c'est politique.
03:55Comment vous disposez de votre temps, c'est politique.
03:57Et donc, je ne voulais pas plaquer cette rigidité-là.
03:59Le Pax, il me semble que c'est juste une façon de pouvoir ouvrir d'autres droits.
04:04Parce que le congé, par exemple, pour le décès d'un ami,
04:07pour avoir le droit d'aller à ses funérailles,
04:08le congé pour aidant en cas de maladie,
04:11ça ne peut pas être pour dix personnes au gré de la vie, etc.
04:15Ça peut arriver de nombreuses fois.
04:16Je proposais juste qu'il y ait une personne
04:19avec qui on se lie de solidarité affective, certes,
04:22mais aussi matérielle.
04:24Une personne, c'est le Pax ouvert à l'amitié.
04:27C'est-à-dire qu'il n'y a plus le critère de cohabitation,
04:29d'ailleurs un couple sur dix en France est non cohabitant.
04:32Donc ça peut se défaire aussi, ce Pax de l'amitié.
04:34C'est une forme de contrat,
04:35parce qu'il faut une forme de contractualisation
04:37pour ouvrir des droits dans notre pays.
04:40Antoine.
04:41Je vais vous dire, votre vision m'inquiète,
04:43et vous venez de le dire.
04:44Je ne suis pas très étonnée.
04:46Moi non plus, je n'ai pas été étonné.
04:47Et vous venez de dire, tout est politique,
04:50et effectivement, vous parvenez même à politiser l'amitié.
04:53Alors, si je remets la sortie de votre livre
04:56dans le contexte de ce que vous avez pu dire il y a quelques jours,
04:59vous avez pu évoquer la famille traditionnelle
05:01qui serait d'extrême droite ou représentative de l'extrême droite.
05:04Non, je n'ai pas dit ça.
05:05J'étais à peu près sûre que vous me diriez ça,
05:07je n'ai pas dit ça.
05:08Dites-nous ce que vous avez dit alors.
05:09J'ai dit que considérer que seule la famille traditionnelle
05:12doit être promue et qu'adossée à ça
05:14il doit y avoir des politiques de natalité,
05:16sans considérer pourquoi les gens ne font plus d'enfants,
05:18oui, c'est une forme d'avancement de l'idéologie d'extrême droite.
05:22Pourquoi les gens ne font plus d'enfants ?
05:23C'est quand même intéressant comme question.
05:25Pourquoi ?
05:25Peut-être parce que les femmes galèrent en fait.
05:27Peut-être qu'elles sont obligées de mettre leur carrière...
05:29Et quel est le lien avec l'extrême droite ?
05:30Eh bien, les politiques de natalité de l'extrême droite,
05:33elles sont généralement adossées d'abord
05:34à une vision xénophobe de la société, par exemple,
05:37les aides sociales si seulement les deux parents...
05:39Tout est politique.
05:39Mais oui, tout est politique, monsieur.
05:41Vous venez de nous dire qu'une politique de natalité,
05:43c'est l'extrême droite,
05:44et surtout, dans votre livre, vous expliquez...
05:46Non, je n'ai pas dit ça, monsieur.
05:46Essayez juste de ne pas déformer ce que je dis.
05:49Je veux bien, mais en fait...
05:51Sans tenir compte de pourquoi les gens ne font pas d'enfants.
05:54Je ne vois pas pourquoi la précarité des femmes seules serait d'extrême droite.
05:57Ça, ça me paraît délirant, et c'est bien ce que je vois.
06:00C'est délirant, et d'ailleurs, je viens de dire exactement l'inverse,
06:03c'est-à-dire que dans mon livre, j'essaye d'accompagner les femmes seules.
06:06En résumé, Clément Seguetet, la famille, c'est plutôt de droite,
06:08et l'amitié, c'est plutôt de gauche.
06:09Mais non, ce serait bien trop facile.
06:12Je ne sais pas si vous avez lu mon livre.
06:13Je l'ai lu, et c'est intéressant,
06:14parce que vous voyez l'amitié comme un cercle de résistance,
06:19de solidarité écologique, etc.
06:20Et donc, c'est là où je voulais en venir,
06:22c'est que vous avez une vision hyper politique de l'amitié,
06:25alors que moi, mes amis, ne sont pas forcément d'accord avec mes idées politiques.
06:29Et justement, ils m'enrichissent des différences, etc.
06:33Et donc, non, mon cercle d'amis n'est pas une communauté politique.
06:37Et j'ai le sentiment qu'on a une vision très différente de l'amitié,
06:39c'est que vous, vous voyez du politique partout, y compris dans le cercle amical,
06:43là où moi, je pense que la richesse du cercle amical,
06:45c'est précisément de ne pas être politique.
06:47Alors, bon, d'abord, les opinions politiques des amis,
06:51c'est absolument pas ce qui est en cause dans le livre.
06:54Et donc, puisque vous l'avez vu, vous le savez.
06:56Vous semblez définir une communauté politique amicale.
06:58Ce que je dis, d'abord, c'est que la façon dont
07:01les nouvelles façons de faire famille ont été théorisées,
07:05ça vient notamment de pensées progressistes,
07:07et par exemple, de la communauté LGBT,
07:09qui a théorisé dès les années 70 la question de la famille choisie.
07:13Pourquoi ? Parce qu'en fait, c'était des gens
07:15qui se retrouvaient souvent en rupture familiale du fait de l'homophobie.
07:19Donc, il y a tout un imaginaire,
07:21mais bien sûr, monsieur.
07:22Il y a toute une structuration de la réflexion
07:25que, oui, j'assume d'avoir reprise au camp progressiste.
07:28Et le fait de valoriser uniquement
07:30la cellule familiale, traditionnelle et biologique,
07:34oui, fait partie d'une forme d'idéologie qui est réactionnaire.
07:37Je dis bien uniquement, pas de valoriser celle-ci.
07:39Je dis d'ailleurs dans le livre,
07:40il n'est pas question de remettre en cause
07:42des liens familiaux, des liens amoureux,
07:44qui pour plein de gens sont extrêmement importants,
07:47qui apportent plein de bonheur.
07:48Je dis aussi que la famille peut être une source de maltraitance.
07:51J'espère que maintenant, avec les chiffres sur l'inceste
07:54ou sur les violences faites aux enfants,
07:55on est sortis d'une forme de naïveté.
07:57Et je dis justement qu'il ne s'agit de retirer
08:00aucune forme de droit.
08:01Comment ça ?
08:02L'inceste, ce n'est pas la famille.
08:03Ne stigmatisez pas la famille.
08:04On a l'impression dans vos propos souvent que...
08:06Parce qu'il y a des choses dramatiques.
08:07Dans une classe de CM2,
08:10il y a deux gamins par classe de CM2
08:12qui sont victimes d'inceste.
08:14Je dis juste qu'il faut sortir...
08:14La majorité des familles demeurent très saines
08:16et construirent des enfants.
08:17Et bien heureusement.
08:18Mais bien heureusement.
08:19Et d'ailleurs, je dis dans le livre
08:20qu'il ne s'agit d'enlever des droits à personne.
08:22Je ne suis pas contre le mariage.
08:24C'est simplement d'en rajouter.
08:25Je suis très heureuse.
08:25Vous créez notamment un avantage fiscal
08:27pour les amis dans la succession.
08:29Par exemple.
08:30Par exemple, parce que j'ai été très marquée
08:32de personnes qui...
08:34Parce que j'ai fait un questionnaire
08:35sur mes réseaux sociaux.
08:36Parce que c'était une intuition
08:37de gens qui me parlaient de choses.
08:39Et je voulais recueillir des récits
08:40pour m'appuyer sur des histoires
08:41de la vie réelle.
08:43Il y a des gens.
08:43Ils sont soit en rupture familiale.
08:45Ils sont fâchés pour une raison X ou Y.
08:48Ils ont des amis autour d'eux.
08:49Ou alors, ils ont une famille
08:51qui est très aisée
08:51et des amis qui comptent.
08:53Genre un meilleur ami.
08:54Une meilleure amie qui compte dans la vie
08:55mais qui n'a pas de moyens financiers.
08:57Ils auraient envie au moment de la transmission,
08:59au moment de leur mort,
09:00de pouvoir transmettre autrement.
09:01Il me semble que c'est juste
09:02accorder une liberté supplémentaire à des gens.
09:04Bruno Poncet ?
09:05Moi, je trouve ça intéressant
09:06dans le climat actuel de politique
09:08où c'est très violent.
09:10Là, ça fait deux jours
09:11qu'on nous parle du voile
09:11parce que les Rennes
09:12ont mis ça sur la table.
09:13De revenir à un sujet
09:14qui n'est pas habituellement
09:16mis sur la table
09:16d'un point de politique.
09:17Je trouvais ça intéressant
09:18d'avoir fait ça comme...
09:19Moi, ce qui m'a un peu marqué,
09:20parce que j'ai milité
09:22dans des endroits
09:22un peu comme les vôtres,
09:23mais l'amitié en politique
09:25ou en syndicalisme principalement,
09:28c'est compliqué.
09:29Et en fait,
09:29par un moment donné,
09:30vous le dites,
09:30vous dites que c'est quand même dur.
09:31Mais parce que souvent,
09:32dans le milieu...
09:33Et surtout de gauche
09:34et d'extrême-gauche,
09:35il faut être pur.
09:36Si vous n'êtes pas pur,
09:37tout de suite, voilà.
09:38Et puis, comme nous,
09:39il n'y a pas de définition du chef,
09:41à un moment donné,
09:41tout le monde va devoir
09:42devenir chef.
09:43Et là, tout de suite,
09:44je pense que souvent,
09:45les égaux prennent le dessus
09:45et l'amitié, c'est compliqué.
09:46Moi, je n'ai pas nourri
09:48d'amitié,
09:49à proprement parler,
09:51avec des collègues militants.
09:53Je suis ami avec plein de gens,
09:54mais ce n'est pas l'amitié
09:55comme quoi je peux le ressentir.
09:57Moi, j'ai des amis,
09:57ça fait 50 ans
09:58que je suis ami avec eux.
10:02Jalousie, c'est quand même compliqué.
10:03Et vous, dans votre milieu,
10:04et on a quand même souvenir
10:06de quelques personnes
10:06qui ont quitté votre mouvement
10:07un peu avec perte et fracas,
10:09alors que ça avait l'air
10:10d'être soudé,
10:10d'être assez ami.
10:11Moi, je vous rencontrais
10:11dans des manifs,
10:13je parle de la famille Corbière,
10:14par exemple.
10:14Je les ai rencontrés,
10:15d'un seul coup,
10:15je les ai vus exploser
10:16dans ce truc-là.
10:17Je me dis, merde,
10:17et en fait,
10:17c'est ça que je n'aime pas,
10:18moi, dans le militantisme,
10:21dans la politique,
10:21je n'aime pas ce truc-là, en fait.
10:22On peut être ami
10:23dans le militantisme.
10:24Bien sûr, heureusement.
10:25Moi, il y a des gens
10:26avec qui je milite
10:27qui sont des amis.
10:28Qui sont vos amis chez les filles ?
10:29Ça, c'est une question personnelle
10:31et ça ne vous regarde pas.
10:32Je ne suis pas venue là du tout
10:32pour parler de ma vie privée.
10:33Vous pouvez déclarer à l'État
10:34pour qu'il puisse hériter, etc.
10:35L'organisation de ma vie privée
10:37ne regarde absolument personne.
10:39C'est contradictoire.
10:41Non, non, non,
10:41parce que si un jour,
10:42j'ai envie de conclure
10:44un paxe amical,
10:45je le ferai,
10:45mais je ne viendrai pas
10:46sur le plateau des grandes gueules
10:47pour vous dire avec qui, etc.
10:48Oui, mais il faudra bien signaler
10:50à l'État
10:51si je me transmette à un ami,
10:52quel est cet ami, son nom, etc.
10:54De la même façon
10:55que vous n'avez pas forcément
10:56envie de parler de la personne
10:57qui partage votre vie
10:58si c'est le cas,
10:59ici sur ce plateau.
10:59Peut-être que vous n'êtes pas que c'est,
11:00peut-être que vous êtes marié.
11:02Ça ne me regarde pas.
11:03Marié depuis peu.
11:05Félicitations.
11:06Même si, honnêtement,
11:07ça ne me concerne pas.
11:08Mais je veux revenir
11:09sur cette question.
11:09Dans le bouquin,
11:10je parle justement
11:11de la nuance peut-être
11:12entre camaraderie et amitié.
11:14Parce que la camaraderie,
11:15c'est un sentiment
11:16très particulier,
11:17notamment qui,
11:18dans l'imaginaire de gauche,
11:19a été très valorisé,
11:21si je puis dire,
11:22qui est un truc
11:23de loyauté,
11:24de respect
11:25et de valeurs partagées
11:26et de combats partagés.
11:27Et je parle aussi
11:28dans le livre
11:28du fait que les amitiés,
11:30c'est pour moi
11:31extrêmement précieux
11:32parce que c'est des liens
11:33qui sont très souples,
11:34qui sont libres.
11:35On dit souvent
11:36qu'on ne choisit pas sa famille
11:37mais qu'on peut choisir ses amis
11:39et qui permettent aussi
11:40de sortir de bulles sociales.
11:43Parce qu'en effet,
11:44dans le militantisme
11:45et aussi au boulot,
11:46etc.,
11:46on est malgré tout
11:48dans une très grande forme
11:49d'homogénéité sociale
11:51dans les milieux
11:52qu'on fréquente
11:53et ça permet,
11:55par exemple,
11:55à l'école,
11:56les amitiés trans-classe.
11:57Les gamins,
11:58ils ne regardent pas
11:59qu'est-ce que font les parents
12:00nécessairement
12:00pour nouer des liens d'amitié.
12:01Vous avez des amis droites,
12:02par exemple ?
12:03Ça m'a déjà été demandé
12:04sur France Inter
12:04donc je vais re-répondre que oui.
12:06Et d'ailleurs,
12:06j'ai un copain
12:07qui m'a écrit suite à France Inter
12:08et qui m'a dit
12:09j'ai vu que tu avais parlé de moi
12:09sur France Inter.
12:10Donc voilà.
12:11Donc vous en avez un ?
12:12Non mais je trouve
12:12que c'est important aussi
12:15de favoriser
12:16des liens
12:18qui sont peut-être
12:19moins homogènes
12:20et qui permettent
12:21de se confronter
12:21à d'autres milieux sociaux,
12:23d'autres problématiques,
12:24etc.
12:24Mais pour vous,
12:25c'est plus important
12:25l'amour ou l'amitié ?
12:26Ce n'est pas le sujet.
12:28Je dis dans le livre
12:29qu'en fait,
12:30ce qu'il me semble,
12:30c'est que chacun
12:31doit pouvoir choisir
12:32quelle forme de lien
12:34il a envie de valoriser
12:35dans son existence.
12:36Il y a des gens,
12:37peut-être qu'ils sont très tristes
12:38de ne pas être amoureux
12:38mais qu'ils ont une personne
12:40qui va partager
12:41toute leur vie.
12:41Vous savez,
12:42j'ai des gens
12:42qui m'ont écrit
12:42justement dans le questionnaire
12:44une dame qui m'a écrit
12:45quand sa meilleure amie
12:47avait subi
12:48une césarienne d'urgence
12:49à son accouchement.
12:51Le conjoint de cette personne
12:52travaillait,
12:53ne pouvait absolument
12:54pas être là pour elle.
12:55Elle est tombée
12:55dans une forme
12:55de très grande dépression
12:57et elle,
12:57elle a eu
12:57une très grande frustration
12:58alors qu'elle pouvait
12:59être disponible
13:00de ne pas avoir le droit
13:02dans son travail à elle
13:03de pouvoir prendre
13:03un jour,
13:04deux jours
13:04pour l'accompagner.
13:05J'ai eu des gens aussi,
13:06des témoignages
13:07sur ses propres congés.
13:09D'accord,
13:09mais vous vous rendez bien compte
13:10que ce n'est pas la même chose.
13:10Dites ça sinon aux parents
13:11qui ont des gosses malades.
13:12Pourquoi il y a un congé spécial ?
13:13Parce qu'on reconnaît
13:15qu'il y a des formes
13:15de configuration
13:16qui sont spéciales.
13:17On ne peut pas tout reconnaître,
13:18ça va être très compliqué.
13:20Je pense aussi à des gens
13:21qui doivent faire face
13:22au décès d'un ami.
13:24Aujourd'hui,
13:25c'est une souffrance immense.
13:26Alors,
13:26on va me répondre,
13:27vous allez peut-être me répondre,
13:28que le patron,
13:30il est compréhensif,
13:31il est sympa,
13:31dans la plupart des boîtes,
13:32ça se passe très bien,
13:33etc.
13:33Tant mieux,
13:34tant mieux,
13:35c'est super
13:35qu'il y ait de l'humanité
13:37dans des collectifs de travail.
13:38Ce que je dis,
13:39c'est que parfois,
13:39ça n'est pas le cas.
13:40Peut-être dans des très grandes entreprises,
13:42ça peut être moins le cas,
13:43parce qu'il y a des échelons,
13:45un manager,
13:46un RH,
13:46etc.
13:47Et je dis que
13:48c'est une très grande souffrance
13:49de ne même pas pouvoir se rendre
13:51au funérail de son meilleur ami
13:53ou sa meilleure amie.
13:54Les gens se débrouillent.
13:54C'est 10% des gens
13:55qui ressentent une extrême souffrance
13:58parce que le lendemain,
13:59ils sont incapables d'aller au boulot.
14:00Ils sont incapables.
14:01Mettre un peu d'humanité
14:03en reconnaissant qu'il n'y a pas
14:05que votre compagnon,
14:06votre compagne qui compte,
14:08je pense que c'est essentiel.
14:09Vous accordez de nouveaux droits
14:10aux salariés,
14:12en a-t-on les moyens ?
14:13C'est sympathique,
14:14parce qu'après,
14:15on pourrait demander
14:15un congé animal aussi.
14:16quand l'animal décède.
14:18Vous ne devriez pas
14:19prendre cette question
14:20avec rigolade
14:22parce qu'il y a plein de gens
14:23pour qui les animaux de compagnie,
14:24ça compte.
14:25Et moi, je trouve
14:25que ce n'est pas méprisable.
14:26C'est pour ça.
14:27On peut faire un congé animal.
14:28On va arriver à combien de congés
14:29dans un pays
14:30où visiblement,
14:31on ne travaille pas assez déjà ?
14:32En l'occurrence,
14:32ça, c'est votre opinion.
14:33Moi, je trouve qu'on travaille
14:34déjà beaucoup trop.
14:35Je le compare à nos voisins.
14:37Je trouve qu'on travaille
14:38beaucoup trop.
14:38D'ailleurs, la productivité française
14:40n'est pas spécialement alignée
14:41sur le nombre d'heures qu'on fait.
14:42Donc, peut-être qu'on pourrait
14:43aussi repenser
14:44nos politiques de travail.
14:45Et par ailleurs,
14:46je milite pour beaucoup plus
14:47de temps libéré
14:48dans la semaine.
14:49En fait, le nombre de gens,
14:50j'essaye de montrer dans le livre aussi
14:51qu'il y a des freins à l'amitié
14:52qui sont financiers
14:53parce qu'il faut consommer,
14:56parce que les salaires
14:57ne suivent pas
14:57et qui sont du temps.
14:58La majorité des Français,
15:00ils choisissent le temps
15:01par rapport à l'augmentation de salaire.
15:03Ils veulent voir les gens
15:03qu'ils aiment.
15:04Ils veulent faire des activités.
15:05Ils veulent avoir des loisirs.
15:06Ils veulent partir à la retraite
15:08à 60 ans.
15:08Voilà, c'est ça.
15:09C'est-à-dire qu'il faut moins travailler,
15:10mais plus de dépenses sociales.
15:12Tout ça, c'est complètement contradictoire.
15:13Vous pouvez ne pas être d'accord avec moi,
15:15mais je suis une responsable de gauche.
15:17Donc oui, je trouve
15:18qu'il faut plus de temps.
15:19Il faut des meilleurs salaires.
15:20On enfonce un peu
15:21la déporte ouverte,
15:22mais ça va avec ce que je défends.
15:23Clémence Guettet reste avec nous
15:25pour une politique de l'amitié
15:26aux éditions La Découverte.
15:27Question dans un instant
15:28de Laura Varton-Martinez.
15:29Et puis, on va s'intéresser aussi
15:30à la rentrée politique
15:31puisqu'on est dans une année,
15:32on va le rappeler, présidentielle.
15:34Il est 11h25.
15:35C'est la députée France Insoumise,
15:37Clémence Guettet,
15:38qui est avec nous pour ce livre
15:39Pour une politique de l'amitié
15:40aux éditions La Découverte.
15:41On en a beaucoup parlé
15:42avec Bruno Ponset,
15:44Antoine Dier.
15:45C'est Laura Varton-Martinez.
15:46Question à Clémence Guettet,
15:48à la députée.
15:50Oui, moi, madame Guettet,
15:51j'avais une question assez simple
15:53sur les droits de succession,
15:54notamment.
15:55Il y a des choses avec lesquelles
15:55je suis d'accord dans votre livre,
15:56notamment le droit au congé maternité.
15:58Enfin, partagé.
16:00Moi, je fais partie des mamans
16:01toute seule
16:01parce que mon mari travaillait.
16:02Sauf que j'avais cette chance
16:03d'avoir beaucoup d'amis
16:04qui faisaient des enroulements
16:05pour ne pas que je sois seule.
16:08Mais justement,
16:08vous parlez de liens
16:09et de transmissions.
16:12Est-ce que vous trouvez ça normal
16:14que des parents
16:16qui ont travaillé toute leur vie,
16:17qui ont sacrifié justement
16:18leur temps libre par choix
16:19pour pouvoir donner accès
16:21à la succession à leurs enfants,
16:24dans le parti que vous défendez,
16:25c'est quelque chose
16:26qui va devenir un vraisemblable,
16:28qui ne va pas être possible.
16:29Donc, vous en parlez dans votre livre.
16:30Vous en parlez dans votre livre.
16:31À quel prix ?
16:32Mais vous en parlez dans votre livre
16:33en disant que justement,
16:35on devrait avoir le droit
16:36de donner à ses amis.
16:37Et alors ça,
16:37moi, j'estime
16:38qu'on ne devrait même pas
16:39avoir une obligation légale
16:40de le donner à ses enfants.
16:41On peut avoir des enfants
16:41qui ne le méritent pas,
16:42qui n'en ont pas besoin.
16:43Comme aux Etats-Unis.
16:44Moi, j'estime
16:44qu'on devrait avoir le droit
16:46de le donner à qui on veut.
16:51Et je ne vois pas en quoi,
16:53si vous voulez,
16:54j'en ai parlé sur cette émission,
16:55tous les gens
16:56qui autour de moi
16:56ont des problèmes
16:57avec les successions,
16:58ce ne sont que des gens
16:59qui n'ont pas les moyens.
17:00Vous dites justement
17:00que c'est pour la répartition
17:01de richesses.
17:01Eh bien, les deux successions
17:03que je vois autour de moi
17:04seraient été pour des gens
17:05qui ne sont en plus
17:05pas forcément très âgés.
17:07Une amie qui a mon âge
17:08et qui ne va pas pouvoir bénéficier
17:10d'accéder à la propriété.
17:12Parce qu'elle ne va pas
17:13avoir les moyens
17:13de payer l'État
17:14avant de toucher
17:14sa succession, etc.
17:15Donc, elle ne peut pas
17:15récupérer la succession.
17:16Donc, tu es pour
17:17la suppression des droits
17:18de succession.
17:19Moi, je suis pour un droit...
17:20Voilà, on s'occupe complètement.
17:21Est-ce que votre parti
17:23est pour la suppression
17:24des droits de succession ?
17:24Là où je vous rejoins,
17:25c'est que je trouve
17:26qu'aujourd'hui,
17:27la politique de transmission,
17:28elle est très injuste.
17:30C'est-à-dire que nous,
17:31ce qu'on propose,
17:32c'est de taxer
17:34les très gros héritages.
17:35On parle de plus
17:36de 12 millions.
17:37Je ne sais pas
17:37si vous connaissez
17:38beaucoup de gens
17:39qui transmettent
17:39plus de 12 millions.
17:41En tout cas,
17:41ce n'est pas le cas
17:42dans ma famille
17:42et ce n'est pas le cas
17:43dans beaucoup de familles
17:44que je connais.
17:45C'est très peu de personnes.
17:45C'est très peu de personnes,
17:47évidemment.
17:47Et c'est 100 fois
17:48le patrimoine net médian
17:49au moment des transmissions.
17:51Il faut défendre les droits.
17:52Et donc, on défend
17:54également dans le même temps
17:55le fait d'exonérer
17:56les petites donations.
17:57Donc, vous voyez que
17:58moi, ce que je pense
17:59qui est...
17:59Ils donneraient totalement ?
18:00Oui, les petites donations,
18:01c'est-à-dire moins de 150 000 euros.
18:03En fait, moins de 150 000 euros,
18:05je suis désolée,
18:05ce n'est déjà pas rien du tout.
18:06C'est une petite maison
18:08dans certains endroits.
18:09Il n'y en a plus beaucoup.
18:10Voilà, mais donc, comment ?
18:11Il n'y en a plus beaucoup aujourd'hui.
18:12Il y a des gens
18:13qui ont des maisons
18:13à 150 000 euros.
18:15Je veux dire,
18:15aujourd'hui,
18:15un appartement dans un centre-ville
18:17qui a une famille
18:18et qu'elle veut transmettre
18:18à ses enfants dans un centre-ville,
18:20quelle que soit la ville,
18:20vous êtes largement
18:21au-dessus de 150 000 euros.
18:22Je suis navrée,
18:22mais c'est un point de vue
18:23un tout petit peu
18:24franciliano-centré
18:25parce qu'il y a plein d'endroits
18:26dans le pays
18:27où 150 000 euros
18:29sans taxation,
18:30ça concerne énormément de gens.
18:32Vraiment, je vous assure.
18:33Et donc, ce qu'on veut, nous,
18:35c'est faire en sorte
18:35de réintroduire
18:36un tout petit peu de justice
18:38dans la transmission.
18:39Il y a 9 000 milliards
18:41en 2040,
18:42c'est la génération
18:43des baby-boomers
18:44qui va transmettre
18:45à ses enfants.
18:46En réalité, aujourd'hui,
18:47on reproduit
18:48des familles
18:49qui sont très, très, très,
18:50très fortunées
18:50et des familles
18:51qui n'ont pas grand-chose.
18:53Celles et ceux
18:54qui n'ont pas grand-chose
18:54et dont vous parliez
18:55dans votre question,
18:56ils puissent transmettre
18:57facilement.
18:57Elle ne pourrait pas.
18:58Avec la réforme-là,
18:59c'est ce que vous voulez.
19:00Elle n'est pas à Paris, j'imagine.
19:01Elle est à côté d'Agin
19:03dans une borne à Montagnac.
19:04C'est 12 millions ?
19:05Non, ce n'est pas 12 millions.
19:07Entre 12 millions
19:07et 158,
19:08c'est cette portion-là.
19:09Non, non, non.
19:10Je vais vous dire...
19:11Non, je vais finir mon exemple.
19:1212 millions.
19:13Je viens de vous montrer
19:14que votre exemple,
19:15pour mon ami
19:15qui gagne 1600 euros
19:17par mois
19:17qui n'a pas accès
19:18à la propriété,
19:19ça, ça ne fonctionne pas.
19:21C'est une maison,
19:21un appartement
19:22qui a pris de la valeur
19:23à côté d'Agin.
19:24C'est plus de 12 millions ?
19:26Mais non !
19:26Les droits de succession.
19:28Écoutez ma réponse.
19:29Au-dessus de 12 millions,
19:30on prend beaucoup plus.
19:31En dessous de 12 millions,
19:32on prend moins
19:32que le système actuel.
19:34Mais moi, je vous dis rien du tout.
19:34Ah oui, mais moi,
19:35je vous dis c'est 150 000.
19:36Moi, je vous dis rien du tout.
19:37Non, mais moi, je vous dis
19:38150 000,
19:39150 000,
19:40on ne prend rien du tout.
19:41Et ensuite, oui,
19:42j'estime qu'il doit y avoir
19:43un petit peu de redistribution.
19:45Mais pourquoi ?
19:45Mais pourquoi ?
19:45Parce que l'endroit.
19:47Pourquoi le fruit des efforts
19:49qui ont déjà suscité
19:50énormément d'infos ?
19:52Oui, ma part de l'ami
19:54Parce que l'héritage,
19:55c'est le fruit des efforts
19:57de votre famille.
19:58Et c'est bien
19:59qu'il y ait une partie
20:00de transmission,
20:01mais je trouve ça
20:02parfaitement injuste
20:03que de génération en génération,
20:05les inégalités,
20:05elles se creusent
20:06parce que c'est ça
20:06que fait aujourd'hui
20:07l'héritage.
20:08Moi, je ne suis que
20:09pour la résidence principale,
20:10par exemple.
20:10Vous n'allez pas faire un empire
20:12en ayant une résidence principale
20:13avec un plafond financier,
20:15par exemple.
20:15Avec notre réforme,
20:16on ne touche pas
20:16à votre résidence principale.
20:18Je ne comprends pas
20:18ce que vous ne comprenez pas
20:19dans ce que je vous dis.
20:20C'est 12 millions
20:24les petites fortunes,
20:25les petits biens
20:26des petites familles,
20:27etc.
20:27Pas du tout.
20:28Dans l'actualité,
20:28Clémence Guettet,
20:29il y a aussi l'interdiction
20:30du voile dans l'espace public.
20:31C'est une vieille proposition
20:33du RL.
20:33Oui, c'est une rengaine
20:34de rentrée du RL.
20:35Et de nouveau remis
20:36sur la table
20:37par Jean-Philippe Tanguy.
20:39En 2017,
20:40Jean-Luc Mélenchon,
20:40il n'y a pas si longtemps,
20:42estimait que le voile
20:42était un objet de soumission.
20:44Donc, si c'est un objet
20:45de soumission,
20:46il faudra l'interdire ?
20:47Ça ne vous aura pas échappé.
20:48On n'est absolument pas d'accord
20:49avec cette proposition.
20:50Moi, je la trouve insultante
20:52pour plein de gens
20:53et en l'occurrence
20:54pour des femmes
20:54parce que c'est toujours
20:55les vêtements des femmes
20:56qu'on surveille.
20:58Je la trouve...
20:59Donc, Jean-Luc Mélenchon
20:59a changé d'avis
21:00ou vous n'avez pas le même
21:01avec Jean-Luc Mélenchon ?
21:02On n'a jamais proposé
21:03d'interdire le voile.
21:05Non, mais il disait
21:05Jean-Luc Mélenchon,
21:08en l'occurrence,
21:09parlait de la soumission
21:10à la religion
21:11parce que, oui,
21:12le fait de se voiler,
21:13c'est un rapport particulier
21:14à Dieu.
21:15En l'occurrence,
21:16je ne suis pas croyante
21:18et je ne suis pas musulmane
21:19donc je ne vais pas parler
21:19à la place
21:20des personnes concernées
21:21mais elle ne l'explique
21:22que comme ça.
21:23Donc, je trouve
21:24qu'il y a une question
21:25de liberté.
21:26On parle quand même
21:26de l'espace public.
21:29Et on voit d'ailleurs
21:30les responsables
21:31du Rassemblement National
21:31qui sont empêtrés.
21:33Vous leur montrez,
21:34c'est peut-être vous même,
21:35sur le plateau
21:35où on leur montre
21:36différents types de voiles.
21:37C'est avec nous, effectivement.
21:38Il y a des photos, oui.
21:39Mais on est dans une situation
21:41pubèsque.
21:41C'est-à-dire,
21:42la femme qui a une chimiothérapie,
21:44les policiers
21:45viennent la voir
21:46et lui demandent
21:46de quel type de voile
21:48il s'agit.
21:48Et par ailleurs,
21:49ce que cette polémique
21:50vise à faire aussi,
21:51c'est à distiller
21:52toujours plus
21:53une forme d'idéologie
21:55qui assimile
21:56l'islamisme radical
21:58avec les musulmans
21:59de ce pays.
22:00Les musulmans
22:00de ce pays
22:01veulent juste croire.
22:02Et ça,
22:02c'est la laïcité
22:03qui le permet.
22:04C'est permettre aux gens
22:05de croire
22:06et de ne pas croire.
22:07Et moi, je suis pour
22:08qu'on s'en tienne
22:09à cette définition
22:10stricte de la laïcité.
22:11Je trouve ça offensant,
22:13je trouve ça raciste
22:14et j'en ai marre,
22:15par ailleurs,
22:15qu'on fasse des plateaux
22:16de télé entiers
22:16sur ce sujet.
22:17Parce que je trouve
22:18qu'un jour de rentrée scolaire,
22:19par exemple,
22:20il y aurait d'autres sujets
22:21que stigmatiser
22:21les femmes musulmanes.
22:22On a le droit
22:22de débat de la religion,
22:23c'est pas raciste.
22:24Dans un pays de liberté...
22:26Stigmatiser toujours
22:26les personnes musulmanes
22:28de la part du Rassemblement
22:29national,
22:29c'est juste la filiation
22:31idéologique.
22:31Le FN,
22:32c'est la même chose
22:32que le RL.
22:33Le RL,
22:33c'est la dissection.
22:34Le RL dit
22:35nous, c'est l'islamisme
22:36que nous combattons.
22:37D'accord,
22:37mais ils veulent interdire
22:38le voile de toutes
22:38les femmes musulmanes.
22:39Vous faites bien
22:40la différence.
22:42On comprend intuitivement.
22:43Et par ailleurs,
22:44on comprend
22:45la non-applicabilité.
22:46La seule chose
22:47Mais que fait-on de celles
22:48qui se trouvent imposées ?
22:50C'est-à-dire qu'il y a des femmes
22:51qui subissent une pression
22:52pour le porter.
22:53Qu'est-ce qu'on fait
22:54pour les aider,
22:54ces femmes ?
22:55Puisqu'on dénonce
22:55ce qui se passe en Iran,
22:56en Afghanistan,
22:57ça peut aussi se passer chez nous.
22:58D'accord.
22:59Et donc vous pensez
22:59qu'un policier
23:00va voir une femme,
23:02lui demande dans quelles circonstances
23:03elle a décidé
23:04de porter le voile ?
23:05Vous pensez que ça va régler le problème ?
23:08Vous pensez par ailleurs
23:09que lui mettre une amende,
23:10ça va régler le problème ?
23:11Quelles sont vos solutions à vous ?
23:12Non mais ma solution,
23:13elle est très simple,
23:13c'est s'en tenir à la laïcité
23:15et à la définition de 1905,
23:17c'est que dans l'espace public,
23:17tout le monde porte ce qu'il veut,
23:19c'est-à-dire un voile,
23:20une kippa,
23:21une croix.
23:21Non, je parle de gens
23:21qui sont obligés.
23:22Qu'est-ce qu'on fait
23:22pour ces femmes-là ?
23:23Vous êtes féministes,
23:25vous êtes contre les maltraitances
23:26et de la maltraitance
23:27lorsqu'on impose à une femme
23:28de porter un vêtement.
23:30Pour les femmes,
23:35de ne pas les obliger
23:36à se cantonner par exemple
23:37à l'espace privé
23:38parce qu'il y aurait des policiers
23:39qui viendraient les harceler,
23:41les stigmatiser
23:41ou leur demander une sanction
23:42parce que la politique
23:43du Rassemblement national...
23:44Et par ailleurs,
23:45je suis certaine
23:46qu'une majorité de Français
23:47ne veut pas de ce débat,
23:49ne veut pas ça.
23:50Je ne suis pas sûr,
23:51je crois que les sondages
23:52disent le contraire.
23:52Justement,
23:53on verra bien en 2027
23:55parce que vous me parlez
23:56de l'année qu'on va vivre,
23:57l'année qu'on va vivre,
23:59c'est aussi une année
24:00où on sait que le Rassemblement national
24:02il est très fort
24:03pour la présidentielle
24:04qui arrive
24:05et on a pour but,
24:07nous,
24:07de convaincre justement
24:08plein de gens
24:09qui doivent rentrer
24:10dans le combat politique
24:10et qui doivent aller s'exprimer
24:12en 2027
24:12pour montrer que ce pays
24:13n'est pas raciste,
24:14ne veut pas de l'extrême droite
24:15au pouvoir.
24:16Ça va être la rentrée,
24:17c'est le budget ?
24:18Oui.
24:19Est-ce que le gouvernement
24:20Lecornu va tenir,
24:21selon vous,
24:21ou pas sur le budget ?
24:23Alors,
24:23on a plein de bruits différents.
24:25D'abord,
24:26il y a eu à la fin août,
24:26vous savez,
24:27les ballons d'essai,
24:28de propositions sur les retraites,
24:29etc.
24:30Donc,
24:30des propositions offensantes
24:31pour d'ailleurs
24:32les personnes
24:34retraites
24:34et qui quand même
24:34dans l'ensemble
24:35sont en grande difficulté
24:37de revenus.
24:40Pardon ?
24:41La majorité des retraités
24:42ne sont pas en grande difficulté.
24:43Vous plaisantez,
24:43j'espère.
24:44mais vous plaisantez ?
24:45Non,
24:45je ne plaisante pas du tout
24:46et je vais vous expliquer pourquoi.
24:47Il y a un niveau de vie
24:48des retraités
24:48qui est supérieur
24:49à celui des actifs
24:50dans notre pays.
24:51D'accord,
24:51mais vous trouvez
24:51que tous les actifs
24:52ils vont bien ?
24:53Parce que moi,
24:53je ne trouve pas du tout.
24:54Je trouve qu'il faudrait
24:54augmenter les salaires
24:55et je trouve qu'il faudrait
24:56augmenter les retraites.
24:57Eh bien,
24:57donc on ne peut pas faire
24:58les deux en même temps.
24:59On ne peut pas dire aux retraités
25:00qu'on va continuer
25:00à pouvoir payer des retraites
25:01qui sont prises
25:02sur le salaire des actifs
25:04et dire qu'on ne va pas baisser.
25:05C'est quand même exceptionnel
25:05d'aller chercher de l'argent
25:06des gens qui ont cotisé
25:07toute leur vie
25:08et de leur dire
25:08en fait,
25:09mec,
25:09tu as travaillé toute ta vie
25:10mais par contre,
25:10je t'ai acheté.
25:10On a parlé de désindexation.
25:12À un moment donné,
25:12il faut arrêter en fait.
25:13Tu ne cotises pas pour toi,
25:15tu cotises pour les actifs.
25:16Mais pourquoi on met
25:17ce débat tout le temps
25:18sur aller chercher
25:19le rond des retraités
25:19ou moins ?
25:20Pourquoi vous ne dites pas
25:20qu'on va développer ?
25:21Tu développes l'assiette
25:23des gens qui cotisent.
25:24Il faut rajouter le temps de travail.
25:25On est d'accord Bruno.
25:26Il faut partir à 65 ans
25:27pour pouvoir financer.
25:28On est d'accord.
25:29On peut remettre plus de gens
25:29au travail.
25:29Ma question initiale,
25:31c'est est-ce que le gouvernement
25:32Lecornu va tenir ou tomber ?
25:33Là,
25:34les bruits qu'on entend,
25:35c'est qu'ils ont très peur
25:37d'une censure effectivement.
25:38Et moi,
25:38ce que je vais vous dire,
25:39c'est que c'est notre responsabilité
25:41comme opposant politique
25:42que de censurer ce gouvernement.
25:44Pourquoi ?
25:45Parce qu'il va mettre
25:45un 49.3 sur le budget.
25:47Notre seule réponse possible
25:49puisqu'on nous empêche le droit
25:50de voter le budget
25:51pour ou contre,
25:52c'est de censurer le gouvernement.
25:54Vous vous souvenez
25:54de ce qui s'est passé
25:55à la dernière ?
25:55Finalement,
25:56le parti socialiste
25:57a en quelque sorte
25:58sauvé le gouvernement Lecornu
25:59en ne censurant pas
26:01mais en obtenant
26:02la suspension
26:02de la réforme des retraites.
26:03Est-ce que vous demandez
26:04à vos collègues députés socialistes
26:07cette fois-ci
26:07de tenir bon
26:08et de ne pas
26:10« pactiser »
26:10avec Lecornu ?
26:11Est-ce qu'au cas où ?
26:12Je ne demande absolument rien
26:15aux socialistes.
26:17Encore moins de tenir bon
26:18parce que franchement,
26:19ce n'est pas une évidence,
26:20vous me l'accorderez.
26:22Et donc,
26:22ils feront bien ce qu'ils veulent.
26:23La seule chose que je dis,
26:24c'est que quand,
26:25en tant que parlementaire
26:26d'opposition,
26:27on a un budget
26:28qui va couper
26:29dans les services publics,
26:30couper dans l'éducation nationale,
26:32couper dans l'hôpital
26:32qui va déjà mal,
26:33quand on nous met
26:34un 49.3
26:35pour nous empêcher de voter,
26:36notre rôle,
26:37notre devoir,
26:37c'est de censurer
26:38et c'est ce que nous,
26:38on va faire.
26:38Sébastien Lecornu qui dit
26:39attention,
26:40la crise financière
26:41peut aussi arriver.
26:42Mais ça fait 10 ans
26:46qu'ils nous disent ça
26:47et qu'ils ont augmenté
26:48de 1 000 milliards
26:49la dette française.
26:50Ils vont augmenter
26:52encore le déficit.
26:53Bien sûr que c'est du chantage.
26:55Le chantage à l'austérité,
26:57aux coupes budgétaires
26:58dans des services
26:59qui sont absolument essentiels
27:00pour la population française,
27:02c'est du chantage.
27:03Pourquoi ?
27:03Parce qu'il y aurait
27:04d'autres solutions
27:04qu'on propose
27:05à chaque budget,
27:06chaque année,
27:07notamment taxer
27:08celles et ceux
27:08qui se sont ultra enrichis
27:10pendant la Macronie,
27:11pendant les dix dernières années.
27:13Rétablir un peu
27:13d'égalité là-dedans
27:14et financer les services publics
27:16pour l'intérêt général
27:17et pour les Français.
27:18Merci Clémence Guettet.
27:19Merci beaucoup.
27:19Merci Madame la députée
27:21d'être passée par les GG,
27:23députée de la France Insoumise,
27:24auteure de
27:24Pour une politique de l'amitié
27:26aux éditions La Découverte.
27:27On verra si l'amitié
27:28elle s'exerce
27:29à l'Assemblée nationale.
27:30On peut avoir des amis
27:32à l'Assemblée nationale
27:33ou pas ?
27:34Hors groupe ?
27:36J'ai des amis
27:37de mon groupe parlementaire
27:38plutôt,
27:38mais c'est quand même
27:39ceux que je côtoie le plus.
27:40Et c'est déjà pas mal en effet.
27:42Sur 577,
27:43on enlève votre groupe ?
27:44Vous devriez quand même
27:44arriver à nouer
27:45quelques amitiés.
27:45Vous savez,
27:46on se disait ça hors antenne,
27:48je vais le répéter
27:49parce que c'est la vérité,
27:50c'est quand même un lieu
27:50de conflictualité pure.
27:52C'est-à-dire qu'on parle
27:53que de politique,
27:55on ne fait que
27:55s'opposer les uns aux autres
27:57dans des choses
27:57qui sont pour nous
27:58très sensibles.
27:59J'espère qu'ils sont sincères aussi.
28:01À la buvette,
28:02on doit pouvoir réussir
28:03à se détendre un peu.
28:04Moi, j'arrive pas
28:05à me détendre un peu
28:06et j'espère qu'on est nombreux
28:08à être très sincères
28:09et donc à avoir
28:10une difficulté
28:11avec cet état d'esprit
28:13un peu qui consisterait
28:14à sortir du ring
28:14et puis à faire
28:15comme si de rien n'était.
28:16On peut être sincère
28:17et discuter
28:17sans se mettre sur la gueule ?
28:19Discuter et être ami,
28:20vous me l'accorderez,
28:20c'est pas exactement
28:21la même chose.
28:22Il ne faut pas avoir des amis
28:22qui ne pensent pas
28:23politiquement la même chose.
28:24Discuter, dire bonjour,
28:24la politesse élémentaire
28:26et voir une forme de cordialité
28:27parce qu'on travaille
28:28dans le même lieu,
28:29oui, être ami
28:30alors qu'on défend
28:31des propositions pour le pays
28:32qui sont strictement antagoniques,
28:34c'est difficile.
28:35Justement, une dernière question
28:36parce que depuis le temps
28:37que vous êtes
28:37à l'Assemblée nationale maintenant,
28:38on se souvient de cette image
28:39où vous ne serrez pas
28:40la main des gens
28:41du Rassemblement national,
28:43c'est toujours le cas
28:44et vous ne discutez pas non plus
28:45la buvette avec eux.
28:47Ah ben non,
28:47je vais vous dire,
28:48par exemple,
28:49je discute avec,
28:50on est six vice-présidents
28:51à occuper cette fonction
28:52à l'Assemblée nationale,
28:53donc on dirige les débats,
28:54etc.
28:55Il y a des députés
28:56du Rassemblement national.
28:57Je leur dis bonjour,
28:58on travaille ensemble,
28:59on occupe la même fonction,
29:00c'est pour le bien
29:01de l'Assemblée nationale.
29:02Mais par contre,
29:02non,
29:03est-ce que je fraternise
29:04avec des gens
29:04qui pour moi
29:05défendent une vision
29:06raciste de la société,
29:08dangereuse,
29:09réactionnaire,
29:09etc.
29:09Ben non,
29:10et par ailleurs,
29:10je vais vous rassurer,
29:11j'ai plein d'amis en dehors,
29:12ma vie va très bien,
29:13j'ai plein de poches,
29:13Jean-Luc Mélenchon a serré la main
29:15de Marine Le Pen,
29:16donc il n'est pas sur la même...
29:17Oui, voilà,
29:17parce qu'il a entré
29:19faire un débat avec elle,
29:20il a décidé
29:21de lui serrer la main,

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