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  • il y a 11 heures
Aujourd'hui, c'est au tour du professeur Frédéric Adnet, chef du SAMU de Paris, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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Transcription
00:01RMC, face aux grandes gueules.
00:05C'est le professeur Adnet qui est avec nous, le professeur Frédéric Adnet, chef du SAMU de Paris.
00:10Bonjour professeur.
00:11Bonjour.
00:12La canicule est terminée, mais la crise sanitaire continue ?
00:16Oui, oui, dans toute canicule, il est classique d'avoir un effet, ce qu'on appelle un effet rebond.
00:20Les organismes sont fatigués, les différents organes vitaux comme le rein, le foie, le poumon,
00:27ont encaissé des chaleurs extrêmes.
00:30Et on assiste maintenant non plus aux coups de chaleur, qui sont des pathologies pendant la canicule,
00:34mais malheureusement à ce qu'on appelle nous, dans notre jargon, des décompensations.
00:38Des décompensations qui peuvent être des maladies chroniques, comme le diabète, l'insuffisance cardiaque, l'insuffisance rénale,
00:44mais aussi sur des organes un petit peu fragilisés, l'apparition d'insuffisance de système respiratoire, rénal ou cardiaque.
00:53Vous êtes beaucoup intervenu ce week-end avec le SAMU ou pas ? Sur les 4-5 derniers jours ?
00:58Écoutez, le pic est dépassé. On a eu réellement un pic d'activité il y a 3 jours, en pleine
01:03canicule.
01:05Et actuellement, on est dans un plateau qui est encore très élevé,
01:08qu'on arrive un peu à maîtriser avec nos renforts à la fois de personnel et de moyens.
01:13Et on est, si vous voulez, sur un plateau descendant actuellement,
01:16avec une descente progressive du nombre d'interventions, du nombre d'appels et du nombre de patients que l'on
01:22prend en charge.
01:22Quel est le type de patients ? Il y a un profil type ?
01:26Oui, il y a un profil type sur les épisodes de canicule.
01:30Alors malheureusement, à cause de mon âge, j'ai vécu la fameuse canicule de 2003.
01:35Donc j'ai, si vous voulez, des repères.
01:39Si vous voulez, dans l'activité de SAMU qui vise à prendre en charge les urgences vitales,
01:43il y a deux types d'urgence vitale pendant la canicule.
01:46Il y a la plus gravissime, ce qu'on appelle les coups de chaleur.
01:51C'est-à-dire que l'organisme rentre en hyperthermie et on n'arrive pas à arrêter cette hyperthermie.
01:55La température grimpe, grimpe jusqu'à des valeurs incroyables qui peuvent aller jusqu'à 43 degrés.
02:01Température du corps ?
02:02Du corps, oui.
02:0243 degrés.
02:04Température centrale, on ne peut pas vivre à 44 degrés.
02:07Donc il y a une limite supérieure.
02:09Donc c'est entre 43 et 44.
02:12Mais qu'est-ce que vous faites dans ce cas-là ?
02:13Alors je vais venir, et la deuxième type de pathologie, c'est les malaises, c'est les déshydratations.
02:19Et là, on a un changement de type de patient qui est ce que je vous disais au début,
02:24des décompensations de maladies chroniques.
02:26Alors, la canicule 2003 nous a appris beaucoup de choses.
02:30Et c'est probablement pour ça aussi, c'est une des causes sur lesquelles on va avoir une mortalité
02:34probablement plus faible qu'en 2003, alors que la chaleur était à peu près la même.
02:38C'est qu'on a appris à prendre en charge très précocement ces patients.
02:41Donc les recommandations internationales, les études nous montrent qu'il faut refroidir
02:46le patient le plus rapidement possible et le plus tôt possible.
02:51Donc refroidissement rapide et le plus précoce possible.
02:53C'est-à-dire qu'on plonge le corps dans de l'eau froide ?
02:55Et la meilleure technique d'évacuation de la chaleur du corps, c'est par conduction.
03:01C'est-à-dire qu'on met un corps froid au contact avec le corps.
03:05Et ce corps froid, c'est une baignoire remplie d'eau à une température autour de 3 degrés
03:10qu'on maintient avec des glaçons.
03:11Donc on amène des baignoires au domicile du patient.
03:14Sur la voie publique, oui tout à fait.
03:16Là où ils ne sont pas bien.
03:20Et vous plongez le corps donc pendant combien de temps ?
03:23Voilà, c'est une idée.
03:25Il n'y a pas un risque de choc thermique ?
03:27Eh bien justement, c'est ce qu'on pouvait craindre.
03:29Mais les études montrent que plus rapidement on fait diminuer la température,
03:32donc on crée ce choc thermique.
03:35Meilleur est le pronostic.
03:36Et on voit réellement les patients s'améliorer sous nos yeux dans les baignoires.
03:40Je ne comprends rien.
03:41Parce qu'on nous dit que quand on a très chaud, il ne faut pas se baigner
03:43parce qu'on risque qu'on ait hydrocution.
03:46Et il a raison, Dieu sait qu'on nous a emmerdés quand on était gamins.
03:49Mets-toi de l'eau derrière la nuque !
03:50Et là vous nous dites, allez bim, on plonge le corps.
03:54Alors deux grandes différences avec l'hydrocution,
03:56c'est que vous n'êtes pas en hyperthermie quand vous plongez l'impénie.
03:59La deuxième grande différence, c'est que je crois que dans une baignoire, on a pied.
04:05On va dans une piscine, on a papier, on peut couler.
04:08Et puis il y a un entourage médical.
04:11Non, il faut réellement plonger le corps dans de l'eau froide.
04:15La température s'évacue très rapidement, très rapidement.
04:18Le patient est monitoré, c'est-à-dire qu'on regarde sa température constamment
04:22avec des appareils spéciaux.
04:24On regarde sa tension artérielle, on regarde sa conscience.
04:27Évidemment, il ne faut pas qu'il s'aggrave.
04:28Mais en général, et c'est réel, un vrai progrès en médecine,
04:35on les voit s'améliorer dans la médecine.
04:37Mais ça veut dire qu'on a donc tiré les leçons de 2003 dans la façon d'intervenir.
04:42Il y aura donc moins de morts.
04:43Pour l'instant, on dit plus de 1000 morts.
04:47Mais c'est un chiffre encore provisoire.
04:49Le bilan sera moins terrible.
04:51Écoutez, je n'ai pas les derniers chiffres.
04:53Et vous savez que la surmortalité s'analyse toujours à distance.
04:56Il faut consolider les chiffres de mortalité.
04:59Et c'est les statisticiens, les épidémiologistes qui sont mieux outillés que moi
05:02pour vous faire un vrai bilan.
05:04Mais la sensation que j'ai pour avoir vécu les deux phénomènes 2003 et 2026,
05:09c'est qu'il y aura probablement moins de morts.
05:11Alors pourquoi ?
05:12Moi, je vois bien au SAMU, en 2003, on avait une mortalité effroyable,
05:16rappelez-vous, dans les maisons de retraite, dans les EHPAD.
05:19Là, il y en a, mais beaucoup moins.
05:21C'est l'impression que j'ai quand j'interviens et que je fais intervenir mes équipes.
05:26Beaucoup moins dans ces institutions.
05:29La deuxième chose, c'est qu'en 2003, on était complètement surpris.
05:33Moi, j'ai découvert le coût de chaleur en 2003.
05:36Là, on sait parfaitement ce que c'est.
05:38Et surtout, la population est avertie.
05:41Il y a eu des messages de prévention.
05:43Alors qu'en 2003, on n'avait pas eu le temps de faire des messages de prévention.
05:45Donc tout ça, la meilleure prise en charge des institutions de personnes âgées
05:51où il y a des pièces climatisées et des messages de prévention,
05:54je pense qu'on rend un impact majeur sur la diminution, malheureusement, de cette surmortalité.
05:59Alors, Michel RGG, Emmanuel Devilliers, Charles Consigny, Joël Dagosseri.
06:03Joëlle ?
06:04Oui. Professeur, j'ai deux questions.
06:07Justement, pour parler de la population qui est avertie.
06:10Est-ce qu'on assiste encore à des actes irresponsables ?
06:13On s'est parlé de canicule, beaucoup moins qu'en 2003.
06:16Et ma deuxième question, c'est sur les moyens d'intervention.
06:19J'ai regardé un peu ce qui se fait en Arizona, Texas, etc.
06:21Et les Etats-Unis, lorsqu'il y a vraiment une grosse canicule,
06:25ils font même débarquer, ils ont une opération un peu militaire,
06:27enfin un comportement un peu militaire, c'est-à-dire qu'ils peuvent,
06:29sur des grands parkings, etc., installer des sortes de camions réfrigérés.
06:33Ils font venir, en tout cas, les moyens d'intervention médicaux un peu sur place.
06:39Enfin, ils les rapprochent de la population.
06:41Est-ce que ce sont des choses que nous, on a déjà faites ou qu'on peut faire ?
06:44Alors, sur les comportements, on va dire inadaptés.
06:48Oui, malheureusement, oui.
06:49On a encore intervenu sur un joggeur qui faisait son jogging en plein cagnard
06:54à deux heures de l'après-midi et qui a fait un coup de chaleur.
06:57Et vous le faites payer un peu ?
06:58Non, on ne fait pas payer les malades.
07:02Je rebondis là-dessus, c'est comme les types à qui on dit
07:04qu'il n'allait pas faire du hors-piste, il y a un risque d'avalanche
07:06et qu'on est obligé d'aller chercher au risque de la vie des secouristes.
07:11On leur fait payer aujourd'hui l'intervention.
07:13Moi, ça ne me choquerait pas, pardon, sachant qu'en plus, on manque d'argent,
07:17que le type qui a fait du jogging à 15 heures, ça fait une semaine qu'on ne lui dit
07:20pas en faire,
07:21qu'il paie quelque chose.
07:22Je ne sais pas, est-ce que vous en pensez, les grandes gueules ?
07:23Non, non, non.
07:24Ah ben voilà, bon, très bien.
07:26On ne punit pas les malades.
07:28Les inconscients, les imbéciles, on peut...
07:31Oui, non, mais on pourrait étendre ça sur les fumeurs, etc.
07:35Le fumeur, on taxe sa consommation, donc c'est une façon de le faire payer.
07:39Non, en France, on a la chance d'avoir une sécurité sociale,
07:43d'avoir des soins gratuits.
07:44Oui, mais justement, est-ce que ça ne déresponsabilise pas ?
07:47On dit, de toute façon, je serai soigné.
07:48Dans les comportements déviants, nous, notre job et notre éthique...
07:53Oui, je comprends, vous êtes là pour soigner.
07:55Le problème est un problème sociétal, et là, ce n'est pas à nous de trancher.
08:02Après, les centres, faire des regroupements de patients,
08:06et c'est une très bonne idée, dans des zones climatisées,
08:09c'est dans les conseils.
08:11On conseille aux personnes d'aller dans la salle de cinéma,
08:13d'aller dans les grandes surfaces,
08:15d'aller dans les endroits où il y a des endroits climatisés.
08:19Et d'ailleurs, dans le plan canicule, niveau 3,
08:22les mairies sont censées faire un recensement des zones climatisées
08:27et d'adresser ça aux EHPAD et aux maisons d'entête
08:32pour pouvoir amener ces patients vers ces zones, justement, climatisées.
08:36Vas-y, Emmanuel.
08:38Le professeur Adnet, les Français vous connaissent bien.
08:41Vous avez un peu une gueule d'acteur,
08:43un peu Philippe Léotard, avec un zeste de Jean Gabin.
08:46On se souvient que c'est vous qui avez accueilli
08:48le nouveau Premier ministre Michel Barnier, dans sa première sortie.
08:52Vous étiez là, déambulé, dans un hangar.
08:54Tiens, regardez, Monsieur le Premier ministre, on a une camionnette, là.
08:56Voilà, c'est comme ça.
08:57Et les Français, encore une fois, vous apprécient dans votre sérieux
09:01et dans votre dignité,
09:02parce que vos fonctions sont éminemment graves.
09:05Ce dont on se rend compte, semble-t-il,
09:08d'après ce qu'on comprend,
09:09c'est qu'un tout petit peu d'activité supplémentaire hospitalière
09:11fait qu'on ne peut pas la digérer.
09:15Il n'y a plus de place en prison.
09:17Il n'y a plus de place dans les morgues.
09:19Ce n'est pas le moment de passer l'armée gauche.
09:23Ce n'est pas le moment de tomber malade.
09:26Il n'y a plus de place dans les hôpitaux, là ?
09:27Le système hospitalier a répondu avec ses plans de crise.
09:32Je ne vous apprends pas qu'on est en plan blanc.
09:35Plan blanc, ça veut dire quoi ?
09:36Ça veut dire qu'on fait un peu comme avec le Covid.
09:38On déprogramme les patients les moins urgents
09:42pour essayer de les faire venir à l'hôpital un peu plus tard
09:44afin de pouvoir gérer le flux des patients entrant par les urgences
09:49qui vont nécessiter ces patients très fragiles
09:51qui ne sont pas en très bon état,
09:53qui vont nécessiter des hospitalisations assez longues.
09:56De plus, à la différence du Covid,
09:59où là, on était vraiment au point de rupture,
10:02là, on a eu des renforts à la fois humains et matériels
10:06qui nous ont permis quand même de gérer.
10:08C'était une activité très intense,
10:10mais à aucun moment, je me suis senti,
10:12comme à l'heure où j'ai aussi vécu le Covid,
10:15comme avec le Covid,
10:16où je me suis dit qu'on risque de tout lâcher.
10:18Donc l'hôpital n'a pas craqué ?
10:19Donc l'hôpital n'a pas craqué.
10:22On a pu avoir des moyens supplémentaires.
10:25Tout n'a pas été parfait.
10:26Mais j'ai l'impression que cette crise,
10:29on a pu la gérer sans donner des pertes de chance.
10:34Oui, mais docteur, moi j'ai entendu des témoignages
10:37avec des chambres, des patients
10:39qui avaient 35 degrés dans leur chambre.
10:41Je me dis, pardon, ce sont des malades.
10:45On les met en danger.
10:46Alors, je vous parlais de la prise en charge des malades.
10:49Donc on a donné les soins appropriés,
10:53on a pris en charge des malades.
10:54Après, et ça, vous avez complètement raison,
10:56et je pense que nos tutelles s'en sont aperçues,
10:59il y a un vrai problème de plan de climatisation
11:01des hôpitaux publics en France.
11:02Vous êtes d'accord avec ça ?
11:03Il faut un plan clim.
11:05Il faut un plan clim national.
11:07Et je crois que ça commence.
11:08Et pourquoi on ne l'a pas enclenché ?
11:09Alors que les responsables politiques ne cessent de nous dire
11:13les canicules vont se répéter,
11:15il faut s'y habituer, ça va se banaliser.
11:17Donc il y a un double discours.
11:18Et finalement, sur le terrain, il ne se passe rien.
11:19Là, j'ai l'impression quand même
11:21que cette canicule a secoué nos tutelles,
11:25puisque déjà, on reçoit beaucoup de climatiseurs.
11:29Ah ça y est, vous avez commencé à recevoir ?
11:31En grand nombre.
11:33Et je pense qu'il y a une réunion interministérielle aujourd'hui.
11:36Vous les recevez une fois que la vague de chaleur est passée ?
11:38Oui, mais une autre qui va réserver.
11:39Alors voilà, finalement ça va sauver le cornu,
11:41si une troisième vague arrive.
11:43Donc j'ai quand même, je ne suis pas en commande,
11:46mais j'ai quand même l'impression
11:47qu'ils en ont pris conscience,
11:49et qu'on va arrêter...
11:50Donc il faut en France toujours des crises
11:52pour se rendre compte à chaque fois qu'il nous manque...
11:55On ne pense pas que ce soit spécifique à la France.
11:56Non, non, mais on dit toujours
11:58gouverner c'est prévoir,
11:59c'est-à-dire qu'on attend qu'on soit dans le dur
12:01pour se dire tiens...
12:02Moi je pense qu'il y a eu des mesures
12:04qui ont eu de l'effet après la canicule de 2003.
12:07Ça a été les chambres climatisées obligatoires
12:10dans les institutions pour les personnes âgées,
12:13ça a été les plans de prévention
12:15largement diffusés au niveau de la population française,
12:18et effectivement, un oublié,
12:20je dois le reconnaître,
12:23un plan de climatisation massif
12:26des hôpitaux en France.
12:27Je crois que, d'après les échos que j'ai,
12:30nos tutelles l'ont pris en compte,
12:32et que la réunion de cet après-midi
12:34va probablement déclencher des crédits
12:37pour pouvoir acheter ces climatiseurs
12:39sans attendre une nouvelle canicule.
12:40Charles Consigny ?
12:41Si vous connaissez un peu
12:43ce qui se pratique à l'étranger,
12:45est-ce que vous diriez que la France,
12:47sur le plan de la lutte
12:49contre la canicule,
12:51et de façon générale son système de santé,
12:53mais notamment sur ce sujet,
12:55est-ce que vous trouvez
12:56qu'on est très en retard,
12:59très sous-équipé ?
13:00On a entendu beaucoup de gens
13:02qui ont dit
13:02la France, c'est un pays du tiers-monde,
13:05et qui sont choqués
13:06de voir à quel point
13:07on est sous-équipé,
13:09notamment parce qu'on met quand même
13:10beaucoup d'argent dans tous ces systèmes,
13:12ne serait-ce que les 36 milliards d'euros
13:14que rapportent la fameuse journée
13:15travaillée du lundi de Pentecôte ?
13:18Est-ce que, de part ce que vous savez
13:21du système américain, allemand,
13:24que sais-je,
13:25est-ce que vous trouvez
13:26qu'on est quand même un peu
13:28à la ramasse ?
13:30Alors, j'ai travaillé
13:31dans les systèmes anglo-saxons,
13:33les systèmes qu'on connaît,
13:36États-Unis, Angleterre,
13:38j'ai pu passer du temps là-bas,
13:41d'un point de vue technologique,
13:42d'un point de vue équipement,
13:44d'un point de vue procédure
13:46et protocole,
13:47on est complètement en phase
13:49avec ce qui se fait de mieux
13:51aux États-Unis
13:52ou en Europe.
13:54Au niveau de l'accueil des patients,
13:57de nos services d'urgence,
13:58on est, on va dire,
14:00on est bien,
14:00on est vraiment
14:01dans la moyenne
14:03et on n'est pas du tout
14:04à la ramasse
14:04par rapport aux pays étrangers.
14:06par contre,
14:07encore une fois,
14:08cette canicule nous a appris
14:09une chose,
14:09c'est qu'il nous manque,
14:10on a quelque chose
14:11qui nous manque réellement,
14:12c'est d'avoir loupé
14:14la climatisation massive
14:15des hôpitaux.
14:17Maintenant,
14:17je crois que tout le monde
14:17le sait.
14:18Il y a des nouveaux hôpitaux
14:19qui sont construits
14:20qui ne sont pas
14:20complètement climatisés.
14:21C'est ce que je viens
14:22de vous dire.
14:23Oui, celui de Nantes,
14:24on a loupé.
14:26Ça, c'est de l'argent
14:26quand même.
14:27On l'a loupé, pourquoi ?
14:28Parce que les médecins
14:29le demandaient,
14:30moi je me souviens,
14:30c'est un débat qui est vu.
14:31Pourquoi ?
14:32Par idéologie, politique,
14:34c'est pourquoi ?
14:34Il faut demander à notre...
14:35Non, non, je sais bien,
14:36mais quand vous faites...
14:37Mais peut-être qu'on ne l'a pas demandé
14:39assez fort,
14:41peut-être que...
14:42Vous savez,
14:42les crises,
14:43on les oublie très vite.
14:45Et...
14:47Il y a eu des très bonnes mesures
14:49faites après 2003,
14:50j'en suis témoin
14:50et j'ai vu la différence
14:52avec ce qu'on fait actuellement.
14:54On a loupé
14:55la climatisation massive
14:56des hôpitaux,
14:57ça, je suis obligé
14:58de le reconnaître.
14:59Mais il n'est pas trop tard.
15:00Tout le monde leur réclame,
15:01en particulier
15:02la direction de la PHP.
15:04Donc je pense
15:05que ça va percuter.
15:08Oui, mais...
15:08Joël ?
15:09Professeur,
15:10on s'est autoproclamé
15:11meilleur système de santé
15:13au monde, quasiment.
15:15Est-ce que...
15:16C'est vrai réellement,
15:18puisque vous avez travaillé
15:18à l'étranger,
15:19donc est-ce que réellement
15:20nous sommes le meilleur
15:21système de santé
15:22au monde ?
15:23Et si ce n'est pas vrai,
15:25alors qu'est-ce qui nous manque ?
15:26Et quel est selon vous
15:27le meilleur système de santé ?
15:28Parce que moi,
15:28je commence à ne plus y croire.
15:30Je fréquente les hôpitaux
15:31et des grands hôpitaux
15:33comme Georges Pompidou
15:33qui est un hôpital européen
15:35et où on attend
15:366 heures, 8 heures.
15:37J'ai attendu aux urgences.
15:39On m'a dit
15:39vous avez 8 heures d'attente
15:40alors que j'avais
15:41une occlusion intestinale.
15:42Donc c'était pas comme si...
15:43C'était pas urgent.
15:44Vous voyez ?
15:45Donc est-ce qu'on est réellement
15:45dans le meilleur système
15:46de santé au monde ?
15:47Vous allez au Canada
15:48ou en Angleterre,
15:49vous pouvez attendre 12 heures
15:50sans que ça choque personne.
15:53Ça dépend de ce que vous définissez
15:54comme le meilleur système.
15:56On a la meilleure médecine.
15:57Alors il y a
15:58le niveau de médecine,
16:00mais moi je mets
16:02dans mes critères
16:03de meilleur système de santé
16:04un système qui est éthique
16:06et qui donne,
16:07si vous voulez,
16:08le meilleur soin
16:10à la population
16:11quel que soit
16:11son niveau social,
16:13son origine, etc.
16:14Et là-dessus,
16:15je pense qu'on est effectivement
16:16dans les meilleurs.
16:18Comme vous dites,
16:18je travaillais aux Etats-Unis,
16:20j'ai bien vu l'inégalité
16:22face aux soins
16:24par rapport au niveau social,
16:26par rapport au fait
16:27qu'il y ait une assurance.
16:29On a un système quand même
16:30qui est gratuit.
16:31Oui, mais est-ce que cette inégalité
16:33n'est pas en train
16:33de se mettre en place ?
16:34Est-ce qu'il n'y a pas quand même
16:34un système à double vitesse ?
16:36Quand on connaît
16:36un professeur de médecine,
16:39on est reçu plus rapidement,
16:41on aura un diagnostic
16:42plus vite,
16:43quand on ne connaît pas,
16:44on est obligé de passer
16:45par un système
16:45qui est un peu engorgé.
16:46Est-ce que vous décrivez,
16:47c'est ce que je considère
16:48comme des dérives,
16:49mais ce n'est pas
16:50le système en lui.
16:51Est-ce que ça ne se met pas
16:52en place ?
16:52C'est ce qui est en place
16:54dans la majorité
16:55des systèmes de santé.
16:57Dans le nôtre,
16:58on peut le critiquer
17:00par piston,
17:01pour arriver à prendre
17:02un rendez-vous plus rapide,
17:03mais si vous voulez,
17:04c'est une dérive
17:05par rapport à un système
17:06qui,
17:11dans ses racines,
17:13est un système
17:14foncièrement égalitaire.
17:15Quand je pars en SAMU,
17:17je procure les mêmes soins
17:18d'un STF
17:21ou d'un propriétaire
17:24d'un appartement
17:25dans le 16e arrondissement.
17:27Ils ont exactement
17:28le même niveau de soins.
17:29Et ça,
17:29on ne le retrouve pas ailleurs.
17:30Vraiment,
17:31on ne le retrouve pas ailleurs
17:31et je l'ai vécu.
17:34Donc,
17:35au niveau technique,
17:36on est la médecine occidentale
17:39et on a les dernières recommandations.
17:40et je fais de la recherche,
17:42on est vraiment
17:43dans les meilleurs soins.
17:44Au niveau de l'égalité
17:46par rapport aux soins,
17:48je pense qu'on est effectivement
17:49dans les meilleurs.
17:50Merci,
17:50professeur Hanet,
17:51d'être venu faire un bilan
17:52de la canicule.
17:53Bon,
17:54le plan climat à l'hôpital,
17:56il manque,
17:56mais ça se met en place,
17:57les climatiseurs
17:58sont en train d'arriver.
17:59Merci d'avoir été avec nous,
18:00professeur Hanet.
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