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  • il y a 1 jour
Ce mercredi 12 août, Alexandre Baradez, chez analyste chez IG, Gilles Santacreu, trader algorithmique et administrateur du site Boursikoter.com, et Étienne Monceau, analyste chez Zonebourse, ont débriefé la séance du jour, dans l'émission BFM Bourse présentée par Aude Kersulec. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:04BFM Business, vos placements, nos conseils, BFM Bourse, Aude Kersulek.
00:10Bonjour et bienvenue dans notre demi-heure de bourse estivale.
00:14En ce mercredi 12 août, on retrouve des marchés financiers bien dispersés entre les Etats-Unis et l'Europe.
00:22Moins 0,5% en ce moment pour le cas, 48 664 points, ça a été indécis jusqu'en milieu
00:29de journée.
00:30Des bourses qui ont du mal à s'accorder et ce chiffre du jour qui est tombé à 14h30.
00:36L'inflation américaine comme prévu, conforme aux attentes 3,4% au mois de juillet sur un an.
00:41Donc pas de grosse surprise, ça n'a pas enthousiasmé les marchés européens.
00:45On a même le DAX qui s'est retourné là en fin de séance dans le rouge,
00:49lui qui évoluait dans le vert une bonne partie de la journée.
00:52Les marchés américains sont de meilleure humeur.
00:56On a le Nasdaq qui progresse de 0,4%.
01:01Le S&P plus 0,2%, c'est le dos, est en ce moment légèrement dans le rouge.
01:06Mon invité en plateau, c'est vous Alexandre Baradez, bonjour.
01:09Bonjour Aude.
01:09Chef analyste chez IG, on revient évidemment sur cet événement de la journée.
01:13Ce qu'on a attendu quand même depuis le début de semaine, l'inflation américaine.
01:17Alors, 3,4% au mois de juillet sur un an, c'est un ralentissement par rapport au mois précédent,
01:233,5%.
01:25Et c'est conforme aux attentes.
01:27C'est donc bien ?
01:28Oui, alors c'est vrai qu'il y a deux sujets.
01:31Il y a la tendance de l'inflation.
01:32C'est vrai que si on prend l'inflation globale, qui est celle qui était surveillée aujourd'hui,
01:35elle était il y a deux mois à peu plus de 4%.
01:37Le mois précédent, 3,5%.
01:40Et là, on revient à 3,4%.
01:42Donc, la tendance sur deux mois est quand même plutôt un léger ralentissement.
01:46Mais c'est vrai que le niveau absolu reste quand même élevé, voire très élevé.
01:49Un 3,4%, c'est très loin des 2%.
01:51Et alors, on sait que la Fed ne regarde pas forcément cette mesure spécifiquement.
01:55Elle, ce qu'elle aime bien, c'est la mesure PCE,
01:56qui va arriver à la fin du mois, quasiment au même moment que le symposium.
02:00On va reparler de la Fed, mais qu'est-ce qu'il y a dans ce chiffre, justement ?
02:03Il y a toujours les chiffres de l'énergie, évidemment, qui sont un gros moteur à cette inflation.
02:07Chiffre d'énergie et les prix aussi des billets d'avion.
02:11Voilà ça, donc tout ce qui est service, en fait.
02:12On voit qu'au niveau des Etats-Unis, la partie service reste toujours la zone que la Fed surveille.
02:17On rappelle pourquoi ?
02:18Parce que les services, c'est quasiment 80% de l'activité économique aux Etats-Unis.
02:22Donc, l'inflation, déjà avant le début de la guerre en Iran,
02:25avait toujours une inflation qui était toujours assez ancrée dans les services.
02:28Et la guerre en Iran a venu rajouter un boost d'inflation, surtout par les prix d'énergie.
02:32Et donc, c'est vrai que quand on regarde la partie cœur de l'inflation,
02:34sur la mesure PCE dont on parlait, qui n'est pas celle du jour, mais qui sera dans quelques jours,
02:38avant la guerre en Iran, elle était déjà à 3%.
02:40Donc, ça veut dire que le seul problème de la Fed n'est pas la guerre en Iran,
02:43n'est pas que le pétrole.
02:44C'est qu'il y a une inflation qui est un peu plus historique, un peu plus ancrée.
02:47Et c'est vrai qu'aujourd'hui, le fait qu'on soit tombé pile en ligne avec le consensus
02:51sur les mesures mensuelles et sur les mesures annuelles,
02:53c'est vrai que le marché hésite un petit peu, et à la limite tant mieux,
02:56parce qu'en plein milieu de l'été, si vous aviez une mesure très au-dessus ou très en-dessous,
03:01parce que Kevin Worsche donne très peu d'indications au niveau de ce que veut faire la Fed.
03:04Donc, finalement, ce n'est pas trop mal qu'en plein milieu de l'été,
03:07on soit tombé sur une mesure pile en ligne.
03:09Le corps CPI, l'inflation en cœur, elle est quand même à 2,5%.
03:12C'est bien moins élevé, mais c'est toujours au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed.
03:17Là, qu'est-ce que ça nous dit ?
03:18C'est propagé, mais ce n'est pas non plus catastrophique.
03:21Non, voilà, ça reste collant. C'est une inflation qui est collante.
03:23Et donc, ce qui fait que la Fed, elle est bloquée.
03:26C'est ça qu'on voit depuis des mois, en fait.
03:27Jérôme Paul l'était déjà avant Kevin Worsche.
03:29Kevin Worsche l'est aussi, sachant que les présidents ne décident pas tout seuls.
03:32Le comité décide pour eux, enfin, décide pas pour eux, décide pour la politique monétaire.
03:36Mais c'est toujours au-dessus.
03:37Et 2,5%, encore une fois, ce n'est pas la mesure privilégiée par la Fed.
03:41La Fed aime bien l'inflation PCE, corps PCE, c'est dont on parlait à l'instant.
03:44Et le corps PCE, c'est actuellement plus de 3%.
03:46Donc, il y a la partie sous-jacente.
03:48Pourquoi la Fed aime bien cette mesure-là ?
03:50Parce que ça enlève le bruit, ça enlève la volatilité.
03:53On enlève l'alimentation, on enlève l'énergie.
03:54Donc, c'est la partie qui est plus inerte et celle qui traduit finalement le plus la tendance inflationniste.
03:58Donc, c'est vrai que ce n'est pas une mesure incroyable.
04:00Ce n'est pas une inflation galopante, tout comme c'est le cas post-Covid.
04:03Mais on rappelle, ça fait 5 ans consécutifs que l'inflation sous-jacente aux Etats-Unis,
04:07cette fameuse inflation corps, n'est pas revenue à l'objectif.
04:10Et 5 ans, c'est trop pour la Fed, pour sa crédibilité.
04:13Ce corps PCE, ce sera la fin du mois, le 26 août.
04:16En attendant, il y aura aussi Jackson Hole à la fin du mois,
04:19avec Kevin Worsche qui va s'exprimer.
04:20Il ne faut pas s'attendre à ce qu'il commente ses chiffres d'inflation.
04:22Lui, il ne veut pas donner d'indice, en fait, sur ce qui va se passer à la prochaine réunion.
04:27C'est ce qu'il nous a bien fait comprendre.
04:28Très clairement, si je ne l'ai pas encore compris, il le répète quasiment à chaque fois,
04:31c'est qu'en gros, il laisse les marchés découvrir la fameuse data dépendance.
04:35Il veut que les marchés soient dépendants des données économiques et fassent leur job.
04:39Et j'ai envie de dire que c'est aussi une forme de stratégie quand même,
04:41parce que justement, le fait que les marchés aient moins d'indications de la Fed,
04:44on voit que les taux ont du mal à se détendre.
04:46Alors, ça, ce n'est pas très bien pour le trésor américain,
04:47parce qu'ils en prennent plus cher.
04:48On l'a encore vu hier, avec des emprunts à trois ans bien plus chers qu'il y a quelques
04:51mois.
04:52Mais en revanche, ça fait le job d'un point de vue, justement, de l'inflation.
04:56C'est-à-dire des taux plus élevés, des taux souverains plus élevés.
04:58Ça veut dire quoi ?
04:59C'est-à-dire des coûts de crédit immobilier plus élevés,
05:00des coûts de crédit consommation plus élevés.
05:02Et finalement, ça suffit à faire un peu pression sur l'économie
05:05pour qu'à un moment donné, l'inflation ralentisse.
05:07Donc, sans que l'a fait des besoins, pour l'instant en tout cas, de relever ces taux,
05:10le fait de laisser les marchés mariner, en quelque sorte,
05:12et douter du prochain mouvement,
05:15ça maintient les taux américains sur un niveau élevé.
05:18Et finalement, ça restreint les conditions financières
05:20sans que la Fed, pour l'instant, ait besoin de relever les taux.
05:224,66% pour le 10 ans américain.
05:26Alors, vous vous tablez plutôt sur une hausse septembre ou alors octobre ?
05:30Là, le marché est partagé.
05:31Il y a toujours une quarantaine de pourcents pour le mois de septembre.
05:35On se décide plus sur une hausse en octobre.
05:37C'est élevé.
05:38C'est vrai que celle de septembre, des probabilités,
05:40on rappelle que ces probabilités sont déterminées par les instruments financiers,
05:43par le prix des instruments financiers.
05:45Donc, le marché considère qu'il y a à peu près 40% de chances d'une hausse en septembre.
05:48Et si on regarde les projections en fin d'année,
05:50il y a toujours plus de chances désormais,
05:52enfin toujours, pardon, d'avoir au moins une hausse de taux que pas de hausse de taux.
05:56Mais ces probabilités évoluent en temps réel.
05:58En prenant un cas très concret,
05:59si dans une semaine, la situation se détend vraiment sur le front géopolitique,
06:03que le pétrole retombe à nouveau de 10-15% très rapidement,
06:07vous verrez que tout de suite, les taux américains vont descendre également.
06:09Et dans ce cas, les probabilités de hausse de taux vont s'évaporer,
06:12ou en tout cas, les probabilités, oui, de hausse de taux.
06:15Et on aura une probabilité de statu quo qui sera majoritaire.
06:18Donc, ça dépend quand même beaucoup de ce qu'on voit sur le front de la géopolitique.
06:22Et c'est pour ça aussi qu'on voit que les membres de l'administration américaine,
06:25comme Scott Bessent il y a quelques jours,
06:27moi je n'aime pas trop ce genre de comportement,
06:28parce que ça fausse finalement un peu le marché,
06:30mais on comprend lui pourquoi il a fait ça.
06:32Mais il l'a dit, il y a une semaine,
06:33le Détroit va être réouvert dans un ou deux jours,
06:35ce sera fait,
06:36parce qu'il sait que ça va faire baisser le prix du pétrole,
06:38et parce qu'il sait que du coup, les taux vont baisser,
06:40et que ça va donner une petite bouffée d'oxygène,
06:41comme ça, au trésor américain.
06:43Donc, tout est très très lié quand même à ce qu'on voit sur le front géopolitique,
06:46mais ne pas oublier quand même qu'avant la géopolitique,
06:48en janvier, février et mars,
06:50l'inflation était quand même au-delà de l'objectif.
06:52Donc, la géopolitique est venue rajouter une surcouche d'inflation,
06:55qui était quand même déjà présente avant.
06:56On va faire un tour du côté de la Bourse de Paris,
06:58puisque le fixing a eu lieu,
07:00ça y est, la cloche a sonné,
07:03et c'est du rouge qui l'emporte ce soir à Paris,
07:06moins 0,6%,
07:088 661 points,
07:11c'est même un mouvement plus clair que les jours précédents,
07:13c'est la deuxième séance de rouge de suite à Paris,
07:17c'est même plutôt uniforme sur les marchés européens,
07:19puisqu'on a le DAX aussi,
07:21qui n'aura pas un record de clôture ce soir,
07:24puisque là aussi, lui, il s'est retourné,
07:26moins 0,26%,
07:27et à Londres, également,
07:29une variation à la baisse,
07:31moins 0,2%.
07:33Alors, on a eu quand même quelques valeurs
07:36qui se sont démarquées lors de cette journée.
07:39TKMS, on est dans le militaire à Francfort,
07:41plus 9,6%,
07:42après une publication ce matin
07:44des révisions d'objectifs à la hausse,
07:46une anticipation, d'ailleurs,
07:47d'une demande plus importante,
07:48notamment en matière de frégates
07:50et d'enjeux nettoyeurs.
07:51D'ailleurs, de mine,
07:52on parlait à l'instant de la géopolitique,
07:54ça a poussé un peu tout le secteur,
07:56RideMétal aussi,
07:56qui prend 2,5%,
07:58Thalès également à la hausse,
08:00à Paris.
08:01En revanche, sur le DAX,
08:02on avait SAP qui reculait de 2,5%,
08:06et puis à Paris,
08:07c'est Essilor, Luxottica,
08:08qui perd plus de 4,5%,
08:10en cause,
08:11une procédure pénale
08:13qui pourrait être engagée en Allemagne,
08:15une plainte pénale,
08:16en tout cas,
08:16qui a été déposée
08:19contre les lunettes connectées.
08:21Alors, Meta est également
08:23concernée par cette plainte,
08:24mais en tout cas,
08:25ça a bien pénalisé
08:27Essilor, Luxottica,
08:28cet après-midi à Paris.
08:30Des ajustements aussi
08:31de recommandations
08:32et d'objectifs
08:32du côté du luxe
08:34qui n'ont été pas favorables
08:35aux valeurs parisiennes.
08:38Kering en baisse de 4%,
08:39LVMH aussi en baisse.
08:42Allez, tout de suite,
08:43on refait la séance.
08:45BFM Bourse,
08:47on refait la séance.
08:49On parle des niveaux techniques,
08:51d'abord avec Gilles Santacre,
08:52fondateur du site
08:53boursicoté.com.
08:55D'abord, le CAC 40.
08:57Les volumes sont relativement faibles,
09:00tout juste 3 milliards d'euros échangés,
09:03faiblesse des volumes,
09:04on manque d'impulsion, Gilles ?
09:07Oui, on a un petit signal
09:10de retournement aujourd'hui.
09:12Bon, vu 1674, ça va,
09:15je dirais qu'on préserve l'essentiel.
09:19On a un CAC 40
09:21qui subit un petit peu
09:22la baisse que l'on a
09:23sur certaines grosses pondérations.
09:25comme LVMH, L'Oréal,
09:27Total Energy ou Hermès
09:28qui ont des pertes
09:29assez conséquentes.
09:31Malgré tout,
09:32on reste dans une configuration
09:33de fond qui reste
09:34plutôt positive.
09:35Tant que l'on ne casse pas
09:36la zone des 8 640 points,
09:38on peut parler de consolidation,
09:40mais d'une dynamique
09:41qui reste haussière.
09:42Donc, on a 8 640
09:43à surveiller.
09:44Ensuite,
09:45en cas de cassure,
09:45on aurait 8 560 points.
09:47c'est vraiment sous 8 560 points
09:49que l'on pourrait avoir
09:50des signaux un peu plus puissants.
09:52Mais c'est vrai
09:53qu'avec les volumes
09:54que l'on observe aujourd'hui,
09:55on peut dire
09:56qu'il n'y a pas de péril
09:58dans la demeure.
09:59On a une petite phase
10:00de consolidation
10:00qui arrive après
10:01des signaux d'essoufflement.
10:03Bon, rien de très grave.
10:06À voir un petit peu
10:07si la situation géopolitique
10:09permet de se débloquer.
10:10C'est vrai qu'on a eu
10:11une petite phase de baisse
10:14qui a démarré
10:15après l'ouverture
10:15des marchés américains
10:16à 15h30,
10:17mais qui, pour l'instant,
10:19sont en conséquence.
10:20Donc, zone à surveiller
10:208 640,
10:218 560.
10:23On reviendrait
10:24sur un marché
10:24plus fort et plus haussier
10:26si les cours repassaient
10:27au-delà des 8 740 points.
10:29Oui, je rappelle
10:30le fixing de la Bourse de Paris.
10:32Moins 0,46%.
10:348 674 points.
10:36On a aussi le DAX
10:37qui s'est retourné
10:38pendant la séance.
10:39Comment ça s'est traduit ?
10:41Techniquement,
10:42il a terminé
10:42à moins 0,24%.
10:45Oui, mais entre-temps,
10:46il a marqué
10:47un nouveau record
10:49en séance.
10:49On a marqué
10:50un nouveau plus haut
10:52exactement
10:52à 26 573 points.
10:56Donc là aussi,
10:57ça s'inscrit
10:57dans une poursuite
10:58d'un mouvement haussier
10:59puisqu'en inscrivant
11:00un nouveau plus haut historique,
11:01on entretient
11:02la dynamique haussière
11:04court terme.
11:05Donc, le DAX
11:06est beaucoup moins vulnérable
11:07à la configuration actuelle.
11:09Ce qui fait dire
11:10que c'est un petit peu
11:11le luxe en ce moment
11:12qui tire le CAC 40
11:13à la baisse.
11:15Donc, nouveau record
11:15pour le DAX.
11:16Certes, on clôture
11:17dans le rouge,
11:18mais dans une configuration
11:19qui reste positive
11:20et on pourrait même parler
11:22de configuration dynamique.
11:24Donc, globalement,
11:25je dirais que
11:26par rapport
11:27à ce qui se passe aussi
11:28du côté des États-Unis,
11:29la baisse que nous observons
11:30sur le CAC 40 aujourd'hui
11:32n'est pour l'instant
11:33pas une zone d'alerte forte
11:36d'un point de vue technique
11:37en tout cas.
11:37Merci, Gilles.
11:38Côté valeurs,
11:40le chiffre de la journée
11:41était américain.
11:42On va regarder du côté
11:43des valeurs américaines
11:44avec Étienne Monceau
11:45de Zone Bourse.
11:47Merci à vous
11:48de nous accompagner,
11:48Étienne,
11:49ce mercredi du mois d'août.
11:51On va revenir
11:51sur certaines publications
11:52tech aux États-Unis
11:54qui sont bien accueillies.
11:56Parmi elles,
11:57il y a notamment
11:58CoreWeave
11:59et Supermicro,
12:00des bons à deux chiffres
12:01pour ces deux actions,
12:04plus 19%
12:05et plus 13%,
12:07avec respectivement
12:08un relèvement
12:09de prévision
12:10pour CoreWeave
12:11et une marge brute
12:13meilleure qu'attendue
12:14pour Supermicro.
12:18Oui, alors effectivement,
12:19on va parler
12:20États-Unis principalement
12:21ce soir avec moi
12:22et NeoCloud en particulier,
12:25les résultats de CoreWeave
12:26et de Nebius
12:27et aussi de SMC
12:28effectivement qui a publié.
12:29On va ensuite parler,
12:31je vais faire un petit mot
12:32sur les résultats,
12:33cette saison de résultats
12:34de manière générale,
12:35puis enfin parler
12:36de l'euphorie
12:36sur le marché des options.
12:39Alors pour ce qui concerne
12:39CoreWeave et Nebius
12:40qui sont toutes les deux
12:41des entreprises
12:42du NeoCloud
12:42qui ont publié,
12:43qui viennent tout juste
12:44de publier,
12:44le narratif est extrêmement fort,
12:46les guidance sont relevés
12:47et la surprise
12:48était effectivement
12:49sur la marge d'exploitation
12:50de CoreWeave
12:51qui passe de 1%
12:52à 5%.
12:54Les CEOs
12:54des deux entreprises
12:55respectivement
12:56sont très convaincants,
12:57ils vont vous dire
12:58que la demande
12:59est toujours extrêmement forte,
13:00que ça leur permet
13:01de conclure des accords
13:02à des prix
13:03de plus en plus intéressants
13:04et que ce business
13:06ne fait que commencer
13:07et qu'il n'est pas prêt
13:08de s'arrêter.
13:08J'aimerais cependant
13:09nuancer un petit peu
13:11ces propos,
13:11rappeler que ces entreprises
13:13du NeoCloud
13:14sont possibles,
13:15en fait le business
13:16existe seulement grâce
13:18aux autres acteurs
13:19de l'IA
13:19qui sont eux
13:20beaucoup plus solides
13:22et en fait
13:22qui financent
13:23notamment les hyperscalers
13:24comme Google,
13:25Amazon,
13:25Alphabet,
13:26etc.,
13:27qui financent
13:28directement
13:29ces entreprises
13:30par le biais
13:31de commandes
13:32et de gros
13:32à compte.
13:33Ces entreprises
13:34comme CoreWeave
13:34par exemple,
13:35c'est un retour
13:35sur investissement
13:36actuellement
13:36de 1%
13:37et c'est un coût
13:38d'endettement
13:39de 10%.
13:40C'est des business
13:41qui dans la nature
13:41ne devraient même
13:42pas exister,
13:43en tout cas
13:44pas à cette vitesse,
13:45ne devraient pas
13:46être développés
13:46à cette vitesse
13:47mais grâce
13:48à ces financements
13:49via à compte
13:49ou par exemple
13:50Nvidia
13:51qui va jusqu'à
13:52garantir
13:53les prêts
13:53de ces entreprises
13:55qui achètent
13:56des puces
13:56Nvidia
13:56évidemment
13:57pour alléger
13:58un petit peu
13:59leur coût
13:59d'endettement,
14:00c'est grâce
14:00à cet écosystème
14:01que ces entreprises
14:02existent.
14:03Donc le narratif
14:04a beau être
14:04extrêmement fort,
14:05il faut toujours
14:06être vigilant
14:06et ce sont
14:07des entreprises
14:07extrêmement volatiles.
14:09Quand une entreprise
14:10on le rappelle
14:10est capable
14:10de faire un
14:11plus 10,
14:12plus 20,
14:12plus 30
14:13à la hausse,
14:13elle est aussi
14:13capable de faire
14:14moins 10,
14:15moins 20,
14:16moins 30
14:17à la baisse.
14:18Donc ça c'est
14:19pour CoreWeave,
14:20Nebius
14:20en particulier
14:22et j'aimerais
14:23aussi rappeler
14:23que ces 3 entreprises
14:25qui ont publié
14:26aujourd'hui
14:26sont parmi
14:27les top 10
14:28des valeurs
14:29les plus shortées
14:30par les hedge funds.
14:31Hedge funds
14:31qui ont d'ailleurs
14:32augmenté leur position
14:33net vendeuse
14:34sur ces titres-là
14:34au cours de juillet.
14:36Donc il semblerait
14:37qu'on ait un petit
14:38désaccord entre
14:39les hedge funds
14:39qui eux shortent
14:40de plus en plus
14:41ces titres
14:41et au contraire
14:42le retail
14:42qui les achète
14:43massivement.
14:44Il faut rappeler
14:45qu'en juin,
14:46le mois de juin
14:462026,
14:47le retail a acheté
14:484 fois plus de titres
14:50qu'ils l'ont fait
14:51en juin 2025.
14:54Donc on a peut-être
14:56un potentiel
14:56short quiz aussi
14:57qui s'opère
14:58puisque ces hedge funds
14:59sont positionnés
14:59vendeurs
15:00et que le retail
15:00les achète
15:01en masse
15:02ce qui potentiellement
15:03peut expliquer
15:03une partie
15:04de cette hausse
15:05qui est assez considérable.
15:07Maintenant j'aimerais parler
15:08un petit peu
15:08des earn.
15:09Oui ?
15:10Oui, Etienne,
15:10justement,
15:11vous aviez une statistique
15:12dont vous vouliez nous parler,
15:14ça concernait
15:14l'indice de la volatilité,
15:16le VIX,
15:17dans la journée
15:18du 4 août.
15:19Et d'ailleurs,
15:19toute cette semaine-là,
15:20vous nous dites
15:21qu'il y a eu
15:22un record,
15:23le plus gros volume
15:24d'achats de call
15:25sur le VIX
15:26de toute l'histoire.
15:27Alors racontez-nous.
15:31Oui, alors ça,
15:32c'est une stat
15:32qui est absolument,
15:33enfin,
15:33que je trouve
15:34très intéressante
15:35et qu'on lit
15:36nulle part
15:37pour l'instant.
15:38C'est que
15:39les calls,
15:40en fait,
15:40alors,
15:41pour faire simple,
15:42de manière générale,
15:43les institutionnels,
15:44quand ils vont
15:44sur le marché
15:44des options,
15:45c'est pour acheter
15:46des putts,
15:47des options putts
15:48qui permettent
15:48de protéger
15:49leur portefeuille.
15:51Et normalement,
15:52quand on regarde
15:53les prix des puts
15:54et des calls,
15:55on a des puts
15:56qui sont un petit peu
15:57plus chers
15:58que les calls.
15:59Pourquoi ?
16:00Justement parce qu'il y a
16:00cette demande structurelle
16:02de protection
16:02de leur portefeuille.
16:04Et là,
16:04actuellement,
16:05il y a 35%
16:06des valeurs
16:07du S&P 500
16:09qui ont ce qu'on appelle
16:10un call skew inversé.
16:12Ça veut dire
16:12que ces valeurs,
16:13on observe que
16:14les calls
16:15qui sont out of the money
16:16sont plus chers
16:17que les puts
16:17qui sont out of the money.
16:19Ce qui est
16:20tout simplement
16:22la conséquence
16:23d'un achat massif,
16:24d'un intéressement
16:25du marché
16:26pour des calls.
16:27une aversion au risque
16:28peut-être
16:29qui chute
16:30tout simplement
16:31et des gens
16:32qui sont prêts
16:33à acheter,
16:33qui vont sur le marché
16:35optionnel
16:36pour parier
16:40sur une hausse.
16:41Et le truc,
16:42c'est que le VIX,
16:43qu'on appelle aussi
16:44indice de la peur,
16:45il est le reflet
16:46de la volatilité implicite,
16:48c'est-à-dire
16:48de la volatilité
16:50qu'on peut attendre
16:51dans le futur
16:51qui est pricée
16:52par les traders
16:52sur le marché
16:53des options.
16:54et on dit
16:55que c'est indice
16:55de la peur
16:56parce que justement
16:57de manière générale,
16:58on a plus
16:58des puts
16:59qui sont plus chers
17:00que des calls,
17:00on a plus
17:00d'achats de puts.
17:02Mais il faut
17:02se rappeler
17:03que cet indice
17:05VIX,
17:06il ne prend pas
17:06la volatilité implicite
17:07que des puts,
17:08il prend la volatilité
17:09implicite des puts
17:10et des calls.
17:11Ce qui fait que là,
17:12si on a un changement
17:13de la composition
17:14finalement
17:15de cette volatilité
17:16implicite
17:16que fait paraître
17:17le VIX,
17:18peut-être que en fait,
17:19ce n'est pas le bon nom,
17:20indice de la peur,
17:21mais qui va progressivement
17:22devenir l'indice
17:23de l'euphorie
17:23si on continue
17:24d'avoir comme ça
17:25des achats massifs
17:26de calls.
17:26Oui,
17:26on comprend effectivement
17:27que le rapport
17:28de force s'est inversé.
17:30Merci Etienne,
17:30Alexandre,
17:31est-ce que vous avez vu ça
17:31vous aussi chez IG,
17:33des achats massifs
17:34de calls sur le VIX ?
17:35Non,
17:35pas forcément chez nos clients,
17:36parce que nous,
17:37ils traitent directement
17:38les indices,
17:39les actions ou autres
17:40via le cash
17:41ou les dérivés,
17:42c'est-à-dire en gros
17:42des produits dériels
17:43ou des actions en direct.
17:44Mais c'est vrai
17:44qu'on a quand même
17:45observé des mouvements
17:46ce jour-là
17:46sur le VIX,
17:46ça va un petit peu bouger
17:47quand même sur l'indice
17:48de volatilité,
17:49signe qu'il s'est passé
17:49des petites choses quand même.
17:50Mais c'est vrai que
17:51juste pour compléter
17:52ce qui a été très bien expliqué,
17:53c'est que l'indice
17:55depuis plusieurs jours
17:56et semaines maintenant,
17:57il est quand même très bas.
17:57Il faut donner quelques niveaux
17:58parce que les gens
17:59qui écoutent
17:59ne connaissent pas forcément
17:59ce genre d'indice.
18:01Effectivement,
18:01on l'a dit,
18:02c'est l'indice de la peur.
18:03Donnons quelques repères.
18:04Quand tout va bien
18:04sur les marchés,
18:05quand tout se passe bien,
18:06le VIX,
18:07il est de manière assez large
18:08entre 10 et 15,
18:0920 au maximum.
18:10Quand on commence
18:11à stresser un petit peu,
18:1220, 30.
18:13Et puis quand ça commence
18:14à...
18:15Le stress est plus marqué,
18:1630, 40.
18:17Et puis 40 et au-delà,
18:1850.
18:19Ça commence à être la panique
18:20et quand vraiment
18:20c'est la crise majeure
18:22type subprime,
18:23type crise Covid,
18:24on peut penser jusqu'à 80.
18:25Là, on est à 14,8.
18:26Donc là, on est bien en ce moment.
18:27Voilà, c'est une mer de tranquillité
18:29dans laquelle nous sommes actuellement.
18:31Et c'est ça qui fait
18:31effectivement
18:32soulever un peu des questions
18:33parce que si on est
18:33sur d'autres indicateurs
18:34qui traduisent aussi
18:35l'exposition dans le marché,
18:37on sait que les Américains
18:37aujourd'hui, par exemple,
18:38de leur patrimoine financier
18:39sont très exposés aux actions
18:40sur des niveaux quasiment records.
18:42Les gérants de fonds
18:43aussi aux Etats-Unis,
18:43leurs réserves de cash
18:44sont très faibles.
18:45Ce qui veut dire quoi ?
18:45C'est-à-dire que le cash
18:46a été alloué à des prises
18:47de position dans le marché.
18:49Donc, il y a des gens
18:50assez peu couverts
18:51finalement dans le marché
18:52aujourd'hui.
18:52La couverture peut arriver
18:53un petit peu
18:54parce qu'on voit
18:54que les flux
18:55sont un peu allés
18:56sur l'obligataire
18:56depuis quelques semaines.
18:57L'obligataire américain,
18:58rappelons-le,
18:59avec des taux à 30 ans
19:00à plus de 5%,
19:01vous garantissez
19:02un super rendement
19:03sur les 30 prochaines années.
19:04Donc, ça peut pousser
19:05certains à arbitrer
19:06un petit peu,
19:06mais si on regarde
19:07juste la couverture
19:07par ces produits financiers
19:09qui permettent
19:09de se couvrir
19:09contre un risque,
19:10le prix de la volatilité,
19:12le prix de la couverture
19:12contre la volatilité
19:13est très peu cher.
19:14Et donc, ça veut dire quoi ?
19:15Ça veut dire que le marché
19:16n'est pas très positionné
19:18pour faire face au risque.
19:19Si demain,
19:20un risque surgit
19:22d'un seul coup,
19:22eh bien, on va avoir
19:23une ruée vers ces produits
19:24de couverture
19:25qui sont très peu chers
19:26aujourd'hui en fait.
19:27Et donc,
19:28ça peut laisser penser
19:30qu'effectivement,
19:30le marché,
19:31est-ce qu'on parle d'euphorie ?
19:32Peut-être pas forcément,
19:33mais un marché qui me semble
19:34très peu couvert
19:35par les différentes mesures
19:36qu'on peut avoir
19:36de ces instruments
19:37de couverture
19:38contre la volatilité.
19:39Justement, on va voir
19:39les signaux techniques
19:40sur cet indice
19:41de la volatilité.
19:42On se reconnecte avec vous.
19:44Gilles, qu'est-ce que vous avez repéré
19:45sur le VIX ?
19:47Sur le VIX,
19:48ce qui est intéressant
19:49en ce moment,
19:50c'est que depuis quelques jours,
19:51le VIX,
19:51il est inversement corrélé
19:53au S&P 500.
19:54On a d'ailleurs
19:55le contrat futur S&P 500-VIX
19:57dont l'échéance,
19:59je crois que c'est
19:59la semaine prochaine,
20:00le 18 ou vers ces eaux-là,
20:03qui baisse
20:04alors que le S&P 500
20:05ne bouge plus.
20:06Ça, ça traduit
20:07ce qu'Alexandre
20:08a très bien expliqué,
20:09c'est-à-dire qu'en fait,
20:09on a des investisseurs
20:11qui ne se couvrent plus.
20:13Donc,
20:14qu'est-ce que ça veut dire ?
20:14Ça veut dire
20:15qu'on favorise plutôt
20:16un mouvement haussier.
20:17Le VIX,
20:18l'indicateur de volatilité,
20:20il est revenu
20:20sous les 15 points,
20:21ce qu'on n'avait plus vu
20:22depuis le début de l'année,
20:24c'est-à-dire
20:24c'était le niveau
20:25où l'on était
20:26au début de l'année 2026
20:28et donc ça montre
20:29que les investisseurs
20:31croient effectivement
20:32à un apaisement du marché
20:33et donc une meilleure
20:35aversion au risque.
20:36Donc techniquement,
20:37effectivement,
20:38le fait que l'on revienne
20:38sous les 15 points
20:39est un signal
20:40plutôt encourageant
20:41pour la suite,
20:42même si sur le S&P 500,
20:43on ne voit pas encore
20:44de nouveaux records
20:45aujourd'hui,
20:46puisque sur le S&P 500,
20:47on est sur des marchés
20:49qui sont assez stables
20:51en ce moment,
20:51on n'a plus trop bougé
20:52sur les 5-6 dernières séances,
20:54mais ça veut nous dire
20:55que pour la suite,
20:56les investisseurs
20:57voient plutôt une hausse
20:59et que donc,
21:00comme l'a expliqué Alexandre,
21:01effectivement,
21:01on a une couverture
21:03qui baisse
21:03sur les valeurs
21:04de cet indice.
21:06Donc techniquement,
21:07effectivement,
21:07on a des cassures
21:09de zones de support
21:11que l'on avait
21:11depuis maintenant
21:12quelques mois
21:12qui peuvent nous rendre
21:15plutôt optimistes
21:16pour la suite
21:16mais qui veulent dire aussi
21:17que si le marché
21:19se retourne,
21:19on pourra avoir
21:20des réactions
21:20beaucoup plus fortes
21:21sur cet indice de la peur.
21:23Merci Gilles.
21:24Oui,
21:24le S&P 500
21:25qui n'est pas encore
21:26un record,
21:27qui a une cinquantaine
21:28de points de son record,
21:297 741 points
21:30cet après-midi
21:31contre 7 793,
21:33c'était le record
21:34ces derniers jours.
21:35On est stable,
21:36tiens sûr,
21:37l'euro dollar,
21:381,1540.
21:39Je voulais revenir
21:39avec vous Alexandre
21:40sur cette opération
21:41pour sauver l'yen.
21:42Alors,
21:43c'était au début,
21:45fin juillet,
21:46début août,
21:46pour soutenir le yen,
21:48une opération conjointe
21:49entre le Japon
21:49et les Etats-Unis.
21:51Ça pose plusieurs questions.
21:52D'abord,
21:52aujourd'hui,
21:53Bloomberg dit que
21:54même si on a vu
21:55les Etats-Unis
21:56voler au secours du Japon,
21:58en réalité,
21:58il n'aurait pas
21:58la même vision
21:59de ce qu'il faudrait faire.
22:00Bloomberg dit que
22:01Scott Bessent,
22:02lui,
22:03il aimerait bien
22:03que la Banque du Japon
22:04monte ses taux.
22:05Oui,
22:06il aimerait ça
22:06parce que,
22:08rappelons d'ailleurs,
22:09rapidement,
22:09pourquoi le yen
22:10a autant baissé ?
22:11On rappelle,
22:11le yen est tombé
22:11sur un plus bas
22:12de 40 ans
22:12face au dollar,
22:13pas un plus bas historique,
22:14mais un plus bas de 40 ans.
22:14Et ça glisse
22:15depuis des mois,
22:16des années
22:17parce qu'il y a
22:17des questions structurelles.
22:19Enfin,
22:19très simple,
22:19c'est des écarts de taux.
22:20La Réserve fédérale américaine
22:22a un taux directeur
22:23aujourd'hui,
22:23un peu là,
22:23de 3,50.
22:24Là où la Banque du Japon
22:25a un taux directeur
22:26à 1%.
22:27Donc,
22:27cet écart de taux,
22:28il génère quoi ?
22:29Il fait que
22:29des investisseurs,
22:30bien empruntés en yens,
22:31ce n'est pas cher,
22:32ils reventilent ce capital,
22:34investissent ce capital
22:34sur des actifs américains
22:35bien mieux rémunérés.
22:36Ça fait pression
22:37à la baisse sur le yens
22:38et ça renchérit le dollar.
22:39Et c'est un mécanisme
22:39qui est là,
22:40pas pour du spéculatif,
22:41c'est parce que
22:41les conditions sont là,
22:43parce qu'il y a aussi
22:43un petit peu de doute
22:44sur la capacité du Japon
22:45à tenir un budget
22:47bien équilibré
22:47parce qu'ils font aussi
22:48de la relance économique.
22:49Donc,
22:49oui,
22:49c'est aussi un petit doute
22:50par rapport
22:50à la trajectoire du Japon.
22:52Donc,
22:52pour changer ça,
22:53pour éviter que ce yens
22:55ne glisse,
22:55effectivement,
22:56vous l'avez dit
22:56il y a quelques jours,
22:58opération conjointe
22:59entre les Etats-Unis
22:59et le Japon
23:00pour cesser l'hémorragie.
23:01Mais la question,
23:02c'est que
23:02si vous ne changez pas
23:02les bases dont on vient de parler,
23:04si ces écarts de taux
23:05entre la Fed
23:05et la Banque du Japon
23:06restent ce qu'ils sont,
23:07pourquoi les investisseurs
23:08ne continueraient pas
23:09à vendre du Yen ?
23:10Ils vont continuer à le faire.
23:11Donc,
23:11pour les inciter à ne plus
23:12trop vendre le Yen,
23:13il faut rendre
23:14les actifs japonais
23:15plus attractifs.
23:16Et comment on le fait ?
23:17Par exemple,
23:18en augmentant les taux
23:19pour la Banque du Japon,
23:20ça réduirait cet écart.
23:21Sauf que
23:22la Banque du Japon,
23:23il va doucement
23:23parce qu'ici,
23:24elle relève trop ses taux,
23:25c'est un coût du crédit
23:26qui se rend chéri
23:27pour les ménages,
23:28pour les entreprises.
23:32Là,
23:32ils auraient pu faire
23:33une hausse d'urgence.
23:34Ça se justifiait quand même.
23:35Ça se justifiait.
23:36Par contre,
23:36d'un point de vue marché,
23:38souvenez-vous
23:38ce qui s'était passé
23:38il y a deux ans.
23:39C'était au début de l'été,
23:40en 2024.
23:40La Banque du Japon
23:41avait un peu surpris tout le monde.
23:42On attendait une hausse de taux
23:42plus tard dans l'année
23:44et boum,
23:44juste avant l'été,
23:45elle relève son coût.
23:45Le gros remous.
23:46Voilà,
23:46donc tout le monde s'est dit
23:47« Oh là là,
23:47là ils sont en train
23:48de bouger les taux. »
23:48Donc,
23:49qu'est-ce qui se passe ?
23:49On a vu ce qu'on appelle
24:0230% en l'espace
24:03de quelques semaines
24:04et souvenez-vous,
24:05ça va toucher aussi un peu l'Europe.
24:05Le CAC avait baisé,
24:06les marchés américains aussi.
24:08Donc,
24:08c'est très sensible
24:09quand on touche les taux au Japon.
24:10Donc là,
24:11il est très probable,
24:12effectivement,
24:12vous l'avez dit,
24:13et c'est ce qui reçoit
24:14d'ailleurs de sources
24:14des agences de presse japonaises
24:16ont indiqué que
24:17dans les discussions
24:18pour que les États-Unis
24:20interviennent aux côtés du Japon,
24:21ils n'étaient pas obligés
24:21de le faire,
24:22mais ils l'ont fait
24:22pour éviter l'instabilité,
24:23ils auraient en gros
24:24quelque sorte
24:25obtenu des garanties implicites
24:27que la Banque du Japon
24:27allait effectivement
24:29relever ses taux
24:30au mois de septembre.
24:31Donc,
24:31les probabilités sont assez élevées
24:32pour que la Banque du Japon
24:33bouge ses taux
24:34et ce qu'il faudrait,
24:35c'est que les États-Unis,
24:36eux,
24:37ne bougent pas leurs taux.
24:37Comme ça,
24:38si les États-Unis relèvent leurs taux aussi,
24:40ce que le marché peut pricer un petit peu,
24:42l'écart se maintient finalement.
24:43Donc,
24:43il faudrait que la Banque du Japon
24:44bouge seule
24:45pour que finalement
24:46cet écart se restreigne
24:47et que finalement,
24:47il n'y ait plus besoin
24:48d'intervenir
24:48sur le marché d'échange
24:50comme l'ont fait
24:50les États-Unis et le Japon.
24:51Mais pour comprendre,
24:52pour les États-Unis,
24:53c'est quand même positif
24:54ce carry trade
24:55parce qu'il y a toujours
24:57de la demande
24:57pour leurs emprunts obligataires.
25:00Oui,
25:01ça nourrit la demande.
25:01Oui,
25:02ça nourrit,
25:02mais vous avez plusieurs aspects.
25:04Quand une devise aussi
25:05baisse beaucoup
25:06comme c'est le cas
25:06depuis des années,
25:07ça rend,
25:08aux États-Unis,
25:09vos exportations moins compétitives.
25:10Ça rend l'exportation japonaise
25:12plus compétitive
25:12et les vôtres moins compétitives.
25:14Donc,
25:14il y a des avantages
25:15et des inconvénients.
25:16Mais c'est sûr
25:17que le risque,
25:20si le Yen,
25:21et c'est pour ça
25:21que je pense
25:22que les États-Unis
25:22veulent que la Banque du Japon
25:23bouge ses taux,
25:24c'est parce que le risque
25:24c'est que si le Yen
25:26glisse beaucoup plus vite,
25:27que la Banque du Japon
25:28soit tentée
25:29pour refermire sa devise
25:30de vendre des actifs américains.
25:32Et dans ce cas-là,
25:33c'est un des gros détenteurs
25:34le Japon de bons du trésor américains.
25:35Si en mode un peu panique,
25:36on vend beaucoup
25:37de bons du trésor,
25:38la conséquence c'est quoi ?
25:39C'est que les taux américains
25:40se tendent beaucoup plus,
25:41ce qui est déjà un problème
25:42actuellement pour les États-Unis.
25:43Et dans ce cas-là,
25:44vous avez des réactions de marché
25:45beaucoup plus violentes
25:45aussi aux États-Unis.
25:46Instabilité financière
25:47et ça, c'est jamais souhaitable.
25:48On sait que Scott Besson
25:49regarde beaucoup
25:49le disant américain.
25:52Alors on a aussi,
25:53cette opération,
25:54elle s'est faite
25:55en vendant des euros.
25:57C'est la fête de New York
25:58qui a vendu des euros
25:59pour acquérir du Yen.
26:02Ça s'est fait
26:03pas tellement dans les règles
26:04de bonne séance
26:05de politique monétaire,
26:06on va dire,
26:07parce que la BCE
26:08ne l'a appris
26:09que le lendemain.
26:10Alors il y a eu
26:11un échange téléphonique
26:12entre Scott Besson
26:13et Christine Lagarde.
26:14Est-ce qu'on peut imaginer
26:14ce qu'ils se sont dit ?
26:15Et ils se sont parlé
26:16le lendemain, effectivement.
26:16C'est ça qui est important de dire,
26:17c'est que les Européens
26:19n'ont pas été prévenus d'avance
26:20alors que c'est des,
26:21comme vous l'avez dit,
26:22les règles qui étaient
26:23un peu en vigueur
26:24depuis pas mal de temps,
26:25c'est qu'entre pays occidentaux,
26:27quand on doit bouger
26:28pour intervenir
26:29sur le marché des changes
26:29qui est assez rare,
26:30on prévient qu'à l'avance
26:33pour ne pas justement
26:33que ça génère éventuellement
26:34une certaine volatilité inattendue
26:35et des réactions
26:36un petit peu stupéfaite
26:37de la part de la BCE.
26:39Donc ça ne se fait pas trop
26:40et ce moment-là,
26:41ça s'inscrit dans ces dégradations
26:42qu'on a malgré tout
26:43des relations aux Etats-Unis-Europe
26:45sur différents aspects
26:46géopolitiques, militaires ou autres.
26:48C'est une manière aussi
26:49pour les Etats-Unis
26:49d'affirmer que
26:50les Etats-Unis priment d'abord
26:52sur l'Amérique a fait
26:52ce qu'on va dire
26:53un peu monétaire
26:54et que finalement
26:54on prévient les Européens
26:55quand on estime
26:56que c'est bon de le faire.
26:57Sachant que
26:58les Américains ont aussi
26:59le choix,
26:59ils pouvaient essayer
27:00de vendre des dollars
27:01ou de vendre des euros.
27:03Et pourquoi ils n'ont pas
27:04vendu les dollars ?
27:04Parce que s'ils vendaient
27:05des dollars pour raffermir le Yen,
27:07ça pouvait,
27:07je ne dis pas que ça aurait été le cas,
27:08mais ça pouvait envoyer
27:09au marché le signe
27:10que les Etats-Unis
27:11sont d'accord
27:12pour que leur devise
27:13se baisse un petit peu,
27:14un dollar plus faible.
27:15Et un dollar plus faible,
27:17ça veut dire quoi ?
27:17Ça veut dire que
27:18l'inflation importée
27:19aux Etats-Unis
27:19est plus importante,
27:20vous payez vos importations
27:21plus chères.
27:22Or les Etats-Unis,
27:23on n'en a pas eu tout à l'heure,
27:24ont un problème d'inflation
27:25collante depuis des années maintenant.
27:27Donc ça aurait été
27:27un mauvais message
27:28pour le marché.
27:29Donc on peut comprendre
27:30stratégiquement
27:30pourquoi ils ont fait ça,
27:31mais ça n'a pas coûté grand-chose
27:33de passer un petit coup de fil
27:34à la Christina Garde
27:34avant de le faire
27:35et ça n'a pas été fait.
27:36C'est surtout ça
27:37qui a été souligné.
27:38C'est quand même un coup en douce
27:39qu'on va retenir
27:40de la part des Etats-Unis.
27:41C'est déjà la fin
27:42de ce BFM Bourse.
27:44Merci à mes trois invités,
27:44Alexandre Baradez en plateau
27:45et bien sûr en visio,
27:47Étienne Onceau
27:48de Zone Bourse
27:49et Gilles Santacreux.
27:51On se retrouve
27:51dans quelques minutes
27:52pour le BFM
27:53de 18h éco.
27:57BFM Bourse,
27:58vos placements,
27:59nos conseils
28:00sur BFM Business.
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