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  • il y a 10 heures
Chaque soir, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On en vient à l'exfiltration de Donald Trump de son avion début juillet à la suite de menaces iraniennes.
00:05On a plus d'informations ce soir sur ces menaces en question.
00:08Mais d'abord, on va écouter Donald Trump qui a commenté aujourd'hui cet incident.
00:13Écoutez.
00:16Tout dépend du secret de service. Je suis simplement ce qu'ils veulent faire.
00:19Donc je suis les recommandations du secret de service et de l'armée.
00:23Ils voulaient que je prenne un autre vol, un autre avion avec le même niveau de sécurité.
00:28Mais ils voulaient que je le fasse. Alors je le fais et je fais ce qu'ils me disent.
00:31Pourquoi voulait-il que vous fassiez ça ?
00:34Je suppose qu'il y avait une menace. Je n'ai pas vraiment posé beaucoup de questions à ce sujet.
00:38Je reçois beaucoup de menaces.
00:39Pourquoi c'était trop dangereux pour vous de voyager à bord d'Air Force One mais pas pour des militaires
00:43?
00:43Je ne sais pas. En fait, je pense que l'avion à bord duquel j'ai voyagé courait un plus
00:47grand risque.
00:48Pourquoi dites-vous ça ?
00:49Parce que ce serait l'avion. Je pense qu'il serait davantage susceptible de prendre pour cible.
00:55Antoine Ellard, on vous retrouve. Vous êtes en direct de Washington.
00:57La presse américaine révèle aujourd'hui que les services chargés de la protection de Donald Trump avaient en effet de
01:02quoi s'inquiéter début juillet en Turquie.
01:08Oui. Et selon le Wall Street Journal, en fait, ce sont les services de renseignement israéliens qui ont tiré les
01:13premiers à la sonnette d'alarme.
01:14Ils ont alerté leurs homologues américains sur une menace iranienne visant Donald Trump.
01:19Précisément, un risque de tir de missiles iraniens contre l'avion présidentiel Air Force One au moment du décollage,
01:27lorsque Donald Trump devait quitter Ankara après le sommet de l'OTAN.
01:30Toujours selon les services de renseignement israéliens, Téhéran avait également obtenu des informations très sensibles sur les déplacements de Donald
01:37Trump lorsqu'il se trouvait en Turquie.
01:39Pendant le sommet de l'OTAN, Donald Trump séjournait dans un hôtel de luxe à Ankara.
01:43Et les Iraniens avaient découvert à quel étage précisément se trouvait Donald Trump, alors que normalement, cette information est ultra
01:50confidentielle.
01:51Alors sur la base de ces éléments, les services de protection de Donald Trump ont estimé que fait effectuer le
01:56trajet retour à bord d'Air Force One était trop risqué.
01:58Ils ont donc monté cette opération d'exfiltration. On apprend que Donald Trump n'a pas été le seul à
02:03avoir été exfiltré.
02:05Il a embarqué avec lui trois de ses plus proches collaborateurs. En revanche, il a laissé à bord d'Air
02:09Force One, d'abord les journalistes qui le suivent dans tous ses déplacements,
02:13des collaborateurs, d'autres collaborateurs, d'autres conseillers de la Maison-Blanche, mais aussi deux ministres très importants,
02:18Marco Rubio, le secrétaire d'État, le ministre des Affaires étrangères, et aussi Scott Bessent, le secrétaire au Trésor.
02:24La question qui se pose désormais, c'est de savoir si toutes ces personnes et ces personnalités ont été mises
02:28en danger parce qu'elles circulaient à bord d'Air Force One,
02:31cet avion leur qui aurait pu être pris pour cible par les Iraniens.
02:34L'autre question qui se pose, c'est de savoir quelle était vraiment la réalité de cette menace visant Donald
02:38Trump.
02:39Certains commentateurs ici estiment que les services israéliens ont peut-être exagéré la menace dans le but de manipuler Donald
02:46Trump
02:47et d'influencer sur ses décisions concernant l'Iran. Rappelons que le 8 juillet, Donald Trump était engagé dans un
02:52processus de négociation avec Téhéran,
02:54ce qui ne convenait pas du tout à Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, qui lui faisait pression pour une
02:59reprise des hostilités.
03:00Merci Antoine Hollard pour ces précisions depuis Washington.
03:03Ulysse Gosset en a du mal à démêler le vrai du faux.
03:06Manipulation des services de renseignement israéliens qui informent les Américains qu'il y a une menace,
03:11ou réelle menace d'un tir de missile iranien. Qu'est-ce qu'il faut comprendre au fond de cette
03:16exfiltration qui pose quand même encore beaucoup de questions ?
03:18D'abord, il faut constater l'exfiltration. Il y a un fait intangible.
03:22On a déplacé le programme du président pour le faire passer d'un Air Force 1 à un Air Force
03:272,
03:27puis à un avion de l'armée américaine, un Boeing 757 732A, qui sert à transporter les membres du cabinet.
03:36Et d'ailleurs, il était dans l'avion avec le ministre de la guerre, Pete Exet, et d'autres membres
03:41de son entourage.
03:43La question qui est posée par cette exfiltration, elle est double.
03:46Elle est effectivement de savoir qui a prévenu les services américains.
03:50Est-ce que ce sont les Israéliens, comme le dit le World Trade Journal ?
03:53Est-ce qu'ils ont eux-mêmes eu la confirmation de l'information ?
03:56Et est-ce qu'il y avait effectivement une menace imminente ?
03:58C'est-à-dire quelqu'un avec un lance-missile portable, si j'ose dire, qui était prêt à tirer
04:04sur Air Force 1.
04:06Ce n'est pas techniquement impossible.
04:08Est-ce que c'est vrai ? L'histoire le dira.
04:11Mais il faut se poser la question.
04:13Parce qu'effectivement, si ce n'était qu'une fausse alerte,
04:15on voit bien l'intérêt israélien à essayer de faire capoter la négociation.
04:19La deuxième question qui agite beaucoup l'Amérique en ce moment,
04:22plus que la réalité de la menace, parce que tout le monde est convaincu
04:25que Trump est une cible pour les Iraniens,
04:27et qu'il est sur la numéro 1 de la liste des personnalités américaines assassinées du point de vue de
04:32Téhéran.
04:32Mais la question qui agite l'Amérique, c'est comment Trump a-t-il pu prendre un avion
04:38et quitter sain et sauf la Turquie, en laissant Air Force 1 décoller,
04:42alors qu'il était éventuellement menacé, avec à son bord,
04:47non seulement le corps de presse qui accompagne le président,
04:50un certain nombre de membres du staff de la Maison-Blanche,
04:52qui travaillent avec le président en permanence,
04:55mais surtout, plusieurs membres du cabinet,
04:57à commencer par le secrétaire aux Affaires étrangères, Marco Rubio,
05:01futur candidat à la présidentielle, pour succéder éventuellement à Donald Trump,
05:04et le secrétaire au Trésor, Scott Besson.
05:06– Vous dites qu'au fond, Air Force 1 n'aurait pas dû décoller si la menace était…
05:10– Non, mais est-ce que… et là, on a vu la déclaration de…
05:12Alors, pourquoi ça agite l'opinion américaine ?
05:14C'est finalement, est-ce que les services secrets ont décidé,
05:17finalement, que l'important et la seule chose qui comptait,
05:20c'était d'évacuer le président pour qu'il soit sain et sauf,
05:23quel qu'en soit le prix éventuel, et peut-être le sacrifice d'Américains,
05:28ou bien est-ce que Trump lui-même a donné son feu vert ?
05:31Et là, la déclaration de ce soir, ce qui est important, c'est qu'il dit
05:34« je n'ai fait qu'obéir aux services secrets et aux militaires,
05:37ce n'est pas moi qui ai donné le feu vert,
05:39ce n'est pas moi qui ai donné le go pour dire
05:41« on m'évacue et on prend un autre avion » pour tromper l'ennemi,
05:45puisqu'il y a eu un leurre, effectivement. »
05:47C'est une question grave, parce que c'est une question d'éthique,
05:49et est-ce qu'un président peut abandonner comme ça sur le tarmac
05:53plusieurs ministres, même l'un de ses principaux conseillers
05:57avec lesquels il est en contact tous les jours,
06:00au risque de le voir abattu à bord de cette Air Force One.
06:03Donc ça, c'est une question morale, éthique,
06:06et donc l'enquête va se poursuivre.
06:08Il faut d'abord se féliciter que les révélations aient été faites
06:10par la presse américaine.
06:12Il faut voir aussi que Trump, d'une certaine manière,
06:14n'est pas forcément mécontent, parce que vis-à-vis de son opinion publique,
06:17il renforce cette image de quelqu'un qui finalement échappe
06:21à toutes les tentatives de l'éliminer.
06:23Il est béni par le Seigneur, comme il le dit lui-même,
06:26et à quelques semaines, à quelques mois des élections de novembre,
06:30c'est important de voir ce président finalement inamovible
06:34et que rien ne peut atteindre, malgré les menaces qui pèsent contre lui.
06:37Jérôme Clech.
06:39Oui, il est fort probable effectivement qu'il y ait au moins une chose de vraie
06:42dans cette affaire, c'est que Donald Trump est obéi au secret de service,
06:45parce qu'on sait bien que soit dans la préparation de sa sécurité
06:48ou dans l'exécution des manœuvres d'exfiltration,
06:50il ne s'appartient plus.
06:51On a eu l'occasion de le voir à plusieurs reprises,
06:53parce qu'il a fait à plusieurs reprises les frais de tentative d'assassinat,
06:58et on voit bien que le secret de service ne le ménage pas, en fait,
07:02même physiquement.
07:02Voilà, donc il ne s'appartient plus, donc il est fort peu probable
07:06qu'il ait vraiment pris part à cette décision.
07:08Maintenant, effectivement, la question qui secoue l'Amérique
07:11nous secouait hier soir sur BFMTV,
07:13alors même que ça ne semblait pas finalement, à ce moment-là,
07:17retenir l'attention de qui que ce soit,
07:19parce qu'on s'est dit, effectivement, comment a-t-il pu Donald Trump
07:22ou le secret de service associé en plus ?
07:24Et ça, c'est ça qui alourdit la chose,
07:26c'est que ce n'est pas uniquement le secret de service,
07:28il y a une coordination inter-service avec l'US Air Force et d'autres
07:31pour prendre cette décision, coordonner la manœuvre,
07:33et puis laisser partir ce qu'aurait été un avion leur,
07:38chargé, et Ulysse a fait la liste des autorités qui étaient à bord,
07:42en plus des collaborateurs, des journalistes,
07:45donc énormément de monde,
07:46et on a du mal à imaginer que ces services
07:48aient pu prendre une telle décision de laisser partir l'avion
07:51en estimant qu'il y avait un réel danger.
07:53Donc ce qui semble être le plus probable,
07:55je veux dire, on veut y croire,
07:56mais ce qui semble être le plus probable quand même,
07:57c'est que le danger n'était pas patent.
07:59des avions qui sont abattus en phase de décollage
08:03ou en phase d'atterrissage par des manpads,
08:05des missiles solaires très courtes portées à l'épaule,
08:08il y en a plein.
08:09Il y a eu l'avion de Prigogine,
08:10il y a eu l'avion, par exemple, de Guillaume Soro,
08:14qui était à l'époque Premier ministre de la Côte d'Ivoire,
08:17c'était en 2007, voilà.
08:20Je vous le rappelle parce que ce n'est peut-être pas quelque chose
08:22que vous avez en tête,
08:23mais voilà, ça se produit assez fréquemment,
08:26ça arrive assez facilement.
08:30Mais néanmoins,
08:31c'est quand même des événements sur lesquels on peut,
08:34j'allais dire, assez facilement circonscrire le problème.
08:37Donc il est fort probable,
08:38il est fort probable que les services aient estimé
08:41que le risque était très faible.
08:43Et il est tout aussi probable,
08:44parce que la CIA a aussi forcément baigné dans cette affaire,
08:48qu'ils aient eu la genèse de cette menace
08:51qui leur a été communiquée,
08:52et effectivement, rappelons qu'Israël était très hostile à ce moment-là
08:56à l'accord qui se faisait avec l'Iran,
08:59souhaitait enverrer contre tout la reprise des frappes,
09:02et il n'est pas exclu,
09:03comme ce qui semble poindre dans la presse,
09:05et on verra si d'autres journalistes arrivent à corroborer tout ça.
09:09Le New York Times, pourquoi pas,
09:11qui est toujours à l'affût de ces affaires-là,
09:14a corroboré ça.
09:15Il n'est pas du tout exclu,
09:16qu'ils aient forcé un peu le trait,
09:18et que du coup, les services aient souhaité montrer
09:21qu'ils avaient compris le message,
09:22qu'ils n'étaient pas dupes,
09:24et qu'ils aient souhaité instrumentaliser la situation
09:26pour montrer dans un coup d'éclat
09:29qu'ils avaient su déjouer ça.
09:30Ça, ce n'est pas totalement exclu,
09:31mais l'avenir le dira.
09:33Anthony Debula.
09:33Très court pour aller dans le sens de ce que vient de dire Jérôme,
09:36aux États-Unis, le Parlement, le Congrès,
09:38a des pouvoirs d'investigation très puissants.
09:41S'ils convoquent des gens
09:42et qu'ils leur demandent de témoigner,
09:44s'ils mentent, ce sera parjure,
09:46c'est-à-dire félonie.
09:47C'est quelque chose d'extrêmement grave
09:48qui peut leur valoir de la prison.
09:50Il n'y a vraiment pas d'intérêt à mentir
09:52parce que ça se saurait très vite,
09:54étant donné les pouvoirs d'investigation
09:56et la vitesse d'ouverture des archives aux États-Unis.
09:59D'ailleurs, les démocrates qui sont en minorité au Congrès
10:02ont demandé une commission d'enquête
10:04sur cette infiltration.
10:06Le problème, c'est que d'abord,
10:07ils n'ont pas la majorité,
10:08et ils vont être obligés d'attendre novembre,
10:10les élections,
10:11pour voir si effectivement,
10:12ils pourraient lancer une véritable commission d'enquête.
10:15Cela dit, oui,
10:16on ne peut pas mentir au Congrès,
10:17mais on peut invoquer le cinquième amendement
10:20et ne pas répondre.
10:22Et c'est ce qui se passe.
10:23Et si des généraux ou des membres des services
10:25sont convoqués devant le Congrès,
10:26ils auront toute l'attitude pour ne pas répondre.
10:29Mais ça pose un vrai problème
10:31parce qu'effectivement,
10:32quand on voit qu'il s'agissait
10:34de la vie du président des États-Unis
10:35dans une période de guerre face à l'Iran,
10:38ça pose la question aussi
10:39de la sécurité d'un sommet de l'OTAN à Istanbul.
10:42et ça pose la question de la sécurité
10:44assurée ou pas par les services turcs.
10:47Est-ce que c'était eux finalement
10:48qui étaient chargés
10:49de mettre en place cette bulle sécuritaire
10:52autour de Trump
10:53et des autres participants au sommet,
10:55puisqu'il y avait tous les membres de l'OTAN ?
10:57Donc c'est une histoire qui n'est pas finie.
10:59On a déjà quelques révélations,
11:01mais l'histoire n'est pas terminée.
11:02Pour vous rappeler aussi
11:05un autre élément de la situation,
11:09ça se passait le 8 juillet
11:11et le 9 juillet,
11:13c'était l'enterrement
11:14de Moshetaba Khamenei en Iran.
11:17Ça veut dire qu'en fait,
11:19et vous vous souvenez,
11:20pendant les manifestations
11:24qui ont suivi en fait
11:26les cérémonies d'enterrement,
11:28parce qu'en fait,
11:29le corps entre 6 et 9 juillet
11:31a voyagé, y compris en Irak.
11:33Et Irak, c'est encore plus près
11:35de la Turquie.
11:36Et donc, dans les manifestations
11:38qui étaient assez impressionnantes,
11:40il y avait les slogans
11:41« We will kill Trump ».
11:43Et donc ça se voyait.
11:45Donc la menace n'était pas vraiment,
11:48à mon avis, surestimée.
11:50À mon avis, la menace était vraiment réelle
11:54parce qu'il y avait les ferments
11:59poursuiveurs du régime des Mola
12:01qui étaient un peu
12:03dans l'état émotionnel
12:06qui supposait qu'une menace comme ça
12:10pouvait très très bien
12:10avoir un aboutissement.
12:13Anthony ?
12:14Ankara, c'est à 400 kilomètres
12:15de la frontière iranienne.
12:17C'est très près.
12:17J'ai vérifié après ce matin.
12:20Et il y a aussi la zone
12:22qui est très mal contrôlée des Kurdes
12:25qui étaient en guerre civile
12:26il n'y a pas si longtemps.
12:27Et où il y a une révolte silencieuse.
12:29Donc si plusieurs commandos
12:31se sont infiltrés sans armes
12:33depuis l'Iran en Turquie,
12:34c'est très facile,
12:35c'est des zones montagneuses.
12:36Ils auraient pu récupérer des armes
12:38dans la zone kurde, par exemple,
12:40par trafic, par détournement.
12:42On peut imaginer énormément de scénarios.
12:44Et passer à l'action très rapidement
12:47en étant très difficile à repérer
12:49parce qu'ils n'auraient pas eu besoin
12:51de pénétrer sur le territoire turc
12:52avec les armes.
12:53Donc il y a vraiment beaucoup de questions
12:55qui se posent sur la capacité de la Turquie
12:58à contrôler son propre espace
12:59et surtout sur le choix d'Ankara,
13:01d'avoir maintenu Ankara
13:03pendant la...
13:05Erdogan ne voulait pas renoncer à ça.
13:07Et comme le disait Sergeï ce matin,
13:09renoncer au sommet d'Ankara
13:11ou à la venue de Trump
13:12aurait été un aveu de faiblesse aussi.
13:14Et cette histoire a déjà été reprise
13:16par la propagande ukrainienne,
13:17notamment avec des vidéos
13:19à base d'intelligence artificielle
13:21pour ridiculiser...
13:22La propagande iranienne.
13:24Iranienne, pardon.
13:24Iranienne, pardon.
13:25Pour ridiculiser le président américain.
13:27Merci de m'avoir repris.
13:28On écoute.
13:47Voilà un commentaire sur...
13:48On sait que Donald Trump
13:49utilise beaucoup l'intelligence artificielle
13:51pour sa propre communication.
13:52On le voit depuis son retour
13:53à la Maison-Blanche.
13:55Là, c'est un peu l'arroseur arrosé.
13:57Il est ridiculisé
13:59par la propagande iranienne.
14:01De toute façon,
14:01la propagande iranienne
14:02est très créative.
14:04On l'a vu pendant toute la guerre.
14:07Les histoires de l'ego,
14:08les histoires d'eux-mêmes,
14:09ils ont vraiment les codes culturels américains.
14:14Ça veut dire que ça,
14:15c'est produit pour eux-mêmes,
14:17pour leur propre population,
14:19parce que, bien évidemment,
14:20on ridiculise à souhait
14:22Donald Trump et les États-Unis.
14:24Mais ça parle aussi aux Américains.
14:27Et il faudra rappeler aussi
14:29que l'Amérique est actuellement
14:31quand même en campagne.
14:32Et il y a beaucoup de gens
14:33qui n'aiment pas Trump.
14:34Et vous savez,
14:36ces risques sont repris aussi
14:38par les Américains
14:39qui les mettent aussi
14:39sur les réseaux
14:41à l'intérieur des États-Unis.
14:42Donc ça devient, après,
14:44une propagande électorale
14:46à l'intérieur des États-Unis aussi.
14:47Et on voit d'ailleurs
14:49l'ironie aussi du petit commentaire
14:51« catering escape ».
14:52Je ne sais pas comment on pourrait le traduire,
14:53mais c'est en gros
14:54l'échappée du traiteur
14:57ou du camion frigorifique.
14:58– Je me rangerai
15:00à l'opinion d'Ulysse tout à l'heure.
15:02Il a dit que ça montrait aussi
15:03que Trump était béni des dieux
15:04et qu'il échappait à tout.
15:06Si vous mettez, par exemple,
15:08Zelensky dans cette…
15:09C'est un peu rocambolesque.
15:12Il y a un côté un peu aventureux.
15:14C'est le président qui est capable
15:15de sortir par l'issue de secours
15:17ou la porte dérobée.
15:19On pourrait faire une vidéo
15:20d'intelligence artificielle
15:22où c'est un peu la musique
15:23de Goldorak.
15:24Vous savez, quand il rentre
15:24dans son vaisseau,
15:25il passe par un toboggan, etc.
15:27On peut voir les choses
15:29de manière aussi assez positive.
15:31Et dans le clan Maga,
15:32on sera très susceptibles
15:34et enclins à interpréter ça
15:36comme une menace sur le président,
15:38sur le fait que l'Amérique
15:40est réellement sous attaque.
15:41Ce n'est pas simplement imaginaire,
15:43comme disait Sergeï.
15:45C'était en plein moment
15:46où les foules iraniennes
15:48scandaient mort à Trump,
15:49mort à l'Amérique.
15:50Et ça donne du corps
15:51à certaines opinions
15:53sur la réalité
15:54de la menace iranienne.
15:56Il y a beaucoup de manières
15:58d'interpréter,
15:58de voir que le côté iranien,
16:00c'est un peu réducteur.
16:03Ulysse Gosset,
16:03est-ce que c'est destiné,
16:05on va dire, à l'opinion mondiale,
16:06ridiculiser le président Trump,
16:08la bataille des images,
16:09où il y a aussi une dimension
16:10peut-être interne à l'Iran,
16:12à la population iranienne
16:13après des mois de guerre ?
16:15Comment lire, au fond,
16:16derrière cette image
16:18qui retient l'attention,
16:19au fond,
16:20l'objectif de communication ?
16:22D'abord,
16:23c'est une guerre de communication
16:25qui est intense
16:26et qui dure depuis le début
16:27de la guerre
16:27et qui ne s'arrête pas visiblement
16:29grâce à l'intelligence artificielle.
16:31Le public visé,
16:33c'est d'abord le public
16:33du monde arabe,
16:34du Golfe
16:36et de l'Irak,
16:37où évidemment,
16:39les Américains
16:39n'ont pas uniquement
16:40des partisans.
16:41Mais évidemment,
16:42ça fait rire un peu
16:44toute la planète.
16:44On n'a pas vu
16:45les extraits les plus durs
16:47de cette vidéo,
16:48les go,
16:49qui sont extrêmement,
16:52comment dire,
16:54qui dégradent l'image
16:55de Donald Trump.
16:56Donc,
16:56ça joue sur les opinions publiques
16:58avec les réseaux sociaux,
16:59mais je pense que ce n'est pas
17:00du tout l'essentiel.
17:01Il faut rappeler qu'en Iran,
17:03aujourd'hui,
17:03on assiste à un durcissement
17:05extrême du pouvoir,
17:06à une réorganisation complète
17:08du régime,
17:09avec la mise en place
17:11de nouveaux dirigeants
17:12autour du nouveau guide suprême,
17:15le fils de l'Etat al-Hamenei,
17:16qui est enfin,
17:18entre guillemets,
17:18sorti de ses blessures
17:20et qui commence
17:21à réorganiser le pouvoir
17:23dans un sens
17:24qui va vers l'affrontement
17:25plus que vers la négociation.
17:27Donc,
17:27cette communication-là,
17:29elle est amusante,
17:30entre guillemets,
17:31mais elle est vraiment anecdotique.
17:32Et de son côté,
17:33Trump lui-même
17:34a de nouveau dit
17:36que l'Iran avait perdu cette guerre,
17:38que l'Iran était détruit,
17:40qu'il l'avait perdue,
17:41que l'inflation était de 300%
17:43et qu'il n'avait aucune chance
17:45de retrouver le contrôle
17:46du détroit d'Hormuz.
17:47Donc,
17:47ce qu'il faut retenir,
17:48surtout,
17:48ce soir,
17:49c'est que l'affrontement
17:50est toujours là.
17:52On est dans l'impasse
17:53la plus totale.
17:54Alors,
17:54effectivement,
17:54l'Iran peut se moquer de Trump,
17:57mais Trump peut rétorquer
17:58que finalement,
18:00c'est lui qui contrôle
18:01le détroit d'Hormuz
18:02et que personne n'a réussi
18:03à gagner cette guerre
18:04et surtout pas lui.
18:05Et il n'est toujours pas
18:06sorti de ce piège
18:08qui dure maintenant
18:09depuis le 28 février dernier.
18:10Les élections de novembre,
18:11on en parle toujours
18:12parce que c'est une date fondamentale,
18:14approche.
18:15S'il veut sortir
18:16de cette impasse,
18:17il va falloir qu'il trouve
18:18autre chose
18:19que l'exfiltration
18:20et les Iraniens,
18:21autre chose
18:22que des vidéos
18:23de propagande
18:24basées sur
18:25l'intelligence artificielle.
18:26Autre vidéo de propagande,
18:27justement,
18:27vous en parliez à l'instant,
18:29les fameux Legos
18:30qui nous ramènent
18:31au début de la guerre
18:32entre l'Iran
18:33et Israël
18:34et les États-Unis.
18:35Regardez cette séquence.
18:44– Sous-titrage Société Radio-Canada
19:06sont aussi très forts
19:07en matière de renseignement
19:08parce qu'Antoine Lennard
19:10nous le disait tout à l'heure,
19:11apparemment,
19:11ils étaient,
19:12selon la presse américaine,
19:13très bien renseignés
19:14sur les allées et venues
19:15de Donald Trump
19:16à Ankara
19:17lorsqu'il s'est déplacé
19:17pour le sommet de l'OTAN.
19:18– Vous savez,
19:19on est en Orient,
19:20Proche-Orient,
19:21Moyen-Orient,
19:22tout le monde sait
19:22ce qui se passe
19:24chez l'ennemi.
19:26Ils sont tous forts,
19:27en fait,
19:27en renseignement
19:29parce que,
19:30vous savez,
19:30culturellement parlant,
19:32c'est un monde
19:33qui est mélangé.
19:35Vous avez des minorités
19:36qui sont dans les pays d'en face.
19:38Vous avez les chiites,
19:40les sunnites
19:40qui sont mélangés
19:42et donc,
19:43il ne faut pas sous-estimer
19:44les capacités iraniennes.
19:46Al-Quds,
19:46c'est quand même
19:47quelque chose
19:48qui est puissant.
19:50Les milices chiites
19:51qui sont contrôlées
19:53par l'Iran,
19:54ils étaient quand même
19:55dans toute la région.
19:56Ils étaient en Syrie,
19:57ils étaient au Liban,
20:00ils étaient dans le Gaza
20:03et donc,
20:05bien évidemment,
20:05ils peuvent avoir
20:07des renseignements
20:09et ils organisent aussi
20:10leurs propres opérations.
20:12Vous savez,
20:13il y a les officiers
20:14Al-Quds,
20:15ils étaient souvent
20:16où les bancs,
20:17c'est eux,
20:17en fait,
20:18qui contrôlaient
20:19les opérations
20:20qui étaient menées
20:21contre les Israéliens
20:22et donc,
20:22il ne faut pas sous-estimer
20:23leurs capacités.
20:25Tout à fait
20:25et d'ailleurs,
20:26le fait de dire
20:27qu'on savait l'étage
20:28et le numéro de chambre,
20:29je pense que ça participe
20:30à la volonté
20:31de construire
20:32un rapport de force
20:33symétrique
20:33dans le sens
20:34que ça m'a tout de suite
20:35fait penser
20:35à l'élimination
20:37d'Ismaël Annié
20:38à Téhéran,
20:39très ciblé
20:40en sachant très bien
20:41la chambre
20:42où il allait être
20:43et apparemment,
20:43une bombe avait été posée
20:45sous son lit
20:45qui a explosé
20:46exactement au moment
20:47où il s'est allongé dessus.
20:48Donc,
20:48c'est aussi une manière
20:49de dire,
20:50nous aussi,
20:50on sait faire
20:52et on est capable
20:53de rendre coup pour coup.
20:54Merci,
20:55merci à vous trois
20:56pour vos précisions.
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