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  • il y a 2 jours
Retrouvez le club de la Bourse du mardi 11 août dans l'émission Good Morning Market. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good Morning Market sur BFM Business.
00:03Avec donc ce matin en plateau Sébastien Corchia. Bonjour Sébastien.
00:07Bonjour Antienne.
00:07Vous êtes le directeur général adjoint, directeur des investissements de Cogéphie Gestion et Alexandre Baradez.
00:12Bonjour Alexandre.
00:13Bonjour Antienne.
00:13Vous êtes chef analyste d'IG, beaucoup de sujets ensemble à décrypter.
00:18Dans un instant on parlera de l'OAT, de l'once d'or et puis également des données américaines
00:24puisque demain on aura l'inflation et puis vendredi on va revenir également sur les données de l'emploi.
00:29C'était la publication bien sûr marquante de la fin de semaine dernière.
00:33Juste quand même pour revenir sur l'actualité de ces dernières heures, Alexandre Baradez,
00:37NVIDIA qui va s'associer à six établissements bancaires.
00:42On parle quand même de grands établissements, les KKR, les BlackRock, les Blackstone
00:46pour ensemble lever 500 milliards de dollars et puis aider des startups, des grands groupes à acheter des puces NVIDIA.
00:55Oui alors effectivement ça change un petit peu de la musique qu'on avait jusqu'à présent
00:58où il y avait un peu ces accusations de financement circulaire dans l'IA,
01:02c'est-à-dire que ce sont les acteurs de l'IA, ceux qui fabriquaient, ceux qui consommaient,
01:05qui se finançaient entre eux, qui prenaient des participations entre eux.
01:08Et là la nouveauté c'est qu'on a des gros acteurs de Wall Street
01:12qui vont financer cette fois-ci les clients de NVIDIA.
01:15Donc cette fois-ci le financement est un peu externalisé,
01:18mais la conclusion reste malgré tout, je ne dis pas la même,
01:21mais on reste dans des sommes qui sont absolument stratosphériques.
01:25500 milliards de dollars, je vais regarder par exemple au niveau européen,
01:29ce que la BPI finançait au niveau des projets,
01:32ça se comptait en dizaines de milliards pour l'ensemble de l'année.
01:34Là on ne parle que d'une entreprise avec des établissements financiers.
01:38Quand on entend des alphabètes qui ont des CAPEX de 200 milliards par an,
01:41on reste dans ce domaine-là de niveaux d'investissement qui sont absolument gigantesques
01:45et qui est effectivement contenu toujours d'attirer les investisseurs sur ce secteur-là.
01:50Donc la question, comme toujours, c'est de voir comment cette situation va évoluer
01:56en termes de rentabilité pour tous les groupes, ceux qui achètent, ceux qui vendent.
02:02Mais c'est sûr que c'est une étape de plus en tout cas dans la construction de l'IA
02:06et pour l'instant on ne voit toujours pas d'horizon, on ne voit pas de limite.
02:09C'est-à-dire que pour l'instant c'est tous les jours de plus en plus gros
02:11et aucun acteur est en train de dire que ça devient trop gros pour lui,
02:14même si on voit quand même ce qui est un petit peu nouveau depuis quelques mois,
02:16c'est que beaucoup de grands groupes de la tech aux Etats-Unis
02:18ont désormais recours à des financements qui ne sont plus seulement en cash
02:22mais ont recours à des dettes obligataires.
02:26On a encore vu Intel hier, désormais quelques grands groupes font aussi des émissions d'actions nouvelles
02:31donc on dilue un petit peu l'actionnaire existant pour chercher des finances.
02:34Donc ça c'est un petit peu nouveau et la question je pense en tant qu'observateur analyse
02:37c'est de voir aussi jusqu'où ces financements auront lieu, à quel niveau
02:43et à quel moment les groupes s'arrêteront en estimant que l'équilibre entre le cash
02:47et ce qui est investi devient une limite peut-être à ne pas franchir.
02:52Pour l'instant on n'a pas encore atteint cette limite,
02:54on voit encore Intel, on le rappelle, entre 15 et 20 milliards annoncés d'actions nouvelles
02:58pour financer le lien.
03:00Et Alphabet, la maison mère de Google qui fait à nouveau une levée obligataire à hauteur de 20 milliards de
03:05dollars
03:05et là aussi le marché obligataire répond présent Sébastien Corchia,
03:09tant qu'il y a de la musique on danse, là tout le monde veut du papier donc ils en
03:12profitent.
03:13Et tant qu'il y a de l'argent aussi on danse, c'est un peu ça et je reprends
03:16notre exemple de Google
03:17qui est bon parce que finalement on dit tiens 20 milliards mais on a oublié que c'est déjà la
03:22troisième levée,
03:23on a oublié qu'au mois de février ils avaient fait une émission à 100 ans,
03:28d'ailleurs je me suis amusé à regarder combien de Valais aujourd'hui vaut 90% de sa valeur,
03:32au départ c'était 100, donc forcément hausse des taux etc.
03:36Mais on a l'impression, moi ce qui me gêne dans ces histoires-là c'est qu'il y a
03:39tellement de chiffres
03:40tous les jours, tellement d'argent qui est ponctionné que finalement on ne sait plus où on en est.
03:45Entre la circularité, entre les niveaux de montant, j'ai lu avant d'arriver
03:49que Nvidia elle-même estimait des projets totaux qui pourraient aller jusqu'à 8 trillards de dollars.
03:57Et finalement l'autofinancement ça ne suffit pas, on va chercher les marchés obligataires,
04:03les marchés obligataires ils commencent à s'assécher donc ça ne suffit pas,
04:07on va chercher le monde en fait bancaire, bancaire et financier,
04:12et même on va chercher comme disait Alexandre, Intel qui va chercher le marché,
04:18et ça ça me pose deux problèmes, d'abord il y a tellement besoin d'argent
04:21qu'on sait qu'un des moteurs du Nasdaq et de Wall Street ça avait été les rachats d'actions,
04:25vous ne pouvez plus faire de rachats d'actions quand vous avez un tel besoin de cash flow,
04:29et puis surtout aller chercher de l'argent sur le monde bancaire,
04:33sur le private equity qui lui-même avec des taux de défaut qui est en train d'exploser,
04:38sur les equity etc, j'ai l'impression qu'on commence
04:41à mettre une couche de risque systémique, c'est-à-dire que le jour où ça se passe mal,
04:45c'est toute la planète qui est gorgée de ce papier-là,
04:49ça rappelle de mauvais souvenirs de 2008, on n'y est pas du tout,
04:53je dis juste que ça prend une ampleur qui commence à être un peu extrême et donc systémique.
04:58En tout cas il y a des salariés de OpenAI qui décident un petit peu de prendre leurs gains,
05:02c'est CNBC qui rapporte que vous avez eu un bloc de 7 milliards de dollars qui a été vendu,
05:08OpenAI bien sûr qui n'est pas coté, mais certains salariés et anciens salariés
05:11qui ont décidé de vendre une partie de leur participation sur la base d'une valorisation
05:16de 852 milliards de dollars quand même pour la maison mère de ChadGPT.
05:20Au milieu de tout ça, la macro qui prend le dessus également,
05:23après la micro on a eu beaucoup de résultats d'entreprise fin juillet début août,
05:28là désormais ce sont les indicateurs économiques avec donc l'emploi américain vendredi dernier,
05:34demain des données d'inflation,
05:35et puis vendredi enfin des données de consommation avec les ventes au détail.
05:41Sébastien Korshia, quand vous regardez la situation aux Etats-Unis macroéconomique,
05:45on est toujours sur une économie en cas,
05:46c'est vrai que c'est compliqué de voir clair avec tous ces investissements dans l'intelligence artificielle,
05:52néanmoins ça tient, elle est plutôt résiliente encore et toujours cette économie américaine, non ?
05:55C'est parce qu'elle est en cas en fait qu'elle est résiliente,
05:58c'est-à-dire que plus les marchés montent, plus ça donne du pouvoir d'achat en fait aux consommateurs,
06:03on l'a dit beaucoup ici, il y a ces chiffres 10% des Américains qui font 50% de
06:08la consommation,
06:09il y a un chiffre que j'ai vu hier qui m'a troublé,
06:12c'est qu'au jour d'aujourd'hui 46% du patrimoine des Américains sont des actions.
06:17Alors ça peut paraître pas beaucoup, parce qu'on se dit des Américains ont tout leur patrimoine en actions,
06:22la réalité en fait de ce chiffre c'est qu'il était dans les anciennes bulles beaucoup plus faible que
06:27ça,
06:28parce que l'immobilier marchait bien, etc. Donc on a aujourd'hui des Américains qui sont très actions,
06:33ça veut dire qu'il ne faut surtout pas que les marchés actions se retournent pour enlever de la résilience,
06:38de l'économie. Donc ok, l'économie va bien, l'emploi va bien,
06:42c'est pas trop le sujet, même si je mets quand même un petit doute sur le chiffre qu'on
06:49a eu vendredi de l'emploi,
06:51où on s'est dit tiens, ce chiffre n'est pas très bon, j'ai mis un correctif, parce que
06:56dedans,
06:57j'étais étonné que personne ne le relève, parce que c'est écrit un peu partout aux Etats-Unis,
07:00il y avait, comment dire, beaucoup d'emplois sur la fin de la coupe du monde de football qui était
07:06détruit,
07:06mais on ne savait qu'elle allait être détruit, et puis il y avait un bruit statistique énorme
07:10sur en fait des emplois de l'éducation dans les Etats.
07:14Et j'ai regardé l'année dernière à la même époque, on avait le même bruit.
07:17Donc vous voyez, le marché a surréagi sur une statistique qui n'avait pas lieu d'être,
07:21mais pour la fête, par exemple, et pour tout le monde, l'emploi à ce stade, ce n'est pas
07:26le problème.
07:26Le problème, c'est l'inflation, et c'est le deuxième mandat de la fête,
07:30parce qu'une inflation qui, on va le voir demain, un chiffre qui va être quand même important,
07:37parce que n'oublions pas que ça fait cinq ans que les niveaux d'inflation ne sont jamais redescendus à
07:422%,
07:43ils sont quand même l'objectif de la Banque Centrale.
07:45Donc une économie en cas qui, pour moi, reprendre votre question de départ, cache tout, c'est l'arbre qui
07:50cache la forêt.
07:51L'arbre qui cache la forêt, avec un baril de pétrole en plus qui reprend les 88 dollars ce matin,
07:56Alexandre Baradet.
07:56Ça, forcément, c'est une mauvaise nouvelle pour cette macro-américaine.
08:00C'est vrai que le carburant du marché ces derniers jours, dernières semaines, ça a été le fait aussi que
08:08le pétrole soit détendu.
08:09Il y a eu deux salves qui ont permis le pétrole de les attendre assez massivement.
08:12C'était il y a quinze jours quand Donald Trump a annoncé qu'effectivement il se retenait de frapper à
08:16nouveau l'Iran pour laisser en gros la place aux négociations.
08:18Et puis un qui a beaucoup influencé le marché, et je mets influencé, entre parenthèses, manipulé, c'est Scott Besson,
08:25son secrétaire au Trésor,
08:26qui s'est exprimé sur une des très grosses chaînes américaines, CNBC, donc il savait que évidemment tout le monde
08:31l'écoutait.
08:32Scott Besson sait qu'il a plus de crédibilité qu'à Donald Trump parce qu'il parle moins souvent,
08:38et jusqu'à présent quand il parlait, effectivement, il dit des choses plutôt sensées.
08:41Et là il dit, il l'avait dit la semaine dernière, le Détroit sera rouvert aujourd'hui ou demain.
08:45Ou il y aura un accord en tout cas sur la réouverture aujourd'hui ou demain.
08:48Sauf que nous sommes quatre, cinq jours plus tard, le Détroit n'est toujours pas ouvert.
08:52Il y a encore des échanges de mobilité entre les Etats-Unis et l'Iran, en tout cas uniquement en
08:55termes de communication.
08:56Et donc le marché du pétrole qui avait vraiment acheté le scénario, c'est-à-dire tout le monde avait
09:00vendu le pétrole,
09:01considérant qu'effectivement on se rapprochait de quelque chose,
09:03il se rend compte que presque une semaine plus tard, ce n'est toujours pas le cas.
09:06Donc on voit que le pétrole est en train de se redresser à nouveau.
09:08Grosso modo, toute la baisse liée à l'intégration de Scott Bessint a été effacée sur le marché.
09:12Et forcément, quand l'énergie se redresse, dans un contexte où depuis maintenant quelques mois,
09:16c'est surtout l'énergie qui a contribué à l'inflation, on voit que les taux américains se redressent.
09:20Et puis effectivement, on approche de la publication d'inflation demain.
09:24Et comme la nouvelle façon de travailler de la Fed, c'est de communiquer le moins possible,
09:29de donner le moins possible d'éléments au marché pour le laisser faire son travail de découverte des datas et
09:35autres,
09:35eh bien on a le risque d'avoir un marché plus nerveux, plus volatile demain quand les chiffres seront publiés.
09:42Si les chiffres sont en ligne avec le consensus, pas de problème, tout le monde sera ok, le marché ne
09:45bougera pas.
09:46Si par contre vous avez des écarts par rapport au consensus,
09:48quand vous n'avez pas eu la guidance de la Fed qui vous a un peu orienté sur ce qu
09:51'elle voulait faire en septembre ou d'ici la fin de l'année,
09:54eh bien c'est le marché qui va devoir très vite ajuster les niveaux selon que les chiffres d'inflation
09:58seront bons ou mauvais.
09:59Donc il y a pas mal d'incertitudes par rapport à ça, mais c'est vrai que le marché à
10:03action, pour rebondir ce que disait Sébastien,
10:05il y a très peu de nervosité.
10:07Regardez le prix de la couverture aujourd'hui, on le mesure, c'est l'indice VIX, c'est l'indice
10:10de volatilité du SP500,
10:12mais c'est pourquoi je dis le prix de la couverture, parce que le VIX il est aussi dérivé en
10:15produits financiers,
10:16des options, des contrats à terme, donc comme n'importe quel produit financier,
10:19si la demande n'est pas tellement là, les prix baissent et le contrat ne vaut pas très cher.
10:23Aujourd'hui l'indice VIX il est à 15, 14, 15.
10:26Je rappelle quand le marché est inquiet, la volatilité elle a 30 ou 40.
10:30Mais ça traduit quoi ? Ça veut dire qu'il n'y a pas de vendeurs ?
10:32C'est ça aujourd'hui un petit peu ce marché estivage ?
10:34Non, c'est-à-dire que le marché, ce que disait Sébastien, les ménages américains sont très exposés au marché,
10:38les gérants aussi américains sont très exposés, ils ont des réserves de cash qui sont très faibles.
10:41Vous regardez des ratios comme le ratio boulebert par exemple sur les options,
10:44aujourd'hui il n'y a quasiment que des calls, presque pas de poudre,
10:47donc vous avez des niveaux de ratios qui sont extrêmement attirés en exposition dans le marché,
10:51et les outils de couverture, le prix de la couverture est extrêmement faible,
10:54ce qui signifie que, je veux dire, passons l'expression, mais tout le monde age un peu à poil,
10:57c'est-à-dire qu'on n'est pas couvert.
10:59S'il y a un événement, un chiffre d'inflation qui est au-dessus des attentes
11:01ou quelque chose inattendu du point de vue géopolitique,
11:04il y a assez peu de couverture, voire très peu de couverture,
11:06prise aujourd'hui par les acteurs de marché.
11:08En même temps, il y a eu tellement de contre-pieds aussi ces derniers temps, Sébastien Corchia.
11:12Juste pour revenir sur un petit peu la macro, sur le pétrole, sur les taux, etc.,
11:17on voit bien qu'en ce moment tout est imbriqué,
11:19quand vous voyez le Yen qui, à nouveau, a tendance à se déprécier face au dollar.
11:24On est ce matin à 159 Yen.
11:28Quand vous regardez le pétrole à 88 dollars, l'OAT à 4%, le 10 ans américain à 4,70,
11:34on voit bien qu'au milieu de tout ça, on a des marchés quand même qui tournent autour du même
11:39sujet.
11:40Oui, qui tournent un peu au même sujet.
11:42Pour reprendre ce que disait Alexandre en disant qu'on age un peu à poil,
11:45ça me fait penser à ces images au bord de la plage,
11:47vous savez, du drapeau qui nous dit si c'est drapeau vert, orange ou rouge.
11:52Alors, tout le monde a l'impression que c'est drapeau vert, en fait.
11:55Drapeau vert, ça veut dire qu'il n'y a aucun risque.
11:57Ça n'a jamais voulu dire ça, drapeau vert.
11:58Ça veut dire qu'il n'y a aucun risque visible.
12:01Et en fait, tout le monde prend peur quand le drapeau est rouge.
12:04C'est ce qu'on a vu en Corée.
12:05Sauf que quand il devient rouge, c'est beaucoup trop tard.
12:07Et le sujet, ce n'est pas que le drapeau devienne rouge,
12:09c'est que tout le monde pense qu'il ne sera jamais rouge et qu'il restera toujours vert.
12:13Et c'est ça, le vix, en fait.
12:14On n'a pas peur en se disant « la mer est calme », on ne risque rien.
12:17Et en fait, on fait abstraction de tous les risques.
12:20Il y en a plein.
12:20Et en reprenant encore ce que disait Alexandre tout à l'heure,
12:23il y a un truc qui m'a choqué.
12:25Et il l'a dit, il dit « Scott Besant est venu dire la guerre sera finie dans deux, trois
12:30jours ».
12:30Il ne faut pas oublier que Scott Besant, c'est le ministre de l'Économie, pour faire simple.
12:35Un ministre de l'Économie qui prend la place du ministre des Affaires étrangères
12:38pour dire que la guerre est finie, c'est qu'il y a, et là je reprends votre observation,
12:45c'est que tout est imbriqué.
12:46C'est-à-dire qu'en fait, il y a un message derrière de dire « vendez le pétrole ».
12:51Par contre, en même temps, ne vendez pas nos trésoristes,
12:55nos billets du trésor, en tout cas nos obligations,
12:58parce que ça, ça nous fait monter nos taux longs.
13:00Et on voit bien qu'il y a un sujet très complexe,
13:03c'est-à-dire qu'il y a de l'inflation.
13:05Cette inflation, elle est liée aussi à la guerre du Golfe et au pétrole.
13:08Mais en même temps, il faudrait baisser les taux, mais on ne peut pas les baisser.
13:13C'est des mid-terms dans moins de 100 jours, donc il faut faire quelque chose.
13:18Donc tout le monde est coincé.
13:19C'est pour ça que je pense que Scott Besant,
13:21qui est, on l'a toujours dit effectivement, l'adulte dans la pièce,
13:24il essaye de racoler un morceau,
13:26et il dit à son copain Warsh de la Fed,
13:30il fait quelque chose qu'il ne peut malheureusement pas faire,
13:33surtout quand les chiffres, on va le voir avec le CPI,
13:36sont plus ou moins bons.
13:37Alors moi, je crois que la Fed, en fait, son job en ce moment,
13:41je l'entends peu,
13:42mais c'est surtout de laisser un peu les taux longs monter.
13:46Pourquoi ? Parce qu'en fait, en ne bougeant pas les taux courts,
13:49on aimerait qu'il les baisse, mais il ne pourra pas,
13:51et lui, il va essayer de ne pas les monter,
13:53et en laissant l'inflation, les nouvelles arrivées des taux longs se montent,
13:58ça fait une pontification de la courbe des taux,
14:01et la pontification des courbes des taux, si je dois prendre une image,
14:04c'est le frein moteur de votre voiture.
14:05C'est-à-dire, tout doucement, vous ralentissez l'économie,
14:08et la hausse des taux, c'est la pédale de frein.
14:11Mais il ne faut surtout pas appuyer actuellement sur la pédale de frein.
14:14Donc il y a une stratégie derrière ça, qui est hyper dangereuse,
14:17parce que si à un moment, vous avez la gare du Golfe qui part en vrille,
14:21le pétrole monte, les taux longs explosent.
14:24Si les Japonais, pour reprendre votre interconnection de tout ça,
14:28ont un yen qui baisse très fort,
14:31ils vont être obligés de vendre éventuellement des obligations, etc.
14:37Et donc les taux longs vont monter entre contre et vers.
14:39Donc tout est lié, jusqu'à l'Arabie saoudite,
14:42qui auraient menacé de vendre ses 140 milliards d'obligations
14:48à long terme américaines, et qui seraient aussi un enjeu.
14:50C'est d'ailleurs pour ça que je pense que Scott Bessent,
14:52c'est lui qui a dit, ne vous inquiétez pas, on va régler le problème.
14:55En attendant, ils ont vendu de l'euro quand même, ce n'est pas neutre.
14:57Mais ils n'ont pas vendu de dollars, parce qu'en plus,
14:59n'oubliez pas que le patron de Donald Trump, il vend un dollar fort.
15:02Donc c'est très très compliqué en plus.
15:04En tout cas, Donald Trump, pour l'instant, il laisse Kevin Noirge tranquille.
15:07Hier, il a dit, je ne lui ai parlé qu'une seule fois,
15:09brièvement ces derniers jours, juste une conversation.
15:11Bon, malheureusement, il ne dirige pas seule la Fed,
15:13il doit faire avec son conseil.
15:15C'est vrai que, contrairement à Jerome Powell,
15:17Alexandre Baradez, pour l'instant, Kevin Noirge,
15:18il est plutôt tranquille, il n'a pas trop de pression.
15:21Ce n'est pas encore monsieur Too Late.
15:22Oui, mais ça, c'est un point que vous dites,
15:24surtout dans la présenterie, on pourrait,
15:26si j'étais dans l'opposition démocrate aux Etats-Unis,
15:28vous avez tellement de sujets desquels vous pouvez vous emparer
15:30pour montrer les contradictions flagrantes de Donald Trump.
15:34Souvenez-vous, il y a quelques mois encore,
15:35la pression que subissait Jerome Powell est publiquement.
15:39C'est tous les jours, quasiment,
15:41Trump, sur ses réseaux sociaux, dans les médias,
15:43qui exigeait que la Fed baisse les taux,
15:45qui insultait Jerome Powell pour ne pas le faire,
15:48l'indiquant qu'il était politisé ou autre.
15:50Il nomine quelqu'un qui, effectivement,
15:52était plutôt du corps républicain à la base.
15:54On sait qu'il a nominé, effectivement,
15:56pensant qu'il allait pouvoir baisser les taux,
15:57mais Kevin Noirge, déjà, ne décide pas seul.
15:59C'est ça qu'il faut rappeler aux Etats-Unis,
16:00vous avez un comité de politique monétaire au sein de la Fed.
16:02C'est plusieurs membres qui votent,
16:04et c'est le résultat de ça qui fait qu'on monte ou pas les taux,
16:06ou qu'on les baisse.
16:08Et dans ce comité, vous avez trois dissidents, par exemple,
16:10et qui s'expriment.
16:11La dernière, c'est un membre de la Fed de Cleveland,
16:14qui dit clairement qu'il va falloir relever les taux.
16:16Un de ses collègues dit pareil,
16:18c'est Kashkari, qui dit qu'il faut relever les taux aussi.
16:21Et donc, Kevin Noirge, on ne sait pas trop actuellement
16:23s'il essaie de faire passer une pilule auprès de Trump.
16:26Par exemple, peut-être qu'il va falloir remonter les taux brièvement
16:28avant de les rebaisser derrière.
16:29Je ne sais pas comment ça va s'articuler,
16:31mais c'est vrai que l'inflation, comme l'a dit Sébastien,
16:33ça fait cinq ans.
16:34Cinq ans, c'est quand même assez énorme
16:35que l'inflation aux Etats-Unis,
16:37et toutes les mesures, l'inflation sous-jacente,
16:39l'inflation globale,
16:40que l'inflation n'est pas revenue à 2%.
16:42Donc la Fed n'est pas dans son mandat.
16:44C'est une question de crédibilité.
16:45Et donc, la question d'une hausse de taux,
16:47c'est vrai que c'est vraiment 50-50.
16:48On voit les probabilités.
16:49Après le rapport sur l'emploi,
16:50c'est un peu tombé sous les 50%.
16:51Là, quand le pétrole se redresse,
16:53on remonte vers les 50%.
16:54Donc pour septembre,
16:55on ne sait pas s'il y aura une hausse de taux ou pas.
16:57Et le marché arrive là-dedans.
16:59Et juste pour terminer,
17:00c'est peut-être Jackson Hole
17:00qui donnera une indication,
17:02le symposium des banquiers.
17:03Ou dernière solution,
17:04casser le thermomètre,
17:05en prendre un nouveau,
17:06qui lui mettra un référentiel
17:09d'inflation un peu plus faible.
17:10Je rappelle que le 29 juillet dernier,
17:13et même encore avant,
17:14Kevin Walsh avait dit,
17:15moi je veux remettre tout ça à plat,
17:17tous ces indicateurs
17:18qui guident la politique monétaire.
17:19Sous-entendu,
17:20je veux trouver une autre mesure
17:21qui ira mieux pour faire l'inflation.
17:23Et puis 2,
17:25ce n'est pas que 2,0.
17:28C'est 2,1,
17:29mais c'est aussi 2,9.
17:30Donc il avait dit exactement,
17:33le chiffre qui est après la virgule
17:35n'a pas une grande importance.
17:36On est au bout.
17:37Merci à tous les deux
17:38de nous avoir accompagnés ce matin en plateau.
17:40Sébastien Corchia,
17:41directeur général adjoint,
17:42directeur des investissements
17:43de Cogefi Gestion
17:44et Alexandre Baradez,
17:45chef analyste d'IG.
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