00:00Le Club de la Bourse a déjà commencé à discuter sur ce plateau.
00:04Nicolas Pagnès est avec moi évidemment.
00:06On file vers Good Morning Market dans un instant.
00:08Il y a aussi Christian Parizeau, économiste et conseiller auprès d'Aurel BGC.
00:12Et Nour Bendimered, directeur des investissements chez Ivesta Family Office.
00:15Merci d'être sur ce plateau ce matin du 14 juillet.
00:20D'ailleurs, ça tangue, on l'a dit ce matin, Nicolas Pagnès, sur le pétrole.
00:24Pourquoi ça tangue cette nuit, Christian Parizeau ?
00:27Alors que ce n'est pas la première fois qu'il y a des tirs échangés dans le détroit d
00:30'Hormuz.
00:31Malheureusement, on commence à s'habituer à cette situation.
00:33Oui, mais là, ça s'est quand même un petit peu aggravé.
00:34Parce qu'on est plutôt dans l'idée quand même d'un blocage qui va persister.
00:37On n'est plus sur l'idée qu'on est dans des simples échanges, négociations musclées.
00:43On pourrait encore employer ça, même si sur le fond, c'était quand même des destructions qui étaient derrière sur
00:47l'Iran.
00:48Mais là, on est quand même sur une situation qui reste bloquée, avec plusieurs, quand même un enchaînement.
00:52Ça a commencé dès vendredi, un article du Wall Street Journal qui nous dit que du côté de l'administration
00:56américaine,
00:57on pense qu'on n'arrive pas à se mettre d'accord sur le nucléaire, sur les négociations autour du
01:00nucléaire.
01:01Donc, des discours très pessimistes de l'administration.
01:03Je ne parle pas de Trump, parce que Trump, il peut faire beaucoup de déclarations.
01:06Mais dans l'administration américaine, il y a des doutes sur la capacité aujourd'hui de négocier à l'acquérance
01:10du nucléaire.
01:10C'est quand même la clé.
01:12Et de l'autre, on voit qu'on a un président américain qui nous a clairement dit que le conflit
01:16reprenait et qu'on est sur un blocage d'Hormuz.
01:18Alors, en plus, avec un élément clé, c'est-à-dire qu'on est sur un équilibre qui est très
01:23précaire sur le pétrole.
01:24C'est-à-dire que si le Détroit est ouvert, si tout circule, on est aujourd'hui sur des stocks
01:29flottants qui ont été accumulés.
01:31Vous savez, ces stocks de pétroliers qui sont débloqués, qui peuvent être libérés et alimenter le marché.
01:35Donc, on est dans un marché qui a un excès d'offres.
01:38Donc, paradoxalement, à ce moment-là, on a trop d'offres et ça fait chuter les cours.
01:41Mais à l'inverse, si vous fermez le Détroit, on revient sur les stocks dits terrestres.
01:47Et là, on est plutôt sur un déficit.
01:50On a une baisse très rapide de ces stocks terrestres.
01:53Et là, on est très clairement sur une offre insuffisante à la demande.
01:56Donc, on est sur un marché pétrolier très instable.
01:58Parce que si vous êtes sur quelque chose qui laisse passer les navires, vous êtes sur un excès d'offres.
02:03Si vous bloquez le Détroit, vous êtes sur une offre qui est insuffisante.
02:06Et donc, des cours qui ne peuvent que monter pour contraindre la demande et rééquilibrer le marché.
02:10Donc, on n'est pas sur une situation stable.
02:12Et là, ce que vient de nous montrer le président américain, c'est qu'on est sur un risque durable
02:16de blocage et de reprise du conflit.
02:17Donc, oui, c'est normal que les cours du pétrole réagissent aussi violemment.
02:20Avant d'entendre peut-être Nourmène Dimeret sur le sujet, pourquoi cette prise de conscience aujourd'hui et pas la
02:25semaine dernière,
02:26mercredi dernier, quand on a vu les premiers tirs arriver, le retour des sanctions commerciales entre les États-Unis et
02:34sur le pétrole iranien.
02:35Ou même Donald Trump qui annonce que le cessez-le-feu est cadupe.
02:40Cadupe, je crois que Donald Trump a également annoncé cette nuit qu'eux, maintenant, il y aurait une taxe sur
02:44les navires de 20% pour assurer le transit par le Détroit d'Ormousse.
02:47Donc là, en fait, le scénario central, c'est ça va durer, en fait.
02:51Comme la dernière fois, on espère que ça ne dure pas, mais en fait, on se rend compte que ça
02:53dure.
02:53C'est ce que j'ai dit à l'heure, c'est-à-dire que jusqu'à présent, on était
02:55dans l'idée que, certes, on s'envoie des missiles, mais c'est pour mettre la pression pour la négociation.
03:00Alors même si le président américain disait, on jette, il n'y a plus de cessez-le-feu ni rien,
03:05mais c'était dans l'optique de négociation.
03:08Là, on est dans l'idée qu'on risque d'être dans un blocage qui repart pour être durable avec
03:12un conflit qui va persister.
03:14Non.
03:15Alors, ce qui est certain, c'est que, pour répondre à la question de Nicolas, jusqu'à présent, on s
03:20'attendait à ce que ce soit des négociations relativement difficiles,
03:23mais des négociations quand même. On pensait que c'était uniquement une forme de position un peu difficile des deux
03:29camps pour faire plier le camp adverse.
03:32On s'aperçoit maintenant que c'est peut-être un petit peu plus violent que ça et que ça va
03:36durer peut-être un petit peu plus longtemps.
03:37Donc, les prix du pétrole réagissent en conséquence. Pour l'instant, la réaction est quand même relativement limitée.
03:42On revient vers les 80 dollars pour le WTI. Ce n'est pas non plus excessif. On est encore loin
03:49des plus hauts qu'on a connus au mois de mars-avril.
03:51Donc, pour l'instant, ça reste au contenu parce que je pense que le marché fait quand même le pari
03:55qu'on reste dans une phase de négociation
03:57qui va être chaotique, qui va être laborieuse et qui va être relativement longue, mais une phase de négociation quand
04:01même.
04:02C'est assez différent de ce qu'on entend de la part des différents camps politiques.
04:06Puis, il y a un autre élément, c'est que les fameux 20% de taxes qui ont été appliquées
04:10donnent du crédit à la politique iranienne.
04:12Et ça a notamment été confirmé par le ministre des Affaires étrangères iranien.
04:15C'est-à-dire que ça va être payant.
04:17La question, c'est qui est-ce qu'on va payer, mais ça va être payant.
04:20Exactement. Donc, il y a potentiellement une légère prime qui sera durable sur les prix du pétrole liée à cette
04:26anxiété autour du étroit d'Ormousse qui restera en relation...
04:30Il y a pas mal de rendez-vous.
04:31Avec juste un petit mot quand même. Le paradoxe, c'est que cette prime, finalement, elle va plus peser sur
04:35le consommateur américain qu'autre chose,
04:37puisque indirectement, c'est le consommateur américain qui, par la hausse des cours du pétrole, va payer cette taxe de
04:43M. Trump.
04:44On va aller aux Etats-Unis, d'ailleurs, pour les rendez-vous du jour.
04:46Oui, on va peut-être continuer avec vous, Christian. Plusieurs rendez-vous.
04:49Il y a déjà la saison des résultats qui débute officiellement aujourd'hui avec les publications des grandes banques américaines.
04:53On aura l'indice CPI aussi qui sera publié cet après-midi.
04:56Donc, l'indicateur de l'inflation, enfin, un des indicateurs de l'inflation aux Etats-Unis.
05:00Et surtout, on a Kevin Warch qui va prendre la parole devant le Congrès américain, donc nouveau président de la
05:05Fed.
05:06Son discours sera basé sur le dernier rapport de politique monétaire de la Fed,
05:12un rapport semestriel qui a été publié vendredi dernier.
05:14À quoi est-ce qu'on peut s'attendre de la part de ce nouveau président de la Fed,
05:17sachant qu'on a déjà des gouverneurs qui commencent à exprimer en parallèle l'idée
05:21qu'il va falloir augmenter les taux prochainement si l'inflation continue à monter ?
05:25Oui, on a notamment une intervention de Wallers hier qui était assez classique.
05:29Mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'aussi bien du côté de la BCE que de la
05:33Banque centrale américaine,
05:34il y a un point qui n'a pas pris en compte le marché suffisamment, à mon avis.
05:37C'est qu'il s'interroge sur la nature de l'inflation.
05:41C'est-à-dire que le marché est dans l'idée assez consensuelle et très forte sur le marché que
05:46c'est une inflation temporaire.
05:47C'est lié à la hausse des prix du pétrole qui durera plus ou moins longtemps,
05:52mais il suffit de résoudre le problème du Moyen-Orient et l'inflation est morte.
05:55Et de plus en plus, il y a de plus en plus des banquiers centraux, aussi bien du côté européen
05:59qu'américain,
06:00qui commencent à dire « oui, mais l'inflation, ce n'est pas que ça ».
06:02C'est ce que nous a rappelé M. Waller hier, c'est qu'il a dit « c'est pas
06:06seulement les droits de douane,
06:07c'est pas seulement l'effet temporaire de l'énergie, c'est une inflation beaucoup plus durable
06:11qui est en train de s'installer dans notre économie ».
06:12Alors, ils ne sont pas tous d'accord, il y a un combat,
06:15mais ça montre que quand même il y a un vrai problème au niveau des banques centrales
06:19pour caractériser la nature de l'inflation.
06:21Et on voit que la réponse n'est pas la même.
06:23Si c'est temporaire, on va dire « il suffit de régler le problème du Moyen-Orient et on n
06:27'a plus d'inflation,
06:28et donc c'est le scénario rose pour les marchés ».
06:30Si ce n'est vraiment pas temporaire, ça veut dire qu'on va rentrer dans une phase de hausse de
06:35taux durable,
06:35et là par contre la bourse va très mal réagir parce qu'on n'est plus du tout dans le
06:39schéma idéal
06:40d'une inflation faible, de taux bas et d'une croissance forte.
06:44Donc là, on est dans des scénarios qui ont un vrai débat au sein des banquiers centraux.
06:47Alors juste un petit mot technique, M. Walsh, Kevin Walsh, va lire un texte
06:51qui a été rédigé avec l'ensemble du FOMC, ce ne sera pas forcément son avis,
06:55mais il va faire la synthèse du rapport de politique monétaire qui a été publié vendredi,
06:59donc on n'apprendra pas grand-chose, et c'est surtout lors des questions-réponses,
07:02et on attend de savoir quelle est son position, lui.
07:04Et lui, jusqu'à maintenant, il a toujours évité de se positionner,
07:07de savoir s'il était sur une inflation durable ou pas,
07:09et ce sera vraiment ça la clé qu'on attendra derrière cette intervention.
07:12Sur un fil.
07:13Nous, au Béni-Méret, il reste quelques secondes,
07:16est-ce que ça change une stratégie d'investissement pour le second semestre 2026,
07:21que ce soit les prix du pétrole ou la politique monétaire à venir de Kevin Walsh ?
07:26Alors, globalement, depuis quelques mois maintenant,
07:29il y a quand même une incitation à la prudence,
07:32surtout à court terme,
07:33parce qu'on a un retour de cette anxiété, de l'incertitude, du stress géopolitique,
07:37on revient sur une prime d'incertitude géopolitique,
07:42qui est quand même intégrée dans les marchés et dans les allocations.
07:45Sur la partie obligataire, ce qui est intéressant aujourd'hui,
07:47c'est qu'effectivement, on a un vrai stress,
07:49et potentiellement une grande volatilité autour des différents discours des banquiers centraux.
07:53Kevin Walsh, cet après-midi, l'intervention ne sera potentiellement pas si intéressante que ça.
07:59On a eu déjà beaucoup d'informations avec le rapport de vendredi,
08:01on ne s'attend pas à beaucoup d'informations de la part de Kevin Walsh,
08:04et on a déjà les premières informations intéressantes qui ont été publiées,
08:08à savoir que le discours restera relativement peu généreux
08:12en termes d'informations de contexte économique.
08:15Moins on communique, mais on se porte, c'est un peu la nouvelle politique.
08:17Et que la priorité absolue reste de revenir sur une inflation proche des 2%.
08:22Et là-dessus, on pense quand même qu'il sera effectivement de nature à faire remonter les taux.
08:27Donc prudence sur les marchés obligataires,
08:29durations courtes, préférence pour les obligations plutôt bien notées,
08:33recherche de diversification avec des actifs de décorrélation.
08:37Sur les marchés actions, on reste quand même relativement optimiste,
08:39même si on s'attend à la volatilité,
08:40et l'idée c'est plutôt de ne pas sortir des marchés dans ce contexte,
08:43mais d'essayer de monétiser cette volatilité qu'on attend
08:46en saisissant des points d'entrée relativement intéressants
08:48sur des segments de fortes performances séculaires
08:53comme l'intelligence artificielle ou d'autres tendances très très fortes.
08:56Merci beaucoup messieurs Christian Parizeau,
08:58économiste et conseiller auprès d'Aurel BGC.
09:00Enour Bendiméret, directeur des investissements chez Ivesta Family Office.
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