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Pour ce premier numéro de rentrée 2026, Politique & Eco fait évoluer sa formule ! Pierre Bergerault reçoit l’économiste et essayiste Philippe Herlin pour décrypter l’état des finances publiques françaises, le projet de budget 2027 et les perspectives économiques qui se dessinent pour les prochains mois.
Et pour inaugurer cette nouvelle formule, place au Journal de l’éco ! Un nouveau rendez-vous au début de l’émission dans lequel nous revenons, avec notre invité, sur une information, un chiffre et une déclaration qui font l’actualité économique. Au programme de ce premier Journal de l’éco : plus de 70 000 défaillances d’entreprises sur douze mois, une croissance limitée à 0,2 % au deuxième trimestre, 34,5 milliards d’euros d’intérêts déjà payés par la France au premier semestre 2026, ainsi que la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’annuler les quelque 540 milliards d’euros de dette française détenus par la Banque de France. Une proposition qui soulève de nombreuses questions sur le bilan de la Banque de France, la BCE, l’euro, les marchés et le financement de l’État.
Puis place à l’entretien : le budget 2027 est-il crédible ? La France peut-elle réellement ramener son déficit à 4,9 % du PIB ? Jusqu’où la hausse des taux et du coût de la dette peut-elle conduire ? Pourquoi les projections du gouvernement sont-elles si éloignées de celles du rapport sur la transparence des finances publiques remis en juillet ? Et surtout, quelles mesures permettraient encore d’éviter une véritable crise des finances publiques françaises ? Avec Philippe Herlin, nous évoquons également les conséquences d’une poursuite du dérapage budgétaire et les choix qui s’imposeront au prochain gouvernement.
A la suite de "Politique & Eco", retrouvez la chronique financière de Philippe Béchade intitulée : "La France entre dans la crise de la dette… mais elle n’est pas seule".
Téléchargez gratuitement le rapport spécial de Philippe Béchade - 2026 - Faillite de la France : Comment faire face à la Taxflation
Et pour inaugurer cette nouvelle formule, place au Journal de l’éco ! Un nouveau rendez-vous au début de l’émission dans lequel nous revenons, avec notre invité, sur une information, un chiffre et une déclaration qui font l’actualité économique. Au programme de ce premier Journal de l’éco : plus de 70 000 défaillances d’entreprises sur douze mois, une croissance limitée à 0,2 % au deuxième trimestre, 34,5 milliards d’euros d’intérêts déjà payés par la France au premier semestre 2026, ainsi que la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’annuler les quelque 540 milliards d’euros de dette française détenus par la Banque de France. Une proposition qui soulève de nombreuses questions sur le bilan de la Banque de France, la BCE, l’euro, les marchés et le financement de l’État.
Puis place à l’entretien : le budget 2027 est-il crédible ? La France peut-elle réellement ramener son déficit à 4,9 % du PIB ? Jusqu’où la hausse des taux et du coût de la dette peut-elle conduire ? Pourquoi les projections du gouvernement sont-elles si éloignées de celles du rapport sur la transparence des finances publiques remis en juillet ? Et surtout, quelles mesures permettraient encore d’éviter une véritable crise des finances publiques françaises ? Avec Philippe Herlin, nous évoquons également les conséquences d’une poursuite du dérapage budgétaire et les choix qui s’imposeront au prochain gouvernement.
A la suite de "Politique & Eco", retrouvez la chronique financière de Philippe Béchade intitulée : "La France entre dans la crise de la dette… mais elle n’est pas seule".
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00:00:00Il aurait en fait été préférable que la crise arrive plus tôt, parce que là, quand elle va arriver,
00:00:05en fait, il est certainement énorme que ça mettra en péril toute l'Union Européenne.
00:00:14Bonjour à tous, ravis de vous retrouver pour ce premier numéro de Politique et éco de la rentrée 2026,
00:00:21aujourd'hui en compagnie de Philippe Erlin. Bonjour, monsieur.
00:00:24Bonjour.
00:00:24Philippe Erlin, vous êtes économiste. On va, avec vous, évoquer la situation des finances publiques françaises,
00:00:32le projet de budget 2027 en préparation actuellement à Bercy et dans les bureaux de Matignon,
00:00:40et puis les perspectives économiques qui se dessinent pour les prochains mois.
00:00:43Et puis, nous inaugurons aujourd'hui une nouveauté pour cette émission Politique et éco.
00:00:49Ce sera le journal de l'éco, une info, un chiffre, une déclaration à décrypter avec notre invité.
00:00:56C'est parti.
00:01:02Alors, on commence, Philippe Erlin, avec l'information de Politique et éco.
00:01:06C'est la vague des faillites qui continue de déferler.
00:01:10Selon la Banque de France, un peu plus de 70 000 défaillances d'entreprises ont été enregistrées sur les 12
00:01:16derniers mois.
00:01:17À la fin mai 2026, c'est une augmentation de 4,4% sur un an.
00:01:23Donc, Philippe Erlin, qu'est-ce que cela relève sur... relève sur... révèle, excusez-moi, je vais y arriver, sur
00:01:29l'état de l'économie française ?
00:01:30Il faut prendre un peu de recul pour comprendre ce chiffre et se rendre compte qu'il dépasse déjà la
00:01:39chiffre des faillites de 2008-2009.
00:01:42C'est-à-dire au moment de la crise des subprimes.
00:01:43À cette époque, il y avait une vraie crise mondiale parce que ça a créé une stupeur, la faillite de
00:01:47Lehman Brothers en septembre 2008.
00:01:49On pensait que plusieurs banques pouvaient tomber. Il y en a plusieurs qui ont failli tomber, d'ailleurs.
00:01:54Et ça a provoqué un arrêt de l'économie et un effondrement de la bourse.
00:01:57Donc, c'était une vraie crise, 2008.
00:01:59Et là, il n'y a pas de crise, aujourd'hui.
00:02:01Alors, il y a une tension en Iran qui fait que le pétrole est un peu plus cher.
00:02:05Donc, ça, ça pèse sur l'économie, on est d'accord.
00:02:07Mais il n'y a pas du tout de crise de l'ampleur de 2008.
00:02:10Et pourtant, on a un niveau de faillite qui dépasse celui de 2008, même si on enlève les auto-entrepreneurs,
00:02:16qui apprennent beaucoup de créations et beaucoup de faillites.
00:02:18Si on prend uniquement les entreprises de plusieurs personnes, à partir d'artisans commerçants jusqu'aux grandes entreprises,
00:02:24on dépasse le chiffre 2008.
00:02:26Donc, ça, c'est extrêmement grave.
00:02:28Pour moi, ça veut dire qu'on est en fait, on est déjà en récession.
00:02:31Même si l'INSEE arrive à nous sortir des chiffres de croissance légère au dernier trimestre,
00:02:37enfin, moins 0,1 au premier, une petite croissance au deuxième,
00:02:40pour moi, on est en récession.
00:02:42Une autre preuve de ça, c'est que le chômage aussi grimpe fortement.
00:02:46Et la France, c'est le seul pays d'Europe où le chômage grimpe d'une telle façon.
00:02:51Alors, comment on peut expliquer, justement, ces plus de 70 000 défaillances d'entreprises ?
00:02:56On sait que les entreprises françaises ont du mal à rembourser leurs prêts garantis par l'État
00:03:01qu'ils avaient contractés au moment de la crise du Covid.
00:03:03Donc, est-ce qu'il y a d'autres raisons ?
00:03:05Il y a le niveau des impôts qui est trop élevé.
00:03:07Alors, ça, on le sait depuis longtemps.
00:03:09Mais je veux dire, au bout d'un moment, ça pèse, quoi.
00:03:11La France a le taux de frais immobiliatoires le plus élevé des pays de l'OCDE.
00:03:15Voilà.
00:03:15Donc, toutes ces entreprises ont un boulet.
00:03:17Alors, quand on va rajouter à ça une croissance qui tombe à zéro ou qui est même négative,
00:03:24les entreprises tombent comme des mouches.
00:03:25Voilà.
00:03:26C'est ce qui se passe aujourd'hui.
00:03:27Donc, vous le disiez à l'instant, c'est le chiffre de la croissance pour le deuxième trimestre
00:03:33que l'INSEE a calculé, qu'il n'est qu'à 0,2%.
00:03:37Donc, avec un tel chiffre, comment est-ce qu'on peut imaginer l'évolution de ces défaillances
00:03:41d'entreprises, là, dans les mois et dans l'année qui arrive ?
00:03:44Malheureusement, il n'y a pas d'espoir que d'un quelconque redémarrage de la croissance.
00:03:48Au niveau de la politique économique, il ne va rien se passer.
00:03:51Il n'y aura pas de baisse d'impôts.
00:03:53Donc, malheureusement, on peut penser que le niveau de faillite va rester élevé,
00:03:57que le chômage va continuer d'augmenter.
00:03:59Voilà, malheureusement.
00:04:00On passe avec vous, Philippe Erlin.
00:04:02Au chiffre de politique et éco, c'est 34,5 milliards d'euros.
00:04:08C'est ce que la France a déjà payé en intérêt sur sa dette.
00:04:13Au premier semestre 2026, en un an, la facture a augmenté de 18,3%.
00:04:19Que vous inspire ce chiffre ?
00:04:21Comment on explique un tel dérapage sur un an ?
00:04:24Oui. Alors là, encore, quand on prend un peu de recul, on voit l'ampleur du dérapage.
00:04:28Donc, là, vous parlez du premier semestre.
00:04:30L'estimation pour 2026, c'est 77 milliards de charges de la dette.
00:04:36Donc, ça, c'est payé directement par le budget.
00:04:38En 2020, à l'époque du Covid, à l'époque où on était en taux zéro,
00:04:42on était à 29,7 milliards.
00:04:45Donc, on a fait plus que multiplié par deux depuis 2020.
00:04:49Et ça explose parce que les taux d'intérêt remontent.
00:04:52Parce que nos gouvernants auraient dû comprendre que les taux zéro,
00:04:57c'est quelque chose de complètement à part.
00:04:59C'est quasiment jamais apparu dans l'histoire économique.
00:05:01Donc, quand ça arrive, c'est bien parce qu'on peut s'endetter
00:05:05sans que ça augmente le coût.
00:05:07Mais au bout d'un moment, il fallait bien prévoir que les taux d'intérêt allaient remonter.
00:05:11Et là, ils remontent assez fortement.
00:05:12On est à 4,2% pour le taux de rendement de l'obligation française à 10 ans.
00:05:18Et là encore, c'est un chiffre qu'on n'avait pas vu depuis la crise de 2008.
00:05:22Donc, ça montre aussi l'ampleur des difficultés que rencontre la France aujourd'hui.
00:05:26On était à 3,9% fin juillet.
00:05:28On est déjà à 4,2% trois semaines plus tard.
00:05:31Ça continue d'augmenter.
00:05:32Donc, ça pose aussi un problème de confiance.
00:05:34Parce que les intérêts de la dette, bon, l'État, juste un point technique,
00:05:38c'est que l'État emprunte à taux fixe.
00:05:40Donc, quand les taux d'intérêt montent, c'est pas l'ensemble de la dette de la France,
00:05:44l'ensemble de la dette qui est existante, qui tout d'un coup coûte plus cher.
00:05:47Mais c'est tous les nouvelles émissions.
00:05:50Parce que, comme la dette ne fait qu'augmenter,
00:05:55bon, quand un emprunt RLVG à échéance, il est remplacé par un autre du même montant.
00:06:00On fait rouler la dette.
00:06:02Mais quand on a un emprunt qui a été émis il y a une dizaine d'années à un taux
00:06:05d'intérêt faible,
00:06:07quand on réémet le même emprunt, on ne paye plus le même taux d'intérêt.
00:06:11Là, on paye 4% aujourd'hui.
00:06:12Donc, c'est ça aussi qui pèse.
00:06:13Et donc, ça a une force énorme parce que la dette est 3 500 milliards d'euros.
00:06:18Donc, une durée moyenne, une duration moyenne de 8 ans.
00:06:22Donc, ça veut dire qu'il y a régulièrement de la dette qui est arrivée à échéance
00:06:25et qu'il faut rembourser et mettre en rembourse avec de la dette qui coûte plus cher.
00:06:29Voilà.
00:06:29Donc, on est pris à la gorge par ça.
00:06:31Et ça veut dire, pour le budget, comme c'est un poste qui augmente mécaniquement,
00:06:37même si on fait des économies des mêmes montants ailleurs,
00:06:40ça ne change pas le déficit global.
00:06:41– Alors, on passe maintenant à la déclaration repérée par l'émission Politique et Éco.
00:06:48C'est celle de Jean-Luc Mélenchon qui a rien d'autre que proposé d'annuler
00:06:53les quelques 540 milliards d'euros de dettes françaises détenues par la Banque de France.
00:06:59C'est 18% de la dette publique française totale.
00:07:03Il affirme qu'il suffirait de prendre ces titres et de les foutre au feu
00:07:07et que cette annulation ne coûterait à rien.
00:07:11Alors, est-ce que sur le principe, Philippe Arna, on peut procéder à une telle décision, à un tel acte
00:07:16?
00:07:16– Alors, je ne suis pas un ami de LFI, on le sait peut-être.
00:07:20Mais d'un point de vue comptable, c'est vrai.
00:07:23Parce que ce qu'il faut comprendre, il ne parle pas de toute la dette.
00:07:25Il parle de la dette publique, 18% d'ailleurs, c'est 20%, qui appartient à la Banque de France.
00:07:31Alors, comment ça se fait que la Banque de France possède la dette de l'État ?
00:07:34Eh bien ça, ça date justement de la période du Covid, où on a fait ce qu'on appelle la
00:07:37planche à billets,
00:07:38c'est-à-dire que les États ont émis énormément de dettes, parce que toute l'économie était à l
00:07:42'arrêt.
00:07:42Et puis, il a fallu continuer de verser les salaires.
00:07:44Donc, les déficits ont explosé, ils ont émis de la dette.
00:07:48Et pour éviter de faire exploser les taux d'intérêt, c'est la Banque centrale européenne qui a décidé…
00:07:53– De racheter les titres et de racheter…
00:07:55– De racheter, voilà.
00:07:55Et donc, il y avait un client qui était là, qui a tout acheté.
00:07:58C'est pour ça que les taux étaient à zéro, parce que la Banque centrale européenne,
00:08:01elle n'exige aucun taux élevé, bien sûr, quoi.
00:08:04Et donc, ce qui fait que la Banque de France se retrouve…
00:08:07Parce que c'est décidé par la BCE, mais c'est mis en œuvre par les banques centrales nationales.
00:08:12Et donc, la Banque de France se retrouve avec 20% de la dette.
00:08:15Or, qui est l'actionnaire unique de la Banque de France ?
00:08:19C'est l'État français, voilà.
00:08:21Donc, c'est en fait de l'argent que l'État se doit à lui-même, quoi.
00:08:24Donc, d'un point de vue comptable, effectivement, on pourrait tirer un trait sur ces dettes.
00:08:30Alors, ça ne posera pas des problèmes pour la Banque de France,
00:08:32parce qu'elle perdra un actif, donc elle enregistrera une perte.
00:08:34Elle sera un capitaux propre négatif.
00:08:36Mais une Banque centrale peut fonctionner, de toute façon, même dans ce cas-là.
00:08:41Donc, comptablement, on peut le faire.
00:08:42Maintenant, le risque, c'est quoi ?
00:08:43C'est un problème de confiance.
00:08:45C'est-à-dire que si Mélenchon fait ça, il va trouver ça tellement génial
00:08:49qu'il va se dire, je vais émettre encore plus de dettes.
00:08:52Et puis, je vais demander à la Banque de France de la racheter.
00:08:54Et puis, dans quelques années, je lui dirais de faire une croix là-dessus.
00:08:57Ça veut dire qu'en fait, l'argent n'a plus de valeur.
00:08:59Alors, l'argent n'a plus de valeur, ça veut dire qu'on fait marcher la planche à billets.
00:09:03Ça veut dire que de l'argent est créé qui ne correspond pas à la production de biens et de
00:09:08services.
00:09:09Et quand la quantité de monnaie augmente beaucoup plus vite
00:09:11que la quantité de biens et de services disponibles dans l'économie,
00:09:14qu'est-ce qu'il se passe ?
00:09:15De l'inflation et puis très vite de l'hyperinflation.
00:09:18C'est-à-dire que nous propose Mélenchon.
00:09:21C'est une politique qui a été menée au Venezuela
00:09:24et qui a conduit à l'hyperinflation, c'est-à-dire à la ruine complète des épargnants
00:09:28et à l'effondrement de l'économie.
00:09:30Parce que quand les prix explosent de semaine en semaine ou de jour en jour,
00:09:35les entreprises ne peuvent plus faire de calculs économiques.
00:09:37Donc, elles font du jour le jour.
00:09:40Et toute l'économie s'effondre.
00:09:41On l'a vu à chaque fois dans les pays dans lesquels c'est arrivé,
00:09:44au Zimbabwe, autour des années 2000.
00:09:45À chaque fois, c'était pareil.
00:09:46C'est tellement facile de créer de l'argent,
00:09:49de demander à la Banque centrale de la racheter
00:09:51et puis ensuite d'annuler cette dette.
00:09:54On y va, on distribue plein d'argent.
00:09:55Les gens, au début, ils sont contents, ils recevront de l'argent.
00:09:58Mais tout ça termine en hyperinflation et en ruine.
00:10:02Donc, c'est ça qu'il faut dénoncer dans la déclaration de Mélenchon.
00:10:05C'est que ça nous mène à la ruine.
00:10:06– Est-ce que c'est aussi ce qu'on appelle l'hélicoptère monétaire ?
00:10:08– Oui, c'est ça, voilà.
00:10:09C'est distribuer de l'argent.
00:10:09– Ce que Trump avait fait, mais est-ce que l'économie américaine
00:10:13se retrouve aujourd'hui dans une telle difficulté ?
00:10:15– Alors, tous les États font ça.
00:10:18Et aussi les États-Unis…
00:10:19– Distribuer du pouvoir d'achat aux gens comme ça.
00:10:21– Et ça explique qu'il y a beaucoup d'inflation.
00:10:25Une inflation réelle qui est plus importante
00:10:27que celle déterminée par les organismes statistiques.
00:10:30Et ça explique qu'il y a de l'inflation qui rogne le capital des gens,
00:10:34l'épargne des gens.
00:10:35Les gens qui ont leur argent sur le livret A,
00:10:37ils se rendent bien compte qu'ils ont leur argent
00:10:38perdent la valeur d'année en année.
00:10:40Parce que le taux du livret A, ou même le rendement de l'assurance-vie,
00:10:43il ne suffit pas à couvrir la hausse des prix
00:10:46qu'ils constatent, eux, quand ils font leur course.
00:10:48Et qui est plus élevé que ce que nous dit l'INSEE.
00:10:52Donc en fait, l'inflation c'est une forme d'impôt,
00:10:56il faut comprendre ça.
00:10:56Mais c'est un impôt que l'État peut dire,
00:10:59c'est pas de ma faute,
00:11:01c'est des méchants hypermarchés qui font des marges, etc.
00:11:04Bon, il peut reporter la faute, quoi, voilà.
00:11:06– Et alors, si donc l'État venait à annuler une partie de la dette,
00:11:14celle détenue par la Banque de France,
00:11:17que penseraient les investisseurs étrangers
00:11:19qui nous rachètent notre dette ?
00:11:21– Ben, eux, ils seraient inquiétés.
00:11:22Déjà, la simple élection de Mélenchon les inquièterait.
00:11:27En plus, s'ils commencent à faire des marges comme ça,
00:11:29bon, il faut préciser que la Banque centrale européenne
00:11:31s'y opposerait.
00:11:32Maintenant, comme c'est la Banque de France qui dépend de l'État,
00:11:36peut-être que Mélenchon pourrait quand même,
00:11:37on pourrait quand même imposer cette décision, bon, voilà.
00:11:41Mais de toute façon, ce serait très mal vu
00:11:43par les investisseurs internationaux,
00:11:44parce qu'ils se diraient peut-être que le coup d'après,
00:11:46c'est nous qui serons dans le collimateur,
00:11:50et puis Mélenchon dira, les investisseurs étrangers
00:11:53qui se font de l'argent sur notre dette,
00:11:55ben, je décide de couper, de supprimer.
00:11:57Et là, ça présente plus de la moitié,
00:11:59c'est 50%, qui est détenu par des non-étrangers.
00:12:02Exactement.
00:12:03Alors, derrière cette proposition de Jean-Luc Mélenchon,
00:12:06se pose une question plus fondamentale,
00:12:09pourquoi l'État ne pourrait plus se financer,
00:12:12pourquoi l'État ne pourrait plus se financer
00:12:14directement auprès de la Banque de France,
00:12:17comme il le faisait autrefois, dit-on,
00:12:19à taux zéro, voire à taux zéro ?
00:12:22Oui, alors ça, c'est l'histoire de la fameuse gloire Pompidou-Rothschild.
00:12:25Du 3 janvier 1973.
00:12:261973, voilà.
00:12:28Où on veut nous faire croire qu'avant,
00:12:30l'État se finançait auprès de la Banque de France gratuitement,
00:12:34et que donc tout allait bien.
00:12:36Or, c'est faux.
00:12:36À l'époque, sous Pompidou, et sous De Gaulle aussi,
00:12:39le budget était à l'équilibre.
00:12:41Les dépenses, les recettes étaient au même niveau, voilà.
00:12:43Alors, il pouvait y avoir du financement auprès de la Banque de France,
00:12:47parce que, même s'il y a un déficit nul,
00:12:50ce n'est pas forcément le cas toute l'année,
00:12:51parce que les salaires des fonctionnaires sont versés
00:12:53dès janvier, février et mars,
00:12:55et puis les recettes de l'impôt sur le revenu
00:12:57ou de l'impôt sur les bénéfices,
00:12:58ça vient plus tard dans l'année.
00:13:00Il peut y avoir des dépenses non prévues.
00:13:03Voilà, donc il peut y avoir ça,
00:13:05mais c'est une façon...
00:13:07C'était un niveau minime.
00:13:08Il ne faut pas nous faire croire
00:13:10qu'avant Pompidou, Rothschild,
00:13:12l'État se finançait gratuitement.
00:13:14Non, l'État était à l'équilibre,
00:13:16et il était dans une situation saine.
00:13:18Voilà.
00:13:19Donc, maintenant, l'État se finance sur les marchés,
00:13:21mais s'il se finançait auprès de la Banque de France,
00:13:23c'est l'idée implicite de Mélenchon.
00:13:26Pourquoi se financer sur les marchés ?
00:13:28Autant demander à la Banque de France
00:13:29de nous racheter notre dette.
00:13:31On se rend compte que ça devient tellement facile
00:13:33à ce moment-là,
00:13:34que tout ça finit en ruine et en hyperinflation.
00:13:38Pourquoi ?
00:13:39Parce qu'on fait exposer la quantité de monnaie, quoi.
00:13:42On laisse filer le déficit,
00:13:43et puis on crée de la monnaie
00:13:46qui ne correspond pas à des biens réels
00:13:49et à des services dans l'économie.
00:13:50Donc, la monnaie perd sa valeur.
00:13:52Voilà, la monnaie perd sa valeur,
00:13:53et donc le prix des biens augmente,
00:13:54et les gens sont remunés.
00:13:56On va passer maintenant au projet de budget 2027.
00:14:00Le Premier ministre a annoncé
00:14:01qu'il le déposerait sur le bureau de l'Assemblée
00:14:05le 30 septembre.
00:14:07Au plus tard, on commence l'entretien.
00:14:14Alors, le gouvernement, Philippe Erlin,
00:14:17vise un déficit de 4,9% du PIB en 2027.
00:14:23Est-ce que cet objectif est crédible,
00:14:25alors que le déficit cette année
00:14:27devrait atteindre 5,2% selon la Banque de France ?
00:14:31Alors non, il n'est pas du tout crédible,
00:14:33parce qu'on est un peu bloqué
00:14:35à peu près à 5% du PIB.
00:14:36En 2025, on est à 5,1%.
00:14:38En 2026, cette année,
00:14:40on devrait être à 5,2%.
00:14:41Mais si on ne change rien,
00:14:43on sera à 6,2% en 2027.
00:14:47Notamment parce que la charge de la dette
00:14:49est en train d'exploser.
00:14:50Et ça, c'est une augmentation mécanique
00:14:52à laquelle on ne peut pas couper.
00:14:54Voilà.
00:14:55Donc, pour rester à 5%,
00:14:58il faudrait compenser la hausse mécanique
00:15:01de la charge de la dette
00:15:03et puis d'autres dépenses
00:15:03qui vont arriver aussi,
00:15:04parce que beaucoup de dépenses sociales
00:15:06ou de salaires de fonctionnaires
00:15:07sont plus ou moins liées à l'inflation.
00:15:09Donc, il y a une augmentation
00:15:10un peu mécanique.
00:15:11Il faudrait trouver 10, 15 ou 20 milliards d'économies
00:15:14sur dont le gouvernement est incapable.
00:15:17Le gouvernement ne veut pas non plus,
00:15:18parce qu'on rentre en période électorale.
00:15:21Il ne veut pas compromettre ses chances,
00:15:24la chance de son candidat.
00:15:26On ne sait pas encore lequel, vraiment.
00:15:27Surtout qu'il n'y a pas de majorité.
00:15:29Et en plus, à l'Assemblée nationale,
00:15:30il y a trois blocs.
00:15:31Il n'y a pas de majorité.
00:15:32Et c'est surtout pas en ce moment,
00:15:34dans cette configuration-là,
00:15:36qu'on va commencer à faire
00:15:37des réformes structurelles.
00:15:38Ça, c'est ce qu'avait promis Macron
00:15:41quand il est venu au pouvoir.
00:15:42Il avait dit,
00:15:43je vais faire une politique de l'offre.
00:15:46Certains y ont cru.
00:15:48Il a fait quelques timides avancées.
00:15:50Alors, il a supprimé l'ISF,
00:15:52ce qui est une bonne chose,
00:15:53mais il a créé l'IFI sur l'immobilier.
00:15:55Après, il a fait la flat tax à 30%
00:15:59pour encourager les créateurs d'entreprises.
00:16:01Bon, ça, ça a été un peu remis en cause.
00:16:03On n'est plus à 30, mais à 31,4%.
00:16:07Voilà.
00:16:07Mais bon, il a fait quelques bonnes mesures,
00:16:09mais c'est tout.
00:16:10Et puis après, il s'est arrêté là.
00:16:11Il n'y a pas eu de réforme.
00:16:11C'est au début d'un mandat qu'on fait des réformes.
00:16:14Ce n'est pas en période électorale.
00:16:16Donc, il n'y aura aucune...
00:16:17On peut déjà dire qu'il n'y aura aucune réforme structurelle,
00:16:21aucune vraie baisse des dépenses,
00:16:23éventuellement un gel d'un certain nombre de dépenses,
00:16:26mais pas plus.
00:16:26Et donc, le déficit va augmenter,
00:16:30notamment à cause de la surge de la dette
00:16:31qui, elle, augmente de toute façon.
00:16:33– Et est-ce que ce n'est pas un moyen aussi
00:16:35pour Emmanuel Macron de se dédouaner
00:16:37de ce qui va se passer après,
00:16:40en disant, mais de toute façon,
00:16:41moi, ce n'est plus ma responsabilité.
00:16:42Je n'ai pas à donner à la France
00:16:45un budget spécialement super pour les entreprises.
00:16:47– Oui, enfin, Macron, il est déjà...
00:16:49Il est sur le départ, donc...
00:16:51– Oui.
00:16:51– Voilà, quoi.
00:16:53– Alors, on a des hypothèses pour ce budget.
00:16:58Quelles sont les plus fragiles ?
00:17:00Est-ce que ce sera la croissance,
00:17:02les recettes fiscales ou les économies,
00:17:04si on en annonce ?
00:17:05– Alors, les économies, il n'y en aura pas.
00:17:07Les recettes sont un peu à tonne,
00:17:10justement parce qu'on est en croissance nulle
00:17:12ou même en récession.
00:17:14Donc, il ne faut pas espérer de gains à ce niveau-là.
00:17:17Et les dépenses vont continuer.
00:17:19Alors, il faut aussi un peu remettre les chiffres
00:17:21parce que quand on parle de 5% du PIB,
00:17:23on compare le budget de l'État avec le PIB
00:17:26qui est l'accroissement de richesse de toute l'économie.
00:17:30Mais il faut ramener ça aux chiffres du budget.
00:17:34J'ai pris les chiffres.
00:17:34Pour 2026, les recettes, c'est 319 milliards d'euros.
00:17:40Les dépenses, c'est 454.
00:17:42Ce qui fait un déficit de 135.
00:17:44C'est-à-dire, c'est 42%.
00:17:46C'est-à-dire, le déficit représente 42% des recettes.
00:17:49C'est-à-dire que quand l'État perçoit 100 euros de richesse,
00:17:54d'impôts, il en dépense 142.
00:17:59Et pour que les gens comprennent, vous pouvez imaginer,
00:18:01par exemple, un particulier qui gagne 3200 euros par mois
00:18:05et qui en dépense 4500.
00:18:08Voilà la situation de l'État aujourd'hui.
00:18:10Ou une entreprise qui fait 3,2 millions de chiffres d'affaires
00:18:14et qui a 4,5 millions de dépenses.
00:18:17Elle met la clé sous la porte.
00:18:18Voilà, donc très vite, ça ne peut pas continuer.
00:18:21Pour une entreprise, comme pour un particulier,
00:18:23très vite, les choses s'arrêtent.
00:18:24L'État, lui, il continue parce qu'il lève l'impôt.
00:18:28Et on ne peut pas faire autrement.
00:18:30Mais il faut se rendre compte du niveau de déficit qui est monstrueux.
00:18:33Le déficit, ce n'est pas 5%, c'est 42%.
00:18:36C'est ça, c'est les cas entre dépenses et les recettes.
00:18:40C'est 42%, les cas.
00:18:41Donc on a un budget qui est complètement failli,
00:18:44qui est complètement dysfonctionnel,
00:18:46qui est une situation de faillite complète.
00:18:49C'est-à-dire que pour résoudre ça,
00:18:50il faudrait vraiment des réformes structurales énormes.
00:18:52Bon, qu'on ne va pas du tout mettre en œuvre pour le juillet 2027.
00:18:55Donc ce sera pour le prochain président.
00:18:59Et alors les économies, vous dites qu'il n'y en aura pas.
00:19:01Pourquoi est-ce que c'est toujours aussi difficile ?
00:19:04Même François Bayrou avait proposé de faire 40 milliards d'économies
00:19:08sur un budget.
00:19:10Pourquoi est-ce aussi impossible pour l'administration
00:19:13de faire des économies ?
00:19:15C'est impossible parce qu'il y a beaucoup de résistance.
00:19:19C'est-à-dire qu'à un moment, il faut s'attaquer
00:19:22à la politique de l'immigration, à KME.
00:19:24Il faut s'attaquer aux avantages des fonctionnaires
00:19:26et au nombre de fonctionnaires.
00:19:28Alors, moi, je ne préconise pas…
00:19:31Enfin, le simple fait de ne pas remplacer les départs de fonctionnaires,
00:19:34ce serait déjà un gain énorme.
00:19:35Mais même ça…
00:19:36Nicolas Sarkozy, un sur deux.
00:19:37Voilà, il y avait fait un peu, un sur deux.
00:19:39Bon, enfin, ça peut être…
00:19:41Pendant que les collectivités locales engageaient des fonctionnaires à tour de bras.
00:19:45Alors voilà, c'est-à-dire qu'il faut aussi contrôler ce que font les collectivités locales.
00:19:47Mais au niveau de l'État, le simple fait de ne pas remplacer,
00:19:51ou de faire une limite uniquement dans les fonctions,
00:19:54comme la justice ou la police, bon, d'accord,
00:19:56ça ferait un gain, mais personne ne le fait, quoi.
00:19:59Personne n'a réussi à le faire, quoi.
00:20:01Et quand on voit tous les…
00:20:02Quand on voit les effectifs aux impôts
00:20:06et qu'ils ont été victimes d'un hack,
00:20:08une fuite de données,
00:20:10on se dit « Mais à quoi servent tous ces gens, quoi ? »
00:20:12Ils sont presque 100 000 à Bercy.
00:20:15Et ils ne sont pas capables de préserver la sécurité de nos données fiscales,
00:20:20qui sont des choses très personnelles et très importantes.
00:20:22Oui, les services des impôts ont été piratés,
00:20:24et puis là, récemment, l'Éducation nationale, le ministère.
00:20:27Voilà, donc la conserve tous ces gens, quoi.
00:20:29Donc il y a un moment, il faut se poser des questions de fonds.
00:20:32Et ça, on élu depuis…
00:20:34Voilà, depuis 275, la France est en déficit budgétaire.
00:20:37Et puis il y a les fameuses ZODAC, les agences de l'État,
00:20:41qui coûtent…
00:20:42Alors, les chiffres varient.
00:20:44Je crois que c'est autour de 100 milliards par an.
00:20:46Pourquoi est-ce impossible de taper dans ces agences
00:20:51et lesquelles pourrions-nous garder, finalement ?
00:20:54Il y en a beaucoup qu'on pourrait supprimer,
00:20:56ou en tout cas réduire la voilure.
00:20:58Quelques-unes qu'il faut garder dans les ZODAC,
00:20:59il y a les CEA, le Centre à l'énergie atomique,
00:21:01ou aucun centre de recherche sur l'atomique.
00:21:04Il faut le garder, peut-être éventuellement le réduire,
00:21:06mais le garder.
00:21:07Mais par exemple, l'ADEME, qui coûte 4 milliards par an,
00:21:10on pourrait le supprimer dans un triplume.
00:21:12Le problème, c'est que les gens du pouvoir ont placé plein d'amis là-bas.
00:21:16Voilà, ça permet de recycler des gens.
00:21:18Ça permet d'entretenir tout un réseau de clientèle.
00:21:22Ça, c'est la République d'aujourd'hui.
00:21:23C'est un clientélisme d'État.
00:21:26De droite comme de gauche, voilà.
00:21:29C'est des clientélistes, c'est des réseaux.
00:21:31Et on arrive à une super structure de gens,
00:21:35de hauts fonctionnaires ou de gens qui sont à la tête d'organismes comme ça,
00:21:38qui se cooptent, qui se connaissent.
00:21:40Et donc, personne ne veut faire d'efforts.
00:21:42Alors, il y a aussi une façon de réduire les déficits,
00:21:46c'est d'augmenter les impôts.
00:21:48Est-ce qu'on a encore des marges de manœuvre dans ce domaine ?
00:21:53Si on veut couler encore plus la France, encore plus rapidement,
00:21:56on peut augmenter les impôts.
00:21:57Mais c'est ce qui s'est déjà produit.
00:21:59J'ai noté la Cour des comptes, indiqué, je cite la Cour des comptes,
00:22:02la réduction du déficit budgétaire entre 2024 et 2025,
00:22:06qui est passée de 5,8 à 5,1,
00:22:09est exclusivement imputable aux hausses d'impôts.
00:22:13C'est-à-dire que jusqu'ici,
00:22:16le seul moyen qu'a trouvé l'État, c'est d'augmenter les impôts.
00:22:20Et là, on est en train de passer…
00:22:22C'est ce qu'on apprend à nos énarques de créer de nouveaux impôts.
00:22:26Parce que c'est plus facile.
00:22:27Voilà, donc, soit ils vont geler,
00:22:29ils vont faire un peu les deux,
00:22:30ils vont geler en partie les retraites,
00:22:33ils vont geler un certain nombre de postes comme ça.
00:22:36C'est ce que prévoit d'ailleurs le ministre de l'Économie,
00:22:38M. Lescure, de s'en prendre aux retraites des gens les plus aisés.
00:22:43À la retraite aisée, chez eux, ça commence à 3 000 euros.
00:22:45C'est vrai qu'on est riches avec 3 000 euros.
00:22:47En France, ben oui, maintenant en France,
00:22:49on est riches avec 3 000 euros.
00:22:50Bon, d'accord.
00:22:52Ils vont geler un peu,
00:22:53mais ils vont augmenter un certain nombre d'impôts.
00:22:55Moi, je pense que la fat taxe, là,
00:22:56elle est passée de 30 à 31,4.
00:22:58Ça ne m'étonnerait pas qu'il augmente encore un peu.
00:23:00Bon, voilà, quoi.
00:23:01Et le problème de ça, c'est que ça va encore tuer
00:23:04tout ce qui reste encore un peu vivace dans l'économie.
00:23:07Et donc, on va être vraiment en récession.
00:23:11Et donc, au final, les recettes fiscales risquent de diminuer.
00:23:14C'est à la courbe de l'affaire, quoi.
00:23:15Ça fait longtemps qu'on est de l'autre côté de la courbe de l'affaire.
00:23:19C'est-à-dire que l'augmentation des taux d'impôts,
00:23:22ça rapporte nettement moins que prévu.
00:23:26Et ça casse la croissance.
00:23:28Et ça peut même avoir un rendement négatif.
00:23:30On a fait une taxe sur les yachts, par exemple.
00:23:32Parce qu'il fallait taper sur les méchants riches
00:23:35qui ont des yachts.
00:23:36Bon, qu'est-ce qui s'est passé ?
00:23:37Il n'y a plus de yachts immatriculés en France.
00:23:40Ils sont tous partis en Espagne et en Italie.
00:23:43Et au passage, il y avait pas mal de gens
00:23:47qui travaillaient à l'entretien de ces yachts.
00:23:50Ils ont fait faillite.
00:23:51Ils ont disparu, quoi.
00:23:52Donc, finalement, c'est une perte pour l'économie, quoi.
00:23:55La taxe sur les yachts, c'est un exemple emblématique, quoi.
00:23:58Mais il y a plein de cas où c'est comme ça, quoi.
00:24:00– Alors, la France continue donc d'emprunter,
00:24:03malgré la dégradation de ses comptes publics.
00:24:06Qu'est-ce qui permet encore aujourd'hui aux marchés
00:24:08d'absorber cette dette dans les proportions
00:24:11qui sont celles qu'on connaît ?
00:24:12– Alors, les marchés absorbent la dette,
00:24:14mais de moins en moins,
00:24:16parce que les taux montent en France,
00:24:17mais ils montent aussi pour d'autres pays.
00:24:19Mais ce qui protège encore, en fait, la France,
00:24:22c'est qu'on se trouve dans l'euro.
00:24:25On serait au franc, ça fait longtemps qu'on aurait fait faillite
00:24:29ou qu'on aurait été obligés de changer de politique.
00:24:31Un peu comme, justement, Mitterrand en 1983.
00:24:35Quand il arrivait au pouvoir,
00:24:36là, il se met à distribuer de l'argent en voiture, en voilà.
00:24:40Les déficits budgétaires explosent,
00:24:41les déficits commerciaux explosent.
00:24:44– Avec Morois.
00:24:45– Avec Morois, c'est l'époque, voilà.
00:24:47Et le franc, lui, il commence à décrocher.
00:24:50Voilà.
00:24:50Et c'est ça qui a servi de signal,
00:24:52qui a obligé Mitterrand en 1983 à faire un changement.
00:24:57Alors, on a parlé de Vérage de la Rueur.
00:24:59– Tourment libéral avec Fabius.
00:25:00– Oui, alors tourment libéral, c'est beaucoup dire,
00:25:01parce qu'on est quand même resté dans un système socialiste,
00:25:04mais un peu moins délirant qu'avant, quoi.
00:25:07On a juste un petit peu serré la vis à droite à gauche.
00:25:11Voilà.
00:25:11Et ça a permis, voilà, d'éviter une faillite
00:25:14du franc et d'hyperinflation de l'époque, quoi.
00:25:18Ce qui nous protège, c'est qu'on soit dans l'euro, quoi, voilà.
00:25:20On est dans l'euro, donc on bénéficie de la meilleure santé
00:25:23de tous les autres pays.
00:25:24Alors, pendant longtemps, la France était à mi-chemin
00:25:26entre les pays du Nord, qui étaient très vertueux,
00:25:29et les pays du Sud,
00:25:32qui étaient un peu à la dérive,
00:25:34l'Italie, l'Espagne.
00:25:36Maintenant, il faut savoir que la France
00:25:37est en plus mauvaise situation que les pays du Sud.
00:25:40Quand on regarde le déficit, quand on regarde le taux
00:25:44auquel on emprunte, on est en plus mauvaise...
00:25:45Le taux 4,2 que l'Italie, que la Grèce, que le Portugal.
00:25:50Même la Grèce, qui était en faillite en 2012.
00:25:51On est pire que la Grèce.
00:25:53Donc ça, c'est très grave, parce que la France,
00:25:54c'est beaucoup de l'euro que la Grèce.
00:25:56Donc on ne pourrait pas faire de plan d'aide
00:25:57comme on a fait pour la Grèce.
00:25:58– Et quand vous dites, Philippe Erlain,
00:26:01que c'est l'euro qui nous protège,
00:26:03il y a quand même des gens qui vont faire des bons.
00:26:04Parce qu'il y a quand même un institut libéral allemand
00:26:08qui a dit que l'euro ne bénéficiait au final qu'à l'Allemagne,
00:26:12et que l'euro était trop fort, trop élevé
00:26:15pour l'industrie française.
00:26:17– Alors, au moment où on a créé l'euro, oui.
00:26:20Enfin, quand on dit que l'euro est trop fort
00:26:22pour l'industrie française,
00:26:23c'est parce qu'en France, il y a plus de taxes et d'impôts.
00:26:26Donc on compensait ce niveau de taxes et d'impôts plus élevés
00:26:31par une dévaluation du franc qu'on faisait petit à petit,
00:26:35qui se faisait petit à petit, voilà.
00:26:36Et ça permet, c'est aussi ce que faisait l'Italie,
00:26:39la lire valait encore moins que le franc français,
00:26:42la lire dévaluait, et ça permettait à l'Italie
00:26:45de maintenir à peu près une compétitivité.
00:26:47Et le fait d'être entré dans l'euro,
00:26:49ça a fait qu'une grande partie de l'industrie
00:26:52est allée en Allemagne, ou en Chine, carrément.
00:26:55Mais cette perte de valeur...
00:26:58Je ne dis pas que l'euro est quelque chose de génial,
00:27:01et que ça va nous apporter...
00:27:02L'euro a perdu au moins 30% de sa valeur
00:27:05depuis 1999, depuis son introduction.
00:27:07Mais je suis d'accord, mais je ne dis pas que l'euro
00:27:09est une monnaie géniale et que c'est la garantie de la prospérité.
00:27:12Non, je dis que l'euro, le fait d'être une monnaie commune
00:27:15avec des pays qui sont mieux gérés que nous,
00:27:17et je répète, maintenant l'Italie et l'Espagne
00:27:19sont mieux gérés que nous, ça nous protège.
00:27:21On aurait gardé nos monnaies nationales,
00:27:24on aurait dû faire un virage depuis longtemps.
00:27:28Justement, est-ce que ça n'aurait pas été bien de le faire ?
00:27:30En fait, cette faillite, est-ce que ce n'est pas bien in fine
00:27:33qu'on y aille une bonne fois pour toutes ?
00:27:35Parce que les Français, j'ai l'impression
00:27:36qu'ils n'ont pas pris conscience de la mesure.
00:27:39Donc, si la faillite arrivait,
00:27:41je pense que les Français prendraient conscience
00:27:43et prendraient des mesures.
00:27:44Peut-être changerait le vote,
00:27:46arrêterait de mettre des gens comme Emmanuel Macron au pouvoir.
00:27:48Absolument.
00:27:49Non, mais il aurait en fait été préférable
00:27:52que la crise arrive plus tôt.
00:27:53Parce que là, quand elle va arriver,
00:27:55en fait, il est certainement énorme
00:27:57que ça mettra en péril toute l'Union européenne.
00:28:00Voilà.
00:28:02Donc oui, il aurait mieux valu.
00:28:03C'est évitable, en fait.
00:28:04Parce que dans le système libéral,
00:28:06on sait que les crises, c'est inévitable.
00:28:08Donc, est-ce qu'il y a un système
00:28:10dans lequel les crises n'arriveraient pas ?
00:28:12En fait, les crises...
00:28:13Non, non, non.
00:28:14Un système dans lequel la crise n'arrive pas,
00:28:16c'est un système étatiste.
00:28:17Et quand il tombe, tout s'effondre.
00:28:19C'est genre l'Union soviétique.
00:28:21Les crises, ça fait partie de l'économie,
00:28:23de l'économie libérale.
00:28:25Les faillites, ça fait partie de l'économie libérale.
00:28:27Il y a des entreprises qui font faillite.
00:28:28Mais il y en a aussi qui se créent.
00:28:30Et globalement, les économies libérales,
00:28:32quand on regarde sur la longue durée,
00:28:33elles ont des performances excellentes,
00:28:35nettement meilleures que les économies socialistes.
00:28:38C'est ce que nous a montré l'histoire, quoi.
00:28:41– Mais quand, dans l'Ancien Régime,
00:28:44il y avait une police des prix,
00:28:46est-ce qu'on connaissait, la France connaissait,
00:28:48le Royaume de France connaissait des crises,
00:28:50comme on peut en connaître tous les 10 ans, tous les 30 ans ?
00:28:53– Oui, il y avait des famines à l'époque.
00:28:54Et la police des prix...
00:28:55– Mais est-ce que c'était pas lié aussi
00:28:57au manque de progrès technique à l'époque ?
00:29:00– Bien sûr, mais le fait que les prix soient administrés,
00:29:05ça a amplifié la crise dans l'Ancien Régime.
00:29:09Et l'Ancien Régime est tombé,
00:29:10notamment parce qu'il avait énormément de dettes.
00:29:13Et aussi parce que, comme il n'y avait pas
00:29:15de système de prix libre,
00:29:18dès que les productions de blé diminuaient,
00:29:20ça se traduisait par des famines, quoi.
00:29:22– Donc on a un taux de rendement de l'obligation française
00:29:26qui est en train d'augmenter de semaine en semaine,
00:29:29de 3,9 fin juillet à 4,2 aujourd'hui.
00:29:33Est-ce qu'on est déjà engagé
00:29:35dans une espèce de dynamique de boule de neige ?
00:29:37– Alors c'est un peu tôt pour le dire,
00:29:39parce que ce qu'il faut voir,
00:29:42c'est qu'en fait tous les pays sont concernés
00:29:43par cette hausse des taux d'intérêt.
00:29:46Le Royaume-Uni, il emprunte à 5,7.
00:29:48Les États-Unis sont au-dessus de 5.
00:29:50Le Japon qui, pendant longtemps,
00:29:53empruntait à 1%, il a 3,89.
00:29:55Même l'Allemagne, parce que l'Allemagne,
00:29:57qui jusqu'ici était très vertueuse,
00:29:59et n'avait aucun déficit,
00:30:02a fait supprimer sa loi
00:30:04qui oblige à l'équipe budgétaire
00:30:05pour faire un énorme plan de relance,
00:30:08notamment pour l'armement.
00:30:09Et donc l'Allemagne est emprunte à 3,65 aussi,
00:30:12ce qui est quand même un taux élevé.
00:30:13Maintenant,
00:30:16les problèmes des publics ne sont pas les mêmes partout.
00:30:19Mais le cas de la France est plus mal placé.
00:30:22Déjà, quand on compare la France et l'Allemagne,
00:30:24l'écart entre les taux, c'est 0,85%,
00:30:27ce qui est assez élevé,
00:30:29ce qui correspond au moment de la dissolution, d'ailleurs,
00:30:32qui a provoqué une crainte sur les marchés.
00:30:34Donc on est à un niveau élevé.
00:30:36L'autre chose qui nous fragilise, nous, la France,
00:30:39c'est qu'on a beaucoup d'investisseurs étrangers
00:30:41qui achètent notre dette.
00:30:42On est à plus de 50%.
00:30:44On était à 50% en 2022.
00:30:46On est à 57,5% en 2026.
00:30:49Le reste, c'est la Banque de France,
00:30:51on en a parlé tout à l'heure, 20%.
00:30:52Et puis les banques et assurances françaises,
00:30:55à peu près 22%.
00:30:56Mais il y a plus de la moitié de la dette.
00:30:58Et ça, c'est un taux très élevé.
00:30:59Aux États-Unis, c'est moins d'un tiers.
00:31:01Au Japon, aux États-Unis, c'est moins de 10%.
00:31:04Quasiment pas, en fait.
00:31:06C'est quoi le risque d'avoir sa dette détenue à l'étranger ?
00:31:09Eh bien, le risque, c'est que c'est des gens
00:31:10qui peuvent tout d'un coup décider d'arrêter d'en acheter
00:31:13ou revendre celles qu'ils ont.
00:31:14Parce que l'État français n'a pas de prise sur eux.
00:31:17Ce sont des banques ou des fonds de pension
00:31:20anglais ou allemands.
00:31:22Ce sont des fonds souverains du Moyen-Orient.
00:31:26Ce sont des fonds américains.
00:31:28Est-ce que c'est aussi le risque de voir ces puissances
00:31:30dire au gouvernement français
00:31:31« Bon, vous déconnez trop, maintenant vous allez faire
00:31:33telle réforme dans l'intérêt qui est le nôtre ? »
00:31:36Ils ne diront même pas aux fonds de telle réforme.
00:31:38Ils exigeront des taux plus élevés,
00:31:40ce qui est déjà le cas aujourd'hui.
00:31:41Parce que ça coûte plus cher à la France
00:31:43qu'à l'Allemagne d'emprunter.
00:31:45Ce qui veut bien dire que les investisseurs étrangers
00:31:48mettent la France en dessous de l'Allemagne
00:31:49en termes de sérieux.
00:31:51Et puis, si un jour, ils voient que ça peut arriver rapidement,
00:31:54si ils voient que la situation dérape,
00:31:56là, ils vont voir le budget 2027,
00:31:57il ne va rien se passer,
00:31:58le déficit doit augmenter,
00:32:00ils vont se dire qu'on va commencer à vendre
00:32:02la dette française.
00:32:03Et là, les taux,
00:32:04là, on peut rentrer dans un phénomène de boule de neige.
00:32:06C'est-à-dire, on passe à 4, on passe à 5, 6,
00:32:10et là, ça devient, on est étranglé financièrement.
00:32:12Et ça, c'est quelque chose, moi, je dis,
00:32:13c'est quelque chose qui peut arriver.
00:32:14Alors, on ne va pas faire de catastrophistes,
00:32:16on ne va pas faire de...
00:32:18Il ne peut rien se passer,
00:32:19mais depuis le temps qu'on dit que ça va mal,
00:32:23on peut toujours considérer que ça peut continuer
00:32:25d'aller mal encore pendant 5 ans, pendant 10 ans.
00:32:27Je ne pense pas aussi longtemps quand même.
00:32:29C'est-à-dire que là, on commence à atteindre
00:32:30un peu les limites.
00:32:32Surtout que d'autres pays atteignent les limites.
00:32:33Philippe Erlin, à partir de quel moment
00:32:35on peut parler d'une véritable crise de la dette ?
00:32:38Est-ce que c'est l'indicateur du taux à 10 ans
00:32:43qui est à 4,2 ans,
00:32:44qu'il faut regarder à partir de quand
00:32:46on arrive dans une crise de la dette sérieuse ?
00:32:48C'est ça, c'est cet indicateur-là qu'il faut surveiller.
00:32:51Le taux de la dette à 10 ans.
00:32:52Pourquoi 10 ans ?
00:32:53Parce que c'est l'obligation la plus courante.
00:32:56C'est celle qui est émise dans le plus gros volume,
00:32:59aussi bien en France qu'aux États-Unis, qu'en Allemagne.
00:33:01Donc, c'est le taux de la dette à 10 ans,
00:33:04des obligations émises à 10 ans,
00:33:06qui sert de référence.
00:33:08Si nos investisseurs étrangers commencent à avoir des doutes...
00:33:12Une chose aussi qu'a notée la Banque de France,
00:33:14c'est qu'il y a de plus en plus de hedge funds
00:33:16qui achètent la dette de la France,
00:33:18c'est-à-dire ce qu'on appelle des fonds vautours.
00:33:20Ceux qui s'étaient fait connaître déjà en 2008
00:33:22avec la crise des Lehman Brothers.
00:33:24Voilà.
00:33:24Ou le plus ancien, c'est Soros,
00:33:26qui a, en les années 90, 92...
00:33:29Qui a fait sauter la banque d'Angleterre.
00:33:30Qui a fait sauter la livre.
00:33:31Parce que la banque d'Angleterre a dit
00:33:33qu'on va maintenir la parité dans le serpent monétaire européen.
00:33:36Et puis Soros a pris position contre.
00:33:38Et finalement, il a gagné.
00:33:40Et ça lui a permis d'empocher
00:33:42une grande partie de sa fortune d'aujourd'hui.
00:33:46On en coûte des fonds par un signe.
00:33:47Voilà.
00:33:48Donc, le problème, c'est que quand la situation devient fragile,
00:33:52il y a des hedge funds comme ça
00:33:53qui se positionnent pour empocher la mise
00:33:56en prenant des paris.
00:33:58En faisant le pari que la déclaration du Premier ministre
00:34:02ne sera pas suivie des faits
00:34:04et que les taux continueront d'exploser.
00:34:07Voilà.
00:34:07Des choses comme ça.
00:34:08Et à ce moment-là, eux, ils empochent la mise
00:34:12quand les taux montent effectivement.
00:34:14ou quand il y a un événement, ce type-là.
00:34:18Et comme c'est les gens qui décident.
00:34:19Et donc, le fait qu'ils achètent...
00:34:20On va forcément aller vers ce genre de taux.
00:34:22Mais moi, j'aimerais que vous me disiez, Philippe Erlin,
00:34:24à partir de quel taux on rentre dans la crise ?
00:34:28Est-ce qu'il faut qu'on arrive vers 6%
00:34:31sur l'obligation française à 10 ans ?
00:34:33C'est 7% ?
00:34:34Je ne dirais pas un chiffre en tant que tel.
00:34:36Je dirais plutôt celui qu'il faut surveiller,
00:34:38c'est l'écart avec l'Allemagne.
00:34:39Parce que l'Allemagne, pourquoi ?
00:34:40Parce que c'est le premier partenaire économique
00:34:42et c'est le plus grand pays d'Europe.
00:34:45Ils sont dans l'euro comme nous,
00:34:46parce qu'on ne va pas non plus comparer
00:34:47avec le Yen et le Dollar,
00:34:48qui ont des problématiques différentes.
00:34:52Aujourd'hui, on a un peu moins de 1%.
00:34:54Si l'écart se met à bouger...
00:34:55Il y a 55% d'écart, là.
00:34:57Non, non, non, non.
00:34:58Entre 3,65 et 4,2.
00:35:00Voilà, voilà.
00:35:03On est à 0, oui.
00:35:04Voilà, si cet écart...
00:35:05Si cet écart se met à grimper fortement, rapidement,
00:35:09ça, c'est un signal de crise.
00:35:11Voilà.
00:35:12Alors, on a une mission de 4 économistes indépendants
00:35:16qui a remis au gouvernement, c'était en juillet,
00:35:19un rapport sur la transparence des finances publiques
00:35:23à politique inchangée.
00:35:25Elle prévoit un déficit de 5,9% du PIB.
00:35:30L'année prochaine, contre 4,9%,
00:35:33on en parlait tout à l'heure,
00:35:34affiché par le gouvernement.
00:35:35Donc, pourquoi cette mission prévoit un tel écart
00:35:38entre ce que prévoit le gouvernement
00:35:39et ce qu'elle estime ?
00:35:41C'est ce qu'on disait un peu tout à l'heure.
00:35:42C'est-à-dire qu'il n'y aura pas de réforme.
00:35:45Il y a la charge de la dette qui augmente mécaniquement.
00:35:48Donc, le déficit va augmenter dans cette proportion.
00:35:52Et donc, ça, c'est un élément
00:35:54qui pourrait déclencher une crise de confiance
00:35:57au niveau international.
00:35:58C'est-à-dire que les investisseurs se disent
00:36:00« La France ne fait rien,
00:36:02ne fait aucun effort pour diminuer
00:36:04son investisseur budgétaire. »
00:36:07Et ça, ça peut créer une crainte
00:36:08sur les investisseurs.
00:36:09Mais est-ce que l'État français
00:36:11veut cette crise ?
00:36:12Parce qu'ils font tout pour y aller.
00:36:14Non, non.
00:36:14Alors, l'État français,
00:36:15comme il fait du déficit depuis plus de 50 ans,
00:36:19il se dit…
00:36:19Depuis 74, exactement.
00:36:21Voilà, le budget 75,
00:36:22le premier budget Giscard-Chirac,
00:36:24le premier budget en déficit,
00:36:25il se dit « Ça va encore bien tenir un an ou deux. »
00:36:29Il croise les doigts.
00:36:30Puisque là, tout va bien.
00:36:31Il croise les doigts.
00:36:31Voilà.
00:36:32Après, nous, le déluge.
00:36:34C'est les formules.
00:36:37Donc, il pense que ça va permettre
00:36:39de passer l'élection présidentielle
00:36:40et il refile la patate chaude
00:36:43aux successeurs.
00:36:44Voilà.
00:36:44Et alors, j'ai vu cette information
00:36:46qui tourne sur Internet.
00:36:48C'est ces fameux 9 000 milliards
00:36:51de droits de succession
00:36:53qui vont arriver dans les années à venir.
00:36:58C'est ce que les boomers vont laisser
00:37:01à leurs héritiers.
00:37:03Et l'État va prendre une partie.
00:37:04Alors, est-ce que l'État compte
00:37:06se refaire la cerise
00:37:08sur ce qu'elle va ponctionner aux boomers ?
00:37:11Oui, c'est-à-dire…
00:37:12Aux enfants du baby-boom.
00:37:13Ce qu'on disait tout à l'heure,
00:37:14l'État, en fait, ne veut faire aucun effort
00:37:16et il va toujours chercher de nouveaux impôts.
00:37:18Et là, il voit arriver tout…
00:37:20Le magot.
00:37:21Le magot, c'est-à-dire 9 000 milliards
00:37:23de patrimoine accumulé par…
00:37:259 000 milliards !
00:37:269 000 milliards accumulés par…
00:37:28Donc, on est à plusieurs fois la dette.
00:37:29Donc, ils se disent,
00:37:30on pourrait se servir un peu.
00:37:31Ça permettrait de souffler un peu.
00:37:33Bon.
00:37:34Ce qu'il faut savoir,
00:37:34c'est qu'en fait,
00:37:35ces 9 000 milliards,
00:37:36ils subissent déjà une fiscalité
00:37:38qui est très élevée
00:37:39parce que la France a l'impôt sur l'arrêtage
00:37:42le plus élevé d'Europe.
00:37:44Et puis, il y a plein de taxes par ailleurs,
00:37:46la flat tax…
00:37:47Enfin bon.
00:37:48Donc, il ne faut pas croire
00:37:49que ces 9 000 milliards,
00:37:50ils vont pouvoir aller d'une génération
00:37:52à l'autre sans rien…
00:37:54Non, ils vont déjà payer.
00:37:55Ils vont déjà payer beaucoup
00:37:57par rapport aux autres pays.
00:37:58C'est ce que Mme Browne-Pivet,
00:38:00d'ailleurs,
00:38:00la présidente de l'Assemblée nationale,
00:38:03dénonçait l'autre jour
00:38:03en disant que l'héritage,
00:38:05cette chose qui vous tombe ici,
00:38:06ça suffit.
00:38:07Non, mais ça, c'est un scandale.
00:38:09C'est extraordinaire.
00:38:10Il n'y aurait pas d'héritage,
00:38:12on en saura encore
00:38:13à l'époque des cavernes.
00:38:14C'est justement parce qu'une situation
00:38:15est capable d'avoir un héritage
00:38:18au niveau collectif
00:38:19et au niveau des individus.
00:38:20Parce que l'héritage,
00:38:21ce n'est pas uniquement l'argent
00:38:22qu'ençoit de ses parents,
00:38:23c'est aussi l'éducation.
00:38:24C'est sous le fait
00:38:25qu'ils nous permettent
00:38:25de faire des études.
00:38:26C'est tout ça, l'héritage.
00:38:28Et c'est grâce à ça
00:38:29qu'une société progresse.
00:38:30Donc, dire on supprime l'héritage,
00:38:32c'est une imbécilité complète.
00:38:35C'est le totalitarisme.
00:38:36Voilà.
00:38:36Et donc, pour revenir
00:38:38à ce magot 9 milliards,
00:38:39oui, beaucoup pensent
00:38:40taper dedans.
00:38:41Mais en fait,
00:38:42il faut savoir qu'on tape
00:38:43déjà dedans.
00:38:44Beaucoup et beaucoup trop.
00:38:45Et donc, cela augmente.
00:38:47Beaucoup vont partir à l'étranger,
00:38:48beaucoup vont trouver
00:38:49d'autres moyens.
00:38:49Il y a déjà des gens
00:38:50qui partent en Italie
00:38:52parce que l'Italie
00:38:53est un pays
00:38:53où les droits de succession
00:38:55sont quasiment nuls.
00:38:56Ils sont quasiment nuls.
00:38:57L'Italie devient
00:38:58un paradis fiscal.
00:38:59On aura dit ça
00:39:00il y a quelques années.
00:39:01l'Italie.
00:39:02Mais en France,
00:39:03on est tellement
00:39:03assommé d'impôts
00:39:04à tous les niveaux
00:39:06que même l'Italie
00:39:06devient un paradis fiscal.
00:39:07Et effectivement,
00:39:08on sait qu'il y a
00:39:08beaucoup de Français
00:39:09qui vont en Italie
00:39:10pour transmettre
00:39:11leur capital.
00:39:11Donc, tous ceux
00:39:12qui ont un capital important
00:39:13parce que...
00:39:15Alors, si c'est
00:39:16les entreprises
00:39:17situées en France,
00:39:19les héritiers seront
00:39:20obligés de les vendre
00:39:21à des investisseurs étrangers
00:39:23ou à des grandes
00:39:24entreprises françaises,
00:39:25mais surtout
00:39:25aux investisseurs étrangers.
00:39:26C'est le cas, par exemple,
00:39:27pour les domaines viticoles
00:39:28qui valent très cher
00:39:29mais qui ne rapportent pas
00:39:30forcément beaucoup
00:39:31d'année en année, quoi.
00:39:32Mais bon.
00:39:33Beaucoup.
00:39:34Ils sont obligés de vendre.
00:39:36Donc ça, c'est une perte
00:39:37de sustance,
00:39:38une perte de capital.
00:39:39– Il y a des Chinois
00:39:39qui rachètent derrière.
00:39:40– Voilà, des Chinois,
00:39:41américains, des fonds,
00:39:42voilà, qui rachètent derrière.
00:39:45Et puis, pour ceux qui ont vraiment
00:39:46beaucoup d'argent,
00:39:48ben, ils vont en Italie, quoi.
00:39:49Ils vont pas...
00:39:50Déjà, l'impôt sur l'État
00:39:51aujourd'hui est élevé.
00:39:52Si, en plus, il est relevé
00:39:54parce que les députés,
00:39:55le pouvoir veut piquer
00:39:57dans ce magot,
00:39:58ben, ils iront à l'étranger, quoi.
00:40:00– Alors, le rapport
00:40:01de cette mission,
00:40:02de ces quatre économistes,
00:40:03estime aussi que la dette
00:40:05pourrait dépasser
00:40:08130% du PIB en 2030,
00:40:11peut-être même avant,
00:40:13à politique inchangée,
00:40:14est-ce que ce scénario
00:40:15est encore évitable ?
00:40:16– Non.
00:40:17Non, non, on y va.
00:40:18On y va tout droit.
00:40:20Pour qu'il soit évitable,
00:40:21il ne nous faudrait
00:40:22un raveil milleille, quoi, voilà.
00:40:24C'est-à-dire, on en est là.
00:40:26– Couper...
00:40:26– À la tronçonneuse.
00:40:28– Ouais.
00:40:28– On en est là.
00:40:29C'est la seule façon.
00:40:30C'est pas en serrant la vie
00:40:32sur la droite à gauche,
00:40:33en tapant sur quelques dépenses
00:40:35excessives,
00:40:36sur quelques gabegies.
00:40:37Oui, il faut le faire
00:40:38et ça rapportera,
00:40:39mais c'est pas suffisant.
00:40:40Il faut y aller à la tronçonneuse
00:40:41et il faut...
00:40:42Et moi, je considère
00:40:43que c'est le modèle social français
00:40:44qui nous met dans la mouise.
00:40:46– Le modèle social
00:40:47hérité de 1945 ?
00:40:48– Voilà.
00:40:49– Qui était bon
00:40:49dans les années 1945
00:40:51et aujourd'hui,
00:40:52c'est obsolète.
00:40:53– Voilà, tous les politiques
00:40:53nous disent
00:40:54qu'il faut sauver
00:40:54le modèle social français.
00:40:55Non.
00:40:56Déjà, la traite par répartition,
00:40:57on se rend compte
00:40:58qu'elle est en faillite complète.
00:40:59Donc, il faut passer
00:41:00à une dose de capitalisation.
00:41:02Mais ça, encore,
00:41:03c'est difficile à faire accepter.
00:41:05On a un secteur public
00:41:06qui est beaucoup trop lourd.
00:41:07On a beaucoup trop de fonctionnaires.
00:41:08Donc, il faut diminuer massivement
00:41:11le nombre de fonctionnaires.
00:41:13Voilà.
00:41:13Il faut faire des vraies réformes
00:41:14à la tronçonneuse.
00:41:16Est-ce qu'il y a une offre
00:41:17aujourd'hui en France ?
00:41:19Je ne vois pas trop.
00:41:20– On va vous poser...
00:41:21Je vais vous poser la question
00:41:22tout à l'heure.
00:41:23Mais que révèle finalement
00:41:24ce rapport
00:41:25sur la manière
00:41:27dont la France
00:41:28et ses ministres
00:41:29construisent
00:41:29les trajectoires budgétaires ?
00:41:31– Justement,
00:41:32ils ne construisent pas.
00:41:33Ils se contentent
00:41:34de laisser avancer les choses
00:41:37en espérant
00:41:38que la crise
00:41:39n'arrivera pas
00:41:40pendant qu'ils seront au pouvoir.
00:41:41Et ils se disent
00:41:42que ce sera pour le prochain.
00:41:44– Alors,
00:41:44on peut évidemment
00:41:47finir cette émission
00:41:48sur une sortie de crise
00:41:50éventuelle.
00:41:51Philippe Erlin,
00:41:52s'il y avait
00:41:53trois mesures prioritaires
00:41:54à prendre
00:41:55dès l'année prochaine
00:41:56pour remettre
00:41:57les finances françaises
00:41:58sur une trajectoire soutenable ?
00:42:00– Moi, une chose
00:42:00qui pourra être faite
00:42:02très facilement,
00:42:04c'est supprimer
00:42:05tout ce qui relève
00:42:06de la transition énergétique
00:42:07parce que ça,
00:42:08ça pèse énormément.
00:42:10– C'est 40 milliards,
00:42:11je crois,
00:42:11par an.
00:42:12– En fait,
00:42:12c'est plus
00:42:12parce que si on compte
00:42:14les dépenses induites,
00:42:16par exemple,
00:42:16les DPE,
00:42:17alors ce n'est pas l'État
00:42:18qui dépense de l'argent
00:42:19de l'État,
00:42:20mais l'État vous oblige
00:42:22si vous êtes propriétaire
00:42:22et que vous louez
00:42:24à faire des travaux
00:42:25pour obtenir le bon DPE.
00:42:27Voilà.
00:42:27Donc,
00:42:27si on intègre
00:42:28toutes les dépenses,
00:42:29il y a une émission
00:42:29qui a été faite,
00:42:30on n'est pas loin
00:42:30de 100 milliards.
00:42:31– D'accord.
00:42:32– Dépenses directes
00:42:33de l'État,
00:42:34par exemple,
00:42:34les subventions
00:42:35qui sont versées
00:42:37aux éoliennes,
00:42:38par exemple,
00:42:39bon, voilà.
00:42:39Et puis,
00:42:40les dépenses induites
00:42:41par la réglementation,
00:42:42le bonus-malus
00:42:43pour les voitures électriques,
00:42:44par exemple,
00:42:45parce que vous achetez
00:42:46une voiture électrique,
00:42:46vous bénéficiez
00:42:47d'un bonus,
00:42:48mais il est payé
00:42:49par d'autres Français,
00:42:50ceux qui achètent
00:42:51une voiture thermique.
00:42:52Donc, ça aussi,
00:42:52il faut en tenir compte.
00:42:54Et tout ça,
00:42:54ça représente un point énorme.
00:42:55– Si vous arrivez
00:42:57chez Lipperlin
00:42:58en proposant
00:43:00de tailler
00:43:02dans les dépenses
00:43:03écologiques,
00:43:04on va vous dire,
00:43:04mais le réchauffement climatique,
00:43:06les Français ont souffert
00:43:07tout l'été
00:43:08de la canicule,
00:43:09ils vont tous
00:43:10vous sauter dessus.
00:43:10– Non, mais le réchauffement
00:43:11climatique
00:43:13existe,
00:43:15légèrement.
00:43:16Maintenant,
00:43:16est-ce qu'il est
00:43:17à 100% dû
00:43:19à l'activité humaine ?
00:43:20Ça, je le conteste.
00:43:22Et beaucoup d'autres
00:43:23le contestent.
00:43:23Voilà.
00:43:24– C'est ce qui vous a valu
00:43:25un certain problème.
00:43:27– C'est ce qui m'a valu
00:43:29une condamnation
00:43:30de l'ARCOM,
00:43:30enfin de CNEOS,
00:43:31pour reciter mon intervention.
00:43:32Je ne voudrais pas
00:43:33qu'il arrive la même chose
00:43:34à TV Liberté.
00:43:35Donc, contredisez-moi.
00:43:36Mais non, pas du tout,
00:43:37Philippe,
00:43:38vous dites n'importe quoi.
00:43:39Voilà, très bien.
00:43:40Merci, coucou l'ARCOM.
00:43:43Et j'ai envie de dire,
00:43:45même si on y croit,
00:43:46on peut au moins
00:43:47mettre ça sur pause.
00:43:49Et ça ferait déjà
00:43:50un point énorme
00:43:51en moins
00:43:52qui pèse sur l'économie.
00:43:53Nos factures d'électricité,
00:43:54elles ont été en gros
00:43:55multipliées par deux
00:43:55depuis 2010.
00:43:56et si on continue
00:43:57la politique
00:43:58telle qu'elle est menée
00:43:59avec la PPE 3,
00:44:01la politique d'énergie,
00:44:01– Ça va être
00:44:01un nouveau doublement.
00:44:02– Ça va être
00:44:02un nouveau doublement.
00:44:03Donc, le fait
00:44:04de bazarder
00:44:05toute cette politique,
00:44:06ça va permettre
00:44:07d'arrêter l'augmentation
00:44:08des factures d'électricité,
00:44:09ce qui est déjà pas mal.
00:44:11Et puis,
00:44:11au fur et à mesure
00:44:12qu'on démantèlera
00:44:13les éoliennes,
00:44:14qui ne servent à rien,
00:44:15on pourra diminuer
00:44:16cette facture.
00:44:17tout ce qui relève
00:44:18de la transition
00:44:19analytique,
00:44:20c'est déjà quelque chose
00:44:20d'énorme,
00:44:21qui peut permettre
00:44:23vraiment de…
00:44:23Et ça peut être fait
00:44:24très rapidement.
00:44:25– Si on ne fait rien,
00:44:27si on continue
00:44:28avec la même trajectoire
00:44:30qui est décidée
00:44:32d'année en année
00:44:33depuis les 10 années
00:44:34du mandat Macron,
00:44:36dans quelle situation
00:44:37les finances françaises
00:44:39se retrouveront
00:44:39dans 5 ans ?
00:44:40– En 5 ans,
00:44:42on sera peut-être
00:44:42en faillite,
00:44:43c'est un peu difficile
00:44:45de voir si on a…
00:44:45– Mais la faillite
00:44:46sera déclarée,
00:44:47moi je me souviens
00:44:47que Fillon
00:44:48nous disait déjà
00:44:49en 2010
00:44:50qu'il était à la tête
00:44:51d'un État en faillite
00:44:52ou en 2008.
00:44:53– En fait,
00:44:53ce qui nous protège,
00:44:54je reviens encore
00:44:54à l'euro,
00:44:56c'est que la France
00:44:57ne peut pas faire faillite
00:44:59parce que si la France
00:45:00fait faillite,
00:45:00l'euro explose.
00:45:02On n'est pas comme la Grèce,
00:45:03la Grèce c'est 300 milliards
00:45:04de dette,
00:45:04nous c'est 3500,
00:45:05c'est pas du tout
00:45:06même niveau.
00:45:07Donc en fait,
00:45:08si la France
00:45:08se trouvait en situation
00:45:09de faillite,
00:45:10c'est-à-dire une explosion…
00:45:10– Comme la Grèce
00:45:11a pu l'être
00:45:12dans une situation
00:45:13de quasi-faillite.
00:45:13– Voilà,
00:45:13c'est-à-dire comme la Grèce
00:45:14une explosion du taux d'intérêt
00:45:16pour se refinancer
00:45:17sur les marchés,
00:45:18à ce moment-là,
00:45:18la Banque centrale
00:45:19pourrait dire,
00:45:20pour éviter une explosion
00:45:21de l'euro,
00:45:22je vais acheter la dette
00:45:23de la France
00:45:24et à ce moment-là,
00:45:24les taux vont retomber
00:45:25et ce sera de la planche à billets.
00:45:27Sauf que ça ne va pas plaire
00:45:29à l'Allemagne
00:45:29et sauf que ça va se traduire
00:45:31au bout d'un moment
00:45:32par de l'inflation.
00:45:34Mais là encore,
00:45:35l'euro nous protège.
00:45:36On peut éviter une crise.
00:45:38Maintenant,
00:45:38ça peut être…
00:45:39Malgré ça,
00:45:40il peut y avoir
00:45:41un explosion de l'euro
00:45:43qui peut se produire.
00:45:44– On est à quelques mois
00:45:45de l'élection présidentielle
00:45:47de 2027.
00:45:47Les candidats se préparent.
00:45:50Lequel vous paraît
00:45:51aujourd'hui le plus crédible
00:45:52pour redresser
00:45:53les finances de l'État ?
00:45:55– Alors,
00:45:55je n'en vois pas trop.
00:45:56C'est pour ça que moi,
00:45:56j'ai essayé de lancer
00:45:57ma candidature,
00:45:58vous savez,
00:45:58sous les auspices
00:45:59de Yasi Boukele,
00:46:01le président de Salvador,
00:46:03qui a obtenu
00:46:04d'excellents résultats
00:46:04dans le domaine économique,
00:46:07notamment comme promoteur
00:46:08du bitcoin,
00:46:09et qui a aussi obtenu
00:46:10d'excellents résultats
00:46:11dans le domaine
00:46:11de la sécurité.
00:46:12Il a construit des prisons,
00:46:13il a mis tous les gangs.
00:46:14Maintenant,
00:46:15c'est un des pays
00:46:15les plus sûrs du monde.
00:46:17Donc,
00:46:17c'est pour ça que mon slogan,
00:46:18c'est des bitcoins
00:46:19et des prisons.
00:46:20Comme ça,
00:46:20c'est un programme clair,
00:46:22net, voilà.
00:46:23– Vous êtes sous les auspices
00:46:24de ce président ?
00:46:25– De Boukele
00:46:26et de Raveille-Mille.
00:46:27– Vous êtes en contact
00:46:28avec ce président.
00:46:29– Et de Raveille-Mille aussi,
00:46:30qui est aussi une source,
00:46:32une référente,
00:46:32parce qu'on voit
00:46:34les résultats
00:46:34qu'il a obtenus.
00:46:35Et au départ,
00:46:36la plupart des économistes
00:46:37qui sont tous liés
00:46:38à l'État ou de gauche
00:46:39ont dit qu'il allait se planter.
00:46:41Or, l'Argentine
00:46:42se redresse extrêmement rapidement.
00:46:44Par exemple,
00:46:44un autre secteur
00:46:45où les Français
00:46:46rencontrent des difficultés,
00:46:47c'est le logement.
00:46:48C'est extrêmement difficile
00:46:49le logement,
00:46:51aussi bien locatif,
00:46:53les étudiants
00:46:54ont beaucoup de problèmes
00:46:54pour se loger,
00:46:55les jeunes actifs
00:46:56ont beaucoup de problèmes
00:46:56pour se loger.
00:46:57Mille,
00:46:58en quelques mois,
00:46:58il a inversé la situation.
00:47:00En France,
00:47:00on pourrait faire pareil.
00:47:01On supprime toutes les règlements.
00:47:02On supprime le DPA.
00:47:03– Mais on est dans l'Union européenne.
00:47:04L'Argentine n'est pas
00:47:06sous la tutelle
00:47:07d'une institution
00:47:09supranationale.
00:47:09– Oui, mais on a quand même
00:47:10suffisamment
00:47:11de marge de manœuvre.
00:47:12Moi, je ne dis pas
00:47:12qu'il faut sortir de l'Europe
00:47:14et que c'est une solution magique.
00:47:15C'est un peu trop facile
00:47:16de dire ça.
00:47:17On a suffisamment
00:47:18de marge de manœuvre
00:47:19pour montrer
00:47:19qu'on peut s'en sortir.
00:47:20– Ce qu'a fait
00:47:21Georgia Méloni,
00:47:22par exemple ?
00:47:22– Après…
00:47:23– Est-ce que c'est suffisant ?
00:47:24– Non, parce qu'au niveau économique,
00:47:27elle n'a pas fait grand-chose.
00:47:28Donc, pour moi,
00:47:29ce n'est pas la référence.
00:47:30– Elle a réduit son déficit,
00:47:31je crois qu'elle est à peine
00:47:32au-dessus de trois.
00:47:33– Un peu.
00:47:33Alors, notamment
00:47:33parce qu'elle a tapé
00:47:36sur toute la transition énergétique.
00:47:37Elle a fait sauter
00:47:38plein de dispositifs.
00:47:39Donc, ça aussi,
00:47:40ça montre
00:47:40que c'est une bonne politique.
00:47:42Maintenant,
00:47:42elle n'est pas allée
00:47:42vraiment plus loin.
00:47:43Elle n'a pas fait
00:47:44de la tronçonneuse.
00:47:45Alors que le secteur public italien
00:47:46est aussi quelque chose.
00:47:47En tant que moi,
00:47:48ma référence est plutôt au milleil.
00:47:49– La France a besoin
00:47:50d'un coup de tronçonneuse.
00:47:51– La France a besoin de ça.
00:47:53Sur certains aspects,
00:47:54on pourrait se heurter à l'Europe,
00:47:55mais il faudrait engager
00:47:57un rapport de force,
00:47:58ce qui n'a jamais été fait
00:48:00depuis le général de Gaulle,
00:48:01en fait.
00:48:01Donc, il ne faut pas parler
00:48:02de Frexit tout de suite.
00:48:03Il faut d'abord
00:48:04taper du pain sur la table
00:48:05et dire que la France
00:48:07défend une Europe des nations.
00:48:09Et moi, je suis convaincu
00:48:10qu'il y a une majorité
00:48:10de pays en Europe
00:48:11qui seraient d'accord
00:48:12pour cette politique.
00:48:13Mais la France
00:48:13n'a jamais dit cela
00:48:16depuis le général de Gaulle.
00:48:18Il faut d'abord parler de ça, voilà.
00:48:20Mais on a déjà
00:48:20les marges de manœuvre
00:48:21pour le logement.
00:48:23On fait sauter les lois,
00:48:24on fait sauter la loi SRU,
00:48:25ça, l'Europe n'a rien à nous dire.
00:48:26On fait sauter les DPE,
00:48:28on baisse la fiscalité.
00:48:30On fait une loi anti-squat
00:48:32extrêmement sévère,
00:48:33c'est-à-dire qu'un squatteur
00:48:34arriverait dans les trois jours,
00:48:35point à la ligne.
00:48:35Bon, on prend quelques décisions
00:48:37comme ça,
00:48:38qui sont assez faciles à prendre,
00:48:40assez rapides.
00:48:41Immédiatement,
00:48:41le marché du logement
00:48:42va se retourner.
00:48:43immédiatement,
00:48:44le nombre de biens disponibles
00:48:45va se remettre à augmenter
00:48:47et immédiatement,
00:48:48la situation va s'améliorer
00:48:49concrètement pour les gens.
00:48:51Et ça, c'est aussi...
00:48:51Voilà, donc l'énergie,
00:48:53le logement,
00:48:54on est sur des éléments fondamentaux.
00:48:56Il y a des leviers, vous dites,
00:48:58des marges de manœuvre
00:48:59à l'échelle nationale,
00:49:01avant d'éventuellement
00:49:02de sortir de l'Union européenne,
00:49:04de l'euro,
00:49:05de l'OTAN.
00:49:05Évidemment,
00:49:06après, on verra,
00:49:07mais il y a déjà
00:49:08plein de choses à faire,
00:49:09parce que quand un gouvernement
00:49:10s'installe,
00:49:10il faut qu'il profite
00:49:12des premiers mois
00:49:13pour mettre en œuvre
00:49:14ses politiques.
00:49:15C'est pas au bout de trois ans,
00:49:16voilà,
00:49:16par des décrets.
00:49:17Et ce qu'a fait...
00:49:18Et moi, l'idée que je propose,
00:49:19d'ailleurs,
00:49:20je ne propose pas un programme,
00:49:21je propose un déprogramme,
00:49:23je veux dire déprogrammer,
00:49:24c'est-à-dire que plutôt
00:49:25que de faire de nouvelles lois
00:49:26qui vont encore s'accumuler...
00:49:27Tableau rase.
00:49:28C'est plutôt supprimer
00:49:29tout un tas de lois
00:49:29qui ont été mises en œuvre
00:49:30depuis ces dernières décennies
00:49:32et qu'il faut supprimer.
00:49:33C'est ce qu'a fait Milley.
00:49:34Il a fait un méga décret
00:49:35qui consistait à supprimer des lois.
00:49:38Voilà, il y a tout un tas de lois
00:49:39qu'il faut supprimer en France
00:49:40et qui vont redonner
00:49:41de la liberté aux gens
00:49:42et l'économie va redémarrer.
00:49:44Et ça, c'est très facile à faire,
00:49:46beaucoup plus
00:49:47que de créer de nouvelles lois.
00:49:48Enfantin ?
00:49:49Enfantin, non,
00:49:50mais c'est faisable.
00:49:51Et l'expérience argentine
00:49:53a montré que c'était possible
00:49:54et que ça donnait un résultat
00:49:56très rapide dans les mois,
00:49:57dans les premiers mois.
00:49:58Et ça, vous pensez
00:49:59que les marchés suivraient
00:50:00de telles décisions ?
00:50:02Je pense que les marchés
00:50:03seraient contents de voir
00:50:04que, enfin,
00:50:05la France redémarre,
00:50:07retrouve de la croissance
00:50:08et favorise les créateurs
00:50:10de richesses,
00:50:10les entreprises
00:50:11et que le pouvoir d'achat
00:50:13se remette à augmenter
00:50:14et que la croissance revient.
00:50:16Ça sera le mot de la fin.
00:50:17Merci à vous, Philippe Erlin,
00:50:19d'avoir accepté notre invitation.
00:50:22Dans un instant,
00:50:23la chronique économique
00:50:25et financière
00:50:26de Philippe Béchade.
00:50:28Quant à nous,
00:50:28on se retrouve la semaine prochaine.
00:50:30Comme d'habitude,
00:50:30à bientôt.
00:50:31Salut.
00:50:52Bonjour et bienvenue
00:50:54pour ce rendez-vous hebdomadaire,
00:50:57estival,
00:50:58de décryptage
00:51:00de l'actualité économique
00:51:01et géopolitique
00:51:03en mode affranchi.
00:51:04Je salue
00:51:05tous les abonnés
00:51:06de TV Liberté
00:51:08pour cette édition
00:51:10de fin août
00:51:13intitulée
00:51:14« La France au bord
00:51:15de la crise de dette,
00:51:17mais elle n'est pas seule ».
00:51:19Alors oui,
00:51:21la France
00:51:21va affronter
00:51:24tout prochainement
00:51:26les discussions
00:51:27pour la constitution
00:51:30du budget
00:51:312027.
00:51:33On se doute déjà
00:51:35que le gouvernement
00:51:38aura recours
00:51:39au 49-3.
00:51:41Mais cette fois-ci,
00:51:42il va falloir faire
00:51:43avec nos créanciers.
00:51:46Oui,
00:51:47eux,
00:51:48ils ne discutent pas
00:51:49à l'Assemblée.
00:51:50Eux,
00:51:51ils ne manifestent pas
00:51:52contre les 49-3.
00:51:54Mais ils peuvent décider
00:51:55du jour au lendemain
00:51:56de ne plus souscrire
00:51:58aux émissions
00:51:58du Trésor.
00:52:00Et
00:52:02autant,
00:52:03la France
00:52:04a plutôt bien
00:52:05tenu le choc
00:52:06entre le début
00:52:07de la guerre
00:52:08le 28 février
00:52:09et la fin
00:52:10du mois de mai
00:52:11avec un écart
00:52:13de coût de financement
00:52:15de la dette
00:52:15par rapport à l'Allemagne
00:52:16qui restait relativement
00:52:18acceptable,
00:52:19voire même
00:52:20assez honorable
00:52:21d'un point de vue historique.
00:52:23Il n'y avait que 60
00:52:24ou 65 points
00:52:25d'écart
00:52:27entre le disant
00:52:28français
00:52:28et le disant
00:52:30allemand.
00:52:31La situation
00:52:32vient
00:52:33de se dégrader
00:52:34au cours
00:52:35des deux derniers mois.
00:52:37Allez,
00:52:37on va dire
00:52:37au cours
00:52:38des dix dernières semaines
00:52:39puisque
00:52:40l'écart,
00:52:43le spread
00:52:43entre le Bund
00:52:44et l'OAT
00:52:45atteint
00:52:46et dépasse même
00:52:47les 85 points.
00:52:49On est en train
00:52:49d'atteindre
00:52:50les pires niveaux
00:52:51des périodes
00:52:53de dissolution
00:52:54de l'Assemblée,
00:52:55de la difficulté
00:52:56de constituer
00:52:58un gouvernement.
00:52:59Or,
00:53:00nous ne sommes même pas
00:53:01en crise
00:53:04politique
00:53:05ou
00:53:06dans une impasse
00:53:08gouvernementale
00:53:09comme on a pu l'être
00:53:11par exemple
00:53:11au mois de mai
00:53:12et juin
00:53:142024.
00:53:15Non,
00:53:16on retrouve là
00:53:17des niveaux
00:53:17d'alerte
00:53:18vraiment sérieux.
00:53:20Et si jamais
00:53:21l'écart
00:53:22entre l'OAT
00:53:23et le Bund
00:53:24atteint
00:53:25les 90 points,
00:53:27là,
00:53:27oui,
00:53:28véritablement,
00:53:28on entendra
00:53:30retentir
00:53:31le signal
00:53:31d'alarme.
00:53:32Mais je le disais
00:53:33en préambule,
00:53:34la France
00:53:35n'est pas
00:53:37la seule.
00:53:37Et oui,
00:53:38ça chauffe drôlement
00:53:40aux États-Unis
00:53:41avec un rendement
00:53:43du 30 ans
00:53:44qui a passé
00:53:45la barre
00:53:45des 5,30%.
00:53:47Alors,
00:53:48pour certains
00:53:49qui regardent
00:53:50les graphiques,
00:53:50ça nous ramène
00:53:51à juin 2007.
00:53:54En réalité,
00:53:55on peut même
00:53:55remonter encore
00:53:57plus loin
00:53:57jusqu'en 2001.
00:54:00En ce qui concerne
00:54:01les taux
00:54:02à 10 ans
00:54:03américains,
00:54:04oui,
00:54:05ils sont aujourd'hui
00:54:05presque au plus haut
00:54:07depuis le mois
00:54:08de juillet dernier.
00:54:10On est remonté
00:54:11à 4,70.
00:54:12Ouais,
00:54:13mais à 5 ou 10 points
00:54:14près,
00:54:15on est là aussi
00:54:16sur des plus hauts
00:54:17depuis 20 ans.
00:54:20Et il y a 20 ans,
00:54:22la dette américaine
00:54:24n'était même pas
00:54:25le tiers
00:54:26de ce qu'elle est
00:54:26aujourd'hui.
00:54:28Il y a 18 ans,
00:54:31en 2008,
00:54:31la dette américaine
00:54:33était de
00:54:3510 000 milliards
00:54:37de dollars.
00:54:38On en a rajouté
00:54:3930 000
00:54:41en l'espace
00:54:42de 18 ans
00:54:44et on en a
00:54:45rajouté
00:54:46pratiquement
00:54:4650%
00:54:48depuis 2020.
00:54:50La dette américaine,
00:54:52c'était
00:54:52jeudi dernier,
00:54:54a atteint
00:54:55officiellement
00:54:56la barre
00:54:56des 40 000 milliards
00:54:58de dollars.
00:54:59le service
00:55:00de la dette,
00:55:01c'est-à-dire
00:55:01le coût
00:55:03des intérêts
00:55:04qu'on doit
00:55:04aux créanciers
00:55:05aux États-Unis,
00:55:06atteint maintenant
00:55:071 400 milliards.
00:55:09C'est plus
00:55:10que la santé,
00:55:11plus que l'éducation,
00:55:13plus que le budget
00:55:14de la défense.
00:55:16Voilà,
00:55:17donc les États-Unis
00:55:18sont également
00:55:19dans une situation
00:55:20critique
00:55:21qui a d'ailleurs
00:55:22contraint
00:55:22le trésor américain
00:55:23la semaine dernière
00:55:25de mettre au point
00:55:26une bidouille,
00:55:27c'est-à-dire injecter
00:55:29de l'argent
00:55:30à court terme
00:55:30pour racheter
00:55:32des emprunts
00:55:33à moyen
00:55:33ou long terme
00:55:34pour faire baisser
00:55:35les rendements
00:55:36parce que ça commençait
00:55:37à angoisser
00:55:38Wall Street.
00:55:40Mais en termes
00:55:42de dette,
00:55:43j'y ai gardé
00:55:43le meilleur
00:55:44pour la fin
00:55:44naturellement
00:55:45avec le Japon.
00:55:48Et oui,
00:55:49le Japon
00:55:49où les
00:55:52gérants
00:55:52de fonds
00:55:53de retraite
00:55:55doivent
00:55:55peut-être
00:55:56aujourd'hui
00:55:58matérialiser
00:55:58des milliers
00:56:00de milliards
00:56:02de pertes
00:56:04sur leur
00:56:04portefeuille
00:56:05obligataire.
00:56:06Alors,
00:56:06la vérité,
00:56:07c'est que c'est
00:56:08la Banque Centrale
00:56:09du Japon
00:56:10qui détient
00:56:10pratiquement
00:56:11la moitié
00:56:12de la dette
00:56:13émise.
00:56:14Alors,
00:56:14si jamais
00:56:15il y en a un
00:56:16qui perd de l'argent,
00:56:17c'est la Banque Centrale,
00:56:18c'est pas grave.
00:56:19Un coup de manivelle,
00:56:20on imprime
00:56:21de l'argent
00:56:21et on se
00:56:23rembourse
00:56:23les pertes.
00:56:24Le problème,
00:56:25c'est qu'il n'en va pas
00:56:26de même
00:56:26pour les gérants
00:56:28de fonds
00:56:29de retraite.
00:56:30Eux,
00:56:30les pertes
00:56:31qu'ils subissent,
00:56:32eh bien,
00:56:33ça crée
00:56:34de la difficulté
00:56:34pour verser
00:56:35les pensions.
00:56:36Alors,
00:56:39les gérants
00:56:40japonais
00:56:41se sont un peu
00:56:43moqués
00:56:43de ces moins-values
00:56:45sur la dette
00:56:47domestique
00:56:48parce que cet argent,
00:56:49eh bien,
00:56:50il s'en servait
00:56:50de garantie
00:56:51pour aller investir
00:56:52justement sur
00:56:53les fameux
00:56:53tibondes américains
00:56:55qui atteignent
00:56:56aujourd'hui
00:56:57des rendements
00:56:58records.
00:56:59Mais ce qui compte,
00:57:01c'est l'écart
00:57:02de rendement
00:57:02entre le 10 ans
00:57:04ou le 30 ans
00:57:05japonais
00:57:05et le 10 ans
00:57:06ou le 30 ans
00:57:06américain.
00:57:07Or,
00:57:08cet écart,
00:57:09c'est comblé
00:57:11de façon spectaculaire.
00:57:12Avant,
00:57:13eh bien,
00:57:14on empruntait
00:57:15quasiment à zéro
00:57:16au Japon
00:57:17et on plaçait
00:57:18à 4 sur
00:57:19des tibondes.
00:57:21Si on comparait
00:57:22le 30 ans,
00:57:23on empruntait
00:57:24à 0,50
00:57:25et on plaçait
00:57:26à 4,5.
00:57:27Eh bien,
00:57:29les taux longs
00:57:29japonais
00:57:30ont pris
00:57:31400 points
00:57:33depuis 2021.
00:57:35Autrement dit,
00:57:36il n'y a plus
00:57:36vraiment d'avantages
00:57:38pour un japonais
00:57:38à vendre
00:57:39du Yen,
00:57:40à vendre
00:57:41ses propres
00:57:43emprunts
00:57:44pour acheter
00:57:45des instruments
00:57:46mieux rémunérés
00:57:47aux États-Unis.
00:57:48Et c'est là
00:57:49que ça coince.
00:57:50Le 10 ans japonais
00:57:51est maintenant
00:57:52à tout près
00:57:52de 3 %,
00:57:53de 95
00:57:54et le 30 ans
00:57:57est au-delà
00:57:57des 4 %.
00:57:59Autrement dit,
00:58:00il n'y a plus
00:58:01qu'un petit écart,
00:58:02un petit delta,
00:58:03comme on dit
00:58:04dans le milieu financier,
00:58:06entre le rendement
00:58:07long japonais
00:58:08et américain.
00:58:10Et là,
00:58:11qu'est-ce que ça veut dire ?
00:58:11Eh bien,
00:58:12ça veut dire que
00:58:13probablement,
00:58:13les fonds de retraite
00:58:14japonais
00:58:15vont privilégier
00:58:16désormais
00:58:17leur propre
00:58:18marché obligataire
00:58:19et délaisser
00:58:21le marché obligataire
00:58:22américain
00:58:23au moment
00:58:24où il a
00:58:24les plus grands
00:58:25besoins
00:58:26de refinancement,
00:58:27oui,
00:58:2840 000 milliards.
00:58:30Et rajouter
00:58:31à ça
00:58:31un autre
00:58:33emprunteur
00:58:34qui vient lui aussi
00:58:35en concurrence
00:58:36essayer de trouver
00:58:38des capitaux,
00:58:39donc de capter
00:58:40l'épargne mondiale,
00:58:41eh bien,
00:58:42ce sont
00:58:43les champions
00:58:43de l'intelligence
00:58:44artificielle
00:58:45qui ont déjà
00:58:46emprunté
00:58:47plus de 1 000 milliards
00:58:48cette année.
00:58:49Vous commencez
00:58:50à saisir l'échelle
00:58:51des 1 000 milliards.
00:58:53Eh bien,
00:58:54pour 2027,
00:58:55ça pourrait même
00:58:56être 2 000 milliards.
00:58:57Alors,
00:58:58avec un Japon
00:58:59qui a
00:59:00des besoins
00:59:01de refinancement
00:59:02qui sont au zénith,
00:59:04des États-Unis
00:59:05qui ont une dette
00:59:07plus que colossale,
00:59:09des institutions privées
00:59:11qui vont peut-être
00:59:11chercher 2 000 milliards
00:59:13d'épargne.
00:59:14Et nous,
00:59:14la France,
00:59:15on a 3 600 milliards,
00:59:17maintenant 3 650,
00:59:19c'est vrai,
00:59:20de dettes à refinancer.
00:59:21Comment tout ce beau
00:59:23petit monde
00:59:23va-t-il trouver
00:59:25les moyens
00:59:26d'échapper à la faillite ?
00:59:27Eh bien,
00:59:28il n'y a pas de secret.
00:59:29Il va falloir
00:59:30payer plus cher
00:59:32pour attirer
00:59:33les créanciers.
00:59:34Or,
00:59:36la France génère-t-elle
00:59:38de la richesse ?
00:59:38La réponse,
00:59:40vous la connaissez.
00:59:40Aux États-Unis,
00:59:42en revanche,
00:59:42il y a toujours
00:59:43l'illusion
00:59:44que ce que l'on prête
00:59:45va effectivement
00:59:47permettre
00:59:48de créer
00:59:49plus de richesse.
00:59:51Au Japon,
00:59:52on sait que
00:59:53la dette
00:59:53est auto-détenue
00:59:55et le sera encore
00:59:56davantage
00:59:56au cours
00:59:57des prochains mois.
00:59:58Donc,
00:59:59c'est vraiment
01:00:00la France,
01:00:01avec son économie,
01:00:02qui consiste
01:00:03à réduire
01:00:05les inégalités,
01:00:06à partager
01:00:08la richesse,
01:00:08c'est-à-dire
01:00:09à la prendre
01:00:10à ceux
01:00:10qui la créent
01:00:11pour la redistribuer
01:00:12à ceux
01:00:13qui en vivent.
01:00:14C'est la France
01:00:15qui présente
01:00:16probablement
01:00:17le plus
01:00:18mauvais profil.
01:00:19Donc,
01:00:20je le rappelle,
01:00:20si vous voyez
01:00:21et si vous entendez
01:00:23que le spread
01:00:24entre l'OAT
01:00:25et le Bund
01:00:25franchit le cap
01:00:26des 90 points,
01:00:28eh bien,
01:00:28ça veut dire
01:00:29que la France
01:00:29rentre réellement
01:00:31dans la crise.
01:00:31Et là,
01:00:32je vous assure,
01:00:32ça va pas rigoler.
01:00:33On va vraiment
01:00:34venir vous faire
01:00:35les poches
01:00:36dès l'automne prochain
01:00:37et avant
01:00:38les élections de 2027.
01:00:39Pour vous remercier
01:00:40de votre fidélité,
01:00:41vous pouvez télécharger
01:00:42gratuitement
01:00:42notre rapport spécial
01:00:43qui contient
01:00:45nos solutions
01:00:45pour préserver
01:00:47votre épargne
01:00:47face à la faillite
01:00:49économique
01:00:49de la France,
01:00:51laquelle met en danger
01:00:52votre épargne.
01:00:53Il vous suffit
01:00:54de cliquer sur le lien
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01:00:57gratuitement.
01:00:59Merci
01:00:59et à bientôt.
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