00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Et c'est Dominique Erlac qui nous a rejointe, vice-présidente d'Abji France en charge des relations institutionnelles et
00:08du développement.
00:08Dominique, un plan clim, c'est la proposition du RN qui veut financer, ça coûte 20 milliards d'euros quand
00:15même,
00:15la climatisation pour l'ensemble des Français. Avec quel argent est-ce que c'est possible ?
00:20La première chose qu'il faut dire, c'est que toute notre société, toutes nos infrastructures ont été conçues pour
00:26un monde qui n'existe plus du point de vue du climat.
00:28Donc de toute façon, quelle que soit l'orientation politique que l'on donne à tout ça, il faut faire
00:33quelque chose à la mesure du changement climatique.
00:36En rentaine, on se disait, au 15e siècle, quand on était en Bretagne, il faisait entre moins 10 et plus
00:4010.
00:41Là, en ce moment, on sait qu'en 2026 et a fortiori en 2030, il fera chaud, il fera chaud
00:46comme dans les pays les plus chauds qu'on ait pu visiter les uns et les autres.
00:49Donc ça n'est plus une option, il faut radicalement changer.
00:52Alors oui, la clim, il y a tout un débat autour de techniquement, est-ce que c'est la bonne
00:55option ? Politiquement, est-ce que c'est la bonne option ?
00:57On sait juste qu'en 2020, il y a donc 5 ans, il y avait 40% du tertiaire, donc
01:02les bureaux, les infrastructures qui accueillent du public, qui étaient équipés,
01:05avec une disparité énorme qui était que tous les centres commerciaux étaient équipés.
01:09Donc quand vous allez faire vos courses et faire du shopping, vous n'avez pas de fonctionnement.
01:13C'est des arrêts que c'est frais, oui.
01:14Voilà, sauf qu'à l'école, le taux d'équipement, il est le moins élevé.
01:17En ce moment, on ne sait pas quoi faire de nos enfants.
01:19On les garde à la maison, on se met en télétravail ou on prend des jours de congé pour gérer
01:23les enfants et les plus fragiles,
01:25parce que c'est la même chose dans les EHPAD.
01:27Donc il faut avoir une réflexion plus globale, une réflexion structurée, en se disant, bon, la clim peut-être, mais
01:33il n'y a pas que ça.
01:33On peut mettre des volets, on peut mettre des brasseurs d'air, on peut mettre de la végétalisation.
01:38Donc tout ça, ça coûte.
01:39Tout ça, ça coûte.
01:40Alors la bonne nouvelle, c'est que la France est quand même déjà, avant même toute proposition d'intérêt politicien
01:46ou électoraliste de quelques mois,
01:48la France est déjà dotée d'un plan d'adaptation et c'est le seul pays, donc il faut quand
01:53même le souligner.
01:54Et la ministre soulignait il y a deux jours qu'on a dépensé en 2025 1,7 milliard d'adaptation.
02:01Quand on multiplie et quand on cumule toutes les aides et les subventions et les dispositifs,
02:07qu'ils soient du ministère de l'écologie mais aussi de tous les ministères, on a dépensé 1,7 milliard.
02:11Sauf que ce 1,7 milliard, il ne suffit largement pas.
02:14Quand on dit qu'on devrait, par exemple, végétaliser tout un tas de grandes villes jusqu'en 2050,
02:21on se projette, on se dit, sur une génération, on végétalise tout.
02:24Il nous faut 14 milliards et ces 14 milliards, on ne sait pas où les trouver.
02:27Quand on dit qu'il faut mettre des volets partout sur les logements, à l'ancienne,
02:31moi j'ai une partie de nos origines qui est corse, on avait tous des volets dans les maisons
02:35pour avoir de l'ombre et pour avoir du frais.
02:38Si on voulait tout mettre des volets dans les logements, il nous faut à nouveau 3 milliards d'eux.
02:42Donc la vraie question, c'est de se dire, où est-ce qu'on trouve ces milliards ?
02:46Parce que quand on commence à dire 14 milliards plus 3 milliards, ça commence à faire beaucoup.
02:50Et quand on se dit que ces événements ne sont pas exceptionnels,
02:54c'est devenu la norme, c'est fini de se dire, ça sera la canicule de 1976, 2003, 2022, 2026.
03:01C'est structurel, le réchauffement climatique, on en a pour longtemps.
03:05Donc c'est structurel.
03:06Et de ce fait, on se dit que ça devient non plus une politique écologique,
03:11mais une politique économique.
03:13Il faut se dire, moi évidemment on est sur une chaîne économique,
03:17moi je suis chef d'entreprise,
03:19la question climatique est une question de compétitivité.
03:22À chaque fois qu'on est à 30 degrés, on perd de la productivité.
03:25Et un degré de plus au-delà de 30 degrés,
03:29c'est 3% de productivité en moins.
03:31Donc vous imaginez, la paupérisation, ça induit,
03:34en fait on devient un pays pauvre parce qu'on a trop chaud et parce qu'on a trop chaud.
03:37Mais j'en reviens Dominique, où trouver l'argent ?
03:39Eh bien il faut passer de la compensation à l'adaptation.
03:42À chaque fois qu'il y a une canicule, l'État trouve des milliards à subventionner,
03:46à compenser, à gérer de la crise.
03:48Ça n'est plus ça qu'il faut faire.
03:50Il faut rénover les politiques publiques et se dire que c'est une politique de compétitivité.
03:54Et là, on a quelque chose qui est en embuscade, c'est l'épargne.
03:58L'épargne des Français.
03:59Je vous ai parlé de 14 milliards pour se dire qu'on pouvait végétaliser la ville.
04:04Vous savez combien il y a d'épargne des Français qui n'est pas utilisée,
04:07qui n'est pas fléchée ?
04:106500 milliards.
04:13Tout à l'heure, je vous disais que la ministre de l'Écologie a dit
04:16qu'on a dépensé 1,7 milliard pour l'adaptation au changement climatique.
04:19Et on sait que ça n'est pas essayé.
04:21On sait par ailleurs qu'on a 6500 milliards d'économies, d'épargne des Français
04:27qui n'est pas fléchée vers quelque chose de massif
04:30qui est que dans les années 2030, et pas les années 1930,
04:33dans les années 2030, globalement, on aura beaucoup plus chaud à l'école,
04:37à l'hôpital, à l'EHPAD, dans les entreprises, sur les chantiers,
04:41on aura chaud partout.
04:42Donc il faut massivement investir,
04:45et ne pas simplement compenser un épisode climatique sur un été.
04:49Il faut massivement investir.
04:52Nous, vous savez que le mouvement des entreprises de France,
04:54on a regardé ce que les entreprises devaient investir en plus tous les ans.
04:58Il faut investir 40 à 50 milliards.
05:01On ne parle même pas de l'État, là.
05:03On parle juste des entreprises pour s'adapter
05:05et pour accélérer la transition.
05:07Il faut qu'elles investissent 40 à 50 milliards par an.
05:11Donc à un moment donné, il faut se dire
05:13qu'il y a une dimension économique ou politique,
05:16une dimension sociale ou politique,
05:17une dimension environnementale,
05:19mais en fait tout ça est assez économique.
05:20Il faut aller chercher de la richesse, là où elle est.
05:23La question, Dominique, c'est est-ce qu'il faut choisir
05:24entre aller sur Mars, financer l'intelligence artificielle,
05:28ou mettre la clim dans les EHPAD ?
05:29En fait, vous avez raison sur Mars,
05:31parce que tout ça est dans un contexte aussi technologique que géopolitique.
05:35C'est-à-dire qu'à un moment donné, on s'est retrouvé dans les années 80
05:37parce qu'on a eu des épisodes de guerre,
05:39des épisodes géopolitiques qui ont fait que la guerre des étoiles est réapparue.
05:43Et puis la technologie le permettait.
05:44En ce moment, si on veut tous rester compétitifs dans le monde,
05:48si on veut tous maintenir de l'activité économique,
05:52la partager et avoir de l'emploi,
05:55eh bien il faut massivement avoir des politiques économiques qui soient écologiques.
05:59Merci beaucoup Dominique Carlac.
06:00De nous ce matin dans la matinale de l'économie.
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