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  • il y a 27 minutes
Ce mardi 26 mai, Dominique Carlac'h, vice-présidente d'ABGi France en charge des relations institutionnelles, était l'invitée dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Il est 8h23 sur BFM Business et sur AMC Live, on est avec Dominique Carlac, vice-présidente d'Abji France,
00:08en charge des relations institutionnelles et du développement.
00:11On vous a suivi Dominique dans votre campagne autour du CESE, c'est Claire Toury qui a été élue.
00:16Qu'est-ce que vous retenez de cette campagne ? On n'a jamais autant parlé du CESE que ces
00:20derniers temps.
00:21Exactement, ce que je retiens c'est que je salue la victoire de Claire, premier sujet quand même,
00:25parce que c'était une bataille, deux, effectivement c'était une belle campagne,
00:29c'était une belle campagne parce qu'on n'a jamais parlé autant du CESE et je pense que ça
00:33a redoré l'image du CESE.
00:36Trois, c'était une campagne quand même difficile parce que les rapports de force ont considérablement évolué.
00:40Vous imaginez, moi je partais d'une base électorale, mon organisation d'employeurs, le MEDEF,
00:45le mouvement des entreprises de France, c'est 300 000 entreprises, 11 millions de salariés,
00:49mais nous sous CESE on a 8 votants, 8 votants, donc ça veut dire 4% des voix.
00:53Et je fais 44% des voix.
00:55Donc ce qui est important, c'est de montrer qu'en fait le CESE c'est vraiment le conseil économique,
00:59social, environnemental
01:00et qu'il faut pouvoir embrasser tout.
01:02Alors voilà, à l'arrivée il manque 12 voix, c'est pas grave, ça a fait une très belle campagne,
01:06ça a permis d'exprimer des positions et de se dire qu'il faut que le CESE soit utile
01:10et il faut qu'on parle du CESE pour qu'il soit vraiment utile dans la vie des gens, en
01:14proximité.
01:14Je pense que ça va l'être, en tout cas on va y travailler avec toutes les forces qui constituent
01:19le CESE.
01:20Alors Dominique, parmi les sujets qu'il pourrait prendre à bras-le-corps, le financement du modèle social français,
01:24Patrick Martin a reproposé ce week-end dans le Figaro, un, d'aller chercher de l'argent peut-être chez
01:29les retraités les plus aisés
01:31qui n'auraient pas les mêmes règles que les autres, peut-être fiscales,
01:33et deux, également de revoir la question du travail, du fait d'arrêter de faire peser l'ensemble du modèle
01:39social sur le travail
01:40avec la TVA sociale. Est-ce que c'est une bonne idée ?
01:42En fait, la question qui se pose aujourd'hui, c'est comment on finance le modèle social français, à la
01:47française ?
01:48La question est la suivante, quand on est chef d'entreprise, on se dit quelle est la marge de manœuvre
01:53qu'une entreprise a
01:54et quelle est la marge de manœuvre qu'on a sur les salaires de nos salariés ?
01:57Donc comment on peut retrouver des marges de manœuvre pour piloter une entreprise et pour un salarié ?
02:03Le problème du financement actuel, il est le suivant.
02:05Les Français, ils sont attachés au modèle social à la française.
02:08Les entreprises aussi, pourquoi ? Parce que ça protège des aléas de la vie.
02:12En gros, si vous arrivez à un accident, vous êtes protégés.
02:15Donc ça permet d'avoir de la cohésion et surtout d'avoir un parcours sécurisé dans une vie active.
02:21La réalité derrière, c'est que la dépense sociale, aujourd'hui en France, représente 32% du PIB.
02:29Un tiers du PIB, c'est la dépense sociale.
02:33Et du coup, le problème, c'est que c'est fragilisé ce modèle.
02:36Parce que par exemple, la sécurité sociale, 80% repose sur le monde du travail.
02:4180% de la dépense de la sécurité sociale repose sur le monde du travail.
02:45Or, le système, il a été conçu dans un monde où, petit un, il y avait une croissance,
02:50petit deux, il y avait une démographie.
02:52Donc en fait, les actifs finançaient pour les actifs.
02:54Aujourd'hui, ce n'est plus le cas.
02:55C'est devenu un problème qui est triple.
02:59D'une part, petit à petit, ça a augmenté le coût du travail.
03:03Aujourd'hui, je ne vais pas parler des hauts salaires.
03:05Je vais parler de quelqu'un qui gagne une fois et demie le SMIC.
03:08Donc on n'est pas en train de partir chez les super riches.
03:12Aujourd'hui, 45% de son salaire, il part en dépense sociale.
03:16Pour quelqu'un qui gagne un SMIC et demie.
03:18Donc il y a un déséquilibre sur le coût du travail.
03:21Deuxième problème qui est induit, c'est que le pouvoir d'achat,
03:24il n'est plus là pour les salariés.
03:27C'est-à-dire que si vous avez la moitié qui part en cotisation sociale,
03:33en gros, votre écart entre ce que vous voyez sur votre bulletin salaire, le brut,
03:37et ce que vous touchez réellement sur le net à la fin du mois,
03:40il y a un très grand écart.
03:42Et donc ça, ça nourrit un sentiment hyper profond chez les Français
03:46que le travail ne paye plus.
03:48Le travail ne paye plus.
03:49En moyenne, tout salarié confondu, petit salaire, moyen salaire, gros salaire,
03:55100 euros de salaire, c'est 50 euros dans la poche des Français.
04:00Donc ça, vraiment, ça génère un sentiment de
04:04est-ce que ça vaut le coup de travailler ?
04:06Est-ce que le travail paye encore en France ?
04:08Donc la piste clé, parce qu'il nous reste 45 secondes, Dominique,
04:10la piste clé, c'est la télé sociale.
04:12La piste clé, c'est de se dire, en fait,
04:15on économise des cotisations employeurs,
04:18on économise des cotisations salariées aussi,
04:22donc on baisse ces cotisations,
04:23et la compensation, c'est effectivement un petit peu de TVA,
04:27une augmentation de la TVA pour tout le monde,
04:30et puis on a aussi proposé des effets
04:34qui seraient ciblés sur les retraités les plus aisés.
04:39On ne touche pas aux petites retraites,
04:40on ne touche pas aux gens qui ont justement les mêmes difficultés
04:44que les gens qui n'ont pas de gros salaires.
04:45Par contre, on met à niveau les règles du jeu
04:49sur même CSG tout le monde
04:50et pas les 10% d'abattement qu'on a quand on est retraité.
04:54On ne parle que de la tranche des retraités.
04:56Et on désindexe ?
04:57Oui, et on ne parle que des retraités
05:00qui sont les plus aisés.
05:01On n'est pas en train de parler des gens qui ont du mal,
05:03quelle que soit leur catégorie,
05:04finalement, retraités ou actifs.
05:06Donc c'est ça un peu la piste,
05:07c'est de se dire, aujourd'hui,
05:08c'est le monde du travail
05:09qui finance globalement la protection sociale,
05:12le monde du travail n'a plus de marge de vanneuve
05:14qu'il soit chef d'entreprise ou qu'il soit salarié.
05:17Donc on déporte le sujet sur la collectivité plus largement.
05:20Merci beaucoup Dominique Carlac.
05:21Merci beaucoup.
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