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  • il y a 2 semaines
Avec Guilhem Carayon (fondateur de la Ligue des libertés et vice-président de l'UDR) et Claire Geronimi (fondatrice d’Éclats de femme, auteure de "Le hall d'entrée, Pour eux, je n'avais pas le bon profil")

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##LA_VERITE_EN_FACE-2026-06-23##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, La Vérité en Face, Jean-François Aquili.
00:05C'est l'heure du débat de La Vérité en Face, les abandonnés, Claire Géronimi et Guilhem Carayon,
00:12ici présents, je vais vous les présenter, lancent ce mouvement et attaquent l'État en justice.
00:18L'avocat et fondateur de la Ligue des Libertés, Guilhem Carayon, et la fondatrice d'Éclats de Femmes, Claire Géronimi,
00:25se lance dans cette démarche. Bonjour à tous les deux d'abord, je vais commencer par vous, Claire Géronimi.
00:31Bonjour.
00:32Nous vous retrouvons dans La Vérité en Face, vous aviez été invité pour votre essai,
00:36qui était un livre très difficile, très dur, qui raconte votre expérience, votre vécu.
00:42Bonjour Guilhem Carayon.
00:43Bonjour.
00:44Vous êtes régulièrement à ce micro également, tous les deux, donc je vous recommence les présentations.
00:48Claire Géronimi, vous êtes fondatrice d'Éclats de Femmes, association Allez-y, aidez-moi,
00:52pour accompagner les victimes de violences sexistes et sexuelles, et votre livre, c'était
00:57le hall d'entrée pour eux, je n'avais pas le bon profil, chez Fayard, qui est un ouvrage
01:02courageux et qui vous a valu aussi un certain nombre de critiques au passage.
01:06Oui, critiques, parce qu'à la fois je dénonce le fait qu'il y a un peu une problématique
01:10dans la justice aujourd'hui, et aussi le fait que je dénonce aussi à la fois la classe
01:15poético-médiatique et aussi féministe, surtout à gauche, comme quoi ils n'ont pas voulu
01:21me soutenir pendant ces deux années de combat.
01:23Et vous, Guilhem Carayon, fondateur de la Ligue des Libertés, vous êtes le vice-président
01:27de l'UDR, vous intervenez régulièrement à ce titre, l'UDR qui est le parti dirigé
01:32et fondé par Éric Ciotti, tous les deux.
01:35Vous avez donné une interview assez visible, si je puis dire, au journal du dimanche,
01:42pour dire qu'il faut un quoi qu'il en coûte sécuritaire.
01:46Je commence par vous, Guilhem Carayon, je commence par l'avocat que vous êtes.
01:51Vous voulez vous inspirer de l'affaire du siècle.
01:53Expliquez-nous quel est le sens de votre démarche commune à tous les deux.
01:56Oui, l'affaire du siècle, c'est une campagne de mobilisation qui avait été enclenchée
02:02en 2019 par des associations et des ONG qu'on pourrait qualifier d'environnementalistes.
02:08Contre l'inaction climatique.
02:10Et ça leur a permis de faire condamner, après une campagne qu'on appelle d'agite propre,
02:16de mobilisation de l'opinion publique, deux ans plus tard, l'État français,
02:19devant les juridictions administratives, de faire condamner l'État français.
02:23Et donc ça a enclenché, je pense, un processus qui a forcé en quelque sorte l'État
02:29à se réformer sur ces questions d'émissions de CO2, de réduction d'émissions de CO2
02:34et sa trajectoire de neutralité carbone.
02:36Nous, on s'est dit avec Claire, Claire qui a fait preuve d'un courage et d'une dignité immense
02:43depuis le procès de son agresseur, Claire voulait passer à l'étape suivante
02:48qui est de demander à l'État de rendre des comptes.
02:50Parce que ce qui est arrivé à Claire, en 2023, Claire a subi un crime sexuel
02:55par une personne qui n'avait rien à faire sur le territoire national.
02:59Et c'est toute une série de défaillances de l'État, à la fois du ministère de l'Intérieur,
03:03parce que la personne qui a agressé Claire faisait l'objet de plusieurs obligations
03:07qui étaient le territoire français, qui n'ont jamais été exécutées.
03:09La personne qui a agressé Claire était également sous sursis probatoires.
03:12Donc il y a des défaillances conjointes à la fois du ministère de l'Intérieur
03:14et du ministère de la Justice.
03:16C'est toute cette série de défaillances, toute cette série de carences
03:19devenues en fait systémiques de la part des pouvoirs publics
03:21qu'on veut dénoncer et on veut établir le lien de causalité
03:24entre la faute de l'État, la faute simple de l'État,
03:28l'État peut être condamné pour une faute simple en droit français
03:30et le préjudice qu'a subi Claire qu'on veut prouver.
03:34Et ce serait un précédent important parce que ce serait la première fois
03:37que l'État est condamné pour une action sécuritaire.
03:40C'est le précédent juridique qu'on veut créer.
03:41Claire Géronimi, c'est, on va dire, la continuation de votre combat.
03:47Vous avez été victime d'un criminel, vous avez affronté par la suite
03:50une chaîne de responsabilités qui n'a pas fonctionné,
03:53il faut dire les choses telles qu'elles sont.
03:56Criminel, vous l'avez rappelé, Guilhem Carayon,
03:58victime, enfin, pardon, dont vous avez été la victime
04:01qui lui était sous le coup d'OQTF non exécuté.
04:05Vous avez éprouvé ce besoin, Claire Géronimi, de poursuivre l'action,
04:09d'aller au-delà d'un livre, d'un témoignage
04:12qui a été, on va dire, controversé de façon assez brutale.
04:17Exactement. En fait, on m'avait déjà proposé quelques fois
04:21de porter plainte contre l'État pour une action sécuritaire.
04:25Je me suis dit qu'il y avait un temps pour tout,
04:26un temps à la fois pour la justice,
04:28le fait qu'il fallait condamner avant mon agresseur
04:30qu'il y ait eu réponse pénale.
04:32Il y a eu réponse, la justice a quand même fait un travail incroyable,
04:34il y a quand même eu 18 ans de prison pour mon agresseur
04:37plus une interdiction définitive du territoire français,
04:39en sachant que la peine maximale était de 20 ans.
04:41Cependant, depuis la création de mon association
04:44du coup Éclat de Femmes, j'ai entendu plus de 250 victimes
04:47et notamment beaucoup de victimes
04:49qui, elles aussi, se sentaient totalement abandonnées
04:51par l'État avec des dysfonctionnements énormes.
04:53Je vous prends un exemple, l'exemple d'une jeune femme
04:56qui s'est faite violer dans ce hall d'entrée,
04:59plus ou moins pareil, par un réfugié ukrainien.
05:02Il y a eu des mauvaises expertises de fait,
05:05notamment des tests, etc., d'un point de vue médical.
05:08Au final, ça a été reclassé, non pas en viol,
05:11mais en harcèlement.
05:12Et du coup, en fait, il est encore libre aujourd'hui.
05:14Et à chaque fois, c'est plein de dysfonctionnements comme ça.
05:16Et je me suis dit, en fait, c'est dans la continuité des choses.
05:18J'ai le courage, encore aujourd'hui, de pouvoir en parler.
05:21J'entends toutes ces victimes, je me dis,
05:22mais en fait, il faut que ça bouge.
05:24En sachant qu'il y a 86% des plaintes,
05:26aujourd'hui, pour violences sexuelles
05:28qui sont classées sans suite,
05:30je pense qu'à un moment donné,
05:31il faut aussi pouvoir permettre à l'État
05:33de prendre acte de ses responsabilités.
05:35J'ai envie de vous poser la question à tous les deux.
05:37Je commence par vous, Guilhem Carayon.
05:39Comment vous est venue cette idée, au fond, cette dynamique ?
05:41Parce qu'il y a une pétition qui court en même temps.
05:44Vous pouvez l'éloquer également.
05:45Il y a une pétition qu'on a lancée avec Claire
05:47pour soutenir notre plainte contre l'État
05:49pour une action sécuritaire.
05:50Quel a été l'élément déclenchant de cette démarche ?
05:54En fait, avec Claire,
05:56on voit, comme tous les Français,
05:58chaque semaine, des victimes qui disent la même chose.
06:01On a été abandonné par l'État.
06:03On a été abandonné par les pouvoirs publics.
06:05Le drame de l'IANA, c'est au fond à peu près la même chose.
06:09C'est des signalements qui commencent dès 2017.
06:11C'est une plainte en 2020 qui est classée en 2022.
06:14C'est une plainte en août 2025 qui finit.
06:17Alors même qu'on a tous les éléments dans cette plainte.
06:19Il y a une audition de la victime.
06:21Il y a une plainte d'une enfant de 10 ans,
06:23un Rosa pour viol sur mineur
06:25contre Jérôme Barilla, l'agresseur de l'IANA,
06:27le meurtrier de l'IANA.
06:29Il y a tous les éléments.
06:30Audition de la victime,
06:31identification du suspect,
06:32certificat médical,
06:34expertise psychologique.
06:35On a tous les éléments.
06:36Et pourtant, les tribunaux se renvoient la balle
06:38pendant des mois et des mois.
06:40L'affaire finit par ne jamais être traitée.
06:42Et finalement, on apprend au mois dernier, fin mai,
06:46que l'IANA a été enlevée.
06:48Quelques jours plus tard,
06:49qu'elle a été retrouvée morte.
06:50Et donc, tous ces dysfonctionnements de la justice
06:52nous montrent,
06:53et pour l'affaire de Claire,
06:54c'est la même chose,
06:54on a des dysfonctionnements
06:55qui nous montrent qu'on ne peut pas
06:57rester les bras ballants
06:58et refuser de demander à l'État
07:00de rendre des comptes.
07:01Il faut demander à l'État
07:01de rendre des comptes.
07:02Et c'est ça qui nous permettra demain
07:03de faire progresser les pouvoirs publics
07:05pour arriver à réformer l'État.
07:06Je poursuis ce que dit Guilhem Carayon.
07:08Claire Géronimi,
07:10les premières sanctions,
07:11on a vu,
07:12après le meurtre de l'IANA,
07:14deux gendarmes du GER se mutaient,
07:16une enquête administrative
07:18contre la substitute
07:20du parquet d'Auche.
07:22En attendant,
07:23le rapport final,
07:23c'est le 5 septembre.
07:25Gérald Darmalin,
07:26qui pointe,
07:27c'était à la télévision hier soir,
07:28sur le 20h TF1,
07:29des défaillances très importantes
07:31qui ne sont pas dues,
07:32dit-il,
07:32dans le cas très précis,
07:34à des manques de moyens,
07:35vous avez la sensation
07:36que c'est la bonne réponse,
07:38à vos yeux,
07:39sachant qu'il y aura
07:40d'autres sanctions à venir,
07:42etc.,
07:42et qu'il y a une forme
07:43de prise de conscience ?
07:45Il y a une prise de conscience,
07:46en tout cas,
07:46de la part de la population,
07:48ça c'est sûr.
07:49Mais il n'y a pas de prise de conscience
07:50de la part des politiques.
07:52Enfin,
07:52c'est très bien
07:53de faire des mesures
07:54et de racheter des mesures.
07:55Gérald Darmalin propose
07:56de traiter 70 000 plaintes
07:59sur les agressions
08:01de prédecriminalité.
08:02toute une série
08:03de garde à vue,
08:05même de prédiction provisoire.
08:07Ce n'est pas possible.
08:08Il doit terminer ça
08:09environ le 14 juillet.
08:11Ce n'est physiquement
08:11pas possible.
08:12On n'a que 9 000 magistrats
08:14aujourd'hui en France.
08:16C'est exactement pareil
08:17que sous l'époque de Napoléon.
08:18On n'a que 3 procureurs
08:19pour 100 000 habitants.
08:21C'est 4 fois moins
08:22que la moyenne européenne.
08:24En fait,
08:24c'est très bien
08:25de proposer des mesures
08:26comme ça.
08:27Je n'ai pas envie
08:27de faire de politique
08:28aujourd'hui.
08:29Mais en attendant,
08:30à chaque fois,
08:30notre gouvernement
08:31se réveille
08:32pour proposer
08:32quelconque mesure
08:33au moment où il y a
08:34un drame médiatique,
08:35moi, ça fait 2 ans et demi
08:36que je demande
08:37à ce que ça bouge.
08:38Ça n'a jamais bougé.
08:39À chaque fois,
08:39il y a plein de noms
08:40qui sortent.
08:40Il y a Philippines.
08:42Il y a plein de victimes
08:43que moi, j'accompagne.
08:44Et en fait,
08:44il n'y a rien qui bouge.
08:45Guillaume Carillon,
08:47vous êtes vice-président
08:48de l'UDR.
08:49Gérald Darmanin
08:50qui dit,
08:51je répète,
08:51des défaillances
08:52très importantes
08:52qui ne sont pas dues
08:53dans le cas très précis
08:54à des manques de moyens.
08:56C'est quand même factuel.
08:57pour vous,
08:58qu'est-ce que vous y voyez ?
08:59Une réponse politique ?
09:00Non,
09:01en aucun cas,
09:01c'est factuel.
09:02Le manque de moyens
09:03dans les tribunaux,
09:04il est criant.
09:04Moi, je suis avocat,
09:05je le vois,
09:06on manque de tout.
09:06On manque de magistrats
09:08professionnels,
09:08Claire l'a dit,
09:119000 magistrats,
09:12c'est à peine plus
09:12que sous Napoléon.
09:14La France,
09:15depuis Napoléon,
09:15compte 40 millions
09:16d'habitants supplémentaires.
09:17On aurait dû s'adapter
09:18et avoir beaucoup plus
09:19de magistrats formés.
09:20On manque de procureurs,
09:21on manque de greffiers,
09:22on manque de tout
09:23dans les tribunaux.
09:23On manque de places de prison.
09:25Il manque des dizaines
09:26de milliers de places de prison
09:27et les pouvoirs publics
09:28ont menti là aussi.
09:30Je me souviens
09:30d'Emmanuel Macron,
09:31président de la République,
09:32qui disait en 2017
09:33qu'on va construire
09:3315 000 places de prison.
09:34C'était déjà trois fois moins
09:35que ce qu'il fallait
09:36et pour autant,
09:37il en a construit
09:38trois fois moins
09:38que ce qu'il disait.
09:39Il en a construit
09:40à peine 3 500.
09:42Donc, vous voyez,
09:43on a, je pense,
09:44une colère qui est immense
09:45après chaque drame
09:46et avec Claire,
09:47nous, on s'est dit
09:48qu'on refuse
09:48que cette colère
09:50reste vaine,
09:51que ce soit uniquement
09:52des pleurs
09:52et qu'on oublie
09:53le nom de chaque victime
09:54en fait après quelques semaines.
09:55Donc, on veut
09:56que cette colère
09:56se transforme en action
09:57et que les pouvoirs publics
09:58soient obligés
09:58de se réformer.
09:59Justement,
10:00on en parle dans un instant
10:01après la pause.
10:01Claire Géronimi,
10:03vous nous direz
10:04en quoi consiste
10:05ce mouvement
10:06baptisé
10:07Les Abandonnés.
10:08Il est 9h44 minutes
10:10sur l'entête
10:10de Sud Radio.
10:12Si vous souhaitez intervenir,
10:13c'est le 0826 300 300.
10:15Dans un instant,
10:16nous retrouvons Claire Géronimi
10:17et Guilhem Carayon,
10:19nos deux invités.
10:20A tout de suite.
10:21Le Grand Matin Sud Radio,
10:23La Vérité en Face,
10:25Jean-François Aquili.
10:26Avec nos deux invités,
10:28Claire Géronimi,
10:29fondatrice
10:30d'Eclat de Femmes,
10:31association créée
10:32pour accompagner
10:33les victimes
10:34de violences sexistes
10:35et sexuelles.
10:36Et Guilhem Carayon,
10:37fondateur de la Ligue des Libertés
10:38et vice-président de l'UDR.
10:39Tous les deux,
10:40vous lancez ce mouvement,
10:42cette interpellation,
10:43si je puis dire,
10:44de l'État
10:45pour que vous attaquez
10:46en justice
10:47pour inaction.
10:48Claire Géronimi,
10:49parlez-nous
10:50de,
10:51au fond,
10:52cette,
10:53c'est quoi,
10:54une association,
10:55les abandonnés,
10:56c'est un mouvement,
10:56plutôt ?
10:57C'est un mouvement.
10:58Un mouvement.
10:58Exactement.
10:59Les abandonnés.
11:00Exactement, les abandonnés.
11:01On s'est dit qu'au-delà
11:02de porter plainte
11:03contre l'État
11:04pour inaction sécuritaire,
11:06on avait quand même
11:07créé un mouvement national
11:09où on allait permettre
11:10aussi aux victimes
11:10de pouvoir parler.
11:12Nous, on porte vraiment
11:13la voix de toutes les victimes
11:14et je pense que c'était
11:14l'idée aussi
11:15de ne pas porter plainte
11:17contre l'État
11:17juste parce que
11:18je pensais à ma petite personne.
11:20L'idée, c'est aussi
11:20qu'on puisse soutenir
11:21toutes ces personnes-là.
11:22Et justement,
11:23on a lancé également
11:24une pétition
11:24pour soutenir
11:26toutes ces victimes.
11:27Malheureusement,
11:27aujourd'hui,
11:28les familles de victimes,
11:30malheureusement,
11:30parce que les victimes
11:31ne sont plus là
11:31ont du mal aussi à parler.
11:33C'est dur aussi
11:34de porter ça tout seul.
11:35Donc, nous,
11:35on les invite aussi
11:36à nous rejoindre.
11:37Parce que les inviter
11:38ce sont les victimes
11:39qu'on oublie
11:39passer l'émotion.
11:41En vrai,
11:42juste rappelez-vous
11:43de 10 prénoms
11:45de victimes.
11:45C'est dur à ressortir
11:46parce qu'en fait,
11:47il y en a tout le temps,
11:48tout le temps, tout le temps
11:48et le nombre de victimes
11:49qui ne sont pas médiatiques.
11:51En plus de ça,
11:51quand on sait
11:52qu'il y a plus de 123 000 victimes
11:54en 2024
11:55et plus de 450 000 victimes
11:58pour coups et blessures,
11:59à un moment donné,
12:00il faut qu'on puisse
12:01porter la parole
12:02de toutes ces victimes
12:03et qui ont subi
12:04du coup aussi
12:04des défaillances
12:05de la justice
12:07pour en fait
12:07faire pression
12:08aussi à l'État.
12:09Guilhem Carillon,
12:10l'idée est de fédérer,
12:12j'imagine,
12:13les victimes
12:14et faire en sorte
12:15qu'elles puissent
12:17s'exprimer.
12:18On pense évidemment
12:19aux réseaux sociaux,
12:20j'imagine.
12:20Quelle sera la démarche
12:22très concrètement ?
12:22Oui,
12:23globalement,
12:23on refuse en fait
12:24qu'un drame
12:25en chasse un autre.
12:26Et donc,
12:26effectivement,
12:27on veut fédérer
12:28les victimes.
12:29Claire est souvent
12:31contactée par des victimes,
12:32des familles de victimes
12:33pour porter leur voix
12:36publiquement,
12:37pour demander aussi
12:37à l'État
12:38de rendre des comptes
12:38et c'est le sens
12:39des abandonnés.
12:40Donc,
12:40un,
12:40on fédère les victimes,
12:42deux,
12:43on sensibilise
12:44l'opinion publique.
12:45Le but,
12:46c'est aussi d'alerter
12:46l'opinion publique
12:48en disant
12:48attention,
12:49la justice
12:50dans notre pays
12:51fonctionne mal,
12:51ça produit tel drame humain.
12:53Et en fait,
12:53vous les oubliez
12:54parce qu'effectivement,
12:56encore une fois,
12:56un drame en chasse un autre,
12:58mais Elias,
12:58toutes ces victimes-là,
13:00on ne veut pas
13:00que tout ça soit vain.
13:02Et on veut forcer
13:03les pouvoirs publics
13:03à agir.
13:04Et donc,
13:04ça nous amène
13:05à la troisième objectif
13:06des abandonnés,
13:08c'est d'apporter
13:08des propositions concrètes
13:09dans le débat public.
13:10On est à un an
13:11de l'élection présidentielle.
13:12Oui,
13:12c'est une proposition.
13:13Mais juste sur la façon
13:15de faire en sorte
13:17que les abandonnés
13:18en question s'expriment,
13:19je m'adresse à tous les deux,
13:20quelle idée ?
13:21Ce sont des témoignages,
13:22des réseaux sociaux,
13:23de l'édition Claire Géronimie ?
13:25Qu'est-ce que vous envisagez ?
13:27On a un site internet
13:28où les victimes
13:29peuvent nous contacter
13:30directement,
13:30peuvent aussi signer
13:32les pétitions,
13:33tout simplement,
13:33tous les citoyens
13:34peuvent aussi signer
13:35la pétition pour soutenir.
13:36Qui est partie là,
13:36qui est en cours,
13:37la pétition.
13:38Exactement,
13:38on a déjà pas mal
13:40de signatures.
13:40Et en fait,
13:41l'idée...
13:41Je vous avoue
13:42que je n'ai pas vérifié
13:42avant l'émission.
13:43On l'a lancé il y a 24 heures,
13:44on a pour l'instant
13:454000 personnes.
13:46Oui,
13:46je crois qu'on a
13:47plus ou moins 4000 signatures,
13:48donc ça commence à prendre.
13:49On est contents
13:50mais il faut encore plus
13:51de mobilisation.
13:51Donc j'appelle aussi
13:52les gens qui nous écoutent
13:54à signer aussi cette pétition,
13:56c'est très important.
13:57Et après,
13:58nous on redirige aussi.
13:59Moi,
13:59mon association,
13:59elle est aussi en lien
14:00avec ces victimes
14:02qui nous contactent
14:02via les abandonnés.
14:03Il y a des réseaux sociaux
14:04donc nous aussi,
14:05après on peut les prendre
14:05en charge avec l'association
14:07pour les accompagner
14:08juridiquement
14:09et psychologiquement
14:10pour essayer
14:11qu'elles puissent
14:12se reconstruire aussi au mieux.
14:13Donc interpeller l'État,
14:15donner la parole aux victimes,
14:17Guilhem Carillon,
14:18et vous évoquiez,
14:19je vous ai coupé la parole
14:20parce qu'on a envie de savoir,
14:22vous dites qu'il y aura
14:23des propositions concrètement
14:24et vous voulez,
14:25j'imagine,
14:26peut-être peser sur le débat
14:28éventuellement qui s'ouvre
14:30de 2027.
14:31Quelles seraient par exemple
14:32des propositions concrètes,
14:34claires,
14:34que vous formulez
14:35pour répondre
14:36à toutes ces interrogations ?
14:38Il y a plusieurs axes.
14:40Un,
14:40la question du manque de moyens
14:42qui est la question structurelle,
14:44il faut former davantage
14:45de magistrats,
14:46il faut former davantage
14:47de procureurs,
14:48il faut former davantage
14:48de greffiers.
14:49Et c'est ça qui nous permettra
14:50demain d'arriver
14:51à traiter
14:53toutes les plaintes
14:55qu'il y a à traiter.
14:57Deuxièmement,
14:58il y a la faiblesse
14:58de la réponse pénale.
15:00Claire a été marquée par ça
15:02à travers beaucoup d'affaires
15:04que vous avez,
15:05beaucoup de dossiers
15:06que vous avez accompagnés
15:06avec ton association
15:07et cas de femmes.
15:09Très souvent,
15:10pour les affaires souvent
15:11qui sont moins médiatisées,
15:12pour l'affaire de Claire,
15:14en quelque sorte,
15:14la justice a été exemplaire.
15:16Le procès a eu lieu rapidement
15:18et la peine à l'égard
15:20de l'agresseur de Claire
15:20a été très lourde.
15:21Mais pour des milliers
15:23et des milliers d'affaires,
15:25déjà,
15:25il y a très souvent
15:25des classements sans suite
15:26faute de preuves
15:27et c'est le problème
15:28des agressions sexuelles.
15:29Pour les agressions sexuelles...
15:30Le fait que les agressions
15:30soient imprescriptibles aussi,
15:32ce serait peut-être
15:33une piste de réflexion, non ?
15:35Oui,
15:35et de manière générale,
15:36nous, notre philosophie,
15:37c'est un quoi qu'il en coûte
15:38sécuritaire.
15:39Un quoi qu'il en coûte sécuritaire.
15:41C'est faire de la justice
15:43le service public fondamental.
15:45La justice a été considérée
15:46depuis des dizaines d'années
15:47comme le par-empôt
15:48ou des services publics.
15:49Ce n'est plus possible.
15:49Il faut investir beaucoup plus
15:51pour protéger les gens.
15:52Je vous rappelle,
15:53Guylaine Carriant,
15:53qu'il y a quand même
15:53des priorités qui sont édictées.
15:55Vous avez les dépenses militaires
15:57avec un plan qui est très précis
16:00qui va coûter des dizaines
16:03de milliards d'euros
16:04au budget de l'État.
16:05Vous avez une priorité
16:06qui est l'hôpital,
16:07vous avez une priorité
16:08qui est l'éducation.
16:10Le quoi qu'il en coûte
16:11peut s'appliquer
16:12à d'autres secteurs aussi,
16:14également.
16:14Bien sûr,
16:15mais en tout cas,
16:15la justice,
16:16ce qu'on constate,
16:17c'est qu'en chiffres,
16:18la dépense publique
16:20affectée aux moyens
16:21pour la justice
16:21est très en dessous,
16:23largement en dessous
16:24de tous les autres pays européens.
16:26Et c'est aussi
16:27une des raisons
16:27pour laquelle l'insécurité
16:28est aussi présente
16:29dans la vie des gens.
16:30Si vous interrogez
16:30les gens sur leurs priorités,
16:32il y a évidemment
16:32la question du pouvoir d'achat,
16:34mais il y a la question
16:34de la sécurité
16:35qui revient extrêmement vite.
16:37Pourquoi ?
16:37Parce que les gens
16:38en ont marre,
16:38ils considèrent que l'État,
16:39ce qu'on est en droit
16:40d'attendre de l'État,
16:41c'est la projection des citoyens.
16:43Le contrat social,
16:44c'est quoi ?
16:45On cède au souverain,
16:46au pouvoir public,
16:48une part de notre liberté individuelle
16:50pour garantir
16:50notre liberté collective.
16:51Et aujourd'hui,
16:52comment continuer à croire
16:54en ce contrat social
16:54quand les gens se font agresser
16:56systématiquement dans la rue
16:57quand les gens ne peuvent pas
16:58sortir tard le soir,
16:59ça devient insupportable.
17:00Et les gens demandent à l'État
17:01de changer radicalement de l'AZ.
17:03Claire Géronimi,
17:03vous voulez également
17:04à travers votre association
17:05et puis ce mouvement
17:07des désabandonnés
17:08peser sur le débat à venir ?
17:09Exactement.
17:10Moi, je veux quand même
17:10rajouter une chose aussi
17:12sur les propositions
17:14et puis aussi refaire le constat.
17:16Le budget de la justice
17:17aujourd'hui est de 10 milliards d'euros,
17:19un peu moins de 10 milliards.
17:20C'est le budget le plus petit
17:23d'un point de vue du régalien.
17:24Et malheureusement,
17:25c'est un budget qui a été abandonné.
17:26Je pense que c'est littéralement
17:27un manque de volonté
17:30littéralement de notre gouvernement.
17:31Encore, on sait que la fraude sociale
17:34est de plus de 70 milliards d'euros
17:37et qu'il y a aussi
17:38les coûts de l'immigration
17:40qui sont à plus de 2 milliards d'euros.
17:42Je pense qu'on peut faire
17:42des coûts budgétaires autre part
17:43et aujourd'hui,
17:44il faut savoir protéger aussi les Français.
17:45Vous estimez qu'il y a consensus
17:48tous les deux.
17:49Je poursuivais d'ailleurs
17:50à ce sujet, Claire Géronimi,
17:52sur ces questions.
17:53Vous disiez manque de moyens,
17:54même s'il est souligné
17:57que dans l'affaire Liana,
17:58c'est peut-être autre chose.
18:00Sur le manque de moyens,
18:01sur les peines infligées
18:04avec parfois ce problème
18:06de crimes
18:08qui devraient être imprescriptibles.
18:11J'ai l'impression que tout le monde
18:12dit la même chose, Claire Géronimi.
18:14Non ?
18:14C'est un peu un avis partagé.
18:15Tout le monde dit la même chose,
18:17mais personne n'agit aujourd'hui.
18:18C'est ça le problème.
18:19Et justement,
18:20nous,
18:21ce qu'on veut aussi,
18:23c'est des questions aussi.
18:24Je pense qu'il y a un problème
18:25aussi de doctrine.
18:26Il y a un laxisme judiciaire
18:27qui est aujourd'hui permanent.
18:29Quand on sait qu'il y a
18:30un nombre de remises de peine
18:31qui est conséquent
18:33pour les agresseurs,
18:33au final,
18:34ça ne déçut plus personne.
18:35Et c'est ça qui est problématique.
18:36Nous aussi,
18:37ce qu'on veut,
18:37c'est pouvoir mettre
18:39la perpétité réelle
18:40pour les cas
18:41de pédécriminalité.
18:45Et pour les violences
18:46sexistes et sexuelles,
18:47à un moment donné,
18:47je pense qu'il faut savoir
18:49mettre les forces
18:50là où on est.
18:52Claire Géronimi
18:53et Guilhem Carillon,
18:54parce qu'il est temps
18:55de conclure.
18:56Guilhem Carillon,
18:57le calendrier,
18:58quel est-il ?
18:59Vous envisagez quoi ?
19:00D'auditionner,
19:01par exemple,
19:02après la rentrée,
19:03les candidats
19:04à l'élection présidentielle ?
19:05Pourquoi pas ?
19:05Faire un bon décès ?
19:07Nous, en tout cas,
19:07on a un engagement
19:09politique,
19:09partisan avec l'air,
19:10mais sur ce mouvement
19:12qui est les abandonnés,
19:13on met de côté
19:14notre étiquette partisane
19:15parce que la question
19:16de la justice,
19:17la question de la sécurité
19:18collective,
19:19ce n'est même plus
19:19une question partisane,
19:20c'est une question
19:20qui est consensuelle.
19:21C'est quand même
19:22très politique tout de même.
19:24Oui, mais ce n'est pas
19:25une question en tout cas
19:26de droite ou de gauche.
19:28Si vous regardez
19:28d'ailleurs les enquêtes
19:29d'opinion,
19:29il y a une très large
19:30majorité des électeurs
19:31de gauche qui sont
19:32pour plus de fermeté.
19:33C'est partagé dans la population.
19:34C'est une cause
19:35qui est consensuelle.
19:36Nous, ce qu'on demande
19:37simplement,
19:38c'est qu'au pleur
19:39et à la colère
19:40se transforme une action
19:41des pouvoirs publics
19:42et forcer les ressources
19:43politiques,
19:44quels qu'ils soient,
19:45mais que le prochain
19:45président de la République
19:46en de l'internité
19:46prenne conscience
19:47de la gravité de la situation
19:48et du fait qu'il faut
19:49changer les choses
19:50et mettre le paquet
19:51sur la justice
19:51pour protéger les gens.
19:52Allez, à la revoyure.
19:54Nous vous réinviterons
19:55pour savoir
19:56où en est le mouvement
19:57des abandonnés.
19:57Merci à vous tous les deux,
19:58Claire Géronimi
20:00et Guilhem Carillon
20:01d'être passés par le studio
20:02au-dessus de la radio.
20:03Bonjour Valérie Expert.
20:04Bonjour Jean-François Aquili.
20:05Mettez-vous d'accord
20:06sur quoi ce matin ?
20:07Eh bien écoutez,
20:07on va commencer
20:08avec Félix Mathieu.
20:09C'est quoi le problème ?
20:10Les robots vont-ils
20:11nous remplacer ?
20:11Grande question
20:12qui a traversé
20:13le salon VivaTech
20:15la semaine dernière
20:15à Paris.
20:16On aura le directeur général
20:20de VivaTech
20:20qui sera avec nous.
20:22L'intelligence artificielle
20:24va-t-elle faire disparaître
20:25le travail humain ?
20:27Nous serons peut-être
20:27remplacés par des IA
20:28bientôt.
20:29On est en train
20:30de leur apprendre,
20:31d'apprendre à l'IA
20:32des gestes des hommes.
20:34Donc vous pouvez nous appeler,
20:35nous dire si vous êtes inquiets.
20:36Si c'est une question
20:37qui vous angoisse
20:39ou qui vous passionne.
20:40Et puis,
20:42on va revenir
20:43sur les dysfonctionnements.
20:44Le mot est faible
20:45dans l'affaire Liana,
20:47la responsabilité
20:48des magistrats.
20:49Et puis,
20:50les vacances,
20:51les Français
20:51sont nombreux
20:53à renoncer,
20:54à partir en vacances.
20:55Et vous,
20:550826 300 300,
20:57à tout de suite.
20:58Et bonne émission.
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