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  • il y a 21 heures
Avec Céline Lis-Raoux, fondatrice et directrice de la rédaction de “Zèbres & cie”

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##C_EST_QUOI_LE_PROBLEME-2026-04-21##

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Transcription
00:00D'accord, Valérie Expert.
00:02Bonjour à toutes et à tous, bonjour Gilles Gransman, bonjour Valérie, bonjour Félix Mathieu,
00:07bonjour à notre invitée Céline Lysraoult, bonjour, vous êtes fondatrice et directrice de la rédaction de Zèbres & Compagnie,
00:14le magazine de la neurodiversité, le nouveau numéro vient de sortir et on va évoquer dans C'est quoi le
00:20problème avec vous Félix,
00:22le grand dossier de Zèbres, parents au bord du burn-out, ça concerne les handicaps invisibles,
00:29on parle souvent des problèmes de personnes handicapées à se mouvoir sur un certain nombre de choses,
00:36mais il y a aussi tous ces handicaps invisibles qui sont ce qu'on appelle les neurodifférents, les neuroatypiques,
00:43et ce journal leur est consacré et on va en parler avec vous parce que c'est très compliqué pour
00:50des parents
00:50qui se retrouvent débordés par ces enfants qui sont différents et qui parfois, pour ces parents, ne trouvent pas d
01:00'aide,
01:01et on va y revenir avec vous dans un instant.
01:04On va parler nous des délits de fuite qui ont augmenté de 60% en 10 ans, c'était un
01:11chiffre effrayant, effarant, catastrophique,
01:14que peut-on faire ? On entend à chaque fois des indignations quand il y a des drames,
01:19et puis rien ne change réellement, on va parler également de nos hôpitaux et de notre système de santé
01:25qui aujourd'hui veut être infirmière, aide-soignante, on peine à recruter, on abaisse les standards de recrutement.
01:32Dites-nous ce que vous constatez autour de vous, 0826, 300, 300, et Gilles dans le zapping ?
01:38On reviendra sur ce qui s'annonce être un vrai scandale, c'est le piratage de nos identités nationales,
01:44au sein même de l'endroit où la sécurité doit être primordiale, le ministère de l'Intérieur.
01:50On nous a volé notre identité numérique, alors appelez-nous 0826, 300, 300.
01:56Beaucoup de gens, il y a un mouvement sur les réseaux qui fait que...
02:01Excusez-moi, j'ai un retour très fort...
02:04Vous avez un retour à vos oreillettes ?
02:05Non, non, j'avais un retour très fort qui faisait que je ne comprenais pas ce que je disais.
02:10Mais pour finir, il y a un mouvement de gens qui veulent enlever, vous savez, l'application
02:14qui vous permet d'avoir une identité numérique et de l'enlever de portable et revenir à la carte d
02:20'identité plastique.
02:21On va parler de tous ces sujets avec vous.
02:24Donc, Félix Mathieu, c'est quoi le problème ?
02:27Eh bien, la problématique, ce sont ces enfants dits neuroatypiques.
02:32On entend neuroatypiques, ce sont ces enfants autistes qui souffrent de dyscalculie, de dyspraxie
02:39ou encore qui sont TDAH.
02:42Je pense que tout le monde est familier avec ce terme.
02:45On avait reçu le docteur Simès il y a quelques temps pour évoquer ce sujet.
02:50Et c'est vrai que quand on parle école pour ces enfants, ça reste extrêmement compliqué.
02:55Oui, une loterie nationale, c'est le terme employé par un récent rapport à propos de la scolarisation
03:00des enfants handicapés ou neurodifférents, comme vous disiez Valérie.
03:04Une loterie nationale, c'est ce que dit un rapport d'enquête de l'Assemblée nationale
03:09sur les défaillances des politiques publiques dans la prise en charge de la santé mentale
03:12et du handicap.
03:13Et ce rapport développe, par exemple, on n'a pas assez d'AESH, les accompagnants des élèves
03:18en situation de handicap.
03:19Ça veut dire tout simplement que leur droit à la scolarisation n'est pas assuré.
03:23Même, ils reculent.
03:24Ils reculent conséquences.
03:25On a parfois des parents qui vont se retrouver à devoir arrêter de travailler pour s'occuper
03:29de leurs enfants.
03:30Et le pire, c'est que quand on se souvient un peu, la scolarisation pour tous, ce n'est
03:35pas un sujet si nouveau que ça.
03:36Je ne sais pas si vous vous souvenez de ce débat d'entre-deux-tours de l'élection
03:40présidentielle de 2007.
03:41Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, déjà à l'époque, s'étaient écharpés sur le sujet.
03:45C'était quand même il y a quasiment 20 ans.
03:48Et on a l'impression que deux décennies après, il reste quand même beaucoup de travail
03:51sur cette scolarisation des enfants différents.
03:55Dans 14 départements, on a même 100% d'enfants autistes.
03:59sans AESH pour les accompagner, que ce soit sur leur temps de cantine ou sur le temps
04:04périscolaire.
04:05C'est ce que note ce rapport parlementaire il y a quelques mois.
04:07C'est ahurissant, ces chiffres.
04:09Je rappelle, Céline Lissraout, que vous êtes fondatrice et directrice de la rédaction
04:15de ce magazine de la neurodiversité.
04:18C'est un magazine qui est...
04:19Je le conseille vraiment à tous les parents qui ont des interrogations autour d'enfants
04:24qui sont différents parce qu'il est joyeux, il est gai, même s'il traite de sujets complexes.
04:31La mise en page et puis le fond des articles, en tout cas, donne beaucoup de clés et beaucoup
04:37d'espoir, en tout cas, pour les parents qui sont concernés.
04:42Mais c'est effrayant ce chiffre 100% d'enfants autistes sans AESH ?
04:47La réalité, c'est qu'en fait, la loi handicap, elle a 20 ans.
04:52On fête cette année les 20 ans de la loi handicap.
04:55Et le handicap, qu'est-ce qu'elle disait ?
04:57Elle disait que tous les enfants de la République vont à l'école de la République.
05:01Nous, on a fait notre sujet sur le zèbre et compagnie de ce mois-ci autour du burn-out
05:06des parents.
05:06Mais le burn-out des parents, il est d'abord lié au fait que les enfants n'ont pas de
05:10solution de scolarisation.
05:13Un parent, vous le disiez très bien, Félix, un parent qui n'a pas de solution de scolarisation
05:17pour son enfant, on parle de l'autisme, mais on ne parle pas que de l'autisme, on parle
05:20du TDAH, on parle de la dyslexie aussi.
05:22Un enfant qui n'a pas d'AESH, son parent est obligé de le garder à la maison.
05:26Et quand son parent est obligé de le garder à la maison, en général, c'est la maman
05:29qui arrête de travailler.
05:30Donc ça veut dire aussi que c'est un appauvrissement des familles.
05:33Et les AESH, ils ne tombent pas du ciel, c'est l'État qui les paie.
05:36Ils sont très mal payés.
05:38Souvent, les AESH, ce sont des femmes dans 95% des cas, ce sont des femmes qui ne sont
05:42pas à plein temps, tout simplement parce que ce n'est pas un plein temps, un temps scolaire.
05:45Et au-dessus de ça, il y a quelques mois, il y a eu un projet de loi qui avait
05:49été
05:49présenté pour titulariser ces AESH parce que non seulement ils sont mal payés, mais
05:54en plus, ils ne sont pas titulaires de la fonction publique.
05:56Et en fait, le gouvernement a décidé de ne pas les titulariser en disant
05:59ce n'est pas le moment de parler de ça.
06:01Comment voulez-vous que des personnes, que des femmes ou des hommes, enfin des femmes
06:05en majorité, acceptent de prendre un travail qui est un travail exigeant, difficile ?
06:09C'est difficile de travailler avec les enfants, ce n'est pas les enseignants qui diront
06:12autre chose, qui demandent beaucoup de compétences.
06:14On parle d'enfants à besoins spéciaux et qui en plus ne sont même pas payés un SMIC
06:18et qui ne sont même pas titulaires.
06:20Comment voulez-vous que les gens aient envie de faire ce travail-là ?
06:23Au bout du bout, c'est les parents et les enfants qui en souffrent parce qu'il n'y a
06:26pas
06:26d'ESH, les enfants ne sont pas acceptés à l'école dans les classes.
06:29C'est un véritable problème de santé publique, c'est ce que vous dites dans l'article
06:35et visiblement, ça ne progresse pas.
06:39C'est un problème de santé publique pour les enfants parce que ces enfants, en fait,
06:43ils ont besoin d'avancer, de grandir.
06:46L'école n'est pas un lieu de garderie.
06:48La promesse de l'école inclusive, c'est un lieu où les enfants apprennent.
06:52Alors, tous les enfants ne vont pas faire normal sup, mais tous les enfants, ils peuvent
06:58à un moment être pris à un endroit A et arriver à un endroit B.
07:02Tous les enfants peuvent avancer.
07:04Et les enfants, tels qu'on le voit aujourd'hui, qui ne vont pas à l'école, ils n'avancent
07:07pas.
07:07Et leurs parents régressent aussi parce que c'est ce qu'on dit dans le dossier.
07:11Ils sont isolés, ils sont épuisés.
07:13Ce sont des enfants qui sont exigeants et les parents n'ont pas de répit.
07:17Il s'agit de l'absence de répit.
07:19Alors, on a en ligne avec nous Stéphanie.
07:21Bonjour Stéphanie.
07:25Bonjour Stéphanie.
07:27Oui, vous m'entendez ?
07:28Oui, on vous entend.
07:29Vous êtes vous-même AESH.
07:32Oui.
07:34Et donc, racontez-nous un petit peu ce que vous vivez.
07:38Alors, moi, je suis AESH depuis 16 ans.
07:41Oui.
07:41Donc, j'en ai vu.
07:43C'est-à-dire qu'il n'est pas mieux, comme on dit.
07:46Alors, cette année, étrangement pour moi, ça va mieux.
07:49Je suis dans une petite structure, mais j'accompagne dans un lycée pro.
07:54Donc, moi, je suis plutôt au lycée.
07:57J'accompagne un enfant autiste.
08:01Et cette année, je trouve que je suis quand même...
08:03Alors, lui et moi, nous sommes quand même bien accompagnés parce que l'accompagnement
08:10est très bien fait pour lui, étant donné qu'il va faire son CAP sur 3 ans au lieu de
08:152, par exemple.
08:16Je trouve ça super.
08:18Son emploi du temps est adapté à lui.
08:20Donc, c'est super aussi.
08:22On écoute son état de fatigue.
08:25Donc, ça, c'est bien.
08:26Oui, donc, il y a une vraie attention.
08:29Voilà.
08:29Cette année, il y a une vraie attention.
08:30Mais si je peux parler de l'année dernière, ce n'était pas du tout le cas.
08:36J'étais dans une autre structure plus grande.
08:38Et là, j'ai commencé l'année avec 4 élèves.
08:41Ensuite, j'en ai eu 8, toujours dans la même année.
08:45Donc, j'ai abandonné l'accompagnement de ces 4 élèves.
08:47On m'en a donné 8 autres.
08:49Et dans l'année, on a changé encore.
08:51On m'en a donné 6.
08:52Donc, je n'accompagnais jamais les mêmes élèves.
08:55Oui.
08:57Et puis, ça allait de l'école élémentaire jusqu'au BTS.
09:00Oui.
09:00Alors, il y a des exemples comme ceux-là qui sont formidables.
09:03Je peux vous demander combien vous gagnez ?
09:06Alors, moi, je suis à 80%.
09:08D'accord.
09:09Et j'ai l'ancienneté.
09:10Donc, je suis peut-être un peu mieux payée que mes collègues.
09:15Oui.
09:15Je n'ai pas 24 heures.
09:17Oui.
09:17Donc, vous, en tout cas, c'est une situation.
09:20Céline, ce que vous entendez, c'est effectivement une prise en charge.
09:25C'est une charge tout à fait correcte et acceptable.
09:27Mais ce que j'entends aussi, c'est la prise en charge qui est une loterie,
09:31comme le disait Félix tout à l'heure.
09:32C'est-à-dire que ce que disait Madame, c'est que cette année, c'est bien, ça tombe bien.
09:35Mais l'an dernier, ça ne l'était pas.
09:37Et en fait, c'est vraiment une loterie.
09:38C'est-à-dire que...
09:39Et de manière assez étonnante, parfois, on est dans des quartiers de Paris
09:42ou des endroits où on se dit la prise en charge va être formidable, etc.
09:46Et ça ne marche pas.
09:47Et parfois, on est dans des endroits en France, dans des territoires ruraux,
09:52où on se dit ça va être compliqué.
09:53Ça marche très bien.
09:53En fait, l'inégalité, elle est due au hasard.
09:58C'est-à-dire qu'il y a vraiment...
10:00Selon qu'on tombe dans une école avec une direction qui est extrêmement attentive à ça,
10:05souvent avec des professeurs ou des directrices et directeurs
10:09qui sont concernés eux-mêmes pour avoir des enfants neuroatypiques.
10:12Et là, tout se met en place.
10:13Et parfois, il y a certains collèges et lycées où il n'y a aucune attention.
10:16Et Madame le disait tout à l'heure,
10:18souvent les ESH se partagent entre plusieurs enfants.
10:22Oui, c'est ça.
10:23Et ça aussi, c'est un problème.
10:24Il y a tellement peu d'ESH qu'il y a des enfants qui ont des reconnaissances handicapées
10:27qui devraient avoir l'heure à ESH et qui finalement mutualisent des ESH avec d'autres enfants
10:32qui parfois n'ont pas du tout les mêmes besoins, tout simplement parce qu'il n'y a pas assez
10:35de personnel.
10:36Et donc, on a Camille qui nous dit, il y a aussi un souci, il faut avoir une AESH.
10:41Pour avoir une AESH, il faut constituer un dossier dont un certificat de spécialiste.
10:46Et en ce moment, c'est galère d'avoir un rendez-vous.
10:49Là, c'est toute la chaîne qui dysfonctionne.
10:54Je me souviens aussi de cette maman qui racontait que tous les ans,
10:57elle doit prouver que sa petite-fille est trisomique.
11:00Il y a aussi l'administration qui crée, il y a l'enfant, la situation de l'enfant,
11:06mais il y a tout l'aspect administratif qui est problématique.
11:10En fait, les parents parlent d'un parcours du combattant,
11:13mais le mot est juste, c'est-à-dire qu'il faut commencer par le diagnostic.
11:16Ensuite, il faut avoir la reconnaissance handicapée qui passe par la MDPH,
11:19la maison des personnes handicapées, ce qui déjà demande Bac plus 12 en spécialité administrative.
11:26Et une fois que vous avez ça, il faut que ce que décide la maison des handicapés
11:31se retrouve écrit sur le papier par l'Éducation nationale.
11:34Et d'ailleurs, le prochain numéro de Zèbre et Compagnie qui sortira en juillet,
11:37on fait un numéro spécial, vos droits, avec diagnostic, MDPH et école.
11:42Parce que les parents, non seulement ils s'y perdent,
11:44parce que dès qu'ils ont fini, dès qu'ils ont coché quelque chose, MDPH, c'est bon, il y
11:48a...
11:48On en a pour un an de plus pour faire reconnaître les droits des enfants à l'école.
11:51Non, mais c'est kafkaïen.
11:53Comment on se situe par rapport à l'Europe et aux autres pays ?
12:00Alors, on n'est pas bon, il faut le dire.
12:03Il y a, une fois de plus, la 2020, pardon, 2015,
12:09c'est la promesse de l'égalité, c'est la loi handicap.
12:14On est 20 ans, enfin, je veux dire, 10 ans après, il ne se passe rien.
12:19Et on va dans d'autres pays, comme par exemple l'Italie,
12:23ça fait beaucoup plus longtemps qu'ils sont sur l'école inclusive,
12:26mais l'Italie, ils ont fait ce qu'on devrait faire depuis très longtemps,
12:29des classes qui sont des classes beaucoup moins chargées,
12:31parce que le problème, c'est que les classes, elles sont trop chargées.
12:34Comment voulez-vous, je ne jette pas la pierre aux enseignants,
12:36comment voulez-vous y arriver, quand vous avez dans une classe pas assez d'AESH,
12:4118% des enfants sont neuroatypiques,
12:43donc ça fait 18% des enfants dans les classes qui sont neuroatypiques.
12:46Et on leur demande de prendre en charge des enfants avec des troubles autistiques,
12:50des enfants avec des TDAH, des enfants dyslexiques, dyspraxiques, dysorthographiques,
12:54dans des classes à 35.
12:56En fait, ce n'est pas possible.
12:57Aujourd'hui, il se passe quelque chose d'étonnant en France,
13:01qui va, en fait, on fait en politique le contraire de ce qu'on dit.
13:04C'est assez, je ne dis pas schizophrénique, parce que ce qu'on dit, c'est autre chose,
13:09mais c'est assez étonnant.
13:10C'est-à-dire qu'on est dans un trou de natalité.
13:12On devrait pouvoir garder des classes ouvertes
13:15et faire des classes avec un minimum d'enfants à l'intérieur.
13:18Au lieu de ça, on ferme chaque année.
13:20L'an dernier, on a fermé 5 000 classes en France.
13:225 000 classes.
13:23C'est absurde.
13:24L'école inclusive, elle se fera le jour où les enseignants,
13:27un, seront bien formés,
13:28et deux, les enseignants se retrouveront avec des enfants,
13:31avec des petits effectifs en classe.
13:33On se retrouve dans un instant si vous êtes parent d'enfants neuroatypiques,
13:40si votre enfant est porteur d'un trouble autistique ou TDAH,
13:46ou tout simplement avec des dyspraxies.
13:50Évidemment, on attend vos témoignages, parents, jusqu'à l'épuisement.
13:54Le burn-out des parents, c'est le dossier que vous retrouvez
13:56dans le magazine de la neurodiversité Zèbre,
13:59qui est en kiosque ces jours-ci.
14:01A tout de suite.
14:06On est de retour avec vous.
14:08On parle de ces parents au bord du burn-out,
14:11qui n'en peuvent plus parce qu'ils se retrouvent seuls
14:14à devoir s'occuper d'enfants qui sont différents,
14:17qui sont autistes, qui sont TDAH, qui sont dys.
14:21C'est un dossier que vous leur consacrez dans votre magazine Céline Lysraoust,
14:27un magazine Zèbre qui s'intitule le magazine de la neurodiversité.
14:31Et vous, dans ce dossier qui fait près de six pages,
14:35vous racontez l'épuisement de ces parents.
14:38On vous attend, auditeurs de Sud Radio 0826 300 300.
14:43Si vous aussi, vous êtes parents d'enfants différents,
14:47on va dire différents.
14:48On parlait de handicap invisible, mais comme vous me disiez hors antenne,
14:50il est invisible pour ceux qui ne veulent pas voir,
14:53parce que ces enfants, évidemment,
14:55les troubles de psy, comme on dit,
14:58sont souvent très visibles dans le comportement.
15:03Qu'est-ce qu'ils vous disent, ces parents,
15:05peut-être pour eux, expliquer à nos auditeurs
15:08ce qu'ils peuvent ressentir ?
15:09Ils ont le sentiment d'être pris en tenaille
15:14entre une multiplicité de problèmes.
15:15Déjà, le dossier commence par une maman qui dit
15:17« En fait, j'en peux plus, mon gamin. »
15:20Parce qu'il y a des enfants qui ont des attitudes d'opposition très très fortes,
15:26il y a des enfants qui ont des besoins,
15:27il y a des enfants avec des troubles du déficit de l'intelligence,
15:31qui ont des besoins très particuliers.
15:35Donc, les parents, et souvent les mamans,
15:36disons-le, parce que souvent les mamans sont en première ligne.
15:40Souvent, quand vous voyez d'ailleurs les accompagnements
15:44à la rééducation chez l'argothérapeute,
15:46c'est les mamans que vous voyez dans les salles d'attente.
15:49Donc, les parents, et souvent les mamans,
15:52font le taxi plusieurs fois par semaine.
15:55Et pour peu que vous ayez plusieurs enfants neuroatypiques,
15:58parce qu'il y a une forte composante génétique dans la neuroatypie,
16:00ça veut dire que vous faites plusieurs fois par semaine
16:02pour plusieurs enfants le taxi,
16:04que vous gardez les enfants quand les AESH ne sont pas là
16:06ou qu'il n'y a pas d'AESH,
16:08ça veut dire que vous perdez votre travail,
16:10ça veut dire que vous avez des espèces d'injonctions
16:11qui vous expliquent qu'il faut tout faire bien
16:14et vous avez le sentiment de ne rien faire bien
16:16parce que vous êtes fatigué.
16:18Quand on est fatigué, on fait rarement les trucs bien.
16:20Et par ailleurs, vous retrouvez en proie
16:23à des demandes de l'administration
16:25qui sont parfois complètement iniques
16:27avec des dossiers qui demandent des heures
16:30et des semaines de travail.
16:31Dans un numéro précédent, on avait fait un test,
16:34on avait calculé le nombre d'heures
16:36et le kilo de dossiers
16:38pour la reconnaissance MDPH,
16:41donc maison des personnes handicapées.
16:42Et c'est cette reconnaissance qui vous permet
16:44d'avoir accès à des aides à l'école
16:46dont le fameux AESH.
16:49Elvire, qui est une journaliste
16:50qui travaille avec nous,
16:51qui est le même maman d'enfant neuroatypique,
16:53avait fait un dossier de 12 kilos par an.
16:5612 kilos de dossiers par an.
16:58C'est invraisemblable.
16:59Vous parlez des mamans
17:01qui sont dans les salles d'attente,
17:02ça veut dire que c'est plus compliqué
17:03pour un père d'accepter le handicap de son enfant ?
17:05Non, je pense que, en fait,
17:07ce qui se passe, c'est que les parents
17:09font des calculs économiques.
17:10Et qu'à un moment,
17:11quand accompagner un enfant,
17:13ça devient un job à plein temps,
17:14ce qui est le cas,
17:15surtout quand vous avez un enfant autiste,
17:17la dyslexie, c'est un peu plus...
17:19Je n'ai pas dit que c'est plus simple,
17:20mais c'est moins impactant.
17:21Mais quand vous avez un enfant TDAH
17:23qui n'a pas de place à l'école
17:25parce qu'il a des comportements
17:28extrêmement agressifs avec les professeurs,
17:30une fois de plus,
17:31quand on dit agressif, c'est moral,
17:32c'est un trouble déficit de l'attention
17:34avec hyperactivité.
17:35C'est un vrai handicap.
17:37À un moment, économiquement,
17:38les couples se disent
17:39où est-ce qu'on perd le moins ?
17:42Et c'est souvent le salaire des mamans
17:43parce que le salaire de mamans est moindre.
17:44Il y a beaucoup de stars qui, récemment,
17:45se sont déclarées TDAH.
17:47Alors, ça fait la une des journaux.
17:48Comment vous réagissez
17:49alors que lorsqu'on lit votre journal,
17:52il y a des drames
17:53et ce que vous nous racontez ce matin
17:55et que d'un seul coup,
17:57c'est un peu à la légende.
17:58À 55 ans, je me suis découvert un TDAH.
18:01Comment vous réagissez par rapport à ça ?
18:03Alors, souvent, c'est vrai.
18:04Enfin, souvent, je n'ai pas de contraire.
18:06En l'occurrence, vous parlez de Maïténa Birabène
18:08qui était celle qui, la semaine dernière,
18:12elle a suivi un grand parcours pour le diagnostic.
18:16Moi, je trouve que c'est formidable pour deux raisons.
18:18La première raison, c'est que, en fait,
18:20ces diagnostics, on dit souvent,
18:22il y a la mode du TDAH.
18:23Ce n'est pas une mode.
18:24J'ai un enfant TDAH,
18:25je peux vous assurer que c'est une mode.
18:27Il se passerait lui-même bien.
18:29Mais, en fait,
18:30ce diagnostic, il n'existait pas.
18:32Dans notre génération,
18:33des gens de 50 ans,
18:34enfin, je ne crois pas de Félix,
18:35mais dans la génération des gens de 50 ans,
18:37on avait des diagnostics de dyslexique.
18:39Ça existait assez bien.
18:40Mais l'autisme, dans la tête des gens,
18:42c'était quelque chose qui était très lié
18:45au déficit intellectuel,
18:46ce qui n'est pas le cas, toujours.
18:48Ce qui est d'ailleurs majoritairement pas le cas.
18:50Ce qui est aussi le cas,
18:51mais pas majoritairement.
18:52Et le TDAH, on n'en parlait pas.
18:54Donc, aujourd'hui,
18:55des tas de gens de notre âge
18:56se diagnostiquent,
18:58souvent parce que leurs enfants
18:59sont diagnostiqués
18:59et qu'ils se disent
19:00« En fait, c'est moi. »
19:01Et je dis que c'est très bien
19:02parce que beaucoup d'adultes,
19:05et on a fait un article aussi
19:05dans le dernier Zèbre là-dessus,
19:07se retournent vers leur vie
19:08et sont beaucoup plus compréhensifs
19:10avec eux-mêmes,
19:11sont beaucoup moins durs
19:12en disant « J'ai raté mes études,
19:14mais pas juste parce que j'étais feignant,
19:16comme on a pu me le dire pendant des années,
19:18mais parce que j'étais très dyslexique
19:20et je n'ai pas été diagnostiquée
19:21ou j'avais un TDAH
19:22et je n'ai pas été diagnostiquée. »
19:23Donc, ça ne change pas leur vie aujourd'hui,
19:25quand on a 50 ans,
19:26ça ne change pas sa vie,
19:26mais ça nous permet de comprendre
19:28certaines choses
19:29et de plus s'accepter.
19:30Alors, on a une auditrice, Delphine,
19:32qui est en ligne avec nous.
19:33Bonjour, Delphine.
19:35Bonjour, Valérie.
19:36Bonjour.
19:38Alors, racontez-nous,
19:39vous, vous êtes maman
19:40d'un enfant neuroatypique ?
19:44Voilà, oui,
19:45qui est en cours de diagnostic,
19:47ce qui est un petit peu long
19:49parce que tout ce que vous avez dit,
19:53c'est exactement ça,
19:54de toute façon.
19:57il a différents troubles,
19:59donc il est suivi en orthophonie,
20:04en orthopsie,
20:08et puis on avait fait un dossier MDPH,
20:13simplement,
20:14avec tous les délais,
20:16là, on nous a menacé
20:18de clôturer le dossier
20:20parce qu'il n'y avait pas eu
20:22de bilan psychométrique,
20:24en fait,
20:26parce que les délais de rendez-vous
20:28auprès du CMPP
20:30étaient très très longs.
20:32entre le moment où le dossier
20:34a été créé,
20:36moi, j'étais allée voir des psychologues
20:37en libéral,
20:40et l'enfant n'était pas à l'aise
20:42avec ses psychologues,
20:43il a refusé de faire quoi que ce soit,
20:46donc je suis allée en voir plusieurs,
20:47et comme il n'y avait pas de bilan,
20:49l'AMDPH m'a dit
20:50bon, on va clôturer le dossier
20:52parce que nous,
20:52on ne peut rien décider.
20:55Voilà,
20:56bon, c'est juste un exemple
20:57parmi tant d'autres.
20:59C'est effrayant,
21:00quand on entend les parents,
21:03on a envie que les politiques
21:05se plongent dans ces dossiers.
21:07Vous en êtes où aujourd'hui, Delphine ?
21:10Alors, j'ai eu la chance
21:12de tomber sur une psychologue
21:14qui a su s'y prendre avec lui
21:17pour qu'il accepte de faire les tests,
21:21et donc elle m'a dit
21:23de contacter l'AMDPH
21:25pour qu'ils acceptent
21:28de recevoir son compte-rendu de bilan
21:30qu'elle a envoyé avant les vacances
21:33très très gentiment.
21:35Ils font un travail magistral et admirable,
21:38ces gens-là aussi.
21:41Et donc, pour que ce bilan,
21:45ils le reçoivent,
21:46après que la commission ait eu lieu
21:48pour l'an prochain,
21:50parce que je pense que tout est décidé
21:52déjà pour l'an prochain.
21:54Surtout qu'en plus,
21:55il y a une fermeture de classe
21:56dans l'école où je suis,
21:58donc il y a plusieurs problèmes
22:02à ce niveau-là.
22:04et puis il y a moins d'AESH,
22:07effectivement.
22:08Donc,
22:12ils voient au plus...
22:14Au cas, finalement,
22:16qu'ils en auront le plus besoin,
22:18mais tant qu'il n'y a pas de mots
22:19sur le trouble...
22:21Oui, c'est très compliqué
22:23de le faire reconnaître.
22:25J'imagine, Céline,
22:26que ça ne vous étonne pas,
22:27ce témoignage.
22:28Merci Delphine de nous avoir appelé.
22:30Oui,
22:31en fait,
22:32Delphine,
22:32elle est représentative,
22:34elle cumule.
22:35Ce que je disais tout à l'heure,
22:36c'est les trois problématiques
22:37principales des parents.
22:39Un,
22:39le diagnostic
22:39qui est très compliqué
22:40à avoir en France.
22:41Aujourd'hui,
22:42heureusement,
22:42il y a ce qu'on appelle des PCO,
22:44ce sont des centres
22:45de diagnostic,
22:46sauf qu'il y a
22:47des mois d'attente.
22:48Voilà.
22:49Ensuite,
22:50la reconnaissance MDPH
22:51qui est un véritable
22:52parcours du combattant.
22:54Alors aujourd'hui,
22:55il y a certains départements
22:56qui font des dossiers simplifiés,
22:59c'est bien.
23:00Alors simplifier le dossier,
23:01c'est bien,
23:01mais en fait,
23:02quand effectivement
23:03tout le dossier,
23:03il est suspendu
23:04à la signature
23:06d'un psychiatre,
23:07d'un psychologue
23:07et que vous n'en trouvez pas,
23:09ça ne vous avance pas vraiment.
23:10Et puis ensuite,
23:12Delphine disait
23:12fermeture de classe
23:13dans son école,
23:14ce qui n'est pas bien,
23:15problème d'AESH.
23:16Donc en fait,
23:17on cumule
23:18les parents
23:19qui ont des enfants
23:20neuroatypiques
23:21qui sont en situation
23:23de handicap,
23:23en fait,
23:24ils cumulent
23:24tout le niveau,
23:26c'est une espèce
23:27de millefeuille
23:27de problématiques
23:28qui sont toutes
23:29les problématiques,
23:30ceux de l'hôpital,
23:31vous en parlez,
23:33ceux de l'administration
23:34centrale
23:35avec les MDPH
23:35et ceux de l'école.
23:38Ils cumulent
23:39et ils se retrouvent
23:39tout seuls
23:39avec leurs petits bras
23:40face à ça,
23:41on comprend qu'ils vivent
23:42un peu dans le burn-out
23:43au bout d'un moment.
23:44Oui,
23:45alors vous donnez
23:45des conseils,
23:46six conseils
23:47pour se préserver,
23:49ça s'adresse évidemment
23:50aux parents
23:50qui sont dans
23:51ces situations
23:51de burn-out
23:53et qui sont complètement
23:54désemparés.
23:55On a beaucoup
23:55de témoignages
23:57de gens
23:57qui nous disent,
23:58Marie nous dit,
23:59c'est vrai,
23:59on ferme des classes,
24:00on ferme des lits
24:00à l'hôpital
24:01pour trouver une orthophoniste
24:03ou un orthophoniste
24:04s'il faut plus d'une année,
24:05c'est une catastrophe.
24:07Il y a aussi
24:07la communication
24:08à ESH,
24:10prof,
24:10qui souvent pose
24:11un souci,
24:13etc.
24:13etc.
24:14C'est vrai
24:15qu'il y a
24:16tellement de dysfonctionnements
24:18que c'est compliqué.
24:19Et ça retombe
24:21sur les familles
24:22à partir du moment
24:22où il y a quelque chose
24:23dans l'État
24:23qui dysfonctionne.
24:24C'est la famille
24:25qui reprend tout
24:25sur les épaules.
24:27Et vous le disiez
24:28en propos liminaire,
24:29on se retrouve
24:30avec des handicaps
24:32dits invisibles
24:32et par rapport
24:34à la société,
24:35le handicap,
24:35d'ailleurs l'image
24:37du handicap aujourd'hui,
24:38c'est le petit bonhomme
24:39en fauteuil roulant.
24:40Bien sûr.
24:40Le handicap,
24:41il est très visible,
24:42il est marqué,
24:43sauf que la réalité
24:45des handicaps invisibles,
24:46c'est que le plus grand
24:46nombre de personnes
24:47en situation de handicap
24:48en France,
24:49ce sont des gens
24:50qui sont en situation
24:51de handicap invisible
24:52mais néanmoins réel.
24:54Et on ne met pas
24:56assez de choses en place
24:57pour accompagner les familles,
24:58c'est clair,
24:58qui aujourd'hui
24:59portent le handicap
25:00de leur enfant.
25:02Zèbre,
25:02le magazine de la neurodiversité,
25:04parents au bord du burn-out,
25:06il y a également
25:06un dossier sur les tests
25:08QI, T-E-A-C-H,
25:12etc.
25:13Et puis un dossier
25:14qui concerne
25:14beaucoup de parents
25:15quand manger devient
25:16un défi
25:18qui est tout à fait
25:19intéressant.
25:19Hier,
25:20on a un de nos débatteurs
25:21qui rencontre
25:22ce problème,
25:23cette problématique
25:25avec sa fille.
25:26Donc c'est vraiment
25:27un magazine
25:29d'utilité publique
25:30et qui concerne
25:31et qui est passionnant
25:32même pour les gens
25:33qui ne seraient pas
25:33forcément concernés
25:34parce qu'on découvre
25:35énormément de choses
25:37dans ce magazine.
25:38Zèbre et compagnie,
25:39merci d'avoir été
25:40avec nous,
25:41Céline Lysraou,
25:41et on vous réinvitera
25:43bien évidemment
25:44parce que c'est important
25:45de parler de ces handicaps
25:47et j'espère que les politiques
25:49prendront ces problématiques
25:51un jour au sérieux.
25:52Merci à vous,
25:53on se retrouve dans un instant
25:54pour commenter l'actualité.
25:55A tout de suite.
25:5610h midi,
25:58mettez-vous d'accord.
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