- il y a 11 minutes
Avec Patrice Duhamel, journaliste
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
---
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
---
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
##C_EST_QUOI_LE_PROBLEME-2026-05-11##
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
---
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
---
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
##C_EST_QUOI_LE_PROBLEME-2026-05-11##
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Le 10h midi, mettez-vous d'accord, Valérie Expert.
00:03Bonjour à toutes et à tous, bonjour à vous Félix Mathieu.
00:07Bonjour Valérie.
00:08Bonjour Patrice Duhamel, vous êtes là avec nous ce matin pour évoquer la santé de nos présidents
00:14et plus particulièrement les derniers mystères qui entourent les maladies des présidents.
00:19Vous publiez un livre absolument passionnant,
00:22Le Crépuscule des Dieux, qui est paru aux éditions de l'Observatoire.
00:26Voilà, vous revenez sur les maladies de Pompidou avec des révélations.
00:32Pompidou était malade, il se savait malade quand il a été élu.
00:36Évidemment celle de François Mitterrand, Jacques Chirac et puis le général de Gaulle également.
00:42On va en reparler dans un instant.
00:44On va évoquer nous à 11h, à 10h30 dans les débats la violence dans les stades,
00:49en particulier avec l'affaire du petit Mathéo et puis Balib Bayayoko
00:55qui évoque une insurrection populaire en cas de victoire du RN à la présidentielle.
01:00Bref, beaucoup de sujets avec vous.
01:02Félix Mathieu, c'est quoi le problème ?
01:04Eh bien oui, la santé de nos présidents reste un tabou.
01:08Dans la soirée par exemple du 2 avril 1974,
01:11évidemment la télévision avait interrompu ses programmes
01:15et certains avaient été évidemment plus que surpris.
01:19Nous interrompons ce film, le président de la République est mort.
01:24Un communiqué du secrétariat général de la présidence de la République
01:27vient de signaler que M. Georges Pompidou était décédé à 21h ce soir.
01:33Ce communiqué est signé du professeur Vignalou, le médecin de M. Pompidou.
01:38Il avait été élu en 1969, donc après la démission du général de Gaulle
01:41et en entre à l'Elysée, lui se savait atteindre la maladie qui allait l'emporter en 1974.
01:46Cinq ans plus tard, nous apprend notre invité Patrice Duhamel dans ce livre
01:49« Le crépuscule des dieux » Valérie.
01:51Oui, la santé des présidents, il en avait été question.
01:54Il en a été question avec le cancer également de François Mitterrand,
01:57l'AVC de Jacques Chirac également.
01:59Oui, François Mitterrand qui promettait toute la transparence sur sa santé avant son élection.
02:03Je ferai connaître tous les six mois, par un bulletin officiel, l'état de ma santé.
02:09Et puis, peu après son arrivée au pouvoir, ce même François Mitterrand apprend donc
02:13dès 81 à être atteint de ce cancer de la prostate.
02:16Mais pendant 11 ans, son médecin ne le mentionne pas dans les bulletins de santé
02:19ce qu'il rend public.
02:21Le pays l'apprend en fait qu'en 1992, au moment où le président se fait opérer.
02:25Bonsoir, le président de la République souffre d'un cancer, de la prostate,
02:29mais ses médecins sont confiants.
02:31La manière dont je vous ai donné l'information peut vous paraître brutale,
02:34mais c'est le président en personne qui a tenu à le faire savoir.
02:37Il est ainsi resté fidèle à sa promesse de donner régulièrement des nouvelles sur son état de santé.
02:42C'est la première fois dans l'histoire de la Ve République qu'une telle transparence est affichée.
02:48La transparence disait à l'époque Paul Amard.
02:49C'est vrai que ça peut sembler ironique après coup,
02:52puisqu'on ne le savait pas encore à l'époque,
02:54mais en réalité le président et son médecin étaient au courant de ce cancer
02:57depuis 11 ans tout de même, au moment où ça a été révélé.
02:59Oui, ce qui est fascinant dans le livre,
03:02vraiment j'encourage tout le monde à le lire
03:03parce qu'à la fois ça questionne la santé des présidents,
03:08ça questionne aussi la personnalité de chacun d'entre eux,
03:13la détermination qu'ils ont, ce qui les fait tenir.
03:15Mitterrand lui avait dit que ça ne durera pas très longtemps.
03:19Combien on lui avait dit ?
03:20Entre 3 mois et 2 ans.
03:21Entre 3 mois et 2 ans, il a tenu plus de 11 ans.
03:24Et puis l'aspect politique, évidemment,
03:26puisque vous êtes journaliste politique,
03:30vous évoquez ces sujets-là.
03:32Et c'est vrai que la question c'est quand s'arrête le secret médical
03:35lorsqu'il s'agit de la santé d'un chef de l'État.
03:39C'est la vraie question qui se pose aujourd'hui.
03:41Moi je pars du principe, après avoir beaucoup travaillé sur ce livre,
03:46avoir enquêté, avoir retrouvé,
03:49enfin pas pour le général de Gaulle, mais pour les 3 autres présidents,
03:52Pompidou, Mitterrand et Chirac,
03:54des témoins qui ont vécu cette période qui était très douloureuse.
04:00Je pars du principe que la santé du président de la République,
04:03quand elle affecte l'exercice du pouvoir,
04:07ça n'est plus un sujet personnel, intime, familial,
04:11c'est un sujet institutionnel et politique.
04:14Vous avez parfaitement raconté ce qui s'est passé le 2 avril.
04:18Une demi-heure après, j'étais avec quelques journalistes
04:21tout de suite dans les locaux de TF1,
04:23puisque c'était à ce moment-là l'ORTF.
04:25C'est le premier mensonge.
04:27Le président n'est pas mort à 22h.
04:29Le président est mort deux heures plus tôt.
04:33Et la famille a demandé qu'il y ait deux heures de délai
04:39pour sans doute pouvoir organiser un certain nombre de choses
04:42avant que le président du Sénat vienne prendre ses fonctions
04:46de président par intérim.
04:49Mais vous dites à juste titre aussi,
04:51et Paul Amart le rappelle, la transparence.
04:53Le problème, pardon, je vais peut-être le dire de manière un peu brutale,
04:58mais le problème, ce n'est pas tellement le cancer de la prostate
05:00qui est malheureusement quelque chose qui était déjà courant
05:03et qui l'est encore aujourd'hui.
05:05C'est les métastases qu'il y avait tout autour
05:07et qui faisaient que François Mitterrand
05:11pouvait disparaître à peu près à tout moment.
05:13Il y a eu une assez longue rémission
05:14parce qu'il a été exceptionnellement bien soigné
05:17par un grand cancérologue
05:18et par son médecin personnel, Claude Gubler.
05:21Mais il avait des métastases partout.
05:24C'est pour ça qu'on lui avait dit trois mois à deux ans.
05:27Et puis il a eu aussi,
05:28ça c'est une des deux lectures possibles,
05:32un courage face à la maladie incroyable,
05:34comme Georges Pompidou.
05:35Ces deux hommes ont souffert le martyr.
05:38Je veux dire, tous les témoins,
05:39je connaissais très bien Alain Pompidou,
05:40le fils de Georges Pompidou,
05:43qui était médecin lui-même.
05:45Il disait son père,
05:47mais il y a des moments où il ne pouvait pas prendre de décision.
05:51Il n'était physiquement pas capable.
05:55Édouard Balladur, qui était secrétaire général de l'Élysée,
05:57a témoigné il y a une dizaine d'années.
06:00Il disait des moments qui étaient très très proches,
06:02qui avaient une admiration.
06:04Il ne peut pas le soupçonner de quoi que ce soit.
06:06Bien entendu, au contraire.
06:09Il s'est comporté en homme d'État,
06:10comme d'ailleurs avec François Mitterrand,
06:12quand il était Premier ministre de Cohabitation.
06:14Mais Édouard Balladur disait des moments,
06:16Georges Pompidou, il expliquait,
06:18écoutez, sur ce sujet, vous me posez une question,
06:20je souffre trop, je ne peux pas vous répondre.
06:23Prenez cette décision.
06:25Ce qui n'est pas franchement normal,
06:27puisqu'il n'était pas élu.
06:29Mais qu'est-ce qui fait que ces hommes s'accrochent au pouvoir ?
06:33C'est quand même toute la question.
06:36C'est pour ça que je commence la première phrase du livre,
06:38en disant que ce sont des questions absolument vertigineuses.
06:41Oui, c'est vertigineux.
06:42Parce que ça recoupe tout,
06:45ça recoupe l'intime,
06:47ça recoupe la psychologie,
06:49ça recoupe les institutions,
06:50parce qu'il y a une référence très vague
06:53et totalement inapplicable dans la Constitution,
06:55à l'article 7.
06:58Pour que le Conseil constitutionnel
07:02affirme que le Président de la République
07:04ne peut plus exercer ses fonctions,
07:06il faudrait que le gouvernement le saisisse.
07:08Oui, mais Balladur, par exemple, ne l'a pas fait.
07:11Balladur, Premier ministre de Cohabitation,
07:13il ne va pas saisir le Conseil constitutionnel
07:16en disant que François Mitterrand n'est plus en état de présider.
07:19Non.
07:19Or, les dernières années,
07:21alors avec des moments de lucidité, etc.,
07:24mais les deux dernières années de Georges Pompidou
07:29et de François Mitterrand,
07:30moi j'affirme qu'ils n'étaient plus en état de présider.
07:34C'est ce que vous dites.
07:34Et j'ajoute, alors c'est peut-être un peu rude aussi,
07:37qu'ils n'avaient pas non plus le courage de démissionner.
07:39Il faut un courage extraordinaire pour démissionner
07:41quand on a été élu.
07:42Oui, mais quand on souffre à ce point-là,
07:45parce que ce que vous décrivez,
07:47c'est très émouvant.
07:48Tout le livre,
07:49il y a une vraie émotion quand on lit ce livre,
07:52parce qu'à la fois,
07:53on peut commencer avec le général de Gaulle aussi.
07:56Alors, il y a des cas de figures très différents.
07:58Le général de Gaulle, on lui a caché.
08:00Le général de Gaulle ne savait pas.
08:01Oui, c'est ça, lui ne savait pas.
08:02Il savait que son père était mort d'un anévrisme de la horte,
08:07brutalement,
08:08comme lui mourra brutalement de la même maladie
08:11le 9 novembre 1970.
08:14Mais cet anévrisme a été diagnostiqué
08:17parce qu'il avait fait un malaise à ce moment-là,
08:20en se faisant un jour où il se faisait opérer de la cataracte,
08:22en 1955,
08:23c'est-à-dire 13 ans avant son retour au pouvoir
08:28et 15 ans...
08:303 ans avant son retour au pouvoir
08:31et 15 ans avant sa disparition.
08:33Et l'anévrisme de la horte,
08:34je ne suis pas médecin,
08:35mais chacun sait que ça peut se déclencher absolument,
08:40de manière mortelle,
08:42absolument à tout moment.
08:43Mais lui, il ne savait pas.
08:44Et ce qui est intéressant,
08:45parce que je pense que le fond du problème,
08:48c'est le sens des responsabilités,
08:50si tenté que les présidents en exercice
08:52aient à ce moment-là la lucidité nécessaire,
08:55c'est le président lui-même qui doit prendre cette...
08:58Puisque rien n'est vraiment prévu dans la Constitution.
09:01Mais ça témoigne d'un hubris démesuré.
09:03C'est-à-dire...
09:05C'est quand même...
09:06Ils s'accrochent tous au pouvoir, malgré...
09:08Ce qui est intéressant,
09:09c'est que le médecin personnel du général de Gaulle,
09:12qui s'appelait Lichwitz,
09:13qui était à Londres avec le général,
09:15ils avaient des relations de très grande confiance,
09:18ils passaient des heures à parler,
09:20et il a dit...
09:22Si je dis au général
09:24qu'il a un anévris de la horte,
09:26comme son père en a été victime,
09:29tel que je le connais,
09:30avec le sens de l'État
09:31et des responsabilités qu'il a,
09:34il se retirera complètement
09:35et il n'y aurait jamais eu 1958,
09:39quand on lit ce que ce médecin a déclaré,
09:41s'il lui avait dit de quelle maladie
09:45il était victime.
09:46Vous avez eu accès au journal de Jean-Bernard,
09:49Jean-Bernard était un immense médecin,
09:52le grand médecin de référence de l'époque.
09:54De l'époque,
09:55mais qui est resté comme quelqu'un d'extrêmement important,
09:58et lui a joué un rôle très important aussi,
10:01auprès de Georges Pompidou.
10:04Alors, ce qui se passe avec Georges Pompidou,
10:08il est remplacé à Matignon
10:10tout de suite après
10:12les événements de mai 68
10:13et le raz-de-marée électoral gaulliste
10:16aux élections législatives
10:18qui ont suivi la dissolution.
10:21Il est remplacé à Matignon,
10:22je ne reviens pas,
10:23c'était un peu compliqué avec De Gaulle,
10:24mais bon.
10:25Il va se reposer en Bretagne
10:27après six ans à Matignon.
10:29Là, il a un pépin,
10:30il a une hémorragie des gencives,
10:32son fils médecin qui est en vacances avec lui
10:34fait faire des analyses,
10:35ce n'est pas très probant.
10:36Il continue à souffrir en rentrant à Paris
10:40et là, le fils fait faire,
10:42et le médecin personnel de Georges Pompidou,
10:45ils font faire des analyses poussées
10:47et ils apportent,
10:49ils voient qu'il y a un problème de sanguin
10:51et ils apportent ces analyses
10:53aux grands thématologues de l'époque,
10:55donc le professeur Jean Bernard,
10:57une sommité internationale
10:58qui soignait par exemple en même temps
11:00le chat d'Iran
11:00qui avait la même maladie de Georges Pompidou,
11:03une leucémie.
11:05Je ne suis pas médecin,
11:06un lymphoïde chronique,
11:07c'est-à-dire une maladie extrêmement grave,
11:10dont Jean Bernard écrit,
11:11puisque j'ai eu accès au journal
11:13qu'il écrivait quasiment deux fois par semaine,
11:16disait que cette maladie pouvait emporter
11:18le malade entre un an et dix ans.
11:21Et Georges Pompidou a tenu cinq ans.
11:24Donc tout de suite Jean Bernard,
11:25dès qu'il voit les analyses,
11:27dit bon ben c'est clair,
11:28c'est une leucémie,
11:29c'est très grave,
11:30et tout de suite pose la question
11:31qu'est-ce qu'on dit à Georges Pompidou
11:34dont il sait parfaitement
11:35que le jour où De Gaulle s'en va,
11:39soit démissionné,
11:41en démissionnant après un échec au référendum,
11:43soit s'il était allé au bout de son mandat,
11:45ça serait Georges Pompidou le successeur.
11:50Et il se passe deux choses
11:54vraiment essentielles,
11:54humainement,
11:56c'est un drame,
11:57enfin c'est des dilemmes,
11:59on ne peut pas se mettre à la place des gens
12:00dans ces cas-là.
12:01Donc il décide de ne rien dire
12:04dans un premier temps,
12:07mais Georges Pompidou sait quand même
12:09ce qu'il a,
12:10il sait qu'il a des troubles sans lien,
12:12Il ne sait pas tout à fait ce qu'il a,
12:13c'est ça le...
12:14Il sait que ce sont des troubles sans lien,
12:16il sait qu'il fait les hémorragies,
12:18et il sait qu'il a un traitement
12:19qui donc a été déterminé
12:22par le professeur Jean Bernard,
12:23qui est notamment de la cortisone
12:25à haute dose,
12:26qui est extrêmement fatigant,
12:28et avec en même temps
12:29des conséquences physiques.
12:32Et Georges Pompidou
12:33ne souhaite pas voir directement
12:35ce qui est très...
12:37j'ai expérien d'une certaine manière,
12:39le professeur Jean Bernard,
12:40qui ne le verra qu'à la veille de sa mort,
12:42c'est-à-dire 5 ans plus tard.
12:43C'est incroyable.
12:44Pourquoi ne veut-il pas ?
12:46Deux raisons.
12:48Je mets un point d'interrogation dans le livre,
12:50mais enfin,
12:50c'est deux raisons qui s'additionnent.
12:52D'abord,
12:52il ne veut pas entendre ce que lui dirait
12:54Jean Bernard,
12:54qui lui est favorable
12:56au fait que...
12:57enfin,
12:58regrette que Georges Pompidou
12:59se présente
13:00avec cette maladie,
13:01et ensuite dira
13:02qu'il devrait démissionner,
13:04puisqu'il n'est pas en mesure
13:06d'assumer ses fonctions.
13:07Et deuxièmement,
13:09pour des raisons de confidentialité,
13:11que là on peut comprendre,
13:12parce que si on sait que
13:13ce grand thématologue
13:14soigne le Président de la République,
13:15ça veut dire que c'est une maladie très grave.
13:18Donc il ne le voit pas,
13:19il le traite à distance.
13:21Mais c'est un médecin...
13:23Avec le fils,
13:23avec Alain Pompidou
13:24qui fait le relais...
13:25Avec le fils
13:26et le médecin
13:28de personnel
13:29du Président,
13:30M. Vignalou,
13:31qui joue aussi
13:32dans un rôle
13:33essentiel.
13:34Et on voit,
13:35c'est très puissant
13:36ce que vous racontez
13:37sur la relation
13:37d'Alain Pompidou
13:38et de son père,
13:39parce qu'il se retrouve
13:39dans une position
13:40où il est lui-même médecin.
13:41C'est intenable.
13:44C'est intenable.
13:45C'est intenable.
13:45Parce qu'il lui dit des choses,
13:47mais il ne lui dit pas tout.
13:49Et on peut le comprendre
13:51d'une certaine manière.
13:53Mais vraiment,
13:55la réalité,
13:56c'est que
13:58le diagnostic
13:59qui est d'octobre 68,
14:01l'élection est de juin 69,
14:04donc pendant cette période,
14:05Georges Pompidou
14:06sait qu'il est gravement malade.
14:07Il ne sait pas
14:07que ça s'appelle
14:08la maladie de Waldorf.
14:09Il ne connaît pas
14:11la létalité,
14:12c'est-à-dire
14:12il ne sait pas
14:12quelle est son espérance de vie.
14:15Mais,
14:15par exemple,
14:17grâce à ce journal
14:18de Jean Bernard,
14:19je prends le lendemain
14:21de l'installation
14:22de Georges Pompidou
14:24à l'Elysée,
14:25ce qu'on appelle
14:25l'investiture,
14:26quand il prend ses fonctions,
14:27le lendemain soir,
14:28il y a eu une réunion de crise
14:29au domicile
14:30de Jean Bernard
14:31avec les trois médecins
14:33parce que les derniers examens
14:35sont mauvais
14:36et donc,
14:37il faut prendre des décisions.
14:38à ce moment-là,
14:39il décide,
14:39par exemple,
14:40de durcir le traitement.
14:42Le lendemain de l'installation,
14:44c'est ça qui est
14:44tout à fait extraordinaire
14:46et qui est une révélation
14:47parce que ça,
14:49franchement,
14:49personne ne le savait.
14:50On ne le savait pas.
14:51On va y revenir
14:51et puis on va parler
14:52du secret aussi.
14:54Vous-même avez été...
14:54Du mensonge.
14:56Du mensonge
14:57et du secret
14:58qui a quand même été
14:59relativement bien gardé.
15:00C'était une autre époque.
15:01On va se demander
15:02si aujourd'hui
15:02ce sera encore possible.
15:04Revenir peut-être aussi
15:04sur l'actualité
15:05avec Jean-Luc Mélenchon
15:07qui a officialisé
15:08sa candidature
15:09à 75 ans.
15:10J'ai regardé
15:11l'âge des présidents.
15:12Ils n'étaient pas si vieux
15:12que ça,
15:13Pompidou et Mitterrand.
15:15Quand ils ont été élus,
15:16ils n'avaient pas 70 ans.
15:17Oui,
15:17ils ont une bonne
15:19soixantaine d'années.
15:20Mais pas si vieux.
15:22Donc,
15:22est-ce que l'âge compte ?
15:23On y reviendra
15:23dans un instant.
15:24A tout de suite.
15:33Et nous sommes ensemble
15:35avec vous.
15:36Nous parlons
15:36de la santé des présidents,
15:38les maladies des présidents,
15:39les derniers mystères
15:40révélés par Patrice Duhamel
15:42dans le Crépuscule des Dieux
15:43aux éditions de l'Observatoire.
15:44Franchement,
15:44c'est un livre
15:45qui fera date
15:46parce que vous révélez,
15:47encore une fois,
15:48on l'a dit,
15:48la maladie
15:49de Georges Pompidou
15:51qui était connue
15:52par Georges Pompidou
15:53au moment de son élection.
15:55L'agonie,
15:56il n'y a pas d'autres mots
15:57de François Mitterrand.
15:59Et puis,
15:59le secret,
16:00l'omerta.
16:01Et puis,
16:02à partir de quand,
16:02les médecins ?
16:03Alors,
16:03c'est le secret médical.
16:04Mais les médecins,
16:05ils ont aussi
16:05une sacrée responsabilité
16:07dans tout ce que vous racontez.
16:09Le secret médical,
16:10il s'applique aux médecins,
16:12il ne s'applique pas
16:12aux journalistes.
16:14Mais par exemple,
16:16on parlait il y a un instant
16:17du professeur Jean Bernard.
16:19Lui,
16:19clairement,
16:20il était favorable
16:22à la transparence.
16:23Et ce qui est extraordinaire
16:25dans le cas
16:25de Georges Pompidou,
16:26c'est que,
16:27ce que je raconte,
16:27c'est que même
16:28après la mort
16:30de Georges Pompidou,
16:31dans les jours
16:32qui ont suivi
16:33le 2 avril
16:34dont vous parliez
16:35tout à l'heure,
16:37la famille,
16:37en l'occurrence
16:38la veuve,
16:39Claude Pompidou,
16:40refuse qu'il y ait
16:41un communiqué
16:42expliquant les raisons
16:44de cette disparition.
16:45Et ça,
16:45c'est quand même
16:46tout à fait saisissant.
16:48Moi,
16:49on ne peut que respecter ça.
16:51Mais il y a quand même
16:52un problème institutionnel.
16:54Il y a un problème institutionnel.
16:55C'est-à-dire qu'on a quand même
16:55deux présidents,
16:56et vous le dites très clairement,
16:57qui n'ont plus été en mesure
16:59de gouverner.
17:00Il n'y avait plus la force.
17:00S'il y avait une crise,
17:01c'est ce que vous dites
17:01avec Mitterrand,
17:02s'il y avait une crise grave,
17:05il n'y avait plus personne
17:06à la tête de l'État.
17:07Il y avait Édouard Maladur,
17:08Premier ministre de Cohabitation,
17:10qui a fait le job,
17:11comme on dit,
17:12en homme d'État,
17:13avec Hubert Védrine
17:15à l'Élysée.
17:16Mais c'est entre ces deux hommes
17:18un célèbre détournement d'avion
17:22à Noël 94,
17:24quelques mois avant la fin
17:26du mandat de François Mitterrand.
17:28L'Airbus entre Paris et Alger
17:29qui avait été détourné
17:31par des islamistes.
17:33François Mitterrand,
17:34il était sur son lit de douleur
17:35à Venise.
17:37Pendant que Maladur gérait la crise
17:39avec Hubert Védrine,
17:41il n'a pas eu un seul contact
17:43avec le président de la République.
17:44C'était tout à fait incroyable.
17:50C'est pour ça que c'est
17:52tout à fait extraordinaire
17:53au sens littéral du terme,
17:55ce que vous évoquiez.
17:57Vous avez 5 ans de Georges Pompidou,
18:02presque 14 ans de François Mitterrand,
18:03parce que vous avez raison,
18:05il y a eu des communiqués médicaux
18:06quand il a été opéré
18:08de cancer de la prostate,
18:10sauf qu'on oubliait de dire
18:11qu'il avait des métastases partout.
18:13Oui, mais ça, vous le racontez très bien,
18:15c'est des mensonges par audition.
18:17Il donne l'ordre
18:18à son médecin personnel,
18:20Claude Gubler,
18:21de faire des faux.
18:22Donc, on ajoute 14,
18:23ça fait 19,
18:242 ans de Chirac,
18:25là, c'était moins grave.
18:27Disons, j'écris,
18:28je crois que c'est
18:29fin de mandat en pente douce,
18:31mais il est quand même
18:31très fatigué,
18:32il regarde un peu en l'air
18:33pendant les conseils des ministres,
18:34etc.
18:35Mais ça fait quand même
18:36une vingtaine d'années
18:37de mensonges d'État.
18:38Donc, est-ce que,
18:39déjà, à ce moment-là,
18:40c'est un problème
18:41vis-à-vis des Français ?
18:42Mais alors, aujourd'hui,
18:43à l'heure de la transparence,
18:46ça n'est plus gérable.
18:48Donc, il faut trouver une solution.
18:50Mais qu'est-ce qu'il y a ?
18:51Parce qu'hier,
18:52Jean-Luc Mélenchon
18:53a accordé une interview
18:54à nos confrères de la Tribune,
18:56et il dit,
18:57on lui dit,
18:57vous aurez 75 ans
18:58au moment de l'élection présidentielle,
18:59vous serez le plus vieux candidat,
19:02enfin, vous serez le plus âgé.
19:02Il s'approchera même des 76,
19:04parce que je crois que c'est...
19:04Oui, 76, absolument.
19:07Vous accepteriez
19:07de vous soumettre
19:08à des examens de santé ?
19:09Il dit, je commence
19:10pour vous rassurer,
19:11je vais parfaitement bien,
19:12je n'ai aucune maladie
19:12d'aucune sorte,
19:13ce qu'aurait pu dire aussi
19:15Pompidou ou Mitterrand.
19:17Je me porte très bien,
19:19et il dit,
19:19je suis prêt à me soumettre
19:21à tous les examens,
19:22et je propose
19:23un référendum révocatoire.
19:26Si les Français observent
19:26qu'il y a un problème,
19:27ils auront la possibilité
19:28de me révoquer.
19:29Les Français ne sont pas médecins.
19:30Moi, quand je vois
19:32Jean-Luc Mélenchon
19:33faire ses discours,
19:34avec le talent qu'il a,
19:35effectivement,
19:36on n'a pas l'impression
19:36du tout qu'il est malade.
19:38Le problème,
19:39et puis d'ailleurs,
19:39ce n'est pas seulement
19:40un problème d'âge,
19:41on peut avoir une grave maladie
19:42à 50 ans.
19:43Mais ce que je suggère,
19:45parce que j'en ai parlé
19:46à énormément de grands médecins...
19:47Quelle serait la solution
19:48aujourd'hui ?
19:50Il y a une solution
19:51qui a été évoquée
19:52précisément par le professeur
19:54Jean-Bernard,
19:54il y a des années,
19:55où il disait,
19:57il faudrait peut-être
19:57envisager un collège
19:58de médecins
19:59désigné par le Conseil
20:00constitutionnel,
20:01qui analyse l'état de santé
20:03du président en exercice
20:04deux fois par an.
20:05Bon, c'est très compliqué
20:06si on voit aujourd'hui
20:07la manière dont les médecins
20:09peuvent être mis en cause,
20:11le Conseil constitutionnel également.
20:13Moi, juste ce que je suggère,
20:15c'est à l'issue de conversations
20:16avec les médecins,
20:18c'est qu'au minimum,
20:19les candidats
20:20qui ont leur signature,
20:21donc qui vont avoir
20:22un bulletin de vote
20:23le jour du premier tour,
20:26se soumettent.
20:27On ne peut pas les obliger,
20:28parce que si on les oblige,
20:29il faut changer la constitution.
20:30Ça paraît extraordinairement difficile.
20:32Mais qu'au moins,
20:33ils acceptent de...
20:34On leur suggère fortement
20:36de passer à un examen de santé,
20:38après, libre à eux
20:39de rendre...
20:41Donc ça ne change rien.
20:42C'est peut-être difficile
20:44pour eux
20:44de ne pas faire état
20:45de ce check-up,
20:48quand même.
20:48Mais c'est une autre époque aussi,
20:50parce que vous racontez aussi
20:51que vous étiez dépositaire
20:53d'une certaine manière
20:54du secret de la maladie
20:55de Pompidou,
20:56puisque vous étiez à Région.
20:58Je savais que c'était très grave,
20:59puisque quand il y a eu
21:00cette fameuse rencontre
21:01à Récamique,
21:02où on le voit,
21:03le visage boursouflé,
21:04etc.
21:05Moi, on me fait rentrer à Paris,
21:07dardard,
21:08dans un avion du gouvernement.
21:09J'étais tout seul dans l'avion.
21:11Et je suis convoqué
21:12par le patron
21:14de l'information de l'époque,
21:15qui me dit
21:15est-ce que vous savez garder
21:16un secret d'État ?
21:17Je bafouille.
21:18Oui, j'étais un junior.
21:20Je ne peux pas dire autre chose.
21:21Et on me dit
21:21interdiction de mettre
21:22des gros plans.
21:23Alors, j'ai retrouvé
21:25les archives.
21:26C'est assez...
21:28saisissant.
21:29On voit quand même
21:30qu'il y a quelque chose
21:30qui ne va pas,
21:31mais ça se tient
21:32à un plan américain,
21:34c'est-à-dire jusqu'à la taille.
21:36Mais après,
21:38je raconte aussi,
21:39vous parliez du 2 avril,
21:40c'est extraordinaire,
21:41je n'ai pas le temps
21:41de donner tout dans le détail,
21:43mais j'y consacre un chapitre,
21:45qu'il n'y a pas
21:45de ce qu'on appelle
21:46de nécrologie,
21:47de portrait du président
21:49de la République
21:50sur instruction de l'Élysée.
21:52Pour ne pas inquiéter,
21:53parce qu'il y avait des rumeurs.
21:54Bien sûr.
21:55Et donc,
21:56c'est un portrait
21:57qui avait été fait
21:57par la télévision publique japonaise,
22:01totalement rocambolesque,
22:02qui va être diffusé
22:03par la télévision française,
22:04en enlevant le commentaire
22:05en japonais,
22:06bien entendu.
22:07Et aujourd'hui,
22:08donc...
22:08Aujourd'hui,
22:09je pense que
22:11s'il y a une manifestation physique
22:12de la maladie
22:14et de la douleur,
22:15malaise,
22:16etc.,
22:16ce qui était le cas
22:17et pour Georges Pompidou,
22:18et pour François Mitterrand,
22:19je pense que c'est pas tenable.
22:20C'est impossible.
22:22Entre les chaînes d'information,
22:23les réseaux sociaux,
22:25la presse telle qu'elle existe aujourd'hui,
22:27je pense que c'est absolument impossible.
22:29Si c'est une autre maladie
22:30qui n'est pas détectable,
22:32physiquement,
22:33là,
22:34le secret d'État peut éventuellement,
22:36ou plutôt le mensonge d'État,
22:38peut peut-être,
22:39même aujourd'hui,
22:40à l'heure de la transparence,
22:42exister toujours.
22:43Est-ce que vous racontez
22:44à la fin du livre,
22:45Mitterrand qui s'effondre
22:46pendant un Conseil des ministres,
22:48on le met dans un coin,
22:49on lui donne à boire ?
22:51Enfin,
22:51tout le monde,
22:51tout le Conseil des ministres est là,
22:53donc cette information aurait pu...
22:54Et Édouard Balladur,
22:55c'était en cohabitation,
22:57dit à ses ministres
22:58à la fin du Conseil,
22:59il les réunit,
22:59il leur dit,
23:00bon,
23:01ce que vous avez vu très bien,
23:02vous le gardez pour vous,
23:04pas un mot,
23:05si quelqu'un parle,
23:05je saurai qui c'est,
23:06etc.
23:07Et tous les ministres,
23:08c'était une vingtaine,
23:09au minimum,
23:0920-25,
23:10personne n'est allé raconter ça.
23:13Je ne pense pas qu'aujourd'hui,
23:14ça soit possible,
23:15par exemple.
23:15Mais là,
23:16c'était un malaise spectaculaire,
23:19mais il y en a eu d'autres,
23:20et puis les visiteurs,
23:21les gens qui allaient le voir,
23:23et qui voyaient bien
23:24qu'il était à demi allongé.
23:26Mais dans des voyages officiels,
23:28il a eu aussi des malaises
23:30qu'on voyait à l'image,
23:33où il s'effondrait,
23:34d'une certaine manière.
23:35Il s'étonnait, etc.
23:36Voilà.
23:36C'est vraiment passionnant,
23:38le crépuscule des dieux,
23:39les maladies des présidents,
23:40dernier mystère,
23:41c'est par les éditions de l'Observatoire.
23:43Merci Patrice Duhamel d'être venu.
23:44Et je vous le disais,
23:46à la fois intéressant pour l'histoire,
23:49intéressant d'un point de vue humain,
23:50sur ce qu'étaient ces hommes,
23:52sur ce qu'ils ont enduré,
23:53et puis assez émouvant
23:55sur les rapports aussi
23:58qu'ils entretenaient
23:58avec leurs médecins.
24:00Et le rapport au pouvoir de ces hommes.
24:02Mais oui, c'est la question
24:03qui ressort en se disant,
24:04mais pourquoi,
24:05pourquoi endurer,
24:06pourquoi endurer tout cela ?
24:08Bon,
24:09beaucoup de questions,
24:10peut-être des réponses.
24:11Merci à vous,
24:12et je recommande vraiment
24:12la lecture de votre livre,
24:14Le crépuscule des dieux,
24:15Patrice Duhamel,
24:16aux éditions de l'Observatoire.
24:17On se retrouve dans un instant
24:19pour la suite de l'actualité.
Commentaires