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  • il y a 3 mois
Avec Me Nathalie Tomasini, avocate, auteure de "Scandaleuse justice" (Icônes)

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##LA_VERITE_EN_FACE-2026-06-29##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquilly.
00:05Le meurtre de Liana relance la même question posée après chaque drame.
00:12Notre justice protège-t-elle encore suffisamment les victimes ?
00:15Faut-il parler de manque de moyens, de mauvaise décision, d'un système à bout de souffle
00:21ou d'un véritable échec institutionnel ?
00:24Et combien de victimes faudra-t-il encore avant que chacun assume ses responsabilités ?
00:31C'est la question que vous posez ce matin.
00:34Bonjour Maître Nathalie Tomazini.
00:36Bonjour à vous.
00:36Soyez la bienvenue, avocate au barreau de Paris, avocate pénaliste.
00:42Vous êtes connue du public pour avoir défendu Jacqueline Sauvage ou encore Valérie Bacot
00:49qui étaient deux femmes qui ont été jugées pour avoir tué leur mari violent.
00:55Un franchement violent.
00:56Oui, violent, très violent.
00:57Dans des actes en fait de désespoir puisque c'était elle ou lui.
01:03Et vous signez aux éditions Icones cet essai qui est, on va dire, très engagé.
01:11Scandaleuse justice, c'est son titre.
01:12Maître, que voulez-vous dire ce matin Maître Nathalie Tomazini ?
01:15Vous avez été, si je puis dire, quelque peu très motivée par l'affaire Liana.
01:21Alors, je dois dire que j'ai commencé l'écriture de ce livre il y a plusieurs mois.
01:26Oui.
01:26En fait, c'était un constat, un constat sans appel, d'une défaillance chronique du système judiciaire.
01:36Ce livre, c'est davantage un manifeste, voyez-vous, c'est un cri d'alarme, c'est un cri d
01:42'effroi.
01:43C'est une longue plaidoirie, votre essai.
01:46On peut dire ça, ça serait plus une plaidoirie de rupture pour le coup et non pas une plaidoirie de
01:52connivence.
01:53Alors, pour les auditeurs qui nous écoutent, qu'est-ce que ça veut dire ?
01:56Ça veut dire que je m'inscris en faux contre cette connivence des auxiliaires de justice, magistrats, avocats, experts.
02:06Je m'inscris en faux, c'est-à-dire que je pense qu'il faut tout revoir.
02:11Et une plaidoirie de rupture, on prend un cas particulier et on l'étend, on le généralise pour démontrer les
02:17dysfonctionnements.
02:18Liana est ce cas particulier, ce cas révélateur de toutes les failles du système.
02:24Alors, justement, après Liana, beaucoup parlent de laxisme, maître Tomasini.
02:31Est-ce que vous emploriez ce mot vous-même ?
02:34Alors, laxisme, je ne sais pas.
02:41Je crois qu'il est difficile de renvoyer à l'unique question qui a fauté.
02:48Je crois qu'il est davantage nécessaire de poser la question du pourquoi.
02:54Voyez-vous, je m'insurge aussi contre la réaction de notre ministre de la Justice
03:00qui, immédiatement, a souhaité sanctionner les erreurs individuelles.
03:07Je crois qu'il faut balayer devant sa porte avant de condamner.
03:12La responsabilité des magistrats du parquet, bien sûr, peut être remise en cause.
03:19Mais, je le disais et je le dis encore aujourd'hui sur votre antenne,
03:25tous les parquets de France et de Navarre auraient pu avoir cette difficile conséquence d'erreur dans des dossiers Liana.
03:37Parce que des dossiers Liana, des petites bombes comme ça, il y en a dans tous mes dossiers.
03:43Alors, vous écrivez tout le système judiciaire et, on va dire, putride, cela le rend peu fiable, injuste.
03:50Vous êtes très critique à l'égard du système.
03:53Je suis très critique.
03:55Très critique à l'égard de tous les intervenants.
03:57A la fois, les magistrats, là, on a une population d'intouchables indépendances, irresponsabilités,
04:06et puis aussi des décisions, vous le savez, on ne peut pas normalement commenter et remettre en cause une décision
04:14de justice.
04:15Donc, c'est invraisemblable parce que, dans tous les corps de métier, on peut contester des décisions.
04:22Non, les responsabilités entraînent des sanctions.
04:26Chez les magistrats, non.
04:28Vous dites qu'ils travaillent mal, ces magistrats, ou qu'ils pourraient mieux faire ?
04:32Alors, déjà, ils ne sont pas suffisamment formés, notamment dans les domaines que je connais le mieux,
04:36c'est-à-dire en matière de violence intrafamiliale, en matière de violence sexiste et sexuelle.
04:42Pas suffisamment formés.
04:45Je cite des programmes à l'ENM qui sont...
04:48L'école nationale de la magistrature.
04:49Absolument, qui interrogent, qui sont assez aberrants.
04:52On a des formations dites approfondies, qui sont de 10 jours à peine.
04:58Donc, ça, ce n'est pas possible.
05:00Ils sont donc mal formés.
05:02Ils sont débordés.
05:04Parlons des délais.
05:05Vous avez 8600 magistrats en France.
05:09Il y a plus de 2 millions de décisions judiciaires rendues par an.
05:14Ça fait 273 décisions par magistrat.
05:18Pour faire bref, en réalité, un magistrat doit rendre 4 décisions par jour.
05:24C'est impossible.
05:26Impossible.
05:27En matière de droit de la famille et en matière pénale, vous avez des dossiers qui sont absolument colossaux.
05:35Dans mes dossiers, par exemple, communication minimum de 160 pièces.
05:40De la même manière, la partie adverse.
05:43Donc, vous avez 400 pièces à analyser scrupuleusement pour connaître un dossier.
05:48Comment faire pour les magistrats ?
05:50Les délais, justement, les délais pour les victimes, c'est absolument effroyable.
05:56Vous avez des dates de délibérés à plusieurs mois.
06:00Vous avez des dates d'audiencement.
06:03C'est-à-dire que vous avez des faits qui se passent, je dis n'importe quoi, prenons un exemple,
06:08en 2021.
06:10Jugez quand ? 5 ans après.
06:12Oui, ça se joue en années, en réalité.
06:15Ce qui est intenable, insupportable pour les victimes.
06:18Sur la formation, vous dites que, au fond, sur les violences intrafamiliales, ils ne sont pas assez formés.
06:25Concrètement, qu'est-ce qu'il faudrait faire, selon vous ?
06:29Déjà, il faudrait qu'il y ait une vraie coopération entre les magistrats, les avocats spécialisés
06:36et, j'allais dire, le personnel médical qui reçoit les victimes, les UMJ et les experts.
06:43Et, en fait, il n'y a jamais de véritable coopération.
06:48Chacun travaille dans son précaré.
06:51Et, en réalité, les magistrats n'ont pas cette vision, on va dire, globale
07:00du phénomène des violences sexistes, sexuelles et des violences intrafamiliales.
07:06Et puis, ils fonctionnent sur d'anciens préconçus.
07:12Je vous parle également, dans ce livre, de ce qu'on appelle l'aliénation parentale.
07:17Et pourtant, ce syndrome d'aliénation parentale, qu'est-ce que ça veut dire, déjà ?
07:22Ça veut dire qu'un des parents, le plus souvent la mère, mettrait des mots à elle
07:29dans la bouche des enfants et formatterait les enfants pour couper le lien entre le père et les enfants.
07:35Eh bien, ce syndrome n'existe pas.
07:37On avait une circulaire de notre ancien ministre de la Justice, Mme Belloubet,
07:43qui l'indiquait à tous les magistrats.
07:46Et, pour autant, on retrouve dans des décisions de justice ce syndrome,
07:51ce fameux syndrome d'aliénation parentale.
07:53Donc, si vous voulez, en tant qu'avocate spécialisée, c'est vrai que les bras m'en tombent.
07:59C'est-à-dire qu'à un moment donné, je n'avais plus de motivation.
08:02J'avais l'impression de me battre contre des moulins avant.
08:06J'avais des décisions qui n'avaient plus de sens.
08:09J'ai passé ma vie à plaider cette cause des femmes et des enfants dans les plaidoiries.
08:16J'ai fait des formations dans les écoles, les universités.
08:19Et je me suis dit, il est nécessaire de lancer un cri d'alarme en écrivant ce livre
08:28pour que tout le monde sache la réalité de ce qui se passe vraiment dans cette institution judiciaire.
08:36Pour revenir sur les experts, là aussi vous êtes sévère, avec les experts psychiatriques notamment.
08:43Au fond, là aussi, ce sont des analyses qui sont un peu à l'emporte-pied.
08:47Ça va trop vite.
08:47Deux heures pour essayer de cerner la personnalité et les déviances,
08:54soit d'un agresseur en l'occurrence pour les déviances,
08:59soit pour comprendre une victime.
09:01Ça va dans les deux sens.
09:02Quand on sait que l'expertise, c'est la pierre angulaire de toute procédure,
09:07donc elle est cruciale.
09:10Ces experts aujourd'hui, les experts judiciaires notamment,
09:13ne sont pas suffisamment formés aux nouvelles notions psychiatriques
09:17que ce soit l'emprise, le syndrome de femme battue ou encore le contrôle coercitif.
09:24Donc c'est des notions qui sont nouvelles et qui nécessitent des experts formés.
09:29Et bien sur les listes des experts judiciaires, il n'y en a pas.
09:33Donc on désigne un expert psychiatrique ou un psychologue,
09:37qui n'est pas particulièrement au fait de ces nouveaux syndromes notamment.
09:45Et donc c'est comme, je vais prendre un exemple,
09:47c'est comme si pour couvrir un événement de politique étrangère,
09:52vous envoyez un journaliste qui est spécialisé dans la mode.
09:56Oui, c'est un peu embêtant.
09:58Là-dessus, Maître Tomasini, pour vous cette justice est trop lente,
10:03ça se joue en années effectivement, avec le système des appels,
10:08le système des délibérés, etc.
10:11Cette justice aussi, pour vous, elle n'est pas suffisamment experte,
10:15pas assez formée, que ce soit les magistrats,
10:18que ce soit les experts psychiatriques et autres.
10:20Que dites-vous, aujourd'hui, après l'affaire Liana ?
10:25Est-ce que pour vous, c'est un échec, c'est un accident dramatique,
10:30ou c'est quelque part un échec qui était prévisible ?
10:33Vous voyez ce que je veux dire ?
10:34Vous disiez tout à l'heure, il peut y avoir des affaires Liana partout en France.
10:37Partout.
10:38Oui, dans toutes les juridictions.
10:39Je n'ai pas attendu justement, cette affaire Liana,
10:43pour faire ce constat, par rapport à mes propres dossiers.
10:46Donc l'affaire Liana, c'est un révélateur.
10:50Un révélateur puissant, qui met le feu aux poudres.
10:54Mais comme l'a été, on s'entend, l'affaire de Jacqueline Sauvage
10:57pour les violences intrafamiliales.
10:59Donc il faut...
11:00Il faut rappeler le cas Jacqueline Sauvage,
11:02qui est décédée depuis, elle-même.
11:04Oui, malheureusement.
11:05Oui, qui avait tué son mari violent.
11:08Qui a tué son mari violent au bout de plusieurs années,
11:1348 années de violences intrafamiliales.
11:17On rappellera aussi que son fils s'est pendu.
11:22Ses filles ont été agressées, voire violées sexuellement par ce bourreau.
11:27Et en fait, elle l'a tuée, parce qu'elle-même était en danger.
11:32Et nous avons plaidé la légitime défense différée,
11:35qui à l'époque avait aussi fait beaucoup jaser le pouvoir,
11:40par l'institution judiciaire.
11:42Et bon, il y avait eu un bras de fer à l'époque,
11:45entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.
11:50Et Jacqueline Sauvage avait été graciée par notre président à l'époque, François Hollande.
11:55Oui, qui était une issue qui semblait presque, comment dirais-je, logique,
12:01eu égard à ce qu'elle avait enduré.
12:04Enduré.
12:04Là-dessus aussi, vous pensez que la justice est un peu, quelque part, aveugle ?
12:09Elle applique sans nuance parfois ?
12:12Ou malheureusement, elle est tenue par des textes qui sont votés par le législateur ?
12:17Oui, mais c'est ce que je dénonce dans mon livre.
12:20En fait, la justice, comme les textes de loi actuels, sont obsolètes.
12:28Donc, il y a tout à revoir.
12:30Il y a un problème, bien sûr, de budget.
12:34Ça, il faut en parler.
12:36On sait que pour ces périmètres particuliers que sont les violences faites aux femmes
12:46et les violences faites aux enfants, ces périmètres du droit particulier prioritaire,
12:52on sait que les budgets ne sont pas ceux qu'ils devraient être.
12:55En réalité, on a calculé, que ce soit le Haut Conseil à l'égalité ou la civise,
13:02ce que coûte tout corps de métier confondu, ce que coûte, in fine, les violences faites aux femmes et aux
13:10enfants.
13:10Pour les femmes, on est à 3,7 milliards.
13:14Pour les enfants, on est à 9,7 milliards.
13:17Donc, en réalité, si on mettait, ne serait-ce qu'un budget de 4 milliards sur la table,
13:22puisque ce sont des domaines privilégiés et prioritaires,
13:27c'est d'ailleurs reconnu par notre ministre de la Justice, M. Darmanin,
13:33si on mettait sur la table ce budget-là,
13:35eh bien, ça permettrait la formation des magistrats,
13:38ça permettrait également de donner des subventions suffisantes aux associations de protection des victimes,
13:47et on ferait fonctionner, ça donnerait de l'air pour faire fonctionner cette institution judiciaire.
13:52Et il y a d'autres propositions dans Scandaleuse Justice, votre essai aux éditions Icones,
13:56on va en parler dans un court instant, c'est l'heure de la pause,
13:58il est d'avoir 44 minutes dans La Vérité en Face, maître Nathalie Tomazini.
14:03Vous nous direz quelques mots également sur le féminisme, vous êtes très critique,
14:08c'est le chapitre carrosse devenu citrouille, dans votre ouvrage,
14:13vous nous en direz plus dans un instant, si vous souhaitez appeler,
14:15n'hésitez pas, 0826 300 300, si vous voulez interpeller notre invité,
14:20maître Nathalie Tomazini, on se retrouve tout de suite après la pause.
14:24Le Grand Matin Sud Radio, La Vérité en Face, Jean-François Aquili.
14:29Avec maître Nathalie Tomazini, avocate au barreau de Paris,
14:34qui signe Scandaleuse Justice, une avocate se lève aux éditions Icones,
14:39d'ailleurs vous vous faites appeler maître Tomazini direct,
14:42le prénom a disparu de la couverture du livre, c'est comme une marque.
14:47Attention, vous arrivez, vous êtes là.
14:49On peut le voir comme ça, c'est une marque de provocation,
14:53mais ce n'est pas une provocation gratuite, c'est une provocation pour faire bouger les lignes.
14:57Alors il y a un chapitre sur le féminisme, le carrosse devenu citrouille,
15:02vous vous critiquez, vous êtes assez critique avec le féminisme contemporain,
15:07à vous lire, certains mouvements sont devenus à vos yeux trop idéologiques,
15:14voire même contre-productifs, j'imagine.
15:17Tout à fait, c'est exactement ce que j'exprime dans le livre.
15:21Vous n'avez pas vous fariner avec ça ?
15:23Écoutez, moi j'ai un ADN de féministe, je suis née avec ça, je suis née dans les années 60.
15:34Gisèle Halimi a toujours été pour moi une référence absolue.
15:39Donc je crois qu'actuellement on est en train de dévoyer ce qu'est le féminisme originel, on va dire,
15:46qui veut dire égalité des droits entre tous, quel que soit son genre, quel que soit sa religion,
15:54quelles que soient ses idées politiques.
15:57Et aujourd'hui j'ai le sentiment que pour être féministe, il faut être de gauche.
16:03Sinon on est facho.
16:05Et moi ce que je réprouve dans ce qu'on appelle néo-féminisme, c'est le fait qu'on peut
16:12oublier certaines victimes.
16:14On choisit ces victimes.
16:16Et évidemment, on peut parler du 7 octobre, on peut parler également de Claire Géronimie,
16:24qui était une jeune femme...
16:25Qui a été invitée ici dans ce studio à votre place.
16:27Voilà, qui a été victime de viol et qui a apparemment des idées plus à droite qu'à gauche.
16:34Et qu'on a ignoré.
16:36Donc l'indignation de certains mouvements féministes aujourd'hui,
16:40elle est liée à ce qu'elle pense être une bonne ou une mauvaise victime.
16:49Et ça, je m'insurge contre ça.
16:51Et puis, on va dire que j'étais très proche des associations féministes,
16:58notamment, on en a parlé tout à l'heure,
17:00notamment lors de l'affaire Jacqueline Sauvage,
17:04où c'est vrai que ce mouvement de la société civile
17:08a aussi été fondamentalement aidé par les mouvements féministes.
17:14Je ne le renie absolument pas.
17:16En revanche, pour la suite, il y a eu des guerres d'égo.
17:21Et c'est ce que je dénonce également dans mon livre.
17:24suite à ce film, ce téléfilm sur Jacqueline Sauvage,
17:29où c'est un choix du réalisateur de ne pas mettre en avant les féministes,
17:34alors que je m'étais battue pour qu'elle le soit.
17:36Et il y a eu un malentendu.
17:38Pour l'avocate que vous êtes, Maître Tomazini, défendre Jacqueline Sauvage,
17:42puis Valérie Bacot, pour vous, ce n'est pas besoin de label féministe.
17:48C'est un combat puissamment, on va dire, en soutien aux femmes, à la cause des femmes.
17:54Oui, c'est pour faire comprendre ce que certaines femmes vivent dans le huis clos
18:00et le fait que la justice ne leur donne pas les moyens de faire autrement que de tuer leurs bourreaux.
18:07En réalité, l'affaire, que ce soit celle d'Alexandre Allonge,
18:11celle de Jacqueline Sauvage et enfin celle de Valérie Bacot,
18:14c'est pour faire comprendre à l'institution judiciaire que même les textes,
18:19et c'est ce que je vous disais au préalable, même les textes sont à revoir.
18:22La loi intégrale qui est réclamée aujourd'hui pour, on va dire, mêler, si je puis dire,
18:28les enfants et les femmes victimes de ces violences,
18:31elle vous paraît être une bonne idée ?
18:33Parce que dans votre livre, il y a des propositions,
18:35vous en aviez évoqué une tout à l'heure déjà, avant la pause,
18:37mais ça vous paraît être une bonne démarche,
18:39ou c'est, on va dire, une vue de l'esprit qui n'aborde pas vraiment le sujet par le
18:43fond ?
18:44Alors, là encore, je suis mitigée.
18:47J'ose vous dire que loi intégrale, oui, c'est intéressant.
18:51Maintenant, est-ce que ça va changer quelque chose ?
18:56Je ne sais pas.
18:57Je pense que c'est davantage une véritable volonté politique
19:02et une orientation de politique pénale qui peut faire bouger les lignes.
19:07Vous savez, on a un modèle, c'est le modèle espagnol.
19:10Alors, la loi intégrale, elle vient de ce plan intégral contre les violences intrafamiliales
19:16qui a existé depuis 2004 en Espagne.
19:20Donc, c'était l'affaire Orantes, une femme qui avait été brûlée par son conjoint violent
19:28et qui avait entraîné ce plan intégral.
19:32C'est-à-dire qu'on ne devait pas voir le phénomène par le petit bout de la lorgnette,
19:37mais vraiment étudier tout ce qui était prévention et tout ce qui était répression ensuite des agresseurs.
19:45Donc, la loi intégrale nous promet que toutes les victimes de violences sexuelles et sexistes
19:51et intrafamiliales seront écoutées.
19:53Mais ça, on nous l'a dit aussi un bon nombre de fois.
19:57Donc, je ne sais pas.
19:59Moi, ce que je dis, c'est que là, on arrive en fin de gouvernement, on va dire,
20:06d'Emmanuel Macron et des élections présidentielles sont en vue.
20:11Je crois que pour le futur gouvernement, il sera nécessaire de faire un état des lieux
20:17très scrupuleux et très rigoureux de l'état de l'institution judiciaire,
20:23de ses infrastructures, de ses structures et de tout remettre à zéro.
20:29Tout remettre à plat, tout remettre à zéro, c'est peut-être des grands défis de l'élection 2027
20:34qui arrive, maître Nathalie Tomasini.
20:37Dans les propositions que vous égrénez dans votre essai, dans votre livre,
20:43il y a le recrutement, il y a l'évaluation.
20:46Vous avez vu cette boucle WhatsApp évoquée à la une du journal du dimanche hier
20:51qui titrait sur le nouveau mur des cons.
20:54En fait, c'est une boucle WhatsApp qui est née après l'annonce de première sanction
20:59de la part de Gérald Darmanin, cette substitut de procureur
21:04qui a été, on va dire, suspendue de ses fonctions dans le Gers, à Hoche.
21:11Il y a 1200 participants, nous dit le JDD dans cette boucle WhatsApp,
21:15de magistrats qui s'inquiètent des sanctions éventuelles,
21:19qui semblent peut-être rétifs à toute forme d'évolution.
21:22Je ne sais pas ce que vous en pensez vous-même, vu d'en face, en tant qu'avocate.
21:27Il y aura des résistances et des doutes aussi de l'institution judiciaire sur les solutions à apporter.
21:33Alors, là encore, on peut voir les choses de deux façons.
21:37Bien évidemment, les magistrats ne pouvaient pas rester silencieux
21:42à l'attaque frontale du ministre de la Justice et, je dirais, l'attaque parcellaire.
21:49On pointe du doigt des fautes individuelles
21:52sans véritablement parler de ce que vivent les magistrats.
21:58Donc, la réponse cependant, cette boucle WhatsApp faite tout de même en catimini
22:05avec un certain corporatisme, encore une fois...
22:08En 1200, ça ne pouvait pas rester sans fuite.
22:11Oui, vraiment, mais ils n'ont pas pris la parole.
22:13Alors, devoir de réserve, sans doute, ou très peu.
22:17Je crois qu'il y a quand même deux hauts magistrats
22:19qui ont accepté de parler et certains articles ont été faits.
22:25Mais je crois que ce n'est pas la bonne réponse.
22:29Parce qu'aujourd'hui, il y a un pourcentage infime de Français et de Françaises
22:35qui font encore confiance en la justice.
22:38Le fait que les magistrats s'insurgent parce qu'on veut les contrôler,
22:43ce n'est pas du tout la bonne méthode.
22:45Je crois qu'il aurait été souhaitable que tout le monde fasse le même constat
22:51parce que les magistrats savent pertinemment qu'ils vont dans le mur.
22:55Ils sont débordés. Parlons des délais.
22:59C'est vrai qu'on a des décisions à la chaîne,
23:02qu'on a des délais de délibérés ou d'audiencements qui sont extrêmement lointains.
23:07Et encore une fois, oui, il faut un contrôle et une responsabilité des magistrats.
23:13Quand on sait que par an, il y a à peu près 1500 plaintes de justiciables.
23:19Et depuis 2008, on n'a eu finalement qu'une sanction disciplinaire, qu'un blâme.
23:24Il faut renforcer les sanctions disciplinaires, vous vous dites ce matin, en quelque sorte.
23:27Absolument.
23:29Absolument. Et on a parlé d'une cour disciplinaire pour les magistrats.
23:35Je suis pour.
23:36C'est encore une fois, c'est le seul corps de métier
23:39où on n'est pas responsable quand on commet des erreurs.
23:42En tout cas, il y a des propositions dans votre livre,
23:44qui est un cri également, pour que la justice passe pour les femmes aussi, pour les enfants.
23:50Nous n'y sommes pas encore.
23:52Nous verrons bien, maître Nathalie Tomasini,
23:56si ce terrible drame du meurtre de Liana
24:00peut-être ouvrira sur une réforme de la justice.
24:06Il faut rester prudent là-dessus.
24:08Il y a eu tellement de cas où finalement,
24:10tout est resté lettre morte derrière, si je puis dire.
24:13Donc, attention.
24:14Pour l'instant, fort heureusement, ça ne retombe pas.
24:17Ça ne retombe pas.
24:17Vous avez raison.
24:18Il y a eu différentes marches blanches.
24:21Il y a eu plusieurs fois des commissions d'enquête.
24:24Et finalement, rien n'a bougé.
24:26Aujourd'hui, je crois que ce livre,
24:30s'il peut vulgariser et informer le plus grand nombre
24:37sur les failles de l'institution judiciaire,
24:41j'aurais gagné.
24:43Mais gagné pour qui ?
24:44Pour les victimes.
24:45Pour les femmes et pour les enfants.
24:46Allez, c'est le beau de la fin.
24:47Maître Tomasini, scandaleuse justice,
24:49une avocate, se lève aux éditions Icônes.
24:52Merci d'avoir répondu aux questions de Sud Radio ce matin.
24:56Et bonjour à vous.
24:57Bienvenue Valérie Expert.
24:58Bonjour Jean-François Quigny.
24:59En ce début de semaine.
25:00Début de semaine.
25:00Écoutez, on va parler du masculinisme
25:04avec Laurence Rossignol.
25:06Voilà, c'est un petit peu dans le prolongement
25:08de vos débats, de votre discussion de ce matin.
25:12avec les trois sénatrices qui appellent à combattre
25:15cette idéologie d'hommes virils et misogynes.
25:20On va en parler, on va vous expliquer ce que c'est.
25:22On va essayer de voir ce que contient cette proposition de loi
25:26qui assimile le masculinisme également à une forme de sectarisme.
25:31On va revenir sur les propos de Mme Barbu.
25:34Peut-être que vous en avez parlé ce matin.
25:37Mme Barbu, ministre de l'écologie,
25:39qui estime que mettre de la clim partout,
25:42ça n'évitera pas les feux de forêt.
25:44Ça a beaucoup fait réagir.
25:47Donc on vous attend au 0826 300 300.
25:50Et puis le ministre de l'Intérieur, M. Nunez,
25:53qui ne veut pas employer le mot d'ensauvagement.
25:56Pourtant, certains signes et d'autres ministres avant lui
26:00de l'Intérieur avaient bien parlé de sauvageons.
26:04Bref, tous ces sujets avec vous.
26:060826 300 300.
26:07A tout de suite.
26:08Bonne émission.
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