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BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 20 juin, Sandrine Maillard, directrice générale de Sigvaris Group France, Stéphane Bardet, président d'Audition Conseil Groupe, Dalila Ben Abdeljelil, directrice générale executive de la fondation Mission Santé, et Florent Surugue, directeur du développement économique et relation adhérent du Snitem, étaient les invités dans l'émission Check-up Santé, présentée par Fabien Guez. Check-up Santé est à voir le samedi sur BFM Business.

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Transcription
00:04BFM Business présente Check-up Santé avec Fabien Guèze.
00:11Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur BFM Business dans Check-up Santé.
00:15Qui n'a jamais utilisé de chaussettes ou de bas de contention, soit pour des problèmes veineux quels qu'ils
00:20soient, soit pour un voyage en avion ?
00:22L'entreprise Sigvaris, leader des produits de compression médicale haut de gamme, existe depuis 160 ans.
00:28Sa directrice générale, Sandrine Maillard, va nous parler du premier cycle de e-commerce de compression médicale qu'elle lance
00:33en France.
00:347 millions de Français déclarent une perte d'audition.
00:37Audition Conseil est le premier réseau national d'audioprothésistes indépendants en France.
00:42Son président, Céphane Bardet, est accompagné de Dalila Ben Abdel-Gélil pour nous présenter sa fondation Mission Santé.
00:49Enfin, la France est connue pour être un espace dynamique d'innovation,
00:53mais cette dynamique est effrénée et les entreprises peinent à atteindre une taille critique pour rivaliser avec les concurrents internationaux.
00:59C'est ce qui ressort du premier livre blanc que vient de sortir le SNITEM avec l'Institut Sapiens.
01:04Florence Suruc, directeur du développement économique du SNITEM, va nous en faire la synthèse.
01:09Check-up Santé, c'est parti.
01:16Sandrine Maillard, bonjour.
01:18Bonjour.
01:18Alors vous avez fait HEC, aux études communales, c'est ça ?
01:21Alors j'ai fait des études commerciales, mais j'ai fait à Lyon.
01:24Et vous avez fait EM Lyon, exactement.
01:26Et vous dirigez Sigvaris, évidemment pas depuis ses débuts, puisque 160 ans, j'imagine que vous n'étiez pas là.
01:31Non.
01:33160 ans cette année ?
01:34160 ans cette année, ça a été créé en 1864.
01:38Alors vous êtes leader en France ?
01:40On est leader en France, avec plus de 33% des parts de marché, et ce depuis pas mal de
01:45temps.
01:46Oui.
01:46Alors c'est un marché quand même qui est assez lourd quand même en France et dans le monde.
01:50Il y a un marché qui croit, non ?
01:51Alors c'est un marché qui est assez important.
01:53En France, c'est 400 millions d'euros, à peu près, et qui croit entre 2 et 3% en
01:58volume.
01:59C'est un marché qui est important et qui reste dynamique, parce qu'effectivement, d'une part, il s'adresse
02:04à une population...
02:042-3%, c'est bien par rapport au contexte économique actuel.
02:07Et puis il s'adresse à une population majoritairement plus âgée, et donc on est de plus en plus âgé.
02:14Et puis surtout parce qu'en France, je connais surtout les chiffres de la France, il y a à peu
02:20près 17 millions de personnes qui souffrent d'insuffisance veineuse,
02:24et il n'y a qu'un tiers des personnes qui le savent, et qui du coup cherchent à se
02:29soigner.
02:30Et comment le savoir ?
02:30Ce qui veut dire qu'on a encore du potentiel.
02:32Il faut aller chez son médecin, et puis il faut diagnostiquer que parce qu'on a les jambes lourdes, parce
02:36qu'on a des mangeaisons, parce qu'on a des fourmillements,
02:39ça peut être le début d'une insuffisance veineuse, qui est une maladie évolutive.
02:43Donc si on ne la traite pas, et bien malheureusement, elle peut effectivement évoluer vers des choses beaucoup plus graves.
02:48Alors c'est aussi dynamique, il y a le vieillissement de la population, elles sont à domicile,
02:52mais c'est aussi parce que peut-être c'est aussi plus confortable, plus esthétique qu'à une époque ?
02:56Alors ça, je vous accorde qu'il y a une époque, c'était vraiment les bas de grand-mère.
02:59On en reste avec cette image-là, c'est plus du tout ça.
03:02Maintenant, il y a des collants, il y a des bas, il y a des chaussettes, qui sont de toutes
03:06les couleurs, avec des motifs.
03:07Donc c'est vrai que sur l'esthétique, on a des bas de plus en plus transparents, pas aussi transparents
03:11que les bas de ville,
03:12parce qu'on a un cahier des charges qui nous oblige à avoir un minimum de titrage, qui fait que
03:17ça ne peut pas être transparent.
03:18Mais c'est quand même de plus en plus esthétique, de plus en plus confortable,
03:22notamment de plus en plus facile à enfiler.
03:23On travaille beaucoup sur la facilité d'enfilage, parce que c'est une des problématiques de notre produit.
03:28Vous proposez même des aides, c'est ça ? Des outils, des aides à l'enfilage ?
03:31On fait des aides à l'enfilage, tout à fait.
03:33Et puis, ce sont aussi des produits qui sont de plus en plus techniques,
03:38où on essaye de répondre aux besoins de nos patients ou aux autres problèmes qu'ils peuvent avoir.
03:44Et puis, ce qui est important, ça c'est une spécificité peut-être un peu de la France, c'est
03:47que c'est remboursé.
03:48Et c'est remboursé, c'est une spécificité de la France.
03:50Il y a d'autres pays en Europe où c'est remboursé, mais il y en a d'autres où
03:53ça ne l'est pas.
03:53D'autres pays dans le monde, au Brésil, aux Etats-Unis, ça n'est pas remboursé.
03:57Chez nous, c'est remboursé.
03:58C'est aussi, je pense, ce qui explique une partie du dynamisme de ce produit.
04:03On voyage de plus en plus là aussi, ça joue un petit peu sur les...
04:06Oui, bien sûr, ça joue, puisque la Haute Autorité de la Santé recommande le port d'un bas médical de
04:12compression
04:12à partir de 7 heures d'avion, et même l'Organisation Mondaine de la Santé à partir de 4 heures
04:16de voyage.
04:16Ça, c'est pas seulement pour le confort, c'est pour vraiment éviter la thrombose qui peut arriver malheureusement
04:23après une trop longue position assise, et en particulier en avion.
04:27Alors vous, votre société, elle fabrique en France ?
04:31Alors tout est français, et j'en suis fière.
04:34Donc on a effectivement toute la partie recherche et développement, marketing, toute la partie amont,
04:40et puis toute la fabrication du guippage de nos fils jusqu'aux conditionnements qui sont faits dans la Loire,
04:45et puis on expédie à partir de notre entrepôt qui est en Alsace.
04:49Donc absolument toute la chaîne de bout en bout est française.
04:53Et combien de paires de chaussettes, bas, collants ?
04:575 millions par an.
04:58Quand même ?
04:58Minimum, oui.
04:59Ça fait beaucoup par jour.
05:015 millions, oui.
05:02Alors votre actualité, c'est le lancement d'un site e-commerce assez particulier.
05:06Oui, donc en fait, on s'est dit, je vous ai dit, il y a 17 patients qui souffrent d
05:12'insuffisance veineuse
05:13et dont la plupart s'ignorent.
05:15Donc l'idée, c'était d'aller toucher aussi tous ces gens-là.
05:17Et donc au travers de notre site e-commerce, qui est aussi un site sur lequel on parle de la
05:21maladie,
05:22on parle de tous les symptômes, et où on leur propose toute la gamme de nos produits.
05:26Et ce qui en fait l'originalité, parce que sinon un site e-commerce, il n'y a rien de
05:29bien originel là-dedans,
05:30c'est qu'on ne peut pas être livré chez soi.
05:32Voilà, exactement.
05:33Donc ce qui peut au début heurter un peu, parce que l'intérêt du e-commerce, c'est d'être
05:37livré chez soi.
05:37On a fait le choix de travailler avec nos partenaires professionnels de santé,
05:42donc avec les pharmaciens, les orthopédistes.
05:45Donc le produit est livré chez eux, et il peut être livré que l'on ait une ordonnance ou pas.
05:49Donc si on n'a pas d'ordonnance, on n'est pas remboursé, mais on est quand même livré chez
05:53le pharmacien.
05:54Et si on a une ordonnance, on paye en pharmacie, on est livré en pharmacie.
05:57Et l'idée derrière, c'est qu'en fait, c'est un produit qui est extrêmement spécifique,
06:01où il faut prendre sa taille de façon précise.
06:03Donc on a un guide sur notre site e-commerce,
06:06mais malgré tout, on préfère que le professionnel de santé derrière s'assure que c'est la bonne taille,
06:10que c'est le bon produit, que ça répond bien aux besoins du patient.
06:13Le pharmacien va ouvrir quand même la boîte et faire essayer ?
06:15Non, il va regarder, mais il peut reprendre son taillage.
06:17La taille est sur la boîte, de toute façon.
06:19Donc il peut au moins vérifier, et puis pour donner des conseils,
06:21des conseils que ce soit sur le lavage.
06:23Donc c'est pour ça qu'on a tenu absolument à garder...
06:26Et en fait, c'était pour le logement d'un site internet qui existait déjà,
06:28qui était assez fréquenté, non ?
06:30Oui, mais qui n'était qu'informatif.
06:32Donc on ne vendait pas jusqu'au 4 mai, puisqu'on l'a lancé le 4 mai de cette année,
06:36on ne vendait pas sur notre site internet, c'était plus un site d'information,
06:40et on indiquait où est-ce qu'on trouvait nos produits en pharmacie.
06:43Le pharmacien, c'est pareil, on a 3500 références,
06:46juste pour vous donner un ordre d'idée,
06:48entre les différents coloris, les différents modèles, les tailles.
06:51Le pharmacien ne peut pas stocker tout ça dans sa boutique,
06:53et puis il ne peut pas proposer tout ça,
06:54parce que souvent, quand même, il manque un petit peu de temps.
06:56Donc on voulait l'aider en proposant tout notre portefeuille au patient.
07:00Le patient, lui, peut passer tout le temps qu'il veut sur son site e-commerce,
07:03il choisit le modèle qui lui convient,
07:05il mesure sa taille, et après, il sera en pharmacie,
07:07où dans les 24 heures, le produit peut être livré.
07:10Et c'est déjà lancé ?
07:11Si, c'est lancé le 4 mai.
07:14On est très fiers d'avoir 6000 pharmacies qui nous ont suivis,
07:18donc sur à peu près 12 000 clients que nous avons,
07:20on a la moitié de nos clients qui, et ça continue à grandir,
07:24qui nous suivent dans cette aventure.
07:25Donc on en est vraiment très fiers,
07:27parce que sans eux, on ne pourrait pas y aller.
07:30Et ça démarre.
07:30Et ça démarre bien, exactement.
07:32Merci beaucoup, Sandra de Maillard.
07:33Merci beaucoup, vous êtes directrice générale de France, de Sigvaris.
07:37Voilà, merci.
07:38On va accueillir à présent Stéphane Bardet,
07:40président de Audition Conseil,
07:41et Dalila Ben-Abdel-Gélil,
07:43directrice de la fondation Mission Santé.
07:51Dalila Ben-Abdel-Gélil, bonjour.
07:53Bonjour.
07:54Stéphane Bardet, bonjour.
07:55Bonjour.
07:56Vous êtes un habitué de Check-up Santé.
07:58Tout à fait.
07:58Stéphane, vous êtes audioprothésiste de formation,
08:01d'ailleurs vous travaillez encore comme audioprothésiste.
08:04Vous présidez Audition Conseil,
08:05qui est vraiment le premier réseau national d'audioprothésistes indépendants,
08:08avec plus de 320 centres et un chiffre d'affaires assez conséquent,
08:13on peut le dire.
08:14Oui.
08:15100 millions d'euros, c'est magnifique en 2025.
08:18La perte auditive, c'est vraiment un problème de santé publique ?
08:22Tout à fait, tout à fait.
08:23J'aimerais revenir sur un chiffre majeur, justement,
08:27c'est 7 millions de Français aujourd'hui qui souffrent de problèmes d'audition.
08:32Presque un surdice.
08:32Voilà, presque un surdice.
08:33Et l'erreur serait de croire à cette idée répandue
08:36que c'est uniquement lié à l'âge.
08:37Il faut savoir que la surdité touche 6% de la tranche des 15-24 ans,
08:42qui sont 8 millions et demi.
08:44C'est pour ça que notre métier d'audioprothésiste
08:47doit relever un défi de santé majeur,
08:49c'est de s'intéresser à ces jeunes,
08:53qui sont un problème sous-estimé.
08:56Et c'est pour ça qu'on essaye, chez Audition Conseil,
08:58de lier la prise en charge, l'information
09:01et la prévention auprès des plus jeunes.
09:04C'est dû à quoi ? Les concerts, les casques ?
09:06Oui, c'est lié à l'hérédité.
09:08C'est une statistique qui a toujours été un peu là,
09:11mais sous-estimée.
09:13Vous parlez d'audiologie intégrative.
09:15C'est quoi l'audiologie intégrative ?
09:17Alors, ce n'est pas uniquement une formule de communication.
09:20Il y a une relation, une filiation médicale,
09:23avec l'oncologie intégrative,
09:24qui est une approche novatrice qui est arrivée dans les années 90 aux Etats-Unis,
09:28qui s'est déployée dans de nombreux pays, dont la France.
09:31C'est considéré la personne au centre de tout, dans sa globalité.
09:37Et vous remarquerez, Fabien, que je ne parle pas de patients,
09:40encore moins de clients, mais de personnes.
09:43Voilà, et tout ça, ça...
09:45Il y a beaucoup de médecine holistique, hein ?
09:46Voilà, c'est ça.
09:47C'est ça, donc il faut tout un écosystème de soins,
09:49ORL, médecin généraliste, audioprothéniste, orthophoniste,
09:52pour que la personne soit actrice de ses choix
09:56et de sa qualité de vie.
09:57Voilà, on est très attachés.
09:59Alors, vous êtes évidemment à l'origine de la création
10:01de la Fondation Mission Santé.
10:03Dalila Abdel-Gélil, vous en êtes la directrice générale.
10:07Qu'est-ce que cette fondation apporte à notre société ?
10:10Eh bien, la Fondation Mission Santé, je tenais aussi à rappeler
10:14que quand un réseau d'indépendants s'engage dans une mission philanthropique
10:17comme la Fondation Mission Santé, c'est une déclaration
10:20de respect des collectifs.
10:21Oui, oui, elle a deux ans, la Fondation.
10:23C'est littéralement la concrétisation de l'audiologie intégrative
10:27présentée par Stéphane et Audition Conseil.
10:30Au niveau de la Fondation, on a trois piliers très structurants.
10:34Les écoles, la jeunesse, les aidants et le lien intergénérationnel.
10:39Et pour cela, on réalise des ateliers de sensibilisation
10:41dans les écoles primaires auprès des enfants.
10:45On accompagne, on forme aussi les aidants,
10:47les aidants qui sont 9 millions actuellement en France.
10:49Et on a un projet qui se nomme Aréaudition.
10:53On va utiliser le prisme artistique pour sensibiliser à l'audition
10:57auprès des résidents, aussi du personnel soignant
11:01dans la maison de nos aînés.
11:03C'est intergénérationnel.
11:04Oui, exactement.
11:05Vous vous intéressez à toutes les générations.
11:06Exactement, on touche tout le monde.
11:08Et Stéphane, vos centres sont directement appliqués, justement ?
11:12Tout à fait, tout à fait.
11:14Notre ambition, c'est que l'ensemble des adhérents
11:18portent l'émission de la Fondation localement,
11:21car nous sommes un réseau d'audioprothésistes engagés.
11:24C'est la force d'audition du Conseil, un réseau militant.
11:26Et j'aimerais aussi dire aux dirigeants des PME et des ETI en France,
11:33qui parfois osent affranchir le pas du mécénat et de la filentreprise d'entreprise,
11:39par pudeur, ou parfois parce qu'ils pensent que leur contribution sera modeste
11:45par rapport aux grandes fortunes et aux multinationales.
11:48Non, j'ai envie de leur dire « allez-y », j'ai envie de leur dire « c'est
11:51une question
11:52d'engagement, de cohérence, de sens, et une belle aventure.
11:57Moi, j'y suis très attaché. »
12:00Oui, vous disiez, Dalila, on voudrait quelques exemples concrets de ce que vous faites avec cette fondation.
12:04Les ateliers de sensibilisation qu'on réalise dans les écoles primaires.
12:09On a aussi des projets de sport inclusion, par exemple, la plongée pour les enfants implantés cochléaires.
12:15On a aussi le projet art et audition.
12:17On va faire des ateliers artistiques dans la maison de nos aînés.
12:21Et on va sensibiliser à l'audition sous le prisme artistique.
12:24Voilà.
12:25Oui.
12:26Les audioprothèses ont vraiment évolué ces dernières années ?
12:29Alors, tout à fait.
12:31Et toujours pareil avec l'IA ?
12:33Alors, l'intelligence artificielle, il faut savoir qu'il y a trois items pour réussir un appareillage auditif aujourd'hui.
12:42D'abord, c'est la capacité du microprocesseur.
12:45Il y a une dizaine d'années, quand je présentais dans les congrès médicaux la capacité, on parlait de 500
12:51000 opérations par seconde.
12:53Il y a deux ans, je présentais 5,5 millions d'opérations par seconde.
12:57Pour ça, il faut nourrir avec de l'énergie.
13:00Ça consomme.
13:00Donc, il faut des appareils rechargeables.
13:02On a fait énormément d'évolutions dans la recharge et l'énergie et c'était un préalable.
13:07Et puis ensuite, il y a la miniaturisation.
13:09On voit quand même que ça reste un stigmate et que les gens...
13:13Ils sont devenus invisibles ?
13:13Ils sont devenus quasiment invisibles.
13:14Alors, on est en train d'arriver justement sur des produits qui ne se voient plus et qui reviennent dans
13:18le conduit auditif.
13:19Voilà.
13:20Et on voit un gros engouement.
13:21Comme quoi, les patients malentendants aujourd'hui souhaitent quand même la discrétion.
13:26Alors, récemment, il y a un appareil qui est passé de 5,5 millions d'opérations par seconde à 7
13:32milliards.
13:33De 5 millions à 7 milliards ?
13:34Oui, de 5,5 millions à 7 milliards.
13:36Donc, il y a une vraie rupture technologique.
13:38C'est un peu comme si vous avez votre voiture familiale toute la journée qui s'adapte à tout.
13:43Et puis, tout d'un coup, quand vous prenez l'autoroute, vous avez une Ferrari.
13:46C'est un peu quand je rentre au restaurant, l'IA va détecter...
13:49Donc, ça s'adapte à des conditions dans un environnement spécifique.
13:53Que les conditions complexes.
13:55Et alors, là encore, il y a une idée reçue.
13:58Ceux qui ont une petite perte d'auditive, en général, ce sont des actifs qui sont très souvent dans des
14:03réunions, des situations complexes, des comités.
14:07Et donc, ils ont en fait besoin de beaucoup de technologies.
14:11Et ils doivent faire appel à ces appareils haut de gamme, alors que très souvent, on pense qu'une faible
14:17perte d'auditive, on va aller en pharmacie, prendre un appareil OTC, comme on voit aux Etats-Unis.
14:23Alors, ben non, en fait, il faut, contrairement à cette idée reçue.
14:27Parce qu'on disait à l'époque que ça marchait en one-to-one, mais dès qu'on était dans
14:30une atmosphère un peu très sonore, très bruyante, les gens étaient affolés.
14:35En effet, c'est...
14:36C'est plus le cas.
14:37Ce n'est plus le cas.
14:37En fait, quand vous êtes dans un restaurant, vous avez ce que vous appelez le bruit gênant, c'est une
14:41multitude de voix.
14:43Donc, l'appareil va reconnaître des voix.
14:45Et puis, vous allez avoir le serveur qui va être latéralisé.
14:47Vous allez avoir le convivre en face de vous.
14:49Il faut donc l'intelligence artificielle avec les deux appareils.
14:53Elle va cibler la voix utile, le positionnement de la tête.
14:56Et donc, va privilégier par des algorithmes la voix utile.
14:59Et ça marche vraiment.
15:01Donc, j'encourage beaucoup de nos Français à venir se faire appareiller et tout du moins tester.
15:06Parce qu'il y a quand même un Français sur deux qui n'a jamais testé son audition.
15:11Alors justement, comment vous voyez votre audition conseil dans les dix prochaines années ?
15:16Alors, audition conseil, comme vous l'avez dit, c'est 320 centres en France.
15:21C'est un chiffre d'affaires consolidé de 100 millions d'euros.
15:24Notre ambition, c'est d'arriver à 500 centres.
15:28Mais tout en préservant ce modèle unique qui est l'indépendance accompagnée.
15:34Voilà, il faut savoir qu'on a la chance d'avoir un réseau avec beaucoup de talent.
15:38Dans les 11 écoles d'audioprothèse, on compte trois co-directeurs ou directeurs d'école.
15:43Il n'y a pas de pénurie, non, dans votre profession ?
15:45Alors, il n'y a pas de pénurie dans notre profession en termes d'emploi.
15:48Parce que nous faisons face actuellement à énormément de demandes d'équivalence de diplômes étrangers,
15:54notamment venant de l'Espagne.
15:55Et on va même atteindre dans les prochaines années, ce que j'avais présenté au congrès du syndicat des audioprothèsistes,
16:00une forme de saturation en termes de nombre de centres et de nombre de diplômés.
16:05Donc, on va aller vers trop d'emplois.
16:10Merci beaucoup, merci beaucoup, Dalila Ben Abdelgelin.
16:13Merci beaucoup, Stéphane Bardet.
16:15On va présent accueillir Florence Surug, qui est directeur du développement économique au SNITEM.
16:21Florence Surug, bonjour.
16:26Bonjour.
16:26Et bienvenue dans le Check-up Santé.
16:28Vous êtes directeur du développement économique du SNITEM.
16:30Le SNITEM, c'est le syndicat national de l'industrie des technologies médicales.
16:34Tout à fait.
16:34C'est un petit peu l'équivalent du LEM, pour les médicaments, et vous pour les dispositifs médicaux, c'est
16:39ça ?
16:39Pour le dispositif médical, effectivement.
16:41Donc, peut-être rappel très bref sur ce qu'est un dispositif médical.
16:45C'est tous les produits de santé, finalement, qui servent à prévenir, à diagnostiquer, à faire du soin.
16:50Ça va du plus simple, à baisse langue, pansement, on a vu des bas de contention tout à l'heure,
16:54jusqu'aux plus compliqués, des implants, des prothèses, pacemakers, organes artificiels,
16:59ou voire certains logiciels intégrants...
17:00Imagerie, imagerie médicale, imagerie médicale.
17:02Donc, c'est vraiment un...
17:03Un champ énorme, et finalement, c'est tout ce qui va avoir une finalité médicale,
17:08et qui va servir aux professionnels de santé et aux patients.
17:10Alors, c'est un grand moment, quand même, parce que vous éditez pour la première fois
17:14un livre blanc avec le concours de l'Institut Sapiens, c'est ça ?
17:17Tout à fait.
17:18Alors, comment s'est fait ce livre blanc, justement ?
17:20Alors, on a d'abord lancé un think tank, il y a un peu plus d'un an et demi,
17:24sur
17:24les problématiques liées au financement des entreprises de la Medtech, de start-up, PME,
17:30ETI, voire grands groupes également, parce qu'on a eu beaucoup de remontées sur des
17:35difficultés croissantes à sécuriser des investisseurs et des investissements pour
17:40faire grossir ces sociétés.
17:41Des difficultés qui sont spécifiques à la France, ou plutôt à l'Europe ?
17:45Alors, c'est une bonne question, je pense qu'on peut parler de l'Europe.
17:49Il y a eu d'abord une grosse marche réglementaire qu'il a fallu franchir pour toutes les entreprises,
17:54avec qui a nécessité beaucoup d'investissement, et puis on est sur des problématiques d'accès
17:58au marché, peut-être plus spécifiques à la France.
18:01C'est vrai que c'est un de mes précédents invités qui a dit « l'Europe innove,
18:05l'Amérique commercialise ». C'est un peu ça, non ?
18:08Malheureusement, c'est peut-être là-dessus qu'il va falloir qu'on travaille, parce
18:11qu'effectivement, on innove énormément, et ça, il faut en être fier, et je pense
18:14qu'on a beaucoup d'atouts, en France en particulier, sur l'innovation, beaucoup
18:18de premières mondiales, on intègre rapidement les nouvelles technologies, l'intelligence
18:22artificielle, par exemple, dans le diagnostic.
18:25Donc là, c'est sûr qu'on est très fort en innovation, mais on est un petit peu
18:28moins fort sur le plan développement.
18:29Ce qui est compliqué, c'est qu'une fois qu'on a développé une belle innovation,
18:32c'est comment on arrive à transformer cette innovation en entreprise rentable, qui
18:36permet de se développer et s'implanter durablement.
18:38C'est vrai que depuis des années, on le sait, en France et probablement en Europe,
18:42on est bon à l'amorçage.
18:43On est très bon en amorçage, et sur le post-amorçage, c'est un peu plus un no-man's land.
18:48On a plus de mal à comprendre, à sécuriser des investisseurs, à trouver les fonds suffisants
18:53pour transformer l'entreprise, la start-up, en une entreprise viable qui va se développer.
18:57Une start-up plutôt internationale, qui va sortir de France, qui va sortir d'Europe.
19:01De toute façon, on cherche effectivement rapidement, on est sur des marchés de niche.
19:04Le dispositif médical, il s'adresse à une typologie de patients bien précise.
19:08Et donc, on est assez rapidement sur un marché qui est global.
19:12Et donc, il faut pouvoir être solide en France, pour ensuite aller pouvoir capturer des parts de marché à l
19:16'international.
19:16Alors, les raisons principales de ces freins, le premier, c'est la lenteur administrative, c'est ça non ou pas
19:22?
19:23Alors, il y a plusieurs raisons.
19:25D'abord, effectivement, les délais.
19:26Je pense que le temps d'obtention des certifications, du remboursement, souvent, est très long.
19:32Alors que ce n'est pas un dispositif médical, ce n'est pas un médicament.
19:35Donc, ça évolue dans le temps, rapidement.
19:37Une invasion va vite, une invasion constamment.
19:38Donc, il y a le délai et surtout la prévisibilité.
19:40Et ça, ça fait un peu peur aux investisseurs aussi, quand on n'est pas capable de prédire à l
19:44'avance
19:44quel est le chemin à parcourir pour enregistrer un dispositif médical,
19:48pour obtenir un remboursement et pour sécuriser, finalement, un premier niveau de vente.
19:52C'est ce fameux entonnoir européen, non ?
19:55L'entonnoir européen, il est vraiment au niveau du réglementaire, marquage CE.
19:59Et puis, ensuite, il y a tout l'accès au marché, qui, lui, est vraiment pays par pays, assez spécifique.
20:04Et en France, on a la chance d'avoir un pays qui finance la santé.
20:07Et donc, ça, c'est une...
20:08Parce que le marquage CE ne suffit pas.
20:09Le marquage CE ne suffit pas.
20:11C'est obligatoire.
20:12Mais derrière, si on veut pouvoir commercialiser un dispositif médical,
20:15il faut rentrer dans un parcours de soins, dans un parcours de financement,
20:17que ce soit via un remboursement direct du dispositif médical
20:21ou dans l'intégration, dans le parcours de soins, dans les achats hospitaliers,
20:24dans un acte médical ou autre.
20:27Et ça, ça peut prendre du temps.
20:28C'est vrai que ça ne pousse pas un investisseur quand il sait que...
20:29Quand il ne sait pas vraiment...
20:31Il n'a pas envie de naviguer à vue, un investisseur, oui.
20:35Il a besoin d'être assuré sur le temps que ça va lui prendre,
20:38combien d'argent il faut mettre au départ,
20:40pour quel retour est-ce compté à la fin.
20:42Et donc, ça, effectivement, il y a un petit peu une boîte noire
20:44qu'il s'agit de dérisquer.
20:46Mais on dit qu'il y a beaucoup d'investissements...
20:48Quand il y a des investissements, il y a aussi pas mal d'investissements
20:50qui viennent de l'extérieur de l'Europe,
20:52qui viennent parfois des US, parfois de la Chine.
20:55On est sur un marché mondial, avec des grandes zones très actives.
20:59Effectivement, les États-Unis sont une zone et un marché très fort
21:03sur le dispositif médical.
21:04On a l'Asie également, avec des acteurs comme la Chine,
21:07qui sont de plus en plus forts et de plus en plus agressifs,
21:10j'ai envie de dire, d'un point de vue développement commercial,
21:12et qui viennent aussi regarder les innovations qui sont faites sur le territoire
21:15et qui sont prêtes parfois à investir dedans,
21:18pour ensuite les développer sur leur propre marché.
21:20Il y a un autre frein éventuel, c'est le remboursement par l'assurance maladie ?
21:25Complètement.
21:25Donc ça, effectivement, le remboursement est à la fois une opportunité,
21:29mais également un frein, de par ce qu'on vient de dire, les délais,
21:33peut-être une certaine forme de frilosité à financer l'innovation.
21:36On attend de voir avant de payer, et je pense qu'à un moment donné,
21:40il faudra peut-être prendre plus de risques, être capable de payer en amont,
21:45pour voir, quitte à prendre des garanties, et donc faciliter un accès rapide à l'innovation.
21:49Et il en va, finalement, de la qualité des soins pour le patient,
21:52et de permettre aux patients français de bénéficier des dernières innovations.
21:56Et c'est vrai qu'aujourd'hui, on a le sentiment qu'on développe beaucoup de choses sur le territoire,
21:59et qui vont d'abord être testées efficacement sur d'autres populations.
22:05Donc ça, c'est le constat, donc qu'est-ce qu'il faut faire ?
22:07Est-ce que ce n'est pas un peu utopique, tout ça, non ?
22:09De vouloir accélérer les choses, de vouloir rencontrer, d'avoir des investissements plus rapides ?
22:13Qu'est-ce qu'on peut faire ?
22:14Alors je pense que c'est un constat qu'il faut déjà partager collectivement.
22:17Il faut qu'il y ait une volonté politique,
22:19c'est-à-dire que ce n'est pas uniquement les entreprises de leur côté qui peuvent décider ça.
22:22Mais c'est vrai qu'à l'heure où on parle de souveraineté sanitaire,
22:25ça, ça va de pair aussi avec la souveraineté industrielle.
22:28On l'a vu pendant la période Covid,
22:30où on a senti une certaine forme de fragilité,
22:35force sur notre territoire, si on n'a pas un tissu industriel
22:37capable de garantir une continuité des soins,
22:39on se met en vulnérabilité, on se met en risque.
22:41Donc il y a un choix politique également à faire,
22:44de définir, déjà de bien connaître nos vulnérabilités,
22:46et ensuite de décider de soutenir certains pans d'activité
22:50qui sont jugés stratégiques, au même titre que la défense.
22:53Et la santé, je pense, c'est essentiel pour l'ensemble des...
22:55Avec un plan sur plusieurs années, comme l'a fait la Chine, par exemple,
22:57pour le plan quinquennal ?
22:58C'est une très bonne remarque.
23:00Une vraie difficulté qu'on a en France,
23:02c'est qu'on a déjà du mal à boucler un budget sur un an,
23:04alors qu'il nous faudrait une vision peut-être sur 3, 5, 10 ans
23:07pour être en mesure de construire vraiment une stratégie de santé.
23:10Donc nous, on appelle de nos voeux vraiment
23:11à cette pluriannualité des réflexions stratégiques de la santé.
23:15Vous êtes optimiste ?
23:16Il faut.
23:18Il faut.
23:18Merci beaucoup, Florence Suring,
23:20merci beaucoup, directeur du développement économique du Cité.
23:22Merci à vous.
23:23C'est la fin de cette émission.
23:24On se retrouve la semaine prochaine.
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