- il y a 5 heures
BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 28 mars, Étienne Rubi, président et fondateur de Monka, Emmanuelle Barlerin, coprésidente de l'association AVECsanté et infirmière, et Pascal Bécache, cofondateur de Digital Pharma Lab, étaient les invités dans l'émission Check-up Santé, présentée par Fabien Guez. Check-up Santé est à voir le samedi sur BFM Business.
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00:04BFM Business présente Check-up Santé avec Fabien Guèze.
00:10Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur BFM Business dans Check-up Santé. Avec le vieillissement
00:15de la population, les personnes malades ou handicapées devront de plus en plus compter
00:19sur leurs proches, leurs aidants. Et c'est la raison pour laquelle la start-up Monka a conçu
00:24une application de santé digitale pour soulager les aidants et même les médecins. Son CEO est
00:29Étienne Ruby nous la présente. On parle beaucoup de difficultés d'accès aux soins et un nouveau
00:35type d'installation médicale à le vent en poupe, ce sont les MSP, les maisons de santé
00:40pluridisciplinaires. Avec Santé, la Fédération Nationale des MSP a réalisé une enquête avec
00:46l'IFOP sur les attentes des patients. Emmanuel Barlerin nous la dévoile. Les industries du
00:52numérique en santé sont en pleine révolution et l'IA y participe pour beaucoup. La société
00:56digitale Formalab aide ces entreprises depuis 9 ans dans de nombreux domaines, dont ceux des
01:01maladies rares, de la pharmacie et de l'hôpital. Pascal Bécache, son fondateur est mon dernier invité.
01:07Check-up Santé, c'est parti !
01:10Check-up Santé, au cœur de l'innovation santé.
01:15Étienne Ruby, bonjour. Bonjour. Bienvenue dans Check-up Santé. Donc vous vous dirigez la start-up Monka ?
01:21Tout à fait. C'est bien ça depuis 4 ans ? Depuis 4 ans. Depuis 4 ans, jeune start-up.
01:26Et vous êtes hébergé à Paris Santé Campus ?
01:29Tout à fait. Donc un petit coucou à notre ami Antoine Tenière.
01:32Exactement. On le salue.
01:34Et un autre coucou aussi à Christian Deleuze de Médicene.
01:37Il nous accompagne depuis le début. Donc effectivement, un grand coucou aux équipes.
01:41Alors je disais en introduction, il y aura de plus en plus d'aidants, c'est ça ?
01:45Oui, malheureusement. En tout cas, c'est un fait de société qui est de plus en plus visible dans la
01:50société.
01:51Ne serait-ce que pour des questions démographiques. On le sait, l'émergence ou le virage violent démographique qu'on
01:58a vu dans les prochaines années.
01:59Le vieillissement de la population.
02:00Le vieillissement de la population.
02:01Mais aussi, grâce au progrès de la médecine, l'accélération, la multiplication des diagnostics sur des maladies chroniques plus ou
02:09moins invalidantes.
02:09Et la réalité, c'est que, de facto, face à un système de santé ou médico-social qui recherche tout
02:14le temps des ressources mécaniquement,
02:16la charge de la perte d'autonomie se reporte et c'est fréquemment sur les familles.
02:20Bien sûr. Et puis, il faudra faire en sorte aussi que les malins restent le plus longtemps chez eux ?
02:25Chez eux. Tout simplement, il faut qu'on arrive à préserver nos plateaux techniques, hospitaliers ou EHPAD.
02:29Et donc, du coup, de facto, renforcer la capacité d'action au domicile.
02:33On sait que les aidants consacrent vraiment beaucoup de temps pour leurs proches.
02:36C'est colossal. En fait, si on doit le transcrire un petit peu en équivalent au plan, en emploi,
02:42c'est 3 millions de personnes qui, toute l'année, travaillent au chevet du patient, à la maison.
02:47Sauf que ce ne sont pas des experts et ce ne sont pas des travailleurs.
02:50Ce sont simplement leurs proches et leurs familles.
02:52Donc, ils ont du mal à s'en sortir, à organiser ?
02:55Ils sont victimes, malheureusement, d'un manque d'expertise.
02:58Si on arrive à se projeter, accompagner quelqu'un dans une maladie chronique, invalidante ou simplement une perte d'autonomie
03:04liée à l'âge,
03:05ça ne s'apprend pas. On le découvre un petit peu comme...
03:07Sur le plan de la logistique, sur le plan du parcours...
03:09Sur le plan de la compréhension de la maladie, sur le plan de la richesse de l'offre, qu'elle
03:13soit sanitaire ou médico-sociale,
03:15sur la compréhension des diagnostics et les impacts que ça peut avoir sur la vie quotidienne.
03:19Et puis aussi, simplement, sur l'acceptation de la personne qu'on accompagne qui ne se voit pas forcément dépendante.
03:24C'est bien ça, l'enjeu. Et donc, tout l'objectif de ça, c'est comment on rend ses aidants
03:29experts à travers l'organisation et le suivi des parcours,
03:32que ce soit pour eux ou pour leurs proches. Parce qu'encore une fois, l'enjeu, c'est que les
03:35gens ne s'appuissent pas.
03:36Si demain, vous êtes vous, Fabien, amené à accompagner quelqu'un indépendant et que vous n'êtes pas capable d
03:41'aider...
03:41Non, non, c'est pour vous projeter et projeter tout le monde. Sans vous, ça devient plus compliqué de pouvoir
03:46m'intéresser à la maison.
03:48Donc, vous avez créé une application de santé digitale, c'est ça, qui centralise un petit peu l'accompagnement des
03:53personnes fragiles ?
03:54Exactement. En fait, on s'est efforcés de faire des choses simples, parce que je pense qu'il faut parler
03:57simplement aujourd'hui,
03:58quand on adresse cette problématique de l'aidant, pour plein de raisons.
04:01Un, ce mot aidant, il n'est pas forcément évident. On est le parent de quelqu'un ou l'enfant
04:05de quelqu'un.
04:05Donc, il fallait une application qui leur permette de s'identifier.
04:08Donc, on a un diagnostic qui, en quelques minutes, nous permet d'évaluer finalement l'intensité de la charge et
04:14la priorisation.
04:14Comment ça marche ? Ça démarre par...
04:16Un diagnostic, tout simplement. Donc, quelques questions qui prend quelques minutes, une dizaine environ.
04:20Qui remplit ce...
04:21Pédant.
04:22Exactement. C'est tout à chacun, chaque Française ou chaque Français, qui se reconnaît ou qui a besoin d'avoir
04:27des réponses.
04:27Donc, on va lui poser quelques questions personnelles sur lui et sur son proche.
04:31Et puis, il va pouvoir, évidemment, avoir une priorisation des choses à réaliser pour lui.
04:34Et évidemment aussi pour la personne qui l'accompagne.
04:37Finalement, en fonction de la priorisation de son quotidien.
04:41Et on donne évidemment, et c'est ça aussi important, la possibilité qu'un infirmier puisse finalement sous-traiter ou
04:47en tout cas se substituer à ce rôle de l'aidant pour le rassurer ou organiser certaines tâches chronophages ou
04:52complexes.
04:53Donc, il y a du digital et quand même pas mal d'humains.
04:55C'est le principe de la santé. On ne remplacera pas les soignants par de l'IA ou du digital.
05:01Donc, en fait, on a toute cette logique de complexité de la situation qu'on arrive à traduire dans le
05:05digital.
05:05Et évidemment, pouvoir sanctuariser du temps homme.
05:08Vous l'évoquiez dans l'introduction, on facilite la vie des soignants.
05:11L'enjeu, c'est qu'effectivement, un infirmier puisse prendre plus de situations au domicile par personne pour soutenir la
05:16demande finalement sur les territoires.
05:17Et donc, plein de conseils personnalisés surtout, non ?
05:20Oui. Alors, on a en fait une batterie finalement d'informations qu'on a essayé d'organiser de la manière
05:25suivante.
05:26On a des tâches à réaliser toutes les semaines ou tous les mois.
05:28Tous les mois, on va pouvoir remplir un questionnaire pour mettre à jour un peu la situation et voir du
05:32coup le niveau d'avancement qu'on peut avoir au quotidien.
05:36Et puis, derrière, forcément, ces questions ou ces parcours amènent des thématiques.
05:41Donc, on a un guide un peu thérapeutique d'éducation sur les tâches d'accompagnement au bien-être ou de
05:46compréhension au niveau de la maladie ou même des démarches.
05:48Parce que finalement, les démarches sanitaires ou médico-sociales, quand on est dedans, ça a l'air d'être très
05:52simple.
05:52Quand on s'expose finalement à la compréhension du grand public, c'est toujours un tout petit peu plus particulier.
05:57Alors, il y a toujours ce problème de la prise en charge.
06:00On a le fameux article 51. Redéfinissez-nous l'article 51.
06:05Déjà, je les remercie pour la confiance parce qu'avant tout, c'est une histoire de travail en équipe.
06:10Donc, comme chacun peut le savoir, notre monde de la santé, il est déjà extrêmement bien organisé.
06:15Et donc, du coup, on peut essayer d'innover et on a certains dispositifs qui nous permettent de le faire.
06:20Quand on est un dispositif médical, on a la possibilité de pouvoir être candidat sur un remboursement par rapport à
06:24la pertinence médicale de nos données.
06:26Et il y a un autre chemin qui s'appelle l'article 51 qui existe maintenant depuis une petite dizaine
06:30d'années.
06:30Je crois que c'est 2018 le lancement et qui, à travers un partenariat qu'on réalise avec les territoires,
06:35donc nous, c'est avec des CHU et des DAC, des dispositifs d'appui à la coordination sur le territoire
06:39d'Angers et de Tours,
06:40on est allé porter notre petite promesse auprès du ministère de la Santé.
06:43Et en gros, l'innovation est assez simple.
06:46C'est la possibilité pour aujourd'hui les aidants et leurs proches, en sortie d'hospitalisation, d'avoir un accompagnement
06:52pendant trois mois
06:53avec finalement un parcours numérique qui est opéré par mon cas, une inclusion évidemment par le médecin spécialiste gériatre de
06:59l'hôpital
07:00et une coordination qui est faite par les structures du territoire, à savoir un dispositif d'appui à la coordination
07:05dans le 37 et dans le 49.
07:06On va tester ça pendant du coup 18 mois et on va travailler effectivement la valeur que ça amène pour
07:12notre système de santé,
07:13notre système médico-social et évidemment pour les soignants et les aidants.
07:16Donc vous collaborez avec des centres hospitaliers, vous collaborez aussi avec des mutuelles, des assurances ?
07:20Effectivement, quand on regarde un peu le panel, on l'évoquait, 3 millions, tout à l'heure je parlais d
07:25'emplois, mais c'est 9 millions de personnes.
07:26On va considérer qu'on va tous un jour malheureusement être aidants à différents degrés.
07:31Et quand on regarde la soutenabilité de notre modèle, on a effectivement l'amélioration ou la réduction, en tout cas
07:38on l'espère, de certaines poches de dépenses.
07:40Et puis on a aussi tous ces acteurs du quotidien qui couvrent la santé et la prévoyance des Français.
07:45Et le discours qu'on a aujourd'hui avec ces acteurs, c'est de leur dire sur la prévoyance,
07:49les aidants sont avant tout actifs, c'est 58% de la population qui est active aidant.
07:53Et malheureusement, ça engage des arrêts de travail.
07:56Des arrêts de travail parce que les gens s'épuisent et des arrêts de travail parce qu'il y a
07:58des complexités au domicile.
07:59Le travail qu'on mène avec eux, c'est comment on améliore la capacité pour ces acteurs à identifier qui
08:04est aidant
08:04et du coup à valider cet accompagnement avec un infirmier de coordination ou notre application.
08:09Pour finir votre business model ?
08:10Il est assez simple, il est de travailler avec ses financiers pour ouvrir des droits sur une durée de trois
08:16mois.
08:17C'est notre promesse, c'est amener chaque aidant à un plateau de sécurisation,
08:21c'est-à-dire en fait compenser une petite crise d'aiguë à une logique de
08:24ok j'ai enfin tous les acteurs que je peux avoir autour de moi et autour de mon proche
08:27et ce en trois mois avec ou non le concours d'un infirmier de coordination.
08:31Donc c'est ce qui est aujourd'hui financé par ces acteurs-là.
08:33D'accord et comme ça cartonne, vous cherchez un peu plus d'argent dont des levées de fonds ?
08:39Ouais alors comme n'importe quelle entreprise qui aujourd'hui croit, on est dans des phases de structuration de croissance
08:45à travers des levées de fonds
08:46qu'on continue et qu'on bouclera sur la fin du deuxième trimestre donc en juin.
08:52Et en l'occurrence ça nous permettra effectivement de pouvoir garantir la soutenabilité de ce qu'on apporte pour les
08:57aidants dans le temps.
08:58Et bien merci beaucoup, merci beaucoup Étienne Ruby, merci.
09:01On va à présent accueillir Emmanuelle Barlerin qui est coprésidente de Avec Santé, la Fédération Nationale des MSP.
09:14Emmanuelle Barlerin, bonjour.
09:15Bonjour Fabien.
09:15Bienvenue dans Check Up Santé, d'autant que vous venez de la Loire.
09:19C'est ça.
09:19Oui, de quelle ville exactement ?
09:20De Saint-Jean-Chevalet.
09:22Vous êtes donc infirmière ?
09:23Exactement.
09:23Et surtout, vous êtes coprésidente de Avec Santé qui est la Fédération Nationale des MSP, les maisons de santé pluridisciplinaires.
09:30Alors justement, quelle est la définition d'une maison de santé pluridisciplinaire ?
09:34Qu'est-ce qu'elle a de spécifique, d'originale ?
09:36Alors ce qu'elle a de spécifique, c'est que c'est un travail coordonné des professionnels de santé pour
09:40répondre aux besoins des habitants de la population.
09:42Donc c'est tous les professionnels de santé qu'on connaît, les médecins, les infirmiers, les pharmaciens, les kinés, etc.,
09:49qui travaillent ensemble, qui rédigent un projet de santé et qui du coup vont répondre aux besoins de la population.
09:54D'accord. Et ça peut être dans un même endroit ou ça peut être dispersé ?
09:58Alors nous, on a pour habitude de dire l'équipe avant les briques.
10:02D'accord.
10:03C'est une petite punchline qui permet de bien comprendre que le bâtiment, c'est un lieu, c'est très
10:08bien, dans lequel on est regroupé.
10:10Mais le plus important, c'est l'équipe qui travaille ensemble, qui est coordonnée et qui va pouvoir proposer d
10:15'autres choses que le seul soin,
10:17qui va pouvoir proposer de la prévention, de l'éducation à la santé, organiser les parcours de nos patients.
10:22Et ça, c'est vraiment la plus-value de nos amis.
10:25Donc dans un local commun ou ça peut être multi-sites ?
10:27Ou multi-sites, voilà.
10:28D'accord. Vous représentez combien de MSP ?
10:31Alors, on a presque 3 000 maisons de santé à la fin de l'année 2025 et c'est l
10:35'équivalent de 52 000 professionnels de santé.
10:38Oui. Et finalement, ce n'est pas, quand on pense qu'il y a près de 200 000 professionnels de
10:42santé, 3 000, c'est un bon début ou c'est déjà bien ?
10:45C'est un bon début, mais évidemment, il faudrait qu'on soit plus que ça.
10:49Il faudrait que les pouvoirs publics nous entendent.
10:51Et parce qu'on sait que le modèle...
10:53C'est pour ça qu'on vous invite ?
10:54Merci.
10:56Il faudrait que le modèle passe à l'échelle.
10:59On sait que le modèle isolé ne fonctionne plus.
11:03Moi, des fois, j'ai envie de citer un peu Garcimor qui dit que des fois ça marche, des fois
11:06ça ne marche pas.
11:07Et bien maintenant, le modèle isolé ne fonctionne plus.
11:10Ce n'est pas ce que la population attend.
11:13Et si j'avais une petite baguette magique, j'aimerais bien dire, pour que ça marche,
11:17il faut aller vers l'échelle maison de santé.
11:20L'union fait la force.
11:20L'union fait la force.
11:22Et c'est aussi ce que les habitants demandent.
11:24Et on le verra.
11:25Les MSP sont aussi dynamiques en fonction du lieu géographique, non ou pas ?
11:29Alors, elles sont dynamiques.
11:30Elles sont différentes en fonction de certains lieux, en fonction des professionnels aussi qui les composent.
11:35Ça change en fonction d'une petite ville ou d'une grande ville ?
11:36Ça change un peu ou pas ?
11:37Alors, ça peut changer.
11:38Mais surtout, ce qui fait changer, c'est le projet de santé et les besoins de santé en fonction des
11:42lieux où l'équipe exerce.
11:44D'accord.
11:45Question très orientée.
11:48Tous les médecins sont en secteur 1 ou ils sont tous conventionnels de toute façon ?
11:53Alors déjà, nous, dans les maisons de santé, on parle équipe pluriprofessionnelle.
11:57On n'est pas comme les hippocampes solitaires.
12:00On est plutôt comme les dauphins en groupe.
12:02Donc, du coup, dire que les médecins, c'est la seule, on va dire, le seul axe, non.
12:10Ce que les habitants nous font comprendre, c'est qu'on a besoin d'être en équipe organisée, structurée.
12:16Et pour revenir sur votre question du tarif opposable, ça fait partie du cahier des charges d'être en secteur
12:241, donc conventionné.
12:24Mais ce n'est pas obligatoire.
12:26Il peut y avoir d'autres possibilités, mais il faut qu'il y ait des médecins qui soient conventionnés, en
12:30effet,
12:31ou des professionnels dans son ensemble.
12:33Donc, vous représentez ces MSP auprès des pouvoirs publics, des associations de patients, c'est ça ?
12:40Oui, exactement.
12:41On travaille avec, par exemple, France Asso Santé, on travaille avec d'autres organisations, d'autres partenaires.
12:46On va faire du plaidoyer et on communique aussi vers le grand public, comme on peut le faire aujourd'hui.
12:51On va faire du plaidoyer auprès des institutions.
12:53On a besoin que les institutions reconnaissent ce modèle et le reconnaissent vraiment.
12:58reconnaissent le modèle équipe pluriprofessionnelle, parce qu'on sait que c'est les attentes qui correspondent à la fois aux
13:05professionnels de santé et à la fois aux habitants.
13:09Dans l'enquête IFOP, 82% des habitants interrogés, en tout cas des personnes interrogées, souhaitent voir une maison de
13:19santé.
13:20Alors, justement, vous avez réalisé avec l'IFOP une enquête sur un petit peu le sentiment des Français sur leur
13:26parcours de soins ?
13:26Oui.
13:27Et alors, ce n'est pas génial ?
13:283 sur 4 estiment qu'ils doivent eux-mêmes coordonner leur parcours.
13:31C'est dommage, parce qu'en fait, si on avait plus de moyens de coordination, de moyens donnés aux équipes
13:38pour s'organiser et pour aider les patients à suivre un parcours de A à Z, si on peut dire,
13:44en tout cas coordonner,
13:45eh bien, possiblement, on éviterait les redondances dans les prescriptions, on éviterait les incompréhensions, en fait, aussi de ce qui
13:54leur arrive à ces patients-là.
13:56Et les dépenses inutiles aussi.
13:57D'accord. Donc, 1 sur 2 ou 2 sur 3 disent qu'il y a un manque de coordination ?
14:013 sur 4 sont trop seuls face à leur parcours.
14:05Et 82% aimeraient pouvoir voir une maison de santé dans leur territoire.
14:09Ils trouvent aussi, je l'ai dit, ils trouvent aussi que ce parcours de soins est un petit peu trop
14:13morcelé, c'est ça ?
14:14Oui, parce que du coup, ils vont aller voir un professionnel, puis un autre, puis un autre, sans savoir exactement
14:21faire le lien entre ces professionnels.
14:22Nous, dans les maisons de santé, on a pour habitude de plutôt leur donner ce parcours-là, leur expliquer, en
14:29fait, ce parcours.
14:31Pour l'instant, c'est encore pas suffisant, en fait, et on n'a pas suffisamment de moyens humains et
14:37financiers pour pouvoir aller vraiment jusqu'au bout de ce qu'on aimerait pouvoir faire.
14:43C'est un parcours qui est du combattant, parfois, il est un peu cité comme ça, et très souvent, c
14:49'est trop médico-centré.
14:50Et nous, notre créneau, c'est de dire, en équipe, on est bien plus efficace et on va pouvoir toucher
14:57toutes les composantes de la santé, et non pas du seul soin.
15:01Alors, dans cette enquête, vous parlez aussi de prévention.
15:04Les Français disent qu'on ne fait pas assez de choses en prévention.
15:08On peut comprendre, on est l'année dernière de l'OCDE en termes de prévention.
15:12Il y a des acteurs, mais encore une fois, on manque de clarté, on manque de compréhension, en fait, de
15:18cette prévention qui peut être mise en place par, par exemple, l'assurance maladie,
15:24ou par des associations, ou par des élus locaux.
15:27Et probablement que si on arrivait à coordonner tous ces acteurs, on serait bien plus efficients.
15:31Et surtout, les habitants font confiance à leurs professionnels de proximité.
15:37Et du coup, s'ils ont des interlocuteurs qui sont habitués à communiquer et à coordonner tout ça,
15:45possiblement, on arrive à faire plus de choses en prévention.
15:47Et tout ça n'est pas obligatoirement dû qu'à la pénurie de médecins ?
15:50Ah non ! Pas seulement, parce que ce que nous dit aussi cette enquête, c'est que vraiment, ils ont
15:57compris, les habitants, les usagers,
15:59ils ont compris que si on était toute une équipe autour d'eux, pluridisciplinaire, pluriprofessionnel,
16:04ils se sentaient bien mieux pris en charge.
16:07Un sur deux le disent, et ça, c'est le ressenti, c'est le vécu, donc ce n'est pas
16:15nous qui le disons, c'est vraiment les habitants qui le formalisent.
16:18Et pour parler de tout ça, vous organisez des rencontres régulières, dont une qui s'est déroulée début mars ?
16:24Elles ont eu lieu le 6 et 7 mars à Lyon, on était presque 2000 professionnels de santé, ce qui
16:29veut dire quelque chose quand même.
16:30C'est-à-dire qu'il y a un intérêt, il y a une demande.
16:32Il y a une demande, il y a un vrai besoin. L'année prochaine, elles vont avoir lieu à Tours.
16:37Et c'est des moments, justement, où on est tous là pour parler de ce qu'on pourrait faire ensemble,
16:42des innovations qu'on pourrait aussi proposer au pouvoir public,
16:44de là où on a envie de voir les soins primaires, et non pas simplement dans de la consommation de
16:50soins,
16:50mais plutôt dans quelque chose de coordonné, d'organisé, de structuré,
16:54qui coûterait aussi beaucoup moins cher au pouvoir public.
16:56Et vous inviterez Check-Up Santé, bien sûr.
16:58Et on invitera Check-Up Santé avec plaisir.
17:00Eh bien, merci beaucoup Emmanuel Barlorin, co-président d'Avec Santé.
17:03On va à présent terminer l'émission avec Pascal Bécache, qui est le patron de Digital Pharma Lab.
17:10Check-Up Santé sur BFM Business
17:14Pascal Bécache, bonjour.
17:15Bonjour.
17:16Bonjour, bienvenue dans Check-Up Santé.
17:17Vous êtes un des acteurs incontournables de notre communauté santé en France depuis de nombreuses années.
17:23Vous êtes le cofondateur de Digital Pharma Lab.
17:27Vous êtes aussi vice-président de la commission santé de Numéum,
17:30c'est le syndicat des industriels du numérique.
17:32Et vous êtes administrateur de l'IFIS, l'Institut de formation des industries de santé.
17:36Voilà.
17:37De quoi vous occuper ?
17:38J'ai même un peu de temps pour mes petits-enfants.
17:41Magnifique.
17:42Alors, en deux mots, Digital Pharma Lab, qu'est-ce que ça fait ?
17:45Je sais que vous êtes un conseil.
17:47Voilà, c'est un cabinet de conseil en transformation numérique pour les industries de santé d'abord,
17:52donc les fabricants de médicaments, les fabricants de dispositifs médicaux.
17:56Mais on travaille aussi beaucoup avec des hôpitaux, des tiers-lieux d'expérimentation, etc.
17:59Mais aussi des pharmacies depuis un an maintenant.
18:02Et des startups ?
18:04En fait, les startups, c'est le catalyseur de l'innovation en santé.
18:07Parce que toutes ces grandes organisations, que ce soit les organisations de l'État ou les grands industriels,
18:13ont parfois du mal avec la transformation numérique, ont parfois du mal avec les nouvelles idées.
18:18Donc en fait...
18:19Ce sont des bouillards qui sont parfois dépassés.
18:20Ce n'est pas qu'ils sont dépassés, c'est qu'ils ont le nez dans leur guidon.
18:24Et en fait, les startups les catalysent, leur donnent des tas de nouvelles idées.
18:28L'innovation ouverte fonctionne très bien en France, donc c'est une chance pour nous.
18:32Donc vous dites, vous aussi, que c'est quand même mieux quand l'Union fait la force et quand on
18:36collabore entre les différents acteurs.
18:38Absolument.
18:39C'est ce que vous proposez.
18:40Voilà, c'est ce qu'on propose.
18:41Nous, on est outre ce qu'on fait pour les industriels de santé en termes de conseil.
18:46On a aussi toute une activité de collaboration.
18:49Et avec en plus l'arrivée de l'IA et l'explosion de l'IA, on ne peut pas faire
18:53tout seul.
18:54C'est impossible.
18:54Le nombre de startups a augmenté.
18:58Les technologies nous dépassent.
19:00Et donc tout seul, c'est très difficile.
19:02On parle évidemment de startups qui se créent tous les mois, tous les jours, tous les ans.
19:08Il n'y a pas aussi un espèce de revers de la médaille ?
19:10Beaucoup de startups qui n'arrivent pas jusqu'au bout ?
19:12Absolument.
19:12Il y a plein de startups.
19:13Certains parlent, hélas, de cimetières de startups.
19:15Il y a un cimetière de startups.
19:16Depuis qu'on est créé, depuis neuf ans, on a vu 1500 startups en France de la santé numérique.
19:22Et en fait, il y en a 30, 40 qui ont réussi.
19:24Mais en fait, ces 1500 startups ont servi à toutes les autres.
19:28Et donc, les celles qui réussissent, en fait, elles ont embauché des gens qui sont passés par d'autres startups.
19:32Elles ont bénéficié des idées.
19:34Elles en ont racheté.
19:35Donc, en fait, c'est les petits ruisseaux qui font finalement nos grandes rivières.
19:39Alors, on va juste parler de quelques exemples.
19:41On pourrait rester deux heures avec vous tant que vous faites de nombreuses choses.
19:45Sur les maladies rares et l'intelligence artificielle, vous travaillez ?
19:48Alors, on a, suite aux travaux d'un groupe de travail du comité stratégique de filière industrie et technologie de
19:55santé,
19:56qui s'appelait IA Data et Maladies Rares.
19:59On a créé autour de ça une association qui s'appelle Radar, dont l'objectif est de trouver un moyen
20:07de diminuer l'errance diagnostique des patients atteints de maladies rares.
20:10Il y a 7000 maladies rares.
20:11Il y en a beaucoup.
20:12Il y a 3 millions de patients atteints de maladies rares.
20:14Il y a beaucoup de gens qui ont du mal à trouver ce qu'ils ont.
20:18Il y a beaucoup de médecins qui voient une maladie rares une fois dans leur vie.
20:22Et donc, c'est difficile.
20:24Donc, en fait, l'idée, c'est de diminuer l'errance diagnostique en utilisant les données.
20:28La France a la chance de bénéficier d'entrepôts de données de santé et l'IA.
20:32Et donc, cette association s'est créée autour d'institutions, comme l'Institut Imagine, comme le Health Data Hub.
20:38Elle s'est créée autour de laboratoires pharmaceutiques, comme Amgen, Biogen, Sanofi.
20:43On en a 10 de laboratoires pharmaceutiques qui font partie de cette association.
20:47Elle s'est créée aussi autour d'associations de patients, autour de l'Inserm, et donc, en fait, d'Orphanet.
20:53Ça confirme votre esprit de collaboration.
20:55Absolument.
20:56On est obligé de travailler comme ça.
20:57Et on a lancé un appel à manifestation d'intérêt.
20:59On a eu 4 projets.
21:01Et je vais en citer un qui est fait avec une start-up qui s'appelle Kodoc, avec le CHU
21:05d'Angers et leur entrepôt de données de santé.
21:07Et avec les professeurs de neurologie là-bas, autour de maladies neurodégénératives.
21:13Et c'est un très beau projet.
21:15J'espère qu'il va très vite aboutir et qu'on va trouver de nouveaux patients qui errent pour l
21:18'instant.
21:19Vous travaillez aussi dans le monde de la pharmacie ?
21:20Alors oui.
21:21La pharmacie, les pharmaciens.
21:22Les pharmaciens d'officine.
21:23Depuis un an, on s'est dit, mais en fait, depuis le Covid, les pharmaciens d'officine ont des nouvelles
21:29missions.
21:30Alors, ça a commencé par la vaccination.
21:32Mais de plus en plus, des entretiens pharmaceutiques, des trottes d'angines, cystites, tout ce que vous voulez.
21:37Prescription d'antibiotiques maintenant, pour ces histoires d'angines.
21:41Donc en fait, il y a une explosion de start-up à la pharmacie.
21:45Mais les pharmaciens sont débordés.
21:47C'est difficile d'aller savoir quelle est la bonne start-up, etc.
21:51Donc on s'est regroupés là aussi avec des labos pharmaceutiques, des fabricants de dispositifs médicaux.
21:56Avec des groupements de pharmacies.
21:59Et ensemble, on a lancé un appel à projet.
22:01On a eu près de 50 start-up qui ont répondu.
22:04Quatre ont été finalement sélectionnées.
22:07Dont une qui s'appelle Invivox, par exemple.
22:09Je prends cet exemple.
22:11Julien Delpech.
22:12Julien Delpech, qui fait des petites pastilles de formation pour les équipes officinales.
22:17Les équipes officinales n'ont pas toujours beaucoup de temps pour se former.
22:19Et là, on va leur proposer des petites pastilles de formation à consommer en deux minutes.
22:25Quand on parle de pastilles à pharmacie, tout le monde comprend.
22:28Digital Hospital Lab, très rapidement.
22:30Digital Hospital Lab, une magnifique collaboration entre le CHU d'Angers et nous.
22:34Et on a fait un reverse pitching.
22:36C'est-à-dire qu'on a demandé aux professionnels de santé, des cadres de santé, des infirmières, des médecins,
22:41de venir expliquer leurs besoins.
22:44Organisationnels, nouvelles façons de travailler, etc.
22:47Et il y avait dans la salle 200 personnes qui étaient des start-upers, des éditeurs de logiciels,
22:52des investisseurs qui viennent écouter et se dire, est-ce qu'il y a une ouverture ?
22:56Est-ce qu'il y a un moyen de collaborer ?
22:58C'est un moyen, une nouvelle façon de faire.
23:01Là encore, une nouvelle façon de collaborer.
23:03Donc on est particulièrement heureux avec le CHU d'Angers d'avoir fait ça.
23:07Et vous proposez maintenant des tiers lieux, surtout dans la santé mentale.
23:11C'est nouveau.
23:11Et dernier projet en date, on veut se lancer, on se lance avec quatre tiers lieux d'expérimentation
23:18de France 2030.
23:18On se lance dans une coalition santé mentale, parce que santé mentale, c'est un grand sujet.
23:25Et pas avec n'importe qui, puisqu'il y a notre ami Lionel Collet.
23:29Puisque Lionel Collet va venir faire l'ouverture d'une journée qu'on va faire en collaboration
23:34avec la fondation fondamentale du professeur Le Boyer.
23:37Et ça va être une journée à Lille au mois de novembre.
23:40Ça va être formidable.
23:40Il va y avoir plein de gens.
23:41Il va y avoir Christian Deleuze de Médicenne.
23:45Il va y avoir...
23:45Il est partout celui-là, c'est Christian Deleuze.
23:47Oui, parce qu'il connaît plein de choses.
23:48Il est surtout compétent.
23:50Et très compétent.
23:51Et très pro.
23:51Et il va y avoir beaucoup, beaucoup d'invités.
23:54Ça va être très spectaculaire.
23:55Donc j'attends ça avec impatience.
23:58Autour de la santé mentale.
23:59On va le monter en ce moment, autour de la santé mentale.
24:01Et on a formé par ailleurs 4 000 personnes en IA dans les industries de santé.
24:07Et lundi, on fait un grand webinaire avec Emmanuel Quillesse et Jeanne Queren,
24:16qui sont deux formidables managers des industries pharma.
24:20Une qui est chez Sanofi et l'autre qui était avant vice-président chez Johnson & Johnson.
24:26Et qui vont venir nous parler de l'IA dans la santé.
24:29Et bien bravo pour ce que vous faites, Pascal Bécache.
24:31Merci.
24:31Merci beaucoup.
24:32Voilà, c'est la fin de cette émission.
24:33On se retrouve la semaine prochaine.
24:37Check-up Santé sur BFM Business.
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