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  • il y a 6 heures
Ce mardi 16 juin, Aymeric Diday, directeur de la gestion chez Pergam, s'est penché sur l'exposition des marchés et de l'économie à de lourdes déconvenues par l'effet richesse aux États-Unis, les perspectives après l'IPO de SpaceX, la fin du contrat de la DGSI avec Palantir, et le déploiement par Lighton de son IA dans le secteur public, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Il nous rejoint pour parler de tous ces enjeux, Emmerick Didet, bonjour Emmerick,
00:03directeur de la gestion de Pergam.
00:04Alors face à ces enjeux et ces marchés, vous allez rendre votre verdict.
00:07Est-ce que ce verdict que vous allez rendre est ce moment qu'on va vivre ensemble ?
00:10Vous l'assumez ?
00:11Oui alors j'estime et je l'assume que l'effet richesse aux Etats-Unis,
00:16dû à l'emballement des marchés actions,
00:18va faire courir un risque accru maintenant pour les investisseurs.
00:21Ah ouais, bon, l'effet richesse.
00:24Vous craignez effectivement que cet effet richesse, quand les marchés refluront,
00:27créent des emballements pour le coût à la baisse.
00:30Là on a beaucoup de hausses qui s'enchaînent, vous dites attention au moment où tout ça s'inversera,
00:33du fait de l'effet richesse. C'est quoi l'effet richesse ?
00:35En fait l'effet richesse c'est que les Américains, ils ont de l'épargne,
00:38et ils ont de l'épargne à la fois personnelle mais retraite.
00:41On estime à peu près que plus de 70% des Américains ont de l'épargne investie sur les marchés.
00:47Et sur cette épargne, ils sont investis à 70% en moyenne sur des actions.
00:53Donc ils ont eu, avec la hausse des marchés financiers actions,
00:58un effet incroyable d'accroissement de leur patrimoine financier.
01:02Et cet effet-là génère finalement pas mal de biais.
01:08Et notamment, on a l'impression que dès qu'il y a un petit peu d'inflation,
01:11on puise un tout petit peu sur ces réserves et on compense.
01:14Et c'est exactement ce qui s'est passé pendant ces quelques mois d'inflation importante
01:19due au conflit entre l'Iran, les Etats-Unis, le prix du pétrole en hausse.
01:24Ça ne les a pas plus impactés que ça au niveau économique à cause de ça.
01:28Donc c'est là où aujourd'hui, l'effet richesse a été très puissant.
01:32Il a permis de passer notamment ces moments de crise de manière assez indolore
01:37pour une grande partie des Américains.
01:40Mais si jamais on a, à un moment donné, un marché qui commence à voir les choses
01:45un peu moins dans le verre à moitié plein, comme elle le voit depuis de nombreuses années,
01:50là on risque d'avoir l'autre effet, qui est l'effet d'appauvrissement.
01:53Et l'effet d'appauvrissement sur son patrimoine, il est extrêmement dommageable
01:57parce qu'il entraîne très fortement les ventes forcées qui sont induites,
02:02notamment par un peu de levier de temps en temps qu'il y a sur ses investisseurs.
02:05Donc attention à ces biais-là, parce que quand on arrive sur des excroissances haussières
02:08sur les marchés, comme on a connu ces derniers mois et comme on est en train de le connaître
02:12sur certains secteurs d'activité, on a eu l'IA, puis les semi-conducteurs aujourd'hui,
02:18évidemment ça commence à poser pas mal de questions sur ces effets richesses.
02:23Et le problème c'est que c'est justement la hausse de Wall Street
02:25et son impact positif sur le portefeuille des plus riches,
02:27tout ça tient à l'économie américaine.
02:29On sait qu'aujourd'hui ce qui porte le PIB, c'est la consommation des plus riches.
02:32Donc si l'effet richesse sur Wall Street recule, d'un coup ça aurait un impact macroéconomique également ?
02:35Qui peut être assez fort.
02:36Et puis là où il est de plus en plus fort, c'est qu'avant ça concernait justement
02:39que cette population assez riche.
02:41Aujourd'hui on estime que la population moyenne américaine,
02:4483% de cette population moyenne est investie sur les marchés financiers.
02:47Donc il n'y a plus uniquement que les plus riches qui sont concernés par ces effets-là.
02:52Et c'est pour ça que ça a tant tenu aussi.
02:54Alors vous parlez d'ex-croissance à la hausse des marchés.
02:58SpaceX, donc aujourd'hui, gagne à nouveau 8%.
03:00On va nous dire qu'on est obsédé par SpaceX.
03:02Désolé, c'est un ovni, mais un vrai sur le marché, c'est un truc qui compte.
03:05C'est désormais la cinquième plus grosse capille mondiale.
03:07D'un coup, SpaceX passe aujourd'hui devant Amazon.
03:09C'est une exproissance ou ça vous paraît logique quand même ?
03:11Interstellaire, c'est le cas de le dire.
03:13Non, non, c'est juste...
03:16Tout le monde dit que ça doit se planter.
03:17Pour l'instant, tout le monde...
03:18C'est très clair.
03:19Tout le monde, quand on lit, on va dire, toute la partie fondamentaliste, c'est-à-dire les gérants qui
03:25analysent les sociétés pour la valeur, donner une valorisation à l'entreprise,
03:30il y a une unanimité pour dire que la valorisation est beaucoup trop élevée et qu'il ne faut pas
03:35investir dans SpaceX parce que c'est beaucoup trop risqué.
03:38Les investisseurs techniques et momentum, eux, sont déjà plus mitigés parce qu'il y a un momentum acheteur, parce qu
03:45'il y a des phénomènes techniques d'achat des ETF
03:47qui fait qu'on peut avoir pendant encore quelques jours, voire petites semaines, un peu d'effet technique qui fait
03:54qu'il y a de l'acheteur sur le titre et donc qu'il y a de la hausse.
03:56On crée des ETF aussi fois deux sur le titre là en ce moment.
03:59Donc évidemment, il y a des effets techniques qui poussent le titre. Par contre, pour un investisseur qui veut investir
04:07dans une société rentable à long terme et avoir de la croissance,
04:11on n'est pas sur la thématique. Là, on est vraiment dans le gérant de momentum qui veut uniquement essayer
04:16de prendre quelques pourcents rapidement et pas du tout dans de l'investissement stratégique de long terme
04:22ou encore une fois avec des tout petits poids. Donc nous, on n'y va pas aujourd'hui sur ce
04:25pays.
04:25Un analyse financier s'appelle Lepogam. Je vous cite son post, c'est sur le fil X, en retro d
04:31'Elon Musk, décidément X.
04:33Pendant 50 ans, on nous a vendu un futur rétréci. Moins d'énergie, moins d'enfants, moins d'ambition. Gérer
04:39le déclin proprement.
04:41Et là, d'un coup, le plus gros actif financier du monde est un pari sur l'inverse, c'est
04:45-à-dire l'abondance, l'expansion et l'aventure.
04:47Le pessimisme vient de passer en position vendeuse sur lui-même.
04:51Oui, alors il y a aussi un peu le néant derrière, parce que le néant de résultats.
04:55Et investir dans une entreprise, c'est quand même, après acheter une part du capital d'une entreprise, d'être
05:00rémunéré par les dividendes.
05:02Et là, on est loin de la thématique. Là, on est plus dans la thématique de la spéculation.
05:07Et la spéculation d'aller sur Mars dans quelques années pour y mettre quelques millions de personnes, il y a
05:12quand même quelques phénomènes techniques encore.
05:14Et Rolando Grandi, hier, qui est spécialiste de l'investissement dans l'espace en bourse, il a un des fonds
05:18spatiaux, vous connaissez sans doute Itavera, un ancien de la financière d'Achiquie.
05:21Bref, il nous disait, oui, oui, SpaceX, à un moment, on va se casser la figure.
05:24Bien sûr, ça arrive à toutes les grandes IPOs, sans doute à partir de quel niveau, à partir de quand.
05:29Est-ce que ce sera un moins 20, moins 30, moins 40 %, mais il nous disait, à la limite,
05:33ce sera une bonne nouvelle, parce que ce sera un nouveau point d'entrée.
05:35Ce titre, il n'aura pas 2500 milliards de dollars de capi dans 10 ans, il en aura 10 000,
05:39nous disait-il.
05:39On sera à 10 000 dans 10 ans.
05:42Qui sait ? Qui sait ? Tout est possible.
05:44Ça reste un geste religieux, quoi, d'investissement.
05:46Non, aujourd'hui, ce n'est pas un geste religieux.
05:48Il y a de l'innovation, il y a quand même une partie qui est rentable dans le business de
05:52SpaceX, donc il y a quand même du fondamental, et on va dire qu'Elon Musk a quand même prouvé
05:58qu'il est capable de faire certaines choses.
05:59Donc, il faut lui donner quand même un peu de crédit là-dessus.
06:02C'est une histoire, aujourd'hui, quand on investit là-dedans, une histoire de proportion, une proportion qu'on met
06:06dans son portefeuille.
06:07Est-ce qu'on est capable de prendre une proportion, par exemple, de 2% dans un portefeuille et de
06:11se dire, je ne la regarde pas,
06:13ces 2% peuvent devenir 0,30 ou peuvent devenir 10 ?
06:18C'est de ça dont on parle, puisqu'on peut faire x5 ou on peut diviser par 5, quelque part,
06:25la valorisation de ce titre.
06:27Mais celui qui est capable de dire, bon ben, je ne veux être que dans des valeurs de croissance,
06:31et la partie valeur de croissance, je veux avoir une partie innovation spéculative.
06:37Oui, il peut mettre du SpaceX.
06:39La seule chose que je lui conseillerais, c'est de dire, je me prévois un investissement de peut-être 10
06:43000 dollars,
06:44et je vais investir 1 000 dollars tous les mois, et de faire un investissement séquencé sur un an.
06:49Là, ça peut être productif.
06:50La tech, c'est des enjeux de souveraineté.
06:52Alors, on le voit aussi à travers ce choix de la DGSI, donc les renseignements intérieurs français.
06:57La DGSI rompt son contrat avec l'américain Palantir, et remplace l'américain Palantir,
07:02donc c'est des enjeux de sécurité, Palantir, remplace l'américain par Chapvision,
07:05qui est un groupe français qui détient un groupe coté en bourse, Coeris.
07:08Il en détient 70%, c'est Eric Lewin qui nous le signale.
07:11Voilà, donc là, un choix national pour remplacer Palantir.
07:13C'est tous les enjeux de souveraineté, de savoir où est-ce qu'on veut avoir ces données,
07:17où est-ce qu'on veut avoir son business intelligence, parce que c'est de ça dont on parle.
07:21Est-ce qu'on veut tout mettre dans la main des Américains ?
07:23Est-ce qu'on veut que les données soient stockées sur le sol américain,
07:27et potentiellement utilisées, comme à des fins à la fois de renseignements,
07:31ou à des fins de pression contre d'un État sur l'autre ?
07:37C'est tous ces enjeux-là qui sont derrière.
07:40C'est quand même pas mal d'avoir des groupes français qui ont quand même gardé un savoir-faire
07:44sur ces enjeux-là, donc ça c'est plutôt une bonne nouvelle.
07:47Bonne nouvelle qui puisse finalement être choisie par l'État français,
07:51et que finalement on prenne un peu de souveraineté là-dedans.
07:56Donc il y a quand même du plus.
07:59Même si le niveau de sécurité, le niveau, on va dire, de très haute technologie
08:04n'est peut-être pas aussi abouti que chez Palantir,
08:06il vaut mieux un acteur national européen ?
08:08Pour certaines choses, oui, sûrement.
08:09Et dès qu'on parle de renseignements, dès qu'on parle de dossiers étatiques
08:16qui sont liés à la sécurité,
08:18logiquement d'avoir un petit peu de souveraineté sur ces sujets-là,
08:21c'est pas une mauvaise idée.
08:22Antoine qui tique par rapport à ce que je viens de dire, Antoine ?
08:24Non, pas du tout.
08:25Non, d'accord.
08:25Non, je tiquais pas.
08:26Il ne faut pas oublier le rapport de proximité,
08:29en plus de Palantir, avec Donald Trump.
08:31Je ne dis même pas le pouvoir américain, je dis Donald Trump.
08:34Ils sont quand même un petit peu cul et chemise, si vous me passez l'expression.
08:38Que penser d'ailleurs, il y a quelques mois, l'Allemagne, qui nous annonce fièrement,
08:43mais je m'en souviens, on construit notre cloud souverain avec Amazon.
08:48Où on est là.
08:49Où on est souverain, où on ne l'est pas.
08:51Donc, c'est plutôt une bonne chose.
08:53Et je ne sais pas si, nommément, le fournisseur qu'on a choisi pour nos infrastructures
09:01est forcément inférieur en termes de technologie par rapport à Palantir,
09:04étant donné que tout le monde fonctionne un petit peu sur les mêmes technologies
09:07et avec les mêmes ressources.
09:09Donc, industriellement, on a aussi des fois cette espèce de chasse permanente
09:14à la taille critique, ceci, cela, pactisons avec les plus puissants, etc.
09:18Ben non, là, c'est chacun pour soi.
09:20C'est malheureux, mais c'est un peu ce qu'on voit un peu partout.
09:22Les univers et les économies qui se renferment les unes contre les autres, quelque part.
09:27Ça, c'est un premier sujet.
09:29Après, les sujets technologiques, c'est vrai qu'on a souvent,
09:31et j'ai souvent dit, la tech, c'est aux US, parce qu'ils ont une longueur d'avance
09:34et un savoir-faire qui est quand même assez prouvé.
09:38Maintenant, ce qu'on sait aussi faire de mieux en mieux, c'est cloisonner ces données.
09:41Et ça, c'est aussi des sujets où on peut avoir des données qui sont,
09:45quelque part, mises sur un serveur, mais entièrement cloisonnées et bien protégées.
09:51Et ça, c'est vraiment des enjeux qui peuvent aussi permettre
09:53d'aller chercher de la très bonne technologie, mais de la garder pour soi.
09:57On se disait hier, parce qu'en plus, l'Europe n'aura plus accès aux meilleures IAD anthropiques,
10:02puisque l'État fédéral américain coupe l'accès aux meilleures IAD anthropiques aux non-américains.
10:05Et on se disait, est-ce que les Chinois vont en profiter ?
10:07Et dans ce débat-là, on se disait, oui, mais qui va vouloir donner ces données aux Chinois ?
10:11Il se trouve que DeepSync, etc., en fait, les données sont sur votre serveur.
10:15Ce n'est pas les Chinois qui les ont.
10:16Donc, pour le coup, la question se pose moins.
10:17Et je pense que, contrairement à ce que beaucoup pensent,
10:19les Chinois sont, à mon avis, bien plus en avance qu'on pense sur ces sujets-là.
10:23Et ils sont quand même très, très bons dans tout ce qui est l'intelligence économique
10:30et la capacité à aller utiliser des données, les traiter et en avoir une quantité énorme.
10:35Parce que la loi des nombres, c'est quelque chose qu'ils connaissent très, très bien là-bas.
10:39Et encore une fois, quand vous allez en Chine, vous voyez le déploiement des caméras
10:43et de tous les systèmes de surveillance.
10:45C'est quelque chose qui est en permanence en croissance très, très forte.
10:49Donc, je pense que ne sous-estimons pas, notamment, l'économie de la tech chinoise.
10:53La DGSI, donc, ronde son contrat avec Palantir pour ne pas dépendre trop des États-Unis
10:58et choisit Chapp Vision, qui détient alors 70% d'un groupe coté en bourse.
11:01Ils détiennent 70% de Coeris, qui gagnent 19%.
11:04Alors, c'est hyper spéculatif, j'imagine, mais voilà.
11:06C'est très spéculatif, ça reste partie de la catégorie d'actions
11:09qui sont des toutes petites capitalisations.
11:11On reste sur les micro-caps, on est en dessous de 100 millions de capitalisations.
11:15Donc, attention.
11:16Et puis, il y a Leighton dans l'IA français, l'IA sécurisé,
11:19qui s'était introduit en bourse il y a quelques mois.
11:20Vous avez suivi l'introduction.
11:21Leighton annonce avoir déployé son IA sécurisé
11:24au sein d'une quinzaine d'institutions publiques françaises.
11:27Le titre gagne 35% Leighton aujourd'hui.
11:29C'était un peu dans les thématiques lors de l'introduction en bourse.
11:31L'introduction avait été un peu compliquée, typiquement,
11:34parce qu'on était en plein dans le boom de l'IA.
11:37Les LLM, donc ces langages,
11:40s'étaient très très concurrencés par tout ce que faisaient les Américains.
11:45Derrière, ils nous promettaient un tout petit peu
11:47que ce serait des sujets de souveraineté.
11:50On est là-dedans.
11:52Ils signent des contrats.
11:53C'est plutôt une très bonne nouvelle pour ce groupe.
11:55Le titre rebondit de manière assez forte aujourd'hui.
11:59C'est très bien managé par des très bons managers.
12:03Donc, la vision qu'ils ont du marché est plutôt bonne.
12:06Donc, ils vont faire leur petit bonhomme de chemin en France.
12:10Malheureusement, ils ne sont pas assez Américains
12:12pour qu'on puisse aller beaucoup plus vite.
12:15mais ça reste une bonne nouvelle pour cette petite société
12:18parce que là aussi, on est sur des toutes petites entreprises.
12:20Et très spéculatif, encore une fois.
12:22Aujourd'hui, Lighton gagne 35.
12:23Le titre revient de où là ?
12:25On est à plus de 25, je crois.
12:26Et on vaut 4, quelque chose comme 4.
12:28C'est ça.
12:29Merci beaucoup, Améric, de nous avoir accompagnés.
12:30Tous ces enjeux sont au cœur des marchés.
12:32Bien sûr, Améric, d'idée pour Pergam.
12:33Merci beaucoup, Améric.
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