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  • il y a 1 jour
Jean-Paul Alary, directeur général de KNDS, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mardi 16 juin. Ils sont revenus sur le projet de char de transition de KNDS, appelé CAPINT, destiné à prendre le relais du Leclerc, ainsi que sur l’introduction en bourse de KNDS prévue en fin d’année, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 7h42 sur BFM Business et sur RMC Live, on se retrouve depuis Eurosatory, on est en direct ensemble
00:06jusqu'à 9h pour suivre le salon événement autour de l'armement.
00:09Notre invité avec Jean-Baptiste Evette, bonjour. Jean-Baptiste Evette qui bien sûr suit le salon avec grand intérêt, c
00:14'est Jean-Paul Allary, bonjour.
00:15Vous êtes le directeur général de KNDS, fabricant du Charles Leclerc, du Canon César et de bien d'autres programmes.
00:21Je commence quand même avec l'éléphant au milieu de la pièce, la relation franco-allemande.
00:25Vous êtes au cœur de ce sujet, vous avez un actionnaire allemand qui veut se séparer de ses titres avec
00:29une introduction en bourse qui est prévue pour la fin de l'année.
00:32On va en reparler mais vous avez dévoilé hier un projet de char de transition, ça s'appelle Capintes pour
00:37prendre le relais du Leclerc qui est en fin de cycle.
00:40Un char franco-allemand qui devait émerger dans les prochaines années, qui était prévu au départ, remplacé par Capintes.
00:47Est-ce qu'il va arriver la même chose au char du futur qu'il est arrivé au SCAF ?
00:52Alors, beaucoup de questions. Merci.
00:55Tout d'abord, Capintes, c'est le char du futur mais c'est plus que ça.
01:00C'est un char bien sûr qui emporte des nouvelles technologies, une nouvelle architecture avec des capacités de protection, des
01:06capacités de feu,
01:07des capacités de mobilité bien supérieures aux chars de version de génération actuelle.
01:12mais également la capacité d'embarquer des systèmes de systèmes, c'est-à-dire de faire en sorte que des
01:17systèmes, des drones, des drones terrestres, des drones aériens,
01:19puissent collaborer, agir ensemble avec le char du futur.
01:23Donc là, on est vraiment sur la préparation du futur.
01:25Donc c'est une étape intermédiaire, comme son nom l'indique ?
01:27C'est une étape intermédiaire, le MGS est toujours là, c'est un projet européen.
01:31On est sûr, ça ?
01:32Oui, c'est un projet européen, je confirme.
01:34Non, mais qu'il est toujours là, que c'est toujours dans les carcons ?
01:36Le MGCS est toujours là.
01:37Juste un petit aparté, le MGCS, c'est l'image du combat terrestre du futur.
01:43Ce n'est pas juste un char.
01:44Demain, le combat du futur, c'est un ensemble de systèmes extrêmement connectés, extrêmement digitalisés,
01:49qui vont permettre d'agir ensemble pour avoir la meilleure puissance sur le champ de bataille.
01:54Sur le char Leclerc, on a eu beaucoup de déclarations ces derniers jours de haut-gradés français,
01:58qui expliquaient que le char Leclerc, aujourd'hui, était au bout du rouleau.
02:03Alors le char Leclerc n'est pas au bout du rouleau.
02:05Le char Leclerc, nous sommes actuellement dans une grosse campagne de rénovation
02:09pour remise au standard avec des dernières technologies,
02:11en particulier les technologies d'optronique et les technologies digitales.
02:14Donc on est dans cette phase de rénovation.
02:16Mais bien évidemment, l'armée de terre réfléchit à ce que doit être le char du futur,
02:21qui va permettre d'apporter des capacités bien supérieures.
02:24Et là, Capint est une des solutions.
02:27Parce qu'aujourd'hui, on a vu trop loin aussi, dans nos projets franco-allemands ou peu importe d'autres,
02:31quand on parlait de char du futur pour 2040,
02:33on ne peut plus se permettre d'avoir cet horizon de temps ? Il faut le rapprocher ?
02:37Je crois qu'il y a deux choses.
02:38Bien évidemment, c'est important d'avoir l'image du champ de futur d'après-demain.
02:41Et c'est celle-là qui va attirer.
02:43Et donc, dans le cadre d'une coopération européenne, c'est absolument essentiel.
02:46C'est essentiel pour la crédibilité de la défense européenne.
02:50C'est essentiel pour la relation franco-allemande,
02:52qui sont les deux grandes nations de l'armement terrestre en Europe.
02:57Et donc, c'est important de maintenir cette image de long terme.
03:00Ce qui n'empêche pas, dans le court terme,
03:01de bénéficier de toutes les nouvelles technologies,
03:03de toutes les innovations, expertise franco-allemande dans le cadre de KNDS,
03:08pour pouvoir apporter des capacités bien plus rapidement
03:10qu'il y ait l'image du champ de combat, du combat terrestre futur, comme le MGCS.
03:15Je reviens à la relation franco-allemande.
03:17Il y a Tom Enders, qui n'est pas n'importe qui, ancien patron d'Airbus,
03:19qui désormais est président du conseil d'administration de KNDS,
03:22qui hier s'exprime dans le Handelsblatt, journal allemand,
03:24il est allemand, il dit qu'il ne faut pas traiter les Français comme la Chine.
03:29Ça interpelle quand même.
03:30C'est-à-dire qu'on a aussi peu confiance en nous,
03:32qui sommes des ennemis, qu'avec des ennemis potentiels ?
03:36Comment il faut l'interpréter ?
03:37Vous savez, KNDS est un leader européen,
03:40bien sûr avec un ancrage extrêmement fort en France et en Allemagne,
03:44qui est un outil industriel à la disposition de la crédibilité de l'Europe.
03:48Et donc on est en train de construire quelque chose d'extrêmement important
03:51pour cette crédibilité de l'Europe,
03:52pour éviter cette fragmentation à un moment où l'Europe doit mettre en place
03:56une souveraineté européenne qui soit crédible en face des menaces qui sont en face de nous.
04:01KNDS est une solution.
04:03Et donc c'est normal, comme moi, je suis convaincu de la collaboration,
04:07de la coopération européenne, comme pour le MGCS, comme pour KNDS,
04:10parce que l'avenir de la défense de demain est là-dedans.
04:13Donc que Tom Anders, chairman, président du conseil d'administration de KNDS,
04:17s'exprime pour pousser cette coopération européenne, c'est absolument essentiel.
04:21La coopération, en revanche, il faut de la détermination.
04:24Il faut passer, quelque part, les notions d'isolement.
04:27Il faut de la confiance entre l'ensemble des partenaires.
04:29Et je pense que le message de Tom Anders était absolument dans ce sens-là.
04:32Il faut de la confiance et pas de l'isolement.
04:35Jean-Baptiste.
04:35Est-ce que, selon vous, Jean-Paul Allary, on n'a pas affaire à deux mondes qui sont complètement différents
04:39?
04:39On a un monde industriel acquis ces dernières années, après la guerre en Ukraine,
04:43on a largement tordu le bras pour accélérer les cadences.
04:45Et puis en face, on a des États qui semblent vouloir prendre leur temps,
04:50on va dire ça de manière pudique, sur des grands programmes, qui hésitent, qui discutent.
04:54Comment on arrive à concilier ces deux temporalités, industrielles et étatiques, politiques,
04:59qui vont dans des vitesses différentes, quand même ?
05:01Écoutez, la coopération, c'est quelque chose de difficile.
05:04Il faut de la détermination.
05:05Mais quand ça marche, c'est absolument formidable.
05:07Donc KNDS, en tant qu'industriel, est une solution qu'on apporte à deux États,
05:11à plusieurs États européens.
05:13Je rappelle qu'aujourd'hui, nous fournissons des matériels KNDS
05:15à plus de 24 États sur le sol européen.
05:19Donc c'est énorme.
05:20C'est une solution absolument qui marche aujourd'hui
05:22et qu'il faut promouvoir demain pour éviter cet isolement politique
05:27et cette lenteur politique qu'on a besoin de pousser tous les jours
05:32pour faire en sorte que cette coopération européenne, elle marche.
05:35Mais sur le plan industriel, au-delà du politique,
05:38même si évidemment c'est imbriqué,
05:40on n'arrive pas à se faire confiance sur quoi ?
05:43C'est un problème de propriété intellectuelle ?
05:44C'est un problème de commandement ?
05:45On a entendu 100 fois Eric Trappier sur la question du SCAF
05:49dire que si ce n'était pas lui qui décidait, ça ne fonctionnerait pas.
05:51C'est quoi là le sujet qui bloque ?
05:54Écoutez, il y a tous ces freins.
05:55Tous les freins que vous mentionnez, ils sont là.
05:57Il faut passer outre et l'industriel.
05:59L'industriel comme KNDS est là pour porter des solutions.
06:03Capacité intermédiaire, par exemple, est une solution.
06:06C'est le fruit du travail entre les équipes franco-allemandes
06:09qui ont trouvé le meilleur, ont mis en place les expertises
06:12et ont partagé la propriété intellectuelle
06:14de manière à mettre en place une solution
06:17qui peut répondre aux besoins français,
06:19mais aux besoins européens également.
06:20Alors, nouvelle étape, l'introduction en bourse,
06:22c'est prévu d'ici la fin de l'année.
06:24On vous souhaite évidemment le même parcours
06:26que l'ensemble du secteur de la défense
06:27qui a performé en bourse.
06:28Quand on voit Rheinmetall cette dernière année,
06:31c'est spectaculaire.
06:33C'est quoi l'histoire boursière que vous racontez ?
06:35C'est juste une vente de capitaux allemands
06:37parce qu'il faut trouver un acquéreur ?
06:39C'est parce que vous avez besoin de financement dans le futur ?
06:41Racontez-nous.
06:41Je pense que la défense européenne est en train de croître énormément.
06:44Nous sommes dans cette montée en cadence.
06:47Nous avons des priorités stratégiques
06:49et la mise en bourse,
06:51ce n'est pas obligatoirement chercher les valorisations boursières,
06:53c'est de suivre,
06:54c'est de nous donner les moyens
06:55d'être dans un monde qui est absolument compétitif,
06:57encore plus compétitif,
06:58même avec de la compétition qui vient en dehors de l'Europe,
07:00pour pouvoir avoir les moyens,
07:03véritablement, en termes de compétitivité,
07:04en termes d'investissement,
07:06en termes potentiellement de consolidation européenne,
07:09d'avoir les moyens d'être un acteur crédible
07:11sur le sol européen.
07:13Vous avez une date précise ?
07:14Là, on a une fourchette ?
07:16La seule chose que je peux vous dire,
07:17on avait un programme de travail
07:18qui a été établi depuis décembre 2025,
07:20quand on a annoncé notre mise en bourse.
07:23On tient ce programme-là
07:24et l'entrée en bourse doit intervenir en 2026,
07:28et j'ai envie de dire, le plus rapidement possible.
07:30Donc on y travaille énormément
07:31pour réaliser les dernières étapes
07:32pour arriver à cette introduction en bourse.
07:35Est-ce que vous êtes satisfait aujourd'hui
07:36de votre organisation industrielle ?
07:38Vous êtes à cheval entre l'Allemagne et entre la France.
07:40Vous avez des sites plutôt équitablement répartis
07:42entre les deux pays.
07:43Est-ce que cette introduction en bourse, justement,
07:45va vous permettre de lever des fonds
07:47et peut-être d'investir dans les deux pays ?
07:50Et est-ce que vous visez une organisation industrielle
07:53dans l'avenir qui pourrait s'apparenter
07:55un peu à celle d'Airbus ou pas du tout ?
07:57Écoutez, une de nos trois priorités stratégiques
08:00est véritablement de livrer l'ensemble
08:03du carnet de commandes que nous avons,
08:04qui est absolument énorme.
08:05Je le rappelle, c'est plus de 33 milliards d'euros
08:07à la fin de 2025, donc c'est notre première priorité.
08:11Donc on investit partout,
08:12et pas simplement qu'en France et en Allemagne,
08:15on est implanté sur huit pays européens,
08:17et donc nous investissons partout,
08:19et notre seule priorité, c'est véritablement
08:21d'augmenter ses capacités avec KNDES,
08:24mais également les partenaires de KNDES.
08:25J'insiste là-dessus,
08:27une des particularités de KNDES,
08:28c'est notre capacité à coopérer
08:30avec d'autres acteurs,
08:32quelle que soit leur nationalité,
08:34en Europe et en dehors de l'Europe.
08:35Mais on peut encore augmenter les cadences ?
08:37J'ai lu que votre usine rouennaise,
08:39elle a déjà triplé ses cadences de production en un an.
08:42On peut faire plus, mieux ?
08:44On peut recruter encore ?
08:45C'est possible ?
08:46Absolument, c'est possible.
08:47C'est possible quand on investit bien,
08:49à la fois dans sa supply chain,
08:51nos partenaires fournisseurs sont absolument essentiels,
08:54et à la fois dans les nouveaux systèmes de production
08:55qui permettent d'arriver à réduire nos cycles,
08:58et arriver quelque part à une qualité
09:00bonne du premier coup.
09:01Donc on a les moyens de le faire.
09:02On a démontré sur les 2-3 dernières années,
09:05vous l'avez cité,
09:06une augmentation par 3 de nos capacités.
09:08C'est ce qu'on va faire demain matin.
09:10Et on a tous les moyens,
09:11on a tout le plan,
09:12et tous les investissements pour le faire.
09:14Juste un mot sur le financement,
09:15on sera dans un instant avec Serge Wimbert
09:16pour parler de ça.
09:17Est-ce qu'aujourd'hui les banques jouent jeu ?
09:19Est-ce que le monde a changé ?
09:20Ou est-ce qu'on vous met encore des tampons ESG ?
09:23Racontez-nous.
09:24Non, en l'espace de 2 ans,
09:26le monde a changé, clairement.
09:27Alors bien sûr,
09:28il y a encore beaucoup de choses à faire,
09:29mais aujourd'hui on n'a plus du tout les discussions
09:32qu'on pouvait avoir il y a 2-3 ans
09:34dans le domaine de la défense.
09:35Donc la tendance est extrêmement positive
09:37et ça se voit quelque part à travers nos capacités,
09:40capacités d'investissement,
09:41avec lesquelles nous avons le soutien derrière nous.
09:44Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas se battre de temps en temps,
09:46mais aujourd'hui on est véritablement dans un autre monde.
09:49Si vous aviez un message à faire passer
09:50sur vraiment ce mode économie de guerre,
09:52qu'est-ce qui nous manque aujourd'hui ?
09:53Les financements, j'entends que c'est là.
09:55Dans les usines, on a changé de monde quand même,
09:57avec des cadences.
09:58La commande publique est là désormais.
10:01Tout est bien aligné ou il manque encore quelque chose ?
10:04Tout est bien aligné,
10:05mais je reviendrai à votre premier point.
10:06C'est mettre en place cette coopération européenne.
10:09Jouer ensemble et éviter l'isolement.
10:11L'Europe a besoin de volume.
10:14Et KNDES propose ces solutions-là
10:17pour avoir des propositions ouvertes,
10:20standardisées en Europe,
10:21de manière à faire du volume
10:22et de l'efficacité sur l'investissement.
10:23Ce qui est important,
10:24ce n'est pas que l'investissement,
10:25c'est la crédibilité de la défense européenne.
10:28Et KNDES est là pour transformer,
10:29pour donner des solutions dans ce cadre-là.
10:31Merci beaucoup Jean-Paul Allary
10:32d'avoir été avec nous,
10:33directeur général de KNDES,
10:34depuis Eurostaturie.
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