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  • il y a 2 jours
Retrouvez le débrief de l'actu du jeudi 8 janvier dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Notre invité c'est Philippe Mabilly, le directeur éditorial de la Tribune.
00:02On va débriefer l'actualité du jour ensemble et l'actualité du jour c'est le retour du budget à l'Assemblée Nationale.
00:07Est-ce qu'on peut dire vite, mais vite, un 49-3 ?
00:10Oui bonjour Laure, oui effectivement je pense que cette question est sur la table.
00:14Je crois qu'Améline Montchalin vient de le dire ce matin que ce n'était plus un tabou.
00:18Est-ce que c'est un premier signe ? Parce que le Cornu, vous vous en souvenez, avait fait son heure de gloire
00:23en expliquant que lui jamais ne passera par un 49-3.
00:27Là un petit peu devant le blocage et devant l'impasse et devant l'urgence
00:31puisque Emmanuel Macron, vous l'avez peut-être tous remarqué, a dit
00:34il faut un budget pour la France dès le début d'année, il va falloir sortir de cette impasse.
00:40La situation est d'autant plus grave que lorsque le ministre des Finances a reçu les groupes parlementaires
00:47il y a quelques jours à Bercy la semaine dernière, il a dit la loi spéciale qui a été passée,
00:53ça ne suffit pas et puis le déficit s'aggrave en fait.
00:55C'est-à-dire qu'on était à 5-3 du PIB, je vous rappelle le gouvernement voulait le ramener à 4,7% du PIB le déficit.
01:02À l'issue du vote du Sénat qui ne veut pas des hausses d'impôts, y compris celles du gouvernement,
01:06je parle de la hausse sur les entreprises en particulier, on est à 5-3 et le ministre a même dit
01:11on est peut-être proche de 5-4.
01:13Donc face à cette situation, il faut agir effectivement, ça devient urgent
01:16parce que la France perd toute crédibilité à l'Union Européenne.
01:19Ensuite la question c'est quel budget ?
01:21C'est toujours la même histoire, parce que 49-3 ou pas 49-3...
01:24Il faut un accord avec le PS en fait.
01:26Alors ils étaient assez contents à l'issue de cette réunion à Bercy en disant que c'était une discussion constructive,
01:31on ne sait pas vraiment ce qui s'est passé dans le secret des dieux,
01:33mais on sait que la gauche veut en gros plus 9 milliards de recettes
01:37et la droite veut moins 6 milliards de dépenses.
01:39Donc pour l'instant, on n'a pas vraiment d'option de compromis.
01:44Alors ce qui est sûr, c'est que peut-être avec l'accord du PS, avec la gauche socialiste
01:50et peut-être les écolos, il peut y avoir un accord sur quelque chose, mais ça risque de coûter cher.
01:55Et alors là, tenez-vous bien, vous l'aviez oublié, vous pensiez qu'elle était dans les limbes du précédent budget.
02:00La taxe Zuckman revient.
02:01Il y a 700 amendements quand même, Philippe.
02:04On revient exactement, on reparle de la taxe Zuckman, on est revenu en octobre en fait.
02:08Oui, on revient un petit peu sur les blocages de l'automne.
02:12Alors la taxe Zuckman revient et en même temps, la question de savoir c'est est-ce que ça sera recevable
02:16puisque comme vous le savez, il y a une règle qui s'appelle la règle de l'entonnoir
02:19qui ne permet pas, c'est une règle budgétaire qui ne permet pas normalement de présenter une mesure
02:24qui n'a pas été déjà discutée et adoptée en commission en première lecture.
02:28Mais ça avait été rejeté.
02:30La commission des finances, Éric Cochler, est très malin.
02:33Il aurait trouvé une jurisprudence qui permettrait de passer néanmoins une mesure de ce type
02:37parce qu'elle n'augmente pas les recettes du budget de plus que la dégradation du déficit.
02:41Bon, c'est un peu technique.
02:43Tout ça pour dire qu'il y a un député qui s'appelle M. Boulou
02:46qui est le député d'Ille-et-Vilaine, député socialiste avec l'ensemble des socialistes
02:52qui représente une énième version de la taxe Zuckman.
02:56Une contribution différentielle sur les très hauts patrimoines
02:59supérieure à 10 milliards d'euros.
03:02Donc on n'est pas dans la version light, vous vous souvenez, il y a eu pas mal de changements.
03:06Il permet quand même de générer, d'après eux, un rendement de 6 milliards.
03:10Donc 6 milliards sur les 9 qu'ils attendent, ça ferait quand même un coup.
03:13pour faire contribuer, je cite, les gagnants des décennies néolibérales, une poignée du multimilliardaire
03:18où la rémunération du capital a explosé pendant que les services publics étaient sommés à réduire la voilure.
03:24Voilà en tout cas le ton de cette deuxième discussion de la loi de finances est donnée.
03:31Mais est-ce que vous pensez qu'on va revenir, parce qu'on faisait ce débat avec Jean-Marc Daniel et Emmanuel Schiff tout à l'heure
03:36sur les années Mitterrand, en disant quel est le bilan ? Est-ce qu'on va se remettre l'ISF ?
03:40C'est un peu le sujet, je crois que c'est le sujet des...
03:43En tout cas, ça sera un sujet de 2027, de la campagne présidentielle.
03:46Ça sera le sujet que la gauche veut porter.
03:48Ils ont soutenu cette idée de taxe Zuckman.
03:50Je rappelle quand même, parce que les gens l'ont oublié, qu'Emmanuel Macron lui-même,
03:53lorsqu'il voyait Lula au moment du G20 au Brésil, était four une taxe mondiale sur les milliardaires.
03:59Là, on parle d'une taxe française.
04:01Donc la question, c'est est-ce que la France peut faire le socialisme dans un seul pays, comme disait Lénine ?
04:06Donc la question, effectivement, se pose de savoir si la gauche va faire porter ce débat
04:12et réussirait à l'imposer pour obtenir un budget.
04:16Bon, on n'y croit pas trop, effectivement, puisque le gouvernement a été très clair là-dessus,
04:19mais il n'a pas forcément envie de re-avoir ce débat.
04:23Donc la façon dont ça va se passer dans l'hémicycle va être assez intéressante.
04:27Bon, et après, il y a d'autres arbitrages qui sont attendus, vous le savez.
04:30Il y a le retour de la taxe sur les grandes entreprises.
04:33Je crois que, de mémoire, il y a à peu près 400 grandes entreprises françaises,
04:37en gros le SBF 120 et quelques autres plus grosses,
04:40qui sont appelées à payer une taxe supplémentaire, une surtaxe d'IS pendant une année de plus,
04:46voire ce que dit le patronat, c'est que cette année de plus, ça va être pour toute la vie.
04:53Voilà, et puis il y a le débat sur la droite, qui, elle, va essayer de dire,
04:56maintenant, il faut faire des économies sur les dépenses.
04:58Donc pour le moment, ce 49-3, il est peut-être atteignable, mais à quel prix ?
05:03Et c'est un vrai sujet qu'on va voir dans les jours qui viennent,
05:05puisque ça va être discuté en commission cette semaine.
05:09Vous pensez que la gauche pourrait prendre le risque de censurer à nouveau le gouvernement,
05:15et qu'on n'ait pas de budget, et qu'on reparte dans des discussions,
05:17parce que là, ça devient quand même dramatique ?
05:18En tout cas, le sujet de la censure du gouvernement l'a reconnu revient,
05:21effectivement, soit sur cette question budgétaire,
05:23soit, on le voit aussi dans l'actualité de ce matin, sur la question des agriculteurs,
05:27puisque s'il y avait signature par la France du Mercosur,
05:30la droite a déjà dit qu'elle proposera une motion de censure,
05:35et on sait qu'à gauche, en tout cas, il y a une opposition très très forte sur ce sujet.
05:41La France est très isolée aujourd'hui, elle est un peu prise entre plusieurs feux,
05:45manque de crédibilité budgétaire avec une dégradation du déficit,
05:48c'est le seul pays de toute l'Union Européenne à connaître cette situation,
05:50et puis un vrai isolement au niveau européen avec le Mercosur,
05:58et le vrai débat, ça va être celui de combien est-ce que la France va pouvoir obtenir
06:02comme compensation, notamment au niveau de la rediscussion du budget européen de la PAC.
06:06Et là, ça sera pour la prochaine fois, mais on voit bien qu'aujourd'hui,
06:11on est à un moment un peu charnière, à un an de 2027,
06:15la France est un petit peu la seule de l'Union Européenne
06:19à être dans cette situation aussi difficile.
06:22On nage à contre-courant des autres, nous c'est plutôt...
06:23Voilà, on a toujours un temps d'avance peut-être.
06:25Ou un temps de retard, on ne sait pas.
06:27Merci beaucoup Philippe Mabille d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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